Bonjour à tous!

Me revoilà après une très longue absence pour laquelle je m'excuse profondément : je suis vraiment, vraiment désolée, je sais à quel point c'est pénible d'attendre pendant des mois la suite d'une histoire qui ne vient pas. Quand j'ai posté le chapitre six je ne pensais pas que je mettrais aussi longtemps à écrire la suite, mais ces derniers mois j'ai été atteinte de cet horrible syndrome bien connu : la page blanche. Je ne parvenais pas à écrire l'histoire qui se déroulait dans ma tête, les mots ne venaient pas, et quand ils venaient, ils ne me plaisaient pas. C'est pourquoi je n'ai pas forcé. Je sais que l'attente est vraiment pénible pour vous, les lecteurs qui attendez la suite, et je m'en excuse encore une fois. Mais je suis quelqu'un qui préfère mettre longtemps à produire un chapitre qui soit bien, plutôt que de vouloir écrire à tout prix et que le chapitre soit nul. Je ne vois pas l'intérêt de présenter quelque chose dont je ne sois pas satisfaite.

Comme toujours je remercie également tous ceux qui lisent cette histoire, qui la suivent et qui la mettent dans leurs favoris. Et un gros merci à tous ceux qui m'ont laissé une review, c'est très motivant pour moi!

Enfin bref! Je ne vais pas vous ennuyer plus longtemps, voici la suite! Ce chapitre est un passage clef qui marque un tournant de l'histoire, mais je n'en dit pas plus...

Disclamers : Les personnages et l'univers ne m'appartiennent pas, ils sont la propriété de J.K Rowling et de S. Meyer. Seule l'histoire m'appartiens et je ne touche pas d'argent pour mes écrits.

Avertissement : Cette fiction sera un slash, c'est-à-dire qu'il y aura une histoire d'amour entre deux hommes (je ne sais pas encore s'il y aura un lemon), donc homophobes passez votre chemin. Je tiens vraiment à préciser que je ne tolérerai AUCUNE remarque homophobe, donc pour ceux qui n'aiment pas les relations homosexuelles, rien ne vous oblige à lire.

Note : Comme je l'ai dit précédemment, Bella Swan ne fait pas parti de cette fic, je part donc du principe qu'elle n'a jamais mis les pieds à Forks et les Cullen ne la connaissent pas. J'ai également amené quelques modifications, à savoir que dans mon histoire Ron et Hermione sont morts (je sais c'est cruel, surtout que je les aime bien).

Très bonne lecture à vous, on se retrouve à la fin de ce chapitre !

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Les jours qui suivirent cette discussion virent le comportement d'Harry changer une nouvelle fois. Bien que gardant une certaine réserve prudente, le sorcier ne se montrait plus aussi agressif envers les Cullen. Enfin presque. Car s'il se montrait à nouveau poli avec Edward, Jasper, Rosalie et Alice, ce n'était pas le cas avec Emmett qui n'y comprenait rien. En effet, Harry en voulait toujours au vampire d'avoir voulu le bouffer sous sa forme animagus et il pouvait être assez rancunier...

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En ce soir d'octobre, la tension était à son comble dans le spacieux et élégant salon de la villa du clan Cullen. En effet, Alice avait eu une vision des plus inquiétante. Environ un an auparavant, trois vampires nomades étaient arrivés à proximité de Forks : deux hommes, Laurent et James, et une femme nommée Victoria. Les Cullen les avaient tout d'abord accueilli avec hospitalité, malgré leur régime alimentaire qui différait du leur. Malheureusement, les nomades n'avaient pu refréner bien longtemps leur instinct et ils avaient décrété que Forks serait leur nouveau terrain de chasse.

Le clan Cullen ne pouvait faire autrement qu'intervenir avant que le trio de vampires ne tue des humains. Carlisle et sa famille n'avaient pas l'intention de devoir quitter la région et avait tout fait pour arrêter les nomades avant qu'il ne soit trop tard. Laurent, intrigué par le mode de vie des vampires végétariens avait été relativement facile à convaincre d'abandonner ce projet dangereux et il était parti vers le nord, en direction du clan Denali. Ses deux compagnons en revanche étaient bien plus féroces et déterminés. Un combat avait eu lieu et Edward avait été obligé de mettre un terme à la vie de James, un redoutable traqueur. Sa compagne était parvenue à s'enfuir et tout était finalement rentré dans l'ordre.

Cependant Victoria semblait bien décidée à venger la mort de son bien-aimé. Pour cela elle avait enfreint une des plus importantes règles imposées par les rois vampires Volturi : elle avait créé une armée de vampires nouveaux-nés. Le problèmes des nouveaux-nés, c'était leur manque total de contrôle, il étaient assoiffés de sang et leur force était décuplée : ils étaient tout simplement de redoutables et implacables machines à tuer.

Or Victoria avait décidé de revenir à Forks et d'exterminer le clan Cullen, et tout particulièrement Edward puisque c'était lui qui avait tué son bien-aimé James.

Bien sûr, ils auraient pu demander assistance au clan Volturi pour leur venir en aide et détruire cette armée de nouveaux-nés, mais les Cullen et les Volturi étaient en froid depuis quelques années. En effet, Aro était un grand collectionneur, sans cesse à la recherche de vampires au don intéressant à ajouter à la garde Volturi. Or Edward, Alice et Jasper avaient tous trois refusé la proposition du roi vampire qui n'avait vraiment pas apprécié ces refus.

Le clan de vampires aux yeux dorés se retrouvait donc seul face à la menace. Heureusement, ils avaient Jasper. Ce dernier, bien décidé à ce que sa famille s'en sorte en un seul morceau, avait pris la décision d'apprendre aux autres vampires végétariens la manière de combattre des nouveaux-nés.

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C'est pourquoi le clan Cullen au grand complet se tenait à présent dehors, juste derrière leur maison.

- Il est temps que je vous enseigne comment nos adversaires se battent et la meilleure façon de les vaincre, commença Jasper d'une voix sûre, les bras croisés sur le torse, ses cicatrices brillants légèrement à la lumière. Comme vous le savez, ils sont tous très jeunes, ils ne sont âgés que de quelques mois, quelques jours même pour certains. Ce ne sont encore que des enfants de ce point de vue là. Ils n'auront aucune connaissance, aucune expérience dans le domaine du combat. Pour le moment Alice en dénombre vingt mais ce chiffre peut diminuer, les nouveaux-nés se battent beaucoup entre eux, ou il peut au contraire augmenter si Victoria décide d'agrandir son armée. Le cas échéant, Alice nous préviendra.

- Ils traverseront les montagnes dans quelques jours, je n'ai pas encore de date précise mais ça ne devrait plus trop tarder, ajouta Alice de sa voix mélodieuse et claire. Dès qu'ils se mettront en marche, je serai en mesure de les localiser précisément. Ça nous donnera un avantage sur eux.

Jasper acquiesça aux paroles de sa compagne avant de reprendre :

- Les nouveaux-nés se battent comme des enfants, ils sont totalement désorganisés, ils n'ont pas d'idée, de stratégie précise en tête. Il y a deux éléments très importants à ne jamais oublier face à des nouveaux-nés : ne les laissez jamais enrouler leurs bras autour de vous et ne tentez pas une approche directe, vous n'auriez aucune chance. En revanche tant que vous les attaquerez sur le flanc et ne cesserez de bouger, ils seront désorientés et ne sauront comment réagir face à vous.

Il leur montra ensuite différentes attaques, différentes prises leur permettant de dominer et vaincre la force brute de leurs futurs adversaires.

Puis Jasper s'installa un peu à l'écart et observa sa famille s'entraîner par groupe de deux, donnant parfois quelques conseils. Les yeux dans le vague, l'empathe se perdit peu à peu dans ses pensées. La menace des nouveaux-nés le renvoyait aux années sombres de son passé. Il se rappelait encore son enthousiasme enfantin et sa vision naïve et embellie de la guerre, lorsqu'il était encore humain, cet enthousiasme qui l'avait poussé à mentir sur son âge et à s'engager dans l'armée. Naïf et innocent, il ne voyait que l'aspect glorieux et héroïque de la guerre, la fierté de porter l'uniforme et la fierté de pouvoir participer à un tournant de l'histoire de son pays. Il se souvenait encore du plaisir qu'il avait pu ressentir en voyant l'admiration et l'émerveillement qui prenaient place dans le regard des gens qui le croisaient, lui, le beau jeune homme qui incarnait la fierté et le courage du soldat, lui, Jasper Whitlock, le plus jeune major de toute l'armée. Dieu qu'il était ignorant à l'époque ! Il n'avait pas encore compris que ce qu'il avait vécu jusqu'alors n'était rien en comparaison à ce qui l'attendait. Le jour où sa route avait croisée celle de Maria et ses sœurs, sa vie avait totalement basculée. Les années qui suivirent furent terriblement éprouvantes. Les vampires ne ressentaient pas la fatigue et n'avaient pas besoin de dormir. Pourtant, chargé d'encadrer et d'entraîner des troupes de nouveaux-nés, Jasper avait ressenti une lassitude extrême et une profonde fatigue. Son don d'empathe se transformait en calvaire dans cet environnement de haine, de sauvagerie et de violence dont les traces orneraient son corps à jamais. Ce n'était alors plus un don mais bel et bien une malédiction. Il avait sombré dans un cercle infernal de noirceur, de dépression et de douleur, de culpabilité et de solitude...

Une main ferme et pourtant réconfortante se posa sur son épaule, le tirant soudain de ses sombres pensées.

- Jasper ? Tout va bien ? fit Edward, soucieux.

Cela faisait longtemps que Jasper n'avait pas eu des pensées aussi sombres et ce qu'Edward avait entendu dans l'esprit de son frère l'inquiétait. La situation actuelle faisait remonter de mauvais souvenirs chez l'ancien soldat et le télépathe en était peiné, il était très proche de son frère et c'était régulièrement auprès de lui ou de Carlisle que Jasper venait chercher le calme propice à l'apaisement de son âme.

- Ne t'inquiète pas Edward, ce ne sont que de vieux souvenirs, répondit l'empathe avec un doux sourire.

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De son côté, Harry était inquiet. Il avait bien compris qu'il se préparait quelque chose d'important chez les vampires aux yeux d'or. Depuis quelques jours en effet, les Cullen semblaient... différents. Les autres élèves n'avaient pas l'air d'avoir constaté un quelconque changement, malgré le temps qu'ils passaient à admirer la beauté froide des vampires. Mais Harry était plus observateur, la guerre lui avait appris à remarquer le moindre changement, l'évolution la plus infime dans l'attitude d'un ennemi potentiel. Ainsi, il avait pu constater que plus les jours passaient, plus les Cullen étaient fébriles, tendus dans l'attente. Mais l'attente de quoi ? Les vampires paraissaient préoccupés, inquiets. Lorsque le jeune sorcier les voyait au lycée, ils gravitaient étrangement autour de l'une d'eux. Ils semblaient questionner Alice régulièrement, espérant (ou redoutant) qu'elle leur annonce une nouvelle. Le Survivant avait d'abord pensé qu'Alice avait un problème, quelque chose qui inquiète toute sa famille, avant de se rappeler les paroles qu'avait prononcé Jasper quelques jours auparavant. Alice avait de visions du futur. En réalité, ce que les Cullen guettaient avec tant d'impatience n'était autre qu'une prédiction.

Le Sauveur espérait qu'Alice soit une meilleure voyante que le professeur Trelawney qui lui prédisait sa mort au moins une fois par semaine. Elle avait fini par avoir raison, certes, lorsque Voldemort avait tué Harry dans la Forêt Interdite, pendant la grande bataille de Poudlard, mais une enseignante qui prédit sans cesse la mort d'un de ses élèves, cela reste légèrement... perturbant.

Harry préféra chasser les souvenirs de cette triste journée de mai, revenant à ses préoccupations présentes. Il songeait à renforcer les protections en place sur sa maison, au cas où cela se révélerait nécessaire. Car ce qui était en mesure d'inquiéter tout un clan de vampires avait sans aucun doute de quoi l'inquiéter lui aussi.

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Finalement le jour tant appréhendé finit par arriver. Alice et Jasper étaient partis chasser en amoureux et ils étaient sur le chemin du retour quand la vision eut lieu. La voyante s'arrêta soudainement, les yeux dans le vague, comme si elle n'était plus vraiment là et que son esprit était très loin d'ici.

Jasper lui prit doucement la main, attendant avec impatience, certain que cette vision concernait l'armée des nouveaux-nés.

- Ça y est, Victoria s'est décidée, annonça Alice après avoir repris ses esprits. Ils attaqueront demain à l'aube.

- D'où arriveront-ils ? s'enquit Jasper, établissant d'ors et déjà un plan d'attaque dans son esprit.

- Ils traverseront les montagnes dans deux heures en passant par le col d'hivers. Ils prendront ensuite vers l'ouest.

Le couple échangea un regard puis reprit sa course vers la villa Cullen. La bataille était proche.

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Le lendemain, à l'aube, les sept membres du clan Cullen se tenaient prêts à se battre. Positionnés dans une clairière isolée loin de tout chemin de randonnée et située sur la trajectoire des nouveaux-nés, ils attendaient. Ce lieu était le plus propice à l'affrontement qui allait avoir lieu.

D'une douce vague de son pouvoir, Jasper tenta d'apaiser la tension de sa famille. Concentré, il laissa ses instincts de soldat vampirique refaire surface.

Alice usa encore une fois de son don pour suivre l'avancée de leurs ennemis qui seraient bientôt là.

À quelques pas, Carlisle jeta un regard à sa douce et tendre épouse. En tant que vampire elle était aussi résistante que n'importe lequel d'entre eux et elle était tout à fait capable de se défendre, mais Carlisle n'était pas rassuré. Il aurait aimé qu'Esmée n'ait pas à se battre, ce n'était pas dans sa nature, elle qui était toujours un modèle de douceur et de paix.

Cette dernière dû deviner les pensées de son cher compagnon car elle entrelaça tendrement ses doigts aux siens et lui assura dans un murmure que tout irait bien.

Emmett, lui, aurait préféré qu'une telle menace ne pèse pas sur sa famille mais puisque le combat était inévitable, il avait bien l'intention de massacrer le plus de nouveaux-nés possible et de mesurer sa force à la leur.

À ses côtés Rosalie scrutait la lisière des arbres, impassible, dressée dans l'attente. Elle n'avait pas peur de Victoria et de son armée. La seule chose qui lui faisait peur c'était de perdre les siens. Pour sa famille elle se battrait de toutes ses forces et Victoria regretterait d'avoir voulu s'en prendre à eux. Elle le jurait.

Perché sur un rocher en hauteur, Edward avait saisi les pensées de chaque membre de sa famille. Lui aussi était dans un état d'esprit particulier : tous ses sens aux aguets, il était prêt à se battre pour défendre son clan mais en même temps il ne pouvait s'empêcher de songer à sa vie, comme pour en faire le bilan. Il repassait en revue ses actes passés, ses pensées, les personnes qu'il avait côtoyé, et ce qu'il n'avait pas encore accompli. D'une certaine manière, il se préparait à quitter ce monde si jamais il perdait la vie dans cette bataille. Mais qu'y avait-il après? Edward ignorait s'il existait une quelconque vie après la mort mais si c'était le cas il se savait condamné à l'Enfer et à ses tourments éternels en punition pour ses crimes et ses erreurs. Quel autre sort pour une créature qui avait perdu son âme il y a de cela près d'un siècle? En réalité, sans doute valait-il mieux qu'il n'y ai rien et que la mort soit la fin de tout. Ainsi, plongé dans le néant absolu, il serait enfin délivré de ses doutes que le sommeil ne venait plus apaiser depuis qu'il était devenu un vampire.

Le bruit ténu de l'armée de nouveaux-nés parvint alors jusqu'à lui, le tirant de ses pensées. Les vampires récemment créés étaient trop incontrôlables et malgré leurs facultés qui auraient du leur permettre de se déplacer sans bruit, les Cullen purent les entendre approcher.

Edward se projeta mentalement vers eux mais ne rencontra pas de conscience à proprement parler. Au lieu de percevoir clairement leurs pensées, comme c'était le cas avec les autres êtres, le télépathe plongea dans un océan déchaîné. Tout ce qui ressortait de cette masse confuse et grouillante, c'était la soif de sang. La violence. L'envie de se battre. De tuer.

Les Cullen se regardèrent tous une dernière fois puis déferlèrent sur les nouveaux-nés qui venaient de surgir dans la clairière.

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Harry dormait d'un profond sommeil réparateur lorsqu'une sensation qu'il pensait disparue le réveilla brusquement. Sa cicatrice en forme d'éclair le brûlait comme si l'on venait de lui appliquer une barre chauffée à blanc sur le front. La douleur lui sciait le crâne, nulle pensée cohérente ne parvenait à franchir l'épais brouillard de souffrance qui entourait son esprit. Gémissant, le cœur au bord des lèvres, Harry tenta de rassembler toute sa volonté afin de se lever de son lit. Sa cicatrice ne l'avait plus fait souffrir depuis ce jour sanglant de mai dernier où il avait tué Voldemort et l'horcruxe qu'il portait en lui sans le savoir depuis seize longues années.

Étant enfin parvenu à se lever, le sorcier fit quelques pas chancelants, désireux de se passer de l'eau fraîche sur le visage, dans l'espoir d'apaiser le feu qui lui ravageait le front. C'est alors qu'il sentit soudain un soufflé glacé et putride lui effleurer la nuque. Il se retourna brusquement et son cœur rata un battement.

Face à lui se tenait le terrifiant Lord Voldemort, Seigneur des Ténèbres. Il était tel que dans les souvenirs du Survivant : l'aspect davantage reptilien qu'humain, drapé dans une grande cape noire et le teint livide. Harry se sentit happé par le regard du mage noir, ses yeux rouges comme le sang brillaient d'une lueur cruelle.

Voldemort le menaçait de sa baguette, ne laissant même pas au gryffondor la moindre chance de récupérer la sienne. La voix doucereuse et glacée de l'assassin des Potter s'éleva dans le silence feutré de la maison.

- Harry Potter... Enfin nous nous retrouvons.

Une goutte de sueur coula dans le dos d'Harry, horrifié.

- C'est impossible... Vous êtes mort... Je vous ai tué de mes mains!

Dépassé par l'apparition soudaine de son ennemi mortel qu'il pensait enfin mort pour de bon, Harry perçu clairement la note d'hystérie dans sa propre voix qu'il aurait souhaité plus assurée. C'était impossible, il ne pouvait pas être vivant ! Tant de personnes avaient donné leur vie pour lui permettre d'accomplir la prophétie, tant de ses amis étaient morts avec l'espoir qu'il les vengerait, il ne pouvait pas avoir échoué !

- Vraiment? fit l'héritier de Serpentard avec un rictus amusé qui glacerait le sang de n'importe qui. Dis-moi, Harry, est-ce que j'ai l'air d'être mort?

Sans attendre une quelconque réponse, le Lord poursuivit :

- Tu ne pensais tout de même pas que tu étais parvenu à me tuer? Voyons, je pensais pourtant que tu n'étais plus aussi naïf qu'autrefois! Quoi qu'il en soit, cette histoire de... « Survivant » a assez duré et cette fois-ci tes amis ne sont pas là pour mourir à ta place!

La situation était irréelle. Cauchemardesque. Harry pensait pourtant que la destruction des horcruxes anéantirait Voldemort! Ce monstre avait-il découvert un autre moyen d'échapper à la mort? Était-il finalement parvenu à atteindre l'immortalité qu'il recherchait depuis si longtemps ! Ce monstre était-il donc invincible ?

Son cœur battait à tout rompre dans sa poitrine, comme s'il voulait la faire exploser et la panique acheva de le gagner. Il était seul, désarmé, puisque sa baguette était restée sous son oreiller, et donc totalement à la merci du sorcier en face de lui. Il ne voyait aucun moyen de s'en sortir. Et s'en sortir pour faire quoi? Sans Dumbledore, ni Ron et Hermione, aurait-il la force de se battre à nouveau contre le Seigneur des Ténèbres? Réaliste, il savait que sans ses amis il ne serait pas parvenu à survivre à la chasse aux horcruxes, alors serait-il capable de survivre à nouveau, sans eux? Lui qui avait abandonné l'Angleterre pour échapper à la reconnaissance du peuple sorcier, que se passerait-il s'il annonçait que le plus terrifiant mage noir du siècle était revenu une nouvelle fois? Aurait-il la force et la volonté de reprendre le combat? Harry aurait voulu répondre non, dire qu'il ne pouvait plus se battre, qu'il en avait déjà suffisamment fait ces dernières années et qu'il avait payé le prix fort. Mais le jeune homme savait au fond de lui que jamais il ne serait capable d'abandonner les gens à leur funeste sort sans tout mettre en œuvre pour les aider, quant bien même il devrait y laisser la vie. Rogue aurait, à n'en pas douter, qualifié ce comportement de « complexe du héros typiquement gryffondorien, sauveur de la veuve et l'orphelin ». Et peut-être n'avait-il pas totalement tort, au fond...

Voldemort s'approcha d'Harry, assuré dans ses mouvements, calme et déterminé. Une violente angoisse étreignit alors le jeune homme aux yeux verts et lui coupa presque la respiration. Allait-il donc mourir ainsi, abattu comme un vulgaire animal par celui qui le traquait depuis son enfance? Voldemort allait-il donc finalement sortir victorieux de ce combat qui les opposait depuis si longtemps? Et après lui avoir échappé pendant des années, allait-il mourir ici, son cadavre pourrissant éternellement à l'insu de tous?

Voldemort eut un sourire victorieux.

- Adieu, Harry Potter.

C'était la fin. Harry avait perdu.

- Avada Keda...

Harry se redressa alors brusquement dans son lit, un cri coincé dans la gorge. Ses vêtements collaient à ses membres humides de sueur. Un cauchemar. Ce n'était qu'un horrible cauchemar. Mais il lui avait semblé si réel : la douleur de sa cicatrice, la peur qui lui avait étreint le cœur et la puissance oppressante et maléfique émanant de Voldemort.

- Tout va bien, ce n'était qu'un cauchemar… Il est mort… définitivement mort… je suis en sécurité, tenta de se raisonner Harry, chamboulé par ce songe.

Ayant la désagréable sensation d'étouffer, Harry se leva, bien décidé à fuir les derniers lambeaux de cauchemar qui s'accrochaient à lui, malgré l'heure bien matinale : le soleil n'était pas encore levé. Il prit une rapide douche, se vêtit et sortit respirer l'air frais du dehors. Seuls les bruits ténus de la forêt venaient troubler le calme alentour, comme le doux pépiement de quelques oiseaux qui se réveillaient dans le délicat bruissement des feuilles des arbres qui ondulaient dans la brise matinale…

Peu à peu apaisé, Harry poussa un profond soupir, détendant les muscles noués de ses épaules.

Il eut alors un besoin impérieux de prendre sa forme d'animagus, ce qu'il fit sans attendre. Merlin qu'il aimait se transformer en panthère ! Il avait alors uns telle sensation de liberté et il lui semblait toujours que plus rien d'autre n'avait d'importance.

Il se promena donc ainsi, trottinant doucement dans la forêt et profitant de cette calme solitude pour se remettre de son horrible songe. Voldemort revenait quotidiennement dans ses cauchemars, cette nuit ne faisait pas exception, mais celui-ci avait été particulièrement éprouvant. La douleur de sa cicatrice avait été si réelle qu'il s'attendait presque à ce qu'elle le fasse à nouveau souffrir comme du vivant du mage noir. Il aurait aimé avoir quelqu'un à qui parler de ses cauchemars mais c'était malheureusement un luxe qu'il ne pouvait se permettre.

C'est alors qu'un incroyable fracas lui parvint du lointain, un inimitable concert de cris et de hurlements. Un combat faisait rage non loin de là. Il hésita quelques secondes à rentrer chez lui au plus vite mais ne pu finalement s'y résoudre. Il voulait savoir ce qui se passait, autrement il ne serait pas tranquille. L'ignorance pouvait être le plus grand des dangers. Il s'approcha donc furtivement, ses pattes ne produisant qu'un très léger son feutré sur le sol. La panthère arriva alors à l'orée d'une clairière où se déroulait un incroyable spectacle.

La famille Cullen était aux prises avec un groupe d'une bonne vingtaine de vampires enragés. Jamais Harry n'avait assisté à pareil affrontement : pendant la guerre, les seuls vampires ayant participé aux combats étaient dans les rangs du Seigneur des Ténèbres. Ici les vampires ne luttaient pas contre des sorciers, mais contre leurs propres semblables dans un déchaînement de violence. Le son de leurs corps de marbre entrant en collision résonnait comme un coup de tonnerre fracassant dont les échos se propageaient alentour.

Le jeune sorcier fut soufflé par la différence entre les deux camps. Le groupe le plus nombreux semblait être mené par une femme vampire aux longs cheveux d'un roux flamboyant. Elle se mêlait en réalité très peu aux combats, surveillant ses troupes et leur lançant quelques directives à l'occasion. Cependant il sembla au Gryffondor que ses directives étaient peu écoutées.

Les vampires se jetaient dans la mêlée sans la moindre organisation apparente, sans accorder la moindre importance à ceux de leur propre camp, si bien que certains s'entravaient les uns les autres. Même des enfants auraient été plus organisés. Mais les vampires se jetaient sans crainte dans la bataille, leurs crocs luisants sortis, prêts à mordre et à démembrer leurs ennemis, masse grouillante de violence dont les cris de rage, de folie et de souffrance, résonnaient aux oreilles d'Harry.

Et face à cette horde démoniaque, le clan Cullen. Le contraste avec leurs adversaires était total. Bien qu'en flagrante infériorité numérique, les Cullen étaient bien plus organisés et donc, bien plus efficaces. Ils étaient perpétuellement en mouvement, tournant autour de leurs ennemis, sans jamais leur laisser l'occasion de les toucher. On aurait pu croire que les membres du clan Cullen dansaient tant leurs mouvements étaient fluides et gracieux, maîtrisés et efficaces, mortels et implacables.

Les nouveaux-nés n'avaient aucune chance.

Emmett et Rosalie faisaient équipe, alliant la force brute du brun et l'agilité de la belle blonde.

Jasper était une véritable machine de guerre : les instincts du Major avaient repris le dessus.

Alice, tel un petit lutin farceur, semblait presque jouer, tant son attitude sautillante faisait penser à une petite fille malicieuse, avant d'éliminer chaque ennemi qui lui faisait face.

Carlisle se battait proprement dans la mesure où il éliminait les nouvaux-nés avec une précision et une rapidité quasi-chirurgicale, tout en gardant un œil sur une magnifique femme qui se battait non loin de lui et qui s'en sortait sans problème. Harry ne l'avait pas encore rencontrée et il en déduit qu'il s'agissait de la compagne du docteur Cullen.

Puis le regard du sorcier se porta sur Edward Cullen. Il se battait férocement, donnant du fil à retordre à ses adversaires. Il se battait bien, il fallait l'admettre, il avait déjà détruit plusieurs vampires, cependant il semblait être une cible de choix car les nouveaux-nés l'attaquaient sans relâche, de plus en plus nombreux, si bien qu'Edward commença à être débordé. C'est alors qu'un nouveau-né parvint à lui sauter dessus et à s'agripper à lui. Il l'emprisonna dans l'étau de ses membres doués d'une force que seuls les nouveaux-nés possédaient.

S'il n'y avait eu que lui, Edward aurait fini par s'en défaire mais les autres, voyant le vampires aux cheveux cuivrés entravé par l'un des leurs, se lancèrent sur lui avec une fougue toute renouvelée.

Esmée aperçue alors son fils en mauvaise posture. Elle cria son prénom, la peur au ventre. Mais avant qu'elle puisse esquisser le moindre geste vers lui, une grande et splendide panthère noire surgit brusquement de la forêt et se jeta sur un nouveau-né qui allait décapiter le télépathe.

Encore une fois Harry n'avait pas réfléchi et s'était laissé dominer par son instinct qui lui avait crié de venir au secours du vampire moldu. C'était stupide. Terriblement et foutrement stupide. Il venait de se plonger dans un combat qui n'était pas le sien et dont il ne savait rien. Pourquoi les Cullen et les vampires menés par la rousse se battaient-ils? Qui était en tord? Harry ne savait rien ou presque des Cullen, ils pouvaient très bien être à l'origine du conflit. Et pourtant il venait de se jeter sur des vampires enragés dans le seul but de venir en aide à Edward. Mais il était trop tard pour faire marche arrière. Il ne pouvait plus reculer : il devait à nouveau se battre pour sa vie qu'il avait stupidement mise en danger, sans penser aux conséquences. D'aucun dirait que cela devenait une habitude…

Harry ne s'était que très peu battu sous sa forme animagus pendant la guerre et les quelques personnes, ennemis ou amis, qui l'avaient aperçu en panthère n'étaient plus de ce monde.

Le sorcier arracha à l'aide de ses crocs puissants la main d'un vampire qui tenait le cou du télépathe puis bondit à nouveau sur le vampire qui empêchait Edward de se mouvoir.

La soudaine arrivée de cette mystérieuse panthère noire venue au secours du vampire végétarien causa un bref instant de flottement dans les deux camps. Ragaillardis, les Cullen furent les premiers à se reprendre et firent preuve d'une ardeur renouvelée dans le combat.

Voyant ses dernières troupes en mauvaise posture et devinant qu'elle ne sortirait pas vainqueur de ce combat, la rousse Victoria poussa un feulement furieux avant de se détourner de la bataille, bien décidée à fuir tant qu'il en était encore temps. Mais elle ne pu guère faire plus de deux pas avant que la sublime Rosalie ne se dresse face à elle.

- Pas si vite, pétasse ! cracha la végétarienne.

Un grognement sourd sortit de la gorge de la rousse, ses yeux carmins brillants d'une haine farouche.

Mais cela n'impressionna nullement Rosalie qui se jeta sans plus attendre sur son ennemie. Ce ne fut alors plus que grognements, coups et fureur. De sa main gauche, Victoria empoigna violemment la chevelure blonde de son adversaire, bien décidée à lui briser la nuque, mais ne pu y parvenir car Rosalie lui arracha la main droite avant de lui asséner un violent coup de boule qui fissura le visage de la rousse comme si elle était faite de porcelaine.

D'une prise de combat complexe que lui avait appris Jasper, la belle blonde mit Victoria à genoux, lui maintenant le bras qui lui restait dans le dos . Elle s'empressa d'ailleurs de le lui arracher également, semblant se délecter du cri que poussa sa victime. Puis elle se pencha et murmura à l'oreille de la vampire aux yeux rouges :

- Tu as fait une grossière erreur en revenant à Forks, fit-elle d'une voix glaciale. Tu n'aurais jamais du t'en prendre à ma famille.

Et sans lui laisser la moindre chance de survivre, Rosalie décapita Victoria, mettant un terme à sa vie. Elle ressentit de la satisfaction mais également et surtout, du soulagement. Victoria était une menace pour sa famille, elle l'avait donc éliminée : jamais plus elle ne menacerait les Cullen.

Harry, lui, était toujours aux prises avec une poignée de nouveaux-nés, les seuls qui n'avaient pas encore été réduits en pièces. Il combattait au côté d'Edward et de Carlisle qui était venu les aider, toujours sous sa forme animagus. Malheureusement, malgré son agilité féline, les vampires étaient bien plus rapides et solides que lui. Avec sa baguette il lui aurait été plus simple de leur tenir tête mais cela impliquerait qu'il se transforme devant les Cullen.

Au final, on ne lui laissa guère le choix : un nouveau-né venait de le saisir par la patte arrière droite, l'envoyant brutalement au sol, à plat sur le ventre. Le choc lui vida les poumons et une douleur sourde explosa dans sa cage thoracique.

Instinctivement, il reprit forme humain, saisit sa baguette d'une main ferme et sûre, et eut tout juste le temps de se tourner sur le dos et de lancer un sortilège au vampire qui s'apprêtait à lui sauter dessus.

- Expulso !

Le vampire fut alors éjecté à cinq mètres, abasourdit de voir sa proie se transformer soudainement en humain. Sans attendre que son adversaire se reprenne, Harry sauta sur ses pieds :

- Inflamare !

Le vampire s'enflamma alors dans un hurlement où souffrance et agonie se mêlaient. Rapidement ses cris se turent et il ne resta plus de lui qu'un tas de cendres que la légère brise du matin commençait déjà à éparpiller doucement.

Harry réalisa alors que le silence était retombé sur la clairière, presque comme si les bruits, les cris et le fracas du combat n'avaient jamais existé ailleurs que dans leurs rêves.

Harry se détourna des quelques restes de son adversaire et fit face au clan Cullen au grand complet qui le fixait avec un mélange de stupeur, d'incompréhension mais aussi de gratitude, notamment dans les yeux de Carlisle qui se rendait bien compte que le jeune homme en face de lui avait très probablement sauvé son fils Edward.

Le Garçon-qui-a-survécu avait conscience de se trouver dans une situation particulièrement complexe qu'il aurait voulu éviter à tout prix. Mais il était trop tard, il n'avait pas d'échappatoire, ce qui avait été fait ne pouvait être défait.

- Je crois que cette fois-ci c'est toi qui nous dois quelques explication Harry, finit pas dire Edward.

À suivre...

Et voilà ! Harry se retrouve donc dans une situation particulièrement délicate, comment va-t-il y faire face ? Les Cullen vont-ils enfin obtenir des réponses sur le terriblement mystérieux Harry Black ? Vous le saurez dans le chapitre suivent ! J'essaierai de ne pas vous faire autant attendre que pour ce chapitre, promis !

En tout cas j'espère vraiment que vous avez apprécié ce chapitre, laissez-moi une review, j'y répondrai avec grand plaisir.

Merci pour votre lecture, on se retrouve pour le chapitre 8 !