Suprise, un chapitre rien que pour vous. Vous pouvez remercier ce sale temps qui sévit dans mon coin. T_T
C'est un chapitre où il ne se passe pas grand chose, mais ça devrait bouger d'avantage dans le suivant.
Szayel étant un personnage que je ne maîtrise pas très bien, je demande à ses fans de bien vouloir m'excuser si j'ai écorché sa personnalité. ^^"
Si des images de Gabriella et du jardin d'Aizen vous interessent, rendez-vous sur mon blog XD
Bonne lecture.
Chapitre 7:
LE CALME AVANT LA TEMPÊTE.
Dans les jours qui suivirent sa visite sur Terre, la colère de Ichigo ne faiblit pas en intensité. Il laissait sa rage parler lors des entraînements et celle-ci était telle que ni Aizen ni Gin ne s'en tiraient indemne. Gin passait d'ailleurs son temps à se plaindre des plaies, coups et ecchymoses qui couvraient son corps à la fin de chaque séance et Urielle le poursuivait armée d'un baume cicatrisant dans l'espoir qu'il se laisse soigner. Aizen ne se plaignait pas, pensant qu'il s'agissait d'un moindre mal. Il avait en effet remarqué que malgré la rage du vizard, son hollow ne s'était pas manifesté une seule fois, signe que l'entraînement portait ses fruits et que Ichigo le maîtrisait de mieux en mieux. Bientôt, ils pourraient passer à la phase suivante.
Le jeune homme n'assista pas à l'arrancarisation de Gabriella par Gin, qui eut lieu quatre jours après sa visite à sa famille. Aizen s'en félicita, d'ailleurs car l'opération tourna à la catastrophe. Une fois le Hogyoku mit en contact avec le hollow, une explosion de feu et de reiatsu dévasta la salle. Aizen et Gin ne s'en sortirent que grâce aux fulgurants réflexes d'Urielle. Elle parvint à dresser un mur de glace entre Aizen et l'explosion, afin de le protéger. Malheureusement pour Gin, elle n'eut d'autre choix, pour le protéger lui aussi, que de l'enfermer dans une colonne de glace, dont il sortit tremblant de froid et jurant que c'était la dernière fois qu'il se chargeait de ce genre d'opération. Il attrapa un rhume carabiné et passa les jours suivants au lit, maudissant Aizen, Gabriella et le Hogyoku.
Malgré la dramatique tournure qu'avait pris sa métamorphose, Gabriella satisfaisait toutes les exigences d'Aizen. Elle restait petite, pas plus d'un mètre cinquante et avait une foisonnante tignasse d'un rouge flamboyant qui tombait dans son dos en longues vagues ondulées qu'elle avait attaché à l'aide d'un ruban rouge. Privée de son masque et de son impressionnante paire de cornes, l'arrancar gardait une physionomie d'adolescente riante et agréable. Ses grand yeux, couleur rubis, brillaient de malice et d'amusement, et un grand sourire joyeux éclairait les traits délicats de son visage juvénile. Malgré sa puissance colossale et son reiatsu infernal, elle paraissait toujours prête à rire et à s'amuser et ne ressemblait en rien à l'image que Ichigo se faisait d'un hollow millénaire aussi puissant que redoutable. Elle était de compagnie agréable, même si son exubérance infatigable pouvait facilement lasser les autres. Grâce à sa joie de vivre et à sa nature enjouée, elle aida Ichigo a calmer sa colère et la rancune qu'il éprouvait contre les shinigami.
Contrairement à Urielle qui semblait toujours grelotter de froid, Gabriella semblait être perpétuellement échauffée et son uniforme était fait en conséquence. A la place du hakama que portaient la plupart des arrancar, Gabriella avait insisté pour avoir une petite jupe plissée qui rappelait à Ichigo la jupe des uniformes féminin dans son lycée, à la différence que celle de l'arrancar était blanche. Au dessus de sa jupe, elle portait un minuscule kimono qui ne tombait que jusqu'à ses hanches. Ce kimono, blanc lui aussi, ressemblait à n'importe quel kimono pour jeune fille, hormis sa longueur. Il avait de grandes manches qui n'avaient rien à envier à celles d'Urielle et, croisé sur la poitrine de l'arrancar, il était serré autour de sa taille par un obi d'un rouge flamboyant qui se déployait dans son dos en un massif noeud dont les flots retombaient dans le dos de Gabriella comme une cocarde. Par dessus ce obi, elle avait rajouté un obijime de soie noir comportant deux perles d'un rouge flamboyant qui scintillaient à la lueur des lampes. Sous son kimono, elle portait un sous vêtement traditionnel, du même rouge sanglant que son obi que l'on voyait dépasser légèrement au niveau de ses manches et de son col.
Le nouvel arrancar s'acclimatait bien à sa nouvelle vie et Las Noches était devenu son nouveau territoire. Elle passait son temps libre à explorer les couloirs et a courir après les petits hollow qui s'y aventuraient. Elle avait déjà attrapé trois lézards hollow qu'elle gardait à présent dans un aquarium vide qu'elle avait dérobé chez Szayel. Elle l'avait ensuite rempli de sable du désert et s'amusait à regarder les lézards y creuser des galeries. Il lui arrivait également de courir derrière Grimmjow, juste pour l'embêter. Elle s'entendait bien avec Nelliel et Urielle et semblait apprécier particulièrement Ichigo qu'elle aimait taquiner. Il arrivait parfois au rouquin de se demander ce qui se passerait si elle décidait de s'allier avec Gin pour ennuyer les habitants de Las Noches. Il espérait sincèrement que cette idée ne les traverse jamais.
Après quelques jours, la colère de Ichigo avait fini par se calmer mais l'adolescent restait sombre et une tristesse qu'il n'avait pas auparavant hantait son regard. Les habitants de Las Noches semblaient s'en émouvoir car Ichigo trouvait souvent un arrancar sur le pas de sa porte, prêt à essayer de le distraire. Nelliel et Gabriella se relayaient pour lui tenir compagnie et essayer de le sortir de ses idées noires, Urielle profitait de ses visites chez un Gin toujours alité, pour passer chez le vizard de temps à autres et lui apporter des friandises, même Grimmjow s'était pointé deux où trois fois pour l'emmener faire un petit duel "entre amis". Sans compter la présence discrète et réconfortante de Ramiro toujours aussi dévoué à son jeune maître. Par moment Ichigo se demandait si Aizen ne les envoyait pas l'occuper, de peur qu'il tente de se suicider.
Ichigo n'avait pas eut le temps de de voir Aizen, en dehors des entraînements où il était difficile de discuter avec lui. Il s'en voulait un peu de s'être ainsi enfermé sur lui même et projetait de rendre visite au maître de Las Noches sous peu. Il tenait en effet à le remercier pour son intervention quand Isshin avait été condamné par le Seireitei et avait quelques questions à lui poser. Sous le coup de la colère, le rouquin n'avait pas fait allusion à cette affaire, craignant qu'en entendre plus sur la cruauté des shinigami ne finisse pas lui faire perdre la maîtrise de Shirosaki, qu'il avait eu du mal à garder sous contrôle, mais à présent qu'il était calmé, il envisageait une petite discussion avec Aizen.
Ichigo profita d'un moment de tranquillité où il n'y avait aucun arrancar accroché à ses basques pour quitter son appartement. Il traversa le hall et alla frapper chez Aizen mais Lorn lui répondit que le maître n'était pas chez lui. N'ayant aucune raison de douter de la parole du larbin, Ichigo n'insista pas. Il attendit un instant dans le hall, se demandant où il pourrait trouver Aizen. Las Noches était immense et l'ancien capitaine semblait avoir toujours quelque chose à faire. Il pouvait aussi bien être dans la salle du trône qu'en train de surveiller les travaux de réparation de la salle du Hogyoku, qu'à l'entraînement avec Gin. Ah non, c'est vrai! Gin était cloué au lit depuis l'arrancarisation de Gabriella. A cette pensée, un sourire s'étala sur les lèvres de Ichigo. Si quelqu'un connaissait l'emploie du temps de Aizen, c'était bien son bras droit, non?
Le rouquin se retourna et alla frapper à la porte des appartement de Gin. Il fut surpris de voir le renard lui ouvrir la porte. Ichimaru n'avait pas de serviteur? Le rouquin entra en lançant un regard à l'ancien capitaine. Gin portait un yukata bleu clair parsemé de petit motif plus foncé et qu'il avait fermé à l'aide d'un obi gris à motif géométrique. Des tabi blanches protégeaient ses pieds du marbre froid du dallage et il s'était frileusement emmitouflé dans une couverture. Ses cheveux en désordre prouvaient qu'il venait de se lever et Ichigo espéra qu'il ne le dérangeait pas.
- Ah c'est toi, Ichigo-chan, fit-il d'une voix enrouée presque inaudible. Je pensais que c'était encore Urielle.
Une quinte de toux douloureuse l'interrompit un instant.
- Je crois qu'elle essaie de me noyer dans la soupe miso, continua-t-il quand il eut repris son souffle. Elle m'en amène un bol toutes les heures.
- Ca doit être bien d'avoir quelqu'un pour s'occuper de soi, répondit Ichigo avec un clin d'oeil.
Pour une fois qu'il pouvait se moquer de Gin, il n'allait pas s'en priver.
- Ce serait pas désagréable si elle arrêtait de se prendre pour une mère poule. Elle a décrété que je devais passer les prochains jours au lit et a essayé de m'ensevelir sous les couettes et les couvertures.
- Elle doit drôlement tenir à toi, remarqua le rouquin.
Gin hocha la tête d'un air absent avant qu'une nouvelle quinte de tout ne vienne l'interrompre.
- Désolé, fit le renard d'une voix encore plus éraillée. Qu'est-ce que tu voulais?
- Ah oui, je me demandais si tu ne savais pas où peut se trouver Sosuke?
- Quoi, il te manque c'est ça?
Les lèvres de l'ancien shinigami se fendirent en un sourire qui paraissait douloureux. Ichigo fronça les sourcils en se demandant à quel moment les rôles s'étaient inversés.
- Non je dois juste discuter avec lui de quelque chose d'important.
- Quelque chose qui a à voir avec ta visite chez ton père, je suppose.
Décidément, on ne peut rien lui cacher, songea le rouquin en hochant la tête.
- Qu'est-ce qu'il avait prévu pour aujourd'hui? Interrogea Gin pour lui même.
Il réfléchit un instant.
- Je crois qu'il devait aller vérifier que la nouvelle invention de Szayel fonctionne bien, en salle de surveillance. Il devait aussi faire une estimation de la force et des capacités d'un arrancar qui pourrait devenir espada sous peu. Ca ça se passe dans la salle du trône.
- D'accord, merci, Gin.
- Je t'en prie.
Ichigo se tourna vers la porte.
- Je vais te laisser te reposer. Soigne-toi bien.
- Urielle s'en charge pour moi.
Ichigo lui adressa un signe de la main et ouvrit la porte. Il se retrouva alors nez à nez avec Urielle qui s'apprêtait à entrer, armé d'un plateau qu'elle faillit renverser sous le choc de la surprise.
- Ichigo-kun, tu m'as fais peur, fit-elle. Je ne m'attendais pas à ce que quelqu'un sorte.
Elle avisa soudain Gin qui essayait de disparaître.
- Mais qu'est-ce que tu fais debout, toi? Tu devrais être au lit.
Ichigo choisit de s'éclipser à ce moment, songeant que Gin risquait de passer un mauvais moment.
Laissant derrière lui l'étage où il résidait, Ichigo descendit les longs escaliers de la tour vers les étages inférieurs. Il n'en revenait toujours pas de réussir à s'orienter dans la forteresse sans se perdre. Les couloirs labyrinthiques du tentaculaire complexe ne lui faisaient plus peur et il savait où aller pour trouver les centres importants de la forteresse. Bien sûr il ne connaissait pas tous les petits secrets de Las Noches et était loin d'avoir découvert autant de choses que Gabriella qui passait son temps à explorer les couloirs mais ce qu'il en savait était suffisant pour lui.
Ichigo parvint sans mal à retrouver la salle de surveillance de Las Noches. Il savait qu'il y avait toujours quelqu'un à l'intérieur, occupé à surveiller la forteresse et ses alentours en cas d'intrusion de hollow ou, quand le portail n'est pas bloqué, de shinigami. Faisant comme tout le monde, le rouquin entra sans frapper. Dans la salle il trouva Szayel occupé à régler les nombreux écrans en vu des tests de sa nouvelle invention. La plupart de ses écrans montraient divers vues de Karakura. Ichigo fronça les sourcils en remarquant de quatre d'entre eux étaient consacrés à la surveillance de la clinique de son père.
- C'est quoi ça? Demanda-t-il, un peu inquiet.
- Ma nouvelle invention, répondit Szayel sans le regarder. Ce sont des yeux espions qui agissent comme des caméras mais qui peuvent se déplacer si on le leur ordonne. J'en ai implanté un peu partout dans Karakura. J'ai eu l'idée grâce à la faculté des yeux de Ulquiorra.
Ichigo eut un frisson involontaire, comme à chaque fois que quelqu'un faisait allusion à l'ancien Cuarta Espada devant lui.
- Pourquoi ils sont braqué sur la maison de ma famille?
- Pas seulement sur la maison, répondit l'arrancar, toujours sans le regarder. Sur l'école de tes soeurs, sur le terrain de foot ou elles jouent, sur le supermarché où elle vont, sur la maison de tes amis, sur tous les lieux qu'ils fréquentent et où les shinigami seraient susceptible de les attaquer.
Ichigo se tourna vers lui haussant les sourcils.
- Pourquoi ça?
- Ordres d'Aizen-sama. Les yeux espions vont surveiller ta famille et tes amis afin qu'on puissent les protéger des shinigami en cas de besoin.
Ichigo s'assit lentement dans l'un des fauteuil faisant face aux écrans.
- Sosuke craint que les shinigami s'attaquent à ma famille et a mes amis.
- Exact.
Szayel se redressa enfin en s'essuyant le front d'un revers de main. Les mèches roses de ses cheveux collaient à son front en sueur. Il observa un instant Ichigo qui regardait avec fascination sa soeur Yuzu balayer le trottoir devant leur porte pour en enlever la neige.
- Je devrai sans doute te remercier, commença l'arrancar.
Arracher à son observation, Ichigo se tourna vers lui avec surprise.
- De quoi?
- D'avoir tué ce shinigami au maquillage de clown, Kurotsuchi Mayuri.
- Ah, lui, fit le rouquin avec dégoût.
Szayel se tourna à son tour vers les écrans.
- J'ai passé des nuits entières à planifier ce que je pourrais lui faire pour me venger, tout ce que je lui aurais fait subir si j'avais pu lui mettre la main dessus. J'avais prévu de commencer en l'écorchant lentement avec un scalpel bien tranchant puis de lui faire bouffer sa peau. Après ça je me serais occupé des muscles que j'aurai prélevé les un après les autres pour m'en faire des steak, ensuite ...
- C'est bon, interrompit Ichigo, sentant son estomac remuer inconfortablement. Évite les détails, s'il te plaît.
L'arrancar sembla outré d'être interrompu dans l'exposition de sa vengeance.
- Au fait, comment t'as survécu? A entendre Kurotsuchi, il t'avait bien piégé.
La moue sur le visage de l'arrancar indiqua clairement à Ichigo qu'il n'appréciait pas cette affirmation.
- Il t'a raconté?
- Il aimait se vanter quand il me torturait.
Il y eut un instant de silence puis un ricanement se fit entendre.
- Quel dommage que je n'ai pas pu lui prouver à quel point il était minable face à moi, ricana l'arrancar. Ce soit-disant savant était bien stupide d'imaginer que mon anatomie et la sienne étaient semblable. Pourtant, avec ses organes artificiels, il aurait dû y penser. Quel imbécile!
Ichigo haussa un sourcils, sans comprendre.
- Comment ça?
- Mon coeur ne se situe pas là où il pensait le trouver. Le plus difficile pour moi a été de débarrasser mon organisme de sa foutue drogue.
Ichigo secoua la tête, essayant de chasser les images de cauchemar que cette révélation lui amena à l'esprit. Il ne put s'empêcher de voir des coeurs battant dans des bocaux dans le laboratoire glauque de l'arrancar.
- Ca veut dire quoi "mon coeur ne se situe pas là ou il pensait le trouver"? Demanda-t-il à contre-coeur.
Pour toute réponse, l'arrancar dégrafa la veste de son uniforme exhibant son torse pale manquant singulièrement de musculature. Ichigo vit la cicatrice que la lame de Kurotsuchi avait laissé à l'endroit ou aurait dû se trouver le coeur de l'arrancar. Sans rien dire, Szayel s'empara de la main du rouquin et la posa sur son torse, mais à l'opposé de la cicatrice.
- Tu sens?
Un battement régulier se faisait sentir sous les doigts de Ichigo.
- De l'autre coté?
Szayel ouvrit la bouche, d'un air de supériorité mais n'eut pas le temps de dire qui que ce soit. La porte de la salle de surveillance s'ouvrit pour laisser passer Aizen. Celui-ci s'arrêta net devant la scène qui se déroulait sous ses yeux puis il lança un regard glacial vers Ichigo et Szayel.
- Qu'est-ce qui se passe ici?
Ichigo laissa retomber sa main sur sa cuisse tandis que Szayel se hâtait de refermer sa veste.
- Euh ... ce n'est rien, bégaya le rouquin. Szayel m'expliquait comment il avait survécu aux coups de ce malade de Kurotsuchi.
Sans qu'il comprenne pourquoi son explication sonnait faux. Aizen haussa un sourcil sans rien dire, puis prit silencieusement place sur le dernier fauteuil vide.
- Ca marche, demanda-t-il à Szayel sans regarder Ichigo.
- Encore mieux que ce que j'espérais, répondit l'arrancar en faisant mine de remonter ses lunettes sur son nez. Les écrans de gauche sont consacrés à la surveillance de Karakura, ceux du centre à celle de Las Noches. Ceux de droite seront réservés à l'espionnage du Seireitei quand j'aurai trouvé un moyen d'y introduire mes yeux espions.
Pendant quelques longues minutes, il expliqua à Aizen le fonctionnement des consoles et écrans, puis il lui fit une démonstration des capacités de ses "yeux espions", comme il les appelait. Pendant tout ce temps, Ichigo resta silencieux, écoutant vaguement le discours de l'arrancar aux lunettes. L'attitude d'Aizen envers lui le blessait sans qu'il sache pourquoi et il était chagriné que le maître de Las Noches l'ignore ainsi. Il préférait le voir lui sourire et lui parler avec ce regard chaleureux posé sur lui. Sa froideur lui faisait si mal.
La démonstration dura environ vingt minutes durant lesquelles Ichigo et Aizen s'ignorèrent mutuellement. Une fois ses exigences et sa curiosités satisfaites, Aizen se leva pour quitter la salle de surveillance. Ne renonçant pas à ses questions pour autant, Ichigo se leva pour le suivre. Ils firent quelques pas en silence avant que Aizen ne se retourne pour regarder Ichigo le suivre.
- Que faisais-tu dans cette salle avec Szayel? Demanda-t-il d'une voix glaciale.
- Je t'attendais, répondit le rouquin d'un ton abrupte.
Aizen haussa un sourcil.
- Pour quelles raisons?
- J'avais quelques questions à te poser.
Le comportement de l'ancien capitaine commençait à sérieusement agacer le jeune homme, qui sentait à nouveau la colère monter en lui.
- Mais je vais attendre que tu te sois calmé, lâcha-t-il d'une voix hargneuse. Je ne sais pas ce que tu as dans le crâne, mais je te prierai de ne pas me traiter comme si j'étais l'un de tes larbins d'arrancar.
Furieux, Ichigo accéléra le pas et dépassa Aizen en le bousculant.
- Ichigo?
N'écoutant pas, il se dirigea droit sur l'escalier lui permettant de regagner la tour où se trouvaient ses quartiers. A ce moment, une main le saisit fermement par le poignet pour l'arrêter. Se retournant, il se retrouva nez à nez avec Aizen qui le regardait en fronçant les sourcils.
- Qu'est-ce qui t'arrive?
- Ce ne serait pas plutôt à moi de te poser cette question? Répliqua le rouquin. Tu débarques en me faisant la gueule et tu me traites comme un chien sans raison.
- Et comment veux-tu que je réagisse? J'entre et je te vois en train de flirter avec Szayel, franchement Ichigo.
Un instant, le jeune homme en resta coi, la bouche grande ouverte, fixant l'autre homme d'un regard ahuri. Se reprenant rapidement, il secoua la tête et fronça à nouveau les sourcils:
- Flirter avec lui? Mais tu me prends pour quoi? Une chienne qui a le feu au cul? Je ne flirtait pas avec Szayel, il m'expliquait comment il a pu échapper à ce dingue de Kurotsuchi. Et même si je flirtait avec ce type, qu'est-ce que ça peut te faire, on est pas marié!
Sur ce, il arracha son bras à la poigne d'Aizen et s'engagea dans les escalier d'un pas rageur.
- Si tu savais Ichigo, soupira Aizen en le regardant disparaître dans l'escalier.
Avec un grognement irrité, il fit taire le rire moqueur de Kyôka Suigetsu dans son esprit.
Ichigo laissa ses pas rageurs l'entraîner dans les couloirs tortueux de Las Noches sans faire attention où il allait. Il était tellement furieux qu'il ne faisait plus attention à rien, d'ailleurs. Son reiatsu tourbillonnait autour de lui avec rage. Plusieurs arrancar de moindre importance tombèrent comme des mouches sur son passage, écrasés par le poids de son énergie. Quand une porte se dressa devant lui, le vizard l'ouvrit d'un coup de pied, sans se soucier des dégâts qu'il pouvait causer. Il se retrouva alors sur une terrasse sous un soleil magnifique et un ciel limpide. Stupéfait, il s'arrêta et leva les yeux. Quelques nuages paresseux passaient lascivement dans le ciel d'un bleu magnifique. Droit devant Ichigo, un escalier descendait vers une pelouse qui ondulait paisiblement sous la légère bise printanière. Un peu plus loin un lac reflétait les nuages qui le survolaient tranquillement. Une telle impression de calme et de paix se dégageait de cet endroit que la colère du rouquin s'envola comme par enchantement. Intrigué, Ichigo descendit les marches et s'aventura dans le jardin qui s'offrait à lui. Il se demandait qui l'avait créé et pourquoi il ne l'avait jamais remarqué avant.
Tandis qu'il marchait dans le jardin, il ne pouvait se débarrasser d'une étrange impression de vide. Les lieux étaient enchanteurs, certes, mais il n'y avait aucune vie dans ce jardin, pas le moindre insecte, pas le plus petit papillon virevoltant autour des fleurs colorées, pas d'oiseau dans le ciel. Pas de chant, pas de cri, rien que le souffle du vent dans les feuillages. Un vide qui semblait vouloir faire écho à celui qu'il ressentait soudain au fond de lui. Troublé, il s'assit au bord du lac. Ses pensées ne cessaient de tourner autour de sa dispute avec Aizen et il se demandait pourquoi il avait réagit ainsi. Quelle mouche l'avait piqué de parler ainsi au maître de Las Noches? Et pourquoi l'attitude d'Aizen lui avait fait tellement mal? Il ne comprenait pas, tout ce qu'il savait c'est qu'il n'était pas à l'aise. Il se sentait coupable mais il ne voyait pas pourquoi, après tout c'était Aizen qui avait commencé, non?
Il se prit la tête entre les mains avec un soupir. "c'est pas moi, c'est lui!", quelle réaction puérile. Bon sang, mais qu'est-ce qui lui prenait, pourquoi il réagissait comme ça? C'était ridicule. Poussant un nouveau soupir, il ramassa un petit cailloux qu'il lança dans les eaux clairs en faisant des ricochets. Il ne comprenait vraiment pas ce qui lui arrivait, mais il détestait la façon dont Aizen s'était comporté avec lui. Il détestait quand le maître de Las Noches l'ignorait ainsi, il avait l'impression qu'il n'était rien pour lui et ça lui faisait mal au plus profond de son âme.
- Bon sang, mais qu'est-ce que j'ai? S'écria-t-il en lançant un autre cailloux dans l'eau.
Bien évidemment aucune réponse ne lui vint. Seul un bruit de pas se fit entendre dans l'herbe derrière lui. Ichigo ne se retourna pas, il savait parfaitement de qui il s'agissait, son pas claudiquant l'avait trahit.
- Comment tu m'as retrouvé? Grogna-t-il.
- Je n'ai eu qu'à suivre la piste, répondit la voix d'Aizen derrière lui. Tu as laissé tout un tas d'arrancar évanouis dans ton sillage.
Aizen s'approcha, le bas de hakama blanc bruissant en caressant les touffes d'herbe, puis il s'assit à coté du rouquin au bord de l'eau. Un long silence suivit l'arrivée de l'ancien capitaine. Ichigo se rendit soudain compte qu'il se sentait mieux depuis l'apparition d'Aizen à ses coté. Troublé, il tourna la tête vers lui et le vit observer le lac d'un air rêveur tout à fait inhabituel.
- Je suis désolé, murmura le vizard. Je n'aurais pas dû réagir ainsi. C'est juste que je déteste quand tu m'ignore.
- Ne t'excuse pas, Ichigo, c'est moi qui me suis comporté comme un idiot.
Nouveau silence. Ichigo lança un nouveau cailloux dans l'eau.
- Pourquoi tu me cherchais?
Ichigo se souvint soudain de la raison de sa venue dans la salle de surveillance.
- Ah oui, fit-il. C'est à propos de ma famille. Quand je suis allé les voir, l'autre jour, mon père m'a raconté son histoire et Gin nous a dit que c'est grâce à toi qu'il n'a pas été condamné à mort.
- Ah ça! Fit Aizen en levant la tête vers le ciel artificiel au dessus d'eux.
- Pourquoi tu as sauvé mon père?
Aizen ne répondit pas tout de suite, plongeant un instant son regard dans le bleu limpide du ciel.
- Au début je me suis tout simplement dit que Isshin pouvait devenir un bon allié contre les shinigami, en raison de sa désertion, mais ça n'allait pas plus loin que ça. J'ai continué mes petites affaires en gardant cette possibilité dans un coin de mon esprit, prêt à m'en servir quand j'en aurai besoin. Mais Urahara m'a compliqué la tâche.
- Comment ça.
- Eh bien en réussissant à se servir de toi contre moi.
Ichigo fronça les sourcils encore d'avantage.
- Tu vois j'ai fait une grosse erreur quand tu es arrivé au Seireitei: je t'ai sous-estimé, mais Urahara, lui, a su voir ton potentiel tel qu'il était et il a certainement dû se dire qu'il pouvait l'utiliser à son avantage. Urahara m'en veut de lui avoir fait porter le chapeau pour la hollowfication de Hirako et de clique et l'avoir forcé à quitter Soul Society. C'est de bonne guerre, si j'étais dans sa situation j'en ferais autant. Mais comme je restais hors de sa portée, il s'est débrouillé pour que tu mène sa vengeance à bien contre moi à sa place.
Ichigo baissa les yeux vers le galet qu'il faisait tourner entre ses mains.
- Quel salaud, il s'est vraiment foutu de moi.
Le jeune homme semblait abattu.
- Urahara a manipulé beaucoup monde. Il s'est servit de Rukia pour camoufler le Hogyoku, et il s'est aussi servit de toi pour te jeter en travers de ma route. Il savait parfaitement que si je faisais quoique ce soit à ton amie dans ma tentative de m'emparer du Hogyoku tu m'en voudrais tellement que tu ferait tout pour m'arrêter.
- Même si je devais en mourir, murmura le rouquin.
- Oui, et ainsi, après avoir délibérément révélé la vérité à ton père sur mon compte, et lui avoir bourré le crâne pendant vingt ans, il s'assurait que Isshin ne se joindrait jamais à moi, et même qu'il deviendrait mon pire ennemi s'il arrivait que je te tue.
- Oui mais tu ne m'a pas tué.
Aizen approuva d'un signe de tête.
- D'ailleurs, pourquoi tu ne m'as pas tué. Tu aurais pu le faire, sur la colline du Sôkyoku.
- C'est vrai, j'aurai pu, mais je n'en avais pas envie. De tous les adversaires que j'ai affronté tu es celui qui mérite le plus mon respect. Quelque chose en moi m'a empêché de te tuer et je dois dire que je ne le regrette pas.
Il adressa un sourire à Ichigo qui n'eut pas besoin de se forcer pour le lui rendre. Ils restèrent un moment cote à cote, sans rien dire, profitant du calme relaxant du jardin.
- Au fait, fit Ichigo après un moment. C'est quoi cet endroit?
Aizen leva les yeux vers le ciel.
- Nous somme sous le dôme de Las Noches. Il a été très endommagé au cours de l'invasion des shinigami et a été l'objet de travaux complexes. Je n'en ai rouvert l'accès que depuis peu de temps. Comme tu l'as sans doute remarqué, il manque encore pas mal de chose pour que ce jardin ressemble à ceux qu'on trouve dans le monde des vivants.
- Ouais, j'avais remarqué, pas d'oiseau, pas de chants juste le silence. Ca fout un peu la trouille.
- Je voulais te faire une surprise, avoua Aizen, pour que ton monde te manque moins.
Ichigo resta bouche bée un moment. Il avait fait tout ça pour lui. La joie qu'il ressentit à cette idée se répandit en lui comme une vague de chaleur et il espéra qu'il ne rougissait pas.
- Euh ... c'est ... Merci, fit-il à court de mots.
- Je t'en prie.
Ichigo croisa les mains derrière sa nuque et s'allongea dans l'herbe, plongeant le regard dans l'immensité du ciel qui se déployait au dessus de lui. Pour la première fois depuis son retour de Karakura, quelques jours plus tôt, il se sentait bien.
~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ Trahison~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~
Ichigo ne se sentait pas vraiment à l'aise lorsqu'il entra dans la salle de réunion de Las Noches. Jusqu'à présent les arrancar l'avaient accepté comme leader sans vraiment avoir d'autres raisons que la peur, ou la loyauté, que leur inspirait Aizen. Aujourd'hui cependant, il lui était demandé de se présenter en tant que leader de Las Noches au même titre que Aizen et Ichimaru. L'adolescent savait qu'il n'y aurait personne qu'il ne connaissait pas à cette réunion, mais il ne pouvait s'empêcher d'être nerveux comme s'il allait passer un examen particulièrement important.
La grande table allait accueillir sa première réunion depuis l'attaque des shinigami, des semaines plus tôt. Grimmjow s'était installé à sa place habituelle, tout comme Szayel, laissant à Nelliel le soin de se choisir une place elle même et, par un curieux concours de circonstances, la jeune femme se trouva assise à la place occupée auparavant par nul autre que Noïtora. Gabriella et Urielle arrivèrent en même temps que Aizen, Ichigo et Gin, qui portait une écharpe soigneusement enroulée autour de son cou et remontant jusqu'à son nez. Urielle lança un regard interrogateur à Grimmjow quand elle l'entendit murmurer pou lui même:
- Au moins, ça nous évite de voir son sourire débile.
L'arrancar s'en rendit compte et fit semblant de regarder ailleurs.
Aizen s'assit à la tête de la table, avec Gin à sa gauche et Ichigo à sa droite. Urielle pris place à coté de Gin et Gabriella à coté d'elle, mais au lieux de s'asseoir, elle se mit à genoux sur son siège et s'accouda à la table. Aizen les observa un instant avant de prendre la parole.
- Bien, ceci est la première réunion depuis l'invasion des shinigami et la bataille de Karakura. Nous ne sommes pas là pour décider de quoique ce soit aujourd'hui mais pour officialiser certaines choses.
Tout le monde approuva silencieusement. Aizen posa les coude sur la table et joignit les doigts devant son visage.
- La première chose, et la plus importante, commença-t-il. Il est temps de compléter les rangs de l'espada.
Les trois survivants eurent soudain l'air inquiet.
- J'ai déjà repéré quelques candidats qui feront certainement l'affaire. Mais si vous avez à coeur de soutenir la candidature de quelqu'un faites le moi savoir.
Silence complet du coté des derniers espada.
- En ce qui concerne mes choix ...
- On s'en tape des nouveaux, interrompit Grimmjow. Ce qu'on veut savoir c'est quelle place on aura. Je commence à en avoir marre de me traîner ce numéro qui veut plus rien dire.
D'un geste du pouce il désigna son dos où le numéros six était toujours visible malgré la disparition des cinq espada le précédant dans la hiérarchie.
- Bien entendu, vos place et numéros dépendront de la force dont vous faites preuve, tout comme avant.
- Quoi, grogna Grimmjow. On a traversé cette putain d'invasion en se faisant laminer par les shinigami et on n'a même pas droit à une compensation?
Aizen haussa un sourcil:
- Quelle genre de compensation, Grimmjow, demanda-t-il d'une voix calme mais teintée d'une nuance menaçante.
- Un peu de reconnaissance, par exemple, fit l'arrancar en fixant Aizen d'un regard de défi.
- Mais tu as ma reconnaissance, Grimmjow, répliqua Aizen avec un sourire qui avait quelque chose de terrifiant. La preuve, je t'ai laissé vivre malgré ton échec, ta rébellion contre Ulquiorra et ta contribution à la libération de l'humaine Inoue Orihime.
Un silence lourd de menaces s'abattit sur la salle tandis que Grimmjow et Aizen se lançaient des regards peu avenants. Ichigo se demandait ce qu'il devait faire et les regardait tour à tour en silence. Habituellement c'est dans ce genre de situations que Gin lâchait l'un de ses commentaires déplacés, mais cette fois il se contenta d'éternuer et de se moucher discrètement avant de s'excuser d'une voix toujours aussi enrouée.
Aizen et Grimmjow se détournèrent l'un de l'autre sans un mot, mais la tension ambiante ne s'évapora pas pour autant. Ichigo se demanda si c'était toujours comme ça, où s'il était mal tombé pour sa première réunion officielle. Connaissant Sosuke et Grimmjow ça devait certainement être comme ça à chaque fois, se dit-il avec un soupir.
- Bien, cet interlude étant terminé, nous pouvons reprendre.
La discussion, enfin, plutôt, le monologue d'Aizen, repris, parfois interrompu par une question ou une suggestion. Il y était question des futures espadas, des travaux de Las Noches, des gardes à établir pour éviter les intrusions indésirables. Ichigo n'y participait que peu, ne sachant pas vraiment ce qu'il devait dire où faire et Gin parvenait à faire entendre sa voix éteinte par moment pour faire des remarques sans son irritant ton moqueur, signe qu'il prenait les choses au sérieux.
Après plus de deux heures de palabres ennuyantes à souhait, Aizen annonça que la réunion touchait à sa fin. Un soupir de soulagement accueillit ses propos et le maître de Las Noches fit comme s'il n'avait rien entendu.
- Avant de vous laisser partir j'ai quelques annonces à vous faire.
Grimmjow, qui était déjà en train de se lever, se rassit avec un reniflement de dédain. Aizen n'y fit pas attention.
- Tout d'abord, j'ai décidé d'autoriser la création de la salle commune et je confis à Urielle et à Ichigo le soin de s'en occuper.
Un sourire rayonnant éclaira le visage de l'archange.
- Merci, Aizen-sama.
- Et pourquoi moi? S'écria Ichigo, prononçant ses premiers mots depuis son entrée dans la salle de réunion.
Aizen se tourna vers lui.
- C'est votre idée, à vous de faire en sorte que ça marche.
Une moue indignée se dessina sur le visage du rouquin. Comment ça c'était son idée? Urielle avait passé des jours à le traîner dans tous les coins pour rechercher un endroit où caser sa foutue salle et il n'avait rien fait de plus que de donner son avis. Comment avait-il put se retrouver avec cette corvée sur le dos, tout d'un coup? Soupirant, il se détourna et fit semblant de ne pas voir le regard joyeux que l'archange lui lançait.
- Ensuite, vu que les effectifs des Archanges ont augmenté, j'ai demandé à Szayel la création d'un étage supplémentaire dans la tour principale, où ils seront logés. Cet étage s'intercalera entre celui des espada et le notre. Sa création va occasionner certaines gênes pour tous les habitants de la tour, des vibrations, du bruit, ce genre de choses.
Tout le monde hocha la tête avec résignation.
- Comment est-ce qu'on peut ajouter un étage entre deux autres qui existent déjà? Demanda Ichigo, intrigué.
- De la même manière que les couloirs peuvent bouger, répondit simplement Aizen. Les murs de Las Noches sont composés de particules spirituelles, ce qui fait de la fortersse un organisme spirituel capable de se transformer si on lui en donne les moyens. Tant qu'elle baigne dans les particules spirituelles présentes dans l'atmosphère du Hueco Mundo, elle peut changer de configuration à la demande.
- Ah d'accord. C'est pour ça que les travaux avancent si vite!
Aizen approuva d'un signe de tête.
- Jusetement, reprit-il. Les travaux sont terminés à quatre-vingt dix pour cent, ce qui signifie que les murs extérieurs et remparts ont enfin été consolidés. Depuis la restructuration de nos forces, vous êtes tous responsable d'un secteur de la forteresse. A vous d'organiser patrouilles et tours de garde afin d'éviter les mauvaises surprises. L'erreur consistant à se reposer uniquement sur la solidité de nos murs ne sera pas renouvelée.
Murmures d'approbation autour de la table.
- Dernière chose, le Dôme de Las Noches a été terminé et rouvert cette semaine. Du travail reste encore à faire, mais il vous est désormais possible de vous y rendre quand vous le souhaitez. Je compte sur vous pour faire régner la tranquillité dans ces lieux. Tout combat ou détériorations quels qu'ils soient seront sévèrement punis et si je constate certains abusent de ma générosité, le jardin ne sera plus ouvert que pour ceux qui le méritent.
Aizen marqua une pause.
- C'est à peu prêt tout, je compte sur vous tous pour faire connaître ces ordres et informations au reste de la forteresse. Vous pouvez y aller.
Les participants se levèrent et se dirigèrent vers la porte en commentant la réunion. Ichigo se leva aussi et s'étira longuement sous l'oeil amusé d'Aizen.
- On ne t'as pas beaucoup entendu, Ichigo-kun, fit-il remarquer.
- Je ne savais pas quoi dire, en fait.
- C'est vrai que cette réunion n'a pas été très intéressante, avoua l'ancien capitaine. Malheureusement, où heureusement, c'est souvent comme ça.
Il laissa passer un instant, le temps qu'ils sortent tous deux de la salle.
- Que dirais-tu d'un petit tour dans le jardin du Dôme, pour te dégourdir les jambes après cette ennuyante réunion?
Pris par surprise, le rouquin regarda Aizen pendant quelques secondes avant de répondre.
- Ouais, pourquoi pas.
Aizen lui adressa un sourire pendant que le rouquin se maudissait de la débilité d'une telle réponse.
- Et toi, Gin? Demanda Aizen en se tournant vers son bras droit.
Ichigo se surprit alors à espérer que le renard décline l'invitation.
- Non, fit Gin de sa voix enrouée. Je vous laisse en tête à tête. J'ai trop froid, je vais me recoucher.
Ichigo le regarda s'éloigner avec soulagement.
- Avoir froid dans un désert, c'est une vrai malédiction, remarqua Urielle en passant près d'eux en trottinant.
Elle suivit Gin dans le hall menant à la tour où il résidait. Les deux autres la regardèrent partir sur les traces de Gin.
- Elle va le border, tu penses? Demanda Ichigo, perplexe.
- A en croire Kyôka, elle ne rêve que de ça, répondit Aizen avec un haussement d'épaule.
Il jeta un coup d'oeil autour d'eux, trouvant le hall anormalement calme.
- Il ne reste plus que nous, fit-il en remarquant la disparition de Gabriella. J'espère que ça ne te dérange pas.
- Pas du tout, s'empressa de répondre Ichigo.
Ce qui lui valut un nouveau sourire de la part d'Aizen.
Ils se rendirent dans le jardin qui semblait avoir pris vie depuis la veille. Des chants d'oiseaux étaient audibles dans les arbres mais aucun d'entre eux ne se montra. Aizen expliqua à Ichigo que le Dôme se développaient tout seul une fois atteint un certain niveau d'évolution. Dans les jours à venir d'autres changements étaient à prévoir. Le rouquin observa autour de lui tandis qu'un frisson lui remontait le long de l'échine à la pensée que la forteresse était comme une entité vivante et eux comme des parasites qui profitaient d'elle.
- Dans quelques temps cet endroit sera parfait, remarqua Aizen en regardant autour de lui. Viens, je veux te montrer quelque chose.
Ichigo le suivit sans poser de question. Les deux hommes longèrent le lac dont les eaux limpides scintillaient paisiblement sous le soleil artificiel du Dôme. Ichigo ressentait une telle impression de paix et de calme qu'il se serait bien allongé dans l'herbe pour profiter de la tranquillité des lieux. Ce jardin était comme une oasis dans le désert, un endroit où la guerre qui les opposait aux shinigami n'avait pas de prise. Le vizard compris qu'il pourrait toujours venir se réfugier dans ces lieux quand il aurait besoin de décompresser et de penser à autres choses qu'aux combats qui s'annonçaient.
Aizen guida Ichigo jusqu'à un mur dans le coin le plus reculé du jardin. Une porte de style traditionnelle s'y découpait, à l'ombre des hauts arbres entourant l'enclave. Aizen poussa la porte de la main et laissa Ichigo passer devant lui. Le jeune homme ne put retenir un hoquet de stupéfaction. Devant lui s'étalait un jardin japonais traditionnel avec ses arbustes parfaitement taillés, ses pelouses vallonnées parsemées de pas japonnais faisant office de chemin, ses étendues de graviers dans lesquels étaient dessinés vaguelettes et tourbillons. Au fond, Ichigo put même voir un pavillon en forme de pagode. Dépourvu de mur, il était ouvert aux quatre vents des tentures de soie tendues entre les piliers faisant office de paravent entre l'intérieur du pavillon et le jardin japonais.
Des bosquets de bambous, de cerisiers en fleurs et d'érable japonais aux feuilles d'un rouge éclatant entouraient le pavillons sur trois de ses coté. Sur le quatrième coté, il ouvrait librement sur un étang à la surface duquel flottaient des nénuphar aux douces couleurs. Entre leurs grandes feuilles des taches colorées nageaient lascivement, trahissant la présence de carpes koï. Des grues allaient et venaient sur le bord de l'étang, le bec dans l'eau.
Ichigo s'avança dans le nouveau jardin en regardant partout, presque intimidé par la beauté des lieux. Aizen marchait derrière lui sans rien dire, un sourire satisfait sur les lèvres. La réaction du rouquin lui faisait plaisir et le mettait étrangement de bonne humeur.
- Ca te plaît?
- Cet endroit est magnifique.
Aizen fit quelques pas et passa devant Ichigo.
- N'est-ce pas. C'est l'une des choses qui m'a le plus manqué après mon exile.
Ichigo se tourna vers lui, un air interrogateur sur le visage.
- Tu as sous les yeux une fraction des jardins royaux tel que je m'en souviens. Bien entendu je suis conscient que mes souvenirs ne sont pas exacts et que ce jardin n'est qu'un pale reflet de l'original. J'aimerai beaucoup que tu les vois de tes propres yeux.
- Les jardins ... royaux?
- Oui, une appellation comme une autre pour désigner les jardins entourant le palais royal.
- Tu les as déjà vu?
- Bien sûr, tous les membres de la Garde Royale ont accès au palais et aux jardins, ça fait parti de leurs privilèges.
Ichigo regarda un instant une carpe aux couleurs vives venir lascivement caresser la surface de son dos avant de disparaître sous une feuille de nénuphar.
- C'est comment là-bas?
- Aussi beau qu'ennuyeux.
Ichigo haussa un sourcil:
- Il ne doit pas s'y passer grand chose, j'imagine.
- Il ne peut rien s'y passer, soupira Aizen. Tout y est surveillé, réglementé. C'est comme ce jardin.
Il désigna le jardin qui s'étalait sous leurs yeux.
- L'ordre y est déterminé suivant des règles stricte et immuable. Tout doit être à sa place, rien n'a le droit de dépasser, de sortir du moule. On te dit comment vivre, comment penser, comment respirer, tu n'as pas la moindre liberté. Le simple fait de penser autrement que ce qui est autorisé est un crime sévèrement puni. Il n'y a aucune liberté. C'est pour changer tout ça que je veux y retourner et prendre la place du roi. Les shinigami imaginent que devenir un membre de la Gard Royale est un très grand honneur, mais en réalité, ça tiendrait plus de la punition que d'autre chose. A coté de ça le Seireitei fait presque figure de paradis.
Ichigo resta muet, le regard fixé sur ses pieds. Plus il en apprenait sur les shinigami et leur monde, plus il sentait le dégoût le gagner.
- Les shinigami disent de moi que je suis un monstre, mais crois moi, je le suis bien moins que ce roi qu'ils protègent. Cet homme ... ne mérite pas d'exister.
Pendant un long moment, ils restèrent muets tous les deux, chacun d'eux plongé dans ses pensées. Non loin, deux grues s'agitèrent soudain, échangeant des coups de becs et des cris stridents. Elle se poursuivirent un instant, provoquant un vif émoi au sein de leur petit groupe puis tout redevint calme comme rien ne s'était passé.
- Tu boiras bien du thé avec moi, Ichigo-kun? Demanda Aizen.
Tiré de ses pensées, Ichigo leva la tête et lui adressa un regard perplexe avant que les mots de l'ancien capitaine n'arrivent jusqu'à son cerveau.
- Euh, oui.
- Parfait!
Ichigo se laissa guider vers le pavillon. Aizen écarta le voile de soie qui voletait dans la bise et révéla un agréable salon d'extérieur. Un plateau les attendit déjà sur une table, à la grande surprise de Ichigo qui n'avait sentit personne dans le jardin en dehors d'eux. Aizen s'amusa de sa surprise, mais ne fit pas de commentaire.
Pendant un moment ils partagèrent le thé et les pâtisseries trônant sur le plateau en bavardant de tout et n'importe quoi. Près de vingt minutes plus tard, Ichigo se rendit soudain compte qu'il avait passé tout ce temps à s'épancher sur sa vie dans le monde des vivants. En bon auditeur patient et indulgent, Sosuke l'écoutait attentivement, ravi d'en apprendre plus sur la vie de son protégé avant que les shinigami ne referment leur sales griffes sur lui. Ichigo lui parlaient de tout: sa famille, les idioties de son père, ses soeurs qui lui manquaient, le lycée, ses amis, ses profs, ses habitudes, sa vie de tous les jours. Aizen qui n'avait côtoyé que peu d'humain, et encore moins de vivants, semblait fasciné par cette vie simple mais chaleureuse et bien remplie.
Tandis qu'il écoutait Ichigo parler, Sosuke sentait une paix comme il en avait rarement sentit dans sa vie s'emparer de lui. Il soupira doucement et se cala plus confortablement dans son fauteuil. Un sourire se dessina sur ses lèvres. Ce fichu gamin! Sans le savoir Ichigo avait un vrai don pour faire ressortir tout ce qu'il y avait de meilleur en lui. Ce qu'il avait refoulé pendant si longtemps, s'efforçant de le garder sous clé pour que ça n'entrave pas sa marche vers son but. Oh, il ne parlait pas de ce faux visage qu'il avait montré aux shinigami pendant plus d'un siècle mais bien de ce qui était réellement lui. Sans rien faire de particulier, ce gamin avait su trouver les clés pour le mettre à nu. En temps normal, il aurait trouvé ça dangereux et se serait empressé d'éliminer la personne le rendant si vulnérable, mais il faisait confiance à Ichigo. Pour une obscure raison, ça lui plaisait que le jeune homme puisse le voir tel qu'il était.
Soupirant de contentement, il posa le coude sur l'accoudoir de son fauteuil et cala le menton sur son poing. Le regard posé sur Ichigo, il lui adressa un sourire chaleureux.
~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ Trahison~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~
Kisuke poussa un soupir résigné en franchissant les portes de la salle de réunion. Un effet secondaire de la guerre auquel il n'aurait jamais pensé: l'augmentation significative des réunions de capitaines. En plus de ces réunions, Kisuke était convoqué trois fois par semaine dans le bureau de Yamamoto afin de lui faire part de la progression, toujours trop lente pour le Vieux, de ses travaux. A vrai dire, il n'aimait pas cette situation. Il avait l'impression d'être constamment surveillé. Effet de son imagination, résultat de la haine que Soi Fon lui portait, ou ordre de Yamamoto, il n'aurait su le dire, mais il détestait ça. Tout comme il détestait avoir à rendre des comptes sur ses travaux. Depuis son exil forcé, Urahara s'était habitué à travailler sur les projets qu'il voulait, sans avoir de compte à rendre à personne. Il était libre de faire ce qu'il voulait, et, quand ses expériences se révélaient être des échecs, ça le décevait, bien sûr, mais il n'y avait personne pour lui en tenir rigueur. Yamamoto ne cessait de lui répéter que s'il échouait dans ses travaux, il retournerait faire un petit tour au Nid d'asticots, mais pas en tant que gardien cette fois. Il comment à regrettait amèrement la liberté dont il jouissait sur Terre.
Les capitaines, et vice capitaines tenant la place des traîtres, se placèrent dans la salle. Yamamoto frappa le parquet de son bâton, ordonnant la fermeture des portes. Lorsque ce fut fait, il se tourna vers Hitsugaya, qui, le visage encore tuméfié, devait faire part de sa rencontre avec les arrancar sur Terre le soir de Noël. Tout le monde avait lu son rapport, ainsi Kisuke se demandait pourquoi il devait l'entendre également. Un demi sourire étira ses lèvres lorsqu'il songea aux révélations qu'il avait à faire. Il se demandait comment les autres capitaines allaient les prendre et si quelqu'un avait pu, comme lui, comprendre quel était le plan d'Aizen.
Hitsugaya parla d'une voix froide et monocorde pendant quelques minutes, racontant en détail sa rencontre avec deux arrancar et un hollow qui les avaient attaqué sans crier gare. Yamamoto prit ensuite la parole pour poser quelques questions supplémentaires. Un courant électrique sembla traverser Urahara quand il se rendit compte que ça allait être à lui et à ses révélations d'entrer en scène. Silencieux et attentifs, les autres capitaines écoutaient religieusement ce que Yamamoto avait à leur dire. Bien que Kisuke s'en moqua comme de son premier hakama, il fit semblant d'être aussi intéressé que les autres et ne quittait pas le Vieux du regard, même quand Soi Fon se tournait vers lui pour lui lancer un regard hargneux et suspicieux.
- Vous avez laissé la famille Kurosaki sans surveillance, capitaine Hitsugaya, cette erreur m'étonne de vous, réprimandait Yamamoto. Kurosaki Isshin et ses filles auraient pu en profiter pour disparaître.
- Mais ils sont toujours là, non? Répondit le gamin agacé d'être réprimandé comme un enfant. Et ce hollow ne nous a pas laissé le choix. Il a débarqué de nulle part et s'est jeté sur nous comme un fou-furieux. Qu'est-ce qu'on pouvait faire d'autre?
Les yeux de Yamamoto lancèrent des éclairs et il ouvrait la bouche pour rappeler le génie à l'ordre, lorsqu'une autre voix se fit entendre.
- Vous pensez que Kurosaki Isshin est capable de s'acoquiner avec des hollow pour nous échapper? Demanda Ukitake en fronçant les sourcils.
Son attention détourné par l'intervention, Yamamoto oublia Hitsugaya pour se tourner vers Ukitake.
- Je le pense capable de tout pour protéger son fils, y compris de pactiser avec ce hollow inconnu afin de se débarrasser de notre surveillance.
Un instant l'idée folle de garder ses découvertes pour lui traversèrent l'esprit de Kisuke, tant Yamamoto commençait à lui sortir par les yeux, mais il réussit à la repousser pour le bien de la Soul Society.
- Ce n'était pas un hollow inconnu, intervint-il, le coeur battant d'excitation.
Tout le monde se tourna vers lui.
- Je vous demande pardon, capitaine Urahara, fit Yamamoto d'une voix menaçante.
- Ce n'était pas un hollow inconnu, répéta-t-il. Le capitaine Hitsugaya en a fourni une description très précise et j'ai pu faire des recherches à ce sujet. Ce hollow qui l'a attaqué sur Terre était Wildefire, l'un des quatre grands Vasto Lorde du Hueco Mundo.
Un instant de silence suivit ses propos bientôt interrompu par un reniflement de dédain:
- C'est du délire, trancha Soi Fon de sa voix hargneuse.
- Non c'est de la logique. Je sais qu'il s'agit de Wildefire parce que je m'attendais à ce que ce soit elle.
Les autres le regardèrent comme s'il était fou.
- Expliquez vous, capitaine, gronda Yamamoto.
- Après mon retour j'ai fait quelques recherche sur cette arrancar qui m'a barré la route quand Ichimaru et Kurosaki ont détruit le portail dans ma boutique. Un arrancar tel que celui-là, si Aizen l'avait eu avec lui pendant la bataille de la Fausse Karakura, il n'aurait certainement pas manqué de l'utiliser contre nous. S'il ne l'a pas fait, c'est qu'il ne l'avait pas. Donc je me suis penché sur les hollow restant au Hueco Mundo étant assez puissants pour devenir ce genre d'arrancar terrifiant de puissance et de confiance en lui. Cette femelle arrancar qui m'a attaqué, je suis certain que c'était Archange, elle aussi l'un des Maître du Hueco Mundo.
Des murmures stupéfaits se firent entendre.
- La description, la taille, la couleur des cheveux, le sexe ... tout correspond. Y compris son pouvoir de manipuler la glace.
Les autres ne semblaient pas savoir s'il fallait le croire où non.
- Wildefire vous a attaqué avec l'aide de deux arrancar, c'est ça?
- Oui, confirma Hitsugaya. Grimmjow Jaggerjack et Nelliel Tu Oddelswank.
Urahara hocha la tête.
- Ce qui prouve qu'elle était bien de mèche avec Aizen.
- Ou tu veux en venir, grogna Soi Fon que cette conversation semblait agacer.
- Je veux en venir à ça, fit Urahara sans la regarder. Aizen est en train de préparer un groupe d'arrancar encore plus puissants que les espada dans le but de nous détruire tous.
- Ca on le sait déjà, fit la harpie de son ton mauvais.
Cette fois Urahara se tourna vers elle.
- Vraiment? Et savez-vous qui il a l'intention de recruter?
A ca elle ne trouva rien à répondre.
- Bien, fit Urahara avec un sourire moqueur. Voilà ce que j'ai trouvé. Quand Wildefire a attaqué Hitsugaya, comment Jaggerjack l'a-t-il appelé?
- Il l'a appelé Gabriella, c'est dans mon rapport, répondit le gamin sans comprendre.
Kisuke hocha la tête.
- Et l'arrancar que je pense être Archange a été appelé Urielle par Ichimaru.
- Et alors, interrompit Soi Fon.
- Alors, Uriel et Gabriel sont les noms de deux des Archanges. Dans les fois occidentales les Archanges sont les principaux serviteur de Dieux. Le seul problème c'est que les Archanges sont quatre. Et les Maître du Hueco Mundo sont quatre également.
Une sueur froide passa soudain sur l'assistance tandis que tous les capitaines réalisaient ce que les propos de Urahara impliquaient.
- Aizen a un gros complexe divin, reprit l'ancien exilé. Ce ne serait pas étonnant de sa part de vouloir s'entourer des hollow les plus puissants du Hueco Mundo pour former ses propres archanges, vous ne trouvez pas.
Le silence qui suivit lui parut assourdissant.
- Si ce que vous dites est vrai capitaine, commença Yamamoto d'une voix lente, comme s'il venait de prendre un rude coup au moral, nous devons l'en empêcher. D'après ce que nous savons il n'y a qu'un seul de ces hollow qui soit devenu un arrancar, cette fameuse Urielle. Ce hollow, Wildefire ou Gabriella, peu importe, va certainement en devenir un sous peu, si ce n'est déjà fait. Nous devons arrêter Aizen avant qu'il ne recrute les deux autres. Deux de ces arrancar seront déjà un obstacle suffisamment difficile à surmonter.
Il se tourna vers Urahara.
- Ou en est le portail, capitaine?
- On approche du but, il est à quatre vingt cinq pour cent de son développement, environ.
- Dans ce cas, laissez de coté ce que vous faites pour vous concentrer uniquement sur le portail. Nous devons rouvrir l'accès au Hueco Mundo au plus vite.
Yamamoto donna ses ordres à sa petite troupe avant de la congédier d'un geste de la main. Quand ils quittèrent la salle les autres capitaines le trouvèrent plus renfrogné que d'habitude.
Urahara se dépêcha de quitter la première division afin de mettre le plus de distance possible entre lui et l'ambiance détestable qui y régnait. Il était pressé de retrouver la calme solitude de son laboratoire où les tracas du Seireitei n'avait pas de place. Il était fatigué de ce climat de catastrophe imminente qui pesait sur la ville et avait parfois envie de tout quitter. Il fit quelque pas dans la grande rue faisant le tour du Seireitei en reliant les différentes divisions entre elles lorsqu'il entendit son nom derrière lui. Se retournant, il vit la jeune vice-capitaine de la cinquième division marcher vers lui d'un air un peu intimidé.
- Capitaine Urahara, puis-je vous parler un instant?
Kisuke haussa un sourcil. C'était la première fois que la gamine lui adressait la parole. Habituellement, elle se contentait de l'ignorer et de passer devant lui en baissant timidement les yeux. Pas mal de monde au Seireitei se méfiait d'elle pour son indéfectible loyauté envers son ancien capitaine mais la jeune fille n'avait jamais fait quoique ce soit pour éveiller les soupçons de l'ancien exilé. Tout doucement, elle semblait lâcher prise et s'habituer à l'idée que son précieux supérieur était un traître et un criminel.
- Bien sûr, Hinamori-chan. De quoi veux-tu parler?
La jeune fille fit quelque pas, et Kisuke marcha près d'elle.
- J'ai entendu dire que vous aviez été le responsable du Nid d'asticots avant de devenir capitaine. C'est vrai?
Intrigué, Kisuke hocha la tête.
- Oui, tout à fait vrai Hinamori-chan, pourquoi cette question?
- Eh bien ... C'est un peut gênant en fait. Je n'aimerais pas qu'on m'entende en parler.
Elle regarda autour d'elle un instant avant de reporter son regard sur le capitaine.
- Voilà ce que m'amène. Il y a deux jours j'ai surpris une conversation entre deux secrétaires du bureau de Chûo. Ils disaient que si les traîtres Aizen, Ichimaru et Kurosaki étaient capturés vivants, les Quarante six projetaient de les envoyer au Nid d'asticots sans procès pour les ...
Elle baissa la voix:
- Pour les y faire exécuter discrètement et éviter qu'ils deviennent des martyrs.
Urahara s'arrêta net.
- Tu te trompes, Hinamori-chan. Il n'y a jamais eu d'exécutions au Nid d'asticots. C'est un lieu ou on enfermes les cas dangereux mais on y a jamais tué personne. Bien entendu des accidents arrivent parfois, mais des exécutions, jamais.
- Vous êtes sûr? Même pas officieusement?
- Tout à fait, ni officiellement ni officieusement. D'ailleurs, les traîtres, s'ils sont capturés vivants, seront enfermés au Senzaikyû avant d'être exécuté sur le Sôkyoku. Les Quarante six veulent faire de leur cas un exemple pour quiconque voudraient se rebeller contre leur autorité.
- Mais, le Sôkyoku a été détruit, non?
- Il sera bientôt réparé et en état de fonctionner.
Hinamori dut se forcer à dire ce qu'elle devait dire:
- Tant mieux! Ces traîtres méritent d'être exécuter devant tout le monde.
Elle s'arrêta alors pour s'incliner devant Urahara.
- Merci capitaine, je suis rassurée maintenant. Bonne journée.
Elle s'en alla, le laissant seul. Urahara la suivit des yeux un instant, intrigué.
Kira l'attendait à l'endroit convenu et la jeune fille ne put retenir un sourire en le voyant s'avancer vers elle. Il n'était pas d'accord avec son idée d'aller interroger discrètement Urahara sur les exécutions ayant eu lieu au Nid d'asticots, mais la jeune fille n'avait rien voulu savoir. Kira craignait que ça n'attire inutilement l'attention sur eux mais Hinamori avait objecté que Urahara était bien trop occupé avec toutes ses recherches pour s'intéresser à deux vice-capitaines. Bien que réticent, Kira l'avait finalement laisser faire en croisant les doigt pour que tout se passe bien.
- Ca a été, Hinamori-kun? Demanda-t-il, anxieux.
- Très bien. Je lui ai sorti cette fameuse histoire que tu m'as conseillé à propos du Chûo et il ne s'est même pas posé de question.
- Alors?
Elle lui adressa un petit sourire triste.
- C'est bien ce qu'on pensait. Officiellement, les exécutions que nous avons découverts n'existent pas. Ce sont des "accidents".
Kira soupira.
- Je commence à croire que le capitaine Ichimaru a eu raison de partir. Cette endroit me plaît de moins en moins.
Hinamori ne répondit pas. L'esprit ailleurs, elle se demandait ce que son capitaine pouvait bien faire en ce moment.
Tout à leur réflexions inquiètes, les deux jeune shinigami ne remarquèrent pas une silhouette les écouter depuis un coin sombre non loin d'eux.
