Je suis désolée de ne pas avoir publié hier, je n'ai pas d'autre excuse que celle d'avoir complètement oublié. Je traduisais un Sabriel et je n'ai pas vu le temps passer, et puis il était minuit et on était déjà aujourd'hui. Donc, encore désolée, je posterais un deuxième chapitre plus tard dans la soirée.
Je ne sais toujours pas combien de temps cette histoire va durer, mais je pense qu'on en est à peu près à la moitié, donc vous devriez avoir des chapitres pendant encore une semaine environ, voire un peu plus.
J'espère que l'histoire vous plaît toujours, bonne lecture !
Tony se disait qu'il pourrait rester là pour toujours. Il n'avait pas de mots pour décrire la quiétude qui l'avait envahi depuis qu'il séjournait au Chalet de l'Hiver avec Loki. Tous les matins, Peggy faisait des pan-cakes et les leur servait dans la grande cuisine toute de bois, sur la grande table faite d'une unique planche vernie, noueuse et colorée d'un brun riche. Les pièces sentaient la sève et les oreillers la lavande.
Le matin, c'était l'odeur des pan-cakes qui le réveillait, suivie de l'odeur du sirop d'érable. Il apprit, le deuxième jour de leur séjour, que Peggy et Bucky étaient canadiens et avaient émigré aux États-Unis pour rejoindre le meilleur ami de Bucky, toujours engagé dans l'arme. Il s'avéra que la première montagne de muscle de l'hôpital de Tony était le Steve en question. Loki et lui se gardèrent bien de le faire remarquer à leurs hôtes.
Bucky ramenait du bois pour la cheminée puisqu'il faisait encore frais, les nuits printanières étant humides dans cet État. Tony ne voyait pas le temps passer. Il ne discutait pas trop avec Bucky, mais passait du temps avec Peggy. Elle avait remarqué, dès le moment où ils étaient arrivés, que quelque chose clochait chez lui, et lui avait très gentiment demander de lui expliquer. Tony ne voulait pas de pitié, et elle ne lui en avait pas offert.
Lorsque la jeune femme n'était pas occupée à prendre soin du Chalet ou à faire à manger, elle discutait avec Tony ou jouait aux cartes avec Loki. Le jeune homme aux yeux verts s'était avéré un joueur incroyable au poker – jeu auquel craignait absolument Tony, mentant comme un arracheur de dents mais incapable de le cacher. Loki et Tony ne passaient pas énormément de temps ensemble, mais il y avait cette sorte de complicité, de réciprocité dans leur relation qui faisait qu'ils n'avaient pas besoin de plus.
Peggy leur avait alloué une chambre à deux lits et ils dormaient côte à côte. Tous les soirs, ils passaient de longues heures à s'échanger des phrases par intermittence, sans vraiment avoir quelque chose à dire mais simplement pour remplir le silence de la pièce. Tony supportait assez bien la douleur, les perfusions volées par Loki faisant leur travail. Mais le stock s'amenuisait et les deux jeunes gens se demandaient comment ils feraient lorsqu'ils n'en posséderaient plus.
Ils avaient déjà passé une semaine au Chalet lorsque Tony demanda à son ami s'il voulait l'accompagner pour marcher dans la forêt de pins qui entourait la maison. Loki s'inquiéta d'abord de l'état de santé de Tony, qui le rassura immédiatement. Ils partirent donc tous les deux, marchant lentement et profitant du paysage sans échanger un mot, jusqu'à ce que Tony commence à haleter.
Loki ne lui laissa même pas le temps de protester et l'entraîna jusqu'à une souche de pin pour l'asseoir et lui permettre de prendre une pause. Lorsque Tony fut assis, le brun vint s'adosser à la souche, la tête entre les genoux du génie, soufflant également. Et Tony décida qu'il était temps qu'ils parlent.
- Je te fais pitié, Loki, commença Tony.
- Je t'ai déjà dit que non.
- C'est faux, tu m'as simplement dit de te regarder. Et quand on est retourné à l'hôpital, je l'ai vu. Je t'ai regardé, et j'ai vu que je te faisais pitié.
- Tony...
- Non ! C'était ça le deal, qu'on parte ensemble, n'importe où, mais je ne devais pas te faire pitié, grimaça-t-il. Je ne sais même pas pourquoi tu es parti avec moi !
- Je n'ai pas pitié de toi ! J'ai de la compassion pour toi, c'est différent !
Loki s'était levé et s'était penché vers Tony qui s'était instinctivement reculé pour échapper à la menace que semblait soudain représenter Loki. Lorsque le brun s'en rendit compte, il se calma légèrement et s'accroupit près de la souche, prenant une main de Tony dans la sienne.
- Je n'ai pas pitié de toi, Tony, parce que j'ai eu la même chose.
- Quoi ?
- Quand j'étais enfant, on m'a diagnostiqué un cancer des poumons. Mais il débutait à peine, ils ont enlevé la tumeur et avec quelques séances de chimiothérapie, j'étais sur pieds en moins d'un an. Cela a suffit pour que je sache ce que vaut la pitié et ce que représente la compassion. Alors non, je n'ai pas pitié de toi. Je te comprend.
- Tu me comprend, souffla Tony.
- Lève-toi, dit Loki abruptement après un temps.
Sonné, Tony obéit. Alors Loki se pencha sur la souche et fit signe au génie de s'accroupir près de lui. Tony obtempéra, cherchant ce que Loki voulait lui montrer. Le brun désigna les nervures du bois.
- Chaque cercle est un an. Le nombre de cercles représente l'âge de l'arbre. Tu veux les compter avec moi ?
Tony ne dit pas un mot mais acquiesça et tendit une main vers le bois pour suivre les cercles du doigt. Alors Loki posa sa main sur la sienne et c'est ensemble qu'ils découvrirent l'arbre centenaire qui se trouvait près d'eux. Déjà mort.
