Chapitre 8. Last Day of Magic.
Aujourd'hui c'est la journée que Dean redoute chaque mois.
L'hôpital. Et Jules.
Il y passe toujours la journée. Il croise parfois ses parents et sinon il reste près de lui, le veille. Il lui parle aussi. De sa vie, de leurs anciens amis. À chaque fois, la même peur l'habite. Que ça soit la dernière fois, que le verre qu'il lui a donné il y a quatre ans soit vraiment fatal. Que la culpabilité revienne. La dépression et les anxiolytiques. Le visage de fantôme. Être hanté par les souvenirs. C'est pour ça que dès qu'il ressort de l'hôpital, un immense soulagement l'envahit.
Pour le moment il en franchit les portes. À l'accueil, on le reconnaît mais ça date d'avant sa célébrité d'acteur. On le reconnaît pour sa régularité des visites.
Cette fois quand il n'a pas le droit de rentrer dans la chambre 1408. Jules n'y est plus. Et ses parents devant sont en pleurs. Le cœur de Dean loupe un battement, la peur le tétanise. Toutes ses craintes lui prennent la gorge.
Non, c'est un cauchemar... Les larmes lui brouillent la vue. Il ne voit pas alors le père de Jules qui s'approche et lui dit :
« Hey Dean..., il renifle. Il .. Il va bien pour le moment... Enfin ça va mieux qu'hier...
Dean relève la tête vers lui, paniqué. Il voit son visage rouge, fatigué.
Pour... Pourquoi vous m'avez pas appelé ? Fallait me dire ! s'énerve-t-il presque.
Calme-toi Dean... »
C'est la mère de Jules qui s'approche de lui cette fois. Elle a réussi à retenir ses larmes pour lui parler. Elle a ses cheveux blonds retenus par un élastique lâche, sans maquillage. Elle qu'il a toujours vue si élégante... Dean s'en inquiète encore plus, se met à trembler.
« On ne t'a rien dit car on savait que tu viendrai aujourd'hui...
Mais qu'est-ce qu'il a ?!
Il a… Attrapé une infection… Et avec son état, c'est ça le problème…, marmotte-t-elle.
La fièvre est montée très haut, ça l'a fragilisé, il ne faut pas que ça recommence, mais il va mieux. Ça va aller mieux.
Une infection ? Mais il sort pas, comment c'est possible ?, bafouille Dean, sonné.
C'est un hôpital… Il y a des risques…
Maladie nosocomiale..., souffle le père de Jules.
Et... Je peux quand même aller voir ? demande Dean, les larmes aux yeux.
Il est en chambre stérile alors... Non ce n'est pas possible. On t'amène le voir mais derrière une vitre...
C'est mieux que pas du tout… » souffle l'acteur.
Tous les trois vont s'asseoir sur les chaises en sky près de la vitre. Enfin Dean reste debout et le découvre. Avec encore plus de tubes, plus blanc... Un coup d'inquiétude reprend Dean, il se mord les doigts de stress. Juste une infection...
Toute la journée et toute la nuit, Dean est resté là. Il a réussi à négocier de rester même en dehors des horaires de visites. Il a encouragé les parents de Jules à aller se reposer, il reste, il a l'habitude de veiller.
Il envoie alors un texto à Cas pour le prévenir qu'encore une fois il ne passera pas la chatière de chez lui...
Castiel regarde son portable, il a un petit sourire triste. Tant pis.
Pourtant même s'il se dit qu'il doit relativiser, ce n'est pas grave. Pas important. Ce n'est qu'une question de temps. Dean est occupé, est demandé. Il ne peut pas être le seul à le monopoliser, pas le droit.
Mais ça le rend presque malade, il ne peut plus regarder sa toile.
« Reviens-moi… »
Dean soupire. Il aimerait que Castiel soit là, à l'aider. Mais il ne peut pas tout lui demander. Il doit faire face seul à sa culpabilité. Il s'est déjà déchargé d'un poids en parlant à Cas de Jules. Dean se lève et regarde ce dernier à travers la vitre. Il souffle :
« Reviens-nous... »
On lui touche l'épaule, on le secoue légèrement. Il sort de son sommeil. Les parents de Jules lui sourient. Ils apprécient son geste. Rester là toute la nuit. Ils lui disent de rentrer chez lui à son tour, s'il y avait du nouveau, il serait le premier au courant. Dean accepte, il a besoin d'une douche et de dormir dans un lit.
Son téléphone sonne à peine Dean sort de la douche. Le numéro de l'hôpital. Il sait qu'il doit décrocher. Il sait mais il en a peur. Terriblement. D'une voix d'outre-tombe, il souffle :
« Allô...
Dean Winchester ? fait la standardiste.
Oui...
Venez d'urgence à l'hôpital s'il vous plaît ?
Pourquoi ? crie-t-il.
Venez Monsieur... »
Il sait. Il n'aurait pas voulu. Il n'aurait jamais voulu même. Il en laisse tomber son téléphone par terre et se laisse tomber sur la chaise de sa salle à manger. Combien de fois s'est-il imaginé cette horrible scène ? Les larmes n'arrivent même pas à le prendre, juste la stupéfaction, le désarroi, l'horreur... Et cette dernière encore plus quand il relève la tête et voit la porte fermée de son ancienne chambre... Jules... Non, il ne peut pas rester ici. Définitivement. Il enfile n'importe quel tee-shirt et se casse de là. Il ne veut plus y remettre les pieds.
Longtemps il est resté devant l'hôpital. Il n'a pas pu. Ça a été au-delà de ses forces. Alors il a laissé un mot aux parents de Jules. C'est minable. Il est minable. Un raté. Pas foutu de dégager d'ici tellement son passé le rattrape aujourd'hui. Il est seul. Il affronte. Il n'a que ce qu'il mérite. Ses responsabilités non assumées. Castiel a beau lui dire tout ce qu'il veut, que Jules aurait pu dire non, il se sent horriblement coupable.
Castiel est parti travailler, après son jour de congés c'est toujours légèrement plus dur. Il ne pense pas à Dean, il ne faut pas. Mais il se senti vide. Alors ça suffit, il est comme habité. Troublé par une douleur qui n'est pas la sienne.
À un moment, quelqu'un appelle Dean. Pas sur son téléphone. En vrai. Il relève la tête et voit le père de Jules qui s'assoit à côté de lui.
« Pourquoi tu n'es pas rentré ?
Je... Je ne pouvais pas le voir...
Je comprends... Élise, ma femme aussi... Elle est...
J'imagine., le coupe Dean. Je suis vraiment... Vraiment désolé., souffle-t-il.
Le père de Jules émet un soupir tremblant.
Tu es le seul qui est resté Dean. Pendant quatre ans. Tu... Tu as été là pour lui comme personne...
C'est une torture pour Dean. Une torture d'entendre son père lui dire tout ça. Il n'avait pas le choix. Il se devait d'être là.
Vous ne savez pas tout Monsieur... Ce soir-là...
Dean, écoute-moi., fait l'homme à côté de lui avant de renifler. Élise et moi on ne veut rien savoir de cette soirée. On... On l'a perdu... Là-bas. Et on... On ne veut pas...
D'accord. »
Dean a accepté le contrat d'une petite voix. Son père gardera la culpabilité de ne pas avoir pu protéger son fils. Dean lui gardera la culpabilité d'avoir été présent et de ne pas avoir agi. Ou bien trop peu.
Ils ne se parlent pas jusqu'à ce que le personnel de l'hôpital vienne les chercher. Le père de Jules l'autorise à fuir, il comprend. Lui n'a pas le choix et rerentre dans le bâtiment aseptisé où son fils vient de mourir suite à un coma éthylique de quatre ans aggravé par une maladie nosocomiale.
Quatre jours ont passés. Sans nouvelles, sans SMS, sans appel, sans visites. Castiel commence à avoir mal, très. Le boulot, il sait. Mais quand même…
Le travail l'anesthésie, et heureusement. Mais après il se découvre un nouveau problème. Impossible de dormir. Même après s'être détendu, après avoir travaillé fort, après avoir baisé. Rien n'y fait. Il ne dort que quelques heures par moment.
Mais d'un coup, alors qu'il est derrière le bar à aider Bruno à préparer quelques boissons, son téléphone sonne. Il le sort, regarde.
Dean.
Son cœur sursaute et il décroche, se dirigeant vers les vestiaires des employés.
« Allô ?
Caaaaaas., beugle Dean. Viens me chercher... J'en peux plus, j'en ai marre... Viens s'il te plaît...
Quoi ? Qu'est-ce qui se passe Dean ? T'es où ?, panique Castiel.
J'sais paaas. J'crois que j'étais en boîte, j'me souviens d'rien... Viens..., implore Dean en pleurant.
Le petit brun sent l'embrouille, un truc va pas, Dean va mal mais…
T'est défoncé ou je rêve ?
Oui..., avoue Dean. Mais on s'en fout... Qu'est-ce que ça peut faire ?
Ce que ça peut faire ? Mais Dean ça… Pff… Qu'est-ce qui t'arrive ? Pourquoi tu es dans cet état ?
T'expliquerai.
Dean ne sait pas s'il le fera vraiment. Il se sent juste sale, il a besoin de s'arrêter. Ça fait deux jours qu'il ne dort pas. Ça fait deux jours que Jules n'est plus là.
Viens à l'angle de la... La rue Carnot et... La rue Thiers...
Mais Dean je travaille moi ! Il est une heure du mat' ! Y a plus de métro en plus !, s'énerve Castiel.
Je payerai le taxi, j'ai de l'argent, j'm'en fous ! Et dis à ton patron..., Dean s'embrouille. C'que tu veux mais j'ai besoin de toi...
Mais… Dean…
Castiel... Je t'adore... Viens s'il te plaît.
Castiel sent sont ventre se serrer. Son besoin de lui parle avant tout.
Ne bouge pas, j'arrive, ne bouge pas surtout… »
Il raccroche et retire son tablier, va dans le bureau de son patron.
« Eric il faut que je parte, je suis désolé vraiment mais j'ai un problème je dois partir. Je rattraperai mes heures sur un jour de congés…, commence-t-il directement.
Non, non t'en fais pas, il y a pas beaucoup de monde, tu peux y aller mais que ça ne devienne pas une habitude.
Evidemment non ! Merci beaucoup. »
Castiel sort du bar, court dans la rue et cherche un taxi. Cinq minutes à attendre, à trouver un arrêt de taxi. Enfin il monte et donne l'adresse où Dean doit être. Putain qu'est-ce qu'il a encore fait…
Dean a déjà vomi tout ce qu'il s'est enfilé depuis hier. Coke, ecsta, joint... Tout ce qu'il empêche de penser. Il a mangé peu. Pris des cachets aussi. Peut-être. Il ne sait pas. Mais là il est arrivé au bout du rouleau. Son corps dit stop et son esprit a pensé Castiel, qu'il attend...
Les rues défilent sous les yeux de Castiel, la foule dehors comme à midi, les éclairages des grandes avenues. Il est anxieux, a peur pour Dean, comme depuis quelques jours. Ça le ronge de l'intérieur d'avoir mal comme ça. Pourtant sans raison.
Le conducteur lui dit qu'il est arrivé, il paye et sort. Regarde à gauche. Puis à droite.
La contre le mur il voit un corps vouté vers l'avant, qui s'agrippe aux briques. Un corps aux jambes arquées et longues. Dean. Sans se retenir il accourt vers lui et le trouve là sous le lampadaire.
« Dean…
Ah Cas, t'es là... T'es là... J'veux rentrer chez toi, j'veux plus aller chez moi, j'dois déménager, laisse-moi avec toi, j't'en supplie..., pleure presque Dean dans ses bras.
Castiel est assez agacé, il déteste cette façon d'être sans aucun contrôle, de ne plus avoir de pudeur pour soi-même. Mais Dean… Il le tient dans ses bras et le sent, tendu et crispé, il est très mal.
Si on rentre, tu me parleras ? Tu me raconteras ? »
Dean secoue la tête et murmure qu'il est fatigué, qu'il faut qu'il arrête... Il tient Castiel comme sa bouée de sauvetage dans son océan de mal-être et de culpabilité. Castiel soupire et le tire, le taxi n'est pas reparti heureusement. Il le pousse à l'intérieur, le tient contre lui. Malgré tout il n'arrive pas à le lâcher, le contact de sa peau et sa chaleur est rassurant.
Il donne son adresse au conducteur, reste plus qu'à attendre…
Dean tombe la tête sur ses cuisses. Son corps lâche prise, il ne peut plus lui faire confiance à lui non plus... Ses nerfs sont tout aussi fragiles ceci dit. Mais maintenant qu'il n'est plus seul, il s'autorise à craquer. De grosses larmes roulent sur ses joues sans s'arrêter pendant tout le trajet. Il va lui dire oui. Il a besoin de Castiel pour avoir sa rédemption.
Castiel regarde son amant, lui caresse la joue, les cheveux. Il voit les larmes, et immédiatement a mal encore plus. C'est cette douleur là, oui c'est ça qu'il a ressenti depuis des jours. Il sait pourquoi Dean est comme ça. Une seule chose peut l'affecter autant. Mais pour le moment il ne dit rien.
De longues minutes plus tard, Castiel tient Dean contre lui dans l'ascenseur, l'amène à la porte. Déverrouille et le tire jusqu'à la salle de bain. Il le force à retirer son tee-shirt, lui passe de l'eau partout. Toujours dans le silence, et les larmes de son chat… Il tente de les éponger, mais Dean pleure, comme un gros chagrin d'enfant. Ça finit par tellement l'affecter que même Castiel retient ses larmes. C'est pire que de l'empathie qu'il ressent envers lui. Dean finit par être enfermé de force dans la cabine de douche. Il sent que Cas le tient, lui plante ses ongles dans son corps, et ce n'est que grâce à ça qu'il a la force de rester debout et éveillé. Ses larmes se mêlent à l'eau, Dean suffoque, il n'arrive plus à respirer. Il abat sa main sur le mitigeur et murmure enfin :
« Il est parti...
Je sais…, répond juste Castiel.
Il caresse sa joue, se serre contre lui. Lui prendre sa douleur…
Comment tu peux savoir ? demande Dean d'une voix blanche.
Rien n'aurait pu te rendre aussi triste, aussi mal… Et… Je sais pas, je l'ai senti dès que j'ai entendu ta voix au téléphone.
Dean ne dit rien. Il est soulagé de ne pas avoir à le faire. Castiel sait, il a deviné. Et s'il le connaît aussi bien, Dean peut s'abandonner. Totalement.
Y'a deux jours déjà...
Je crois que je savais aussi. Et je sais aussi que tu n'as rien réussi à dire… »
Dean hoche la tête tristement. Ses jambes le lâchent, il a besoin de s'asseoir alors il se laisse glisser et se recroqueville dans la douche.
Castiel le laisse une seconde pour aller chercher une serviette de bain. Il l'essuie, le caresse.
« Viens on va dormir... Tu as besoin de calme... Ne travaille pas demain, si tu veux je dirais à ton manager que ça va pas...
J'ai rien toute la semaine... Ai déjà tout annulé... » soupire-t-il.
Il finit quand même par se lever et traîner sa pauvre carcasse jusqu'au lit. Il croise un miroir. Il se fait horriblement pitié. Mais il a mal, qu'est-ce qu'il y peut ? C'est horrible la perte. Définitive.
Castiel le suit, ferme les lumières, va vérifier la porte, il clos les volets et se glisse dans les draps à ses côtés. Il le prend dans ses bras et le serre, tellement fort. Ses ongles enfoncés dans sa peau, voulant presque le déchirer, le manque le fait à nouveau délirer. Dean est là, Dean… Déjà amorphe dans ses bras. Il ne ressent aucune douleur physique, elle est trop faible comparée à la plaie béante dans son cœur. Ça l'apaise sans drogue d'être ici.
Car Castiel est sa drogue.
Les mains de Castiel se décrispent peu à peu. Il ne doit pas le déchiqueter à ce point, il a dû encore lui faire des traces pas possibles. Alors il caresse sa peau, pour apaiser la douleur, si ça faisait glisser la douleur hors de son corps ? Il aimerait tant…
« Mon chat… »
De grosses larmes roulent encore sur les joues du chat, se noient dans les taches de rousseur. Il cherche des mouchoirs et en trouve sur la table de chevet de Cas. Il tente de se calmer, enlève ses larmes... Il glisse sous les draps et, comme un chat, pose sa tête sur le ventre chaud de Castiel. Il aimerait pouvoir y rester là. En boule. Mais il est trop grand. Alors ses grands bras entourent son amant et il s'y accroche. Castiel est tellement perdu face aux réactions de Dean, parce qu'il sait que la drogue n'y est que pour très peu, la douleur est bien réelle. Peut-être justement cela le calme-t-il ? La pitié qu'il ressent pour lui est insurmontable. Même s'il est là, il ne sent qu'il ne va pas beaucoup dormir, plutôt le veiller. Il doit le protéger encore quelques temps, assez pour que sa douleur passe… Elle passe oui. Difficilement. Et surtout parce que Dean est maintenant trop fatigué pour pleurer et il rend les armes. Il veut dormir des heures dans les bras de Castiel. Inconsciemment il remonte contre son cou. Là il a son odeur, il peut s'oublier...
Son amant le garde. Le veille. Il peut encore rester éveillé un moment. Ce n'est pas grave.
« Bonne nuit mon chat... Repose-toi. »
Dean ne l'entend pas mais il sent toute la douceur de Castiel. Ça suffit pour le calmer...
Et ce pour douze heures. Douze heures qu'il dort ici.
Castiel lui est réveillé depuis un moment, il s'est aussi endormi longtemps après Dean. Pour calmer ses cauchemars, lui souffler des mots doux, pour rester endormi. Ça a fonctionné. Heureusement.
Là, pour le moment, il boit son thé, assis à son bureau. Sur ses genoux le carnet de croquis, il dessine un peu, ce que Dean lui inspire. Pas son corps, mais son mal-être, c'est une manière de l'exorciser. Sur du papier, des images de cauchemars, des couloirs, des vides, des couleurs sombres…
Il lève les yeux par moment, Dean dort si profondément. Deux nuits d'insomnie, comme lui. Mais pas le temps de se reposer. Même si les quelques heures qu'il a réussi à grappiller lui ont fait du bien.
Dean finit par se réveiller. Pas en sursaut, même pas. Ça change de sa nuit. Il est juste un peu affolé de ne trouver personne dans son lit et appelle d'une petite voix :
« Cas...
Le petit brun lève la tête, pose sa tasse, son bloc et son crayon. Il se lève en vitesse et rejoint Dean sur le lit.
Je suis là chaton…
Pourquoi j'me sens pas mieux ? Combien de temps j'ai dormi trésor ? souffle Dean.
T'as fais le tour du cadran… Ça va aller mieux t'en fais pas…
Castiel lui embrasse le front. Dean soupire et préfère fermer les yeux. La lumière l'agresse...
T'as gardé ma brosse à dents ? demande-t-il.
Oui., rit doucement Castiel. Tu veux du café ? Je te l'apporte ?
Veux me brosser les dents, j'ai un goût horrible dans la bouche...
Si tu veux, va dans la salle de bain, je te fais à manger… »
Castiel l'embrasse à nouveau sur le front et se lève pour rejoindre la cuisine. Du café pour Dean, il n'a pas pu sortir ce matin, ne voulant pas le laisser seul alors il aura encore du pain surgelé. Dean le remercie et se lève enfin. Il a mal aux jambes et au dos aussi. Voûté, il s'observe face au miroir. Il se fait peur. Et l'enterrement a lieu ce soir... Il n'a pas envie d'y aller. Pas seul encore. Il en a marre d'être seul.
Il se brosse les dents et trouve son boxer par terre. Il y a des tâches à l'intérieur, merde... Honteux, il regagne la cuisine et s'assoit à table.
Castiel a laissé tout sur la table, il est assis sur le bord de la fenêtre à regarder dehors. L'air est respirable, et il fait beau ça devrait le mettre de bonne humeur en théorie. Mais quand il voit la pauvre tête de Dean arriver dans le salon il se dit que ça risque d'être compliqué.
Dean mange sans appétit ce que Castiel lui a préparé. Il laisse tout sur la table et vient prendre son amant dans ses bras.
« Descends de là, j'ai peur…
Euh… Pardon… »
Castiel ne trouve que cela à répondre parce que tout en lui a eu envie de faire un bond énorme. Dean le chamboule c'est fatiguant pour son cœur… Il se laisser glisser dans les bras de son amant.
Ce dernier se traîne jusqu'au canapé. Il s'y laisse tomber et pose sa tête sur l'épaule de Castiel, quitte à jouer au contorsionniste.
« Tu viens avec moi ce soir ? murmure-t-il.
Il y a quoi ce soir ?, demande Castiel, fourrageant dans les cheveux de son chat.
Ils enterrent Jules...
D'accord. Je viens avec toi…
Dean relève la tête et va l'embrasser, posant sa main sur sa joue mal rasée.
Pourquoi tu fais tout ça pour un pauvre type comme moi ? souffle-t-il.
Parce que je suis le seul à savoir Never more, à t'accepter comme ça, à avoir envie de t'aider, à pas être intéressé par toutes les paillettes autour de toi… Et que… J'ai besoin de toi…, souffle Castiel.
Dean soupire, tremble, ne sait plus comment réagir. Il est perdu. Mais il aime ce qu'il entend. Il se redresse et chevauche Castiel en tenant son visage.
Je peux te faire l'amour ?
Le petit brun sent le rouge lui monter aux joues, son cœur s'affoler et son souffle… N'en parlons même pas. Dean vient de lui porter un coup terrible, il est sonné, perdu… Il est dingue de lui à cette minute.
Oui… »
Alors Dean se jette sur lui, fond sur sa bouche. Comme à chaque fois, les préliminaires sont violentes, annonçant les coups portés pendant l'amour. Mais Dean sent que quelque chose ne va pas, en lui. Il cloche. Il tire Castiel au lit, peut-être que ça ira mieux... Les larmes lui montent aux yeux de honte, et se cache dans son cou pour mordre Cas.
Castiel se laisse emporter, geignant de plaisir, de désir. Ses jambes se mêlent à celles de Dean, il ne voit rien venir. Il a tellement envie de lui… Peut-être qu'ils pourraient le faire… Encore… Comme la dernière fois, mais ce coup-ci sans être forcé à le faire. Dean y pense, il espère. Il en fantasme, il se frotte, se caresse lui pour que Castiel ne sente pas. Il s'en énerve de ne rien sentir, rien éprouver. Alors à bout de nerfs il souffle.
« J'y arrive pas...
Castiel à bout de souffle déjà, le regarde étonné.
Quoi ?
Dean a les yeux inondés de larmes, il ne voit plus Castiel alors il va se cacher dans l'oreiller, sur le ventre répétant :
J'y arrive pas... Je peux pas...
Castiel vient contre lui, perdu à nouveau, lui caresse le dos.
C'est… C'est pas grave Dean, je comprends, tu devrais… Laisse tomber, t'es trop éprouvé.
Dean relève la tête, rouge de honte.
Je... Je sais pas, je te voulais, je te veux trésor, j'ai besoin de toi...
Moi aussi… Tu… Tu veux que je t'aide ?, tente Castiel au moins pour le rassurer.
Castiel... Je suis excité sans même te voir d'habitude..., soupire Dean. Merci mais non...
Bon… C'est comme tu veux. Mais aujourd'hui c'est pas un jour banale, c'est normal… Et t'en fais pas pour ça, tu te rattraperas plus tard…
Castiel sourit et vient le prendre dans ses bras pour l'embrasser. Dean daigne enfin se retourner sur le ventre. Il regarde son maitre. Que ferait-il sans lui... ? Le chat revient toujours où il est le mieux oui.
Trésor... Tu n'as pas envie toi ? Je comprends tu sais...
Laisse… Aujourd'hui je m'occupe de toi… »
Castiel tend le bras et attrape son paquet de clopes, s'en allume une, tire une taffe. Il la tend à Dean. Ce dernier prend le tube de nicotine à son tour. C'est mieux que la drogue encore... Il se tourne vers Castiel et lui demande :
« Tu pourras passer chez moi me chercher des fringues ?
Tu veux pas y aller ? Au moins pour t'occuper de ton chat ?
Sam oui... Et puis mon poisson..., souffle Dean.
Le poisson rouge ?, rit Castiel. Je m'en occuperai aussi… Tu veux que je te ramène autre chose que des fringues ?
Mon ordi. Un relevé de compte j'ai besoin aussi. Et... Faudrait que j'arrive à revenir au moins pour prendre mes affaires putain..., dit Dean d'une voix tremblante.
Il donne la cigarette à Cas. Castiel tire une derrière latte et écrase le mégot dans le cendrier par terre.
Mon chat, c'est normal. Tu vas y revenir, après ce soir, ça commencera à aller mieux. Tu dois faire ton deuil, tu dois apprendre à te dire que ce n'était pas ta faute. Pas ta faute…
Dean a de nouveau les larmes qui lui montent aux yeux.
J'ai voulu le dire à son... Son père. Mais il m'a dit qu'il ne voulait pas savoir. Et j'ai réalisé que... Que c'était égoïste de ma part... Juste me soulager la conscience... Mais ça marche pas comme ça.
En faisant ça Dean, tu ne soulageras personne, pour eux il n'était pas mort avant ça. Il aurait pu se réveiller, qu'est-ce que tu en sais, ça arrive ces choses là. Là il est mort d'autre chose, c'est ça n'est-ce pas ? Dean tu ne l'as pas tué, l'alcool ne l'a pas tué. »
Castiel se sait un peu violent, et secoue Dean peut-être trop fort, mais il espère que ça va l'aider. Effectivement, Dean reste sonné et regarde Castiel avec de grands yeux pendant sa tirade. Il... C'est horrible mais Castiel a peut-être raison... C'est la première fois qu'il arrive à penser ça. La sidération l'envahit. Pas habituel, tellement pas...
« Ce n'est pas ta faute., répète Castiel avant de l'embrasser doucement.
Dean s'accroche à ses cheveux. Il s'accroche à lui tout court.
Je crois que je commence à comprendre... Même si je m'en veux encore...
Ça passera… C'est un cap à franchir… Je sais à quel point certaines choses peuvent faire mal comme c'est dur de s'en relever. Mais si tu n'y mets pas un peu du tien, que tu n'acceptes pas tout ça… Tu n'y arriveras pas.
Dean passe sa main sur la joue de Castiel.
Malheureusement tu sais de quoi tu parles... Tu ne méritais trésor. Si je le voyais..., menace Dean.
Castiel ne peut s'empêcher de sourire. Il ne s'y attendait pas à celle là.
Comme je le croise souvent vu qu'il habite dans le Marais, il a pas intérêt à sortir de chez lui !
Tu me montreras une photo de lui..., sourit Dean.
Seulement si tu me promets de pas faire un scandale en pleine rue si tu le croises !, éclate de rire Castiel avant de l'embrasser.
Je vais essayer... Merci de me faire tout oublier..., souffle Dean à ses lèvres.
Je suis la pour ça. »
Castiel se lève et va fouiller dans son placard, des photos rangées, classées très loin.
« Te moque pas de moi hein ! J'avais 19 ans sur la photo ! »
Dean se redresse assis et la regarde. Castiel aux bras d'un mec, légèrement plus grand que lui, élancé, très fin. Ils se regardent amoureusement, ce qui a le don d'énerver Dean, fort et très vite. Il se contient. Il essaye de se concentrer sur un Cas tout jeune, les cheveux bien plus long, ses yeux bleus toujours aussi pétillants..
« Tu n'as pas beaucoup changé trésor... Tu es beau.
Merci… Je sais pas pourquoi j'ai gardé tout ça, j'aurais du faire comme tout le monde et les brûler après ma rupture ! Enfin, même pour ça je suis un peu trop gentil. Bref, aujourd'hui Fabien, à les cheveux long alors il est sûrement moins facile à reconnaître. Ça lui donnera sûrement des chances de survie !
Il range à nouveau la photo dans le carton et ferme la placard.
Ça me rend dingue de t'imaginer avec un autre mec Castiel., finit par dire Dean d'une voix blanche.
Castiel ne sait que répondre. Dean lui semble de plus en plus jaloux et possessif. Lui l'est aussi, mais de se le voir avouer de cette manière c'est assez différent. Il n'a pas envie de dramatiser le truc et tente de voir comment cela évolue.
Même les coups d'un soir ?
Oui mais je fais pareil, je t'en voudrais jamais. Ça me rend juste dingue.
Cette fois le petit brun a envie de lui sauter dessus, de le serrer contre lui et le marquer. Qu'on sache qu'il est à lui. À personne d'autre. Il n'y a que lui qui sait le faire parler.
Pourtant c'est moi qui devrait être jaloux, tu passes tes journées avec des canons, des centaines de personnes…
Mais je suis un chat. Je reviens toujours. Je suis ton chat., dit Dean pour le rassurer alors qu'il sent la tension entre eux, entre leurs deux corps...
Castiel s'apaise. La réponse lui va terriblement. Tout lui va tant que Dean revient vers lui.
Bon… Je vais y aller moi. Tu restes là alors ?
Oui. J'vais me prendre une douche, te piquer un CD, le mettre pour faire comme si t'étais là. Tu me bipes quand t'arrives, je te rappelle et je te guiderai, d'accord ?
Chouette je vais avoir une visite guidée ! »
Castiel récupère un jean et ses chaussures. Dean se lève à sa suite. Il prend son portefeuille et ses clefs et vient encercler Castiel de ses bras par derrière.
« La clé de l'entrée c'est la ronde. , il joint le geste à la parole. Le courrier la plus petite et de mon appart c'est celle-là.
Il embrasse Castiel sur la joue et sort un billet de 50 € de son portefeuille.
Pour la course de taxi d'hier et celle d'aujourd'hui.
C'est vraiment parce que je suis fauché que j'accepte…, sourit Castiel. Allez je te laisse je reviens vite. Et si ça t'amuse fouille dans mes affaires, j'ai rien à cacher ! »
Dean le remercie pour tout et glisse le billet de force dans sa poche avant. Il le lâche et file sous la douche pour s'empêcher de l'embrasser, le retenir... C'est dur, faut pas croire !
Castiel sort de chez lui et laisse Dean seul. Ça aussi c'est dur faut pas croire. Il aurait bien aimé rester avec lui toute la journée, ne pas le lâcher, mais là… Un taxi trouvé il donne l'adresse de chez Dean. Rejoins l'endroit en un quart d'heure.
Arrivé en bas, il voit encore quelques groupies au pied de l'immeuble. Il lève les yeux au ciel et avance innocemment, son portable à la main pout biper son chat. Mais d'un coup la moitié d'entre elles lui sautent dessus.
« Vous êtes le copain de Dean Winchester ?
C'est vrai c'est vous ?
Il n'est pas là ? Il est chez lui ? Il est pas sorti !
Mais j'te dis que ça fait deux jours qu'il est pas là !, intervient l'une d'entre elles.
Euh écoutez, vous avez rien à faire ici, Dean n'est pas là !, tente de placer Castiel difficilement, complètement dépassé.
Oooh… Il va revenir quand ?
Ça ne vous regarde pas ! Et puis… Comment vous savez qui je suis ?
C'est dans tous les magasines ! Vous avez pas vu ? Vous y êtes tous les deux ! »
Castiel n'a pas le temps de réagir, sur le cul que son portable sonne, c'est Dean qui le rappelle. Il décroche précipitamment et se dégage de la horde de groupies pour aller directement ouvrir la porte d'entrée et la claquer derrière lui.
« Je viens de me faire agresser par tes fans !
Fuck, elles veulent quoi encore ? Mon cul ?
Dean est allongé sur le lit qu'il vient de faire et regarde la dernière toile en cours de Castiel. Il fume cigarette sur cigarette. Celles de Castiel, il lui en rachètera oui. Et puis il vient de découvrir The Kills et ça lui plaît bien tout ça.
Non apriori on fait la une de tous les magasines, tout le monde sait qu'on se voit…, explique Castiel en montant les escaliers.
Quoi ?! explose Dean. C'est quoi ce putain de délire ?
J'en ai aucune idée Bo ! Je suis aussi étonné que toi, et ça me plaît pas beaucoup de me retrouver mis sur le devant de la scène moi !
La porte déverrouillée il entre dans l'appartement.
Bon faudra que j'regarde sur Internet mais putain... Bon bref t'es où trésor ? Calme-moi là...
Je passerais chez le libraire acheter les magasines. Bref je suis dans ta cuisine là, ton chat viens me jouer dans les jambes.
Castiel se baisse pour caresser la boule de poils miaulante. Dean sourit.
Mon Sam... Caresse-le derrière l'oreille, tu vas voir il va ronronner. »
Dean remet Last Day of Magic des Kills. Il l'aime trop cette chanson. Le petit brun fait comme son interlocuteur lui a dit, gratte derrière l'oreille du chat qui se met immédiatement à ronronner. Ça le fait rire.
« C'est quasiment automatique dis donc ! Tu les mets où tes croquettes ? J'entends que tu as trouvé des trucs qui te plaisaient dans mes CDs !
Ouais, trop ! Je vais te les piquer. Les croquettes sont dans le placard du bar sur lequel t'as du poser ton coude alors que le chat se frotte contre ta jambe.
Castiel se redresse et regarde le meuble. Il sourit tout seul.
Tu as mis des caméras chez toi ou quoi ?
Il récupère en même temps le paquet de croquette et va servir le chat.
Non mais j'le fais tout le temps et je t'imaginais bien le faire trésor. T'as donné les croquettes ? Bon sinon les trucs pour le poisson c'est à côté des croquettes tiens... Et moi tu m'imagines comment au fait ? demande Dean, souriant.
Comme tu écoutes de la musique je te vois bien dans ma chambre, allongé sur le lit. »
Castiel prend la nourriture pour le poisson et va le nourrir. Dans la chambre il va vers le placard à la recherche de trucs intéressants. Dean entend un grincement.
« C'est pas là que tu va trouver mon costard trésor.
Ha tu ranges pas tes fringues dans ton placard ?, rit Castiel.
Mon costard est pendu dans le placard de l'entrée, pour ça. Prends les fringues que tu veux, tu as l'œil. Ma valise est dans le tiroir en dessous du placard.
Tu veux rester combien de temps ?
Ça dépend de combien de temps je vais mettre pour trouver un appart., souffle Dean. Euh... Prends pour une semaine, je verrai, j'essayerai de retourner chez moi. Y'a le chat et le poisson de toute façon...
Et si j'emportais ton chat ? »
Castiel prend la valise dans le placard et fouille pour lui trouver de quoi se vêtir. Jean, tee-shirt, caleçons… Il est comme lui, rien de très hors du commun, mais à lui ça lui va terriblement bien.
« Trésor tu voudrais bien ? Et tu peux me prendre mon pull noir fin je l'aime beaucoup...
Déjà pris. Bah je vois pas pourquoi ça me dérangerait, la seule personne qui pourrait ne pas aimer c'est le conducteur du taxi ! Pour ton poisson ça risque d'être assez dur par contre… Je vais pas le mettre dans un Tupperware !
Il retourne dans l'entrée et trouve le costard sous le plastique du pressing.
J'me forcerai à repasser, t'en fais pas. Merci beaucoup Cas, pour le chat et tout. Reviens dans ma chambre, y'a mon ordi portable et la sacoche est dans le même tiroir que ma valise... »
Castiel suit les indications, il a l'impression de jouer à une chasse au trésor. L'ordinateur est dans la sacoche, elle-même glissée dans la valise pour être plus pratique. Il a aussi repéré la cage pour le chat dans un coin.
« Tes papiers sont où ?
Euh... J'ai un RIB dans le tiroir du milieu du bureau, mon permis j'en ai pas besoin, prends un relève compte de mon compte chèque tiens., énumère Dean. Et puis j'ai le plus important dans mon portefeuille.
Ahan…
Les papiers sont sortis, mis sous pochette. Voilà c'est terminé.
Je te laisse maintenant, j'attrape ton chat et je reviens !
Dean sourit. Il entend son chat miauler et Castiel qui ensuite le gratte derrière l'oreille pour le calmer.
Tu l'as mis dans sa cage ?
Oui ! Il a pas aimé ! Allez en route, je reviens vite, le temps de trouver un taxi et ça devrait aller. Faut aussi que je traverse ton armée de fans ! Elles sont coriaces ! Ha oui je passe prendre les magasines aussi. Bref, je raccroche, j'ai besoin de mes deux mains.
Attends deux minutes Cas…
Dean éteint la musique et oui il n'a pas rêvé.
Y'a quelqu'un qui tape à la porte de chez toi. J'ouvre ou... ?
Euh, oui vas-y c'est soi Misha, soit Mathias, mon meilleur ami. »
Dean se lève et regarde par l'œillet. Il ne reconnaît pas le jumeau, il suppose donc que c'est Mathias. Il lui ouvre. Le meilleur ami de Castiel reste bête. Il regarde Dean de la tète aux pieds, le détaillant.
« Mais... Dean Winchester ?! s'exclame-t-il.
Ce dernier roule des yeux.
Ouiii ! Cas est pas là et...
J'peux avoir un autographe ? le coupe Mathias en s'avançant.
Cas., fait Dean en rapprochant le téléphone de sa bouche. Tu m'avais pas dit que t'avais un pote fan de moi...
Castiel éclate de rire.
Excuse-moi d'avoir omis ce détail ! Allez débrouille-toi bien avec lui, j'arrive ! »
Sur ce il raccroche et peut enfin partir. Le chat, la valise. Il a l'impression de déménager Dean. Ce qui lui plaît, c'est que pour le moment c'est pour chez lui.
Dean regarde son téléphone puis Mathias.
« Tu le veux vraiment l'autographe ? sourit-il.
Bah ouais... Trop !
Il en bave presque de voir cet acteur torse nu et en jean là devant lui.
Bon bah viens alors ! »
Dean l'invite à s'installer au salon. Il va prendre une feuille et un stylo.
« Mathias c'est ça hum ?
Oui, oui ! Putain Castiel m'a vraiment pas menti..., souffle-t-il.
Sur quoi ? demande Dean sans relever les yeux de sa feuille.
Il a bien couché avec vous !
Plusieurs fois même ! Et me vouvoie pas alors que j'suis plus jeune ! rit l'acteur.
Pardon… C'est idiot, je réagis comme une midinette en plus, c'est tout moi ça… » soupire Mathias.
Un petit quart d'heure plus tard Castiel arrive chez lui, passant la porte il découvre Dean et Mathias en train de discuter. La scène lui plaît terriblement. Souriant, il ouvre la cage du chat et va embrasser le sien.
« Il a pas aimé le taxi !
Dean le tire pour qu'il s'assoit sur ses genoux. Faisant abstraction de son meilleur ami, il souffle :
Je t'adore Castiel. Merci pour tout...
Castiel sourit avec douceur et l'embrasse à nouveau.
Alors Mathias tu l'as pas trop embêté ?
Heu je crois que si mais bon !, rit-il, baissant les yeux.
Mais non, c'est cool d'avoir des fans., sourit Dean De toute façon je vais vous laisser, j'ai quelques trucs à faire.
Dean se lève et laisse la place à Cas.
Ça t'embête si le chat va dans ta chambre ou pas ? demande-t-il. Et je t'attends pour lire les magasines ?
Non ça me dérange pas, sinon je te l'aurais pas amené !
Bah de toute façon comme tu es pas seul Cas je vais t'embêter plus longtemps hun !
Non mais Dean à quelques trucs à faire, tu peux rester un peu, j'imagine que si t'es là c'est que tu as quelque chose à me raconter !, sourit Castiel.
Oui ! » s'exclame Mathias aux anges.
Dean sourit. Il les entend babiller de la chambre. Ça l'allège alors qu'il téléphone à sa banque et regarde ses comptes en direct sur son ordinateur. Il effectue les derniers gros virements. Tout a été malheureusement précipité... Mais c'est bon. Ce soir, il pourra donner tout l'argent de ce compte aux parents de Jules oui. Pour tous les loyers, pour les aider dans les frais d'hôpitaux. Il a gagné 40 000 €, son film a franchi le million d'entrées. Il peut et doit se le permettre.
Il rédige également sa lettre de préavis pour la location. Il faudra qu'il retourne, au moins pour déménager, à son appartement. Il soupire rien que d'y penser. Ça le fatigue. Une chose après l'autre. Il va avancer. Doucement mais sûrement.
Castiel rentre dans la chambre, rejoignant Dean qui est sur son lit, le chat allongé à ses côtés. Il vient le rejoindre, déposant au passage un baiser sur sa tempe.
« Tu t'en sors ?
Ouais... C'est dur mais oui. On va y aller trésor, c'est bientôt l'heure..., souffle Dean en se frottant les yeux.
Ouais… Tiens regarde… »
Il pose les magasines sous ses yeux. Ça fait déjà une heure qu'il les a sous les yeux, qu'il les a feuilletés dans le taxi. Ça lui plaît pas du tout… Dean a un coup au cœur en voyant la photo qu'il a en fond d'écran depuis une semaine en pleine page de magasine.
« C'est pas possible... Mais... C'est ma photo... Pourquoi ? fait-il sans comprendre.
Je comprends pas non plus… Depuis tout à l'heure je regarde et je pige pas… Même les autres, c'est celle de quand on a été en boîte…
Castiel ouvre le magasine et lui montre les photos d'eux, collés, à s'embrasser au milieu des gens.
C'était une boîte gay, aucun journaliste serait allé là-bas... Enfin, y'avait juste une rumeur sur quelques sites vu ce que tu avais dit en sortant de chez moi... Putain mais qui a pu faire ça ? J'veux avoir une vie privée... Et te préserver.
Ça m'allait très bien moi de pas être reconnu dans la rue, quand tes fans m'ont sauté dessus en me hurlant dans les oreilles ''Hannn c'est le copain de Deeeaaaan'' j'en revenais pas ! C'est pas ta faute mais bon… Ça peut pas être un paparazzi qui t'a piqué la photo de ton portable… Peut-être ton manager ?
Non ! Je suis sûr., s'exclame Dean. Il a une politique trop importante sur la vie privée et son respect… Pff… Faut juste qu'ils sachent pas où tu habites sinon je te fais déménager…
Ha non non non ! Je veux pas partir moi hun !, s'exclame Castiel.
Mais attends Castiel moi j'te laisse pas là si tu te fais agresser et tout !
Je suis un grand garçon tu sais ! Je peux me débrouiller, et puis à mon avis ils savent déjà où j'habite, c'est pas difficile à trouver ce genre de trucs.
Pfff, t'es trop têtu et moi aussi. Bon on en parlera plus tard, on va être en retard. »
Dean l'embrasse rapidement, ferme son ordinateur et se lève pour enfiler son beau costard noir. Uniquement pour les grandes occasions. Bonnes ou mauvaises… Castiel se lève à son tour, fouille pour trouver quelque chose de plus convenable. Les heures à venir vont être difficiles.
