« On ne pourra jamais pénétrer dans le château sans se faire prendre. Encore moins y circuler en toute discrétion. »

Harry ne put s'empêcher de sourire au ton défaitiste de Dumbledore. Il était surpris que tous oublient qu'il venait d'un autre monde et qu'il avait plusieurs atouts dans son sac, au sens propre. Il inclina la tête sur le côté et un sourire que Remus, James et Sirius pouvaient qualifier de maraudeur se dessina sur son visage. Harry reprit alors la parole d'une voix faussement désolé :

« Je vais malheureusement dévoiler un autre secret des maraudeurs. »

« De quoi veux-tu parler, Harry ? »

« Il se trouve, messieurs, que j'ai en ma possession une certaine carte illicite. »

Harry sourit, plus franchement, lorsque les maraudeurs poussèrent des exclamations de surprises et d'enthousiasmes. Il reporta son attention sur Dumbledore et Severus qui avaient gardé leur sérieux et semblaient prêts à suivre son plan.

Harry était encore troublé par les marques de confiance que les deux hommes affichaient à son égard. Il n'y avait pas été, réellement, habitué de son monde. Du temps où il les avait côtoyés, il était encore un adolescent. Rogue le détestait, voir le haïssait et Dumbledore agissait de façon à le protéger le plus possible. On lui confiait que peu de choses. Bien sûr, Dumbledore avait prouvé qu'il lui faisait énormément confiance en lui confiant la tâche de détruire les Horcruxes et, d'une certaine façon, Rogue avait montré qu'il avait confiance en ses capacités. Après tout, en dépit de ce qu'il ressentait à l'égard d'Harry, il n'avait pas tenté d'effectuer la tâche de l'adolescent.

Bref, la confiance, presque aveugle, qu'on lui accordait le rendait perplexe et l'effrayait même un peu. Il secoua la tête et se reprit. Ce n'était certainement pas le moment de flancher. Maintenant qu'il était coincé dans ce monde avec ses enfants et son filleul, il comptait bien le sécuriser en détruisant le mage noir qui y régnait. Il avait appris, en consultant les journaux disséminés dans la demeure, que ce Voldemort était plus puissant encore que celui qu'Harry avait connu. Ce qui n'était pas une surprise puisque le mage noir n'avait jamais perdu son corps dans ce monde-ci. Ici, Voldemort n'avait pas perdu le pouvoir durant près de quatorze ans. Il n'avait pas dû tout reconquérir dans l'ombre. Bien au contraire, durant toutes ces années, il avait affirmé sa position et prit le pouvoir. Il avait conquéri tous les lieux hautement magiques. Le ministère et Poudlard entre autres. Malheureusement pour eux. Harry avait aussi appris que ces dernières années, il avait, lentement mais sûrement, commencé à conquérir les autres pays de la planète.

L'Australie et une partie de la Russie, par exemple, étaient à lui.

Harry était donc conscient que ce ne serait pas simple de battre Voldemort, cette fois-ci.

Il avait de nombreuses créatures magiques à son service. Même si celles-ci n'étaient pas d'accord avec les principes défendus par Voldemort, elles espéraient voir naitre un monde plus égalitaire pour elle. Ce, en quoi, elles se trompaient, bien évident. Il fallait trouver comment obtenir leur appuie et les pousser à rejoindre leur camp. C'est sur quoi Harry se penchait dernièrement… à côté de la chasse des Horcruxes, bien évidement nécessaire.

« Harry ? »

Harry fut sorti de ses pensées par la voix impatiente de Severus et, après s'être excusé, s'empressa de leur dévoiler le plan qu'il avait mis au point pour s'introduire dans Poudlard.

« Oui, pardon. Je crois que deux personnes suffiront pour m'accompagner. Je suggère Sirius et Severus. Sirius et moi pourrons nous déplacer plus discrètement sous notre forme d'animagus. Sirius l'a fait plutôt efficacement dans mon monde. Il est parvenu jusqu'au dortoir des Griffondors alors que l'on s'attendait à ce qui y pénètre. Dans notre cas, nous aurons l'élément de surprise. »

« Et, en ce qui me concerne ? Je ne suis pas animagus. »

« Ce n'est pas grave, il faut quelqu'un sous forme humaine pour consulter la carte et éviter de rencontrer quelqu'un. Vous serez caché sous ma cape d'invisibilité, Severus. »

« Ta cape d'invisibilité ? »

Harry se tourna vers son père et haussa un sourcil, surpris par le ton incrédule de son géniteur. Il ne put s'empêcher de rire en déclarant que l'Albus Dumbledore de son monde lui avait remis la cape de son père le noël de ses onze ans.

« Tu peux me croire, je me suis promené plus d'une fois dans les couloirs la nuit. Bien sûr, le Severus Rogue de mon monde aurait tout donné pour me coincer dans ces cas-là pour me faire renvoyer, définitivement, de l'école. »

La réflexion de l'ancien Griffondor allégea l'atmosphère, bien que le visage de Severus soit un peu plus sombre que ceux des autres. Sans doute imaginait-il le calvaire que le Sauveur d'un monde avait dû faire subir à son double. Harry ne s'occupa pas des réactions de chacun. Il sortit la carte de Poudlard, prononça le mot de passe que les maraudeurs avaient choisi (mot de passe qui valut aux dits maraudeurs un regard de dédain de la part de Severus et un sourire amusé de Dumbledore) et se pencha pour l'examiner.

« Il n'y a pas beaucoup de mangemorts. Voldemort n'est pas présent. »

« D'après ce que je sais, Voldemort n'y est jamais. Il n'y a que quelques mangemorts à l'occuper. Poudlard sert aux initiations et à garder prisonnières certaines personnes lorsqu'il le juge utile. La prise de Poudlard était surtout symbolique. »

Severus avait donné ces explications d'une voix volontairement neutre. Toutefois, Harry n'était pas dupe. Il savait que l'enfance de Severus Rogue avait été plus dure que la sienne et que, comme Harry, Severus avait considéré Poudlard comme sa maison. Severus, Dumbledore et Harry étaient certainement les trois personnes à tenir le plus à l'école de magie que Voldemort avait terni à plusieurs reprises. Néanmoins, Harry comprenait la pudeur de Severus, aussi ne releva-t-il pas le ton employé et continua sur sa lancée.

« Ca élimine le problème que pourrait poser la présence de Voldemort. Nous n'avons, malheureusement, pas beaucoup d'options en ce qui concerne notre entrée dans Poudlard. Il n'y en a qu'une de valable, en réalité. Enfin d'après ce que je sais. Celui de la sorcière borne n'était pas surveillé dans mon monde. Les professeurs ignoraient son existence. Malheureusement, il y a le cas de Pettigrew. ll a pu indiquer ce passage. »

« Je ne crois pas, Harry. » Souffla Remus, pensif.

« Peter a toujours eu du mal à se souvenir de l'emplacement exact du passage et de son mot de passe. » Ajouta James, dédaigneusement.

« Je ne crois pas qu'il pas que Pettigrew ait été suffisamment intelligent pour penser à cette faille dans la sécurité du château. » Déclara Severus d'une voix froide.

Dumbledore quitta la carte des yeux et posa un regard sérieux sur Harry avant de déclarer d'un ton où l'on percevait un profond respect.

« Ce plan semble convenir. Nous allons surveiller la carte pendant que je planifie une diversion pour plus de sécurité. Si le passage semble surveiller, nous trouverons une autre solution. »

« En quoi consistera la diversion... Je n'aimerais pas que l'on mette des vies inutilement en danger. »

Dumbledore la rassura en déclarant que toutes les personnes présentes pour cette diversion seraient des volontaires.

« Je ne dirais rien au sujet des horcruxes mais elles sauront que cela pourrait permettre la destruction de Voldemort. Cette motivation sera suffisante pour beaucoup de personnes. »

Harry fut moyennement rassuré. Il se tendit un peu plus lorsque Remus et son père déclarèrent qu'ils feraient partis de cette diversion. Harry savait qu'il ne pouvait pas les empêcher de participer à la bataille qui se profilait. Mais, après la guerre qu'il avait connu, il craignait de perdre, une nouvelle fois, des proches.

Néanmoins, il voulait croire que les choses seraient différentes. Qu'il n'y aurait pas autant de morts parmi les siens. Il ne pouvait qu'espérer.

Sirius le tira de ses sombres pensées en claquant joyeusement des mains puis, se les frottant, il s'exclama :

« Bien ! On prévoit ça pour quand ? »

Finalement, ils avaient attendu vingt quatre heures pour mettre leur plan en action. Pour être certain que le passage n'était pas surveillé. La chance avait été de leur côté puisqu'il s'était révélé que ce n'était pas le cas. L'espoir s'était accru dans le cœur des natifs de ce monde. Harry, de son côté, savait que les choses seraient loin d'être simples. Bien au contraire ! Lui savait ce qui les attendait. Rare était les personnes qui savaient à quoi ressemblaient un Basilic. Harry faisait parti des rares « chanceux » et pour tout dire, il aurait tout donné pour ne pas avoir à en affronter un de nouveau. Encore moins le familier de Salazar Serpentard.

Harry s'ébroua et regarda Severus dégager l'entrée du passage de chez Honeyduke tandis que Sirius faisait le guet quelques mètres derrière eux. Bien que ce ne soit pas réellement nécessaire puisque Pré-au-lard était aussi désert et dévasté que le chemin de traverse.

De plus, ils avaient décidé d'infiltrer le château la nuit pour plus de précaution.

Mais, décidément, Harry n'aimait pas, du tout, le climat de terreur et de désolation qui régnait dans ce monde. L'atmosphère qui régnait ne rendait Harry que plus nerveux. Harry n'avait plus l'habitude de ressentir cette peur et cette insécurité. Sa seule certitude à l'heure actuelle, c'était que ses enfants et son filleul étaient en sécurité avec sa mère et Molly. Les enfants ignoraient, bien entendu, ce qu'il comptait faire. Il ne voulait pas les inquiéter. Il ne voulait pas les impliquer dans cette guerre plus qu'ils ne l'étaient déjà.

« C'est ouvert. » Souffla Severus.

Harry redressa, aussitôt, les oreilles et se glissa dans l'ouverture sans un bruit, suivi de près par Sirius qui ne semblait guère inquiet. Du moins si l'on en croyait sa langue pendante et sa queue qui flagellait l'air. Harry secoua la tête et leva les yeux vers Severus qui fusillait son ancien condisciple du regard après avoir replacé, avec soin, la lourde dalle.

Harry avait été surpris lorsqu'il avait réalisé qu'il n'existait pas, ou plus, de réelle haine entre les deux hommes. A vrai dire, il n'existait qu'une rivalité peu importante entre eux. Ils ne s'appréciaient pas mais restaient cordiales entre eux. Harry n'avait pas posé de questions.

Néanmoins, il pouvait deviner que dans ce monde-ci : son père et son parrain n'avaient pas été aussi détestables que ceux de son ancien monde. Et, à vrai dire, Harry ne pouvait qu'être soulagé par cet état de fait.

Harry eut une espèce de sourire lorsque l'ex-espion passa devant lui en ajustant la cape d'invisibilité sur ses épaules. Après un Lumos prononcé à voix basse, Severus passa devant eux et s'avança à pas prudents. Le couloir était semblable à celui qu'Harry connaissait bien. Mais, il était évident qu'il n'avait pas été utilisé depuis des années. D'immenses toiles d'araignées et un épais de poussières décoraient les lieux. Harry n'avait jamais vu ce couloir dans un tel état puisque dans son monde, celui-ci était régulièrement utilisé par les jumeaux Weasley. et quelques un de leurs amis, peut-être.

Au bout de quelques minutes, ils arrivèrent au bout du long corridor oublié. Harry se tendit et il remarqua que ses compagnons n'étaient pas plus à l'aise de pénétrer dans la gueule du loup.

Severus mit la capuche de la cape, disparaissant, totalement, aux yeux de tous, et examina la carte avec attention.

« C'est bon. » souffla-t-il.

Il donna le mot de passe et laissa les deux animagus pénétrer dans le couloir et laissa le passage se refermer d'arrière. Ils ne s'attardèrent pas plus longtemps sur place. Severus prit, d'un pas rapide, la direction des toilettes du deuxième étage, talonné par Sirius et Harry, toujours sous leur forme d'animagus.

Les lieux étaient très sombres. Poudlard ne ressemblait, en rien, au château que les trois hommes avaient pu connaitre. Les lieux commençaient même à se délabrer par manque d'entretien. Les murs avaient été dépouillés de leurs tableaux ou tapisseries. Les étages supérieurs ne devaient être que rarement utilisés. D'ailleurs, ils ne croisèrent qu'un ou deux mangemorts.

Beaucoup moins que ce qu'ils avaient estimé. Ce qui était, en soit, une très bonne chose.

Ce fut avec soulagement qu'ils pénétrèrent dans les toilettes de Mimi Geignarde. Severus ferma la porte avec une série de sorts complexes et puissants pendant qu'Harry et Sirius reprennent forme humaine. Harry poussa un profond soupir et se tourna vers les lavabos au centre de la pièce. Il localisa facilement celui où l'on trouvait un petit serpent, gravé sur le robinet.

Harry sentit son cœur se serrer. Aujourd'hui, il ressentait les mêmes choses qu'il y a si longtemps. Comme lors de ses douze ans, Harry ressentait de la peur, un brin de colère mais aussi une grande détermination. Il avait presque l'impression d'avoir de nouveau douze ans.

Toutefois, il avait beaucoup plus confiance en ses capacités. Il n'était plus un enfant et il n'était pas accompagné par un ami à la baguette cassée et par un professeur incompétent. Cette fois-ci, il était un adulte en pleine possession de ses moyens et accompagné par deux sorciers très puissants. Dont l'un avait des connaissances de magie noire. Harry n'avait donc aucune crainte à avoir. Il ne serait pas seul contre le serpent géant cette fois.

« C'est quand tu veux, Harry. » Déclara, alors, Severus.

Après un nouveau soupir, Harry s'inclina un peu vers le lavabo marqué. Il prononça les mots fatidiques qui ouvriraient la chambre.

« Ouvres-toi. »

Severus ne put s'empêcher de frissonner en entendant Harry parler le Fourchelang. Il entendait cette langue de la bouche de Voldemort depuis trop longtemps pour ne pas avoir cette réaction. Toutefois, le Fourchelang ne semblait plus aussi maléfique et terrifiant à travers la bouche d'Harry.

Pour la première fois depuis longtemps, il ressentit l'envie d'apprendre cette langue. Adolescent, Severus avait voulu plus que tout parler la langue des serpents mais cette envie lui était vite passée après qu'il ait rejoint les mangemorts. Voldemort avait enlevé tout attrait à cette langue en raison de l'usage qu'il en faisait.

Toutefois, cette attrait était, de nouveau, présente depuis qu'Harry avait prononcé ces quelques mots qu'il ne comprenait, pourtant, pas.

Severus reporta son attention sur le parrain de l'homme et découvrit que celui-ci semblait aussi hypnotisé que lui par les sons qu'Harry venait d'émettre. Cela tenait, sans doute, à la manière dont Harry les prononçait. Le langage prononcé par Harry semblait enchanteur.

Severus et Sirius se secouèrent lorsqu'ils s'aperçurent que le dit Harry les regardait, les sourcils froncés, visiblement rendu perplexe par leur comportement.

A ce moment précis, les lavabos commencèrent à pivoter et à basculer. Bientôt, le lavabo marqué laissa place à l'entrée de la chambre des secrets, sous la forme d'un tuyau. Harry avertit Sirius et Severus que le tuyau les conduirait à un souterrain.

« Ce souterrain mène sous le lac noir. Jusqu'à une autre porte qui est, en réalité, l'entrée de la Chambre des Secrets. Elle s'ouvre aussi grâce au Fourchelang. »

Sur ces derniers mots, Harry se laissa glisser sans plus d'hésitations à travers le boyau qui s'enfonçait sous terre. Sirius prit une profonde inspiration puis le suivit, talonné par Severus qui ne montrait aucune inquiétude.

Le trajet jusqu'à la porte de la chambre se fit dans le plus grand silence. Le tunnel qui menait à la salle secrète de Serpentard était aussi silencieux qu'un tombeau. De temps à autre, un craquement brisait ce silence pesant.

La première fois que c'était arrivé, Sirius avait lâché un glapissement peu élégant sous les rires de Severus. Les rires du maître des potions s'étaient vite tus, néanmoins, lorsqu'ils avaient réalisé qu'ils marchaient sur des ossements d'animaux. Harry n'avait pas réagi tandis que les deux hommes qui l'accompagnaient avaient lâché des cris dégoûtés.

Plus tard, Harry sourit lorsqu'il entendit les cris enthousiastes de Severus. Ils venaient d'arriver à proximité d'une mue de serpent, mesurant au moins six mètres. Harry détacha son regard de Severus qui ne semblait pas réaliser que cette peau avait appartenu au serpent qu'ils devaient combattre.

Ce n'était certainement pas le cas de Sirius qui contemplait, avec horreur, cette peau vide. Sirius leva des yeux, assombris par l'inquiétude, vers Harry mais ne put prononcer une seule parole. Severus réalisa, soudain, qu'il était le seul à se réjouir de sa découverte. Ce n'était pas surprenant puisque ces ingrédients rares ne pouvaient intéresser que des potionnistes.

Toutefois, face aux visages sombres de ses compagnons, il réalisa que le problème se situait ailleurs. Ses pommettes rougirent brusquement lorsqu'il réalisa que, tout à son enthousiasme, il avait oblitéré la taille de la peau de serpent qu'il étudiait. Ce n'était, pourtant, pas dans son habitude de se laisser gouverner par ses émotions. Il releva la tête et rencontra les yeux d'Harry. L'ancien Griffondor sourit largement avant de déclarer qu'ils seraient préférables qu'ils reprennent leur route.

Quelques minutes, après une dernière courbe, ils arrivèrent devant la dernière porte scellant la chambre des secrets. Sur le mur, deux serpents entrelacés étaient gravés et marquaient cette porte. Deux grosses émeraudes étincelantes étaient serties à la place des yeux des deux reptiles.

Les yeux des deux serpents brillaient tellement que ceux-ci semblaient vivants.

Harry prit une profonde respiration et siffla, de nouveau, l'ordre d'ouvrir. Alors, lentement, la porte de pierre coulissa pour leur laisser un accès libre à la chambre des secrets.

La chambre des secrets était telle que dans les souvenirs d'Harry. Une longue salle humide et faiblement éclairée par une lumière verdâtre qui ne pouvait qu'être magique.

D'immenses piliers de pierres, autour desquels étaient sculptés des serpents, longeaient la longue allée qui traversait la salle. Ces piliers s'élevaient vers le plafond obscur et humide. Au fond de la salle, une immense statue s'élevait dans toute sa majesté, représentant Salazar Serpentard, le fondateur de la Chambre.

« Eh, bien ! Ce vieux Serpentard n'a pas fait dans le modeste. »Murmura Sirius en un murmura qui se répercuta sur la haute voute.

« Bon, en position. Et souvenez vous, je ne pourrai pas me faire obéir de lui. Et, surtout, ne le regardez pas dans les yeux ! »

Ses ordres donnés, Harry se dirigea droit devant lui tandis que Sirius partait vers la gauche et Severus vers la droite. Harry attendit quelques instants avant de répéter, de mémoires, les paroles que le souvenir de Voldemort avait prononcées pour faire venir le serpent à lui.

« Parles-moi, Serpentard, le plus grand des quatre de Poudlard. »

La phrase était, à n'en pas douter, un mot de passe. Encore une fois, l'immense visage de Serpentard se mis à bouger. Harry vit, pour la seconde fois de sa vie, la bouche de pierre s'ouvrir plus grande de seconde en seconde. L'ouverte fut, bientôt, béante et obscure.

Quelque chose remua à l'intérieur. Harry, cette fois, savait ce qui l'attendait. Il recula de quelques pas, attirant l'attention de l'immense serpent qui se cachait dans le boyau. Alors, avec lenteur, l'immense serpent sortit en rampant des profondeurs de la statue.

Harry baissa les yeux alors que la lourde masse tombait sur le dallage humide mais ne perdit pas de temps pour attaquer. Il leva sa baguette approximativement vers la tête du roi des serpents et prononça le premier de ses sortilèges. Un sortilège d'aveuglement.

« Caecitas »

Le sort d'une jolie couleur jaune frappa l'immense reptile de plein fouet. Il fut aussitôt suivit par deux autres sortilèges d'aveuglement, lancés respectivement par Sirius et Severus. Dans son champ de vision, Harry vit l'immense corps du serpent vert se tordre de douleur tandis qu'un long sifflement de fureur s'échappait de la gueule dangereusement pourvu du serpent.

Harry réalisa que le monstre reptilien faisait des mouvements désordonnés, désorientés. Il releva prudemment la tête et réalisa que leurs trois sorts avaient été efficaces. Alors que la queue du basilic fouettait l'air de façon menaçante, Harry fit un signe silencieux vers Severus qui lança, sans hésitation, un puissant « SectumSempra. »

Le basilic, sous l'effet de la souffrance, fit un mouvement brutal pour se tourner vers l'origine du sort et heurta une des colonnes qui ne manqua pas de s'effondrer sous l'impact. Harry plongea en avant, évitant de justesse les immenses blocs de pierre qui étaient tombés droit dans sa direction. Malheureuse, il se retrouva de cette façon dangereusement proche du basilic qui la gueule grande ouverte dévoila aux yeux des trois sorciers d'immenses crochets au venin mortel. Harry tourna vivement la tête vers Sirius qui lança après une hésitation son deuxième sort.

« Haimatos rhagê »

Le sort d'hémorragie fit, immédiatement, effet. Du sang commença à s'écouler des différents orifices du serpent. Harry savait que les vaisseaux sanguins éclataient les uns après les autres. Il l'avait, lui-même, subi au début de sa carrière d'Auror. C'était horriblement douloureux. Il n'avait survécu que parce que Ron avait réagi en un quart de seconde en le transplanant à Saint Mangouste.

Heureusement que son ami avait été aussi rapide car, dans le cas de ce sort, chaque minute compte. Enfin, si un humain était touché. Le basilic ne survécu que quelques secondes après avoir été touché par le sort. Le serpent vacilla puis s'écroula à quelques centimètres d'Harry, le corps encore secoué de convulsions. Toutefois, il s'immobilisa très rapidement, mort.

Harry roula sur le côté puis s'étendit sur le dos, indifférent au sol humide, le cœur battant à la chamade. Il ne rouvrit les yeux que lorsqu'il entendit la course de ses compagnons qui se précipitant vers lui. Il se souleva sur ses coudes, sans faire mine de se relever, et rassura Severus et Sirius d'un immense sourire.

« Au moins, cette fois, aucun crochet n'est venu se planter dans mon corps » Dit-il en indiquant son bras où une cicatrice assez impressionnant était encore visible.

« Tu as été blessé par un crochet ! Comment as-tu survécu ? Et comment est-ce arrivé ? » Murmura Sirius, estomaqué.

« J'ai transpercé la gueule de notre ami avec l'épée de Griffondor dans mon monde. Dans l'opération, un crochet s'est enfoncé dans mon bras. Puis Fumseck, le phénix de Dumbledore, m'a guéri. »

Severus secoua la tête et alla arracher quatre ou cinq crochets avant de revenir vers Sirius et Harry, non sans avoir parcouru le corps du serpent d'un regard plein de regrets.

« Je te referai rentrer après la guerre, Severus. Promis. »

Severus ricana mais Harry voyait que sa promesse lui avait fait plaisir. Sirius se contenta de tendre une main à Harry et l'aida à se remettre debout.

« Bon ! Il ne reste plus qu'à récupérer le diadème. Maintenant, messieurs, je vais vous faire découvrir une salle dont vous avez dû ignorer l'existence jusqu'à ce jour. »