Blabla préalable: Falut tout le monde! Oui, j'ai mis un temps fou à publier ce chapitre. Et encore que je fraude sur l'ordinateur de ma mère en douce pour vous le publier, sinon vous auriez dû attendre genre le 20-25 juillet avant de le lire, puisque mon ordinateur est toujours HS. Soyez donc heureux/ses que ma mère travaille! Enfin heureux... Je sais pas trop si y a de quoi, parce que j'ai la nette impression que mes chapitres sont de moins en moins bonne qualité (déjà qu'à l'origine... Ahem), en plus d'être de plus en plus courts... Enfin, anyway.

Sinon, pour ceux que ça intéresse, je suis prise en prépa l'an prochain (ce qui signifie qu'il va falloir que je me mette au boulot. Sic.) et la semaine du bac est une torture mentale et physique indigne. Et l'attente des résultats, c'est encore pire. S'il y en a parmi vous qui le vivent actuellement, je vous envoie pleins d'ondes positives!

Bref, assez de ma vie. Je vous laisse lire ceci, enjoy!


Chapitre 7:Coupables.

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«Le doute est le sel de l'esprit.»

Alain

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«- Je ne vois pas en quoi il était nécessaire d'abîmer à ce point cette jeune femme. A moins que le tueur n'aie voulu brouiller les pistes. Se faire passer pour un autre, changer de modus operendi pour embrouiller les enquêteurs. Parce qu'il ou elle sait que les policiers ont tendance à se focaliser dessus. Et il ou elle est conscient que cela passerait inaperçu aux yeux de tous, malgré sa signature presque évidente. On a affaire à quelqu'un de très intelligent. Et qui connait les habitudes des enquêteurs et leurs méthodes usuelles.»

L et Light étaient assis sur leur lit commun, presque collés l'un à l'autre. L'éminent détective notait depuis quelques temps avec autant d'amusement que de délectation la manière inconsciente qu'avait Light de s'assoir chaque jour un peu plus près de lui. En l'occurrence, les deux génies devisaient sur l'un des derniers cas qui ressemblait à tous ceux qu'ils avaient rassemblés. Et L venait de résumer leur discussion à propos de ce cas, une jeune fille assassinée d'une manière plus que sordide. Pire encore que le premier cas.

La victime était une jeune mannequin, blonde, avec de jolis yeux verts, de charmantes lèvres rouges et pulpeuses, des formes attrayantes. Enfin ça, c'est ce qu'ils avaient pu déduire des photos que le bureau de police russe qui leur avait soumis le dossier avait jointes aux photos post-mortem. Parce qu'à l'heure d'aujourd'hui, la blonde n'avait plus d'attrayant que la complexité de sa mort. Une partie de la peau de son visage avait était arrachée. Ses yeux étaient gonfles, ses lèvres tailladées, ses dents cassées, sa langue arrachée, ses yeux, toujours dans leurs orbites, coupés en deux, allongeant la pupille. La peau jadis blanche était brulée. On avait mis de l'acide sur ses mains et on avait imprimé au fer rouge sur son front la lettre "C", initiale du mot français "coupable", mais aussi du mot russe pour "justice".

«- Si il ou elle a voulu se faire passer pour un nouveau meurtrier avec un modus operendi différent, c'est qu'il a déjà dû tuer dans la région non? » Demanda soudainement Light.

«- Pas nécessairement. Il ou elle se considère comme un tueur à échelle mondiale. États-Unis, France, Mexique, Argentine, Islande, Écosse, Canada, et maintenant Russie... En tout cas, il peut voyager aisément, soit qu'il soit riche soit que ce soit son travail et parle plusieurs langues. »

L dû retenir un geste visant à ébouriffer les cheveux ambrés du garçon lorsque celui-ci bougea pour se rapprocher un peu de lui, s'avançant vers l'écran. Le plus jeune avait commencé à taper les quelques déductions auxquelles ils étaient parvenus. Les principes de base de victimologie leur avait donné quelques idées sur la manière dont avait été abordées les diverses victimes, laissant penser à un tueur fin, avec quelques connaissances en psychologie et possiblement un physique suffisamment agréable pour s'attirer la confiance de la victime. Il ou elle avait pu, comme Ted Bundy, approcher ses victimes avec un bras dans le plâtre. En tout cas, il était clair qu'après avoir choisi sa victime, ce qui ne se faisait jamais au hasard, la victime suivait son futur agresseur de sa propre volonté dans un lieu isolé dans 95% des cas. Les motivations du meurtrier étaient toujours très floues en revanche, quoique L se doutait qu'il se cache quelque chose derrière ces punitions éparpillées aux quatre coins du monde.

Oui, punition, car le but apparent de ces meurtres, la signature, ce qui les reliait, c'était cette idée de punition. Chaque victime avait des liens avec des affaires non-classées. Parmi les premiers cas, on avait un Américain lié à des réseaux de prostitution, contre lequel la police n'avait jamais rien pu prouver, un couple de kidnappeurs d'enfants français, pour lesquels l'empoisonnement de leur fils, Justin, avait servi de punition. La jeune mannequin russe qui les occupait à présent avait perdu son cousin, Alexei Solnsévine, à l'age de douze ans. Le garçon, alors âgé de quatre ans, avait surpris la jolie Valentina se rendre auprès d'un trafiquant notoire de la région, connu sous le nom Nikita et en avait parlé au repas de famille, avec l'innocence des enfants de son age. Il avait ensuite disparu, et on l'avait retrouvé noyé, quelques jours plus tard. La police de l'époque n'avait rien trouvé contre la jeune fille, qui s'était plus tard fait un nom dans la mode avec l'appui de mystérieux capitaux.

Lorsque Light eut fini de taper, le détective laissa son regard parcourir le texte. Intelligent, avec une fine connaissance des méthodes d'enquêtes des polices du monde, parlant nécessairement couramment plusieurs langues... Un défi à la hauteur de leurs deux géniaux cerveaux. Enfin, en tout cas, ils avaient de quoi s'occuper pendant encore un certain temps, ce qui satisfaisait parfaitement L.

Mais il y avait quelque chose de plus dans cette affaire. Quelque chose qui le turlupinait. Il lui semblait que... Mais cela ne pouvait pas être cela n'est-ce pas? Il se faisait des idées.

..oOo..

Light glissa un regard au détective qui enfournait son énième morceau de sucre et se mordit la lèvre. Bizarrement, le fait d'avoir renoué conversation avec L n'avait pas réglé ses problèmes de somatisation. Pas du tout même. Il pouvait de moins en moins s'empêcher de noter la sensualité avec laquelle l'autre se léchait les doigts pour y récupérer le moindre reste de substance sucrée, ou le charme qu'avait ce visage pâle lorsque, mordillant son pouce, le génie se concentrait.

Le jeune homme se baffa mentalement. Sérieusement? Il n'avait pas autre chose à penser, là, dans l'immédiat, que l'homme à ses côtés? Surtout si il voulait le prendre de vitesse et le gagner à son propre petit jeu. Surtout s'il voulait résoudre l'affaire avant lui. Et d'ailleurs, il la résoudrait avant lui, c'était une certitude. Après tout, n'était-il pas Light Yagami?

Enfin cela ne résolvait pas son problème présent. Cherchant inconsciemment une cause acceptable consciemment de son... Son... Petit soucis avec le détective, il en vint à songer que cela provenait sans doute de l'enquête qu'ils menaient ensemble, qui portait sur ses nerfs, puisqu'elle n'était qu'un défi de L, un de plus, qu'il devrait relever s'il voulait pouvoir prouver son innocence.

Il finit de taper le résumé de leurs déductions de la soirée et retourna l'écran vers le détective, qui avait repris un air songeur. Concentré. Adora... Pardon? Cette fois c'était sûr, le manque de sommeil lui pesait. D'ailleurs, il n'avait pas été sur le point de penser ça, jamais. N'est-ce pas? Bon.

Lorsque les yeux suie du détective cessèrent de parcourir le texte et se perdit dans le vide, une sourde angoisse monta dans la poitrine du plus jeune. Serait-il possible que ce.. Ce... Ce saligaud soit sur une piste? Alors que lui-même n'avait pas le moindre petit début de quoi que ce soit pour commencer? Mais l'autre secoua la tête et referma l'ordinateur.

«- Je crois qu'il est temps pour Light-kun d'aller dormir, n'est ce pas?

Pourquoi cela ne sonnait-il absolument pas comme une question? Light ouvrit la bouche pour répliquer qu'il était assez grand pour savoir quand il avait besoin de sommeil, mais un bâillement lui échappa exactement au même moment, tuant sa vindicative remarque dans l'œuf.

«- Bonne nuit, Light-kun. Fit encore le détective avant de se retourner pour poser l'ordinateur sur la table de chevet et éteindre la lumière.

Light marmonna un vague "toi aussi" en réponse et s'allongea de son côté du lit, s'éloignant de la chaleur jusque là procurée par la proximité de son corps avec celui du détective – et accessoirement de l'ordinateur sur leurs genoux – et s'enfouissant jusqu'aux yeux sous les couvertures.

..oOo..

L, assit dans son habituelle mais non moins étrange position, s'ennuyait ferme. A croire que Light le faisait exprès pour lui faire renoncer aux menottes et au fait de partager la même chambre. Ça avait commencé par la lumière. C'était, en soit, déjà pour le moins embêtant, mais passait encore. Mais là, interdiction de travailler... Non, sérieusement? Qu'est-ce qu'il allait faire pour occuper ses insomnies chroniques s'il ne travaillait pas? Ou même juste lire, c'était impossible sans lumière.

Bref, les mêmes envies de meurtres retournaient dans sa tête alors qu'il ne quittait pas des yeux le visage du jeune homme, baigné des lumières nocturnes de Tokyo. L avait d'abord trouvé divertissant d'observer le jeu des lumières de la ville sur le visage du bel – il fallait l'admettre – endormi. A présent qu'il s'en était lassé, il cherchait désespérément une autre occupation, quelle qu'elle fût, pour le tirer de son ennui.

Il se saisit de son ordinateur et l'ouvrit, puis, marqua un temps d'arrêt. Que pouvait-il faire? Aucune idée ne lui venait. Il finit par ouvrir les affaires classées qu'il connaissait par cœur et par se replonger dans le passé. Au fur et à mesure qu'il remontait le temps, au fil des cas, il se demandait pourquoi il éprouvait tant le besoin ces derniers temps, de renouer avec ses souvenirs. Avec ces souvenirs en particulier. Pourquoi Eireen, et Beyond? Pourquoi Alice? Pourquoi ces années d'adolescence à la Wammy's, qui lui semblaient jusque là si lointaines mais qui se révélaient en fait beaucoup plus fraîches qu'il ne l'aurait pensé?

Il n'en avait pas la moindre idée.

Mais il fallait absolument qu'il trouve de quoi s'occuper avant de sombrer dans la folie.

..oOo..

Light se réveilla en sursaut au beau milieu de la nuit. Haletant, il se redressa en position assise et détailla du regard la chambre sombre qui l'entourait, un peu perdu. Enfin, il tomba sur une paire d'yeux noirs qui le regardaient attentivement, à quelques centimètres de son visage. Il fit un bond en arrière, surpris, juste avant de se rappeler où il était, qu'il n'était plus dans ce cauchemar, mais bien avec L, dans la chambre qu'il partageait avec lui. L'idée de partager sa chambre avec le détective ne lui avait jamais paru aussi apaisante qu'en cet instant.

"- Light-kun, ça va?"

Le jeune homme mit un certain temps à retrouver son souffle avant de répondre, se laissant retomber dans ses oreillers:

"- Oui, très bien. Parfait... euh..."

Chercher une excuse. Il ne pouvait tout de même pas admettre devant le détective qu'il avait fait un cauchemar.

"- Il fait un peu chaud, non?"

Prétexte, quand tu nous tiens. Il détourna légèrement le regard, quelque peu gêné, aussi ne remarqua-t-il pas l'écarquillement des yeux du détective à sa déclaration.

"- Si la chaleur dérange Light-kun, on peut baisser le chauffage."

Il avait marché? Non, le ton employé montrait bien que le détective ne marchait pas dans son mensonge. Enfin au moins, il ne posait pas de question. D'ailleurs, il lui semblait bien que L lui-même avait hâte de n'avoir plus à discuter avec lui, qu'il se rendorme. Minute. L, le grand détective, était gêné devant lui? Pourquoi? Comment? Impossible. Il lui lança un regard soupçonneux.

"- Ryuuzaki?"

"- Light-kun?"

"- Ça va?"

"- Bien sûr Light-kun. Tu devrais dormir."

L venait de lui suggérer de dormir? Non, il devait avoir mal entendu. Ou alors serait-il enfin parvenu à faire comprendre à cette tête de mule à quel point le sommeil était important pour lui? Non, impossible, jamais il ne réussirait à le lui faire rentrer dans le crâne. Décidément, quelque chose ne tournait pas rond. Il plissa les yeux en avisant l'ordinateur portable visiblement fermé à la va-vite devant le détective.

"- Dis-moi Ryuuzaki..." commença-t-il d'un air quelque peu menaçant en se redressant.

L'autre leva sur lui ses grands yeux noirs, insondables, un air ingénu peint sur le visage.

"- Oui, Light-kun?"

Ses lèvres s'étirèrent en un sourire sardonique alors qu'il continuait:

"- Est-ce que tu n'étais pas en train de..."

Il se pencha, approchant dangereusement son visage de celui du détective, avançant sa main vers ses jambes repliées. Il pouvait se rendre compte que le souffle du détective était court. Il se savait démasqué. Le jeune japonnais savait qu'il l'avait coincé et jubilait d'avance.

"- De tricher par hasard?"

Achevant sa phrase, il se saisit de l'ordinateur et l'ouvrit d'un geste vif sur ses genoux. L se mordait la lèvre inférieure tandis que Light savourait sa petite victoire.

"- Ce n'est pas ma faute, je m'ennuyais à mourir!" Geignit le détective.

Light retint un petit rire alors que s'affichait devant lui un essai de John Douglas sur les méthodes et habitudes des criminels. Notamment sur la signature. Sans doute très intéressant et instructif. Il le parcourut du regard avant de le fermer et d'éteindre l'ordinateur, le plaçant sur sa propre table de chevet, tandis que le détective le regardait, médusé.

"- C'est très mal de tricher, L. Tu mériterais d'être puni. J'en parlerais à Watari demain. Avec un peu de chance, il te privera de café, comme ça tu pourras dormir la nuit et tu t'arrêteras de tricher."

Et avant que le plus âgé aie le temps de répliquer quoi que ce soit, Light se rallongea et lui tourna le dos. Quelques minutes plus tard, il dormait, ignorant des plans de vengeances qui commençaient à fourmiller dans l'esprit de L, occupant ses exceptionnelles facultés cognitives.


Post-scriptum: Et voilà! J'espère que ça vous a quand même plu! Le chapitre suivant arrivera... Quand il arrivera, parce que je vous avouerais que je ne l'ai toujours pas commencé.

Reposez ces armes s'il vous plaît, nous sommes des gens civilisés que diable!

Concernant ce chapitre, John Douglas existe vraiment, quand je me suis renseignée sur les tueurs en série pour les besoins de cette fic je suis tombée sur un site qui citait ses travaux. Voilà.

Si vous êtes paumés (le moment où l'auteure a conscience qu'elle n'est pas toujours très claire) concernant les trucs genre victimologie, signature, modus opérandi, etc, n'hésitez pas à me le signaler, je ne mords pas et je me ferais un plaisir de vous répondre :)

Et sinon, oui, je me suis bien défoulée sur le cas que j'ai décris. C'est tellement plus drôle que de décrire des empoisonnements ou des petits meurtres bien propres!

Vouala, ce sera tout pour aujourd'hui! A la prochaine :)

Otter ~