Vies

« Le mystère est enrobage. Il suffit d'en ôter patiemment

les couches une à une pour découvrir la solution. »

Mémoires de Gallach


Chapitre 8: Gallach

« Alors? »

« C'est terminé, je crois. »

« Il est mort? »

« Oui. »

« Qui était-il? »

« Aucune idée… »

« Et pour Gallach, tu as réfléchi? »

« Oui. Ces erreurs sont volontaires, c'est certain. Les dates aussi. 208, 225 et 278. On a trois nombres. »

« Des coordonnées? »

« Peut-être. Ou des mesures. » Il s'interrompit. Maron arrivait vers eux, un vieux livre dans les mains.

« Regardez ce que j'ai trouvé. C'est un des derniers volumes des Mémoires de Gallach. J'ai trouvé un passage étrange, qui pourrait être intéressant pour nous. »

Piccolo et Dendé échangèrent un regard.

« Vas-y, nous t'écoutons. »

« C'est ici. » Maron s'éclaircit la gorge, et commença la lecture. « J'ai remarqué que l'homme réfléchit selon un univers en trois dimensions. Dans son esprit, ces dimensions occupent un ordre particulier. D'abord la longueur, ou hauteur, puis la largeur et enfin la profondeur. Là il explique ça dans différentes situations, ça n'est pas très intéressant. Mais écoutez cet exemple là. Si l'on part du centre d'une salle, et qu'à partir de valeurs données on se déplace d'abord en longueur, puis en largeur et enfin en profondeur, alors peut-être a-t-on trouvé l'équilibre, la solution du problème. » Elle avait appuyé le terme solution. « Mais tout n'est pas si simple. L'homme évolue, sa réflexion aussi. Suivant les époques, sa vision du monde change, et avec elle sa manière de le valoriser. Ainsi, la solution ne se trouve-t-elle pas seulement dans l'espace, mais aussi dans le temps. » Elle leva la tête pour observer les réactions de deux Nameks et de Mister Popo, arrivé en cours de lecture. Ils paraissaient tous très troublés. Dendé le premier prit la parole.

« La solution... intéressant. » Piccolo marmonna.

« Hmm... ça ne veut rien dire. Gallach attache beaucoup d'importance aux solutions. Il dit que tout a toujours une solution. »

« Mais si! Suivez-moi, allons dans la grande salle d'archives. » La petite troupe suivit Dendé, prit l'escalier et arriva bientôt à l'intérieur de la salle.

« Voilà, nous sommes ici à peu près au centre de la salle. Le message de Gallach est clair. Il veut que nous trouvions quelque chose. »

« Les années erronées, ce seraient les valeurs dont il parle? » demanda Piccolo.

« Sans doute, oui. Oublions le deux. Gallach n'aimait pas le chiffre deux. Nous avons le 8, le 25 et le 78. »

« Mais il dit qu'il faut faire attention à l'époque, » intervint Maron.

« Exact. Piccolo, en 208, la valeur de mesure de distance la plus utilisée était bien le poda? » Piccolo hocha la tête.

« Par les Yorunis. »

« Bien. Huit podas, ça doit faire environ 4,30 mètres. » Dendé s'éleva alors dans les airs.

« Ici, ça me parait bon. Ensuite, en 225. »

« Le poda est toujours utilisé. »

« Hum... ça ferait plus de treize mètres... »

« Si je me rappelle bien les cours d'histoire, les Yorunis ont perdu une guerre contre les Kergans. Leur population a dû diminuer. »

« Exact! Bravo Maron! » La jeune fille vira au rouge.

« Alors, la valeur maitresse de distance des Kergans était la pierre, qui devait représenter environ 24 centimètres. Ce qui nous fait du... 6 mètres. » Dendé se déplaça dans les airs, de six mètres de coté environ, en parallèle au mur opposé à l'entrée.

« 278. L'âge d'or des Lactae. »

« Le digis, » fit Piccolo. Dendé acquiesça.

« 78 digis, environ 14,50 mètres. »

« Trop long. Tu te heurtes au mur. »

« Dans la salle d'à coté peut-être, » proposa Maron.

« Je ne pense pas. C'est un couloir. Si je me colle au mur... j'ai parcouru environ 12,50 mètres. Le mur est assez épais ici. Piccolo, tu veux bien t'en occuper? »

Piccolo acquiesça. Il s'éleva aux cotés de Dendé, et produisit un fin rayon d'énergie, juste assez pour percer le mur à la distance demandée. Dendé glissa son bras dans le trou, et l'allongea.

« Il y a quelque chose au bout. On dirait du… du bois… Un coffret… » Dendé sortit le coffret, se posa au sol, et l'offrit à la vue de tous. Maron ouvrait des yeux émerveillés. Il s'agissait d'un petit coffret tout à fait rudimentaire. Le bois était visiblement très vieux, et le cerclage de fer était noirci par le temps.

« Maintenant, Gallach, dis-nous quel est ton secret. » Dendé ouvrit le coffret. A l'intérieur se trouvait un parchemin.


« Il se passe quelque chose de pas normal. »

« C'était bien l'énergie de ta soeur? »

« Je crois oui. » Trunks interrompit Goten qui allait poser une nouvelle question. Il avait toujours la tête levée vers le ciel.

« Ils vont chez toi. Je crois qu'il est temps qu'on rentre. » Sangoten hocha la tête, et les deux garçons s'envolèrent dans un nuage de neige cristallin.


« C'est gentil d'être venu, Yamcha. »

« C'est normal. Vous tenez le coup vous trois? » Bulma, Videl et Chichi étaient assises avec lui autour de la table basse du salon de Gohan. Pan jouait par terre, à coté du fauteuil de sa mère. Toutes les trois étaient très inquiètes, et il y avait de quoi.

« Dendé a dit que les garçons reviendraient. C'est déjà ça. Quand à Bra, je suis sûr qu'ils vont la ramener vivante. Je crois qu'on peut compter sur Végéta. » La porte s'ouvrit à ce moment. C18 pénétra dans la pièce. Elle répondit à peine au salut de Yamcha, qui y était habitué. Elle s'assit silencieuse à une place libre, sous le regard des autres. Elle était inquiète. Même si elle ne le montrait pas, les autres le savaient. Elle était inquiète pour son mari.


« Alors, ce parchemin? » Ils étaient tous remontés sur la terrasse du palais céleste.

« Il est rédigé en langage divin. Je suis le seul à être autorisé à le lire. » Piccolo hocha la tête. Maron cacha à peine sa déception.

« C'est quelque chose de très important, je le sens. Même si tu ne peux pas le lire, tu peux être très fière de toi, Maron. Si tu n'avais pas été là, nous ne l'aurions jamais découvert. » La jeune fille sourit faiblement. Dendé leva alors la tête.

« Ton père arrive. » Elle se tourna vers le ciel, et vit une petite lumière s'approcher du palais. Krilin, au bout de quelques minutes, se posa à leurs cotés.

« C'est terminé. C17 a tué la créature qui avait enlevé Bra. Tu avais raison, Dendé, je n'aurais jamais pensé à lui, comme aide inespérée. »

« Vous avez pu l'identifier? »

« Une espèce de monstre vert, mais il était dans un sale état. Et Végéta a pulvérisé ce qu'il en restait. »

« Hmm... c'est dommage. Bra est saine et sauve? » Krilin hocha la tête.

« Il ne reste plus que ce mystère à résoudre. Le lien entre les bêtes que les filles ont trouvées et ce monstre est évident, mais je doute qu'on puisse en savoir plus. Sangohan veut analyser le sang de ces animaux. Enfin... on est tous chez Sangohan. »

« Les garçons vont vous rejoindre. Ils vont bien. » La question de Krilin, mais aussi celle de Maron furent ainsi coupées. Dendé se tourna vers la jeune fille.

« Merci, Maron. Merci pour tout. » Krilin lança un regard interrogateur à sa fille.

« J't'expliquerai en route. On y va? » Krilin acquiesça. Il adressa un dernier salut à ses amis, et décolla, sa fille sur le dos. Les trois habitants du palais les regardèrent s'éloigner en silence. Piccolo finit par demander:

« C'est vraiment terminé? »

« Je ne crois pas. Je ne sais pas quand, mais cette affaire va continuer. Et là, nous aurons besoin de tout le monde. Vraiment tout le monde. »


Quand Krilin et Maron entrèrent dans la pièce, personne ou presque ne fit attention à eux. Chichi serrait Sangoten dans ses bras, tout en lui criant de ne plus jamais lui refaire ça, entre deux sanglots. Bulma pleurait, dans les bras de Végéta, Bra entre eux deux. Trunks baissait la tête. Sangohan lui parlait. Seul Yamcha sembla s'apercevoir qu'ils étaient ici, ainsi que C18, évidemment. Une fois que la scène des retrouvailles fut terminée, tous s'installèrent au salon. Les évènements furent expliqués aux garçons, qui s'excusèrent de ne pas avoir été là. Au bout d'un temps de silence, Sangohan prit la parole.

« Bulma, Végéta, vous restez manger là, ce soir? »

« Non... non merci Sangohan. Je crois que… qu'on a besoin de se retrouver entre nous. » Sangohan acquiesça d'un hochement de tête, et se tourna vers les autres.

« Krilin? Yamcha? »

« Non, non, vraiment. On va rentrer aussi, vous laisser à… à vos retrouvailles. » A voir la tête de Goten, retrouvailles n'étaient sans doute pas le mot le mieux choisi…

« Yamcha? »

« Non plus. Je me lève tôt demain, et puis... je préfère vous laisser vous remettre de vos émotions. »

« T'en fais pas. On a vu pire. » Yamcha sourit. Pire sans aucun doute. Mais c'était surtout du problème de Goten dont Yamcha voulait parler.

Au bout d'une demi-heure, tous étaient partis. Pendant que Videl appelait la police pour les prévenir du retour des garçons, Sangohan sermonnait son frère. Il redescendit au moment où elle raccrochait.

« Alors? »

« Les blessés ne portent pas plainte. Le lycée non plus, à condition que Sangoten et Trunks viennent dès demain réparer les dégâts qu'ils ont causé. »

« Ouf... Ca ne se passe pas trop mal, alors. » Videl acquiesça.

« Où est Sangoten? »

« Dans la chambre de Pan. »

Sangoten ne sortit pas de la chambre de sa nièce avant le repas du soir.


« Voilà, c'est ici. »

« Je vous remercie infiniment. Pour le repas aussi. »

« Ce n'est rien. Dites... quand... quand vous aurez trouvé... votre frère... ça vous dirait qu'on se revoit? »

« Avec plaisir. » Elle afficha un grand sourire.

« Vous savez où me trouver. » Elle lui fit un signe de la main, toujours aussi souriante, ferma son véhicule et disparut quelques minutes plus tard à l'horizon.

Alors c'était ici. Il y avait un véhicule. Du même sigle que la maison de Bulma. Il y avait du monde au moins. Le petit hameau était composé de cinq ou six habitations. Chacune possédait un terrain assez important. La promiscuité de la ville, qui l'avait rendu un peu mal à l'aise, ne semblait plus avoir cours ici.

Il s'avança dans l'allée et frappa à la porte.


Il était environ trois heures de l'après-midi. Krilin et sa famille n'étaient pas rentrés depuis très longtemps. Le déménagement était désormais terminé, tous les cartons étant vides, et leur contenu bien rangé. Krilin s'était installé dans son fauteuil. Il avait parlé à C18 de l'intervention de son frère. Comme d'habitude, elle n'avait manifesté aucun signe d'étonnement. Elle avait juste esquissé un sourire quand Krilin lui avait rapporté ses paroles à propos de ses visites trop espacées.

A présent, sa femme était partie il ne savait trop où, peut-être parler avec sa fille de sa visite au Palais Céleste. Etrange cette histoire de parchemin caché par un ancien dieu. En tout cas, Krilin était sûr que Dendé savait à l'avance que Maron découvrirait quelque chose. Le jeune Dieu était toujours aussi surprenant.

On frappa à la porte. Krilin se leva pour aller ouvrir.

La porte s'ouvrit, et laissa apparaître un homme de petite taille, aux cheveux grisonnants par endroits. D'après ce que sa mère lui avait dit, Krilin avait le crâne rasé. Mais les souvenirs de sa mère remontaient à une trentaine d'années. Quoiqu'il en soit, l'homme devant lui était visiblement très étonné.

« Ton passé... Ton passé resurgira... » Son passé. Le jeune homme à qui il avait ouvert la porte, et qui se tenait à présent devant lui, avait trois yeux. Trois yeux...

« Excusez-moi... Je suis bien chez monsieur Krilin? »

« Oui, oui, c'est moi. »

« Je comprends votre surprise. J'ai trois yeux. » Krilin hocha la tête, dévisageant le mystérieux jeune homme.

« La raison de ma venue est longue à expliquer, et j'espère que vous allez pouvoir m'aider. »

« Je... entrez... entrez je vous en prie. » Il s'écarta pour laisser passer le jeune homme. Il... il avait trois yeux. Mais il avait aussi une assez longue chevelure noire, attachée par un anneau vert émeraude. Krilin l'invita à s'asseoir dans le canapé en face de lui.

« Vous... vous avez l'air de me connaître. »

« De nom, effectivement. Et par ma mère. » Krilin, toujours sous le choc de la surprise, lui adressa un regard interrogateur.

« Ma mère s'appelle Lunch. Et mon père s'appelle Ten Shin Han. D'après les récits de ma mère, c'est un des combattants les plus puissants de la Terre. Avec vous, et d'autres de ses amis, comme... Sangoku et Yamcha je crois. » La surprise de Krilin redoubla. Le fils de... Ten Shin Han? Et de Lunch? Mais...

« Quel âge avez-vous? »

« Vingt ans. »

« Vous... c'est... je n'en reviens toujours pas. »

« C'est tout à fait normal. Même mon père ne sait pas qu'il a un fils. Ou plutôt deux. » Les surprises tombaient les unes après les autres. Et apportaient autant de questions nouvelles.

« Deux? »

« Je vais vous raconter mon histoire. Ou plutôt celle de ma mère. Vous connaissez bien Lunch, je crois. Elle m'a beaucoup raconté les aventures que vous avez vécues ensemble. Après le 23e championnat du monde des arts martiaux et la victoire de Sangoku sur le démon Piccolo, elle est partie avec mon père. Il passait beaucoup de temps à s'entraîner, plus qu'à l'aimer, sans doute, mais elle était heureuse. Elle avait enfin trouvé une raison de vivre. Ils ont vécu six ans de bonheur. Puis un jour, un homme du nom de Yajirobé est venu chercher mon père et son ami Chaozu. Il parlait d'une invasion extraterrestre, et d'un entraînement chez Dieu. Un tel défi n'a pu qu'attirer mon père. Il a promis à ma mère de la retrouver quand il reviendrait de chez Dieu. Ce qu'il a fait. Mais il a poursuivi son entraînement, dix fois plus qu'avant. Elle ne le voyait quasiment plus. Il partait tôt le matin et revenait tard le soir. Et un jour, lui et Chaozu ne sont pas revenus. Elle a fait le lien entre l'arrivée des extraterrestres et la destruction de la Capitale de l'Est. Il est revenu la voir un an plus tard. Il lui a expliqué qu'il s'était fait tué, qu'il avait été ressuscité. Il lui a raconté l'histoire de Namek. Il a passé quelques semaines avec elle, puis il a de nouveau disparu. J'ai été conçu à cette période. Il n'est revenu la voir que six ans plus tard. J'étais à l'école. Elle ne lui a pas parlé de moi. Il lui a expliqué qu'il avait combattu Cell, mais qu'il avait dû se rendre à l'évidence. Il n'était plus assez fort. Alors il a recommencé à s'entraîner. Dur... de plus en plus dur. Il profitait d'un jour de repos pour venir la voir. Il lui a dit qu'il ne pouvait pas rester, qu'il devait s'entraîner. Mon frère a été conçu ce jour-là. Puis il n'est jamais revenu. » Le jeune garçon venait de terminer son récit. Krilin ne revenait toujours pas de sa surprise. Il réussit à balbutier:

« Et… et en quoi puis-je... vous aider? »

« Et bien voilà... Il y a quelques jours, mon frère s'est enfui. Il a quatorze ans et ce n'est pas une période facile. Il n'est pas revenu. J'ai donc décidé d'aller à sa recherche. Je... je crois qu'il veut retrouver notre père. Je... je me suis dit que peut-être vous sauriez où il se trouve. » Krilin secoua la tête.

« Non. Je suis désolé. Ten Shin Han a toujours été comme ça. Il reste des années sans donner de nouvelles, et un jour il réapparait. Je... je n'ai absolument aucune idée de l'endroit où il se trouve. La dernière fois que je l'ai vu... ça remonte à plus de quinze ans, je crois. » Il entendit des pas dans l'escalier. Sa fille.

« Bonjour, » fit-elle timidement.

« Voici ma fille, Maron. Mais... Je ne vous ai pas demandé votre nom… »

« Kyo. Kyo Gen Han. »

« C'est... c'est le fils d'un très bon ami. Ten Shin Han. Je t'en ai déjà parlé? »

« Oui, oui. » Maron s'installa dans un fauteuil, près de son père.

« Donc, vous ne savez pas du tout où il se trouve. Et vous ne connaissez pas quelqu'un qui pourrait me renseigner? »

« Non... non vraiment. Même Dieu ne sait pas où il se trouve. » Le jeune homme se leva.

« Bon... Je vous remercie infiniment de votre hospitalité. »

« Vous ne voulez pas rester un peu? »

« Non, merci. Je dois continuer ma quête. Ma mère compte sur moi pour le retrouver. »

« Bien. En tout cas, revenez quand vous voulez. Vous êtes le bienvenu ici. Et transmettez toutes mes amitiés à votre mère. » Kyo lui sourit.

« Je vous remercie. Ma mère ne s'était pas trompée. Vous êtes toujours aussi généreux. »


Ainsi, vous l'avez trouvé. Combien de générations divines se sont écoulées? Deux, je crois. Si mon pressentiment est bon, c'est une humaine, une humaine très spéciale qui vous a aidé à découvrir ce parchemin. Vous devez vous demander quels chiffres sont les bons? Ou, plus certainement qu'avais-je à cacher? Un Dieu qui a des secrets. Même pour ses successeurs. Etrange, non? Quoi qu'il en soit, les bons chiffres sont ceux de la densité. Pourquoi? Vous avez peut-être déjà deviné. Il existe une terre que vous ne pouvez pas voir. Aucun humain, aucun animal ne peut y accéder. Même les Dieux, même eux, ne peuvent connaître son existence. J'ai décidé de la cacher pour des raisons que je donne plus bas. Si j'ai décidé néanmoins de laisser ce parchemin ici, dans le palais, c'est d'abord parce que je considère que tout a une solution. Il me fallait donc vous en laisser une. Et ensuite, à cause de ce pressentiment. Ce pressentiment qui me dit que peut-être, un jour, ce secret vous sera important. Peut-être, qui sait, vous apportera-t-il une solution? Vous le découvrirez, selon moi, avant qu'il vous soit utile. Mais même un dieu peut faire des erreurs. Une question me tourmente à présent. Avez-vous des amis? Mon prédécesseur, et maître, n'en avait pas. Il me disait souvent que les hommes d'en bas n'étaient pas dignes d'amitié. Et pourtant... Je crois bien avoir un ami. Un véritable ami. Un sage. Gathéin. Il vivait avec son peuple, en bas, mais venait souvent me rendre visite. Il escaladait la tour Karine, savez-vous. Ou plus exactement, il la frôlait. Il lévitait. Cela doit vous surprendre. Je ne sais si c'est un don, mais je pense plutôt qu'il s'agit d'une capacité qu'il a su développer, de part sa sagesse... Quoiqu'il en soit, je m'y suis attaché. Il était un bon compagnon, nous discutions souvent de choses et d'autres. Il était sage, je l'ai dit, et il arriva un moment où il sentit sa vie chanceler. Il voulut partir une dernière fois en voyage, voir les choses du monde, comme il disait. Il m'est revenu quelques mois plus tard. Cette image, mon souvenir la gardera toujours je pense. Je ne sais exactement d'où il revenait, mais il paraissait exténué. Il semblait vieilli d'une dizaine d'années encore, lui qui était déjà si âgé. Il me dit qu'il avait vu des choses qu'il n'était pas donné de voir. Je n'avais pas suivi son parcours. Il ne voulut pas me donner le lieu de sa découverte. Il disait que même un dieu ne devait pas. Il me dit qu'il avait vu la destruction de son peuple. Il me parla d'un démon, qui viendrait. Avide de puissance, il se rendrait vers ce peuple aux mille secrets, aux mille sagesses, son peuple. Il me dit qu'il serait décimé, qu'il fallait faire quelque chose. Alors, je réfléchis. Quelque mois. Devais-je l'écouter? La réponse me parut évidente. Il était mon ami. De plus, il allait bientôt mourir. Alors j'ai fouillé ma mémoire, la somme de mes pouvoirs. La seule solution était de couper la terre de mon ami du reste du monde, de la vision des hommes, même de celle des dieux futurs, car ce démon serait lié selon Gathéin, à un être divin. Mon ami avait vu également qu'un homme de l'autre terre tuerait le démon. Sa destruction serait ainsi arrêtée. Mais il fallait protéger les secrets du peuple de Gathéin. Cette terre n'est donc désormais accessible ni par la folie des hommes, ni par le regard des Dieux.


« Qu'est-ce qui t'a pris? Mais qu'est-ce qui t'a pris? » Sa mère lui hurlait dessus depuis qu'ils étaient rentrés. Elle s'était retenue tout le temps où ils étaient chez Gohan, mais là...

« Je te l'ai dit! La police est arrivée, j'ai paniqué. »

« Paniqué! Tu ne te foutrais pas un peu de ma gueule, Trunks? » Il baissa la tête. Qu'est-ce qu'il pouvait dire de plus? Son père était adossé au mur, les bras croisé, silencieux. Bra, elle, s'était endormie dans le jet familial. Elle était à présent dans sa chambre.

« Tu m'écoutes Trunks? »

« Oui! Oui... » Trunks essayait de se rappeler ce qui s'était exactement passé la veille. Pearl était partie. Il n'y avait que ça qui comptait. Il se foutait totalement de ce que sa mère pouvait lui hurler aux oreilles.

« Passer une journée comme ça, dans la nature, sans prévenir personne. Alors que ta soeur est en danger, en plus! » Trunks serrait les dents. Il ne répondait même plus. Ils s'étaient déjà excusés au moins vingt fois avec Goten. Et sincèrement. Il s'était senti très mal quand il avait compris que sa sœur était en danger, et ils avaient décidé de rentrer au cas où on aurait besoin d'eux.

« Laisse-le maintenant. Il a eu son compte, je crois. » Trunks et Bulma ouvrirent de grands yeux stupéfaits. Jamais Végéta n'était intervenu de cette façon dans une dispute. Trunks l'observa. D'habitude, quand il se passait quelque chose comme ça, Trunks devait, après les serments de sa mère, subir deux ou trois heures d'entraînement intensif dans la salle gravitationnelle, avec son père. Etait-ce juste un plan de Végéta, pour aller plus vite dans la salle? Il était assez sournois pour ça. Mais... non, pas cette fois-ci. Peut-être pour la première fois, Végéta avait pris la défense de Trunks contre sa mère. Et cette dernière semblait vaincue par cette simple intervention de Végéta.

« Bon... Trunks, dans ta chambre, et inutile de te dire que tu es privé de sortie. Jusqu'à nouvel ordre. » Trunks s'exécuta en silence. Une fois qu'il fut monté à l'étage, Bulma s'adressa à Végéta.

« Pourquoi? » Il la regarda, silencieux. Elle répéta, précisant sa question.

« Pourquoi tu as pris sa défense? » Il ne put masquer un sourire en coin.

« Quelqu'un est venu, tu sais. » Bulma fronça les sourcils, de plus en plus perplexe.

« Quoi? »

« Pendant que tu étais chez Chichi. »

« Hé, je te rappelle que tu es parti aussi. »

« Si tu veux. J'ai interrogé Bra, chez Gohan. La petite amie de Trunks est venue passer la nuit, vendredi. Et la journée du samedi aussi. »

« Minella? »

« Non, une autre. »

« Je n'étais pas au courant. Et alors? »

« Il a dû se passer quelque chose, hier soir. Elle a dû le laisser tomber. »

« Hmm... Il y a quelque chose qui me chiffonne Végéta... Depuis quand t'occupes-tu des sentiments amoureux de ton fils? »

« Elle réveille ses instincts Saiyens. » Bulma fronça les sourcils d'incompréhension.

« Je l'ai senti quand ils ont passé la nuit ensemble. Sur la planète Végéta, quand les guerriers partaient longtemps à travers l'espace, au bout d'un certain temps, on pouvait sentir une sorte de tension. Un drôle de sentiment. C'était un état de manque. Sexuel. C'est ce qu'à Trunks. Il ne l'a jamais eu avec les autres. »

« Tu me fais peur quand tu parles de ton peuple. C'était un ramassis de brutes, misogynes, en plus. » Végéta la regarda intensément.

« Tu m'as manqué. »

« Ta gueule Végéta. Parle sérieusement. Tu ne m'as pas tout dit. » Elle savait quand il lui cachait quelque chose. Mais d'habitude, elle ne lui demandait pas. C'était généralement que quelque chose le gênait. Et gêner Végéta encore plus pouvait entraîner des conséquences... fâcheuses.

« Humf... Oui... ce n'est pas que ça. Pas seulement ça... Il n'y a pas qu'un manque Saiyen. Il y a aussi... ce que vous appelez... l'amour. » Il avait eu beaucoup de mal à dire ce mot, l'avait presque craché. Bulma sourit intérieurement. « Et puis... Bra l'apprécie. Elle l'aime beaucoup, même. »

Bulma réfléchit. Cette jeune fille... ce n'était pas qu'une copine de passage, comme Trunks en avait tant ramené. Si Végéta lui avait prêté attention, et si Bra l'appréciait, alors elle devait vraiment être exceptionnelle.

« Elle s'appelle comment? »

Végéta ouvrit la bouche pour lui répondre, mais resta muet. Bulma ouvrit de grands yeux.

« Tu as oublié? » Il grogna. Elle secoua la tête de dépit. Après tout, elle pouvait encore demander à Bra. Elle releva les yeux, et plongea son regard dans celui de Végéta.

« Hmm... Tu disais que je t'avais manqué? » Il afficha de nouveau un sourire en coin. Il la prit dans ses bras, un peu brutalement, mais c'était Végéta, et monta les escaliers.