Et voici un deuxième chapitre, assez long celui-ci.
Bonne lecture!!!
Pour la première fois depuis ce jour maudit, House entra détendu et apaisé dans l'appartement. Il était épuisé tant nerveusement que physiquement. Il se coucha en boxer, la douche pourrait attendre demain. Il passa machinalement le doigt sur les traces de morsures qu'il avait à l'épaule et sourit. Il s'endormit sans avoir recours à aucun somnifère.
Le dimanche matin House ne se leva que vers onze heures. Il avait dormi plus de douze heures d'affilée, un véritable exploit. Pour une fois depuis bien longtemps il était reposé. Il croisa les mains derrière la tête et fixa un point imaginaire au plafond. Il n'était pas bien compliqué de comprendre que sa petite séance de sexe avec Cuddy en était une des raisons majeure.
D'ailleurs en y repensant, il nota qu'un accord tacite avait été passé entre eux. Elle avait proposé un nouveau rendez-vous, il l'avait accepté. C'est avec détachement qu'il nota qu'aucun sentiment amoureux n'avait déclenché ce besoin de sexe. Juste un désir réciproque de réconfort, il en connaissait les raisons pour lui, qu'en était-il des siennes ?
Il sourit et se leva, direction la salle de bain. Même sa jambe lui faisait moins mal. Après une douche et un repas rapide et attrapa son casque et fila à l'hôpital. Il entra dans la chambre une demi-heure plus tard. James était absorbé par un exercice; il finit néanmoins par tourner la tête en entendant la canne cogner le sol.
- Salut Greg !
- Salut Jimmy, montrant l'ordinateur, alors ?
- C'est pas facile, y a des trucs compliqués !
- On dit « ce n'est pas facile, il y a des trucs compliqués » d'accord ?
- D'accord, tu arrives tard, tu es fatigué ?
- Beaucoup moins, j'ai dormi longtemps…. Comment tu sais que j'étais fatigué ?
- Ton visage, c'est foncé autour de tes yeux et…. Il n'osait pas continuer.
- Et quoi Jimmy ? Je te le répète : N'aie pas peur de dire ce que tu penses, ou de poser des questions.
- Tu as raison, c'est très bien. Allez, éteins cet ordinateur, on va aller faire un tour dehors.
- D'accord !
En moins d'une minute Wilson s'était installé dans la chaise roulante. House lui confia sa canne et ils se retrouvèrent près d'un banc quelques instants plus tard. James y prit place, au soleil, et observa les quelques personnes autour d'eux, des malades pour la plupart, accompagnés par leur famille ou des bénévoles.
Une maman poussant un fauteuil avec un petit garçon au crâne chauve passa devant eux. Elle s'arrêta subitement et fit demi-tour. Elle s'adressa à Wilson avant que House ne puisse l'en empêcher.
- Dr Wilson ?
- ….
- J'ai appris pour votre accident, je suis contente de voir que vous allez mieux.
- Merci
- Tommy, dis bonjour au Dr Wilson, c'est grâce à lui si tu vas guérir.
- Bonjour docteur.
- Bonjour Tommy.
- Merci encore, je vous souhaite bon rétablissement. Au revoir messieurs.
- Au revoir.
House observa son ami : Ce qu'il craignait venait d'arriver. Il avait peur de la réaction de Wilson. A quoi pouvait-il bien penser. Ce dernier resta silencieux un long moment puis se tourna vers lui.
- J'étais docteur, comme toi ? Le timbre de sa voix était neutre.
- Oui
- Je travaillais ici ?
- Oui, c'est la seule réponse qu'il était capable de donner.
- Je …. Je ne me rappelle pas. J'ai un, il chercha le mot, un bureau ?
- Oui, à côté du mien. Tu veux le voir ? Il se sentait de plus en plus mal.
- Non, pas la peine.
- Non ? Tu es sûr ?
- Oui, à cause que j'ai oublié, je ne serai plus docteur. Donc ça sert à rien.
House n'eut pas la force de le reprendre, il baissa les yeux sur la pointe de ses converses. Jimmy venait d'énoncer d'une façon claire que ça vie d'avant d'existait plus. Et de toute évidence il l'acceptait mieux que lui.
- Ne sois pas triste Greg, je le suis pas moi.
- House releva la tête vers son ami, dans un sens cela s'expliquait aisément. Il ne pouvait regretter quelque chose dont il ne se souvenait pas.
- Je ne serai plus triste Jimmy et on dit « je ne le suis pas, moi »
- T'es chiant à tout redire ! Rouspéta James.
- Tu n'as qu'à parler correctement. Allez pose tes fesses dans le fauteuil, on va bouger un peu.
- D'accord, il s'installa et accrochant son regard noisette dans celui océan de House. Je te promets de bien apprendre dans cet intu…instu…institut !
House se contenta d'un sourire et d'un hochement de tête. Se réfugiant à l'arrière du fauteuil, le poussa sur les allées du campus. Ils allèrent prendre un café et retournèrent dans la chambre. House laissa Wilson vers 19h00.
Il ne rentra pas directement et fit une balade de plus d'une heure en moto. Maintenant, le sujet qui le préoccupait, c'était de savoir comment allait se passer la visite des parents de Wilson le lendemain. Il savait qu'il pouvait compter sur Cuddy, elle obtiendrait de ces derniers l'autorisation d'envoyer James à Rosemont. Pour ça, il lui faisait totalement confiance. Non, ce qui l'inquiétait, c'était le face à face avec leur fils. Il y serait. Pas question de laisser Jimmy les affronter seul.
Le lundi matin, il arriva à l'heure et se dirigea directement vers le bureau de Cuddy. Il frappa et entra.
- Bonjour Cuddy
- Bonjour House
- Ses parents arrivent quand ?
- J'ai rendez-vous avec eux à 9h30 et je ne vous veux pas dans mon bureau. Je vais d'abord leur faire signer les papiers et ensuite on ira voir James.
- Et là j'y serai.
- J'allais vous le demander, il va avoir besoin de vous. Mais….
- Je serai sage, je le fais pour James. Ça risque d'être éprouvant pour lui.
- Oui, votre présence le rassurera.
House sortit du bureau, il était nerveux. En cinq semaines ils n'étaient venus que deux fois et la dernière fois House avait failli foutre son poing dans la figure de Wilson père. Il alla s'enfermer dans son bureau. A 9h30 il en sortit pour se rendre au chevet de Wilson qui l'accueillit avec un sourire.
- Bonjour Greg !
- Bonjour Jimmy, tu vas bien ?
- Oui, un docteur est venu. Il m'a dit que je vais faire de la ruduca…réducation….c'est quoi ?
- De la rééducation, tu vas faire de l'exercice pour ton bras et ta jambe.
- Pourquoi ? Ça va bien.
- Ils se sont cassés dans l'accident, et se sont réparés pendant ton coma. Maintenant il faut vérifier que tout va bien en les faisant travailler. Tu comprends ?
- Je crois oui.
- Dis-moi Jimmy il y a des choses dont tu te souviens, d'avant ?
James ramena ses jambes vers sa poitrine, les entoura de ses bras et posa son menton sur ses genoux.
- Non, des visages mais pas les noms. Une grande maison avec des fleurs devant, un lac ou bien une rivière.
- Et si je te parle de Rose et Georges ?
- Non rien, ça devrait ?
- Ce sont tes parents…
- Mes….parents ? Ils sont morts, non ?
House était totalement désarçonné par la remarque de son ami. S'il les croyait décédés, comment allait-il réagir à leur venue. Au visage soucieux de Greg, il comprit qu'il y avait quelque chose qui n'allait pas. Il avait peur d'avoir dit une bêtise, alors c'est d'une voix hésitante qu'il demanda.
- Ils sont vivants ?
- Oui Jimmy ils sont vivants.
- Alors pourquoi ils ne sont pas près de moi ? S'étonna-t-il.
- Je ne sais pas, ils…ils sont venus pendant ton coma et, il y autre chose, House hésita un instant, ce ne sont pas mes parents, je ne suis donc pas ton...
- Vrai frère, le coupa Wilson, oui je sais.
- Mais tu….
Il s'arrêta de parler en entendant la porte de la chambre coulisser. Comme James insistait pour garder les stores tirés, il ne les avait pas vus arriver. Cuddy entra la première; il vit tout de suite qu'elle faisait d'énormes efforts pour rester sereine, mais elle lui fit un rapide sourire, l'accompagnant d'un bref signe de tête. Elle avait réussi, ils avaient signé les papiers. Une bonne chose pour James.
House s'écarta un peu du lit, mais resta debout, saluant d'un bref bonjour l'homme et la femme qui venaient d'entrer à la suite de Cuddy. Il vit l'homme se redresser instinctivement, le fusillant du regard, mais il ne dit rien. La femme lui sourit timidement et s'approcha de son fils qui s'était assis sur le bord du lit. Son père resta en retrait. Rose Wilson prit son fils dans ses bras et l'embrassa. Ce dernier se laissa faire mais resta assez distant. Ils les avaient reconnus tout de suite, ils faisaient partie des visages dont il se rappelait. Il éprouva une sorte de malaise alors qu'ils s'approchaient de lui.
- Vous êtes ma mère et mon père ?
- Et qui veux-tu qu'on soit d'autre ! répliqua George Wilson.
- Alors pourquoi vous n'êtes pas venus me voir plus tôt ? Je suis réveillé depuis plusieurs jours.
House et Cuddy notèrent que c'était la première fois que James faisait une phrase aussi longue. Et il était aussi en colère, ça s'entendait au timbre de sa voix. Sa mère le regardait, complètement perdue, au bord de la crise de larmes. Son père, quant à lui, semblait trouver cette conversation ennuyeuse.
- Je vous fais honte, c'est ça ?
- C'est lui qui t'a mis cette idée en tête ! dit son père en montrant House du doigt.
- Non ! Et laisse mon frère tranquille !
- Ton frère ? Lui ? Peter et Daniel sont tes frères, pas lui !
House s'était avancé vers lui, il allait énerver James et ce n'était vraiment pas recommandé. Il essaya de le raisonner.
- Calmez-vous monsieur Wilson, c'est assez perturbant pour Ja…. Il ne termina pas sa phrase, se retrouvant part terre à cause du coup de poing qu'il venait de recevoir.
- Fermez-la House ! Je dis ce que je veux à mon fils !
- Pourquoi tu l'as frappé ? Demanda James qui venait de s'agenouiller près de Greg.
- Il ne fait pas parti de la famille, il n'a pas à se mêler de nos histoires !
- Monsieur Wilson je vous demanderais de vous calmer ou je fais venir la sécurité. Intervint Cuddy, elle aussi après de House, essuyant le sang qui coulait de son arcade sourcilière fendue.
Wilson se releva et fit face à ses parents. Il avait les bras le long du corps, poings serrés. Il n'avait qu'une envie : Frapper l'homme qui se disait son père.
- Partez, tous les deux ! Je ne veux plus vous voir !
- Bien si tu préfères cet individu à ta propre famille…
- Ma famille ? Greg est mon seul ami. Lui ne m'a pas laissé ! J'entendais sa voix dans mon coma, il était là ! Vous non ! Depuis mon réveil il est là ! Vous non ! C'est lui ma famille, pas vous !
George Wilson regarda son fils comme s'il le voyait pour la première fois. Sa mère, elle, pleurait, mais restait silencieuse. Il attrapa sa femme par le bras et l'entraîna à sa suite. Personne n'osait parler, House regardait Wilson avec admiration, il était impressionné par sa lucidité. Quant à Cuddy, elle ne savait plus si elle devait sourire ou pleurer. Wilson se retourna vers eux, il pleurait et tremblait un peu. Pourtant il leur sourit.
- Lisa tu devrais peut-être le soigner non ?
- Ça peut attendre Jimmy. Toi ça va ?
- Je crois que oui maintenant. Et toi tu vas te faire soigner.
Cuddy aida House à se relever et sortit de la chambre avec lui. Ils avaient parfaitement compris que James voulait être seul. Elle amena House dans une salle d'examen pour le soigner.
