Wicked Game

Epilogue

Et voilà ! L'épilogue est enfin là. C'est sûrement le plus long chapitre de toute la fiction car je le voulais le plus complet possible afin de clôturer la fiction dignement. N'hésitez pas à me laisser une petite review pour me donner votre avis ! A bientôt ^^ ! –Plume224

Quatre ans plus tard…

J'ouvris les yeux. Il faisait encore nuit noire dans l'unique chambre de l'appartement. Je tournai la tête vers la droite afin de voir l'heure sur le réveil : deux heure du matin. Il me restait encore plus de cinq heures avant de devoir me lever et j'adorais cette sensation. J'adorais me réveiller en pleine nuit pour ensuite sombrer à nouveau dans le plus profond des sommeils. Je refermai alors les yeux, attendant Morphée avec impatiente. Seulement, au moment où celui-ci m'enveloppait de ses doux bras, je fus tirée à nouveau de mon état de somnolence.

« Non, non, je ne veux pas ! Je ne veux pas ! »

Je me retournai sur le côté gauche et regardai l'homme allongé près de moi. Il me tournait le dos mais je pouvais facilement imaginer son visage. Les traits tirés, les paupières serrées, la bouche entrouverte afin de laisser s'échapper ses plaintes. C'était comme cela au moins une fois par semaine depuis quatre ans maintenant. Au moins une fois par semaine, il faisait, encore et encore, le même cauchemar.

Je me collai à lui et déposai un baiser sur son épaule nue. Ses muscles se détendirent aussitôt et il sembla moins agité, seulement, son mauvais rêve n'avait toujours pas prit fin.

« Je ne le ferai pas ! Non ! Je ne veux pas ! » hurla-t-il.

Je lui secouai doucement l'épaule afin de le réveiller. A force je commençais à avoir l'habitude. Je savais que lorsqu'il faisait un tel rêve, je devais d'abord le détendre sans le réveiller pour autant, et s'il ne se calmait pas, alors seulement là je pouvais le réveiller. Je continuai de le secouer doucement jusqu'à ce qu'il se tourne vers moi. Il me fixa alors de ses yeux gris et je pus y lire l'horreur qu'il avait vécue dans son cauchemar.

« C'était encore ce cauchemar ? » lui demandai-je même si je connaissais pertinemment la réponse.

Il hocha la tête et souffla en fermant les yeux. Cela devait être épuisant pour lui. Toutes les nuits, il craignait de s'endormir par peur de revivre encore et encore le même cauchemar. Depuis quatre ans je ne l'avais que très rarement vu aller se coucher en étant heureux. La plupart du temps, il prenait un air grave et me serrait contre lui, comme si ma présence pouvait tenir les mauvais rêves à distance.

« Tu crois que cela va cesser un jour ? »

« Je n'en sais rien. » répondit-il en secouant la tête « Je l'espère. »

Il se redressa dans le lit et se leva. Il enfila un boxer et sortit de la chambre. Où allait-il comme cela ? Pourquoi s'était-il levé sans rien me dire ? Il avait l'air bouleversé par ce qu'il avait vu dans son sommeil, plus que d'habitude en tout cas. En temps normal lorsqu'il se réveillait après un cauchemar, il me serrait contre lui, parfois me faisait l'amour, ensuite nous nous rendormions dans les bras l'un de l'autre. Cette nuit-là, il avait l'air vraiment mal, c'était très rare qu'il se lève en pleine nuit.

Je me levai à mon tour et le cherchai dans notre petit appartement. Nous avions emménagé ici deux ans plus tôt. C'était lui qui avait insisté pour que nous vivions ensemble, « comme un vrai couple » disait-il. Je souris en repensant à ce souvenir. Je l'aimais tellement. Jamais je n'aurais un jour imaginé l'aimer et vivre avec lui et pourtant mon meilleur ennemi était bel et bien devenu l'homme de ma vie.

Je retrouvai ce dernier dans la salle de bain, accoudé à la vasque du lavabo, le regard plongé dans ses propres yeux dans le miroir. Cette scène me fit penser à la fois où, cinq ans plus tôt, je l'avais trouvé dans les toilettes de Mimi Geignarde en train de pleurer. Je détestais le voir dans cet état. Cela me rappelait que nous avions tous énormément souffert quelques années à peine dans le passé. Je n'aimais pas repenser à cette époque. La guerre, Voldemort et les mangemorts étaient derrière nous désormais, ils ne devaient pas faire partie de notre présent, même en pensée.

Je m'approchai lentement de lui et passai mes bras autours de son cou en posant ma tête sur le haut de son dos. Il était grand, tellement qu'à ses côtés j'avais l'impression d'être toute petite. Il soupira lorsque je déposai un baiser dans sa nuque.

« Qu'est-ce qui ne va pas ? Tu ne te mets pas dans un tel état d'habitude ? » demandai-je doucement.

« Ce n'était pas le même rêve… » avoua le blond « Dans celui-ci ce n'était pas Dumbledore que je devais assassiner. Dans ce cauchemar, c'était toi. »

Je ne savais pas quoi répondre. Jamais encore il n'avait rêvé de cela avant.

« Je n'en peux plus Hermione… » reprit-il « Je veux que tout cela s'arrête. »

« Je sais, moi aussi, mais tu ne peux rien y faire. »

Après la guerre, lorsqu'il avait commencé à avoir ces cauchemars, il avait été voir de nombreux médecins et psychologues mais tous lui avaient dit qu'il n'y avait rien à faire à part attendre. Attendre. Avec le temps cela finirait par diminuer et disparaitre. Enfin c'était ce que lui avaient dit les médecins, car en quatre ans, rien n'avait changé. Il était toujours aussi tourmenté par son passé. Et même s'il essayait de ne pas le montrer, je savais qu'il se sentait mal par rapport à tout cela, cela se voyait dans les petits gestes du quotidien. Par exemple, en été, il ne mettait jamais de t-shirt pour ne pas montrer la marque sur son avant-bras gauche, même lorsque nous n'étions que tous les deux il essayait de la cacher le plus possible. Je le comprenais évidemment, mais j'en avais marre de le voir ainsi. Il s'empêchait de vivre normalement à cause de son passé de mangemort et cela me rendait malade.

« Heureusement que tu es là. » déclara-t-il en se retournant. Il m'enlaça et je posai ma tête contre son torse. Ainsi, j'étais bien. J'adorais nos petits moments comme celui-ci, lorsqu'il me prenait dans ses bras et que nous restions dans cette position pendant des heures et des heures. En temps normal, le contexte était totalement différent, ce n'était pas à cause du malheur que nous avions vécu au moment de notre adolescence.

« Je t'aime. » murmura-t-il en enfouissant son nez dans mes cheveux. « On est quand même un couple improbable tu ne trouves pas ? Hermione Granger, l'héroïne de guerre, la miss-je-sais-tout de Poudlard et Drago Malefoy, fils de Lucius Malefoy et ancien mangemort. » il laissa échapper un rire sans joie.

« Ne dis pas ça. » le contredis-je « Tu n'as jamais vraiment été un mangemort, on t'y avait forcé. Mais c'est vrai que notre couple est surprenant. » je souris contre lui.

Au début de notre relation, mes amis, qui se remettaient peu à peu de l'atrocité de la guerre, avaient eu beaucoup de mal à l'accepter. Certains, comme Ginny et Luna, avaient été plus rapide que les autres. D'autres, comme Harry, avaient mis plus de six mois mais le plus long à accepter ma relation avec le Serpentard avait été Ron, ce que je comprenais parfaitement. Cela ne faisait qu'à peine un an qu'il arrivait à rester dans la même pièce que nous sans que cela ait l'air de le perturber. Il n'était plus amoureux de moi depuis longtemps, cependant, il avait avoué à Harry qu'il ne comprenait pas pourquoi j'aimais le blond et qu'il trouvait notre couple 'répugnant'. Cela m'avait fait beaucoup de mal de l'apprendre. Je comprenais qu'il ait du mal à me voir avec son rival mais savoir qu'il trouvait cela répugnant m'avait beaucoup touché. Quand j'en avais parlé à Drago, il s'était mis dans une colère noire. Il avait insulté le roux de tous les noms possibles et imaginable et s'était même rendu au Terrier afin d'avoir une 'conversation' avec lui. Je l'avais suivi de peur que par 'conversation' il veuille dire 'se battre' mais je m'étais trompée. Le Serpentard avait seulement fait face au Gryffondor et avait déclaré, le plus calmement possible : « Tu sais ce que je trouve répugnant moi ? C'est le fait que tu n'arrives pas à te faire à l'idée qu'elle soit heureuse avec un autre que toi, qu'elle se soit reconstruite avec moi suite à la guerre et pas avec toi. Ça, ça me dégoute Weasley... »Ces mots résonnaient souvent dans mon esprit, aussi clairement que quand il les avait prononcés. Suite à cela, Ron était devenu plus tolérant et avait fait des efforts pour accepter mes sentiments envers le Serpentard. Le petit discours de ce dernier lui avait visiblement fait comprendre certaines choses.

Je me détachai doucement de Drago et plantait mon regard dans le sien. Il avait l'air d'aller déjà un peu mieux, son cauchemar devait déjà commencer à se dissiper.

« Aller, viens te recoucher. » lui dis-je.

Il secoua la tête et désigna la baignoire.

« Je crois que je vais d'abord prendre un bain pour me calmer. Vas-y je te rejoins après. »

« Comme tu veux. » je déposai délicatement mes lèvres sur les siennes et quittai la salle de bain.

Sur le –court- chemin qui menait à notre chambre, je regardais les photos posées sur les étagères du couloir. Beaucoup d'entre elles montraient mes amis, souriants, heureux. En voyant ces photos on aurait pu croire que toute notre existence avait été ainsi, belle et joyeuse. Sur ces photos on ne voyait pas les ravages laissés par la guerre. Je soupirai et entrai dans la chambre. Au milieu de la pièce, trônait un grand lit aux draps défaits. Je m'assis dessus et pris ma tête entre mes mains. Drago allait-il se remettre complétement un jour ? J'en doutais fort. Même s'il s'en remettait un jour, ce ne serait jamais complétement. La guerre et les mangemorts le hanteraient jusqu'à la fin de ses jours.

Environ trente minutes plus tard, voyant qu'il n'était toujours pas revenu de la salle de bain, je décidai d'aller voir ce qui lui prenait autant de temps. Je refis donc le même chemin qu'une demi-heure auparavant et pénétrai dans la petite pièce carrelée.

« Drago ! » m'écriai-je en me précipitant vers lui « Qu'est-ce que tu fais ?! Arrête ! »

Je me laissai tomber à genoux près de la baignoire remplie d'eau teintée de pourpre. Drago baignait dans cette eau sale colorée par le sang. Il se grattait l'avant-bras gauche à l'aide de ses ongles et des petits lambeaux de peau flottaient à la surface. Son avant-bras était en sang et couvert de griffures.

« J'ai essayé avec ça » il désigna une éponge sur le rebord de la baignoire « mais ça ne partait toujours pas. »

Je compris alors ce qu'il faisait. Il essayait de retirer la marque des Ténèbres. Nous avions déjà essayé de nombreux sorts pour effacer cet horrible dessin mais rien n'avait réellement marché. Une fois, elle s'était totalement effacée mais était réapparut à peine deux jours plus tard. Nous nous étions alors rendus à l'évidence : Drago garderait cette marque à tout jamais. Alors pourquoi était-il en train de s'arracher la peau, alors qu'il savait très bien que la marque de Voldemort reviendrait quand même ?

« Drago arrête ! » lui dis-je alors que j'essayai d'attraper son poignet afin qu'il ne se gratte plus. Mais il avait plus de force que moi et je n'arrivai pas à le faire s'arrêter.

« Arrête ! Ça ne sert à rien ! Je t'en prie arrête Drago. »

Mais il ne s'arrêtait pas, je doutais même qui ne m'ait écouté ou entendu. Il continuait à s'acharner sur son avant-bras, à griffer sa peau jusqu'au sang. Je me penchai alors vers lui dans la baignoire et tirai de toutes mes forces sur son bras. Il fallait qu'il arrête ou il allait finir par se blesser gravement. Je tirai mais rien n'y faisait, je n'avais pas assez de force.

Soudain, il me repoussa d'un mouvement brusque et je tombai en arrière sur le sol froid et humide. Je levai la tête et le vis qui continuait son travail, un air presque hystérique accroché au visage. Je fondis alors en larmes. Voilà à quoi pouvait mener une guerre. Même lorsque celle-ci était finie, elle continuait de faire des ravages. A cet instant, je crus que j'allais exploser de rage. Allions-nous finir notre vie ainsi ? Allions-nous passer le reste de notre vie anéantis ? Allais-je vieillir en voyant Drago dans cet état à chaque minute qui passerait ? Je ne voulais pas d'une vie comme celle-là. Jamais mes rêves de petite fille ne se réaliseraient, jamais je n'aurais une vie pleinement heureuse. Jamais et tout cela à cause de la soif de pouvoir de Voldemort. Soudain, j'eus envie de ressusciter ce dernier afin de pouvoir le tuer à mon tour, afin de le faire souffrir, de l'anéantir comme il nous avait anéantis.

Mes pleurs se firent de plus en plus bruyants et cela sembla attirer l'attention du blond dans la baignoire. Il cessa de gratter son avant-bras et tourna la tête vers moi. Me voir en larmes sur le carrelage eut l'air de le faire revenir à lui. Il regarda tour à tour son bras ensanglanté puis moi, son bras, moi, son bras, et cela pendant un long moment. Je retenais mon souffle et ne le quittais pas des yeux. Qu'allait-il dire ou faire ? Il avait l'air surpris, comme s'il ne s'était pas rendu compte de ce qu'il avait fait.

« Hermione… » souffla-t-il « Je…je suis désolé. Mon dieu qu'est-ce que j'ai fait ? »

Je ne répondis pas. Je ne savais pas quoi dire et j'étais trop choquée par le spectacle qui venait de s'offrir à moi.

Drago se leva et sortit de la baignoire. Son corps ruisselait d'eau mêlée de sang et le mélange commençait à couler sur le carrelage blanc immaculé. Il se précipita vers l'armoire à pharmacie et j'observais le Serpentard, nu et couvert de sang, s'affairer pour soigner la blessure qu'il s'était lui-même infligée.

Quelques minutes plus tard, quand il eut fini, il se tourna vers moi. Son regard se teinta de terreur lorsqu'il croisa le mien. Le blond s'agenouilla à mon niveau et me pris les mains. Il embrassa chacune de mes phalanges et sa bouche traça un chemin brulant de mon poignet jusqu'à mon épaule. Je frissonnai à ce contact.

« Pardonne-moi. Je ne sais pas ce qu'il m'a pris. » il soupira d'un air triste et las « C'est juste que…j'en ai tellement marre. Je voudrais tellement effacer mon passé. »

« Quand est-ce que nous allons avoir une vie normale ? » lui demandai-je en tentant de contenir mes larmes.

Il secoua la tête. « Je n'en sais rien. »

Bien sûr qu'il n'en savait rien, comment aurait-il pu le savoir ? Ma question ne servait à rien, je l'avais seulement posée pour combler le vide qui venait de s'installer.

« Allonge-toi. » m'ordonna-t-il soudainement.

Il m'avait dit cela d'un ton froid et dur. J'obéis aussitôt même si je ne comprenais rien de ce qu'il se passait. Pourquoi voulait-il que je m'allonge sur le sol froid et couvert d'eau et de sang ? Pourquoi cet ordre si soudain ? Ce n'est que lorsqu'il remonta ma chemise de nuit sur mes cuisses et qu'il écarta celles-ci avec ses mains froides que je compris. Mais pourquoi diable voulait-il faire cela maintenant ? Deux minutes plus tôt à peine il se trouvait dans un état proche de la folie et voilà qu'il ne pensait plus qu'à me faire l'amour. Au final, peut-être était-il réellement fou.

Il passa sa main à l'intérieur de ma cuisse et la glissa dans mon sous-vêtement. Je gémis. J'adorais cela. Mais il ne devait pas continuer, il fallait que je l'arrête, il n'était pas dans son état normal.

« Drago… » couinai-je « Arrête. »

« Arrêter quoi ? » m'interrogea-t-il un air malicieux au visage.

En général, j'aimais ce petit jeu, mais pas à ce moment-là. J'avais l'impression que l'homme qui caressait mon intimité n'était pas celui avec qui je partageais ma vie depuis quatre ans. Comment pouvait-on passer si radicalement d'un état à un autre comme il venait de le faire ?

« Tu sais très bien de quoi je par…oh ! » ma phrase se transforma en un bruyant gémissement lorsqu'il entra un doigt en moi. Pendant une fraction de seconde, je n'eus plus envie qu'il arrête, je voulais qu'il continu, mais je réussis par miracle à me raisonner. J'essayais de retenir mes cris et mes gémissements tandis que le Serpentard enfonçait encore plus profondément son doigt entre mes cuisses.

« Tu veux que j'arrête ça ? » il ajouta un deuxième doigt.

Je poussai une plainte de plaisir. Avais-je vraiment envie qu'il cesse ? Non, bien sûr que non. Oui, bien sûr que oui. Il le fallait, c'était pour son bien.

« Drago…Tu n'es pas dans ton…oh…dans ton état normal. » arrivai-je difficilement à articuler.

Aussitôt, il arrêta de bouger ses doigts divins sans pour autant les retirer et planta son regard dans le mien.

« Je sais que je ne le suis pas Hermione. » il roula le 'r' de mon prénom « Alors laisse-moi l'oublier pendant un moment. »

Sans me laisser le temps de lui répondre il repartit à l'assaut de mon corps. Un autre doigt vint rejoindre ses camarades et ce fut à ce moment que j'abandonnai. Ce n'était pas raisonnable, j'en étais consciente, mais le plaisir était plus fort que tout. Je n'arrivais plus à penser à autre chose qu'au plaisir qu'il me procurait. L'épisode du cauchemar et de la baignoire ensanglantée étaient à des années lumières de mon esprit. La seule chose à laquelle j'étais capable de penser était à ses longs doigts qui me comblaient. Ils allaient et venaient à l'intérieur de mon corps sans jamais s'arrêter. C'était trop bon.

« Tu veux toujours que j'arrête ? » souffla Drago à mon oreille.

« Continue…Continue ! »

Je le sentis sourire contre mon cou. Il était fier de lui je le savais. Ensuite, tout en continuant son petit manège, il m'embrassa derrière l'oreille, puis descendit le long de mon cou et arriva sur ma poitrine couverte par ma chemise de nuit. A travers le tissu il titilla mon téton gauche avec ses dents. Je gémis et me cambrait, ce qui fit que ma tête heurta violemment le carrelage. J'eus mal, mais je m'en moquais. Je n'arrivais plus à avoir des pensées cohérentes. Quel jour étions-nous ? Quelle heure était-il ? Où étais-je ? Je n'en avais plus aucune idée. De sa main libre, le Serpentard pressa mon autre sein. Je poussai un cri. Il n'était pas doux, loin de là. Il était brutal, presque violent. Il me tortura ainsi pendant quelques minutes, puis, sans que je m'y attende, il arrêta. Il retira ses mains de ma poitrine et ses doigts de mon intimité. Je grognai dans ma barbe. Pourquoi arrêtait-il maintenant ?

Je me redressai sur les coudes et observai l'homme nu, en érection et ruisselant d'eau sale, à genoux entre mes jambes écartées. Il avait les yeux fermés et suçait ses doigts comme s'il s'agissait d'une délicieuse sucrerie. C'était le spectacle le plus érotique que je ne n'avais jamais vu jusque-là. Je n'arrivais pas à en détacher les yeux.

« Je pourrais te goûter pendant des heures. »

Il se pencha alors au-dessus de moi et je sentis son érection se presser contre mon ventre. J'essayai de ne pas me cambrer sous lui alors qu'il ondulait son corps tel un serpent. Il avait tout de cet animal, il était grand et mince, il avait un regard troublant et hypnotisant, il était discret et agile. Il était un dangereux reptile et s'il plantait ses crochets en vous, son venin vous rendait accroc et vous ne pouviez plus vous passer de lui. Et c'est ce qu'il m'avait fait, il m'avait mordu et son venin coulait pour toujours dans mes veines.

« Goûte-toi. » me murmura-t-il en glissant son index entre mes lèvres.

J'obéis et suçai son doigt, me dégustant, ainsi que la salive de mon amant. C'était trop, j'allais finir par exploser de désir et de plaisir. Je gémis et il retira son doigt de ma bouche. Il me força ensuite à me rallonger et me maintint au sol, une main plaqué sur ma poitrine. Je savais que ce qui allait suivre serait violent. Drago n'avait pas pour habitude d'être doux quand nous faisions l'amour. Lors de nos ébats, c'était comme si toutes nos anciennes querelles remontaient à la surface, comme si nous redevenions deux rivaux. Nous redevenions Granger et Malefoy. Toute la haine que nous avions pu ressentir l'un envers l'autre pendant des années ressortait quand il me faisait l'amour. C'était étrange, mais j'aimais cela. Cela faisait partie de notre relation si surprenante pour les autres. Cette violence contenue qui ne jaillissait qu'à ces moments là faisait partie de nous désormais.

« Qu'est-ce que je vais bien pouvoir te faire ? » susurra le blond en retirant sa main de ma poitrine pour pouvoir m'enlever complétement ma culotte.

« Rien dans cette pièce. » lui répondis-je.

Je ne voulais pas qu'il me prenne ici, sur le carrelage. Si ma tête cognait contre le sol j'allais me faire mal et cela gâcherait tout.

« Où ça alors ? »

« Dans la chambre. »

Il secoua la tête. Ma proposition n'avait pas l'air de lui convenir. Il écarta mes jambes un peu plus.

« C'est trop loin, je ne vais pas pouvoir attendre. Tu vois dans quel état tu me mets ? »

Lorsqu'il prononça le mot 'état', cela me fit revenir à moi. Ce qu'il s'était passé quelques minutes auparavant me revint en tête comme un boulet de canon. Il s'empara de ma main droite et la plaça sur son sexe dressé. Je fermai les yeux. Il était complétement fou, il avait perdu l'esprit. A cet instant, il me faisait presque peur. Comment avais-je pu le laisser faire ? Pourquoi ne l'avais pas plus résonné ? Pourquoi ne l'avais-je pas empêché de me toucher ? Je l'avais trouvé anéanti, proche de la folie, en train d'essayer d'enlever la marque des ténèbres de son bras et pourtant je l'avais laissé se perdre. Il fallait que je fasse quelque chose. Toujours en me tenant la main, il me fit entamer un lent mouvement de vas-et-viens sur son membre. Il grognait de plaisir. S'il continuait ainsi, il allait finir par réellement perdre la tête.

Brusquement, je ramenai ma main vers moi. Il eut l'air surpris et resta figé pendant un instant. Il devait certainement être perdu entre son propre plaisir et la surprise. Avant qu'il n'ait le temps de réagir, je me redressai et me levai. Mes jambes tremblaient comme si elles avaient été faites de papier. Je me dirigeai lentement vers la baignoire. Je devais vider cette eau rougeâtre, cette eau témoin de ce qu'il s'était passé dans cette petite salle de bain. Je pouvais sentir le regard du Serpentard posé sur moi. Essayant d'y prêter le moins d'attention possible, je m'agenouillai près de la baignoire et enlevai le bouchon. Comme hypnotisée, je regardais l'eau se vider petit à petit. Lorsque la baignoire fut à moitié vide, je sentis Drago venir se presser, à genoux, contre mon dos. Je continuai de fixer le tourbillon d'eau. Je n'avais pas envie de le quitter des yeux, c'était comme si j'avais peur que l'eau ensanglantée refasse surface si je le faisais. En faisant cela, j'espérais au fond de moi que le traumatisme de la guerre partirait en même temps que le liquide. Evidemment, cela n'arriverait pas. Derrière moi, le blond commençait à s'impatienter.

« Qu'est-ce que tu fais ? » demanda-t-il en me mordillant le cou « On n'a pas encore fini… »

Le ton de sa voix montrait tout le désir qu'il contenait, mais aussi la folie qui l'habitait. Il plaqua son érection contre mes fesses. Je gémis malgré moi. C'était dur de résister, très dur. Il a perdu la tête, il a perdu la tête. Je n'arrêtais pas me répéter cette phrase intérieurement, comme une litanie. Je ne devais pas craquer à nouveau, je devais lui résister coûte que coûte.

« Drago… » gémis-je « Tu ne devrais pas. Tu as perdu l'esprit. »

Il ne me répondit pas immédiatement. A la place, il plaça une de ses jambes entre les miennes afin de les écarter. Je savais ce qui allait suivre mais ne bougeai pas. Pourquoi restai-je immobile alors que je connaissais la suite des évènements ? Je n'en avais aucune idée. Peut-être que j'étais folle moi aussi ? Après tout, il n'était pas le seul à avoir souffert de la guerre. Avais-je toujours toute ma tête ? Certainement pas. Il était fou, j'étais folle. Nous étions pareils.

« Tu l'as perdu aussi Granger. » déclara-t-il avant de me pénétrer.

Je lâchai un cri. Il était entré en moi brutalement, et même si je m'y étais attendue, cela m'avais surprise. Son geste avait été tellement violent, tellement, brutal que j'eus mal un instant. J'agrippai le rebord de la baignoire pour ne pas tomber et pour éviter que ma tête ne se cogne sur le meuble en émail. Bientôt, alors qu'il donnait des coups de reins de plus en plus violents, je vis deux mains blanches venir se placer à côtés des miennes. Je pensai alors, si quelqu'un entrait dans la pièce, quel spectacle s'offrirait à lui. ? Une jeune femme, à genoux devant une baignoire vide, un homme également à genoux, la prenant violemment par derrière. Aucun mot n'était échangé entre ces deux amants, seuls des cris, des grognements et des bruits de chairs qui s'entrechoquent résonnaient dans la petite salle de bain. On aurait pu croire à deux animaux, deux bêtes. Et c'était un peu ce que nous étions. Deux êtres vivants, ayant perdu momentanément l'esprit et incapables d'avoir des pensées cohérentes, des pensées humaines.

Je le sentais aller et venir en moi, de plus en plus vite, de plus en plus fort. Il me comblait, me remplissait, comme jamais personne d'autre ne le pourrait. Il avait été le premier à me faire l'amour et je n'avais jamais eu et n'aurais jamais envie d'un autre homme. Drago et moi formions un tout, un seul et même corps, un corps brulant de désir, un corps meurtri par la guerre. Nos deux corps étaient faits pour s'assembler, c'était une évidence.

« Putain Granger ! » rugit soudain le blond derrière moi. « Tu es tellement étroite. »

Il lâcha le rebord de la baignoire et enserra ma taille de ses grandes et fines mains. Il attira mes hanches vers lui, pour ainsi rentrer encore plus profondément en moi. Il recommença plusieurs fois mais je ne pus pas compter combien. C'était trop fort, trop bon pour que j'y arrive.

« Oh ! » criai-je « Plus fort ! Plus vite Malefoy ! »

Il ne se fit pas prier et accéléra le rythme qu'il avait installé. A chaque coup de reins, il allait plus loin encore qu'au précédent. Je n'en pouvais plus, ma respiration était saccadée, je respirais difficilement, je n'allais pas tarder à jouir. Il dû le sentir, car soudain, il partit vers l'arrière et se retrouva assis sur le carrelage. Il m'entraina dans sa chute et je me trouvai assise sur lui, son visage dans mon cou, son sexe toujours en moi. Je le sentis s'allonger et il agrippa mes hanches, me forçant à aller et venir sur son membre dressé.

« Monte-moi Granger ! » il avait le souffle court lui aussi « Chevauche-moi ! Montre-moi comme tu aimes ça. »

Je me penchai en avant et agrippai ses chevilles afin de ne pas vaciller. Cette nouvelle position changea instantanément l'angle de la pénétration et je poussai un gémissement rauque. Drago souleva légèrement ses hanches pour mieux aller à la rencontre des miennes. Ce fut le mouvement de trop. Je poussai un cri de jouissance lorsqu'un puissant orgasme me parcouru. Il me dévasta complétement, j'avais l'impression d'avoir été emporté par une immense vague. Le Serpentard ne tarda pas à me rejoindre et je le sentis venir en moi. Je frissonnai de plaisir avant de descendre de lui et de m'allonger à ses côtés.

Pendant un moment, les yeux rivés au plafond, je ne pensai qu'à la puissance du plaisir qui m'avait traversé de toutes parts. A ma droite, Drago respirait calmement. Il tendit un bras vers moi et le posa sur mon ventre. Soudain, je réalisai que nous ne nous étions pas protégés. Et si je tombais enceinte ? Cela serait-il une bonne ou une mauvaise nouvelle ? Je n'en savais rien. D'un côté, l'arrivée d'un enfant dans notre vie serait un merveilleux évènement mais cet enfant serait-il heureux avec nous ? Nous étions brisés, à la limite de la folie. Serions-nous capable d'élever un enfant et de le rendre heureux ? J'en doutais fortement.

« A quoi tu penses ? » me demanda le grand blond allongé à côté de moi.

« A rien. Et toi ? » mentis-je.

Je ne voulais pas lui livrer ce à quoi je pensais vraiment. Je ne voulais pas l'effrayer. Comment réagirait-il si je lui annonçais une grossesse ? Cela non plus je ne le savais pas.

Drago bougea et vint se placer au-dessus de moi. Il m'embrassa tendrement, ses lèvres caressaient les miennes avec une douceur infinie.

« Je pense que tu as raison. » il se tut un instant le temps d'attraper mes cuisses et de les écarter. Il était insatiable. Il noua mes chevilles autour de son bassin. « On a tous les deux perdu la tête. »

Il entra lentement en moi. Je fermai les yeux pour me concentrer sur cette sensation de plénitude. Pour la deuxième fois en quelques minutes je me sentais comblée, je me sentais bien, entière.

C'était vrai. Nous étions fous. Totalement fous. Mais cela ne me faisait pas peur. Je pouvais bien devenir folle, tant que j'étais avec lui.