Coming-out .

Hey !

Beaucoup de réactions sur le dernier chapitre, ça me réchauffe le cœur vous avez pas idée. C'est ma première fiction AU, donc c'est toujours stressant d'être jugée dessus. Surtout quand c'est du yaoi ce qui est aussi une première pour moi. Que voulez-vous, j'évolue avec le monde.

Sur ce, bonne lecture et on se retrouve en bas pour les reviews que j'attends avec impatience.


Rating : T, sans rien de méchant.
Droits d'auteur : Eiichiro Oda pour les personnages et les noms des lieux. Moi pour l'histoire.
Mots : Environ 5050
Référence du titre : Chanson du même titre (Let it be : Ainsi soit-il des célèbres Beatles.)
Reviews hors-ligne :

Miss-Panda-Lawko: Pour être franche, je ne me souviens plus très bien du caractère de Vivi...Son côté épineux et rebelle m'a marqué en tout cas. Merci! Tes reviews font plaisir à lire à chaque fois!


Chapitre 8 : Let it be.

23h00, Fuschia, Avril XXXX

La berline se gara devant la maison, celle-ci ne possédant pas de garage pour l'y stocker. Robin, emmitouflée dans son manteau de fourrure et sac à la main, sortit la première du côté droit. Ses pommettes devinrent directement rouges au contact du froid printanier. Ses talons hauts claquèrent contre les graviers devant la maison. Elle contourna la voiture, passa devant le pare-chocs. Les phares illuminèrent ses magnifiques jambes galbées.

Mais Law n'y fit même pas attention. Il n'avait fait attention à rien en réalité. Durant le trajet du retour, ils n'avaient pas échangé un seul mot. Robin était penchée sur son portable à tapoter des messages pour le boulot soi-disant alors que Law ne pouvait s'arrêter de penser à Ace. Il se disait que le hasard faisait bien les choses, mais cette Vivi le perturbait. Il ignorait qu'il avait une copine. Cela pouvait paraître anodin. Quel jeune n'était pas casé de nos jours ? Mais cela donnait une sensation spéciale à Trafalgar. Dérangeant. Voilà le mot qui collait le mieux à son ressenti.

Il ressortit de ses pensées à cause de la porte claquée de l'entrée. Elle avait prétexté avoir froid pour que le médecin la dépose devant leur maison avant qu'il n'aille se garer sur la droite de l'habitation. Là où ils avaient investi dans un petit toit protecteur pour les deux voitures.

Law posa sa main froide sur la boite de vitesses et remit la première pour démarrer. Il n'avait que deux mètres à faire. Il les parcourut assez rapidement et coupa le moteur. Tout était calme dehors. Les hiboux hululaient sans retenue couvrant les vols rapides des chauves-souris. Quelques grillons ramenés par ce début de printemps chantaient dans la prairie en contre-bas.

Law sortit de sa voiture, la sécurisa et sortit du flanc droit de la maison. Il remonta la tirette de son manteau et avança dans les graviers qui crièrent sous ses talonnettes. Il monta le peu de marches menant au porche. Robin avait refermé la porte derrière elle pour éviter que le froid ne pénètre dans la maison.

La jeune femme haïssait le froid, la neige et tout ce qui se rapportait à l'hiver. Sa saison préférée était le printemps quand les fleurs écloraient de nouveau face à la vie. Elle adorait les fleurs. Law l'avait très vite compris et en avait usé pour la conquérir.

Lorsqu'elle avait enfin accepté de lui donner sa chance lors d'un premier rendez-vous, il avait acheté les plus belles fleurs. Elle était de suite tombée dans ses bras.

Mais ces bons souvenirs semblaient déjà si loin dans l'esprit du médecin. Une vaste couche de brouillard masquait ses sentiments. Il ne ressentait plus la même passion brûlante qu'avant. Il le sentait, le comprenait. Cette flamme diminuait au fur et à mesure que les doutes s'immisçaient entre eux.

Ce fut en essuyant ses pieds sur le paillasson et ôtant son pardessus qu'il y repensa.

Il avait remarqué ce changement radical dans le comportement de Robin. Elle ne souriait plus autant qu'avant. Dès qu'elle parlait d'enfants, il était incapable de changer de sujet. Pareil pour le mariage. Alors qu'au début de leur relation ils avaient bien stipulé ne pas vouloir de tout ça.

De plus, elle était d'humeur beaucoup plus joyeuse à l'idée de partir au boulot. Soi-disant qu'elle adorait revoir ses élèves alors qu'elle n'était même pas capable d'en nommer plus que deux. Law passait outre cela partiellement. En réalité il avait la tête ailleurs ces temps-ci : Ace.

- Chéri~.

La voix enchanteresse vibra jusqu'aux oreilles de Law et il ne put s'empêcher de sourire. Il savait très bien ce que cela voulait dire.

Il ferma la porte à clé, retira ses chaussures avec ses chaussettes et se tourna face à l'escalier. Une ombre se dessina en haut de celui-ci. Il redressa la tête et vit les cheveux lâchés de la brune grâce à la mezzanine.

Une douce chaleur emplit doucement son bas-ventre. Il n'irait pas se coucher directement s'il avait bien compris. Et il avait juste.

D'une démarche langoureuse et ondulante, l'historienne descendit une par une les marches en bois qui craquelèrent sous ses pieds nus.

Son sourire s'allongea.

- On avait quelque chose de prévu ce soir ? Demanda-t-il innocemment en ouvrant sa chemise jusqu'au bout.

Les yeux de Robin glissèrent le long de ses abdominaux. Law avança jusqu'en bas des escaliers sans lâcher sa compagne des yeux.

- Chéri ?
- Mh ?
- J'ai envie ce soir.

Elle arriva en bas des escaliers et Law vit pour la première fois de sa soirée que sa robe était plus courte qu'il ne le pensait. Elle voulait être remarquée. Il posa ses grandes mains sur ses hanches et ses fines lèvres vinrent embrasser son cou fragile. Elle frissonna en posant ses mains sur ses épaules.

- Et tu as envie de quoi ? Questionna Law.
- De bébé.

Law retint un sourire et stoppa toutes gâteries. Elle se braqua, mais garda sa voix mielleuse.

Ses doigts caressèrent sa nuque et lui provoquèrent une sensation agréable. Elle vint sceller leurs lèvres pour briser ses dernières résistances.
Law tomba dans le piège et se laissa aller. Ses mains descendirent au niveau de ses fesses et la porta.

Elle sursauta en brisant le baiser avant de glousser.

- Impatient va.
- Je sais, grogna Law en dévorant son cou.

Tout en faisant attention à où il mettait ses pieds, il escalada les escaliers sans briser le baiser. Au-dessus des marches, il brisa ce baiser en haletant doucement. Il vint la plaquer contre le mur à droite. La porte de leur chambre n'était que deux mètres plus loin et grande ouverte.

Il dévora littéralement le cou de sa compagne en oubliant cette soirée et ne pensant plus qu'à elle et à son corps. Il était devenu dépendant d'elle sans même s'en rendre compte. L'amour était quelque chose de dangereux.

Soudain, Robin repoussa doucement son amant avide de sensations. Elle lui sourit et lui souffla que la chambre était plus confortable. Il obéit au quart de tour et y entra. Il ne prit pas la peine de fermer la porte. Personne ne viendrait s'inviter pour prendre le thé à cette heure tardive.

Le matelas cria lorsqu'ils tombèrent de tout leur poids dessus. Law ne vit pas le portable de sa compagne s'ouvrir sur la table de chevet de cette dernière. Un message ponctué de cœurs clignota un instant avant que l'écran ne redevienne noir.

Fuschia, 2h00 fin avril XXXX.

Un bras derrière la tête, Law regardait le plafond. Le calme dominait en ce moment. Robin dormait à poings fermés après l'heure intense d'amour qui venait de s'écouler. Les dernières bribes de plaisir quittèrent la tête et le bas-ventre du médecin.

La réalité le re-frappa avec ses doutes. Mais ce n'était plus la magnifique femme nue à ses côtés qui comblait ses pensées, mais bien un étudiant en comptabilité. Plus précisément son rendez-vous de la veille.

Ace avait droit à une vie privée et sociale, mais cette révélation sur l'identité de cette fille. Qui invite une fille de millionnaire dans un fast-food ? Ça n'avait aucun sens ! De plus, lorsqu'il avait découvert son appartement ce n'était pas celui qu'un jeune homme amoureux qui accueille sa copine de temps en temps. Il lui avait même dit ne pas avoir de petite amie. Il n'avait aucune raison de mentir.

Perturbé par toutes ces questions, Law s'assit doucement au bord du lit et se rhabilla avec ses habits au pied du lit. Il enfila ses chaussures et se leva le plus délicatement possible. Le lit grinça et il serra les dents. Le corps de sa compagne bougea un peu.
Il osa jeter un regard et se sentit soulagé de la voir toujours endormie.

A pas de loup, il sortit de leur chambre et ferma la porte un minimum. Il descendit les marches avec autant de silence et se trouva devant la porte d'entrée.

Il prit le temps de mettre son manteau chaud et sortit.

- Ça prendra que deux minutes, souffla-t-il en fermant la porte à clé.

Ne voulant pas risquer de réveiller Robin, il ne prit pas la voiture. Après tout, sa destination n'était pas loin.

Il descendit la colline d'une vitesse moyenne raisonnable. Les mains au fond des poches de son manteau et le nez rentré dans son col. Rapidement, il se retrouva au carrefour où Ace avait eu son accident. Il s'y tarda un instant pour vérifier s'il n'y avait rien comme circulation. Futile à deux heures du matin.
Son regard dévia quand même à l'endroit pile où Ace avait atterri. La neige avait fondu depuis longtemps. Les traces laissées par le deux roues persistaient péniblement face aux intempéries. Mais rien ne laissait penser qu'un accident presque mortel s'était produit ici.
Ace avait eu une chance inouïe de s'en sortir juste avec des hématomes et un bras cassé. Il avait aussi eu la chance de rencontrer Law. Et inversement. Ils le comprendront assez vite.

Le médecin arriva devant son cabinet sombre et silencieux. La rue était calme. Toutes les maisons dormaient. Seule une était encore éclairée à l'étage. Celle de l'ex-policier Garp. Il s'était sûrement encore endormi devant son émission de cuisine nocturne, une boite de beignets dans les bras.

Law sortit son trousseau de clés et chercha celle du cabinet. Il les tourna une par une.

Le vent se leva et provoqua un frisson de peur à Law. Il n'était pas de nature peureuse bien au contraire, mais il n'y avait aucun son. La pharmacie juste à droite dégageait une aura fantomatique presque terrifiante.

Law rit brièvement de façon peu assurée.

- Fini les films d'horreur seul les soirs d'halloween.

Il trouva enfin la clé de son cabinet et l'inséra dans la serrure élimée. Il entra et ne prit pas la peine de refermer derrière.

- C'est pas comme si un patient allait se pointer à une heure pareille, ironisa-t-il.

Il avança dans le couloir et entra dans son bureau. Il tâtonna un instant le mur de gauche avant d'effleurer l'interrupteur. Il appuya dessus et la lumière emplit la pièce. Par chance, il avait pensé à fermer les stores informatisés avant de rentrer chez lui tout à l'heure. Personne ne pensera qu'un voleur s'est introduit dans son cabinet de nuit.

Il s'assit devant son ordinateur maintenant fixe. Son portable était chez lui, bien au chaud dans la bibliothèque. Le couple était friand de lecture diverses, une petite bibliothèque s'imposait dans leur nouvelle maison.

Il l'alluma et patienta le temps qu'il se mette en route. Comme l'informatique était quelque chose d'imprévisible, il eut du mal à se mettre en route.

- Le réveil est dur pour tout le monde, fit Law à voix base.

La petite musique témoignant de l'ouverture complète résonna dans la pièce. Aussitôt les rafales de « clics » issus de la souris s'enchaînèrent. Les dossiers s'ouvrirent et les pages défilèrent sous les yeux métalliques de Law.

Le clavier entra rapidement en lice et les lettres « P.O.R.T.G.A.S. » s'inscrivirent sur l'écran. Un unique dossier s'afficha sur l'écran.

- Le voilà.

Il voyagea dans le dossier et effaça quelques données. Dès qu'il eut terminé, il ferma tout et s'en alla. Il ferma les portes derrière lui. Une fois dehors, le froid claqua sa nuque découverte. Il remonta son col en fermant la clé de son cabinet. Il remit le trousseau dans la poche droite de son manteau et se tourna.

- Les mains en l'air !

Law sursauta et par pur réflexe leva les bras en l'air comme un criminel. Le faisceau lumineux d'une lampe torche examina son corps des épaules à la tête.

- Monsieur Monkey.D. ?! s'étonna-t-il. Mais que faites-vous là ?
- C'est moi le policier alors c'est moi qui pose les questions. Que faisais-tu dans le cabinet du docteur Trafalgar ?

Law fut bouche bée. Que se passait-il ?

- Mais c'est moi.

L'ex-policier remonta le faisceau de lumière et aveugla le noiraud qui porta une main à ses yeux.

- Ah oui, fit bêtement Garp. Je pensais que tu étais un vandale. J'ai vu la lampe du cabinet ouverte depuis ma chambre et j'ai cru que...
- Pouvez-vous retirer cette lumière de mes yeux.
- Oh oui, oui , s'empressa le retraité.

Il baissa la lampe torche d'une main en grattant l'arrière de sa tête d'un geste gêné. Law laissa retomber ses bras le long de son corps.

- Que faites-vous debout à une heure pareille monsieur Garp ?
- Je peux te retourner la question.
- Je me suis rendu compte ce soir que j'avais oublié d'envoyer des dossiers importants avant de quitter le travail tout à l'heure. Je suis venu le faire car je ne trouvais pas le sommeil, mentit-il.

Garp le scanna du regard comme pour déceler un quelconque mensonge. Il finit par hocher la tête.

- Gomen pour ce mauvais malentendu.
- Pas de soucis. Retournez vous coucher.
- Toi aussi.
- J'y compte bien. Bonne fin de nuit à vous.

Garp s'éloigna tout comme la lumière émanant de sa lampe torche. Il rentra chez lui en silence et Law se remit en route. Il re-traversa le carrefour sans oublier le coup d'œil et remonta jusqu'à chez lui. Il entra en silence et ferma la porte devant lui. Il laissa ses chaussures, son manteau et son trousseau dans l'entrée.

Il remonta dans la chambre où Robin dormait toujours à poings fermés dans la position dans laquelle il l'avait laissée. Il se déshabilla, déposa les habits comme avant pour ne pas éveiller de soupçons de la part de Robin et coucha.

Fuchia, 7h30, fin avril XXXX

- A tout à l'heure chéri, lança gaiement Robin en venant cueillir ses lèvres.

Assis encore en caleçon à la table de la cuisine, Law prenait son deuxième café d'une main et lisait le journal de l'autre. Robin, elle, était prête à partir. Son manteau marquant la taille et la rendant plus belle que jamais. Les clés de sa berline pendaient au bout de son doigt. Elle s'était un peu plus maquillée que d'habitude, mais Law avait encore trop la tête dans le cul pour s'en rendre compte.

- Je ne m'y ferais jamais, lâcha Law d'une voix molasse.
- Quoi donc ? Questionna la brune en enfilant une fine écharpe.
- De te voir partir plus tôt que moi.

Elle rit et vint l'embrasser une seconde fois. Cette fois-ci, ils prolongèrent le baiser quelques secondes. Elle se redressa et tourna les talons. Ses pas légers la menèrent devant la porte où elle posa sa main sur sa poignée.

- Robin, l'interpella Law ?
- Mh ?

Elle se retourna à moitié vers lui.

- Tu n'aurais pas un élève du nom de Portgas. D. Ace ?

Elle sembla réfléchir un instant. Elle savait très bien qui était ce jeune homme, mais elle ne laissa rien paraître.

- J'ai beaucoup d'élève Law. Mais ce nom ne me dit rien. Pourquoi ?
- Oh pour rien. C'est l'un de mes patients.
"Ton préféré", se retint-elle de lâcher.

Elle ne resta pas plus longtemps là et sortit. Law fut silencieux un instant en tendant l'oreille. Il perçut le faible son de la portière se fermant doucement et le moteur démarra. Elle ne partit pas de suite.

- Peut-être attendait-elle que le chauffage se mette ? pensa-t-il.

Soudain, le moteur s'emballa et les graviers crissèrent sous les pneus. Le son émanant de la voiture de sa compagne diminua de volume au fil des secondes avant de se fondre dans les autres bruits de cette fin de printemps.

Law se leva, sa tasse à moitié pleine dans une main, et empoigna son portable. Il l'ouvrit et pianota le numéro qu'il connaissait maintenant par cœur.

Il se mit à la fenêtre en sirotant le reste de sa tasse de café noir.

- En espérant qu'il soit debout, murmura-t-il.

Il déposa sa tasse dans l'évier juste à côté et guetta le moindre son de l'autre côté du fil. Après trois sonneries, Law commença à s'impatienter.

- A la quatrième, je raccroche.

Soudain, cela décrocha de l'autre côté.

- Allow ? Fit une voix endormie de l'autre côté du fil.
- Ace , c'est Law ?

Cette présentation sembla faire un électrochoc à l'étudiant.

- Law ? Pourquoi m'appelles-tu ?
- J'ai eu quelques soucis que je viens seulement de remarquer, débuta-t-il.

Le médecin admira le paysage rosé de l'autre côté de la vitre. Son regard dévia sur son cabinet en contre-bas. Et dire qu'hier soir il était à deux doigts de se faire attraper comme un voleur par le grand-père de son interlocuteur.
Cela le fit sourire surtout.

Law aimait le r*** et le danger. Il n'avait même pas pensé à être pris en flagrant délit et puis c'était son cabinet. S'il avait envie de s'y pointer à une heure aussi tardive c'était son problème.

- Heu, reprit Ace. Je ne veux pas te presser, mais j'attends le bus là et il sera impossible de s'entendre une fois que je serai monté. Si cela ne te dérange pas, dépêche de m'expliquer ce qui se passe.

Law détacha ses yeux du bâtiment et tourna le dos à la fenêtre en s'accoudant au plan de travail.

- J'ai eu un souci informatique. Certaines données de mes dossiers médicaux se sont effacées. J'ai comblé les inconnues seul ce matin comme je connais tous mes patients mais...
- Tu ne sais pas tout sur moi, comprit Ace.
- Oui, sourit Law. C'est bien dommage tu sembles intéressant.

Ace ne releva pas la dernière phrase. Sa voix sembla plus pressée et rapide.

- Bon, ben je passe au cabinet après les cours. Mon bus arrive.

A travers l'appareil, Law pouvait entendre les autres étudiants au même arrêt élever la voix. Le bus approchait.

- Non, fit Law. Retrouvons nous au « Bar de l'arnaque », ce sera plus simple pour toi c'est dans le centre-ville.
- Je connais. On dit quelle heure ?

Le bruit d'un frein non huilé depuis un moment résonna. Le bus venait de s'arrêter devant l'arrêt. Il devait faire vite.

- 17h00 ? Proposa Law.
- Ok pour moi. A tantôt*.
- 17H00 sans faute, conclut le médecin.

Ils raccrochèrent en même temps tous les deux avec un sourire. Law posa son portable sur la table qu'il rangea et monta se changer pour aller travailler. Les premiers patients étaient déjà là garés devant son cabinet.

Il sortit et dévala en trottinant la petite route. Il salua ses patients aimablement et commença sa journée.

Goa, 16h50, fin avril XXXX

La berline noire se gara sur le minuscule parking derrière le Bar de l'arnaque. Law en sortit, vêtu d'un T-shirt justaucorps et d'un jeans. Les mains dans les poches et un petit carnet armé d'un stylo à bille sous le bras, il entra dans le bar.

- Law ! S'écria Shakky la barmaid.

Il lui répondit d'un geste de la tête et s'installa au bar, au bout de ce dernier. La propriétaire s'approcha de lui avec un immense sourire.

- Comment vas-tu mon choux ?
- Bien et toi ? La santé de Rayleih s'améliore ?

Elle rit brièvement.

- Quand j'arrive à lui faire avaler les médicaments que tu lui a prescris. Tu es un bon médecin.
- Je fais de mon mieux.
- Au fait, tu attends quelqu'un ou tu viens te saouler pour une quelconque raison ?
- Je dois rencontrer un de mes patients.
- Ici ?
- Oui.

Elle eut un sourire mutin avant de s'éloigner. Law arqua les sourcils, mais l'ignora. Il regarda sa montre à chaque seconde.

Lui qui n'était pas de nature impatiente. Il s'étonnait de plus en plus.

A 17h00 pile la clochette indiquant une entrée se manifesta. Law n'eut pas le besoin de se retourner pour deviner que c'était l'étudiant.

- Bonjour jeune homme, lança Shakki avec son sourire commercial.
- Bonjour, répondit prudemment Ace.
- Tu viens boire un verre après une dure journée de cours ?
- Non, j'ai un rendez-vous ici avec...
- Moi, le coupa Law.

Il pivota sur son tabouret tournant en cuir rouge et sourit au brun.

- Bonjour Ace.
- Salut, sourit-il en levant la main.

Sans gêne, il vint s'asseoir sur le tabouret à côté du médecin. Il posa son sac rempli de ses notes à terre.

- Pourquoi se rencontrer ici ? Demanda Ace en détaillant le bar.
- C'est plus cosy et agréable. Et puis c'est plus simple pour toi.
- Oui, grogna Ace entre ses dents. Si seulement j'avais encore ma moto.
- Toujours avec ça.
- Ben oui ! C'est ma passion.

Le sourire de Law s'agrandit face à ce changement d'humeur. Il avait l'impression de parler à un gamin et cela ne semblait pas le déranger.

- Tu veux boire quelque chose avant de commencer ? Proposa poliment le médecin.
- Je ne dirai pas non et puis je suis majeur.
- Quoi alors ?
- La même chose que toi.

Law appela Shakki et commanda deux bières au fût.

- Tu aimes au moins ?
- On aime tout quand on est étudiant.
- C'est vrai. Je l'ai été aussi.

La barmaid posa les deux bières en face des deux hommes avec un sourire mesquin. Elle s'en allait s'occuper d'autre clients lorsque Law lui donna un billet de cinq. Il ne faisait jamais de chichis avec les quelques pièces en retour. Il préférait en faire cadeau à la barmaid.

Law ouvrit son petit carnet et son stylo à bille.

- Alors, de quelles informations as-tu besoin à mon propos ? Questionna Ace en buvant sa première gorgée.

Il lécha la mousse restante sur sa lèvre supérieure. Law la suivit du regard.

- Commençons par le plus simple. Ta date de naissance.
- Le 1er janvier il y a 21 ans.
- Drôle de date, ricana Law en notant.

En réalité, il n'avait perdu aucune donnée, il les avait conservées dans son ordinateur personnel à la maison. Mais il avait terriblement envie de revoir ce gamin rempli de mystère.

- Mh...C'est pas moi qui ai choisi.
- Et tu es né dans quel hôpital ?

D'un seul coup, l'atmosphère devint lourde. La question sonna faux aux oreilles du brun qui serra sa bière trop fort.

- Je ne sais pas, articula-t-il difficilement.

Law fronça les sourcils.

- Comment ça ? Tes parents ne te l'ont jamais dit ?

Sa main tenant la bière commença à trembler. Pour éviter de briser le verre, il retira sa main et la posa sur sa cuisse.

- Je ne connais pas mes parents. Je suis orphelin.
- Je comprends mieux pourquoi tu ne portes pas le même nom que Luffy. Cela devient cohérent. Désolé de te demander ça, mais tu ne sais vraiment pas ?

Ace secoua la tête.
Law n'avait pas réellement besoin de cette information. Elle n'influençait en rien le dossier médical mais Ace ne semblait pas le savoir.

- Seule Dadan le sait, expliqua Ace après avoir inspiré un bon coup.

Les tremblements avaient cessé et son pouls diminua.

- Qui est Dadan ?
- C'est la propriétaire de l'orphelinat dans ton village.

Law réfléchit un moment. Il n'avait jamais vu cet orphelinat. Mais il était sûr que Robin lui en avait déjà parlé quand elle partait encore dans ce rêve d'avoir des enfants.

- « Le Mont Corvo » ? tenta l'aîné.
- Oui, c'est ça. Je pouvais connaître l'identité de mes parents le jour de ma majorité, mais j'ai refusé. S'ils n'ont pas voulu me garder, ça ne servait à rien de le savoir. Je ne sais même pas pourquoi je m'appelle Portgas.

Pour oublier ce moment, l'étudiant empoigna sa bière encore bien pleine et la but cul sec. Law de son côté nota tout ça sur son carnet.

- Encore une petite question.
- Vas-y, lui lança Ace. Je suis prêt à tout.
- Ton groupe sanguin.
- L'hôpital où j'ai été opéré n'est pas censé le savoir ?

Law claqua la langue. Il risquait de découvrir le pot aux roses.

- Oh et puis, soupira le brun. Je suis AB+.
- Merci.

Il ferma le carnet et rangea le stylo dans sa poche.

- Ce sera tout ?
- Oui, ce sera tout. Une deuxième bière ?
- Je ne dirai pas non.

Deux minutes plus tard, la bière atterrit devant Ace qui la regarda avec gourmandise.
Law n'avait même pas encore entamé sa première. Il se décida et la prit en main. Elle était tiède maintenant.

Il en but une gorgée et il eut une idée. Du coin de l'œil il lorgna Ace en train de boire la sienne avec une descente déconcertante.

- Ta journée de cours s'est bien passée ?

Ace reposa sa bière et s'essuya sa bouche avec sa main.

- Nickel pour une fois.
- Tu as eu quel cours si ce n'est pas indiscret ?
- Ça ne l'est pas. J'ai eu linguistique internationale appliquée et économie la plupart du temps.
- Économie ? Ce n'est pas courant en études d'histoire.

L'effet fut immédiat. Ace blanchit en se rendant compte de sa bourde.

- Je me disais bien, sourit Law. Je te pensais plus futé. La bière te ferait oublier tes mensonges.
- Je..Je vais tout t'expliquer. C'est la faute de ta meuf.

Law perdit son once d'humour si rare et afficha un air grave.

- Comment ça ?

Ace inspira un bon coup et lui ré-expliqua cette fameuse journée où Robin l'avait gentiment amené au cabinet après s'être fait éjecté du bus.

Il ne manqua pas d'insulter Baby 5 au passage ce qui réussit à tirer un sourire à Law.
Par contre, quand il fut au passage où il racontait le petit marché entre eux, cela passa difficilement pour Law.

- Attend, fit-il lorsqu'Ace eut terminé, tu es en train de me dire que Robin t'a demandé de me pousser au mariage et donc aux enfants contre un dîner avec elle.
- Je la trouvait jolie.

Law le fusilla du regard et Ace se tassa sur son tabouret. Ce fut au tour de Law de boire sa bière cul sec. Quelque chose qu'il n'avait plus fait depuis sa dernière fête estudiantine le jour de son diplôme. Cela réveilla des nouvelles sensations en lui. La jeunesse. La liberté.

- Quelle garce, lâcha Law entre ses dents.

Ace se sentit mal à l'aise et regarda le fond de son verre vide. Il fit tournoyer son verre pour amasser le plus de mousse en un tour. Passionnant.

- Désolé.
- Ne t'excuse pas, le rassura Law sur un ton plus adouci. Ce n'est pas ta faute. J'aurais dû le voir.
- Que veux-tu dire ?
- Elle a changé depuis un moment. Je dirais depuis qu'elle est prof. Elle...Ses mentalités ont changé si radicalement. Je pensais m'être fait des idées mais tu viens de me prouver le contraire.

Ace fut perdu. Il ne suivait plus rien et lui fit remarquer. Law reprit son explication :

- Quand nous nous sommes mis ensemble, on a directement mis les choses au clair. Pas de mariage et pas d'enfants. Nous voulions garder notre liberté tout en étant ensemble. Je n'aime pas ce que la société nous oblige avec un grand sourire.
- Moi non plus ! compatit Ace. Je n'ai pas envie de faire comme tout le monde et vivre juste pour procréer. Je n'ai rien contre les enfants, mais je me vois mal élever un gosse.

Law lui fit un sourire complice.

- Tu as la même vision des choses que moi.

Ace rougit légèrement avant de se racler la gorge et de contourner la conversation.

- Je ne comprends toujours pas.
- Je pense qu'elle me trompe.
- Quoi ?!

Il avait hurlé ça dans le bar. Les clients encore sobres s'étaient arrêtés de parler pour les regarder. Ace s'excusa et reprit plus bas.

- Mais ne dis pas une chose pareille.
- Je pense que c'est la vérité. Depuis qu'elle travaille ici, elle me parle toujours de mariage et d'enfants. Je ne la prenais jamais au sérieux, mais je sens qu'elle me met dos au mur pour je ne sais quelle raison.
- Tu penses à quoi ?

Le médecin plongea son regard dans son verre en se caressant le bouc.

- Un collègue, sûrement. Je ne la surveille pas.
- Je vais t'aider, fit Ace avec détermination. Je connais cette école, je peux t'aider.
- Je n'ai pas demandé ton aide et puis on ne doit pas passer cette limite médecin-patient.
- Je crois qu'elle est dépassée depuis longtemps, rit Ace. Allez, accepte.

Law n'eut pas d'autres options et puis il avait besoin de mettre les choses au clair. De plus, il verrait Ace plus souvent pour cette histoire.

Le médecin lui tendit la main.

- J'accepte.
- Ok, on s'appelle pour fixer une soirée pour voir comment on va faire ça.

Ils se serrèrent la main comme s'ils passaient un pacte et Ace se leva. Il prit son sac.

- Merci pour les bières. J'espère qu'on trouvera la vérité.

Il lui fit un immense sourire et le salua de la main avant de sortir. Law le suivit du regard. Il fut tellement absorbé dans sa contemplation qu'il ne remarqua pas Shakki accoudée juste derrière lui.

- J'ai rarement vu ce regard chez les hommes.

Law sursauta.

- Ne dis pas n'importe quoi. Ce n'est que mon patient.
- Mignon le patient n'empêche.

Elle sourit et repartit prendre les commandes.


*A tantôt : Belgicisme pour dire « à tout à l'heure ». Si jamais vous venez dans mon plat pays vous pourrez passer inaperçu en l'employant;)

Encore un long chapitre rien que pour vous.
Comme toujours, n'hésitez pas à suivre cette fiction pour ne pas louper le prochain chapitre.
Dites moi en review toutes vos impressions. J'ai hâte de lire ça !

A la prochaine, normalement.