Chapitre 7
-On a un problème. Affirme Murphy en venant à ma rencontre.
Je soupire profondément en levant les yeux au ciel.
-Quel est le problème du jour ?, plaisanté-je.
La tête qu'il tire fait souffler un vent de panique en moi, je me décompose :
-Qui est mort ?
-Raven et Finn ne sont toujours pas de retour.
Une boule se forme dans ma gorge alors que mon estomac se tord.
-Forme des équipes et lance les recherches autour du camp.
-Les quatre d'entre nous restant ?, s'enquiert-il.
-Non, je veux 20 soldats sur le coup. Cinq équipes de quatre.
-Je choisis les soldats ?
-Oui, et compose les équipes, j'ai confiance en toi.
Il acquiesce avant de tourner les talons.
-Que se passe-t-il ?
Je sursaute, prise de court, et fait face à un Bellamy, les sourcils froncés.
-Chaque fois que je te cherche, je te trouve avec Murphy. Fait-il remarqué.
-On va repartir sur ce sujet ? Je pensais qu'on s'était mit d'accord hier.
-En attendant, tu as déserté la tente avant que je ne sois réveillé pour le rejoindre.
-De un, ce n'était pas pour le rejoindre. Et de deux, je te ferais remarquer que c'est dans tes bras que j'ai passée la nuit.
Il sourit en coin.
-Et qu'est-ce que ça veut dire ?
-En traduction littérale : Fou ta jalousie au placard.
Il rit légèrement.
-Plus sérieusement, que voulait-il ?
Je perd mon sourire et, par ricochet, il perd le sien.
-Raven et Finn sont portés disparus.
-Oh... Soupire-t-il.
-J'ai dis à Murphy de prendre 20 soldats, de former cinq équipes de quatre et de lancer des recherches autour du camp.
-Tu as dis à Murphy de le faire ?, s'étonne-t-il.
-Oui. Acquiescé-je.
-Comptes-tu faire de lui ton nouveau co-leader ?
-Bellamy, tu recommence.
-Je suis sérieux, c'est à moi de gérer tout ça.
-En toute honnêteté ? Je comptais te garder avec moi aujourd'hui, mais si tu préfère partir dans les bois, libre à toi.
-Tu voulais qu'on passe la journée ensemble ?
-Ces derniers temps c'est le chaos, vraiment, et ta disparition d'hier ça a été dure à gérer, alors je pensais qu'aujourd'hui on pourrait déléguer un peu pour passer la journée au petit lac à côté du camp avec Charlotte et Octavia.
Il sourit doucement.
-C'est une excellente idée. Approuve-t-il.
-Toujours jaloux ?, m'enquiers-je.
-Tant que c'est dans mes bras que tu dors ce soir. Plaisante-t-il en déposant un baiser sur mon front.
Je ris légèrement alors qu'il s'éloigne.
-Où vas-tu ?, m'enquiers-je.
-Déléguer. Je vous rejoins au lac.
-Toc toc toc. Dis-je en entrant dans la tente d'Octavia.
Octavia et Charlotte relèvent toutes les deux le regard sur moi en me souriant.
-Clarke !, s'exclame Charlotte en se levant pour m'embrasser.
-Ça vous dirait une journée au lac rien que nous trois et Bellamy ?, proposé-je.
-Tu as réussis à faire en sorte que Bellamy se libère toute une journée ?, s'étonne Octavia.
-J'avais de bons arguments.
-Tu parle de sexe, c'est ça ?, suppose Octavia.
-Octavia !, m'exclamé-je, outrée. Pas devant Charlotte !
-Je suis plus une enfant. Commente cette dernière.
-Je sais, mais ce n'est pas pour autant que j'ai envie de parler de ma vie sexuel devant toi. Rétorqué-je.
-Donc vie sexuel il y a ?, insiste Octavia.
-Cela ne te concerne pas, mais pour ton information, non je ne couche pas avec ton frère.
Elle plisse les yeux, sceptique, avant de hausser les épaules pour conclure :
-Ce n'est qu'une question de temps !
Je lève les yeux au ciel alors que Charlotte hoche la tête d'un air évident.
-Bon, on y va ?, m'impatienté-je.
Je suis posée dans l'herbe avec Octavia, laissant le soleil lécher délicieusement nos peaux, alors que Bellamy joue dans l'eau avec Charlotte.
-Clarke !, s'écrie la voix scandalisée de Charlotte.
-Hum ?, dis-je, gardant les yeux fermés.
-Bellamy n'arrête pas de me couler !, se plaint-elle.
-Bellamy arrête ça !, ordonné-je, toujours sans ouvrir les yeux.
-Ce n'est même pas vrai !, l'entends-je se défendre.
-Si c'est vrai.
J'entends un « plouf » sonore puis la voix de Charlotte qui hurle :
-Clarke !
Je me surélève sur mes coudes :
-Bellamy ça suffit maintenant !, m'exclamé-je.
Il relève les yeux sur moi, son éternel sourire en coin plaqué sur ses parfaites lèvres et me lance avec défi :
-Viens m'arrêter princesse !
-Grandis un peu !, ris-je.
Il me sourit.
-Vous êtes vraiment adorable. Commente Octavia.
Je me retourne vers elle alors que l'attention de Bellamy est de nouveau accaparé par Charlotte.
-Je parle de Bellamy, Charlotte et toi. On dirait une petite famille, c'est trop mignon. Explique-t-elle.
-Et toi tu serais la tata déjanté ?
-La tata super cool que tout le monde adore, oui. Rectifie-t-elle, me faisant sourire.
-Je sais ce que tu pense mais ce n'est pas comme ça entre ton frère et moi. Assuré-je.
-Réessaie avec plus de conviction ?, propose-t-elle.
-Je ne rigole pas.
-Je t'en prie, Clarke, pas à moi. Soupire-t-elle en refermant les yeux.
Mon regard se pose de nouveau sur Bellamy et je me perd dans mes pensées. Je repense à la façon dont il m'a regardé lorsqu'il m'a vu en « maillot de bain », comment son regard à parcourus mon corps et comment je n'ai pus m'empêcher d'en frissonner. Je repense à tous nos échanges, ses surnoms ridicules, ses baiser sur mon front, la nuit dernière passée dans ses bras... Je me suis jamais posée de question parce que tout cela me semblait naturel, comme si c'était la seule chose à faire... Mais il n'est pas naturel de passer la nuit dans les bras d'un garçon avec qui on ne sort pas.
Le soir venu, fatiguée de me poser mille et une question, je me rend dans la tente de Bellamy. Il me regarde avec surprise alors que je lance :
-Tu m'as invité à passer la nuit ici, tu as oublié ?
Il arque un sourcil d'incompréhension.
-Cette fameuse conversation sur Murphy. Rappelé-je.
Il rit quand il comprend de quoi je parle en répétant son invitation :
-« Tant que c'est dans mes bras que tu dors ce soir. »
-Tout à fait.
-Et tu es venue.
-Je peux partir.
-Non.
-Alors je reste ?
-Oui.
Nous nous installons tous les deux sur le « lit », dans la même position que la nuit dernière, ma tête sur son cœur et nos jambes emmêlées.
-Je crois que j'y prend trop goût. Souffle-t-il.
-Je crois que moi aussi. Réponds-je en souriant.
-Ce sont ces plantes ?, m'enquiers-je en regardant un spécimen.
-Ouai, ça se trouve aux pieds des arbres en règle générale. Répond Monty.
-Eh bien, ce n'est pas ce qu'il manque dans les parages.
-On se sépare ?, propose-t-il.
-Entendu, je vais vers la droite.
-Ok.
Nous nous séparons comme convenue et je commence mes recherches. J'en trouve quelques une, trois pour être exact, et commence à désespérer de ne pas en trouver d'autre.
-Je suis désolé Clarke, je dois le faire.
Je me retourne et me fige. Finn se tient à quelques mètres de moi, me tenant en joue de son arme. Totalement stupéfaite je dis :
-On vous a chercher partout, qu'est-ce qui se passe ? Qu'est-ce que tu fais ?
-Ils ont Raven. Ils vont la tuer si je ne fais rien. Je suis désolé, tellement désolé.
Il charge l'arme en tremblant. Même si je cours, il m'atteindra avant même que je ne trouve un abri. Il inspire profondément et alors que je crois la mort tout prêt un pied s'abat violemment contre son poignet, le faisant lâcher l'arme. Je soupire de soulagement en voyant Bellamy. Lui ne me regarde pas, il colle son poing dans le visage de Finn, puis l'attrape par derrière et amorce un geste, un geste impardonnable : il s'apprête à lui briser la nuque.
-NON !, hurlé-je.
Il suspend son geste et me dévisage avec incompréhension alors que Finn semble également surprit mais n'ose toujours pas bouger.
-Il a essayé de te tuer !
-Ils ont Raven. Dis-je.
-Je m'en contrefous, il a essayé de te tuer !
-C'est ton ami, Bell !, rappelé-je.
Je vois la détresse dans son regard, son envie de me protéger et de me venger luttant contre son amitié pour Finn. Son regard lâche le miens, il réfléchis.
-Bell... Soufflé-je.
-Je suis désolé. Dis enfin Finn.
-Ferme-la. S'énerve Bellamy, ne lâchant pas sa prise.
-Qu'aurais-tu fais à ma place ?, demande Finn. Si c'était la vie de Clarke qui était en jeu, si tu devais tuer quelqu'un pour la sauver, qu'aurais-tu fais ?
Le regard de Bellamy attrape le miens alors qu'il lâche lentement Finn. Je souffle de soulagement alors qu'il approche de moi et prend mon visage en coupe pour essuyer des larmes sur mes joues dont j'ignorais l'existence jusque là.
-Tout vas bien ?, demande-t-il tendrement.
J'acquiesce légèrement et il se retourne vers Finn qui est toujours sonné.
-Donc ils ont Raven ?
-Oui. Acquiesce Finn avec préoccupation.
-On va t'aider mais recommence un truc du genre et tu es mort. Non, tu sais quoi ? Ne fait qu'y penser, et tu es mort. Je suis clair ?
Finn acquiesce. Fou de rage, Bellamy tourne les talons et se dirige droit sur le camp.
-Bellamy !, m'exclamé-je en le suivant. Bellamy expliques-moi ce que tu fais s'il te plaît ! Où vas-tu ?
-Je vais y aller Clarke.
-Où ?
-Chercher Raven.
-C'est du suicide !
Il s'arrête, m'obligeant à piler pour ne pas lui rentrer dedans, et me fait face :
-Tu m'as empêcher de le tuer, Clarke. Si ce n'était pas pour sauver Raven alors pour quoi ?
Mes yeux s'élargissent de stupeur :
-Certainement pas pour que tu cours risquer ta vie !
Il soupire en reprenant sa route alors que je recommence à le suivre.
-Ne me tourne pas le dos, Bel ! Cette conversation n'est pas terminé.
-Je crois que si, j'ai encore des préparatifs à faire pour le départ.
-Ce n'est pas une décision que tu es en droit de prendre tout seul !
-Ah oui ?, ironise-t-il.
-Nous sommes co-leader, les décisions se prennent à deux, on doit en parler.
-Bien sûr. Dit-il sans s'arrêter.
-Arrête-toi !
-Pourquoi ?
-Peut-être que j'en ai mare de parler à ton dos ?
Il me fait de nouveau face en s'arrêtant pour m'avertir :
-J'irais.
Sous-entendu : la discussion est close.
-Ok. Dans ce cas, moi aussi.
-Hors de question. Tranche-t-il.
-Oh, d'accord. Donc je n'ai pas mon mot à dire sur ta décision mais toi tu es carrément en droit de prendre la mienne ?
-Ne commence pas, Clarke. Prévint-il.
-Sinon quoi ?
Il me fusille du regard.
-Je ne vais pas rester ici à attendre ton retour, à me faire un sang d'encre, à imaginer tous les pires scénario en espérant que tu me revienne en vie ! Tu sais quoi ? Ça a comme un goût de déjà vu ! Et ce n'était qu'il y a trois jours ! Je ne recommencerais pas, Bellamy.
-Alors que fait-on ? Nous envoyons des soldats se tuer à notre place ? Nous abandonnons Raven ?
Je baisse les yeux car je n'ai pas de réponse.
-EH bien, répond !, pousse-t-il.
-Je ne sais pas !, hurlé-je. Mais pense à moi.
-C'est ce que je fais ok ? Tu crois que j'ai pensé à quoi quand j'ai vu Finn pointer un flingue sur toi ? Tu crois que j'ai pensé à quoi quand je me suis demandé si j'arriverais à temps ? Putain Clarke, je l'aurais buter si tu ne m'aurais pas arrêté !
-Alors tu imagine très bien ce que je peux ressentir quand tu met ta vie en danger.
Il me détail patiemment. Il n'y a pas d'issue à cette conversation, nous sommes dans une impasse.
-Je crois que je suis tombé amoureux de toi. Lâche-t-il sans prévenir.
Je me décompose, totalement sonnée, avant de murmurer, d'une voix presque suppliante :
-Alors ne me laisse pas.
Il soupire de résignation et une lueur d'espoir apparaît.
-On prendras une décision demain, ça te vas ? On va se poser et y réfléchir, la nuit porte conseille.
J'acquiesce lentement.
-Tu dors avec moi ?, m'enquiers-je.
-Il faut pas que tu m'y habitue, je serais incapable de dormir sans toi après. Plaisante-t-il pour détendre l'atmosphère.
-J'y compte bien. Réponds-je sérieusement.
