Ce chapitre est vraiment très noir ! C'est vraiment pour vous prévenir, le prologue va commencer à prendre sens ...

Bonne chance !

The Boy With The Thorn In His Side

John vérifia sa montre pour la énième fois.

12h42

Les cours finissaient à 12h30. Où était Sherlock ? Est-ce qu'il ne voulait plus passer ses déjeuners avec John ? A cette idée le dos de John se recouvrit d'une sueur glacée. Sherlock devais venir, il n'y avait pas d'autre possibilité. John avait besoin de lui ici, il devait savoir comment il allait et comment il se débrouillait, juste savoir s'il allait bien. C'était important. En fait c'était assez grave que Sherlock ne vienne pas vu ce que John avait à lui dire.

Il regarda sa montre encore une fois. 12h43

S'il n'était pas là dans deux minutes, John allait le chercher. Ce n'était pas trop pervers, si ?

Il s'assit sur sa chaise, et commença à taper nerveusement ses doigts sur son bureau. Et si Sherlock ne venait pas ? Mais John avait besoin qu'il vienne, il devait lui parler. Il passa ses doigts dans ses cheveux, et se gratta le cuir chevelu avec ses ongles.

12h44

Une minute. Il se leva et se rua hors de la salle de cours à la recherche de son élève.

Il chercha dans les couloirs, vérifia dans les toilettes des garçons et scanna les terrains de jeux avant de le trouver. Il n'était pas seul. Le sang de John ne fit qu'un tour, quand il vit avec qui Sherlock était. C'était Anderson et son habituelle meute.

Il pouvait les voir à cents mètres. Sherlock était dos à John, affrontant la troupe, Anderson en tête. Ils se moquaient de lui. Sherlock devait avoir répliqué, parce qu'il se retrouva par terre, serrant son genoux.

Non ! Non, il ne resterait pas immobile à les regarder jouer avec Sherlock comme ça.

« Hey ! » cria-t-il.

Anderson et les autres garçons prirent instantanément la fuite, laissant Sherlock à terre.

« Hey, » Il courut jusqu'à lui et s'agenouilla à ses côtés. « Ça va ? »

Sherlock ne répondit pas, il ne regarda même pas John, il fixait intensément le vide, dans la direction opposée.

John soupira et entoura un bras autour du garçon pour le remettre sur ses pieds. « Tu es en retard. » dit-il à Sherlock.

Sherlock ne répondit toujours pas. Il évitait toujours les yeux de John.

« Tu joues la carte du silence alors ? » demanda-t-il.

Pas de réponse, ce qui éventuellement pouvait correspondre à un oui.

« Allez. » soupira John. Malgré le fait qu'il évite son regard, Sherlock permit à John de le supporter tout le long du chemin, pour soulager son tibia amoché, jusque dans la salle de biologie.

John l'aida à s'assoir sur une chaise. « Ecoute, Sherlock, je suis désolé, je … »

« L'es-tu ? » Cette fois-ci Sherlock le regardait, mais pas avec des yeux pleins de vie, non ils étaient pales et avaient l'air morts. John pouvait distinguer une ecchymose jaune juste en dessous de son œil gauche.

« Bien sûr que je le suis. »

« Pour quoi ? » Même la voie, que John adorait entendre, semblait morte, craquelée et rauque. Comme s'il ne l'avait pas utilisée depuis au moins deux jours, c'était le genre de voix qu'avaient les gens qui se remettaient d'une mauvaise grippe ou d'un rhume, ou qui se faisaient enlever les amygdales. John le savait on lui avait enlevé quand il était jeune, il devait avoir un an ou deux de moins que Sherlock.

« Beaucoup de choses. » admit John. « Surtout pour avoir été un connard. »

Sherlock ne put s'empêcher de sourire, un tout petit sourire, mais c'était un vrai sourire. John savait faire la différence entre les faux sourires de Sherlock et les vrais, c'était un vrai sourire. Un petit sourire, mais un sourire.

« Et je suis tellement désolé … pour tout. »

Sherlock fixait le sol, ses dents étaient serrées sur sa lèvre inférieure.

« Écoute, Sherlock, » John tendit la main et prit celle du garçon. « Je t'aime bien. » admit-il finalement « Dieu me vienne en aide, parce que je t'aime beaucoup, beaucoup plus que ce que je ne devrais. » Son pouce suivit la courbe des doigts fins de Sherlock.

« Pourquoi est-ce que c'est une si mauvaise chose ? » Lâcha Sherlock, il était contrarié et en colère « Qu'est ce qui ne va pas ? »

« C'est illégal Sherlock, de plus c'est immoral et juste complètement mauvais. »

Sherlock agrippa la main de John, il la serra « Je m'en fiche ! » siffla-t-il avec un air de défi.

John caressa une des boucles un peu plus longue qui dépassait sur son front. « Tu devrais. »

« Ecoute John. Je t'ai embrassé et j'ai apprécié. Tu es mon meilleur ami, et tu représentes tellement pour moi, plus que n'importe qui. Et je me fiche que tu ais dix ans de plus que moi, d'accord ! Je n'en ai rien à foutre que tu sois mon prof. Je t'ai embrassé et je le referais ! » Je t'aime. Sherlock ajouta les derniers mots dans sa tête.

John prit une grande inspiration. « Tout comme moi. » soupira-t-il « Mais Sherlock, non. Je suis désolé, mais non. Je ne peux pas le permettre. »

Il pouvait voir les yeux d'un gris cristallin se déchirer et s'il le pouvait il se serrait frappé de faire tant de mal à Sherlock.

« Je pense que ce serait mieux si on ne … se voyait, ni ne se parlait plus. »

« Mieux pour qui ? » demanda Sherlock, sa voix semblait prête à se brisée à tout moment.

« Je déteste ça » répondit-il honnêtement « Mais c'est pour le mieux. »

Sherlock secoua la tête. « C'est faux. » Il tendit ses bras, prit le visage de John entre ses deux mains et l'embrassa. Il l'embrassa comme s'il était en train de se noyé et que John était sa seule source d'oxygène. Il l'embrassa comme s'il était mourant et que John le maintenait en vie. Il l'embrassa comme s'il allait mourir le soir même, comme s'il n'avait pas de futur.

John ne le repoussa pas, il ne fit rien pour l'empêcher, ni pour l'arrêter, parce qu'il savait qu'il ne voulait pas vraiment que ça se finisse comme ça, il voulait que ce moment dure à jamais. Il garda les yeux fermés, même quand Sherlock dégagea sa bouche.

« Ce n'est mieux pour personne. » murmura le garçon. « Personne. Il l'embrassa encore une fois, juste un court et fiévreux baiser. Ça ressemblait à un baiser d'adieu, le genre de baiser que tu laisses sur les lèvres de ton aimé avant de prendre le train ou de monter dans une voiture.

John garda les yeux fermés, la bouche fermée, et son élève sortit de la pièce.

Il ne voulait pas ouvrir les yeux, ce qu'il venait de faire à Sherlock avait été mal et stupide, et en plus ça n'avait rien résolu du tout.

Il grogna et se frotta les tempes avec la paume de ses mains. Il avait vraiment fait de la grosse merde, et tout était de ça putain de faute.

Qu'est-ce qu'il allait faire ? Qu'est-ce qu'il pouvait faire ? Ce n'est pas comme s'il pouvait parler à n'importe qui de cette histoire. Il soupira, il était bel et bien baisé, et il s'était foutu la dedans tout seul.


Mary était devenue de moins en moins froide avec lui depuis dimanche, en fait, à part quelques regards dédaigneux, elle était presque redevenue normale.

Pour une quelconque raison par contre, le fait qu'elle soit gentille et normale, le blessa plus que le fait qu'elle lui fasse la tête. Il se sentait terriblement coupable et mauvais. Pourquoi est-ce qu'elle ne pouvait pas juste être en colère contre lui ? Au moins ça le soulagerait.

Sherlock avait hanté l'esprit de John toute la journée et ce n'était pas comme si sa fiancé allait le réconforter. Il l'avait demandée en mariage avec la ferme intention de la voir marcher jusqu'à l'autel et qu'ils se jurent de passer le restant de leurs vie ensemble, de vieillir et mourir ensemble. Pour vivre une longue et heureuse vie, marié à Mary Morstan, la femme de ses rêves. Il avait sacrifié beaucoup pour être avec elle : cela incluait son rêve principal, devenir un docteur, comme il l'avait depuis toujours voulut. Il aimait Mary, il l'aimait vraiment, vraiment, mais des fois c'était dur. Pas qu'il l'aime moins, non, c'était juste que parfois, elle rendait les choses difficiles. Dans les pires moments, quand une dispute surgissait de nulle part ou qu'ils avaient tous les deux eut des journées horribles au boulot, à ce moment là où rien ne semblait aller, il se plongeait dans son imagination, et rêvait de la vie qu'il aurait pu avoir. Il savait qu'il ne devait pas faire ça, il se sentait toujours mal après, quand ils se réconciliaient.

Il se sentait coupable, il sentait l'horrible sensation de brûlure lui ronger la poitrine. Il était blessé de faire ça à Mary et à Sherlock. Il ne méritait aucun des deux et il le savait. Mary méritait quelqu'un qui lui serait toujours loyal, et qui ne rêverait pas d'une vie sans elle les mauvais jours. Et Sherlock méritait quelqu'un qui l'aimait de tout son cœur, quelqu'un qui ne ferait pas de lui un garçon rejeté, quelqu'un qui ne le repousserait pas au moment où il aurait le plus besoin de soutient.

Il ne pouvait pas abandonner Sherlock. Sherlock avait besoin de lui, maintenant plus que jamais, et honnêtement il sentait qu'il avait aussi besoin de lui.

Il s'assit, il mordillait sa lèvre, évaluant ses options. Il ne pouvait pas laisser les choses rester comme ça. Il avait mis un merdier pas possible, il devait faire quelque chose, oui, c'était à lui de régler tout ça, à lui. Mais comment ? Est-ce que aller parler à Sherlock était une bonne idée ? Discuter avec Mary était hors de question, c'était déjà ça en moins sur la liste. Mais n'avait-il pas dit clairement à Sherlock quelques heures plus tôt que ce serait mieux s'ils arrêtaient là leur amitié et leurs rendez-vous ? Leur histoire ? Liaison ? Quoi que soit. Mais pour une raison absurde, il ne se sentait pas de vivre comme ça, il ne pouvait pas vivre avec lui-même en sachant que Sherlock ne voulait plus le voir, ou ne plus lui parler, en sachant que Sherlock le haïssait. Est-ce que Sherlock le détestait pour l'avoir blessé à ce point ? Ça serait la pire des conséquences pour ce que John avait fait. Il le savait pourtant que quoi qu'il fasse Sherlock finirait blessé, et aujourd'hui il était blessé par sa faute, par sa propre faute.

Il devait parler à Sherlock. Il le devait. Il se leva et atteignit la porte, puis se retrouva face à Mary.

« Oh, salut John. » elle regarda, et son sourire plutôt amical se transforma en une moue suspicieuse. « Où est-ce que tu vas ? » demanda-t-elle, elle était encore plus suspicieuse et glaciale qu'il lui avait semblé.

« Je dois aller parler à quelqu'un. » lui répondit-il. Ce n'était pas un mensonge, mais ce n'était pas vraiment la vérité.

« Qui ? » Maintenant elle était en colère, c'était comme si elle savait exactement ce qu'il se passait.

« Oh, personne que tu connais, c'est juste un autre professeur, en doit discuté d'un groupe de garçon d'une de mes classes qui se sont battus. » Ce n'était pas vraiment un mensonge, non plus, il devait en effet parler à Greg à propos des incidents entre Sherlock et Anderson, il se fit une petite note mentale de faire ça une fois qu'il aurait parlé à Sherlock.

Mary s'embla quelque peu rassurée. « Eh bien, c'est d'accord, combien de temps tu penses que tu vas prendre ? »

« Oh, pas longtemps. » lui assure-t-il « Une heure tout au plus. »

« Ok. » elle se mit sur la pointe des pieds et l'embrassa rapidement.

La sensation de ses lèvres douces contre les siennes semblait tout d'un coup étrangère. Ça ne devrait pas, mais pourtant. Il ne savait pas combien de baiser ils avaient échangé, mais celui-là n'était pas pareil, il semblait faux. Il ne pouvait pas expliquer pourquoi, ce n'était juste pas ce qu'il attendait. Dans n'importe quel autre baisers avec Mary il en voulait toujours plus et il obtenait plus, mais là il avait juste envie que ça cesse le plus vite possible. Lorsqu'elle se retira il laissa échapper un soupir de soulagement.

« Je te vois plus tard. » sourit-elle.

« Ouai, à plus. » Il lui donna un dernier bisou sur la joue avant de partir.

Pourquoi faisait-elle ça ? Il ne savait vraiment pas à quoi elle pensait, une minute avant elle était enragée et là elle était presque angélique. Des fois il ne la comprenait vraiment pas. Il ne savait vraiment pas ce qu'elle essayait d'obtenir avec ses changements d'humeur, il ne savait même pas si ça marchait ou non, peut-être qu'elle essayait juste de l'embrouiller. Ce qu'il savait c'est qu'il était vraiment confus ! Elle pouvait être très manipulatrice et persuasive quand elle le voulait, il l'avait déjà vu obtenir ce qu'elle voulait en utilisant des cadeaux, n'importe qui qui la connaissait aussi bien que John savait qu'elle avait un côté sombre, caché sous son image de « bonne fille ».

Son esprit commençait à dériver sur Sherlock.

En ce moment, ces deux-là étaient les deux choses auxquelles il pensait. C'était comme s'il y avait une séparation dans son cerveau, la moitié pour sa fiancée et l'autre pour son élève. Son élève. John essaya de présenter les choses différemment, si Sherlock était un peu plus vieux, et qu'il n'y avait pas Mary, qu'est qu'il aurait fait ? Il aurait probablement fait ça connaissance, il l'aurait invité à des rendez-vous, il l'aurait embrassé. Il aimait bien cette idée. Mais ce n'était pas le cas. Il était engagé à Mary, et Sherlock était un de ses élèves de quinze ans.

Ça ne lui prit que quelques minutes pour conduire sa voiture jusqu'à Baker Estate, mais ça lui sembla beaucoup plus long, ses pensées lui traversait l'esprit à une vitesse ridiculement élevée. Son environnement devint de plus en plus familier et se retrouva devant le 221B en moins d'une minute.

Il ne faisait pas froid, mais ses genoux tremblaient l'un contre l'autre. Ce n'était pas vraiment de la peur. De l'anticipation peut être ? De la nervosité ? Un malaise ? Il prit quelques longues inspirations pour se calmer et frappa à la porte.

Cette fois-ci la porte prit plus longtemps pour s'ouvrir, et c'était Sherlock qui tenait la clenche. Il avait une mine épouvantable, comme s'il n'avait pas dormis depuis des semaines, et la dernière fois qu'il avait vu John ne remontait qu'à quelques heures. Ses yeux étaient rouges et enflées, ses joues étaient rouges et on pouvait y voir les traces de ses larmes, ses boucles habituellement si élégantes étaient désordonnées et il tremblait. Il ne portait qu'un boxer gris et un grand T-shirt sur lequel était écrit « Talkin' 'bout my generation » (Parlons de ma génération), John reconnu une des phrases de la chanson My Generation des Who, qui avec les Smiths était un de ses groupes préférés.

« Salut. » souffla-t-il.

La poitrine squelettique de Sherlock se souleva et retomba dans un profond soupire. « Salut. » répondit-il d'une voix impassible.

« Est-ce que je peux entrer ? »

« Eh bien, ça dépend. » Les yeux de glace de Sherlock détaillèrent le corps de John. « Qu'est-ce que tu veux ? »

« J'ai besoin de te parler, je peux ? »

Sherlock se mordilla la lèvre, il réfléchissait.

« S'il te plait ? » John ne put s'empêcher de déceler la détresse dans sa propre voix. « S'il te plait, Sherlock ? »

Sherlock ne dit rien, il ouvrit en grand la porte pour que John puisse entrer.

John ignora la porte ouverte, il avança et jeta ses bras autours de Sherlock et il le sera contre sa poitrine, posant sa tête contre l'épaule du garçon. Il sentit les bras de Sherlock imiter les siens.

Il se retira et plaça doucement un baiser au bout du nez de Sherlock « Je suis désolé. » murmura-t-il.

Sherlock resta silencieux, il lia ses doigts à ceux de John et le traina sur le canapé.

« Où sont Jim, Seb et Irène ? »

« Ils sont sortis, je crois qu'ils sont disputés … »

« Est-ce qu'ils te laissent souvent seuls ? »

Sherlock acquiesça « Tout le temps. »

« Et tu ne te sens jamais seul ? »

Il haussa les épaules « Si, parfois. »

John se pencha et lui donna un autre baiser sur la joue « Je suis désolé » répéta-t-il.

« Tu n'arrêtes pas de dire ça. » remarqua Sherlock.

« Je suis vraiment désolé. »

Sherlock sourit, un peu « Alors… ? »

« Maintenant, je reste sur ce sue j'ai dit tout à l'heure. » le prévint John. « Tu réalises bien que ça ne plus continuer comme ça, n'est-ce pas ? »

Le sourire de Sherlock s'effaça et il baissa la tête « Ouai, je sais. » Il avait l'air si petit et si innocent, ça ne facilitait pas les choses.

« Donc, je suis venu ici pour te dire à quel point j'étais désolé. J'aimerais tellement que les circonstances soient différentes ! »

« Moi aussi. » ajouta Sherlock.

« Et pour te dire adieu. »

Sherlock devint encore une fois complétement silencieux. Il prit le visage de John entre ses mains, doucement et caressa ses joues avec ses pouces. Et il l'embrassa doucement. C'était le premier baiser qui n'était composé que de pure émotion brute. Tous les autres avaient été effrayés, pressé, désireux. Celui-ci était juste plein de … qu'est-ce que c'était ? De la passion ? De l'attention ? De l'amour ? John sentait que Sherlock lui ouvrait son âme, toutes les cellules de son corps lui disaient que c'était bien, que c'était parfait, que c'était ce qu'il lui fallait. Mais c'était mal. Il se retira, brisant ce merveilleux baiser.

« Je suis désolé. » souffla-t-il encore « Je suis tellement désolé. » Il voyait bien que ça tuait Sherlock, ça le blessait aussi, mais il essaya de ne pas le montrer. Il rapprocha Sherlock de sa poitrine et le serra contre lui, ses doigts dessinaient des lignes sur le dos fin. Sherlock se pelotonnait comme un enfant, mais John se rappela qu'il n'était encore qu'un enfant. Il pouvait sentir la respiration hachée et difficile de Sherlock, il essaya de lui frotter l'épaule pour le réconforter.

Il ne savait pas combien de temps il était resté là avec Sherlock dans ses bras. Il essaya de repousser Sherlock, mais il bougea tout seul, tout en gardant sa prise sur ses doigts.

« Je dois y aller. » lui dit-il.

Sherlock secoua la tête et retint fermement la main de John.

Il se pencha et embrassa rapidement les lèvres de Sherlock, il réussit à s'extirper des mains de Sherlock et se retourna pour partir.

Sherlock le regarda partir, priant silencieusement pour qu'il n'ait pas lâché sa main. Priant pour qu'il tienne encore fermement la main de John dans la sienne. Il baissa la tête et se blottit sur le sofa, il restait une petite trace de l'odeur de John, il prit une grande inspiration, respirant l'odeur qui collait au tissus. Il se leva et alla dans sa chambre, il s'accroupit et rampa sous son lit. Il y avait assez d'espace pour qu'il s'y niche. Il tendit le bras pour atteindre une des boîtes qui étaient sous son lit, ses doigts tâtonnèrent jusqu'à ce qu'il trouve ce qu'il cherchait. C'était un canif, il avait appartenu à Jim mais il lui avait volé quand il avait eu douze ans, pour se venger de Jim, qui était toujours un salaud avec lui, il l'avait toujours gardé loin des regard, caché dans une de ses boîtes sous son lit, et Jim n'avait jamais pensé à regarder là. Sherlock se rappelait encore de la fureur dans laquelle son parrain avait été quand il ne l'avait pas retrouvé, et Sherlock n'avait rien dit à personne, ni sur l'emplacement du couteau, ni sur ce qu'il en faisait. Il y avait un morceau de matériau rugueux juste à côté dans la boîte, Sherlock avait toujours supposé que c'était un morceau de serviette, mais il n'avait jamais remarqué de pièce manquante dans une de leurs serviettes. Enfin ça n'avait pas vraiment d'importance. Il tendit le bras et attrapa le morceau de tissus épais.

C'était bien, agréable et sombre, sous son lit, cet endroit était son sanctuaire. Et bien qu'il fasse assez sombre, ses yeux s'habituaient rapidement à la lumière et il commençait à discerner les formes et les couleurs autours de lui.

Sherlock enfonça le morceau de tissus dans sa bouche, juste au cas où il criait ou s'il faisait un bruit, il ne voulait pas que quelqu'un le surprenne. Ses yeux gris couleur glace se remplirent de larmes. Il ne savait pas vraiment pourquoi il pleurait, il n'avait encore rien fait, et quand bien même, il faisait ça depuis qu'il avait onze ans, ou un truc du genre. Il ne rappelait pas vraiment de son âge quand il avait commencé, probablement dix, peut être douze.

Il attrapa sa manche et la releva pour voir son bras fin et blanc, il trembla légèrement lorsqu'il fit courir ses doigts sur les anciennes cicatrices qu'il gardait sur son avant-bras. Il y en avait beaucoup, certaines, assez profondes, étaient bien visibles, mais il savait qu'il y en avait bien plus. Il y avait un tout petit changement de couleur entre les marques pales et sa couleur de peau. Certaines cicatrices étaient longues, d'autres petite, il y en avait des grosses, et des fines, des vieilles et des relativement nouvelles, certaines plus flagrantes que d'autres. Il sentit une larme coulé du bord de son œil, c'était comme si elle sortait d'une cuve d'eau bouillante. Il poussa doucement la lame lisse du canif un centimètre au-dessus de son poult, c'était là qu'était les cicatrices les plus importantes. Lentement, toujours si lentement il accentua la pression sur la lame. La peau fragile et douce se rompit et une longue coulée de sang rouge sombre surgit immédiatement de la blessure. Il dut se battre pour ne pas crier, le tissu frottait contre ses joues, alors qu'il ravalait des sanglots. Les larmes voilèrent ses yeux et s'écoulèrent le long de ses joues, tachant sa peau blanche et pale, accentuant le rouge cru de son sang qui s'écoulait. C'était une longue et lancinante agonie qui le brulait de l'intérieur, mais ça lui donnait une poussait d'adrénaline, comme quand il fumait ou quand il se battait. Il se moquait de la souffrance, il se fichait même de mourir, il se taillada encore juste au-dessus de la coupure toute fraiche. Le sang semblait couler comme de l'eau d'une cascade, mais il s'en fichait, et il répéta encore l'acte morbide, hurlant dans le pauvre morceau de tissus qui étouffait les sons de sa souffrance.

Puis soudain il eut une idée. Une idée de malade, terrible et horrible. Il positionna le couteau à la manière d'un crayon. Est-ce qu'il pouvait le faire ? Lentement, en tremblant, il traça les mots « POUR JOHN » sur la peau scarifiée, pas assez profondément pour couper la peau mais assez pour faire se dresser tous les poils de son bras. Il pressa la pointe du couteau sur son bras et dessina nettement la lettre P, ce n'était pas une coupure particulièrement profonde ou large, mais ça lui brula tout de même la chair. Il fit de nouveau voler la lame sur son bras, et encore et encore, inscrivant les lettres O-U-R J-O-H-N dans la peau de son avant-bras sanglant.

Il fut secoué de sanglots que personne ne pouvait entendre. Il leva la main vers son visage et enleva le tissus de sa bouche, il le déposa doucement sur ses entailles, comme si c'était un bandage, pour éviter d'aggraver son cas.

« Je t'aime » murmura-t-il dans les ténèbres, faisant courir doucement et désespérément ses doigts sur son avant-bras scarifié. Il baignait dans les larmes et dans le sang et répéta « Je t'aime John. »