Coucou tout le monde, plus que quelques heures avant le nouvel an et voici un nouveau chapitre d'Une chanson vieille comme le monde où Bilbon rencontre pour la première fois Thorin en dragon et le début d'Elevé par des dragons où Bilbon a été adopté par Smaug. Bonne lecture et laissez-moi un com:)

L'emploi du temps de Bilbon avait très peu changé au cours des semaines suivantes. Il dînait toujours avec Thorin, il faisait encore ses entraînements avec Thorin et il passait tout son temps libre avec lui.

Mais tout le reste avait changé. Chaque contact avait une signification plus forte. Lorsqu'il était distrait, il le touchait plus durant leurs moments ensemble. La nourriture lui semblait plus savoureuse et les couleurs plus vives. Il riait plus au côté du nain et se sentait plus léger qu'il ne l'avait jamais été. Les gens témoins de leur cour agissaient bizarrement autour de lui, comme si ils avaient des doutes sur son statut mais tous les nains qu'il aimait - Bofur, Ori, Bifur, Dori, Dwalin, Balin, Gloin, Oin, Bombur et Nori - le traitaient normalement. Ils le taquinaient toujours mais ça ne sortait pas de l'ordinaire. Fili et Kili étaient, quant à eux, ravis de cette cour et lui avaient offert de lui venir en aide en quoi que ce soit. Ils ne cessaient d'embêter leur oncle à ce sujet, au grand amusement de Bilbon.

Il y avait la question de son avenir, qui était désormais éclairé par la brillante lumière de Thorin mais Bilbon n'avait aucune idée de ce qu'il allait réellement se passer. Lorsqu'il avait quitté la Comté, il avait cru ne jamais y revenir. Il ne s'attendait plus à revoir ses belles collines, encore moins à revoir jamais son cousin. Grâce à Dis et à plusieurs nains de confiance, Bilbon put écrire à son cher petit cousin. Il commençait même à penser qu'il pourrait être autorisé à lui rendre visite si il le souhaitait.

Thorin était toujours maudit cependant, et Bilbon ne quitterait pas son Prince jusqu'à ce qu'il ne le soit plus.

Thrain était plus distant que jamais, ce qui était tant mieux parce que Bilbon était rarement en présence du Roi nain. Quand c'était le cas, il était suivi par des yeux noirs méfiants et haineux. Bilbon ne savait pas pourquoi mais le Roi ne l'aimait pas le moins du monde.

Il reçut d'innombrables cadeaux. Non pas des babioles inutiles qui n'avaient aucun intérêt à ses yeux. Mais des bibelots dont il avait besoin et qu'il adorait : de nouvelles boucles de ceinture, des perles pour ses cheveux, des livres magnifiquement reliés, et une minuscule épée d'argent magnifiquement gravée dont la lame était en forme de feuille. Elle ressemblait un peu à Orcrist et Bilbon était sûr de n'avoir jamais vu une plus belle arme. En retour, Bilbon faisait tout ce qu'il pouvait. Il préparait quotidiennement les repas de Thorin, apprit à travailler le cuir pour lui faire une nouvelle paire de gants, tissait une nouvelle couverture et tressait des fleurs dans ses cheveux tous les jours.

Thorin le regardait sans arrêt. De longs regards qui faisaient rougir Bilbon, le laissaient à bout de souffle, et insinuaient d'intimes fantasmes en lui. Des oeillades pleines de passion et de faim au point que Bilbon en vienne à se demander comment il arrivait à tenir debout. Pourtant, le nain n'avait rien fait de plus que l'embrasser, comme si il sentait que Bilbon ne savait pas ce qu'il faisait. Il était toujours très doux avec lui, et il était tout ce que Bilbon avait jamais voulu. Il avait l'impression de vivre un véritable conte de fées.

Jusqu'aux nuits où il était enfermé dans sa chambre. Bofur restait toujours avec lui ces nuits-là. Dori, Ori, Bifur et Bombur venaient les rejoindre pendant un moment. Ces nuits étaient longues et Bilbon se sentait toujours violemment déchiré. Il pouvait entendre des grognements, des cris et des hurlements qui lui glaçaient le sang. Il avait alors une furieuse envie de sortir et de courir aussi vite que ses grands pieds en étaient capables vers la source de ces bruits pleins de douleur. C'était Thorin qui produisait ces sons, et ça lui brisait le coeur de savoir que, nain ou dragon, il subissait pareille douleur.

Il ne savait toujours pas ce qui provoquait ces transformations.

C'est lors d'une nuit comme celle-ci que Bilbon repoussa son assiette pleine de nourriture - un nouveau plat dont Bombur était particulièrement fier - et marcha de long en large dans la pièce. Bofur continua à jouer de la flûte tandis que Bombur et Ori arboraient des mines inquiètes.

-Tout va bien, mon gars. Ne vous inquiétez pas.

Bilbon secoua la tête, visiblement pas convaincu. Ils avaient eu cette discussion à chaque fois qu'il était enfermé.

-C'est de pire en pire. Cessez d'essayer de me convaincre du contraire.

Bofur arrêta de jouer et posa son instrument en regardant Bilbon avec méfiance. Ori reposa le livre qu'il était en train de lire et fronça les sourcils.

-Qu'avez-vous entendu ?

-Lui ! s'exclama Bilbon en montrant la porte. Il ne cesse de crier ! Et vous avez vu les chaînes qu'on lui met maintenant dans la salle du trésor ? Il n'en avait pas avant. Il n'a jamais essayé de sortir de la salle. Pourquoi maintenant ? Il est malheureux et c'est...

-Votre faute ? termina Bofur en tirant sa pipe, bouche bée. Vous pensez que c'est de votre faute ?

Bilbon s'arrêta et se tourna vers le nain, surpris.

-Non. Je devrais ?

La moustache de Bofur trembla comme elle le faisait toujours quand il mentait à Bifur ou Bombur.

-Bofur, ne...

-Non, coupa Bilbon en se dirigeant vers le lit où les autres nains étaient appuyés. Qu'est-ce qu'il y a ? Qu'est-ce que je ne sais pas ?

Ori fixa Bofur qui foudroya du regard le jeune nain. Bombur baissa piteusement les yeux pour éviter d'être visé. Le coeur de Bilbon rata un battement. C'était de sa faute ? C'était à cause de lui que Thorin souffrait tant ?

-Euh..., balbutia Ori, jetant toujours un regard noir à Bofur.

Bilbon se plaça entre eux et ordonna d'une voix ferme et intransigeante :

-Dites-le moi maintenant.

Ça avait toujours marché avec Frodon. Ori se pencha en arrière, visiblement impressionné et le regarda avec des yeux écarquillés.

-Il est en train de vous appeler, avoua le jeune nain.

Bilbon recula d'un pas, et faillit s'effondrer.

Thorin souffrait à cause de lui ? Et personne ne le lui avait dit ? Qu'avait-il fait ? Pourquoi était-il à l'origine de la douleur de Thorin ?

Un cri strident tout à fait atroce retentit dans les couloirs, faisant frémir Bilbon. Le dragon avait l'air en pleine agonie. Son Thorin était en pleine agonie. Bilbon se sentait glacé et vulnérable et il savait que ses mains étaient en train de trembler.

-Vous dites que Thorin est en train de m'appeler pendant que je suis enfermé ?

Bombur laissa tomber le fromage qu'il grignotait. Bofur hocha lentement la tête comme si il avait quelque crainte concernant l'état mental de Bilbon.

-Oui, mon garçon. C'est parce qu'il est en dragon. Il est dangereux. Vous savez, c'est comme un four avec des ailes, des dents comme des rasoirs, des griffes comme des crocs de boucher... Grand amateur de métal précieux.

-Oui, je sais ce qu'est un dragon. Je suis là pour le guérir, non ? Et si il était en train de m'appeler parce qu'il a besoin de moi pour le guérir.

Bofur échangea un autre regard avec Ori. Celui-ci rougit furieusement et secoua légèrement la tête. Bofur marmonna quelque chose en khuzdul qui mit Bilbon dans une colère effroyable.

-Ah non, pas question ! s'écria-t-il en frappant le sol de son pied. Plus de secrets ! Dites-moi franchement ce qui se passe.

-Eh bien... vous vous rappelez quand je vous ai parlé d'un "Unique" ?

Bilbon acquiesça et s'assit par terre à côté de Bofur. Le nain lui remit sa pipe.

-Vous allez avoir besoin d'une bonne bouffée.

Bilbon accepta la pipe et en prit une bouffée. Il toussa violemment, se rendant compte qu'il ne s'agissait pas de l'herbe à pipe de la Comté.

-Vous êtes son Unique. La personne qu'il est censé aimer. Il est tombé amoureux de vous et il ne pourra jamais aimer qui que ce soit d'autre. Vous... oh c'est pas vrai, je ne suis pas doué pour expliquer ce genre de choses.

-Les nains ne tombent amoureux qu'une seule fois dans sa vie, continua Bofur. Une fois que nous donnons nos coeurs, nous ne pouvons pas les reprendre. Même si nous sommes rejetés, nous ne pouvons pas cesser d'aimer cette personne. Cet Unique.

-Alors, vous ne tombez amoureux qu'une seule fois. Ça semble dangereux.

-Et ce n'est pas tout. Lorsqu'on rencontre cette personne pour la première fois, il ne faut pas longtemps pour s'en rendre compte. Vous le sentez au fond de votre coeur. C'est la sensation la plus incroyable qui soit. Nous devenons dépendant de cette personne, intervint Bombur en se redressant avant de reprendre son fromage. Les autres races aiment différemment. Nous pouvons éprouver de l'engouement et de l'adoration pour un autre et beaucoup de nains se marient lorsque cela arrive. Mais l'Unique.

Il se tut en poussant un soupir nostalgique et reprit une bouchée de son fromage.

-Alors, je suis l'Unique de Thorin ? bégaya Bilbon et, à ce moment, un nouveau cri de douleur résonna dans les salles et Bilbon se leva, se dirigeant sans s'en rendre compte vers la porte. Et il est en train de m'appeler. Alors pourquoi suis-je enfermé ?

Il se tourna vers les nains pour les regarder.

-Parce qu'il reste un dragon. Nous ne pouvons pas être certains qu'il ne vous fera pas de mal.

-Il y a aussi... Comment dire ça avec délicatesse..., réfléchit Ori en se tournant vers Bofur, ce qui aurait fait rire Bilbon à un autre moment.

Ori demandait à Bofur comment être délicat.

-On ne peut pas. Bilbon, vous êtes vierge, n'est-ce pas ?

Bilbon ne bafouilla pas. Il ne cilla pas, il ne s'évanouit même pas. Sa peau vira juste au rouge carmin.

-Oui.

Les cris de Thorin se faisaient plus forts et plus désespérés. Si Bilbon aurait préféré entendre le rugissement d'un autre dragon. Il aurait de loin préféré ne plus jamais entendre Thorin pousser de tels bruits. Avec ces cris pleins de souffrance, Bilbon n'allait pas mettre longtemps à prendre une décision pour la bonne raison qu'il était gêné ou mal à l'aise.

-Eh bien, mon petit gars, les légendes sur les dragons et les vierges ne sortent pas de nulle part, déclara benoîtement Bofur en prenant une bouffée de sa pipe.

Il n'avait même pas remarqué qu'il la lui avait rendu.

Ils ne comprenaient pas. Bilbon s'en moquait. Il était venu dans cette montagne, s'attendant à mourir, et on lui avait donné plus qu'il ne pourrait jamais le décrire. Il avait été si seul durant toute sa vie. Il n'avait que sa grande famille et, plus récemment, son jeune cousin. Il avait des amis ici, et un Prince qu'il était sûr d'aimer. Un Prince qui l'appelait pour le soulager d'une terrible douleur. Bilbon ne resterait pas simplement à l'écart parce qu'il était un hobbit vierge. Si Thorin était vraiment à l'intérieur de ce dragon, il n'aurait rien à craindre.

-Thorin est enchaîné, non ?

Les trois nains acquiescèrent. Bilbon commença à tourner en rond. Une idée lui vint, une idée folle, assez dangereuse où il finirait probablement grillé et croustillant.

-Oui, répondit lentement Bofur tandis qu'Ori était très inquiet.

-Bofur, déverrouillez la porte.

-Qu'est-ce qui vous fait penser que j'ai une clé ?

-Parce que c'est vous qui venez ici après que je sois enfermé. Maintenant, donnez-la moi.

-Non, refusa Bofur.

A la grande surprise de Bilbon, Bombur se pencha et attrapa la clé qui se trouvait dans la poche de son frère. Bofur tenta de la reprendre mais Ori prit sa main pour le calmer, laissant Bombur lancer la clé à Bilbon qui l'attrapa de ses doigts agiles avant de se rendre vers la porte.

-Si quelqu'un demande, je l'ai volé.

/

Les couloirs étaient presque vides. Il ne vit pas un seul nain jusqu'à ce qu'il ait descendu deux niveaux, et il réussit à passer discrètement sans se faire remarquer. Il dut se cacher derrière plusieurs tapisseries et un grand nombre de statues avant d'arriver à l'extérieur de la salle du trésor.

Il y avait deux gardes non loin de là, recroquevillés en face de la porte. Celle-ci était fermée et Bilbon pouvait sentir la chaleur provenant de l'intérieur.

C'était normal. Les dragons étaient chauds après tout. Ça avait un rapport avec le feu et tout ça. Il se demanda ce qu'il devait faire pendant un long moment quand il sentit quelque chose le taper dans le dos. Le coeur de Bilbon arrêta de battre pendant un long moment et il resta parfaitement immobile, espérant contre tout espoir, que le contact n'avait été que le fruit de son imagination.

-Je pense que vous avez besoin d'un leurre, mon petit gars.

Bilbon reconnut sans peine la voix bourrue de Dwalin et se tourna pour faire face au grand nain. Une lueur sévère voilait ses yeux et il regardait Bilbon comme si il était en train de le jauger. Bilbon y était habitué. Dwalin semblait toujours juger si oui ou non il serait en mesure de surmonter la situation. Il ne savait jamais si c'était le cas ou non.

-Attendez ici jusqu'à ce que les gardes soient à l'autre bout de la salle, conseilla Dwalin en reculant avant d'hésiter et tourna la tête pour regarder Bilbon. Vous êtes sûr ? Personne ne vous jugera.

-Je vais le faire.

Dwalin hocha vivement la tête et, avec un dernier coup d'oeil puis sortit de la salle. Il aboya quelque chose en khuzdul qui inquiéta Bilbon et il se retourna. Les deux gardes se regardèrent, puis lui coururent après. Bilbon attendit que les trois nains aient disparu avant d'entrer dans la salle. Il s'avança aussi vite que possible vers la porte et fut pétrifié lorsqu'il fut en face d'elle. La pierre était chaude et son dos était parcouru de picotements craintifs. Il n'avait jamais eu une envie de fuir aussi irrépressible qu'en ce moment.

Mais Thorin était de l'autre côté de cette porte. Dragon ou pas, Bilbon ne pouvait pas le laisser souffrir.

Bilbon ouvrit la porte de ses mains tremblantes et pénétra à l'intérieur. Il n'y avait pas de retour en arrière possible.

Un rugissement plus fort que tout ce que Bilbon avait jamais entendu résonna à travers la salle et Bilbon peina à refermer la porte avant de tomber au sol en se couvrant les oreilles. L'air était presque trop chaud pour être respirable et les pieds de Bilbon tintaient contre le sol. Il parcourut la salle du regard et enfin, il le vit.

Thorin était massif. C'était presque un bloc noir, avec quelques écailles d'argent entremêlées. Ses ailes étaient étendues dans une tentative désespérée de se libérer et ses pattes s'enfonçaient dans l'or sur lequel il était assis alors qu'il étendait son long et large cou vers le ciel en hurlant. Il était emprisonné par des chaînes qui avaient la couleur de la lumière des étoiles. Bilbon ignorait totalement en quoi elles étaient faites mais c'était une matière tout à fait noble. Les chaînes étaient entortillées autour de ses pattes et accrochées à ses ailes. Elles étaient enroulées autour de son cou et passaient le long de son dos, voilà pourquoi Bilbon n'arrivait pas à comprendre comment il pouvait se déplacer. Ses yeux, d'une belle couleur jaune, étaient humides et brillants. Bilbon sentit son estomac se tordre en voyant la douleur et la tristesse qu'ils exprimaient.

-Thorin, murmura-t-il mais le dragon avait une ouïe perçante.

Il se figea et regarda Bilbon, les narines fumantes. Le dragon baissa délibérément la tête et la tourna jusqu'à faire face à Bilbon. Ses yeux étaient brillants d'or et sa gueule entrouverte. Bilbon serra les poings et, brusquement, se prépara à subir une mort atroce. Il envoya une pensée à Frodon et pria pour que Thorin ne se sente pas coupable.

La bouche du dragon s'ouvrit et les yeux de Bilbon se fermèrent et... rien. Bilbon entrouvrit un oeil pour voir le dragon forcer sur ses muscles impressionnants pour tenter de se rapprocher de Bilbon. Sa bouche se ferma violemment et ses chaînes se tendirent.

Il gémit.

Bilbon n'arrivera jamais à se rappeler les prochains moments de sa vie. Un instant, il se trouvait près de la porte, l'instant d'après, il était devant le dragon dont la masse écailleuse se contorsionnait.

Thorin baissa la tête et regarda le hobbit tout juste hors de sa portée. Les yeux dorés clignèrent et Bilbon réalisa qu'ils avaient exactement la même forme que ceux de Thorin. Les écailles étaient de la même couleur que ses cheveux et les rares qui étaient argentées ressemblaient étrangement aux mèches grises qui parsemaient la crinière de son Prince. Il avait même plusieurs écailles d'argent là où se trouvaient ses perles.

Bilbon leva la main et tendit ses doigts vers le nez pointu de son Thorin. Il était chaud, presque trop chaud, lui donnant envie de retirer sa main. Le dragon poussa un grondement et se pressa contre la légère caresse. Il se blottit contre sa main et Bilbon se rapprocha.

-Eh bien, tu n'es pas du tout effrayant, pas vrai ? marmonna-t-il avec un petit rire légèrement hystérique.

Le dragon gronda une nouvelle fois et Bilbon se dirigea vers lui, afin de pouvoir envelopper ses bras autour de son cou. Ses ailes se replièrent sur son dos puis le corps massif s'enroula autour de lui. Il était pressé contre le poitrail brûlant de Thorin alors qu'une patte et une aile le maintenaient.

Bilbon était à peu près certain qu'il était blotti contre un dragon.

La tête de Thorin se posa à côté de lui et le dragon le regarda intensément. Il souffla et un peu de fumée vint embrumer les yeux de Bilbon. Il toussa.

-Ah non, arrêtez ! hoqueta-t-il avant de réaliser l'absurdité de ce qu'il venait de dire et rit une nouvelle fois, cette fois-ci plus calmement et il se sentait apaisé. Que voulez-vous ? J'imagine que vous vous ennuyiez ici. Vous voulez une histoire ou une chanson.

Au clin d'oeil rapide que fit le dragon, Bilbon comprit qu'il avait raison et que Thorin comprenait parfaitement ce qu'il disait. Les oreilles de Thorin se redressèrent face à la deuxième option et Bilbon se mit à chanter une mélodie que Bofur fredonnait constamment.

"Il y a, il y a une auberge tranquille..."

Thorin gronda et découvrit ses dents et Bilbon s'arrêta brusquement. Il ouvrit et ferma la bouche à plusieurs reprises tandis que Thorin continuait à gronder et à grogner.

Les nains étaient possessifs. Alors, imaginez les dragons.

C'était la chanson de Bofur. Tout le monde savait que c'était la chanson de Bofur y compris, apparemment, Thorin.

-Bon, désolé. C'était tout à fait stupide de ma part. Je vais essayer autre chose, d'accord ?

Il prit une profonde inspiration et essaya de se rappeler une chanson que Ori lui avait apprise.

"Le monde était jeune, les montagnes vertes,

Aucune tache encore sur la Lune ne se voyait,

Aucun mot n'était apposé sur les rivières ou les pierres,

Quand Durin s'éveilla et marcha solitaire,

Il nomma les collines et les combes sans nom,

Il but l'eau des puits jusqu'alors non goûtée ;

Il se baissa et regarda dans le Lac du Miroir

Et vit apparaître une couronne d'étoiles,

Comme des joyaux sur un fil d'argent,

Au-dessus de l'ombre de sa tête."

Thorin baissa la tête et sa lèvre s'ourla vers le haut. Bilbon avait la certitude que Thorin souriait. L'aile s'approcha encore plus près et Bilbon sentit sa patte pressée contre son pied. Il était chaud, fort et indéniablement sécurisant. Bilbon était protégé par un dragon. Un dragon qui ressemblait un peu à Thorin et semblait encore plus attaché à lui que Bilbon l'aurait cru possible. Il sentit un sourire tordre ses lèvres et il continua à chanter longtemps dans nuit, enveloppé dans l'étreinte d'un dragon.