Chapitre 8/
Plusieurs jours passèrent et Yoshiki reçut le programme du concours d'entrée au Conservatoire de Tokyo qui se composait de deux œuvres, l'une obligatoire et l'autre facultative. Celle qui était obligatoire prouvait à quel point on demandait un excellent niveau aux postulants : Le troisième mouvement de l'Appassionata de Beethoven. C'était un morceau très rapide. Il l'avait déjà plus ou moins travaillé par le passé mais il lui faudrait des jours de travail intense pour la mémoriser et l'exécuter avec suffisamment de dextérité. Parmi les morceaux à choisir, il fut heureux d'y trouver Une Larme de Moussgorsky, un morceau mélancolique et lent qu'il connaissait déjà. Il se mit immédiatement à l'ouvrage, n'ayant qu'un mois pour se préparer tout en poursuivant ses activités du soir.
Yoshiki commençait enfin à entrevoir le bout du tunnel mais il y avait encore une petite ombre au tableau : hide. Ce dernier avait repris ses activités mais il parvenait de moins en moins à cacher son état. L'Araneia avait remporté le concours qui s'était si mal terminé et hide, plus arrogant que jamais, dés son retour voulut fêter ça en buvant jusqu'à n'en plus pouvoir.
Il avait fait l'imbécile comme avant mais son sourire n'avait plus son éclat habituel et de grosses cernes marquaient son visage même sous une couche de fond de teint au point que les autres commençaient à se poser des questions. Yoshiki ne savait plus quoi faire pour lui car il supportait difficilement de devoir rester impuissant.
Malheureusement pour Yoshiki, sa propre santé n'était pas non plus au beau fixe. En plus des nuits blanches qu'il était obligé de passer, le fait de travailler son piano comme un fou la journée l'épuisait et il manquait terriblement de sommeil. La perspective d'un échec au concours lui faisait faire des cauchemars. Il ne voulait pas penser à ce qu'il deviendrait si jamais il échouait après tant d'efforts.
Au bout d'une semaine, tous ces soucis cumulés finirent par lui provoquer de tels moments d'angoisse qu'un jour où il se trouva incapable de jouer tellement ses doigts se mirent à trembler. Un peu paniqué, il pensa à Toshi comme un noyé à une bouée de sauvetage. Ils étaient devenus de véritables amis, rapprochés d'autant plus rapidement par la solitude dans laquelle ils vivaient l'un et l'autre et plus que jamais, Yoshiki sentit à quel point Toshi lui était devenu indispensable. Mais il était si occupé avec son travail que Yoshiki ne le voyait pas aussi souvent qu'il l'aurait souhaité. De plus, il hésitait à lui parler de ses soucis, par fierté parce qu'il ne voulait pas encore passer pour un boulet qui ne savait pas s'en sortir seul. Mais cette fois, son besoin d'aide fut trop fort. Toshi seul saurait peut-être trouver les mots pour le calmer. Alors, sans réfléchir davantage, Yoshiki prit sa veste et sortit de chez lui.
Le médecin fut un peu surpris de le voir débarquer comme patient :
- Yoshiki ? Tu as vraiment mauvaise mine ! Tu es malade ?
- Je crois oui…, dit le pianiste en s'asseyant sur le grand fauteuil blanc qui servait aux auscultations. Toshi… je…j'ai peur…
Il serra les poings pour ne pas que Toshi voit ses doigts trembler. Mais ce dernier s'approcha et posa doucement ses mains sur les siennes :
- Tes mains sont complètement gelées et tu trembles…Tu fais une crise d'angoisse ? Qu'est-ce qui t'arrive ?
Yoshiki se mit à parler, les mots sortant en un flot de plus en plus incontrôlable tellement il avait besoin de vider son sac :
- Je suis fatigué…et…j'ai peur de rater le concours. Toshi, c'est ma seule porte de sortie, le seul moyen de réaliser mon rêve. Et si j'échoue ? Qu'est-ce que je vais devenir ? Je n'aurais pas la force de le surmonter ! Je ne pourrais pas continuer comme ça encore un an. L'alcool me rend malade, je vomis à chaque fois que je rentre du club, j'ai perdu cinq kilos depuis quinze jours…
Il fut interrompu un peu brutalement lorsque Toshi l'agrippa fortement par les épaules. Yoshiki leva la tête et croisa son regard inquiet.
- Yoshiki pourquoi ne m'en as-tu pas parlé plus tôt ? Non c'est moi qui aurais dû voir ça…Enlève ton t-shirt, je vais vérifier ton état.
Yoshiki obtempéra et se mit torse nu puis ajouta en soupirant :
- J'ai fait exprès de ne pas t'en parler, dit Yoshiki en baissant la tête. Je suis tout le temps en train de te raconter mes malheurs mais toi tu as assez de soucis comme ça alors je…
Il ne put finir parce qu'il se retrouva le visage enfoui dans la chemise de Toshi qui le serrait contre lui. La chaleur humaine que dégageait Toshi était si forte, le soulagement qu'il lui procurait était si grand que tout à coup, Yoshiki craqua et se mit à pleurer. Il entoura la taille de Toshi de ses bras. Ce dernier, l'entendant renifler, lui caressa les cheveux. Il s'inquiétait vraiment beaucoup pour Yoshiki. Mais d'un autre côté, le fait d'être toujours la personne vers laquelle il se tournait quand il avait besoin de réconfort le touchait profondément. Son envie de le soutenir et de prendre soin de lui n'en était que plus forte. Il aimait tellement avoir quelqu'un à protéger. Il lui chuchota :
- Ne te retiens jamais de venir me parler Yoshiki. Je suis ton ami et les amis sont faits pour ça.
Yoshiki répondit par un signe de tête mais ne se détacha pas tout de suite de Toshi dont les mains descendirent sur son dos pour le frictionner. Mais la chair de poule lui vint lorsqu'il toucha sa peau. Ce n'était qu'un geste d'affection mais Yoshiki se prit à l'apprécier plus que de raison. Il voulait que Toshi garde toujours ses mains sur lui parce qu'il lui faisait du bien.
Mais il fallut bien le relâcher ce qu'il fit à regret. Toshi lui sourit et lui demanda de s'allonger sur le fauteuil. Yoshiki obéit et se détendit. Il se sentait mieux maintenant qu'il avait pleuré. Du moins au niveau du moral parce qu'il y avait toujours cette affreuse sensation de nausée.
- J'ai envie de vomir depuis hier c'est affreux…
Toshi, stéthoscope autour du cou, posa le rond de métal froid sur son cœur d'une main. De l'autre, il appuya légèrement sur le haut de l'abdomen de Yoshiki. Ce dernier sursauta sous une pointe de douleur :
- Ca fait mal ici…
- C'est ton foie Yoshiki…, dit Toshi dont le front se marqua d'une légère ride d'inquiétude. Je te l'avais déjà dit avant, il faut que tu arrêtes de boire. Tu n'as jamais vraiment cessé n'est-ce pas ?
- J'ai pas pu…j'ai pas pu Toshi…
Tout à coup, Yoshiki fut pris d'un haut-le-cœur. Il se leva très vite :
- Envie de vomir…
Et se précipita vers le mini-lavabo pour s'y vider du peu de nourriture qu'il lui restait encore dans l'estomac. Toshi posa ses mains sur son dos et le frotta de haut en bas en murmurant :
- Ca va aller…
Un sanglot jaillit des lèvres de Yoshiki. Il ouvrit le robinet et s'asperger abondamment la bouche et le visage pour se nettoyer :
- Je suis malade…j'ai sûrement la même chose que hide. Je vais mourir ?
- Non ! s'écria Toshi dont le cœur se serra. Non, tu n'en es pas au même point que lui ! Et toi, on va te soigner, je te le garantis Yoshiki. A partir de maintenant, je t'interdis la moindre goutte d'alcool ! Tu vas expliquer à hide que si lui il a envie de se foutre en l'air, c'est son problème mais qu'il n'a pas le droit de t'entraîner avec lui ! Et si ça lui suffit pas, c'est moi qui irai lui mettre du plomb dans la tête !
Yoshiki se tourna vers lui. Les yeux de Toshi brillaient et c'était la première fois qu'il le voyait en colère.
- Désolé…
- Ne t'excuse pas et fais plutôt ce que je te dis, dit Toshi sur un ton plus doux. Je ne veux pas que tu tombes gravement malade et je ferai ce qu'il faudra pour t'éviter ça. Gare à toi si je te trouve encore ivre !
Toshi croisa les bras et sourit malicieusement en ajoutant :
- Tiens je vais peut-être me mettre à squatter chez toi pour guetter ton retour au petit matin ?
- Ca ne me gênerait pas que tu le fasses. Ca me changera d'avoir quelqu'un qui m'attende pour une fois !
Yoshiki avait parlé sans réfléchir et se rendit compte que c'était s'aventurer beaucoup car Toshi ne parlait sûrement pas sérieusement. Le médecin eut un sourire un peu énigmatique et se contenta de venir serrer Yoshiki contre lui sans répondre directement à ce qu'il venait de dire. Yoshiki se sentit un peu déçu. Il devait bien avouer qu'il aurait été heureux que Toshi s'exclame : « Allez fais moi de la place, ce soir, j'emménage chez toi ! ». Après tout, c'était possible puisque maintenant personne ne l'attendait chez lui non plus. Mais visiblement, Toshi n'avait fait que plaisanter.
Sans le lâcher, Toshi lui chuchota :
- Ca va mieux ?
- Mouais…
- Alors réinstalle-toi j'ai pas fini.
Yoshiki retourna s'allonger sur le fauteuil avec une mine morose qui se teinta d'anxiété quand il vit Toshi s'approcher avec une seringue :
- Hé tu fais quoi là ?!
- Je vais te faire une prise de sang cher ami, dit Toshi d'un air plus qu'amusé. T'as besoin d'un check-up complet pour être sûr que tu ne traînes rien de grave. Alors tu restes sage, ça ne fait pas mal.
- C'est ce qu'ils disent tous…, grogna Yoshiki qui préféra ne pas regarder lorsque Toshi planta l'aiguille dans l'intérieur de son bras avec tant de douceur qu'il s'en rendit à peine compte.
- Et voilà ! Alors t'es pas « mouru » ? se moqua-t-il en retirant l'aiguille.
Yoshiki lui tira la langue. Puis il le regarda s'affairer avant de se décider à poser une question à laquelle il pensait depuis qu'il était entré :
- Des nouvelles de ta femme ?
Toshi secoua la tête :
- Toujours pareil…Et tu sais quoi ? Je commence à penser qu'il n'y a que cette histoire de stérilité.
- Comment ça ?
- Depuis qu'elle est partie, je reçois des coups de fils d'un homme qui cherche à la joindre. Au début, je n'ai pas osé dire qu'elle m'avait quitté alors il a continué à appeler. Il n'a jamais voulu me laisser un message pour elle. J'avais sérieusement l'impression que ça l'énervait de tomber sur moi.
- Oh…tu crois qu'elle t'a trompé ?
- Je ne sais pas. Il faudrait déjà que je parvienne à lui parler pour le savoir.
Toshi soupira légèrement puis refit face à Yoshiki avec un sourire triste :
- Changeons de sujet mais je vais être obligé de te poser quelques questions embarrassantes avant d'envoyer ton sang à l'analyse.
- Ah oui ? dit Yoshiki qui se redressa légèrement. Peu importe pose-les moi. Je n'ai pas de secrets.
- D'accord alors dis-moi, est-ce que tu t'es déjà drogué ?
- Quand j'étais plus jeune oui…j'ai fumé des joints pendant quelques temps mais ça n'a pas duré longtemps.
- Tu n'as fait que ça ? Tu ne t'es pas piqué, t'as rien pris de plus dur ? Récemment surtout ?
- Non, assura Yoshiki. Je pense que je me fous suffisamment en l'air avec l'alcool.
- D'accord. Et…as-tu déjà couché…sans te protéger ?
Là, Yoshiki se sentit très mal. Avec hide, ils ne s'étaient jamais protégés.
Ne l'entendant pas répondre, Toshi l'interrogea du regard :
- Yoshiki…
Le jeune pianiste se mordit les lèvres de contrition :
- Je…ça m'est déjà arrivé…
Toshi plongea son regard grave dans le sien et demanda calmement :
- Tu connais les risques ?
Les yeux de Yoshiki recommencèrent à lui piquer et il répondit la gorge serrée :
- Oui…
Toshi ne dit rien de plus et lui tourna le dos pour aller remplir ce qui ressemblait à un formulaire. Si Yoshiki avait été debout, il se serait effondré. Toshi pensait-il qu'il risquait d'avoir le Sida ? Etait-il fâché de le voir aussi irresponsable ? Il se mit à parler alors que ses larmes recommençaient à couler :
- Je couche avec hide de temps en temps…on n'est pas amoureux, on fait ça juste par besoin, pour se sentir mieux…
Toshi…regarde-moi…
Evidemment, Toshi ne s'aperçut pas de son désarroi et continua d'écrire. Tremblant de peur à l'idée de ce nouveau coup du sort, Yoshiki se recroquevilla sur le fauteuil. Pas le Sida, non pas ça…Il arrêterait définitivement ces idioties avec hide mais pitié… Il n'aurait plus qu'à aller se jeter sous un train avant d'être trop faible pour le faire.
Toshi remplissait un formulaire de renseignements qu'il devait envoyer au laboratoire avec l'échantillon de sang. Mais ses yeux étaient fixés sur la case « Rapports sexuels non protégés » qu'il avait cochée et il était perdu dans ses pensées. En plus, il s'agissait d'une relation avec un homme déjà très loin d'être clean, malade de l'alcool…Dieu savait quelles autres pathologies ce hide pouvait avoir encore contracté avant de les passer à Yoshiki ? Comme son ami avait-il pu se montrer aussi inconscient ?
Il en avait déjà soigné beaucoup des séropositifs. En Afrique, il en avait vu mourir dans un état de rachitisme terrible. Des souvenirs terribles ressurgissaient de sa mémoire. Et ici, à Tokyo, il avait aidé à en dépister plusieurs. Pour beaucoup, la découverte avait été le drame de leur vie. Et si Yoshiki avait attrapé cette saloperie ?
Non c'est pas possible…Une telle injustice non !…Qu'il réussisse son concours et qu'il devienne musicien enfin. Il a assez souffert comme ça.
Il fut ramené à la réalité par un pleur. Levant la tête de son formulaire, il se rendit compte que la crise d'angoisse de Yoshiki avait redoublé, probablement à cause de ce qu'il lui avait dit. Désolé de l'avoir laissé sans soutien après ce qui devait avoir été un choc pour lui, Toshi retourna près de lui et s'assit à ses côtés. Il dégagea le visage de Yoshiki des cheveux qui le cachait et eut un pincement au cœur en sentant ses joues mouillées.
- Yoshiki, essaie de te calmer. Tu n'as peut-être rien tu sais. Ne perds pas espoir. Et quand bien même, on peut le soigner si c'est prit à temps. Ce n'est pas perdu.
Mais Yoshiki ne répondit pas et le médecin ne pouvait que comprendre. Le Sida terrifiait les gens et il aurait beau lui dire tout ce qu'il voulait, dans l'état de fragilité où Yoshiki était déjà en arrivant, il ne pourrait pas le rassurer avec de simples mots. Alors il se pencha sur lui et l'entoura de ses bras autant que lui permettait la position en chien de fusil de Yoshiki. Le cœur de Toshi tressaillit d'une étrange façon lorsqu'il posa sa tête contre la sienne et perçut la chaleur et l'odeur de Yoshiki. Il l'aimait beaucoup…il tenait fort à lui. Il ne pouvait pas le laisser dans cet état. Il ferma les yeux et écouta les pleurs et les tremblements de Yoshiki se calmer. Le pianiste lui saisit soudain la main et le médecin sourit d'attendrissement.
- Je ne voulais pas te faire aussi peur. Ne t'en fais pas, je serais toujours là toujours…Si tu es malade, on te soignera et tu ne mourras pas, je te le jure. Il faut que tu gardes espoir.
Yoshiki tremblait mais ce n'était plus seulement d'angoisse. Le corps de Toshi reposant légèrement sur le sien lui provoquait un tel bouleversement qu'il aurait fallu être stupide ou complètement inexpérimenté pour ne pas réaliser ce qu'il signifiait.
Du désir…Un désir bien plus fort qu'il n'en avait eu pour aucune des filles de L'Araneia, même les plus allumeuses. Bien plus fort qu'avec hide qui pourtant l'avait fait crier son nom. Toshi, sans avoir jamais rien fait pour le séduire, avec son sourire et sa chaleur humaine avait fait bien plus que tous ceux-là. Yoshiki comprit qu'il était en était tombé amoureux et qu'il ne pouvait plus se passer de sa présence. Mais Toshi était un homme marié qui attendait que sa femme revienne. Et soudain, Yoshiki souhaita que cette dernière ne revienne jamais parce qu'à son retour, Toshi n'aurait plus autant de temps pour lui. Oui, c'était égoïste mais pour une fois qu'il trouvait quelqu'un à qui tenir, il allait encore falloir qu'il le perde ?! Jamais il n'oserait lui avouer ce qu'il ressentait cependant…
Il saisit la main de Toshi et l'écouta lui dire ses paroles rassurantes. Il se retourna sur le dos. Toshi s'écarta pour le laisser faire mais resta au-dessus de lui, appuyé sur ses avant-bras. Il devait pas être conscient d'à quel point il était séduisant, penché ainsi sur lui. Yoshiki respira profondément et parvint à lui sourire :
- Non, je ne mourrai pas. Ni de ça, ni de l'alcool, ni de quoi que ce soit d'autre. Pas avant d'être devenu un vrai pianiste. Je veux que tu viennes me voir le jour du concours et que tu me voies le réussir. Et quand je serai célèbre, je t'inviterai toujours à mes concerts !
Toshi se mit à rire :
- J'ai hâte que cette époque arrive !
Le rire encore sur les lèvres, il posa un baiser léger sur la joue de Yoshiki qui se sentit perdre pied mais qui se mit à sourire comme un idiot. Incroyable la vitesse à laquelle Toshi était parvenu à le remettre sur le chemin de l'espoir ! A présent, il avait de nouveau envie d'aller s'asseoir à son piano et de jouer pendant des heures.
Toshi se redressa et déclara :
- Je vais te prescrire de quoi t'empêcher de faire des crises d'angoisse et de quoi soigner tes élancements dus à l'alcool. Si tu arrêtes totalement de boire et que tu fais bien ce qu'il faut, ça ira mieux.
- Oui docteur, dit Yoshik en remettant son t-shirt.
Evidemment qu'il allait garder espoir et se battre. Parce qu'il n'avait pas encore réalisé son rêve, parce que Toshi croyait en lui et parce qu'il était profondément et sincèrement amoureux de lui.
