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Chapitre 8: Halo/b/size/color

( Bethany Joy Lenz )

Je me garde devant chez Nathan et je m'arrête en sortant de la voiture. Je regarde l'homme assis sur les marches. Il semble sentir que quelqu'un l'observe parce qu'il lève ses yeux vers moi et esquive un sourire. Je secoue la tête et m'approche. Il se met debout et je suis face à lui, enfin, je fais deux têtes de moins mais j'essaie quoi.

« Brooke. Pourquoi ne suis-je pas surpris de te voir ici ?

- Pourquoi ne suis-je pas surprise de vous voir ici ? »

Il rigole.

« Non sérieusement, Monsieur Scott, que faites vous ici ?

- C'est marrant comme tu n'as jamais voulu m'appeler Dan, alors que tu vivais pratiquement chez nous.

- Je me refuse à toute familiarité avec vous.

- Je comprends. »

HEIN ?

« Tu as vu comment j'ai élevé le fils que j'ai choisis, je suppose que ça ne donne pas confiance en un homme.

- J'étais là le jour de l'enterrement de Keith. J'étais là le jour où on a appris sa mort. Je vous ai vu presque flancher ce jour là, et j'ai éprouvé de la sympathie pour vous ! Quelle idiote !

- Sa mort m'a vraiment affectée.

- Vous espérez que je vous crois ?

- Non. Enfin si, j'espérerais.

- Pourquoi ? On n'est rien l'un pour l'autre.

- C'est là que tu te trompes. Tu es une des personnes les plus importantes pour mes deux fils. Tu as été la meilleure amie de Nathan pendant tellement d'années, tu étais chez nous constamment, et tu as été le premier amour de Lucas. Et je pense bien que tu n'es pas seulement dans leur passé, je me trompe ? »

Je me contente de le fixer.

« Je vais conclure de ce silence que j'ai raison.

- Monsieur Scott, je ne veux pas vous offenser, mais je ne vois pas l'intérêt de cette discussion.

- Bien sûr que si. Tu es une fille intelligente Brooke. Je t'ai vu grandir et évoluer, ne l'oubli pas.

- Comment pourrais-je oublier le meurtrier de Keith ? Votre propre frère ! Comment avez-vous pu ? Vous avez toujours été tellement dur avec Nathan, mais au fond de moi, j'espérais que ce soit pour son bien, pour qu'il réalise ses rêves. Mais tirer sur son propre frère, la figure paternelle du fils que vous avez abandonné, le futur mari de la femme que vous avez planté avec un enfant dans le ventre…

- Tu crois que je ne m'en veux pas ?

- Je me demande si vous avez une conscience. Vous êtes le géniteur de deux personnes avec un cœur énorme, et pourtant, vous semblez avoir échappé à toute notion d'humanité. »

Il me regarde et je le sens ciller. J'aurais atteint un point sensible ?

« J'imagine donc que tu ne parleras pas aux garçons pour moi ?

- Pour leur dire quoi ?

- De me pardonner.

- Ils pardonneront sûrement un jour Monsieur Scott, parce que ce sont les meilleures personnes que je connaisse, mais j'aimerais que vous sachiez que vous ne les méritez pas. Vous devriez vous en allez le plus loin de Tree Hill parce que vous n'allez que raviver des douleurs fraîchement guéries. Fondez vous dans la masse, si c'est même possible !

- Je ne peux pas. Je n'en ai pas le temps…

- Vous venez de passer 4 années en prison ! »

Il se tourne vers la maison et puis me regarde avant de me contourner pour partir. J'allais ouvrir la porte lorsque j'entends « Brooke ? »

Je me retourne vers lui.

« Je sais que tu prendras soin de mes deux garçons. Merci. »

C'est bizarre, je décèle de la sincérité dans sa voix et son regard. J'acquiesce avant de rentrer à l'intérieur de la maison.

« Nate ? »

Pas de réponse. Je vais directement vers la piscine. Quand il va mal, il aime bien être là. Il est assis au bord, les pieds dans l'eau, le regard dans le vide.

Je relève le bas de mon pantalon et m'assois à côté de lui. Il me prend la main directement.

Quelques minutes plus tard, il se décide enfin à parler .

« Tu es au courant pour Dan, n'est-ce pas ?

- Oui. »

Il soupire. « Tu as vu Luke ?

- Nate, ne t'inquiète pas pour Lucas, il va aller bien, d'accord ? »

J'ai tourné mon visage vers lui. Il décide de faire pareil et je vois qu'il pleure.

« Est-ce qu'on peut s'isoler ? »

Je lui souris tristement et souris. Il plonge dans la piscine tout habillé et me tend la main. Je la prends et saute dans l'eau à mon tour. Il me donne un tubas que j'accepte. Je lui saisis la deuxième main et on se regarde dans les yeux en se laissant tomber lentement plus profondément. Une fois complètement immergés, on se fixe toujours.

C'est un rituel qu'on a depuis qu'on est petits. Nos parents s'engueulaient constamment (quand ils étaient là) alors on allait dans la piscine et on se laissait couler jusqu'à ce qu'on ressente cette paix intérieure… Isolés du reste du monde, on n'entend plus que des bruits sourds qui nous paraissent venir d'un autre monde.

On ne se lâche pas du regard. Il est hors de question qu'on brise le lien nous unissant.

Vue de l'extérieure, on a conscience que c'est sûrement un brin flippant, mais ces moments là sont ceux qui nous ont fait tenir jusqu'ici.

Il ferme les yeux et se laisse remonter à la surface, toujours accrochée à ses mains, je fais de même. Il s'approche de moi et me serre dans ses bras. Je m'accroche à son cou et enroule mes jambes autour de sa taille pour être à sa hauteur (et à l'occasion ne pas couler)

« Il ne te fera pas de mal Nathan. Ni à toi, ni à ta famille, ni à personne. Je veillerais à ce que ça n'arrive pas, d'accord ? »

Il acquiesce, son visage enfoui dans mon cou.

Qui a dit que la vingtaine était une partie plaisir ? Parce que c'est un putain de mensonge qu'on nous raconte. Ce n'est pas plus facile que l'adolescence. On a les mêmes problèmes, sauf qu'on a plus de responsabilités. Où est l'avantage là dedans ?

Après m'être séchée et avoir emprunter des habits à Haley, je retourne dans la cuisine où j'y trouve Nathan en train de faire des pancakes.

« Tu as faim Davis ? »

J'essaie de me souvenir la dernière fois que j'ai mangé quelque chose et j'acquiesce. Il me sourit et me tend une assiette remplie et un bol de chocolat fondu. Miam !

« Il faut que je retourne à l'hôpital après. Haley m'attend…

- Elle garde la petite ?

- Oui. Elle a accepté de faire ça pendant que je rendais une petite visite à mes deux ptits hommes préférés !

- Et moiiiiiiii Tante Brooke ? »

Je souris en voyant Jamie arriver avec Skills.

« Et moi alors Davis ? »

Je me marre en aidant le petit à monter sur le siège au comptoir de la cuisine et fait un clin d'œil aux deux garçons « Vous aussi vous êtes mes préférés ! Ne le répétez pas surtout ! »

Quelques jours plus tard, je dois rendre la petite.

Je ne veux pas m'en séparer. Elle a fait fondre mes défenses et je l'aime trop pour la laisser partir. Je la regarde dormir et je sais qu'il faut que je parte à l'aéroport.

Peyton s'approche de moi et me pose une main sur mon épaule. « Tu veux que je vienne avec toi ?

- Non, c'est quelque chose que je dois faire seule… »

Je ne peux pas regarder ailleurs que vers Angie. Je repense à tous ces ptits moments passés avec elle…

Flashback.

i « Brooke, de temps en temps j'aimerais bien dormir, tu sais !

- Je sais Sawyer, je suis désolée! »

Le bébé pleure tout ce qu'elle sait. Avec Peyton, on essaie de la calmer en agitant des objets devant elle mais rien ne fonctionne. Sans faire exprès, je lance une peluche sur la tête de ma meilleure amie et la petite arrête de crier. Je recommence plusieurs fois « Tu trouvais ça drôle, allez, mon bébé, tu trouvais ça drôle ! »

Peyton se reçoit un autre objet dans la tronche « Brooke, sérieusement ?! »

Je lui lance un regard désolé. « Je crois qu'elle ne m'aime pas.

- Bien sur que si elle t'aime ! »

J'essaie désespérément de mettre le siège auto mais je n'y arrive pas. Je sens une main sur mon épaule et me retourne pour voir Luke qui me sourit. Je le laisse faire et en deux secondes il a réussit.

« Est-ce que tout le monde s'y connaît mieux en bébé que moi ?

- Essaie d'avoir une petite sœur à 18 ans… »

« Est-ce que ça se passe bien ?

- Quand elle n'est pas fatiguée, ou affamé, oui. Mais elle est tout le temps fatiguée ou affamée donc…

- Tu sais, quand Lilly est née, elle avait ce truc qui faisait qu'elle ne pouvait pas dormir sans qu'on la prenne dans ses bras…

- Ca ressemble à beaucoup de filles que je connais. »

Je jette un regard vers mon bébé, et puis on parle vite fait de Lindsey et on plaisante quelques minutes avant que la petite se remette à pleurer. « Ah, je vais devoir y aller.

- Tu t'en sors très bien Brooke, ne t'inquiète pas. »

Je souris. « Merci, Luke. » Je vais dire au revoir à la petite famille Scott mais avant, je me retourne vers lui et le prends dans mes bras « Tu t'en sors très bien aussi, Lucas Scott » On échange un regard avant de se séparer.

Je frappe à la porte de la chambre de Lucas, Angie dans les bras.

« Redis moi à quel point je m'en sors bien ? J'ai des dessins à faire pour Macys et elle ne veut pas arrêter un instant… » A ce stade, je suis désespérée.

Il se décale de l'entrée « Rentre. »

Je dessine dans le salon pendant qu'il s'occupe de la petite.

Je baille, je suis tellement exténuée, c'est hallucinant !

« Tu as déjà envie de retourner en arrière ? »

Lucas tourne le regard vers moi, m'interrogeant silencieusement.

« Je me souviens avoir eu 16 ans, et tout semblait tellement plus simple… Est-ce que tu changerais quelque chose ?

- Je crois que j'essaierai de profiter un maximum de ce que je prenais pour acquis. Mais je crois qu'on devait traverser tout ça… pour arriver là où nous voulions nous trouver. »

J'acquiesce.

« Je devrais y aller, qu'au moins un de vous deux puisse dormir.

- Comment avancent les dessins ?

- Bien. Il m'en reste quelques uns à faire et puis ce sera bon. » Je commence à ranger.

« Reste.

- Tu es sûr ?

- Oui, en fait c'est plutôt sympa… »

Je le regarde et dit d'accord. Je reprends ma planche et mon stylo et fais un petit signe de main à ma puce pendant que Lucas joue avec elle. Ils sont adorables…

Je sens une couverture se poser sur moi, et ça me réveille. Encore à moitié endormie, je sais pourtant où je me trouve : chez Lucas, dans son salon, sur son canapé. Je relève la tête et le voit assis à côté de moi. Je me tourne et couvre nos deux corps de la couverture alors qu'il lève son bras pour m'accueillir contre lui, au creux de son cou, sur son torse, Angie couchée sur lui également.

Je suis à moitié comateuse tellement je suis fatiguée mais ce que je ressens, ça n'a pas de prix. Je veux avoir une famille, et chaque jour je le ressens un peu plus. Dans ce genre de moment parfait, je sais ce que je veux et que ce n'est pas une erreur de le vouloir./i

/ Fin Flashbacks /

Je suis arrivée à l'aéroport et je vois la personne qui m'a donné le bébé. Je sers Angie contre moi. Je ne veux pas. J'essaie de chasser les larmes de mes yeux et sourit à la personne en face de moi. Je sens la petite bouger contre moi et je la mets face à moi

« Petite Angie, tu es un bébé formidable, et je suis fière d'avoir fait ta connaissance. Je serais toujours là si tu as besoin de moi. » Je dépose un bisou sur son front, ravale mes larmes et la mets dans les bras d'une personne qui n'est pas MOI. J'essaie d'être courageuse et tente un sourire en la voyant s'éloigner.

Je me retourne, essayant de garder la tête haute parce qu'il est hors de question que je craque en public. Je fais quelques pas et je vois Lucas plus loin qui m'observe, un regard compatissant. Je marche vers lui et le prends dans mes bras « Salut toi »

Je m'écarte et le regarde, essayant de ne pas flancher. Il penche sa tête sur le côté et ses yeux scannent les miens. Je sens mon corps commencer à trembler et il me prend contre lui. Je sens que mon corps me lâche, que mon esprit refuse de lutter plus longtemps, et je commence à pleurer silencieusement. Je revois la petite s'éloigner de moi et je fonds en sanglot. Mes jambes ne me soutiennent plus, je me sens tomber au sol. Lucas me rattrape et me laisse pleurer encore contre lui tout en me soulevant. Il me porte et je m'accroche à lui comme si ma vie en dépendait.

« Brooke, ça va aller… »

D'habitude, tout ce qu'il dit, je le gobe sans ciller, mais là… Je peux pas.

J'ai envie de lui crier que ça n'ira pas bien, que ma petite fille est partie, et mon cœur arraché, mais impossible de prononcer le moindre mot.

« Je sais que tu penses que rien ne peut aller bien en ce moment. Mais ça passera. Parce que ce que tu as fait pour cette petite fille, c'est magnifique. Tu lui as sauvé la vie. Tu as changé le monde pour cette petite fille, est-ce que tu en as conscience ? »

Je lève mon regard vers lui, il me sourit tristement et m'essuie le visage avec la manche de son t-shirt. « Ramène moi à la maison, s'il te plait… »

J'ai réussi à prononcer cette phrase mais tellement doucement que je ne sais pas s'il m'a entendu. Il me sourit « D'accord. Tu peux marcher ou je continue de te porter comme une petite princesse ? »

Il a réussi à me faire sourire le ptit con. « Je crois que je peux marcher. » Il acquiesce et me dépose lentement au sol. Il m'enveloppe de son bras en me serrant fort contre lui, sa main sur mon épaule, et j'enroule mon bras autour de sa taille. On marche jusqu'à sa voiture comme ça et il m'ouvre la portière. Quel gentleman ! Il doit sûrement savoir que je n'ai pas envie de le lâcher. Il roule jusque chez lui et me laisse entrer dans sa chambre.

« Je peux me reposer un peu s'il te plait ?

- Tu n'as même pas besoin de demander, Brooke. »

Je m'assois sur le lit, puis m'allonge et je regarde le plafond. Les larmes me remontent aux yeux lorsque je sens Lucas s'allonger à côté de moi et m'entraîner vers lui. J'enfouis mon visage dans son torse et agrippe son t-shirt d'une main.

Je me réveille je ne sais combien de temps après. J'ai du m'endormir d'épuisement. Lucas n'est plus là. J'entends des bruits de pas et referme les yeux.

« Brooke ? »

Je ne réponds pas.

« Brooke, je sais que tu ne dors pas… » dit-il doucement.

J'ouvre les yeux et me relève légèrement alors qu'il s'assoit à côté de moi et me tend un verre d'eau. Je le bois et il le reprend pour le poser sur la table de chevet.

« Ca va mieux ? »

J'acquiesce. Il sourit. « J'ai eu peur, tu sais. »

Je l'interroge du regard. « De te voir comme ça… Ca m'a brisé le cœur. »

Silence. Que répondre à ça ?

« Brooke, j'aimerais tellement pouvoir t'aider, mais je ne sais pas comment faire…

- Luke, sans toi, je serais en train de déprimer seule dans ma grande maison vide.

- Peyton serait là.

- Non, elle est en studio avec Haley aujourd'hui.

- Mais elle n'y resterait pas éternellement.

- C'est vrai. Mais, c'est toi qui était là … »

Il utilise encore ce regard attendrissant.

« Tu te souviens quand je t'ai demandé si tu avais tout ce que tu désirais ? Et que tu m'as dit de te redemander plus tard ?

- Oui…

- Je te le demande…

- Non. Non, je n'ai pas tout ce que je désire. Est-ce que c'est aussi égoïste que ça sonne ? Parce que j'ai mon entreprise qui marche étonnamment bien, et je suis là à me plaindre…Tout ce que je veux, c'est avoir quelqu'un à aimer. Tu sais, se lever le matin avec autre chose dans la tête que des chiffres ou des dessins, mais avec une présence à mes côtés. Quelqu'un à aimer et avec qui partager ma réussite. Je voudrais quelqu'un qui se moque d'où on se trouve, ou de ce qu'on fasse, parce qu'on serait deux et que ça serait ça l'important. Je voudrais un être qui vienne de ma chair et de mon sang. Je voudrais une famille Luke. Celle que je n'ai jamais eue et dont j'ai toujours rêvé… Je sais que rien n'est jamais parfait, mais je m'en moque, parce que je l'aimerais tellement fort, cette famille, qu'on pourra survivre à tout…

- Brooke, tu auras tout ça…

- Comment tu peux en être si sûr ? Je veux dire… Il est évident qu'il est impossible de m'aimer !

- Brooke, qu'est ce que tu racontes ?

- Je dis la vérité. Je rencontre ces types formidables, et pourtant, ils ne restent jamais… »

Oh non, voilà que j'ai encore les joues humides. Je suis une usine à larmes ou quoi ?

« Moi, je suis là. »

Silence. Il a le don de me faire perdre mes mots ce con !

« Lucas, tu peux pas dire des choses comme ça…

- Pourquoi ?

- Parce que …

- Parce que quoi ?

- Parce que tu ne peux plus me faire de beaux discours comme ça. Je dois trouver le mec fait pour moi, et t'as pas le droit de me rappeler que je te croyais quand tu me disais que tu l'étais.

- Peut-être que je le suis.

- Lucas…

- Non, mais je suis sérieux. Peut-être que…

- Avec des peut-être, on pourrait refaire le monde.

- Ou juste notre relation. Des fois, je me demande comment on a pu en arriver là. Tout semblait si simple quand on était tous les deux…

- On avait 16, 17 ans, c'est normal.

- Tu crois ? »

Je pose ma main sur sa joue. « J'en suis sûre. »

Il sourit « C'est quand même la meilleure période de ma vie. Sans toi, je ne sais pas où je serais aujourd'hui…

- Tu en serais au même point, une fille en pleurs en moins. »

Silence. Encore.

« La vérité c'est que sans toi, je serais sûrement mort. Après le HCM, Keith, Peyton, Lindsey… La seule qui sait me remettre sur le droit chemin, la seule qui puisse me faire aller mieux, c'est toi. Toi et personne d'autre Brooke. Et je m'en veux pour ça, parce que tu m'as sauvé, comme tu l'avais promis… Et moi je ne te sauve jamais. »

Une larme coule sur ma joue. Il a vraiment un don avec les mots…

« Ne dis pas ça, tu m'as sauvé. C'est juste que tu ne peux pas me sauver de mes envies de famille. A moins que tu connaisses le mec parfait, dans ce cas là je suis preneuse ! »

Je lui donne un coup de coude en rigolant mais il ne réagit pas. Il plonge son regard dans le mien et se penche sur moi. OH OH. Brooke recule. Cerveau, écoute moi, recule !

Il pose son index sous mon menton, m'obligeant à relever la tête. « Je te veux te sauver de tout, comme je te l'ai promis »

Je sens mon cœur fondre alors que ses lèvres touchent les miennes.

Mon cerveau part aux Bermudes alors que ses lèvres explorent les miennes. Il pose ses deux mains sur mes joues et continue de m'embrasser. Je ne peux plus rien faire à part lui répondre. Ses lèvres ont le même goût qu'il y a quatre ans, et me procurent le même effet. Peut-être même plus.

Je récupère enfin mes facultés motrices. Je place une main sur ses cheveux et le rapproche un peu plus de moi. Je veux combler le vide, et à ce moment là, plus rien ne compte que lui et moi, dans cette chambre qui a été ma maison et qui sera toujours cela pour moi. L'homme qui m'a faite tombée amoureuse et qui m'a brisé le cœur. Et chaque seconde de se baiser ravive mes souvenirs, réanime mon cœur et foudroie toute pensée négative. Je me sens bien. C'est comme si je planais. C'est ça, Lucas Scott est une putain de drogue pour moi. Je suis une droguée. Et j'en veux plus. Tellement plus.

Il s'écarte de moi et plonge son regard dans le mien. Je sais ce qu'il attend mais je ne suis pas sûre de pouvoir le lui donner.

« Lucas… Je ne peux pas.

- Si, tu le peux. Tu ne veux pas, c'est différent.

- C'est faux ! J'ai envie de toi. »

Il sourit et s'apprête à me ré embrasser mais je pose une main sur son torse, le repoussant légèrement. « Mais ce ne serait pas bien… »

Il est déçu, et ses yeux s'emplissent de larmes.

« Oh non, ne pleure pas, Luke je…

- Sauve-moi, Brooke. Je t'en supplie, sauve-moi. » Sa voix est si faible, si éreintée, si adorable, si triste…

« Luke, je ne vais pas te sauver comme ça. Je ne veux pas qu'on couche ensemble pour que ta peine disparaisse… »

Il relève son regard vers moi « Alors tu crois qu'il s'agit de ça ? J'aspire aux mêmes choses que toi Brooke. Et je ne veux pas coucher avec toi, je veux te faire l'amour. Et un jour, un enfant en résultera, et on créera ce bout de paradis comme on le désire tous les deux. Deux garçons et une fille… La maison sur l'océan… Tous les deux au coin du feu. C'est ça que je veux. Je n'en ai jamais été plus sûr qu'aujourd'hui. Tu m'as dit que mes mots n'étaient plus assez importants, laisse-moi te le montrer. Laisse-moi nous sauver… »

Comment est-ce qu'une personne normalement constituée pourrait briser le cœur de l'homme qu'elle a toujours aimé et qui lui fait une telle déclaration ? Comment même pourrait-elle y résister plus longtemps ?

Je souris et essuie ses larmes avec mon index.

Mon regard chocolaté pénètre ses yeux bleus azurs, et moi aussi j'ai mes certitudes.

« Montre-moi. »

Il sourit et m'embrasse. Doucement, lentement, et je succombe. Tout doute s'évaporant à cet instant précis.

Il m'allonge doucement sur son lit et parcourt mon corps de baisers chauds. Je ne pense à rien d'autre qu'à tout l'amour qu'il peut y mettre. Lorsqu'il revient à mes lèvres, je le regarde et j'ai envie de crier au monde entier qu'il est l'homme fait pour moi.

« Lucas ?

- Oui Pretty girl ? »

Je souris.

« Dis-le. »

Il me soulève et me fais asseoir sur ses genoux.

« Moi, Lucas Eugene Scott, est définitivement l'homme fait pour toi, Brooke Penelope Davis. »

J'enroule mes bras autour de son cou et l'embrasse fougueusement, nous faisant tomber en arrière sur le lit. « Redis le ! » Il se marre mais le redit encore, et encore, sans se lasser. Parce que j'ai envie de l'entendre et qu'il ferait tout pour me faire plaisir.

Je me couche sur son torse.

« Luke ?

- Oui ? » fait-il en caressant mes cheveux.

« J'ai peur. »

Il remet une mèche derrière mon oreille.

« Pourquoi ? »

Je soupire, triturant un bouton de sa chemise. « Peyton. »

En un mot, j'ai exprimé tout ce pourquoi je ne voulais pas aller sur ce terrain là avec Lucas.

« Tu as peur de sa réaction ?

- Oui.

- Elle a compris que je n'éprouve plus rien que de l'amitié pour elle.

- Je sais, mais…

- Mais ?

- Je ne veux pas lui faire du mal, Luke. Vraiment. Mais je ne veux pas te perdre pour elle à nouveau.

- A nouveau ? »

Oups.

Il se redresse.

« Brooke… « à nouveau » ?? »

Merde, merde, merde.

Qui a dit que finalement, tout rentrait dans l'ordre ?

« Brooke, je ne suis pas fâché. Dis-moi.

- Tu te rappelles la soirée avant le re-mariage de Nate & Hales ?

- Oui ? C'est le soir où je suis rentré du voyage avec ma mère.

- C'est ça… Ce soir là, Peyton est venue me voir et elle m'a dit qu'elle était toujours amoureuse de toi. C'est pour ça que je lui en voulais et que je ne voulais plus que tu lui parles. »

Il me regarde et je n'arrive pas à déchiffrer ce qu'il ressent.

« Mais je t'assure, que ce n'est pas à cause de ça que j'ai rompu ! »

Il s'écarte de moi et j'ai envie de pleurer. C'était trop beau pour être vrai…

Il me tourne le dos et je le vois passer une main dans ses cheveux.

« Brooke, tu as dit que ce n'était pas à cause d'elle ! Tu l'as dit, mais… c'était quoi ? 2 jours après qu'elle t'ait dit ça ? Brooke… »

Il me fait de nouveau face.

« Tu m'as menti. »

Cette phrase me fait l'effet d'une bombe qu'on m'aurait lancé en pleine face.

« Non, TOI tu m'as menti ! Par omission, mais ça reste un mensonge ! »

Je secoue la tête « Je ne veux pas revivre ça, Lucas. »

Il s'approche de moi et m'oblige à le regarder « On ne revivra pas ça. Je comprends juste certaines choses…

- Luke, je ne veux pas que tu blâmes Pey pour ce qui est arrivé au lycée.

- Je ne blâme personne, Brooke. On est tous responsables de nos erreurs. On a appris grâce à elles, et on ne les recommencera pas.

- Tu as beau dire ça, il va falloir le dire à Peyton…

- Ne devrait-elle pas être heureuse pour sa meilleure amie ? »

Je ne réponds pas, mais il insiste du regard. Je concède enfin un « Si » pas très convaincu.

« Allez, viens là » fait-il en me prenant dans ses bras.

C'est comme ça que ça aurait pu... que ça aurait DU se passer. Mais à la place...

« Je veux te sauver de tout, comme je te l'ai promis »

Je le regarde et souris. Je m'approche de lui et dépose un baiser sur le coin de ses lèvres.

« Merci, Lucas Scott. » Je laisse mes yeux dans les siens quelques instants avant de me lever « Bonne nuit Luke. Tu es un bon ami. » Et avec ça, je tourne les talons, les larmes aux yeux. Je vais craquer et je ne veux pas le faire devant lui. Il en est hors de question.

Tout ça aurait pu arriver, tout ça aurrait pu se passer. Du moins, c'est ce que j'espère. Mais nos rêves et nos espoirs les plus fonds ne restent bien souvent que des désirs inassouvis. Vis avec ça, et passe au dessus, sans jamais te retourner. Sinon, tu te perdras à jamais dans les regrets et les remords.

Je me retourne une dernière fois vers la porte de sa chambre. Une fois encore, je l'ai planté là sans qu'il comprenne ce qui lui arrive. Une fois de plus je lui donne les réponses. Une fois de plus je n'arriverais pas à oublier. A l'oublier, lui. Une fois de plus je vais crever de chagrin sur un amour impossible. Une fois de plus j'essaie de cloturer ce chapitre de ma vie... En vain.

biA suivre…./i/b