Il se réveilla avec un sentiment de vide profond en lui

Il se réveilla avec un sentiment de vide profond en lui. La raison de ce vide prit un certain moment à arriver à son cerveau qui venait tout juste de se réveiller. Il voulait rester dans sa léthargie et ne pas avoir de compte à rendre à qui que ce soit sur l'heure à laquelle il était rentré ce matin.

-Allez mon vieux, réveille-toi!

En entendant la voix de son meilleur ami, James décida qu'il était mieux de garder les yeux fermés.

-Arrêtes de marmonner, de toute manière je comprends rien quand t'essaie de parler le matin.

-Disons que nous ne sommes plus vraiment le matin à 11 :45, Sirius, nargua Remus en prenant place sur l'amoncellement de vêtements propres et sales des quatre garçons qui lui servait de pouf lorsqu'il voulait lire un peu. Le mieux dans tout cela, était que cet amas de linge était situé juste devant l'unique bibliothèque du dortoir qui, elle, ne contenait que six livres et un nombre incalculable d'objets divers : des boîtes vides et pleines de Berties crochues, une étrange carte sur laquelle il y avait des petits points qui se promenaient, le rapeltout de Peter, les calçons fétiches de Sirius, le vif d'or de James et d'autres choses à l'apparence douteuse.

-J'arrive toujours à le lever, c'est pas ce matin ou ce midi qui va être différent. T'es arrivé à quelle heure, au fait ?

Pour tenter d'éviter la question de Sirius, James entreprit de se perdre dans ses couvertures en marmonnant. Avant de risquer une réponse quelconque, James essaya de ravaler ses remords. Pourquoi son instinct prenait toujours le dessus quand la frustration l'envahissait ? Le seul moyen qu'il avait trouvé pour extérioriser cette frustration, était de passer du bon temps avec une fille qui, normalement, ne l'aurait pas accroché.

-Attends, j'ai mal compris… parles plus fort ! Défia Sirius.

James soupira et poussa ses couvertures d'un coup.

-4 heures et demi, répondit James, énervé.

-Là, tu me bats mon vieux, bravo, s'exclama Sirius impressionné, comment elle s'appelle ?

James trouva le moment propice pour prendre n'importe quel vêtement qui traînait en se disant qu'un saut à la salle de bain des préfets lui ferait le plus grand bien. Remus regarda son ami et lui affirma, plus que le questionna :

-Ce n'était pas Lily.

Sirius trouva la discussion d'autant plus intéressante. Il se posta devant la porte du dortoir pour être certain d'assister à la fin de ce palpitant malaise.

-Son nom ? demanda-t-il une ultime fois, ses initiales, la couleur de ses cheveux ?...la taille de son soutien-gorge ?

Au comble de l'énervement James se tourna vers son meilleur ami les bras ballants.

-Tu la connais ! C'était Ariane, tu es content !?

-Ariane comme Ariane Manzelli, demanda Peter en sortant la tête de la salle de bain, une rôtie dans la main.

Sirius arrêta de respirer pendant une fraction de seconde et se reprit immédiatement.

-Oui, en effet, je connais la taille de son soutien-gorge…

Pour calmer la situation, Remus se leva et rangea son livre dans un endroit propre de la bibliothèque. Il arrêta, par le bras, James qui s'apprêtait à sortir du dortoir.

-Dans quel pétrin tu t'es encore fourré ?

Sirius et Peter éclatèrent de rire en voyant le jeu de mot trop flagrant qui pouvait dériver de la phrase de Remus. Ils se regardèrent d'un œil complice, mais s'arrêtèrent net en voyant les regards meurtriers de James et Remus.

-Désolé, c'était trop facile, s'excusa Peter.

James laissa tomber ses vêtements par terre et s'assis sur le lit le plus proche.

-Je voulais simplement oublier Lily qui m'avait laissé en plan dans le couloir. J'étais fâché parce que j'ai pris conscience du peu de place que j'avais dans sa vie.

-Que tu n'étais qu'une larve pour elle.

-Exactement, acquiesça James d'un ton faussement sérieux, tu trouves toujours les mots justes, Sirius.

- Vous comprenez, c'est la seule fille qui n'a besoin de personne pour quoi que ce soit. C'est le genre de fonceuse et déterminée qui vie sa vie et si tu ne vas pas au même rythme qu'elle…too bad ! Lily me fascine. Je vis au même rythme et pourtant…je suis incapable d'être dans le même.

-Comment vouloir donner de l'attention à une fille qui s'entête à se dire qu'elle n'en a pas besoin, dit Remus.

-Donner l'attention à une autre ! s'écria Sirius

-Arrêtes Sirius, nous ne sommes pas dans une histoire de pacotille de fillette de 12 ans, le réprimanda Remus, la jalousie ça ne marche pas. Lily est beaucoup trop mature pour ça. En plus, elle risque le prendre mal et ça ne fera qu'envenimer les choses, tu sais comment elle est quand elle se fâche. Elle n'a plus parlé à Mary pendant deux mois quand elles se sont disputées en quatrième année.

-Ouais, j'aimerais pas me mettre Lily à dos, je préfère encore mieux son indifférence ! S'exclama James. Je me sens assez mal comme ça. Alors ça serait bien si cette histoire avec Ariane restait entre nous. Pas un mot à personne pour être sûr que cette histoire n'arrive pas aux oreilles de Lily et Maryann.

-Pourquoi Mary ? Tu te l'es tapée aussi ? S'exclama Peter, qui ne comprenait plus rien.

-Non, s'horrifia James, ça n'as aucun rapport, même saoul je ne tenterais rien.

-Tu as raison, ça c'est Remus qui saoule Mary pour essayer de la mettre dans son lit.

-Quoi ? Tu déforme tout là. Ce n'est pas moi qui l'ai saoulée. Elle a été capable toute seule. Et c'est une histoire de jeunesse…

-Oui, Remus, jeunesse d'il y a 4 mois, à la fête de fin d'année…

-On ne parle pas de moi, mais des problèmes de James.

Puisque la situation devenait cacophonique, James annula son bain chaud et exigea aux maraudeurs d'aller déjeuner. C'est sur ses paroles que les quatre maraudeurs s'habillèrent convenablement et partirent en direction de la Grande salle.

-Tu aurais dû le voir arriver en courant dans le couloir, c'était hilarant ! Son entrée valait 100 gallions, ria Lily assise à la table des Gryffondors. Depuis déjà 10 minutes, elle racontait sa soirée à son amie.

-Dire que j'ai manqué ça !

-Il y a seulement le Bec-de-Lièvre que je n'ai pas tout à fait compris.

-Ah oui… il m'en a parlé pendant une demi-heure avant de venir te chercher. C'était uniquement son nom de code. Il trouvait ça…comment dire…original !

-Tu parles d'un nom de code, il était le seul à le connaître !

Les deux jeunes filles profitèrent de ce samedi pour prendre tout leur temps pour déjeuner. Elles prévoyaient aller à la bibliothèque pour étudier l'examen de sortilège prévu pour mardi prochain. Pendant qu'elle terminait le récit de son retour vers la salle commune d'hier, elle gardait au fond d'elle une sensation d'amertume. Elle s'en voulait d'avoir laissé James seul sans une explication. Pour avoir bonne conscience, elle se dit qu'elle n'avait rien à lui rendre et que si cela le dérangeait, qu'il aille se faire voir. C'est à ce moment que les quatre jeunes hommes entrèrent dans la Grande salle. Comme à chaque fois qu'ils entraient dans un endroit, ils abordaient un regard neutre qui pouvaient avoir l'air hautain pour certains et fier pour d'autres. Ils s'assirent non loin de Mary et Lily. Cette dernière, remarqua que James avait l'air maussade. Elle se dit que, pourtant, il n'avait pas bu énormément alors ce ne pouvait pas être le résultat d'un lendemain de veille. Sur ces pensées, Lily se rappela qu'elle et lui devaient remettre leur premier rapport de préfet-en-chef dans moins de deux semaines. Elle avertit Mary qu'elle partait un instant. Elle se leva donc pour s'approcher de James. Elle remarqua au passage que Peter avait un regard paniqué. Elle était désormais aux côtés de James qui écoutait avidement la dernière blague de Remus. Lorsqu'il éclata de rire, il remarqua la présence de Lily. C'est alors que quatre regards similaires se braquèrent vers elle. Lily s'assit en ne prenant pas la peine de glisser ses jambes sous la table. Étant dos à la table, elle pouvait parler à James face à face. Elle décida d'y aller d'un ton désinvolte qui n'évoquait nullement ce qui avait pu se passer hier.

-Tu te souviens du rapport mensuel que l'on doit remettre le 13 novembre prochain ? Il faudrait peut-être s'y mettre si l'on ne veut pas le rendre en retard comme la dernière fois.

James aussi usa du ton désinvolte

-D'accord. On n'a qu'à se voir la semaine prochaine.

-Mercredi ?

-Pas de problème. Je serai là, promis.

James ne vit pas que Remus hochait frénétiquement la tête. Lily, par contre, vit parfaitement ce geste et regarda Remus dans les yeux alors qu'elle répondait à James, sur un ton de défi :

-Je compte donc sur toi puisque tu m'en fais la promesse.

Ce ton n'échappa pas à James. Déjà de mauvaise humeur, cela ne lui plu pas du tout. Pour qui elle se prenait de lui parler sur ce ton. Le respect pour tous, elle en n'avait jamais entendu parler ?

-Tu insinues quoi par ce ton arrogant ? Je viens de te le dire, je serai là ! Tu crois que je ne tiens pas mes promesses ?

Lily haussa les sourcils, encore plus effrontée.

-Tu sauras, ma chère, que je ne suis pas le genre de garçon à dire quelque chose ou à faire quelque chose sans en assumer les conséquences. Je suis un homme d'honneur.

Sirius présenta le point à son meilleur ami en signe d'encouragement.

-Qu'est-ce que tu es entrain de dire ?? S'impatienta Lily en sachant très bien qu'il lui reprochait son attitude d'hier soir lorsqu'elle est partie sans lui dire au revoir.

- Je suis entrain de te dire que je ne t'aurais jamais laissée seule au milieu d'un couloir pour aller m'amuser avec quelqu'un d'autre !

Les deux préfets-en-chef ne s'étaient jamais rendu compte qu'ils étaient désormais debout et qu'une partie de la table des gryffondors les regardait. Personne ne vit la jeune fille qui se levait de la table des Serdaigles. Le premier à s'en apercevoir fut Peter qui s'étouffa avec son sandwich au thon. La belle italienne se dirigeait tout droit vers l'endroit où se passait l'action entre James et Lily, de son pas félin. À chaque pas qu'elle faisait, elle attirait de plus en plus le regard des élèves vers la scène qui se déroulait à la table des Gryffondors. En arrivant à leur hauteur, elle glissa son bras sur les épaules de James pour y prendre appui.

-Je voulais te parler à propos de la nuit dernière. Si tu es veux recommencer, je suis toujours partante. Sauf que le prochain coup, en parlant de ne pas laisser quelqu'un en plan, ne pars pas avant que je me réveille.

Jamais Lily n'eut l'effet d'une douche aussi froide. Alors James avait finit sa soirée dans les bras de cette…

-GARCE !!

Le silence se fit. Lily venait de perdre momentanément le contrôle d'elle-même. Jamais elle n'avait hurlé aussi fort en public. Ariane fit les deux pas qui la séparaient de Lily. Pour que son regard dédaigneux fixe les yeux de Lily, elle dut baisser la tête.

-Pardon...t'es qui toi ??

James, qui ne voulait pas faire de scène au départ, se plaça entre les deux filles pour tenter en vain de désenvenimer la situation.

-Ariane, ne te mêle pas de ça !

L'intervention de James eut comme effet de calmer légèrement Lily. Elle n'était pas du genre à vouloir se faire remarquer de la sorte. Elle prit donc place près d'Ariane et de James pour qu'eux seuls puissent l'entendre murmurer amèrement :

- Autant qu'Ariane est descendu au point d'être la pire salope que je connaisse, tu es la personne qui me dégoûte le plus Potter, finit Lily déchirée par la rancœur.