Paprika Star: Ne suis contente si je t'ai un peu fait changer d'avis par rapport à ce genre de pairing. Ça me prouve aussi que ce que j'écris est lisible. Merci à toi d'avoir lu aussi, même (surtout) si ça ne te tentais pas au départ ^.^ Merci aussi pour les compliments. Etant ma première fic, ça fait d'autant plus plaisir ^.^ En espérant que la suite plaira autant que jusque là.

Originel: Si je peux couper là...la preuve. Mais bon voilà la suite (désolée, j'ai complètement oublier de poster mercredi...trop de choses à faire ça ne se reproduira plus). Et ne panique pas! Dis toi que la fic est déjà finie, donc que tu sauras la fin...mercredi prochain (si je n'oublie pas...). Merci aussi de trouver cette fic aussi bien ^.^

Pardonne moi

Il fait froid. Tout est blanc. Rien ne bouge… Je me retrouve seul devant une étendue blanche sans fin. Le pire dans tout ça c'est que je ne sais pas si je suis en vie ou non. Je ressens que je suis debout…enfin je crois. C'est tellement étrange. Ou alors je ne suis plus qu'un esprit. Ça serait plus en adéquation avec ce que je sens. Je ne sens plus rien, voila pourquoi ça colle avec cette hypothèse. Je crois voir une étendue blanche mais je n'en sais rien. Par contre ce dont je suis certain c'est que j'ai froid. Je ne sais pas s'il fait froid, mais j'ai froid. Alors tant qu'à être là, autant se donner l'illusion de bouger…

Je me mets en marche, j'avance, du moins peut-être… je crois. Je ne sais pas. Une autre chose que je ne sais pas c'est, depuis combien de temps je suis là. Ça pourrait faire des siècles comme une seconde à peine. Le temps, l'espace, la matière, tout est abstrait pour moi en ce moment… Je suis peut-être même mort, et donc penser ne me sert plus à rien. Par contre si c'est ça ma mort… ça ne va pas être drôle tous les jours.

Un Enfer blanc, voila où je suis. J'avais entendu parler d'un Paradis blanc, mais là… Là rien ne m'approche d'un quelconque paradis…

Je ne ressens aucune fatigue non plus. J'ai froid, je suis engourdi, mais nullement fatigué. Pourtant j'ai l'impression de marcher… Je vais devenir fou…

Je ne sais pas depuis combien de temps je suis là. Ça paraît tellement long… tellement court…tellement… tellement rien ! C'est trop dur… Je ne suis pas fait pour vivre seul, isolé,… En même temps je ne sais pas si je vis encore. Tout ça n'est peut être qu'une illusion de mon esprit… Mais si j'ai encore un esprit…je ne suis pas mort… Peut-être… En même temps on ne sait pas ce qu'il se passe après la mort… Je peux être en vie, ou mort, ou entre les deux je n'en sais rien du tout. Ça me fait tellement peur…

Ne pas savoir est extrêmement perturbant. Je ne sais pas quoi faire, où je suis, en vie, mort, depuis combien de temps… ? Toutes ces questions qui restent sans réponse… et qui le resteront longtemps je pense…

Peut-être pas si longtemps que ça.

Un peu plus loin, dans ce blanc devenu normal, bien que toujours effrayant, je distingue une nuance. Une forme qui dénote d'avec le reste. Alors je m'approche, et plus j'avance, plus je sens un espoir monter en moi… Et quand j'arrive à la hauteur de ce… cette variation dans le blanc je tombe à genoux serrant contre moi (du moins je crois) un loup blanc. Je soupire, pleure peut-être. Mais ça ne compte pas, de toute façon personne n'est là pour me voir, sauf lui, ce loup. Je sais que ce n'est pas l'animagus de Lucius, il est différent et au fur et à mesure que je le regarde et que je sens sa chaleur je me rends compte que c'est mon tatouage… Je crois. Il me protège, chaud, toujours près de moi. Ça ferait si peu de temps que je suis là ? Les tatouages sorciers sont très rapides pour trouver l'esprit de leur porteur et rester avec eux…

Si peu de temps… Merlin me vienne en aide…

Au moins je sais que je suis vivant… c'est déjà ça. Malgré tout cette constatation ne m'aide pas le moins du monde. Je suis toujours perdu dans mon enfer blanc et infini…

Alors je décide de recommencer à marcher. Avec la présence rassurante du loup à mes côtés…

Rassurante mais…éphémère. Au bout de…je ne sais pas combien de temps. La présence de mon tatouage, sans s'effacer, me paraît plus lointaine. Moins forte, moins…présente, alors à quoi bon continuer de…marcher ? Il est toujours là je le sais, je le vois, mais, je ne le sens plus à côté de moi. Je retrouve le froid et l'incertitude du début, bien qu'un peu moins...

La bataille me semble tellement loin et tellement proche à la fois. Je pourrais redire avec précision tous les détails dont j'ai été témoin et pourtant…pourtant ça me semble être un souvenir déjà si lointain, si perdu au fond de ma mémoire…

Quand je disais que ce blanc allait me rendre fou. Je n'ai plus aucun repère spatial, temporel, plus rien. Le froid est revenu totalement. J'aimerais tellement être mort réellement, ne plus ressentir ça… et être certain de savoir pourquoi…

Au bout d'un moment…combien je ne saurais le dire mais bon… qu'importe en fin de compte ? Donc au bout d'un moment le peu de chaleur que diffusait encore le loup s'estompe, encore plus qu'avant.
Reprenant conscience… C'est dur à expliquer… Ce n'est pas que j'ouvre les yeux mais que je revois, sans avoir fermé les yeux et sans les ouvrir…

Qu'importe !

Donc … le fait est que je le vois s'éloigner de moi… Je ne veux pas me retrouver seul encore une fois, j'ai déjà passé assez de temps seul pour qu'il me laisse encore… Je me lève et le suis. Je reprends la route derrière lui.

Inlassable et sans fatigue, je suis mon …guide (?) encore et encore et encore à travers cet univers blanc qui n'en finit pas. Et qui ne finira probablement jamais. Je commence doucement à perdre le peu d'espoir qui me restait, déjà que je n'en conservais pas beaucoup…

Déjà l'espoir d'être mort s'est évanoui avec l'apparition du loup. L'espoir de sortir s'étiole au moindre de mes pas…

Quoi que… pas totalement peut-être. Plus loin j'aperçois un déchirement dans le décor, comme si on avait pris un couteau pour déchirer dans le vide. Cette ouverture est noire, haute, droite, étroite… je ne sais pas… je vois juste que c'est peut-être un moyen de sortir. Surtout quand le loup me fait signe d'entrer dans cet…espace. Il m'y incite. Alors j'y passe la main gauche. Pour la retirer tout de suite. Ça brûle atrocement.

A peine la main passée c'est comme si elle passait dans un four ! Déjà que le contraste avec le froid ambiant est violent… Si le reste procure la même douleur, je refuse, je préfère presque rester ici…
Quoi que… à bien y réfléchir… rien ne peut être pire qu'ici et au pire on s'habitue à tout non ? Même à la douleur, j'en sais quelque chose… Avec l'autre malade qui me servait de…Maître. Alors rassemblant le peu de courage que j'ai (en fait ma curiosité plus que mon courage) j'avance directement dans cette brèche sans hésiter une fois.

C'est…horrible, indescriptible. J'ai l'impression qu'on me déchire de partout. Qu'on enfonce des milliers, des milliards d'aiguilles sous ma peau, tout en les chauffant à blanc, en les faisant bouger dans tous les sens.
L'impression que du feu et de la glace coule dans mes veines en même temps. J'ai mal…
Horriblement mal. A en crever.

Par contre j'ai conscience d'avoir les yeux fermés, je ne vois que du noir, d'être allongé, je sens un matelas et des draps. Tout me fait mal, mon corps entier, le matelas, le drap, les petites mains qui sont serrés autour de ma main gauche, la tête reposant sur ma poitrine.

J'ai mal, quand j'essaie de parler ma gorge s'arrache, ou m'en donne l'impression. Quand la personne s'en est rendue compte j'entends ses pas sur un sol en pierre, une porte qui grince, un bruit de course. Puis le silence de nouveau. Calme et douloureux.

J'essaie d'ouvrir les yeux, la lumière m'agresse tout de suite, à peine une paupière levée. Les bruits de course reviennent, ils sont plus nombreux, plus bruyants, plus douloureux. Une voix parle, trop forte, je ne comprend rien du tout. J'ai mal… redonnez moi mon enfer blanc, il vaut mieux que celui là… Je tente à nouveau d'ouvrir les yeux… Mais ce n'est que pour tomber dans deux prunelles rouge sang… Puis je retrouve le noir…

Un noir apaisant. Le noir de l'inconscient…

Et au milieu de ce noir…deux yeux…rouges. Ses yeux. Rieurs, agressifs, dangereux, effrayants. Puis les yeux s'éclipsent et laissent devant moi des scènes que j'aurai préféré oublier pour toujours. Je revois tout…depuis le début de mon calvaire avec Voldemort. De la première fois, tremblant de peur et d'appréhension me demandant quel sera mon sort, le sort d'un nouveau Choisi, un nouveau favori du Lord…A la dernière fois, tremblant d'envie guidé par son désir et aveuglé par un sort… Et tout ça en passant par les nombreuses innovations du Seigneur en matière de torture, les fouets divers et variés, les potions de douleur, les cruciatus, d'autres sorts de magie noire… Mais le pire je crois c'est que, généralement lors d'un rêve…le corps et l'esprit occultent la douleur, et ne font que montrer les événements…mais là non. A chaque coup de fouet, chaque pénétration, chaque coup simplement, je les sens. Dans ma chaire, dans mes os, l'odeur du sang me frappe de plein fouet…

J'ai mal, rendez moi mon enfer blanc, par pitié, il est cent fois plus supportable que celui-ci. Je crois atteindre un paroxysme de douleur quand deux mains glacées se posent sur mon visage… Et plus rien… Juste une sensation d'engourdissement désagréable. Je suis réveillé ? Je n'en sais rien…
Les mains quittent mon visage, laissant une impression de…manque, de froid… j'en ai assez de ne pas savoir ce qu'il se passe… de ne pas savoir si ce que je ressens est vrai ou factice. Je suis peut-être encore inconscient, peut-être seul mon environnement a changé, je suis peut-être mort après tout… ce n'est peut-être qu'une phase de mort…

Bon, alors, finalement je n'étais pas mort, pas encore, puisque je viens de me réveiller…

- Tiens, tu émerges enfin ? Il était temps…

Ho putain c'est quoi ça ?? Je connais la voix, impossible de remettre un nom dessus…

- Je vais t'aider, Meier, Meier Link.

Super… Qu'est-ce que je fais là ? Pourquoi je n'arrive pas à ouvrir les yeux, à bouger ? Pourquoi j'ai si mal ?

-Une question à la fois s'il te plait. Un esprit va beaucoup plus vite qu'on ne le pense. Alors respire un peu et laisse moi t'expliquer. Après la bataille pendant laquelle tu as réussit avec perte et fracas à tuer le Seigneur des Ténèbres, tu t'es évanoui. Tu es tombé dans ce qu'Anna appelle un coma magique, je ne vois pas la différence d'avec un coma normal mais qu'importe. Pour ta question, où tu es, tu es chez moi, en Transylvanie. Tu n'arrives ni à bouger, ni à ouvrir les yeux, ni à parler pour la même raison que tu as mal. Tu es resté dans ce coma pendant 5 ans, ton corps a oublié comment vivre en quelque sorte. Curiosité satisfaite ?

… Waow… 5ans ? Merlin comment ça se fait… ? Qu'est-ce qu'il s'est passé pendant ces années ? Quand est-ce que je vais pouvoir bouger de nouveau… ? Merlin qu'est-ce qui s'est passé…

- Essaye de respirer calmement et de te calmer un peu Drago s'il te plait, c'est difficile de te suivre. Je ne peux pas te dire ce qu'il s'est passé pour la simple raison que je ne m'y intéresse pas, Anna te donnera des nouvelles de chez toi. Pour ton avant dernière question en revanche c'est simple et c'est pour cela que je suis là.

Comment ça ?

- Il faut réhabituer ton corps à bouger. Pour cela il te faut une rééducation complète, pour bouger, parler, voire à nouveau. Pour cela tu as deux solutions. Une beaucoup plus douloureuse que l'autre. La première, une rééducation normale, avec des exercices progressifs, sur une période de 6 mois au moins. La deuxième solution… Est extrêmement plus douloureuse… Ce serait de te faire boire mon sang, une fois chaque jour. Ajoutant à cela des exercices, mais ça ne prendrait qu'un mois, deux au grand maximum. Mais comme ce sera du sang mort, ton organisme le rejettera violemment. Ce faisant il se rendra compte qu'il est vivant, et ça accélèrera ton rétablissement.

Il me faut quelques minutes avant d'assimiler tout ce qu'il vient de me dire, faisant, au mieux, abstraction des douleurs lancinantes qui me traversent le dos, le ventre et les poignets.

-Drago !

Quoi ?? Ça va ce n'est pas comme si je n'écoutait pas ou que j'étais ailleurs si ? J'ai juste un peu mal, c'est lancinant, c'est de ma faute si ça m'obsède ?

- Ça fait bien cinq fois que je t'appelle. Tu as mal parce que ton rêve, en tout cas ton sommeil a ré ouvert toutes les plaies qui étaient dues, plus ou moins directement, à Voldemort. Donc ça fait, les plaies diverses et variées dans ton dos, celles aux poignets dues à votre dernière entrevue, celle de sa dernière attaque sur toi, l'épée qu'il t'a passée au travers du corps et pour finir…celle due à la naissance de ton enfant.

Merlin, même après sa mort il réussit à me faire mal, faudra le tuer combien de fois pour que ça s'arrête ?
Stand by… Comment ça mon enfant ? Quel enfant ? Par pitié, Merlin, Morgane, les Fondateurs, même Gryffindor si ça lui chante, ne me dites pas que son enfant est né… Pas ça, tout sauf ça. Je n'ai pas envie de revivre ce calvaire… cette honte… ces tortures… ses tortures…
Ses prunelles sanguines s'imposent à nouveau à mon esprit, renvoyant toutes les horreur qu'il m'a fais, et qu'il m'a faite faire. Non, je refuse. Qui que soit cet enfant, je refuse qu'il vive. Je refuse qu'il revienne… Jamais… Par pitié…

Sans que je comprenne bien comment, je sens une main m'agripper la gorge me forcer à relever la tête. Quelque chose dans ma bouche, on me force à avaler, c'est immonde. Je vous en prie, je n'ai rien fait…
J'en ai marre. Pourquoi je ne pouvais pas mourir simplement ? C'était trop demandé ? J'ai mal…
Je sens quelque chose de chaud m'envelopper doucement. C'est calmant, j'ai peur… ça fait mal…

- Respire calmement Drago. Je viens de te faire boire une potion calmante un peu améliorée. Elle va faire s'endormir ton corps et ton esprit va rester éveillé le temps que tu voudras, ensuite tu dormiras complètement. C'était le seul moyen de te calmer un peu. On était certain que tu allais réagir comme ça dès que tu saurais pour l'enfant.

C'est juste un peu normal. Après tout, quoi de plus irrationnel que d'avoir un peu peur quand on vous annonce que l'enfant que vous avez eu suite à un viol, le même enfant qui renferme une partie de l'âme du plus grand taré de notre temps est en vie…. ? Non franchement j'ai du mal à voir !

- Arrête le sarcasme tu veux. Cet enfant vivra si tu n'en veux pas Anna le gardera. De plus elle a voulu le tuer quand tu le portais encore, seulement on ne pouvait pas approcher de toi en voulant du mal à cet enfant. Quand il est né on a aussi essayé, même résultat. Il se créé une barrière de protection magique autour de lui, et il était trop jeune pour faire de la magie instinctive donc ça venait forcément de toi.

Bien visiblement ce que j'ai pensé vous est passé au dessus… Cet enfant héberge l'âme de Voldemort ! Il a sa puissance, ses pouvoirs sûrement, ses aptitudes, qu'en sais-je ? Je refuse qu'il vive… Je n'ai pas pu le protéger.

- Peut être pas consciemment, mais le fait est là. Peut-être une sorte d'instinct qui sait ? Donner la vie révèle beaucoup de choses Drago crois moi.

Le silence revient tranquillement, apaisant. Je ne sais que penser… Je ne veux pas de cet enfant, il est beaucoup trop dangereux, il renferme sans le savoir sûrement la plus grande menace de notre temps… En même temps il n'a rien fait… Il ne sais rien, peut-être même qu'il est sous le contrôle de ce malade… Je suis perdu, j'en ai marre… C'était plus simple avant, dans mon enfer blanc, rien à faire, rien à penser, tout était tellement calme…

- Drago… Je te laisse réfléchir à propos de ton rétablissement. Tu verras plus tard pour cet enfant, tu as le temps. Repose toi surtout.

Sans que j'ai le temps de faire quoi que ce soit j'entends le bruit de ses pas, la porte qui s'ouvre et se ferme puis le silence. Encore. Mais bon ça va me permettre de réfléchir un peu en effet. Pour mon rétablissement c'est très clair j'accepte la manière la plus rapide, même si je dois avoir mal, c'est la façon la plus rapide pour retourner chez moi alors je prends. C'est encore ce qu'il y a de mieux à faire je suppose.

Et là, là j'ai mal. Je réalise que ça fait 5 ans que Lucius a dût m'oublier déjà. Cinq ans que j'ai disparu et que personne là bas n'a aucune nouvelle. Si je suis en vie ou non, si je reviendrais un jour… et je remarque que les 5 années qui viennent de passer n'ont été qu'un long sommeil pour moi. Rien d'autre. Je m'endors à 22 ans et me réveille à 27… Alors que pour tout le monde le temps a passé normalement… C'est, déstabilisant pour le moins… En fin de compte je ne sais pas si je suis toujours aussi partant pour la rééducation en un mois seulement. Que ce soit en un mois ou en six la différence pour eux ça fera quoi ? Rien…
Et pour moi… ? Je n'aime pas attendre… On oublie ce qu'on vient de dire et on en reste sur l'idée d'un seul moi… Ca sera mieux non ? Pour l'enfant on verra le moment venu aussi… J'ai déjà peut-être une idée…

Maintenant, trouver comment dormir totalement…
En essayant de faire le vide je me retrouve dans un univers neutre. Ce n'est ni blanc ni noir, ni gris…ça n'a aucune couleur, c'est très troublant mais calme et très agréable. Et devant moi, mon tatouage, la tête inclinée sur le côté me regardant dans les yeux, calme lui aussi. Je m'assois en face de lui en tailleur.

- Qu'est-ce que tu peux me dire… ?
- Ce dont tu as besoin de savoir sur ce qu'il s'est passé dans ton entour proche pendant que tu dormais, durant ces 5 années.
- Alors fait moi voir.

Il cligne des yeux, s'avance et prend appuis sur les jambes jusqu'à ce que sa tête se retrouve très proche de la mienne, ses yeux ancrés dans les miens. Et dans le bleu presque transparent de ses prunelles je vois, un peu trouble, ce qu'il s'est passé… Depuis le début.

Je vois Meier, sur le champ de bataille, me porter hors des combats qui se sont calmés. Je le vois utiliser un portauloin pour nous deux, notre arrivée à la forteresse. C'est plus une forteresse qu'un château.

Plus tard, toutes les démarches qu'ils ont fait avec Anna pour stabiliser mon état, soigner mes plaies, me redonner la magie que j'avais perdu, faire que mon corps supporte d'être en vie. C'est là que je m'aperçois que je n'ai plus mes sorts d'illusion.

Je vois ensuite la naissance de l'enfant. Une fille… J'entends Anna me parler d'elle dans mon sommeil, me dire comment elle grandit, comment elle s'en occupe. Sa relation avec son propre fils, ils se comportent comme nous dit-elle. J'apprends qu'elle ne parle pas. Sauf en parseltongue dans ses songes. Anna a donc fait en sorte de lui apprendre la langue des signes. Elle lui a raconté qui j'étais. Cette enfant est incroyablement avancée pour son âge. Elle comprend, ou du moins le montre, ce qu'on lui dit sur ce qu'il s'est passé, elle maîtrise sa magie, n'utilise que des sorts sans baguette. Pas d'une intensité extraordinaire, pour son âge on va dire, mais elle ne fait pas de magie instinctive.

Anna passe son temps à me parler, jusqu'à ce que l'image se brouille. Je vois alors une grande agitation autour de moi. Anna s'inquiète, Meier s'impatiente. Ils se dépêchent tous les deux, je ne sais pas pourquoi. Je revois ensuite ma cousine qui pleur, me disant de ne plus jamais lui faire aussi peur, que j'ai failli mourir cette fois-ci.
Plus tard je vois une petite fille entrer dans la chambre où je suis elle ne dois pas avoir beaucoup plus de 4 ans… Les cheveux blancs, la peau pâle, les yeux rouges…de son père… Elle s'approche, monte sur le lit et s'endort contre moi.
Je vois le loup qui s'éloigne de moi.

- La suite ressemble à ce que tu viens de voir. Ton petit est venu te voir dès qu'elle en a eu le temps. Tu as manqué 5 fois de mourir, gravement. Une fois à la date de la dernière bataille, une pour la commémoration de la mort de ta mère, une pour la naissance de ton petit, une pour la première fois où tu as connu ton âme sœur, et la dernière fois pour le début de ton cauchemar. Mais seulement, c'était aléatoire, ils ne savent pas encore ce qui a déclenché ces crises.
-C'est vrai qu'elle ne parle pas… ? Ma fille…
- Pas à proprement parler non. Elle parle. Parseltongue quand elle dort et que son esprit est soumis, et normalement quand elle est seule, quand il dort.
- Comment ça ? Je ne …comprends pas…
- Quand son esprit est dominé par sa deuxième âme, le seul moment où ton petit est faible, quand elle dort, lui se réveille et lui fait voir tout ce qui vous a concerné. Et lorsque lui s'est endormi, seulement en ta présence quand elle est contre toi, sa deuxième âme est réduite au sommeil et elle peut parler. Cependant, elle a toujours refusé de parler. Je ne saurais dire pourquoi.

Je ne pense plus. Je le regarde simplement. Je suis fatigué. Ça ne pouvait pas être simple après tout… Mais en même temps. La réincarnation de Voldemort dans le corps de ma fille, Lucius qui m'a certainement oublié, ou refait sa vie, moi qui suis invalide, pour le moment et plus pour trop longtemps j'espère, totalement dépendant de Meier. Je ne supporte pas d'être redevable, j'ai beau être slytherin, je paie mes dettes… la plupart du temps en tous cas… En fait je ne supporte pas d'être dépendant et totalement à la merci de quelqu'un. Je sais, Meier ne me veut pas de mal, ou du moins Anna ne le voudra pas, mais tout de même. Je me sens horriblement faible, et je ne supporte pas. J'aurais dût être mort à l'heure qu'il est ça aurait été beaucoup plus simple !

-Pourquoi je ne suis pas mort… ?
- Tu as deux runes sur la peau qui sont très fortes. Et je suis là aussi. Les runes Puissance et Force ont travaillé longtemps, ardemment pour te garder en vie. Elles ont privé beaucoup de monde d'une partie de leur potentiel pour restituer le tient avant ton coma. J'ai dû coordonner ça. Ça nous a pris longtemps. Nous avant puiser dans la rune Feu pour arriver à ce résultat. A ce que tu te réveilles. Mais… nous n'avons rien pu faire pour la rune Cœur, elle est en dormance, elle doit être réactivée. C'est pour ça. Tu es resté en vie parce que tu t'en étais donné les moyens bien avant cette bataille. Nous n'avons fait que suivre les instructions.

Il baisse la tête et fini par se coucher. Je me déplace et vais me coucher contre lui, espérant gagner de la chaleur, j'ai froid…

-Je vais t'endormir, mais quoi que tu fasses, laisse une chance à ton petit, que je ne l'ai pas sauvé pour rien au moins.

Ainsi c'était lui… Un noir doux et chaud s'élève autour de moi, m'enveloppe, me protège. C'est tellement agréable. J'aimerais tant rester ici longtemps. Au calme…

Mais visiblement Merlin en a décidé autrement… Peu à peu je prends conscience de me réveiller. J'ai mal un peu partout mais pas fortement. Je suis comme engourdit. C'est très désagréable et pourtant je ne laisserais aller ces impressions pour rien au monde.
J'ai mal, mais c'est agréable… je vire masochiste…
Qu'importe, j'essaie de me concentrer pour ouvrir les yeux. Et c'est à ce moment que je réalise ce que veut dire « tu étais dans le coma pendant 5 ans ». Je peine à ouvrir les yeux et quand finalement j'y parviens le peu de lumière qui est dans la pièce m'agresse les rétines. Réaction immédiate : je ferme les yeux.

J'essaie de bouger, presque même réaction. J'ai mal. Je ne sais fichtrement pas pourquoi mais j'ai très mal.

J'entends des pas approcher, la porte s'ouvrir, mes yeux derrière mes paupières perçoivent un changement de luminosité qui disparaît rapidement avec la fermeture de la porte. Une main fraîche glisse dans mes cheveux, c'est horriblement agréable. Je laisse filtrer un soupire de satisfaction, je n'ai jamais pu résister à ça…
Et puis les mains (elles sont deux maintenant) dévient et viennent voler sur mon dos. Et ça fait mal, je me crispe, avant de gémir de douleur. J'ai compris le message : pas bouger… ça fait mal. Les mains se baladent et je sens quelque chose dans mon dos qui glisse, qui apaise aussi mes quelques douleurs.

Puis les mains reviennent et m'allongent sur le dos, précautionneusement. Mais ça ne fait pas mal. Juste le tiraillement sur mes muscles est douloureux, plus mon dos. Et les mains partent sur mon ventre. J'avoue je me crispe, d'anticipation, je crois que j'aurais du mal à m'y faire…après Voldemort. Mais les douleurs disparaissent aussi… enfin mes poignets, même manège, même résultat…

D'autres pas se rapprochent, plus vite, la porte s'ouvre…

- Sélène qu'est-ce que tu fais là ? Sors de cette chambre !

Meier ??? Qui c'est ça Sélène ? J'entends un bruit d'étoffe rapide.

-Je sais qu'il a mal, mais, s'il te plait ne t'en occupe pas. Pour le moment il a besoin de calme et de repos. Je sais que tu veux le voir, mais attend quelques temps qu'il soit en mesure de bouger de lui-même. Il viendra te voir je lui parlerai de toi. Tu devrais dormir à cette heure.

Autre bruit de tissu, c'est quoi le délire… ? J'ai du mal à suivre.

Je ne le répèterais pas une fois de plus Sélène va-t-en.

Visiblement ça marche des pas s'éloignent, la porte se referme. Je ne supporte pas d'être aveugle comme ça, ça m'exaspère ! J'esquisse un mouvement de la main histoire de signifier à Meier que je suis réveillé. Ce qu'il constate puisqu'il approche.

-N'essaye pas de bouger pour le moment. Tu vas te fatiguer pour rien. Tu as décidé quel chemin nous allons suivre les mois qui viennent ?

La méthode la plus rapide. Je me fiche de souffrir, je ne supporte pas d'être dépendant fut-ce d'Anna, alors vous que je ne connais qu'à travers ce qu'elle a dit… C'est-à-dire surtout physiquement.

- Foutue éducation Malfoy, jamais soumis, jamais dépendant,…

Jamais démonstratif, jamais amoureux, jamais faible, toujours supérieur en quelque situation que ce soit, jamais triste, et encore moins en public. Merci je sais. Je me contrefiche de ces concepts, je veux sortir d'ici, je me sens faible, assez humilié pour le moment et je déteste avoir des dettes surtout envers quelqu'un qui fait partie de la famille… Et, par-dessus tout, je ne supporte pas de ne rien savoir. Qu'importe la façon dont je dois sortir d'ici, je veux que ce soit le plus vite possible…

- Parfait, on commence maintenant si tu veux.

J'acquiesce douloureusement.

Pour ce qui est de la suite, il se passe la même routine pendant 3 semaines environ. Chaque jours il vient, commence par de l'acuponcture. Il me plante des aiguilles un peu partout et envoie de légères décharges électriques qui font réagir mes muscles. Ensuite, la partie la plus agréable selon moi, il me fait des massages. Le pied total, ce mec est très doué. Ensuite il me fait bouger par moi-même, me demande de plier une jambe, un bras, etc.… Il me fait parler aussi, pour réhabituer mes cordes vocales. Tout ça, ça va dans l'ensemble ce n'est pas excessivement douloureux, ni difficile. Le pire ce sont mes yeux, je n'y vois toujours rien. Ou très flou, chaque once de luminosité me brûle les yeux. Je ne peux les ouvrir que sous un bandeau.

Mais donc voila pour la partie où nous faisons quelque chose, ensuite, à la fin des exercices il me fait boire son sang. J'avoue je n'aurais jamais imaginé pouvoir apprécier ce passage mais paradoxalement son sang, bien que mort, a un goût extraordinaire. Particulièrement agréable, mais c'est tout aussi traître. Dès que le sang se propage dans mes veines il glace mon sang, une fois arrivé au cœur, c'est comme si la glace fondait sous l'arrivée d'un torrent de lave. La différence est horrible, la sensation l'est à hauteur. Bien souvent j'ai dut oublier tout honneur, toute fierté, j'en ai crié et pleuré… C'est une des choses que je ne souhaite à personne… Sauf peut-être Voldemort… mais lui c'est autre chose.

Mais dans l'ensemble c'est supportable. Une fois endormi je parle à mon loup, il me raconte ce qu'il se passe, les réactions que j'ai, les améliorations que je fais.
Il me dit aussi que mes yeux ne vont toujours pas mieux qu'avant et que ma jambe gauche aura plus de difficulté à se remettre que le reste de mon corps, peut-être que j'aurais du mal à marcher correctement le reste de ma vie… Séquelles du coup d'épée de Voldemort et du poison sur la lame. Visiblement le coup qu'il m'a porté a touché une vertèbre, et le poison a été assez rapide pour atteindre les nerfs optiques avant que Meier et Anna ne s'en occupent…

Mais dans l'ensemble tout va bien. Je n'ai presque plus mal quand je bouge. Mes articulations craquent encore régulièrement mais ce n'est plus douloureux. Tout va bien non… ?Bien sûr j'excepte le fait que je suis aveugle de ce qu'il se passe outre les murs de la chambre, outre les murs de la forteresse, outre la mer, chez moi… chez Lucius… Lucius qui s'il a suivit ma dernière demande aura déjà oublié que j'ai existé, aura oublié que je l'aime toujours, et sera avec quelqu'un qu'il aime un tant soit peu… Mais il sera heureux non… ?

Par Merlin ! La captivité et le manque d'activité me font devenir Hufflepuff ! C'est affreux !

En ce glorieux jour je décide de me lever de mon propre chef et d'aller seul jusqu'à la salle de bain. Et forcément c'est à ce moment que Meier se décide à arriver. Il m'annonce qu'il a peut-être une solution pour mes yeux et qu'il vient de recevoir un accessoire qui pourra m'être utile. Il dit aussi que j'ai quasiment fini ma rééducation, il me suffira de bouger normalement. Pour mes yeux il dit qu'il va essayer de voir si en y laissant tomer quelques gouttes de son sang ça ne marcherais pas, et il m'affirme que ça ne peut pas être pire…ce qui n'est pas faut.

Pour ce qui est de son foutu accessoire, il va être utile, c'est sûr, mais jamais je ne l'avouerais…et encore moins devant lui. C'est une canne, pour m'aider à marcher. Elle est lisse au toucher, la bonne taille, faite sur-mesure sans aucun doute, la tête est sculptée à l'effigie d'un loup. Dès qu'il me l'a donnée et que j'ai réalisé ce que c'était je l'ai renvoyé de la chambre, sifflant un remerciement acide du genre :

- Merci de me rappeler mon handicap cousin…

Sarcastique au possible, avec tout le fiel dont je suis capable. Je sais pertinemment que ça me sera plus qu'utile… Je sais que ma jambe est loin d'être guérie, que je boiterais sûrement encore un bon bout de temps… mais ce morceau de bois est une preuve de ça. Tant que je ne l'avais pas ça restait assez abstrait… Mais là…je ne peux plus avoir de doute…Ma décision de me lever est annulée. Je ne veux pas bouger avec…ça. Alors je me recouche tranquillement, discutant un peu avec mon tatouage, pour passer le temps en essayant de dormir. Tout à ma discussion je ne sens la présence d'une autre personne que lorsque celle-ci se couche contre moi, la tête sur ma poitrine, c'est l'enfant. Sélène… Je sens son petit bras sur mon ventre. Je ne sais pas pourquoi distraitement je passe une main dans ses cheveux. A peine ai-je commencé mon geste qu'elle se redresse vivement. Comme apeurée.

Alors ma main vient se poser sur sa joue. Je lui demande de se calmer un peu, que je ne lui ferais rien. Alors elle se calme, du moins je crois et pose sa petite main sur mon front. Je sens quelque chose d'étrange, au niveau de mes yeux. Pour voir ce à quoi cela rime je les ouvre et tombe en face de deux prunelles rouges encadrées de cheveux blancs, ou presque. Elle sourit, timidement. Je remarque qu'elle est assise sur le lit. Un grand lit, large.
Pour la première fois je peux observer la pièce dans laquelle je me trouve, bien que pour le moment elle soit plongée dans une semi obscurité.

La porte est en face de moi, une grande porte en bois, à ma droite, une armoire contre le mur, pas très grande, mais bon et une immense fenêtre, les rideaux tirés. A ma gauche un bureau et une autre porte. Je ne sais pas où elle mène mais bon. La chambre est très spacieuse, haute de plafond. Je retombe sur le visage enfantin qui se tient devant moi. J'ai liés les éléments entre eux depuis que je suis là, j'ai eu le temps, c'est ma fille. L'enfant qui est le plus dangereux au monde, inconnu de ce dernier.
Et malgré le fait que je n'ai jamais voulu cet enfant, que je sache qu'elle est dangereuse, qu'elle abrite l'âme de mon plus grand cauchemar, je ne peux m'empêcher de la trouver touchante. Elle a l'air tellement fragile, frêle… Je ne peux me résoudre à la détester, c'est assez incroyable. Alors je pense que mon idée s'appliquera, mais pour ça il faut que je rentre en Angleterre…

Je me redresse en lui souriant doucement et la prend dans mes bras, de ce fait sa main quitte mon front et je me retrouve une fois de plus dans le noir. Je sens son petit corps contre le mien, je sais ce qu'elle est et pourtant… pourtant il y a ce quelque chose qui me dit que je suis son père, qu'elle n'a rien à voir avec Voldemort, qu'elle et tout à fait quelqu'un d'autre et que je n'ai pas le droit de lui en vouloir pour quoi que ce soit.
Elle est calme dans mes bras, détendue. Au bout de quelques minutes j'entends sa respiration qui se fait calme et régulière, elle s'est endormie. Me rallongeant, la gardant contre moi je plonge à mon tour dans le sommeil. Un sommeil doux, bercé par des yeux rouge enfantins et rassurants.

Ça faisait longtemps que je n'avais aussi bien dormi je pense… Sélène est recroquevillée contre moi, elle est adorable, je l'avoue. Je suis couché sur le côté, un bras passé autour d'elle. Elle parait tellement fragile. Elle frissonne, alors je rabats la couverture sur nous, elle se calme. Ça me dérange de ne pas pouvoir la voir normalement… Mais bon Meier dit que ça va pouvoir s'arranger avec son nouveau délire pour mes yeux… J'espère réellement que ça va marcher…

Ça doit être la première fois depuis que je suis là que je me sens réellement serein. Je ne vais pas demander à ce que ça dure longtemps, je sais que ça ne dure jamais… Et ce n'est pas faute d'avoir demandé pourtant.

En la regardant je me souviens des fois où Meier la trouvait ici, que ça ai été dans mon sommeil ou durant mes phases de réveil. A chaque fois il la renvoyait dormir, dans sa chambre… Je n'ai pas envie de la réveiller… En faisant le plus doucement possible je me lève. Une fois debout je vacille un peu, faisant appel à mes souvenirs je me dirige, m'appuyant sur les murs, jusqu'à l'armoire. Une fois rendu je cherche à tâtons des vêtements, qu'ils soient à moi ou non qu'importe… j'enfile ce qui me tombe sous la main. Ça ressemble à des vêtements que j'avais chez Severus…du moins au toucher et à la forme globale.

J'en ai marre de rester cloîtré dans cette chambre sans rien faire. Je sais que c'est une mauvaise idée de marcher comme je vais le faire, seul, mais je m'en fiche royalement. Revenant au lit comme j'en suis parti, je me saisi de la canne que mon très cher cousin m'a apporté, je le hais, et le plus silencieusement possible m'approche de Sélène.
Je passe une main dans ses cheveux et quand je la sens bouger un peu lui chuchote :

- Sélène, je vais te ramener dans ta chambre. Tu seras mes yeux, il faut me montrer où elle est. D'accord ?

Je la sens hocher de la tête. Dans un mouvement que j'entends seulement elle noue ses bras autour de mon cou. Instinctivement, ou presque, je passe un bras sous elle pour la soutenir et elle vient se nicher contre moi, la tête sur mon épaule. Je me redresse m'appuyant assez lourdement sur la canne, je vais tuer Meier… il a tellement raison…

Portant mon léger fardeau je sors de la chambre, vu le changement de luminosité il fait jour, bien que, certainement, les rideaux soient fermés dans les couloirs. Au fur et à mesure que j'avance Sélène tire d'un côté ou de l'autre pour me faire suivre les couloirs jusqu'à sa chambre je suppose. Je dois totalement m'en remettre à elle. Après quelques minutes elle m'arrête. Descend de mes bras, je l'entends ouvrir une porte et elle revient se nicher contre ma poitrine comme si de rien n'était. Je souris. Tellement innocente…

J'avance dans ce que je suppose être sa chambre et referme la porte derrière moi. A ce moment elle pose sa main sur mon front et me fait voir. Une chambre d'enfant normale. Avec un lit, des jouets, quoique peu nombreux, une grande fenêtre, une armoire, une commode. Et une porte de communication entrouverte. Évitant les quelques objets au sol je vais la déposer ente ses draps. A peine a–t-elle touché le matelas qu'elle dors déjà.
Je m'assois sur le bord de son lit, je me sens soudainement très fatigué, trop pour retourner jusqu'à ma chambre, d'ailleurs le parcours m'échappe. Alors je reste là, m'allongeant contre ma fille…

- Ça a mieux marché que je ne l'espérais.
- Pourquoi donc Meier ? (Je le hais définitivement)
- Vos deux chambres sont assez éloignées.

Et il me réveille pour ça ? Je soupire et me redresse. Je sens les petits bras de Sélène accrochés à moi et fini par simplement m'asseoir contre la tête de lit.

- Ouvre les yeux Drago, et essaie de les garder ouverts le plus longtemps possible.

Je m'exécute et me force, malgré la trop forte lumière à garder mes paupières levées le temps que je ne perçoive plus que le rouge de son sang. Etrangement je ne peux plus fermer mes yeux après ça. Et je vois. Pas comme si j'avais retrouvé une vue parfaite, non, bien sûr. Je vois les contours des choses, en noir et blanc. C'est trouble, troublant mais déjà mieux que la cécité totale. Je coule un regard vers Meier et retient un sursaut.
Forcément il ne peut pas être comme le reste… Je pense voir son aura. Je le vois lui, nimbé d'une sorte de fumée rouge sang. Je tourne les yeux vers Sélène et le même phénomène se produit sauf que là je ne peux m'empêcher de me défaire de ses bras, au plus vite. La peur au ventre, le cœur battant.

Là c'est une certitude je vois les aura pour les créatures magiques et la magie pour les sorciers. Elle est exactement comme Voldemort. Une magie volatile, noire, profonde et envoûtante. Et malgré cette beauté je suis terrifié, malgré moi j'ai peur, de cette enfant qui dort paisiblement, et ça simplement parce qu'elle est bien trop puissante et que cette puissance ne lui appartient pas ! Au nom de Merlin qu'est-ce que j'ai fait pour ça ? Qu'est-ce qu'elle a fait pour mériter cette malédiction, cette tare, ce fardeau… ?
Quand je reprends mes esprits je suis hors de la chambre, adossé contre un mur, Meier me regarde bizarrement.

- Ça marche… Du moins partiellement. Mais j'arrive à voir. Merci Meier…

Pendant quelques minutes il ne dit rien. Et moi je repense à ce que je viens de voir. C'est terrifiant, c'est bien le mot, terrifiant. Cette puissance est celle de l'âme…non, d'un morceau de l'âme de Voldemort, et c'est dans ma fille. Une enfant si jeune, innocente… Et voila une bonne raison de plus d'haïr ce monstre, même mort il est encore nuisible. Ça renforce ma détermination, j'exécuterai le plan que j'ai en tête… Pour elle…

-Suis moi Drago, je te mène voir Anna. Ça fait longtemps qu'elle attend de pouvoir te parler à nouveau. Cela fait bien deux ans que je lui interdis de venir dans ta chambre. Elle se laissait aller à ne s'occuper que de toi pendant tous le temps libre qu'elle avait. Elle oubliait presque de dormir pour te veiller, attendant un quelconque signe de ta part qui indiquerait un réveil ou une crise. Cela fait longtemps qu'elle me hait pour ça.

Je le suis alors péniblement à travers un vrai dédale de couloirs, de portes, de salles. Je remarque que tous les rideaux sont grands ouverts et qu'il fait nuit. Une nuit froide, la lune et les étoiles sont bien visibles. Ca se voit que ce n'est pas l'Angleterre… Puis nous arrivons devant une porte à l'aspect normal d'avec le reste. Mais au moment où il va ouvrir la porte on entend une course dans le couloir. Avant que j'ai pu déterminé ce qui arrivait ça a sauté dans les bras de Meier. Et tout deux commencent à parler sans que je puisse rien comprendre. On dirait du parseltongue sans que ça en soit. Sûrement la langue vampire, je n'en sais rien.

Le gamin, puisque c'en est un, a un peu l'air énervé, il crie à moitié. Il est étrange. Je déduits à ses aura, vampire et sorcière, qu'il est le fils d'Anna et Meier. Une aura bleue grise, assez volatile mais faible niveau magie, bien plus puissante du côté vampire.
Meier écoute presque sans en avoir l'air ce que dit le gamin et à sa première phrase le gosse se tait et se tourne vers moi, puis baisse la tête et descend des bras de son père. Il commence doucement à partir dans le sens inverse de sa venue, l'air déçu. Meier a du lui refuser quelque chose visiblement. Je lui demande quoi, il me répond que le gamin voulait sortir voir une chasse mais qu'il ne peut pas sortir vu qu'il doit s'occuper de moi.
Et c'est là que j'ai décidé de l'envoyer chier. Il est sympa le cousin, mais un peu trop collant à mon goût, je ne suis pas en porcelaine je vais bien et il va me lâcher.

- Hey, attend, Endymion c'est ça ?

Le gosse se retourne et me regarde comme si j'avais 3 têtes.

- Comment vous savez mon nom ?
- Une histoire avec ta mère. Je te laisse ton père. Je me débrouillerai seul si besoin est je demanderais. Je ne suis pas fragile à ce point Meier vous pouvez me laisser. Si j'ai un problème je demanderais à Anna. Sortez, vous vous occupez trop de moi. A chaque fois que j'ouvre un œil vous êtes là, ne faites pas comme Anna et allez avec lui.

Le gamin a un sourire qui lui fait trois fois le tour de la tête et me regarde avec des yeux brillants. Après un soupire Meier se décide enfin à partir avec son fils et me laisse, enfin. Une fois qu'ils sont partis tous les deux, qu'ils ont disparu au détour d'un quelconque couloir, j'ouvre la porte devant laquelle nous nous étions arrêtés.
J'entre dans une pièce immense. Tant au sol que par la hauteur. Elle me fait penser à la grande salle de Hogwarts…en plus grand. C'est très impressionnant. Contre les murs je vois des armes, de jets, de point, armes à feu, magiques, … des armoires aussi, des pièces d'armure. Une salle d'entraînement donc. A en juger aussi par les personnes qui se battent les unes contres les autres. Et sans connaître pourtant leurs auras je sais qu'Anna n'est pas de ceux là. Alors je lève la tête.

Je me fends d'un sourire. Elle est belle. Une aura puissante, grise anthracite, maîtrisée. Elle vole agilement, je vois ses ailes blanches, je ne me rappelle pas si c'est bien le cas. Elle se bat contre un homme, elle est sans arme, juste ses mains et ses griffes. On dirait une danse. C'est juste beau à voir comme ça. Avec la vision dont je bénéficie. A un moment son partenaire met fin au combat et appelle une femme qui était restée au sol. Les deux reprennent le combat alors que l'homme descend vers moi. Avant que j'ai pu esquisser un geste je me retrouve une épée sous la gorge.

-Donnez moi une raison de ne pas vous tuer de suite.

Là, personnellement, j'avoue, je n'ai pas de réponse, j'ai oublier d'y penser en fait. Alors pas Malfoy pour rien je lui souris.

- Peut-être parce que vous feriez une grosse erreur ?
- De quel genre ?
- Du genre tuer la mauvaise personne.
- Mais encore ?

Je soupire. Il m'énerve, je n'ai jamais eu de patience… Portant deux doigts à mes lèvres je siffle assez fort pour que ça résonne dans la pièce entière.

- Anna ! J'ai un petit problème tu voudrais pas venir ?

Exclamations outragées de toutes les personnes présentes dans la pièce, pression plus forte de la part de celui que j'ai en face de moi. Puis le silence vient, complet, pesant.

- Comment osez-vous parler ainsi à la Grande Dame ? Vous…
- Suffit !

Levant la tête j'aperçois Anna qui descend doucement, se laissant porter par ses ailes. Arrivée au sol elle écarte, loin de la plus douce façon, l'importun qui me menace de plus en plus et s'approche de moi. Si près que je vois ses yeux. Ses yeux qui expriment de l'étonnement pur, de la joie, du soulagement, et qui perlent de larmes. Avant de bien comprendre ce qu'il se passe ses lèvres sont déjà sur les miennes, sa langue jouant avec sa cousine. Je souris refermant un bras autour se sa taille alors que les siens m'enserrent la poitrine.

Le silence autour de nous est toujours le même en ces circonstances : étonné, pesant, presque révolté aujourd'hui. Je souris quand elle lâche mes lèvres et pose sa tête sur mon épaule. A ce moment seulement j'avise que ses ailes se sont refermées sur moi. J'avise aussi par-dessus l'épaule d'Anna le nombre de personne qui ont les yeux braqués sur nous. Ils doivent être une cinquantaine… De ce que je peux voir en tout cas. Et aucun n'a l'air sympathique à mon égard…

- Anna… Je ne voudrais pas te déranger mais… Premièrement un Malfoy ne se donne pas en public comme tu le fais, deuxièmement, tu serres très fort et je sors à peine du coma, troisièmement je pense que ces gens voudraient une explication non ?

Comme brûlée elle se détache de moi, comme si j'allais me briser dans l'instant.

- Ho… Désolée Drago. Je… ça fait tellement longtemps que j'attends ce moment. Meier m'a interdit de venir te voir depuis trop selon moi et….
- Anna ! Respire. Je suis là, tout va bien comme je te l'avais dit. Je ne vais pas m'envoler tout de suite. Et selon ce que Meier m'a dit il a eu tout à fait raison de t'interdire de me voir, ça n'aurait servit à rien qui plus est. Vu les yeux que c'était, je suppose que c'est Sélène qui a vu mon réveil… Mais bon, loin de moi l'idée de déserter la compagnie de… tout ce beau monde mais si tu avais un autre endroit où on pourrait parler j'avoue que ça m'arrangerait.

C'est à ce moment seulement qu'elle semble se rendre compte que nous ne sommes pas seuls. Elle se retourne vivement vers tous les autres qui nous regardent fixement. Rapidement elle donne des ordres, du moins je suppose, dans la même langue qu'on utilisé Meier et Endymion plus tôt. Bien sûr… la langue des Seigneurs. Une langue qui se transmet par le sang, que ce soit de naissance ou par engendrement, c'est une langue qui fait que les vampires qui appartiennent à un même clan obéissent. Ils la comprennent mais ne peuvent pas l'utiliser. Après qu'elle ait parlé je vois les autres se disperser dans la salle et reprendre leur entraînement. J'ai du mal à comprendre mais qu'importe. Anna m'entraîne à sa suite dans un nouveau dédale de couloirs et nous arrivons dans un salon. Il fait bon, chaud…enfin. Je me laisse guider jusqu'à un fauteuil profond. C'est avec un certain plaisir que je m'assois enfin. Ma jambe gauche me lance douloureusement. Je ferme les yeux et me détends, je me sens en sécurité, entouré. Je me laisse à flotter dans un cocon diaphane, on me met une tasse de thé fumant dans les mains, je respire profondément la fragrance qu'il dégage. Je suis presque chez moi. Ca fait si étrange… Mais qu'importe.

Je commence à boire et explique par le menu ce qu'il s'est passé à Anna depuis mon réveil. Dès la fin de mon récit elle en veut à Meier. Plus désormais de lui avoir caché que j'étais réveillé que de l'avoir tenue éloignée de moi pendant quelques années. Je la raisonne en lui disant que je lui en aurai voulu à elle de m'avoir vu dans cet état… Après cette courte discussion je lui dis que j'aimerais me reposer. Au moins un peu, avant qu'elle ne m'explique ce qu'il s'est passé depuis le début de mon coma.
Elle me ramène à ma chambre, assez loin en vérité. Finalement, je suis exténué par le peu que j'ai fais, une fois Anna partie je m'effondre sur le lit et m'endors presque aussitôt.

La semaine qui suit est rythmée au son des entrevues que j'ai avec Anna qui me raconte la situation chez moi. Le ministre est une femme. Le pays s'est bien reconstruit après la chute de Voldemort. Potter est dans un coma magique identique au mien. Beaucoup de deatheaters sont encore en liberté. Les aurors sont débordés.
Sirius est devenu avocat, défenseur des causes perdues, surtout des (anciens) enfants de deatheaters. Severus est directeur adjoint de Hogwarts et de nouveau professeur de potions.
Lucius…Lucius a fait comme il m'avait dit. Il est devenu celui qui renseigne le Wisengamot sur ceux qui vont en procès. Il a visiblement énormément de travail mais s'en sort admirablement grâce aux connaissances qu'il a des personnes traînées en jugements. Des deatheaters pour la plupart donc forcément. Et il est en passe de faire admettre une loi pour faire connaître les sorciers aux muggles… Ca va faire du changement !
De plus un détail amusant. Tous les deatheaters ont perdu la marque à l'exacte moment où le Seigneur s'est éteint, étreint par un ange de la mort. Son ange…pathétique…

Pendant un petit mois j'occupe mon temps entre Anna, Sélène, des exercices pour me réhabituer à bouger et l'apprivoisement de ma magie. En effet mes runes ont rétabli ma magie non pas comme elle était à l'origine mais comme elle était à mon entrée dans le coma. Ce qui fait que je peux, plus facilement on va dire, faire de la magie sans baguette. Le fait que je vois ma magie aussi est très utile. Et j'ai aussi commencé à utiliser ma rune feu. C'est assez amusant je dois dire. Ma vue s'est également beaucoup améliorée. Je commence à faire des distinctions de plus en plus précises entre les couleurs qui ne sont pas les auras.

Et depuis hier j'ai pris la décision de retourner en Angleterre. Sélène et venue me voir. Elle ma demandé quand je comptais repartir, elle voudrait bien voir en vrai ce dont parle Anna. J'ai peine à croire que l'âme de Voldemort se balade dans son corps. Mais bon ! Ce n'est pas parce que ce tordu est encore à moitié en vie qu'il le restera pour longtemps. Il va bientôt mourir définitivement et dans son entièreté. J'en ai fait part à Anna qui a accepté. Pour ce qu'elle en dit je suis prêt à partir, je n'ai plus besoin de soins constants, et j'en suis parfaitement heureux !

Alors c'est après 2 mois en gros qu'avec Sélène je nous fais transplaner devant le manoir Prince. Ma petite regarde autour d'elle avec émerveillement, me suivant d'un peu loin, marchant lentement prenant le temps de regarder comme si elle gravait chaque détail dans sa mémoire. Ca me fait sourire intérieurement. Arrivés devant la prote au bout de l'allée je frappe. Un elfe vient nous ouvrir je le toise, comme j'en ai l'habitude…

- Bonsoir Monsieur, Milly est désolée Monsieur mais ses maîtres ne sont pas là, pour le moment.
- Où sont-ils ?
- Monsieur, ils sont dans leur deuxième demeure Monsieur, chez l'époux du Maître Monsieur.

Je recule d'un pas. Ils sont mariés ? L'elfe referme la porte sur le regard intrigué de Sélène, qui me fixe ensuite de ses grands yeux rouges. Je la prends dans mes bras et nous fait transplaner à Grimaud Place. Ce manoir sera toujours aussi lugubre… Mais nous avons de la chance il ne pleut pas pour une fois. Toujours Sélène dans les bras je monte les quelques marches du perron.

- Sélène… Il se peut que ceux que nous allons voire réagissent étrangement.

Elle desserre ses bas de mon coup et commence à signer.

- Pourquoi ?
- Anna t'a raconté non ? Cela fait plus de 5 ans qu'ils croient que je ne reviendrais jamais. Ce sont des amis proches… Il y aura mon parrain, Severus et mon cousin Sirius, ils vivent ensemble et, j'ai habité avec eux deux pendant plusieurs année. Je n'ai prévenu personne que je risquais de revenir. Donc, ils vont peut-être croire à un fantôme.
- D'accord.

Je souris et la repose à terre avant de frapper. A l'intérieur on entend des bruits, quelqu'un qui descend les escaliers rapidement tout en criant « j'arrive ! ». Sirius n'a pas changé. La porte s'ouvre sur mon cher cousin qui perd le sourire qu'il avait en même temps que sa phrase de bienvenue et les couleurs de son visage. Après 3 secondes d'inactivité totale il claque la porte, blanc comme un linge. Sélène rit doucement. On entend Sirius crier à Sev' qu'il y a un problème devant la porte. Il l'accuse d'avoir versé quelque chose de louche dans son café ce matin. Je souris, alors que ma fille rit clairement. Les bruits de pas s'approchent de nouveaux, les deux sont là.
Severus ouvre la porte alors que je relève la tête du sourire de Sélène. Nos yeux se croisent. Lui d'habitude pâle, perd encore de la couleur. Il est livide.

Leurs deux auras sont magnifiques, elles sont en symbiose. Vert et doré se mélangent harmonieusement si bien que je ne saurais dire à qui appartient l'une et à qui l'autre. Elles sont calmes pour le moment.

Severus s'efface pour nous laisser entrer, ce qui m'étonne au plus haut point. Il est d'habitude tellement sur la défensive. Il doit avoir une solution prévue, ce ne serait pas lui, ce n'est pas possible. Une fois à l'intérieure, la porte claque, réveillant instantanément le portrait de la mère…de l'hideuse mère, de Sirius. Elle se met à pester assez violemment contre les traîtres à leur sang (Sirius), les Sang mêlés (Severus), et tous ceux qui comptent parmi leur proches. Elle remarque que je suis là, et commence à crier sur moi et mon histoire avec Lucius puis, plus grave, sur Sélène. J'avoue que c'est très agaçant. Alors dans un élan d'animosité je crie, plus fort qu'elle puisqu'elle se tait de suite mes paroles commencées.

- Tante Walburga ! Avec tout mon respect ma tante je vous prierais de vous taire ! Insultez votre fils et mon parrain tant qu'il vous plaira, complaisez-vous dans les insultes à mon égard tout en vous souvenant que vous vous être mariées avec votre cousin au troisième degré. Mais je vous interdit de lever ne serait-ce qu'une parole envers ma fille.
- Impertinent ! Et de quel droit poseriez vous cet interdit à mon encontre ?
- Simplement ma tante parce que cette enfant est celle du Seigneur des Ténèbres et que je doute fort lors de son prochain retour qu'il acceptera ces insultes. On ne peut décrocher ce tableau du mur, cependant je suis certain qu'on peut le brûler. Alors taisez vous, une fois pour toute.

Elle ouvrit simplement des yeux ronds avant de prononcer faiblement mes noms et prénoms, puis les rideaux se refermèrent brusquement. Je soupire. Fatigué par mes deux transplanages d'escorte, ma dispute, ma jambe qui me lance. Bien que je me doutais que ça n'allait pas être extrêmement joyeux, je m'attendais à autre chose pour mon retour. Sélène tire sur ma main pour attirer mon attention. Je lui souris posant la main sur sa tête. Elle est adorable. La main que pose Severus sur mon épaule me fait sursauter assez violemment. En me retournant je croise de nouveau ses prunelles sombres. Je recule échappant à sa main.

- Qu'est-ce que vous voulez savoir pour que je puisse prouver, ou du moins faire croire que je suis celui que je présente… ?
- Rien Drago… Rien. Nous avons ensorcelé cette mégère pour qu'elle voie qui sont réellement les personnes qu'on lui présente. Puis, l'ascendance de cette jeune fille nous suffit amplement, nous sommes les seuls à savoir cela.

Je baisse la tête soupirant de fatigue et de soulagement. J'entends vaguement que j'ai l'air exténué, qu'on parlera quand je serais réveillé…plus tard. Sans que je m'en rende compte je suis déjà couché dans un lit chaud et je sombre vers le sommeil.

A mon réveil je suis reposé, calme, serein. Tranquillement je me remets en mémoire les événements qui font que je suis dans cette chambre puis me lève. Je ne reconnais pas la chambre. C'est normal…je ne suis presque jamais venu ici… Courageusement je me lève et pars en quête d'une salle de bain et de vêtements propres. Sitôt tout cela trouvé je prend une douche bienfaisante. Suite à cela je descends tranquillement, entendant quelques bribes de conversation. Je souris dans l'encadrement de la porte de la cuisine. Sélène se démène comme elle peut pour faire comprendre ce qu'elle raconte à un Severus qui n'a certainement jamais appris la langue des signes et un Sirius qui n'a sûrement pas daigné suivre les cours. A peine m'a-t-elle vu qu'elle saute à bas de sa chaise et se précipite vers moi. Je la rattrape difficilement, sollicitant trop tôt ma jambe. Je ploie et me retrouve un genou à terre, Sélène dans les bras.

- Fait attention, ne me saute pas dessus de cette façon Sélène. Tu sais très bien que je ne peux pas supporter ça…
- Désolée père… pas fait exprès, ne me rappelais plus.
- Essaie seulement de t'en souvenir ma puce…

Elle acquiesce puis s'échappe de mes bras. Je salue le reste des personnes présentes et demande juste le temps de prendre un petit déjeuné avant de tout leur expliquer en détail depuis le début. Ce que je fais. Cela nous prend toute une journée. Une longue, très longue journée. A la fin de mon récit il est presque 10h du soir. Sélène est endormie contre moi. Je suis fatigué moi aussi. Mais au moins ils ont accepté et ne me tiennent pas rancune, du moins c'est ce qu'ils disent. Et je veux le croire…

Juste avant de monter je leur annonce que je compte aller voir Lucius le plus tôt possible. Juste le revoir au moins. Cependant, une semaine passe avant que je ne me décide. Ils m'ont appris qu'il avait sombré de plus en plus dans son travail, ils ne le voient presque plus et n'ont plus accès qu'au rez-de-chaussée du manoir. Et ils m'ont prévenu. Ils soupçonnent que Luce ait un amant. Cette information me fait bien plus mal que je ne leur ai laissé paraître. La rune, bizarrement, a régit, elle a chauffé, assez fortement. Je ne sas pourquoi mais je ne m'en inquiète pas sur le moment.

Je suis donc là, seul, devant le manoir, devant la grande porte en chêne massif orné du blason de la famille. Je frappe, c'est étrange de frapper à la porte de chez soi. Et au bout de 5 minutes d'attente sans aucune réponse j'entre doucement. Le manoir semble, à première vue, comme avant, sauf qu'il est étrangement froid, et paraît tellement vide… Je parcours tout le rez-de-chaussée et les pièces où il peut être en bas. Ne le trouvant nulle part je me décide à gravir l'escalier. Cette tâche s'avère assez difficile. Et une fois de plus je remercie mentalement Meier pour m'avoir donné cette foutue canne… enfin arrivé au premier étage, l'envie me prend d'aller voir ma chambre. Elle n'a pas changé, tout est à sa place, comme si j'étais parti la veille seulement. Un souvenir me revient. Moi, à moitié ivre, endormi et Luce contre moi, un bras autour de ma taille. Je souris puis repars dans ma recherche. Au détour d'un couloir je remarque que la porte de sa chambre est entrouverte. A ce moment je me demande pourquoi je n'ai pas commencé par là… Cela paraît évident. Lentement je m'approche et sur le pas de la porte me fige complètement.

Il est là en effet… Mais loin d'être seul. Je me sens trembler, mais comme si ce n'était pas mon corps. Il est là…avec un autre. Un homme… un…muggle. Il n'a aucune aura de magie ou de puissance. Lucius par contre rayonne des couleurs de la famille, gris et noir. Il…Ils sont…en train de… baiser. C'est le seul mot qui me vient. Ma respiration se bloque dans ma gorge, mes mains tremblent, la rune sur ma nuque se met à chauffer de plus en plus.

Cette… sous-espèce a la tête enfoncé dans l'oreiller, le bassin surélevé et les mains bloquées par un ruban à la tête du lit. Il gémit alors que Lucius s'enfonce en lui de plus en plus fort. Il gémit son nom comme une litanie. De plus en plus fort. Mon sang bourdonne dans mes tempes. J'entends un bruit faible sur le sol. Détachant douloureusement mon regard de la scène j'aperçois le bracelet d'alliance qui ne m'a pas quitté depuis sa demande, 5ans plus tôt. Sitôt que je relève la tête, l'orgasme ravage ce muggle qui ne se retient pas le moins du monde de crier « Luce ». Quelques secondes plus tard j'entends qu'il se rend lui aussi. Je ne fais plus qu'entendre puisque je suis en train de partir. M'enfuir qu'importe. Pourvu que j'arrive loin d'ici… Loin de son nom crié, loin de cette odeur, de ces images, de ce goût amer qui me reste dans la bouche et de cette douleur qui me broie le cœur et me brise la nuque.

Sitôt hors des limites je transplane 12 Grimaud place… Sans rien dire à qui que ce soit je m'enferme directement dans la première salle de bain que je trouve, la plus proche, pour vomir tripes et boyaux. Sans même prendre la peine d'enlever mes vêtements je vais sous une douche glacée. Je tombe à genoux rapidement, me serrant dans mes bras. Je n'arrive pas à me défaire de ces images, des ces sons, de ces odeurs, de ce cauchemar. Ca ne peut être que ça, un cauchemar. Rien de plus. Je vais me réveiller, c'est certain. Ca ne peut être que ça. La douleur s'amplifie jusqu'à me traîner dans l'inconscience.

Je reprends mes esprits dans un lit, froid. Je ne ressens la présence de personne. Mais j'ai atrocement froid. Les souvenirs reviennent dans ma tête à une vitesse telle que j'ai à peine le temps de me relever et de tourner la tête afin d'éviter le lit pour vomir une nouvelle fois. Quand j'ai fini, j'ouvre difficilement les yeux pour les refermer aussi sec. Il y a trop de lumière. Je me sens très mal. Le sens des images que je revois me vient. Il a un amant. Sûrement sérieux. Stan…Stanislas peut-être, c'est du moins ce que j'ai cru entendre en partant du manoir. Je tente une nouvelle fois d'ouvrir les yeux. Avec plus de succès cette fois. Pourtant ce que je vois ne me mets pas du tout à l'aise. Je reconnais l'infirmerie d'Hogwarts. Comment, pour l'amour de Merlin, suis-je arrivé ici ?
Je tente aussi de me lever de ce lit, peine perdue de nouveau, je retombe sur les oreillers en gémissant de douleur. La rune cœur est comme en feu. Je la sens brûler ma nuque entière, l'intérieur de ma gorge.

- M. Malfoy ? Vous êtes enfin réveillé !

Par pitié ! Abrégez mes souffrances maintenant ! Ou faites la taire. Qu'importe. Je la sens approcher, lancer un sort de nettoyage sur le sol et elle pose sa main, glacée, sur mon front. La garce. Ca ne fait qu'empirer ma douleur. J'essaie comme je peux d'échapper à son contact.

- C'est la deuxième fois qu'on vous apporte ici en se portant garant de vous jeune homme, alors arrêtez de bouger un peu, que je vois ce qui ne va pas.
- Ce qui ne va pas ? Jetez un œil à la rune que j'ai dans la nuque vous verrez ce qui ne va pas.
- J'ai déjà vu cela oui. Je me demande par quel phénomène elle a pu se mettre à saigner. Mais qu'importe. Buvez-moi ça.

Elle me fait avaler une potion infâme, pour changer, et me dit qu'elle va prévenir Severus. Je sens mes nausées reculer et se calmer, ma douleur à la nuque par contre elle se propage, je sens la migraine poindre…

Examinons la merveilleuse situation : Je suis revenu chez moi après 5 ans de coma, je ne vois qu'à moitié, j'ai une jambe qui est mal guérie, je dois faire en sorte que l'âme de Voldemort sorte de ma fille, Severus et Sirius sont marié et Luce… père a retrouvé un amant… O joie…
Je pense que dès que j'aurais défait Voldemort de Sélène je partirais…J'ignore où, peut-être chez Anna pendant un temps. Je suis un ancien Slytherin…de part ça je suis lâche. Je n'aurai jamais la courage d'aller le voir, ne serait-ce qu'une fois de plus. Et puis je peux faire passer ça pour de la générosité non ? On dira que je n'ai pas voulu troubler le bonheur qu'il a trouvé dans les bras d'un putain de muggle…
Personne ne le croira je pense… Pas même moi…
Allongé sur le lit j'entends vaguement la porte s'ouvrir et se fermer sur un bruissement d'étoffe. Bonjour Severus…

-Drago qu'est-ce qu'il s'est passé ?

Moi ça va presque bien, rien de grave, je m'en remettrait et toi?

-Drago répond…

Nan…je vais faire mieux que ça je pense. Négligemment je tends un bras vers lui. Hors des couvertures il fait encore plus froid. Il saisit ma main. Dès lors je me concentre et lui envois mon souvenir de ce qu'il s'est passé. Simplement le revoir me fait mal ! Au bout de quelques minutes qui me semblent des heures le souvenir prend fin. Je récupère ma main alors qu'il reste muet. Alors, sarcastique, je relance la parole.

- Au moins tu es certain qu'il a un amant maintenant non ?
- Qu'est-ce que tu comptes faire ?
- Rien ! Absolument rien ! Je vais faire ce pourquoi je suis revenu, en partie et puis… je pense que je vais quitter l'Angleterre. A quoi bon rester ?
- Tu ne vas rien essayer ?
- Non. Non je ne préfère pas. Je n'ai pas le droit de lui faire ça. Lui demander de refaire sa vie et revenir au bout de 5 ans pour tout chambouler.
- Comment ça ?

Et je lui raconte la lettre. Tout ce que j'ai demandé à père juste avant de partir pour le manoir Riddle, puis pour la bataille. Je ne peux pas lui demander de faire marche arrière… Ce serait trop égoïste. Même si je suis un slytherin je refuse ça. Mais qu'importe. Ma rune me lance une fois de plus.

Et là je réalise, je sais pourquoi elle fait ça…
C'est une réaction normale si l'on peut dire. En fait quand deux âmes sœurs se rencontrent et se reconnaissent, comme ça a été le cas pour moi, celui qui s'est fait le tatouage en dernier devient dépendant de l'autre. La rune du dernier tatoué, si l'un est infidèle, réagit sur celui ci. C'est une sorte de poison à retardement. Il doit me rester peu de temps avant qu'elle ne m'achève vu la douleur qu'elle dispense déjà.
Je souris, je n'aurais pas à partir loin finalement. Juste chez Anna…

- Drago ?
- Excuse moi Sev je pensais juste à ce qui allait se passer. J'ai un peu la tête ailleurs… On est à Hogwarts non ?
- Oui pourquoi ?
- J'ai…quelque chose à faire avec Sélène. Je me demandais juste si je pouvais utiliser la bibliothèque, j'ai quelques recherches à faire.
- Bien sûr. Que comptes-tu faire ?
- Je… voudrais retirer l'âme en trop chez Sélène…

Il acquiesce. Il me dit qu'il a encore un peu de travail, et que je peux faire ce que je veux, du moment que je reste dans l'enceinte du château. Sitôt dit il sort et me laisse seul avec le silence et mes projets. C'est très simple. Transférer l'âme de Voldemort de Sélène à moi, ensuite me débrouiller, en tant que deatheater, pour me faire arrêter, jouer assez bien pour recevoir le baiser du dementor… Et survivre joyeusement. Ca semble bien comme plan non ? C'est le seul que j'ai…

Deux jours plus tard mes recherches sont finies. Ca aura été plus rapide que je ne le pensais… Dans l'heure je demande à ce que Sélène soit amenée ici et avec elle je transplane au manoir Riddle. Ou du moins ce qu'il en reste. Il n'est presque plus que ruines. Les aurors ont dut s'amuser à détruire ce qu'ils pouvaient. Portant ma fille j'entre sur la propriété, grâce à la marque que j'ai toujours, et d'un pas décidé vais jusqu'au sous-sol.

Pas les cachots, plus loin encore. Les derniers sous-sols du manoir. Aucun son, aucune lumière ne peut parvenir ici. C'était la salle de cérémonie privée du Seigneur. A notre entrée de flambeaux s'allument, Sélène sursaute et se serre plus contre moi. Elle irradie de peur. Mes pas résonnent dans la salle vide.

Une grande salle circulaire, des colonnes tout le long des parois. Au centre il y a un renfoncement dans le sol, circulaire aussi, un pentacle parfait est dessiné dessus. Je dépose Sélène au centre et m'assois moi-même, lui faisant signe de faire pareil.

- Sélène, je vais lancer un sort qui va enlever l'âme que tu as en trop. Tu comprends ?
-Non…désolée.
-Ce n'est rien. Anna t'a parlé de ton autre père si ? Hé bien il voulait être sûr que, si il mourait pendant la bataille, il pourrait quand même revenir. Donc il a fait en sorte, avant que tu naisses, de
diviser son âme… Il en a coupé un morceau pour te le donner.
- Alors il faut que je le garde… c'est un cadeau.
- Non….non Sélène c'est…ce n'est pas un cadeau. Il n'a fait ça que pour lui. Il n'a pas du tout pensé à toi. Il ne te connaissait pas à l'époque. Et il veut reprendre son morceau d'âme tu comprends. Et quand il l'aura, il va revenir et tout redeviendra comme avant. Comme ce que je ne veux pas pour toi. La période d'avant sa disparition a été très dure, il était très méchant Sélène…
- Et toi tu veux reprendre le morceau ?
- Dans un sens oui, je veux le reprendre.
- Et après ?
-Après…après je demanderais à quelqu'un de me le prendre et de le détruire. De casser ce morceau, comme ça il ne pourra plus du tout revenir.
- Alors... Je verrai jamais mon autre père… ?
- Je…désolé Sélène mais ce n'est pas une mauvaise chose. Je suis là moi. Et je resterai toujours.

Elle me tend son sourire enfantin. Elle hoche la tête me signifiant qu'elle est d'accord avec ce que je dis. Je fais apparaître des bougies à chaque branche du pentacle, elles s'allument d'un même souffle. Sélène a un air inquiet sur le visage.

- Reste calme ma chérie. Tout ira bien d'accord ? Tu me fais confiance non ?

Elle hoche la tête une nouvelle fois et se détend un peu. Je commence alors l'incantation en latin. Tout se passe calmement au début. Mais dès que le sort commence à être réellement lancé tout change.

Je vois la puissance de Voldemort se déployer autour de Sélène et des sortes de cordes faites de magies s'enrouler autour d'elle comme si cette magie voulait rester à l'intérieur de son corps. Elle ne semble se rendre compte de rien, elle ne sent rien et je ne sais pas si elle voit quelque chose mais j'en doute. Soudain l'ombre même de Voldemort se tient derrière sa fille. Il est comme dans mon souvenir…en plus transparent mais bon. Ses bras s'enroulent autour des épaules de Sélène et c'est à ce moment, au moment où il sourit l'air de dire que je ne l'aurais jamais que je reprends l'incantation. La rune me brûle soudain, alors que j'arrive à la fin, que je vois de plus en plus l'âme de ce malade quitter ma fille pour s'immiscer en moi, par tous mes pores.

Elle brûle de plus en plus et, les dernières paroles prononcées je vois une petite sphère blanche et lumineuse sortir de Sélène. L'âme à proprement parler. Elle voyage doucement, trop peut-être, de ma fille à moi. Elle, Sélène, me regarde les yeux grands ouverts. Puis la sphère se fond en là ce n'est plus une simple brûlure que me dispense cette fichue rune mais, c'est comme si on m'enfonçait un tison chauffé à blanc dans la nuque. Je ne prends même pas la peine de crier. Les cris servent à extérioriser la douleur, là, ce n'est même plus la peine, crier ne suffira pas. J'ai l'impression de me consumer de l'intérieur.

De loin au milieu du bourdonnement de mes tempes j'entends des bruits de course, plusieurs personnes. Puis des gens qui parlent. J'entends des questions. Je sens qu'il y en a un qui s'approche, ils sont dans mon dos, de toute façon je ne vois rien. Par contre je sens bien lorsqu'il y en a un qui me dépasse et se dirige vers Sélène. J'ouvre les yeux, qu'importe qui il est, comme je peux je me redresse et attrape son bras. Je murmure faiblement « Pas elle ». Il se dégage de ma main et continue à avancer. Sans réfléchir je concentre ma magie et murmure un expulso. L'homme vole à travers toute la salle pour aller finir sa course dans un des murs. Je suis étourdit encore quand je croise le regard de Sélène. Il a changé. De rouge sanguin il est passé à un violet améthyste.

Dans la seconde qui suit, je sens une pression au niveau de ma gorge. C'est bizarre je reconnais très vite la pointe d'une baguette. L'habitude peut-être… Je tourne un peu la tête, de façon à voir qui me tient en joug tout en gardant un œil sur Sélène qui commence à s'inquiéter, qui ne comprend certainement pas. Celui qui me tient en joug est un aurors, je me demande bien ce qu'il fait là, mais au final ce n'est pas plus mal. Il parle, enfin sûrement vu que ses lèvres bougent, mais je n'entends plus rien du tout. Plus le moindre son que ce soit. Il appuie plus fort, menaçant plus. Sans trop réfléchir je signe, comme Sélène faisait. Je dis que je n'entends rien du tout. Et vu la réaction de l'autre il ne comprend pas du tout… Un autre vient le secourir. Il lui dit quelque chose puis signe à son tour.

- Vous êtes sourd ?
- Non mais pour le moment je n'entends rien…
- Que faites vous ici, cette propriété est interdite, comment avez-vous fait pour entrer ? Seuls les aurors le peuvent.

Je souris ne répondant rien. Je relève doucement ma manche gauche dévoilant la marque sombre, elle ressort encore plus dans cette luminosité. Et elle me brûle assez fortement elle aussi. Les deux qui sont en face de moi écarquillent les yeux et se reculent, me menaçant toujours de leurs baguettes. Sans plus faire attention à eux, je parcours les quelques pas qui me séparent de Sélène et la prends dans mes bras. Elle niche sa tête rapidement au creux de mon épaule et je la sens sangloter, c'est la première fois. Elle semblait si calme avant… et maintenant… Je la serre plus contre moi, oubliant totalement les autre gus. Je ne veux plus rien voir ni entendre tant qu'elle n'est pas calmée. Je me fiche des aurors du ministère, je me fiche de l'endroit, je veux juste qu'elle respire normalement et qu'elle arrête de pleurer.

Au bout de quelques minutes je la sens se détendre. Cependant d'autres douleurs naissent. Dans mon dos, mon ventre, les poignets le front. Je sens quelque chose couler, ça fait mal, ça tire, ça brûle. J'ouvre les yeux. Je croise le regard scandalisé, effaré des aurors qui me regardent. Je ne comprends pas, mais je pose Sélène, gardant tout de même sa main dans la mienne. C'est là que je vois, je vois pourquoi j'ai mal, je saigne. Comme c'est original… !
Je relève la tête vers celui qui sait signer. Une seconde je lâche la main de ma fille.

- Qu'est-ce que vous attendez au juste ?
- Vous… devez aller à St Mungo. Vous ne vous rendez pas compte ?

Celui –là conjure un miroir. D'accord… Je comprends bien mieux maintenant, visiblement c'est comme à mon premier réveil chez Meier, toutes les plaies dues au Seigneur des Ténèbres doivent s'être rouvertes. Mais en plus le cristal (je l'avais oublié celui là) sur mon front est d'un rouge sanguin parfait, il pulse au rythme de mon cœur, et saigne lui aussi.
Je souris, puis m'agenouille devant Sélène, je lui ferme les yeux et pose mes mains en coupe autour de son visage.

-Sélène ?
-Oui ?
-Tu te rappelles comment j'ai fait pour nous amener ici ?
-Oui.
-Je vais le refaire, seulement tu seras la seule à arriver. Je veux que tu préviennes Sirius et Severus d'accord. L'un des deux peu importe. Tu leur expliques ce qu'il vient de se passer. Ils comprendront ma chérie. D'accord ?
- Veux pas partir sans toi…
- Je ne te laisse pas le choix.

A peine ai-je fini de lui transmettre ces pensées que je me concentre et l'envoie au Grimaud place. Je sais qu'elle sera en sécurité là bas, et que personne ne la cherchera non plus dans cet endroit. Ca m'épuise, je reste au sol, je vois presque les aurors qui s'approchent rapidement, puis je tombe dans le noir total.

Achevez-moi… Si quelqu'un dans ce monde a une once de pitié envers moi. Je vous en prie, achevez-moi. Je ressens la douleur à travers toutes les fibres de mon corps. Et bien sûr comme je suis allongé sur le dos, ça n'arrange rien du tout. Je ne peux pas bouger d'un pouce. Dans un élan de masochisme je tente d'ouvrir les yeux. Et…miracle j'y arrive sans avoir à les refermer dans la seconde. La pièce est totalement sombre, il y a cette odeur d'hôpital qui me fait dire que je suis à St Mungo. Les volets et rideaux sont fermés, mais dehors il fait jour, c'est sûr. J'essaie tant bien que mal d'oublier les douleurs lancinantes que je ressens. Il va bien falloir que je bouge si je veux être jugé comme il se doit pour recevoir ensuite le baiser d'un dementor et qu'il enlève enfin cette âme pour toujours…
Je tente de me lever une fois, mais retombe rapidement sur le matelas, laissant échapper un petit cri de douleur. Pas moyen. Bouger me fait mal, rester allongé de me fait mal, surtout sur le dos… Je suis dans une situation pas possible…

La porte et le visiteur font un brui incroyable en entrant dans la pièce. C'est affreux. La porte crisse sur le sol, les gonds grincent affreusement. Les pas sont lourds, le tissu froissé émet un bruit ignoble. La porte se referme, même manège de sons infernaux. Puis le visiteur s'approche. Ma tête va exploser… J'entends la personne prendre une chaise et s'asseoir. Je me force à ouvrir les yeux.
C'est…inhabituel. C'est Severus, jusque là aucun problème la chose étrange c'est que… je vois sa magie, couler dans ses veines… Enfin dans ses mains seulement… Un entrelacs de vaisseaux sanguins verts et dorés. C'est magnifique mais déroutant… Difficilement je me redresse. A la vue de mon avancée laborieuse Sev' m'aide, sympa mais douloureux…
La première question qui me passe par la tête…

-Où est Sélène… ?

Ho Merlin… Je suis pris d'une quinte de toux violente. J'en viens même à cracher du sang. Parler simplement m'est insupportable. Je suis en décomposition ça n'est pas possible autrement ! Non content de devoir cracher mes poumons à chaque mot prononcé il faut que ce soit d'une voix éraillée, faible et rocailleuse…
Je suis moribond… Et ça fait mal !

- Ne t'inquiète pas, elle est arrivée a Grimaud place en un morceau et elle nous a expliqué ce qu'il s'était passé, là elle est avec Sirius. Drago…tu es fou c'est officiel, et en plus de cela tu es inconscient et tu ne réfléchis pas. Ou alors tu es en contradiction avec ce que tu dis.
- Pourquoi… ? (Nouvelle quinte de toux)
- Arrête d'essayer de parler s'il te plait. Le sors que tu as lancé, non content d'être un sort de magie particulièrement noire ameutant les aurors comme la joie un dementor, est mortel une fois sur deux ! Tu aurais pu mourir ! Tu aurais laissé Sélène orpheline. Et…rappelle-moi tu voulais que Lucius ignore ton retour non ?

J'acquiesce.

-Bien maintenant, souviens-toi tu travail de Lucius.

Je ferme les yeux douloureusement. Je suis un con fini ! Il sait que je suis là, il ne sait pas pourquoi mais je m'en fiche ! Il sait… Moi qui voulait éviter ça. Je ne veux pas le revoir, je ne veux pas qu'il sache que je suis là, à moitié mort, mais à moitié seulement. Merde ! Il avait trouvé quelqu'un… Et je viens tout massacrer. Et je vais me faire massacrer, il va m'en vouloir à mort… Ou pire… il va feindre royalement, comme il sait parfaitement le faire, l'indifférence totale… Et ça je ne pourrai pas le supporter… De la haine ça je peux encaisser, même de lui…mais pas de l'indifférence. Je vais mourir. Tuez moi, ce sera encore moins douloureux je pense…

-Hum…Drago. Je pense que je vais avoir une autre mauvaise nouvelle. L'autre jour. Enfin il y a 5 jours, pendant que tu faisais des recherches à Hogwarts. Il m'a donné ceci, disant qu'il ne voulait plus jamais le voir, que nous pouvions en faire ce que bon nous semblait avec Sirius. Je ne l'ai pas monté à Sirius justement, je me demandais ce que c'était simplement… et si ça avait une importance pour…vous.

J'ouvre les yeux à nouveau et me retiens avec le plus grand mal de faire le moindre mouvement. Mais je pense que mes larmes parlent pour moi. Il tient le bracelet d'alliance. Ca fait très mal. Tant moralement que physiquement. Ma rune refait des siennes et brûle de nouveau. Je la sens qui saigne à nouveau.
On frappe à la porte. Je tourne la tête du mieux que je peux à l'opposé, qui que ce soit je ne veux pas qu'il voit mes larmes. C'est déjà assez humiliant de les montrer à Severus… Ce dernier se lève d'ailleurs, allant ouvrir. Je l'entends sortir et parler à voix basses avec le nouveau venu. Ils entrent tous deux quelques secondes plus tard. Je ne veux voir personne… Laissez moi par pitié. Laissez moi …

-Salut Dray.

Sirius…super. Rien de mieux que celui qui a trouvé son bonheur pour me ruiner le moral une fois de plus.

-Je…j'irai parler Cius. Il ne peut pas faire ça… Rejeter ça c'est rejeter trop de chose. Il va se mettre à dos toute la famille. D'autant plus que si j'ai compris son… amant… est un muggle…
-Il… ne se mettra à dos…qu'Anna… Il reste le…patriarche de la famille… Personne…ne contestera… quoi que ce soit… Crois moi…Et Anna… n'aura pas de poids… Elle est sorti de la famille… au moment….où elle a été…engendrée… Ca ne changera rien…Que tu ailles le voir… Siri…

La nouvelle quinte de toux m'arrache la gorge et les poumons. Le drap blanc se colore de rouge, de mon sang. J'entends de loin Severus appeler une infirmière, ou un médicomage qui que ce soit avec des compétences. Sirius essaye de me faire respirer sans y parvenir. Le goût du sang est immonde. Mêlé de larmes c'est horrible… Des points blancs, noirs, colorés, tout, volent devant mes yeux au hasard. Puis je sens une piqûre et tout s'arrête. Plus mal, plus de toux, juste du flou, des points blancs, et l'impression de nager, de perdre pieds… Puis les points blancs s'en vont, et ma vision redevient plus normale. Le mal reflue. L'impression de ne rien contrôler aussi… Puis la douleur lancinante revient, sourde, en arrière plan presque. Quand j'ouvre les yeux à nouveau je vois un médicomage. Il m'ordonne de ne plus essayer de parler ajoutant qu'il tient à me garder en vie jusqu'au jour de mon jugement pour que je finisse comme « la vermine qui a suivit Celui-qui-a-été-vaincu ». Textuellement, mot pour mot. Suite à cela il sort.

-Drago. Rappelle moi la devise des Sangs purs…
-Toujours…pur…
-Merci, c'est la devise de ma famille, je te parle en général.
-Tout…pourvu que ce ne soit…ni un muggle…si un Sang Mêlé
- Parfait. Lucius semble avoir oublié ce précepte, je vais juste le lui remettre en mémoire.

Sans que je puisse essayer d'ajouter quoi que ce soit il sort sans un regard en arrière. Je le sens mal, j'ai le droit ? Il est malade. Mais bon, dans peu de temps tout sera fini. Je vais enfin pouvoir me reposer. J'entends distraitement que Severus part, il me dit qu'il reviendra dans pas longtemps. Et pendant une semaine ils sont venus me voir. Je leur ai fait comprendre que je me fichais totalement de ce procès et que je n'avais pas besoin d'avocat. En tout cas pas pour le moment. Ils ont dût me croire plus fou que je ne l'étais déjà… Point positif je n'ai pas entendu parlé de père. Même si Sirius est allé le voir, ça n'a rien changé, je n'ai pas eu de nouvelles, et je ne m'en porte pas plus mal je dois dire.

Le procès en lui-même se passe du mieux possible. Je reconnais entièrement les accusations à mon encontre :
- être un deatheater
- avoir servit le Seigneur des Ténèbre (pillages, meurtres,…)
- adhérer totalement à l'idée que les sorciers son supérieurs aux muggles.

Et cela suffit amplement pour me condamner le jour suivant au baiser du dementor. Je jubile. Je crève de douleur mais je jubile. Ce malade va être détruit jusqu'à la dernière partie de son âme. O joie.

Au fil des jours qui ont passé pendant que j'étais à l'hôpital la douleur dans ma nuque n'a cessé de croître. C'en devient presque insupportable. Si mes autres plaies ne s'étaient pas refermées je crois que j'aurais sauté par la fenêtre histoire d'abréger mes souffrances. Mais ça ne s'est pas passé comme ça et je suis toujours en vie.

Pour le moment précisément je suis sur mon lit à l'hôpital. Oui le procès s'est fait rapidement on va dire, il n'était pas prévu donc ils ont trouvé un créneaux horaire pour le faire et ne m'ont pas demandé mon avis. En même temps je ne faisais rien donc ça arrangeait tout le monde. Et je parle avec Sélène. Enfin je parle et elle écoute. Je lui dis grosso modo ce qu'il va se passer demain. Omettant sciemment le fait que les dementors sont normalement mortels. Et je lui dis aussi qu'elle restera au manoir, à grimaud place. Je refuse qu'elle voie ça. C'est compréhensible non ? Elle me fait la tête le reste du temps pendant lequel elle reste là. Et moi je souris. Je souris parce que la magie que je vois dans ses mains est pure, d'un gris mate. Et qu'il n'a plus rien à voir avec l'immense aura noire que je voyais auparavant. Elle finit par s'endormir dans le fauteuil qui est près de mon lit. Plus tard Sirius vient la chercher et me laisse seul pour ma dernière nuit avant d'éradiquer totalement Voldemort de cette terre. Il fait une tête d'enterrement, comme si j'allais mourir. Ce qui est techniquement vrai mais bon, lui ne sait pas que c'est totalement faux.

Et le jour fatidique arrive enfin ! Je suis debout au milieu d'un cercle de contention. J'ai les fers aux poignets. Des fers magiques bien sûr qui m'interdisent de pratiquer la magique sans baguette. Je suis droit, fier, presque hautain devant les personnes qui sont réunies là. Des journalistes, des témoins, des officiels du ministère, le ministre lui-même, et d'autres personnes que je ne connais pas, et ne reconnais pas non plus, des anonymes venu voir la fin du dernier descendant Malfoy.

Le silence est pesant. Puis le ministre se lève et prononce les chefs d'accusation, la conclusion du Wisengamot et la sentence choisie pour l'occasion. Je souris de tant de cérémonie alors que la seule chose qu'ils veulent c'est me voir mort. C'est amusant non ? Non… ? Tant pis je trouve ça drôle pour ma part. Puis le ministre s'adresse directement à moi. Etrange mais bon.

-Monsieur Malfoy, une question, toute dernière avant vos dernières paroles. Que représente cette mort pour vous ? Un soulagement, de la déception ?
- Ce qu'elle représente pour moi ?

Je réfléchis trente secondes. Jamais on ne m'avait posé une question aussi stupide. Je souris narquoisement au ministre.

- C'est un cadeau madame. Un cadeau de Noël acidulé…avec 5 ans de retard…

Elle hausse un sourcil d'incompréhension. J'entends dans la salle des paroles d'étonnement, de stupéfaction, de dérision. Personne ne comprend. C'est normal. Ce cadeau acidulé, je l'ai promis à père il y a de cela 5 ans, sur le champ de bataille avant de l'embrasser pour la dernière fois de ma vie sans nul doute.

- Hum…Bien Monsieur Malfoy. Une dernière parole avant que nous fassions entrer le dementor ?
- Oui…Oui une dernière parole. Je demande pardon. A ceux à qui je fais peur pour le moment. Et a celui dont j'ai bouleversé la vie en revenant. J'ajouterais que tout ce que j'ai fait de ma vie, je l'assume et j'en suis fier !

Les réactions ne se font pas attendre à ma dernière phrase, tous demande avec véhémence l'exécution de la sentence. Je souris. Puis soudain tout se fige. Un froid glacial se répand dans la salle d'audience. Un froid qui m'ôte toute joie. Je sens le dementor dans mon dos, il approche, froid et lent. Plus il est près, moins je suis certain de mon idée. Je ne sais pas s'il ne va pas prendre mon âme au lieu de celle de Voldemort. Je désespère de revoir un jour le sourire de Sélène, de revoir le bonheur qui entour Severus et Sirius, de revoir un jour le soleil ou la lune, le jour ou la nuit. Je redoute de ne plus être qu'une enveloppe vide de tout sentiments et de toute réaction… J'ai peur. Mais je reste digne. Je ne scille pas, je ne bronche pas, le dos droit, toisant ceux qui croisent mon regard. Ne trahissant pas la peur qui me ronge les entrailles. Plus le froid s'avance, moins j'ai mal. C'est agréable je retrouve une sensation connue, le froid de l'âme. Ce froid familier qui ne m'a quitté que dans les bras de père depuis que j'étais devenu un favori de Voldemort.

Puis le dementor entre dans mon champ de vision. Ce n'est qu'une forme vaguement humaine recouverte d'une longue cape noire. Je lui souris ironiquement. Mentalement je demande, je prie, pour qu'il prenne l'âme qui n'est pas attachée au corps. L'âme de Voldemort, l'âme étrangère. Je ne sais s'il m'entend. Je n'en ai cure…

Puis je vois, comme lors de la bataille, deux sphères de lumière, deux âmes. La mienne et la sienne. Puis le dementor s'arrête. Je plonge mon regard dans le vide sous la capuche de l'être. Peut-être faut il que je choisisse. Je m'étonne d'avoir des pensées alors que mon âme est hors de mon corps… mais qu'importe je ne vais pas m'en plaindre. Mais qu'est-ce que je dois choisir ? L'âme qu'il va prendre ou bien celle qu'il va laisser… ? Un murmure me pousse à choisir celle qu'il laissera.

Je regarde alors les deux sphères se livrer un duel, en fait elles se tournent autour se percutant par fois. Ce n'est qu'au bout de quelques minutes que je crois distinguer une différence. Ce n'est peut-être qu'une illusion, mais je crois voir autour de l'une d'elle des entrelacs noirs. Comme la magie de Voldemort. Rapidement, du plus rapidement que je peux au vu du froid qui me consume, je me concentre sur l'autre âme donc. Je sens alors son souffle froid commencer à aspirer cette âme, la sphère voyage vers lui inexorablement et la douleur en devient de plus en plus insupportable. Au milieu des douleurs qui refont surface je rabats mon esprit sur l'autre sphère espérant le plus possible, sans trop y croire, qu'il changera d'avis.

Et il change d'avis. Contre toute attente de ma part. La sphère qui représente sûrement mon âme revient doucement vers moi, lors que l'autre prend le chemin inverse. Les filaments noirs s'agitent alors, ils grandissent agrippant mon âme comme pour la retenir, l'emmener avec elle ou pour ne pas se faire prendre. Je ne sais pas. Mais ça fait mal. Puis le dementor respire une fois de plus et je vois l'âme de Voldemort virevolter, lâcher la mienne et disparaître sous la capuche noire.

Puis…juste du froid, et du silence. Je vois le dementor qui s'en va, me laissant seul, à genou sur le sol. Seul et endoloris, engourdi par le froid, tremblant de peur, de soulagement, de froid sûrement aussi. Je ne sais pas bien…

Puis la clameur. Les gens sont outrés, ils ne comprennent pas pourquoi je suis encore en vie alors que la sentence a bien été exécutée. Ils ne comprennent pas pourquoi ça a pris autant de temps pour au final n'aboutir à rien. J'en entends même qui se proposent pour me tuer eux-mêmes, mais de façon beaucoup plus certaine. J'essaie de bouger, mais mon corps ne répond plus. Je ne peux pas faire un seul geste. Le ministre ordonne le calme et me demande ce qu'il vient de se passer. Je ne sais quoi répondre. Qui me croira si je dis que le dementor a bien aspiré une âme mais celle de Voldemort. Cet homme que tout le monde croit mort depuis 5 ans, terrassé par Harry Potter ? Alors je me contente de répondre, comme je peux, d'une vois éteinte et éraillée :

- C'est…un cadeau de Noël acidulé, et en retard de cinq années…

Puis je tombe dans l'inconscience et je retrouve mon enfer blanc. Ma plaine blanche à perte de vue, le froid ambiant, la sensation de solitude et d'impuissance totale. D'un côté c'est extrêmement réconfortant, d'un autre j'ai envie de sortir d'ici avant que trop de temps ne passe…
Je revois le loup et je souris. Je sais que je ne serais pas seul qu'importe le temps que ça prendra. Alors sereinement, sachant que je n'ai pas grand-chose à faire, qu'il me montrera le chemin quand je sortirais du coma, je viens me coucher près de lui. Et je ferme les yeux. Enfin…je fais tout comme, le résultat je vois toujours du blanc mais avec l'impression d'avoir les yeux fermés…En gros…

Mais cette fois le loup me fait signe de le suivre plus vite que la fois précédente, alors je m'exécute, oubliant ma peur de revoir père, d'affronter Severus et Sirius qui n'ont pas dût apprécier le coup du dementor, et affronter Sélène qui n'aura peut-être pas bien compris le tout… Mais bon, soyons un peu courageux, une fois dans notre vie, ça ne peut pas faire de mal. Nous marchons longtemps avec le loup jusqu'à la déchirure dans mon espace blanc. Je passe une main, comme la première fois, et la douleur est bien moindre, je ne sens que de légers picotements, comme engourdis. Alors je passe entier, remerciant mentalement le loup avec un sourire.

Je me réveille. Ca sens l'hôpital… St Mungo, la joie… Qu'importe je suis en vie, réveillé. Que demande le peuple ? Avec appréhension j'ouvre un œil, et le referme en soupirant de soulagement. Visiblement mon coma a été beaucoup moins long que le premier. Je n'ai pas de réaction de douleur très prononcée à peine les yeux ouverts. J'essaie de bouger, tout va plutôt bien on peut dire. Enfin pas trop de mal quoi. Je souris paisiblement. Finalement ça aurait pu se passer bien plus mal que ça. Je me laisse entraîner paisiblement par le sommeil, ne me souciant pas de ce que sera mon réveil. J'ai du temps pour penser à ça plus tard.

Dans mes songes je demande au loup ce qu'il s'est passé. Je n'aurais dormi que 2 mois cette fois ci. J'ai eu la visite de Severus et Sirius. De Sélène. D'Anna, je ne sais pas pourquoi elle s'est déplacée mais visiblement elle l'a fait. Et de père… Lui non plus je ne sais pas pourquoi il est venu. Le loup me dit qu'il a repris quelque chose à Severus. Il aurait repris une rose. J'ai du mal à saisir ça mais bon. Je verrais plus tard je pense.

Mon second réveil se fait tout en douceur, au son d'une sorte de dispute entre Severus et quelqu'un d'autre, je ne sais qui.

-Je me fiche de vos recommandations ce ne sera pas un medicomage stagiaire qui m'empêchera d'entrer dans cette chambre.
-Monsieur je vous en prie. Monsieur Malfoy a besoin de repos son réveil est bien trop récent pour que quiconque l'approche. De plus je vous rappelle qu'il est toujours sous arrestation du ministère. Et de plus… hé non vous n'avez pas le droit de rentrer !

La porte s'ouvre avec plus ou moins de violence. Je dis plus ou moins puisqu'elle n'est pas encastrée dans le mur…enfin pas totalement.

- Quel empressement juste pour me voir Severus…je suis touché.

Il se tait pendant qu'il referme la porte sur le stagiaire bruyant, prend une chaise et s'assoit à côté du lit. A peine ai-je ouvert les yeux qu'une gifle cuisante s'abat sur ma joue. C'est chaud. Ca doit être la seule chose qui me réchauffe en ce moment. Si ça n'était aussi douloureux je lui dirais merci. Mais c'est très douloureux. En plus il se tait et s'enferme dans un mutisme désagréable. Un silence lourd s'installe entre nous.

-Écoute Sev…excuse moi…
- Un Malfoy ne s'excuse pas, et encore moi pour ses conneries ! Un Malfoy ne demande pas non plus pardon ! Qu'est-ce qui t'as pris de faire ça alors que toute la presse était là ? Et pour ça en plus ! Tu aurais pu nous mettre dans la confidence plus clairement au moins Drago.

Il n'a pas un mot plus haut que l'autre. C'est effrayant, je peux sentir toute sa colère à travers sa voix et à travers sa magie. Je la sens, volatile, tout autour de lui. C'est vrai que j'ai un peu merdé sur toute la ligne. Un Malfoy ne demande pas pardon, c'est vrai. Mais que pouvais-je faire d'autre ? Me taire ? Non, ça n'aurait pas été normal. Il fallait bien que j'étonne le monde une dernière fois non… ? Tant pis. Et puis, je n'étais pas assuré de m'en sortir… « Vivant » au sens mental du terme… J'aurais pu finir en légume, sans âme dans le quartier psychiatrique de St Mungo… Mais je doute que ça soit un argument. Je sais j'ai fait une erreur, je ne le ferai plus c'est promis.
Je soupire puis souris. Je suis content malgré tout d'être en vie. C'est la première fois depuis assez longtemps que je suis heureux de ça.

-Je ne pouvais pas partir sans me faire remarquer au moins une peu non? Et puis, je pense que la presse a surtout retenu ma dernière phrase, celle où je dis que je ne regrette rien de ce que j'ai fait.
-C'est vrai. Ils n'ont, heureusement pour toi, retenu que cela. Tu devrais te reposer. Le médicomage de garde va venir dans peu de temps et je ne tiens pas à m'expliquer avec lui.

J'acquiesce et il se lève de sa chaise. Cependant arrivé au seuil de la porte il se retourne.

- Lucius est venu récupérer le bracelet d'alliance, il y a deux jours.

Il sort. Je reste interdit alors que ma rune dispense une chaleur agréable. Comment est-ce possible? Non... pourquoi? IL n'avait aucune raison de faire cela n'est-ce pas...? Il a trouvé...quelqu'un, qui n'est plus moi, que lui importe de posséder de nouveau ce bijou? Peut-être pense-t-il qu'il pourra de nouveau être utile... maintenant qu'il sait que j'ai eu cet enfant... Ca doit être pour cela, pour quoi d'autre sinon? Doucement je glisse dans le sommeil sans m'en apercevoir réellement.

Je me réveille au son d'une voix chuchotée tout doucement comme pour ne pas me réveiller. Bien que ce soit certainement le cas je reconnais sa voix. Son vis-à-vis doit être Sélène je pense, puisqu'il n'obtient de réponses que par le silence et qu'il répond normalement, comme lors d'une conversation totalement orale. Enfin je dis ça, je n'en sais pas grand chose puisque leur conversation se fini rapidement après mon réveil.

Il dit que c'était une erreur et lui demande de ne pas me parler de lui. Ensuite ses pas puis la porte qui s'ouvre et se ferme et le silence. Je laisse passer quelques secondes avant d'ouvrir les yeux et de les poser sur Sélène. Elle est assise sur le bord du lit. Elle se tourne vers moi et sourit.

- Je n'ai même pas eu le temps de dire que tu étais plus endormi...
-Je sais chérie, il est toujours comme ça.
-Pourquoi j'ai pas les mêmes yeux que vous? Sirius il a dit que tous les Malfoy avaient les mêmes yeux. Mais pas moi...
-Tu n'y peux rien Sélène, c'est à cause de ton père. Peut-être qu'ils changeront avec le temps.

Elle me sourit de toutes ses dents. A ce moment je n'y peux rien je suis heureux. Pour la première fois je pense je me rends compte que Voldemort est définitivement mort...

Une petite semaine se passe tranquillement le temps que je me remette du baisé du dementor. J'ai un mois pour préparer mon second procès. Forcément ça ne pouvait pas être simple, ils ne pouvaient pas laisser tranquillement filer mon affaire. Ils se demandent pourquoi et comment j'ai résisté à la sentence. Je me vois mal expliquer qu'ils viennent de tuer définitivement le Seigneur des Ténèbres mais bon. On voit ça avec Sirius, on essaye de trouver un mensonge qui tienne la route et qui concorde avec tout...c'est loin d'être chose aisée, mais on finira par trouver...j'espère... A la fin de cette semaine donc, Sirius se porte garant pour moi. Les membres du wizengamot voulaient me faire aller à Azkaban en attendant mon deuxième jugement mais le fait que j'ai réussit à résister à un dementor plus les exigences du cousin ont eu raison de leur décision. De ce fait je serais chez Sirius au square Grimaud pendant un mois encore. Avec, bien entendu, interdiction de sortir non accompagné d'un Auror... Comme si j'allais écouter ces recommandations... Mais passons. Pour le moment je suis tranquillement assis avec Sélène à lui raconter ce qu'il vient de se passer de façon à ce qu'elle comprenne tout. De la dissociation d'âme, du dementor, des réactions diverses et variées. Et elle de son côté m'apprend qu'elle est restée à mon chevet presque durant toute la semaine, quand je dormais, et qu'elle n'était pas seule à venir quand je dormais. Elle dit que cet homme lui faisait un peu peur, qui avait l'air très froid mais que quand ils ont commencé à parler elle s'est rendue compte que pas tellement en fait.
Elle me le décrit avec ses mots et je pense qu'elle n'a pas compris pourquoi je lui ai demandé de ne pas dire à Sirius que je sortais tout de suite. Je la laisse donc dans le salon, sur le fauteuil où nous étions et pars directement hors des barrières arrières anti-transplanage. La seconde qui suit je suis devant le manoir Malfoy.

Ma réaction est impulsive, irréfléchie mais si je réfléchis je sais que je vais renoncer. Même si ce n'est que par pitié, je veux savoir pourquoi il s'est donné la peine de venir... tous les jours...
Devant la porte je respire profondément une fois puis frappe. Cette fois un elfe vient ouvrir et me fait entrer, m'installe dans le salon de réception. C'est fou comme rien n'a changé. Je demande à voir de suite son maître. Il disparaît dans un pop sonore, comme tous les elfes de maison. Quelques secondes plus tard j'entends des bruits de pas et une discutions assez animée. Je n'entends clairement les paroles que lorsque la porte s'ouvre.

-Pourquoi je ne devrais pas venir? A chaque fois tu me tiens à l'écart de ceux que tu vois, je ne sais rien de ta vie!

Sauf que ladite porte s'ouvre sur l'amant de père. Il semble assez jeune, châtain, des yeux bruns tout ce qu'il y a de plus banal. Pas mal fait dans l'ensemble...on peut dire qu'il y a pire. Et malgré ça c'est tout de même les poings serrés et sifflant que je réponds à sa question.

-Parce que certaine personnes pourraient vouloir vous tuer sur le champ en vous voyant.

Mes paroles sont emplies de toute la haine dont je peux faire preuve. L'ambiance se refroidit considérablement suite à mon intervention. Puis je le vois. Il n'a pas changé. Toujours aussi beau...pour mon malheur. Son visage reste impassible alors que ses yeux anthracites reflètent un étonnement complet. L'autre sous-race par contre ne comprend pas bien ce qu'il se passe.

-Drago...
-Je dérange peut-être père? C'est que je ne voudrais pas interrompre quoi que ce soit. Ma dernière visite a été plutôt... surprenante, je ne voudrais surtout pas avoir commis la même erreur deux fois.

Le silence prend une nouvelle fois place dans la pièce jusqu'à ce que cet...être de muggle reprenne la parole.

-Alors c'est vous Drago. Luce m'a souvent parlé...
-Ferme là, muggle... Comment avez vous pu faire ça?
-Je ne suis pas muggle comme vous vous plaisez à le croire. Je suis Squib et qu'importe je n'ai rien choisi.
-Vous pensez que c'est mieux!?

Je commence à perdre le contrôle. Ma magie crépite. Je la sens par tous les pores de ma peau. Elle crépite, s'échappe de moi, et j'aime ça. J'aime cette puissance comme sur le champ de bataille il y a cinq ans. La rune feu que j'ai au poignet se met à vibrer sur ma peau, elle s'éveille doucement. C'est tellement grisant. Je vois ce... ce squib demander ce qu'il se passe. Et père qui se le demande encore. Je le vois dans ses yeux. Il ne sais pas, ne comprend pas... Ne comprend pas que son indifférence, son manque de réaction à mon encontre, la présence de cet homme à ses côtés, si près de moi, que tout ça me fait perdre le contrôle de mes nerfs..? D'ailleurs je le vois s'interposer...le fou. Il se met entre père et moi... il veut donc mourir? D'un mouvement de bras accompagné d'un expulso murmuré du bout des lèvres je l'envoi dire bonjour au mur le plus proche. Sous le choc il perd connaissance, pour peu de temps je pense... ça n'a pas été si violent en fin de comptes.

Cependant je mets à profit ce temps qui m'est imparti. Je m'approche de père...Lucius... mon âme volée... Il ne bouge pas et me fixe, droit dans le yeux, comme si la magie volatile que je dégage autour de nous lui paraissait totalement normale, évidente.

-Je t'en prie Drago, calme toi. Qu'est-ce qui ne va pas?
-Plait il? Ce qui ne va pas...?

Ma voix tremble de rage et d'incompréhension à la fois. Est-il aveugle au point de ne pas voir ce qui me met dans cet état?

-Mais rien ne va. Pour moi... On m'a volé la dernière parcelle d'âme que je possédais.
- Que s'est-il passé durant ces 5 ans Drago?
-Rien! Il ne s'est rien passé! J'étais dans le coma pendant ces 5 foutues années!

Je ne contrôle plus rien, des tremblements de ma voix, à ma magie passant par mes geste. Sans le vouloir consciemment du moins, mes mains s'accrochent à son col et nous rapprochent jusqu'à ce que nous lèvres se touchent. Je l'embrasse, fiévreusement, impérieusement, désespérément. Ma vie dépend de lui. De ce qu'il fera. Ma rune cœur explose de chaleur, elle irradie à travers mon corps entier. Mes mains se faufilent jusqu'à la sienne, au creux de ses reins. Et une seconde plus tard il me repousse. Je titube et tombe sur un des fauteuils.
Tout est fini, ruiné.
Plus de chaleur, plus de contact, plus rien, que du vide et du froid devant moi. Le froid de son regard. Qu'est-ce qui m'a pris de faire ça...? Je ne comprends pas... J'ai mal, de son regard et de la distance entre nous. De la rune qui me broie la nuque aussi. Puis je surprends son regard qui coule jusqu'à l'épave qui commence à gémir pour se relever. Un éclair d'inquiétude passe dans ses prunelles grises si froides pour moi. C'est risible... je suis pitoyable. Jusqu'au bout! Je l'avais déjà dit, mais ça se confirme.

Alors je pars d'un rire... Un rire démens. Un rire hystérique et incontrôlable. Ma magie se calme doucement, par vague. Et par vagues également ma rune cœur irradie de plus en plus de douleur.
Il faut que je parte d'ici. Alors péniblement, me retenant de rire et de pleurer à la fois, je me lève et passe à côté de père pour sortir. Il m'arrête cependant, me retenant le poignet, celui qui avait le bracelet.

-Où vas tu?
-Je pars. Pourquoi? Rien ne me retient ici, il faut que je prévois ma défense pour mon procès. Après plus jamais tu ne me verras ne t'inquiète pas pour ça.
-Mais....
-Ne me dis pas que tu veux me retenir je t'en prie! Tu as bien autre chose à faire. Occupe toi de ton...amant . Il a besoin de toi. Laisse moi maintenant, Sirius va faire une crise cardiaque si je ne rentre pas bientôt.

Sur ce je me dégage fermement de sa poigne et pars sans me retourner, jusqu'au hall d'entrée, le long de l'allée qui mène à la grille, hors du domaine, hors des barrières anti-transplanage.

Je pense que ce qui me fait le plus de mal c'est son indifférence. Je savais que je ne résisterais pas cela... Dans un craquement je délaisse le manoir et reparaîs dans le jardin du square Grimaud. Je ne veux pas entrer tout de suite dans la maison. Je veux profiter de l'air.

Au moins cette entrevue m'aura permis de revoir mes priorités. Je sais que sans changement fondamental dans notre...relation, avec père, si la situation reste telle qu'elle est, je mourrai rapidement. Ma rune me le fait plus que sentir. Et je veux que Sélène ait une vie paisible, pour ça il fait que je sois blanchit de mon passé. Il faut que je sorte vainqueur du procès. Et je suis près à tout révéler si ça me le permet. Fort de cette décision je rentre. Il fait nuit, je ne sais pas combien de temps je suis sorti, combien de temps je suis resté dehors. Pour tout dire j'ai perdu la notion du temps un peu depuis mon réveil chez Anna.

Bien sûr, dès que je rentre Sirius me saute dessus pour me montrer à quel point ma conduite est irresponsable etc...Etc...Je le fais taire rapidement lui disant que de ce côté là il n'est pas en manque, que son passé ne lui permet pas ces remontrances. Puis je lui dit qu'il peut faire absolument tout ce qu'il veut pour gagner mon procès. Personnellement je pense à un ancien sort. Un peu comme un mélange de véritasérum et d'imperum... Les effets du véritasérum un peu plus fort mais pas en potion, en sort. Tout simple... et légal avec ça!

Je lui fais part de cette idée et il approuve, à moitié, argumentant la complexité du sort et le fait qu'elle ne s'utilise pas trop en cour. Il dit qu'il soumettra l'idée au wizengamot et qu'on avisera ensuite. Mais si c'est accepté, on n'aura pas besoin de monter un dossier, ni aucun mensonge plausible, je dirais la vérité, tout ce qu'il s'est passé depuis le début. Ensuite ils aviseront...

Il doit se passer une semaine, au moins, avant qu'on reçoive une réponse. Le temps que la demande soit envoyée, baladée à travers tout le ministère, renvoyée autre part, qu'elle se perde au moins une fois et qu'elle soit examinée, retournée dans tous les sens pour trouver la raison et les solutions. Et encore il parait que j'ai eu la chance que ça aille vite... Mais finalement au bout d'une interminable semaine nous avons la réponse...positive. Mais à une condition, que ledit sort soit lancé par un auror du ministère...volontaire qui plus est. Le ministère dit qu'il fait de recherches pour trouver ce volontaire. Et de mon côté je désespère. Qui voudra? C'est mon seul moyen de survivre, d'être innocenté, pourquoi un auror voudrait faire cela?

Et pourtant. Quelle n'est pas ma surprise lorsque, lors de la semaine à l'issue de laquelle je dois me présenter pour clore enfin cette affaire, un auror frappe à la porte du square grimaud. Et encore, pas n'importe lequel. Celui qui doit me haïr le plus, Weasley avant-dernier du nom.

Avant que j'ai pu esquisser une pensée pour parler il ouvre la bouche.

-Je suis là parce que j'ai été...choisi pour ce foutu sort, rapport à ton procès. Je ne suis pas là par plaisir ou parce que j'ai été volontaire ne va pas te faire d'idée. Où est Sirius, c'est avec lui que je dois parler.

On ne dit rien, on reste calme et on ne tue pas la belette.... Sans un mot, à peine un regard je laisse la porte ouverte et monte à l'étage chercher Sirius dans son bureau. Dès que c'est fait je les laisse parler tranquillement. Moi je vais veiller sur le sommeil de ma petite. Au bout de je ne sais combien de temps je m'endors dans le fauteuil placé près de son lit. C'est elle qui me réveille quelques heures plus tard me disant que le repas est prêt. Mais c'est la soirée qui m'achève. Sirius m'explique que c'est effectivement Weaselbee qui va s'occuper du sort pour mon procès... mais qu'il faudra l'entraîner vu qu'il ne le connait pas...généralement les aurors utilisent le véritasérum. Sauf que si le sort a des ratées...on ne sait absolument pas les effets secondaires que ça pourrait avoir... Je le sens mal ce procès!

Quoi qu'il en soit, désormais je ne peux plus reculer. Plus du tout...

-Je déclare ouverte cette séance du Wizengamot. En ce jour, 29 Juin 2007, nous accusons Drago Lucius Malfoy d'avoir été un membre éminent des deatheaters aux côtés de Vous-savez-qui, de l'avoir servit, ceci incluant les actes de meurtres, pillages et autres atrocités. Et de n'avoir rien fait qui ait contribué à la chute du Lord noir. Par autorisation spéciale, nous accordons à l'avocat de l'accusé Mr. Sirius Black-Snape d'avoir recours au sort dit du délieur. Ainsi la vérité entière et pleine sera faite sur cette affaire. L'Auror qui lancera le sort est Ronald Billius Weasley, auror de première classe. Accusé avez-vous quelque chose à déclarer avant que nous ne procédions au sort?

M'asseyant sur la chaise enchainée je nie de la tête avec juste un sourire. Les chaînes de la chaise s'enroulent autour de mes poignets, de mes chevilles et de ma taille. Je sens d'un coup un froid mordant me vriller les entrailles, ma magie est retenue dans ces chaînes, je le sens. Et pourtant, une sensation agréable se propage, depuis ma rune cœur. Il est là...Lucius...non, père. Il vient d'entrer dans la sale ou de faire connaître sa présence, peu importe. Peu importe c'est sa chaleur qui se propage doucement dans mes veines occultant à peine le froid de la perte de magie.

Puis un sort, en latin. Puis le noir, le chaud, froid, blanc, noir, un tourbillon qui fait que lorsque j'ouvre les yeux je ne sais plus où ni quand je suis. Puis j'entends au loin quelqu'un qui me demande mon histoire, ma version des faits. Quel faits? De quoi parle-t-elle cette voix? On précise, mon histoire avec le Lord?

Mon histoire avec le Lord...bien sûr. De suite.

Je raconte. Je suis entré à son service à 16 ans, je l'ai servit corps et âme sans rien demandé, croyant à ce qu'il disait. Je le crois encore d'ailleurs mais qu'importe. Puis j'ai été choisi, pour être un de ses favoris. Et tout à dérapé, il m'a violé, pendant...pendant des années j'ai perdu la date de début. Il était on ne peut plus violent, agressif, possessif... inhumain malgré son apparence.
Mon histoire avec le Seigneur des ténèbres se résume à cela, dans la plus grande partie.

On me demande de préciser, s'il y a une « grande partie » il y en a forcément une « petite ».

Je me lance alors dans le récit du sort de l'ange. Sa machination autour de moi pour trouver qui représentait quoi pour moi, les deux semaines passées pour le sort. La bataille finale et sa mort. Moi son Ange, l'instrument de son triomphe de plus total je l'ai réduit à néant... c'est tellement ironique.

La voix se fait beaucoup plus autoritaire et énervée. Elle me demande de préciser pourquoi un tel revirement d'idée. Si je croyais aux idéaux du Seigneur pourquoi lui avoir, tourné le dos?

Par amour je répond simplement.

On me demande une fois encore de préciser.

Je répond. Encore. La personne que j'aime m'a un jour avoué qu'elle n'était au service du Lord noir qu'en qualité d'espion depuis la mort de ma mère. Elle m'a demandé si je serais à ses côtés ou contre lui. Et j'ai été avec lui. Il m'a appris le double sens du sort, la double issue. Que je pouvais encore tout changer par rapport à la fin de la guerre. Pour lui... Alors... pour lui j'ai tourné le dos au Seigneur noir. J'ai donné ma vie, je pensais mourir à ce moment là. Et c'est un peu ce qu'il s'est passé.

Il y a un moment de flottement. Je ne reçois plus aucune demande, la voix s'est tue. Puis enfin après un moment, indéterminé, elle me demande pourquoi et comment j'ai fais pour survivre au baiser du dementor.

Je réponds, toujours, parce que j'avais transféré la dernière parcelle d'âme de Voldemort, qu'il avait abandonné à mon enfant, de ce dernier à moi. Ainsi j'avais en moi ma propre âme et celle de Voldemort. Le dementor a seulement pris alors la parcelle d'âme qui n'était pas la mienne. Cela semble simple pourtant non....? Non? Tant pis. Pour moi ça l'est et ça m'a permi de vivre jusqu'ici, bien que je doute désormais que vous me croirez jamais et que j'échappe cette fois ci à la mort par baiser du dementor, ou même par avada. Qu'en sais-je les méthodes du ministère on peut-être changée en mon absence...

J'entends au loin une voix qui dit quelque chose que je ne distingue pas vraiment. Puis un sonore « finite incantatem » résonne à mes oreilles et là c'est...étrange. Je vois à nouveau. Je sais que je n'ai pas fermé les yeux mais je vois à nouveau comme si je les avais ouvert... C'est déstabilisant cependant je n'en laisse rien voir. Je me redresse sur la chaise et regarde les expressions de stupeur collées sur les visages de l'assemblée, du public. Les mines soucieuses, presque révoltées pour certains, des membres du Wizengamot.. J'ai dit tellement de choses. Avoué tellement de honte, de secrets. Encore heureux qu'ils aient passé outre mon amour... je me voyais mal l'avouer devant tout ce monde...ça aurait tout ruiné plus que ça ne l'est déjà... Le président du Wizengamot se lève alors et annonce d'une voix forte que la séance est ajournée. Ils vont délibérer sur mon sort. Le verdict sera rendu dans une semaine. Encore une semaine à attendre sans rien faire, assigné au grimaud place. Alors nous sortons tous. Tout le monde. Je reste aux côtés de Sirius qui ne me lâche pas et qui éloigne comme il le peut les journalistes de tous les journaux pourris du ministère. Dans un ensemble d'images floues il nous fait transplaner au manoir. Puis tout se brouille puis devient totalement noir. Et je me repose enfin. Tout va bien. Sauf la chaleur de ma rune qui s'est évaporée, mais cela excepté tout est pour le mieux. Mais ce n'est pas grave que la chaleur soit partie non...? non...? Si c'est grave, ça m'énerve, je suis de nouveau seul sans lui. En même temps je pense qu'il faudra que je m'habitue à cet état de fait. Il faut bien que je paie le prix de mes mots non? Tout a un prix.

Même le sommeil a un prix...son prix est le réveil. Dommage. Je sors doucement de ce cocon de sommeil rassurant et noir pour me retrouver dans une chambre, celle que j'occupe à Grimaud place. Comment suis-je arrivé là...? Peu importe le fait est que j'y suis, vivant, en un seul morceau visiblement, sain et sauf... Peu importe.
Un bruit à la vitre attire mon attention. C'est un hibou qui demande à ce que j'ouvre. Par habitude, automatisme j'y vais, prends la lettre et referme la fenêtre sans plus de considération pour le volatile. Sitôt que je suis certain de pouvoir correctement lire je décachette la lettre.

Bonjour Drago

Je sais que cela va te paraître étrange. Mais j'aimerai te parler. Viens au manoir quand tu veux.

Lucius

Point à la ligne, rien de plus rien de moins. Clair net précis. Et pourtant qui ouvre tellement de questions... Et en bon slytherin que je suis...je suis curieux de nature...

D'accord j'avoue j'ai envie de le voir... Même si je ne sais pas si ce ne sera pas plus difficile que la dernière fois. Ca ne peut pas être pire, c'est ce qu'il faut que je me dise, s'il m'invite il aura au moins la décence de ne pas faire venir l'autre en même temps... Du moins je l'espère.

Mais bon. Pour le moment je remets ça à plus tard. Il faut que je sache ce qu'il s'est passé hier. Dès que je vois Sirius en bas je lui demande. Seulement il y a une chose qui ne va pas. Pour lui la soirée d'hier j'étais un peu fatigué mais rien de plus. Je ne me suis pas endormi, ni évanoui, ni rien de plus trouble. Alors que pour moi les dernières heures ne sont qu'un vaste trou noir depuis mon arrivée du procès jusqu'à ce que je me réveil... Trop rapidement il m'emmène à Hogwarts, à l'infirmerie. D'après Mrs Pomfrey, après m'avoir osculté pendant près d'une heure, rien n'est anormal, tout va bien. Elle ne comprend pas du tout ce qui a pu se passer pour que je perde ainsi la mémoire. Alors juste une idée vague me vient à l'esprit. Je lui parle de la rune, et demande s'il peut y avoir un rapport quelconque. Elle regarde et ne dit rien. Elle ne me quitte pas des yeux, étonnée, effarée. Je ne sais pas ce qu'il se passe mais visiblement ce n'est pas bon pour moi... Après que j'ai insisté lourdement elle se décide enfin à parler. En effet... j'ai un gros problème. Ma rune commence déjà à s'effacer.
En clair cela veut dire que si je ne m'unis pas rapidement à mon âme sœur, disons dans les deux semaines tout au plus, je suis mort. Le fait que la rune disparaisse signifie que ce qui nous lie est en train de disparaître aussi. Et si plus rien ne lie deux âmes sœurs elles meurent... Quoique dans ce cas précis il n'y ai que moi qui soit en danger étant le dernier à m'être fait tatoué de nous deux.

Je remercie sombrement l'infirmière et repars aussi vite que Sirius m'a amené. Je l'ai d'ailleurs oublié quand j'arrive au manoir. Mais qu'importe il doit être allé voir Severus, il n'a pas besoin de moi pour ça.

Arrivé au manoir j'ai pris ma décision c'est très simple. Je vais alors chercher Sélène et lui explique que son père va aller voir quelqu'un qu'il aime beaucoup. Et que je l'emmène avec moi. Elle vient. Je veux qu'elle le voit, qu'elle sache, qu'elle écoute et entende ce qu'il va se passer. Je ne sais pas pourquoi mais je sais qu'elle va comprendre, et qu'elle a besoin de savoir. Je ne veux avoir aucun secret pour elle. Surtout pas quand ça concerne ce point là précisément.

Alors rapidement je laisse un mot griffonné à la hâte à Sirius disant que je suis allé voir Lucius avec Sélène, que je ne sais pas quand je rentre, ni si je rentrerais. Mais qu'il ne s'inquiète pas pour moi. Au pire il contacte Lucius et il saura donc si tout va bien non?

Et sur ce sans plus tarder je nous fait transplaner avec Sélène aux portes du domaine Malfoy.

En remontant la longue allée qui mène jusqu'à l'imposante porte frappée aux armoiries de la famille j'explique à Sélène qu'un jour tout ça sera à elle, qu'elle est celle qui héritera de tout. Elle est ma fille et par conséquent elle est la dernière héritière de tous les biens mobiliers et immobiliers de la famille et ça rien ni personne ne pourra plus jamais nous l'enlever. Comme devant le manoir Prince elle scrute, regarde, grave dans sa mémoire tous les détails qui font qu'elle se souviendra d'être venue ici, et que tout ça lui appartient...

Devant la porte je ne tremble pas. Ni d'impatience, ni d'apréhension. Je reste froid, comme distant de la scène. C'est ma vie que je joue ici. S'il me repousse une nouvelle fois comme il l'a fait il y a peu, je sais que dans deux semaines je suis mort. Si il ne me repousse pas tout ira bien.

Alors sans frapper j'entre, je suis chez moi. Un elfe alarmé d'une intrusion dans le manoir arrive dans un 'pop' retentissant qui résonne dans l'immense hall.

-Que faites vous ici? Maître Lucius Monsieur ne veut recevoir personne, il n'attend personne. Partez. Personne ne doit...
-Silence créature. Prévient Lucius que son fils est là. Maintenant! Je l'attend dans le petit salon.

Ce pauvre elfe est effrayé et disparaît sans rien demander de plus. Je me sens bien, glacial, chez moi enfin. Sélène me suivant je me dirige vers le salon familial. Le feu dans la cheminée est mort depuis longtemps. Cette pièce me fait mal quand j'y repense. C'est là précisément dans le canapé sur lequel Sélène vient de s'asseoir l'air de rien que pour la première fois je l'ai aimé. Mais l'heure n'est pas à ces pensées. Il veut me parler. Je suis là pour l'écouter, qu'il vienne.

Je me sers dans le bar un petit verre de firewiskey, je sens que je vais en avoir grandement besoin. Quelques minutes plus tard je l'entend arriver. Je fais dos à la porte.

-Bonjour père. J'espère ne pas vous avoir dérangé de si bon matin.

J'ironise dès le départ, il est déjà presque 10h. On ne met autant de temps à se rendre dans ce salon que si l'on n'était pas réveillé ou si l'on ne connait pas le manoir. Or il connait le manoir parfaitement bien.

-Juste...une affaire avec le ministère qui m'a pris une partie de la nuit. J'avais décidé de dormir pour une fois. Je ne t'attendais pas si tôt...
-Toujours être sur ses gardes. Vous désiriez me parler.

Il reste quelques secondes sans voix. IL faut dire que je n'aide pas. Ma voix reste neutre, je lui fais toujours dos. Pour couronner le tout Sélène vient vers moi et commence à signer. Elle se pose des questions. Beaucoup. Pourquoi il me regarde avec un air étonné. Pourquoi il ne dit plus rien. Et tant d'autres questions. Je ne réponds à aucune. Seulement alors je me retourne et regarde Lucius.

Réellement. Il n'a pas changé, je dirais même qu'il a embelli, si c'est possible. C'est faible mais quelque chose a changé qui le rend plus beau qu'avant. Je ne saurais dire quoi. Et ça me fait mal. Autant que cette agréable chaleur due à la rune et à sa présence, sa proximité...

-Assied toi je t'en prie. Ça va peut-être prendre du temps à tout expliquer.
-Pourquoi vous expliquer? Et sur quoi? Un Malfoy n'a pas d'explications à donner. Il fait ce que bon lui semble de faire.
-C'est vrai. Il fait ce que bon lui semble. Et je décide que ce qui me semble bon sur le moment est de t'expliquer pourquoi tu es là, au moins. Assied -toi, s'il te plait.

Bonne répartie...Dommage, moi qui pensais m'en sortir rapidement... Je m'exécute et prends place dans un des fauteuils présents. Sélène vient d'elle même sur mes genoux, docilement. Elle se cale contre moi comme si elle allait juste écouter une histoire. Lui la regarde, un peu gèné par sa présence peut-être.

-C'est ta fille?
-Oui. Bien que j'ai eu un peu de mal à réaliser au début, oui c'est ma fille, Sélène.
-Crois tu qu'il soit favorable qu'elle entende ce qu'il va se dire ici Drago?
-Ça ne peut pas être néfaste du moins. Elle saura déjà et pourra s'habituer aux faits.
-Si tu veux.

Puis il se tait. Reste impassible, reprend contenance et se forge un masque froid que je lui connais bien pour l'avoir vu souvent. C'est ce masque en plus de sa personne que j'ai appris à aimer, et que j'aime toujours. Cet homme fort, distant, et troublant...

Son silence vient certainement de je ne sais quelle hésitation de sa part. Puis le silence se rompt.

-Je ne sais vraiment pas où commencer...
-Je vais vous aidez, c'est facile.

Sans crier gare je lui envoie par légilimenccie les images, les premières images que j'ai eu de lui en venant le voir la première fois, puis son rejet de la dernière fois.

-Commencez par m'expliquer ceci, si vous tenez tant à fournir des explications.
-Oui je suppose que c'est par là que je vais commencer. Quand tu es partis et que j'ai reçu ta lettre je n'ai pas su comment réagir. Je me suis laissé aller doucement, sans prendre garde à rien autour de moi. Pendant plus d'un an je n'ai absolument rien fait, sortant à peine du manoir, m'attendant à te voir venir, revenir, d'un moment à l'autre, n'importe quand, jours et nuits. Bien sûr, ça a beaucoup inquiété Severus. Il est vite devenu insistant après cette année. A la force il m'a fait reprendre pied, m'a fait entrer au ministère, m'a poussé à oublier d'une façon ou d'une autre. Ça marchait. Au début. Et plus je m'habituait à ce train de vie, plus il devenait monotone et plus il me laissait de loisirs pour réfléchir. Et penser, à toi notamment. A ce moment au ministère je n'avais que peu de responsabilités et donc peu de contacts. Mais rapidement je suis parvenu à ce métier précisément, celui dont je t'avais parlé...il y a cinq ans. J'y suis arrivé il y a peu s'il on peut dire. Un an et demi tout au plus. Et ce travail m'a obligé à demander service de détectives, chercheurs, archivistes. Beaucoup de monde plus ou moins en relation avec le ministère, autant moldus que sorciers. Dont Stan...Celui que tu as vu. Stanislas Torn. Il enquête pour moi. Et c'est arrivé. Ça fera presque six moi qu'il est mon...amant plus ou moins régulier.

Il se tait de nouveau après sa tirade. J'avoue que j'ai du mal à croire... Croire qu'il se soit laissé allé comme il le dit. Qu'il l'ai fait pour moi. Tout ce qu'il s'est passé. J'ai du mal à réaliser. Et encore une fois je me rends compte que j'ai perdu 5 ans de ma vie dans le coma. Je souris pauvrement en baissant les yeux sur Sélène qui a un visage pensif, je ne sais pas si elle arrive à bien saisir ce qu'il vient de dire, ce que ça représente pour moi, j'en doute sérieusement. Elle est si jeune... Je resserre mes bras autour d'elle et pose la question qui me taraude le plus suite à ce qu'il vient de dire. La question dont je redoute le plus la réponse...

-Qu'est-ce que vous entendez par« plus ou moins régulier»?

Il prend une grande inspiration, et soupire. Je resserre mes bras un peu plus. Je suis certain de ne pas apprécier sa prochaine réponse.

-Plus ou moins...suivant les suspicions de sa femme.

Je pense avoir pâli d'un coup d'un seul. Sa...femme... Monsieur est marié. Mon âme sœur...putain celui que j'aime plus que ma vie, couche avec un homme, marié, et ce depuis plus de six mois. Sans la moindre vergogne... Qu'il travaille avec lui en plus de ça. Quand est-ce qu'il compte m'achever? J'espère rapidement. Je n'apprécie qu'à moitié la brûlure sourde qui a remplacé la douce chaleur de ma rune. Je ferme les yeux, ça n'empêchera rien de ce qu'il vient de dire mais ça me calme un peu et m'aide beaucoup. Resserrant une dernière fois les bras autour de Sélène je me lève la tenant contre moi et sors du salon, occultant les appels de père. Puisque visiblement c'est ce qu'il restera pour les deux semaines (peut -être moins) qu'il me reste à vivre. Plus j'entends sa voix, plus je presse le pas. Ce n'est qu'arriver devant la grande porte qu'il me rattrape. Sa mains se resserre autour de mon bras et il me colle le dos contre le mur. Il est au plus près qu'il peut sachant que je tiens toujours ma fille contre moi.

-Je ne t'ai pas fait venir juste pour ça Drago. Écoute moi. Pourquoi crois-tu que je t'ai fait venir et que je t'ai raconté tout ça. Pourquoi aurais-je récupéré le bracelet d'alliance chez Severus d'après toi? Pourquoi te demander de venir ici?

Je me dégage brutalement de lui et malgré moi commence à crier.

-Qu'est-ce que j'en sais de ça? Tout ce que je sais c'est que je n'aurais jamais du revenir! Peut-être qu'alors je pourrais vivre encore quelques années. Peut-être que je n'aurais pas si mal. Que tu aurais pu continuer à vivre comme tu l'entendais. A m 'oublier comme je te l'avais demandé... Je n'aurais jamais dut revenir et tout foutre en l'air comme ça. Je n'avais pas le droit...

Ma voix se brise sur mes dernières paroles. Je suis pathétique, faible. Sans que je m'en sois rendu compte je suis désormais prostré, à genoux, les bras ballants, tête baissée. Anéanti. Sélène s'est dégagée de mes bras et me regarde étonnée. Sur le coup je me sens proprement minable. Devant ma fille, perdre le contrôle comme ça, c'est simplement affligeant, pitoyable...minable.

Sans que je comprenne vraiment bien ce qu'il se passe je sens deux bras m'entourer les épaules et sa chaleur me serrer contre lui. Je me débat, mais il tient, et au bout de quelques instants je me laisse aller, j'abandonne, j'abdique. Face à cette chaleur, face à ce bien être, cette sensation d'être à ma place, tranquille, serein. Et pourtant la mort dans l'âme de savoir que je ne l'aurais plus pour longtemps.

-Si tu n'étais pas revenu Drago... Mais pourtant tu es là. Et c'est tout ce qui importe. Je ne t'ai pas fait venir ici juste pour te faire mal en te racontant cela. Mais pour te dire que plus jamais tu n'aura l'occasion de voir ou de vivre ces deux fois là. Je lui en ai parlé. Il comprend et il savait. Il n'y avait rien si ce n'est un besoin contre une envie Drago. Crois moi. Pour le bracelet d'alliance je t'ai fait une promesse il y a cinq ans et bien que nous ayons reçu cette éducation qui nous fait rarement faire des promesses, celles que nous faisons nous les tenons. Quoi qu'il arrive.

D'un coup je suis fatigué. J'en ai marre, de savoir, ne pas savoir, croire savoir, croire quelqu'un, espérer, vouloir... tout ça...c'est si compliqué depuis que je suis revenu... Alors j'en ai marre, je lâche tout. Je me laisse aller, j'abdique, une nouvelle fois. Je ferme les yeux et ne bouge plus, je respire à peine, je me vide la tête de tout. Je fais le vide complet. Et je ne sais pas exactement à quel moment j'ai fini par m'endormir au creux de son étreinte. Si chaude, si protectrice, si douce,... si vitale pour moi...

Je me réveille un sursaut, en sueur. Faites que ça n'ai été qu'un rêve, un cauchemar. Je jette un coup d'œil à la ronde dans la chambre et retombe sur le lit lâchant un pitoyable gémissement de désespoir... C'est vrai, tout ce qu'il vient de se passer est on ne peut plus vrai...horreur et damnation pourquoi moi?

Je passe une main sur mon visage. D'un côté ce n'est pas forcément mauvais...je vais pouvoir le voir.

-Tu es réveillé?

Je sursaute une nouvelle fois. Il se tient dans l'encadrement de la porte, un léger sourire flottant sur ses lèvres. Je me laisse tomber une nouvelle fois sur le lit à plat dos, les bras en croix. Je n'en reviens pas du sentiment de bien-être et de sécurité que j'éprouve. C'est déroutant. J'aurais aimé ne plus l'aimer...mais on n'a jamais ce qu'on veut. Et je vais lui faire comprendre. Je refuse de revenir comme ça, sur demande. Il attendra que je m'habitue aux faits. Il attendra que je rattrape la vie que j'ai passé dans le coma.

Le lis s'affaisse à côté de moi et sa main voyage sur mon visage pour s'échouer dans mes cheveux. C'est tellement bon. Ce simple contact, aussi léger soit-il me fait sourire.

-J'avais presque oublié.
-Oublié quoi?
-La façon que tu as d'être aussi beau Drago.

J'ouvre les yeux et les ancre dans les siens. Le pire c'est qu'il est sérieux. Et moi ça me rappelle de mauvais souvenirs. Des souvenirs rouges et violents. Mon sourire s'efface, je le sens. Et pourtant ça me fait horriblement plaisir qu'il dise ça. Je suis paradoxal...je sais mais qu'y puis-je? Allé on change de sujet, ça va partir hors de contrôle sinon... Je ferme de nouveau les yeux et je demande.

-Où est Sélène?
-Dans la chambre de Cissa. Elle s'est endormie un peu après toi hier.
-Quelle heure est-il?
-Bientôt 10h du matin.

Je me redresse, assis sur le lit. C'est à peu près à ce moment que je me rends compte que c'était une manœuvre malheureuse. Je suis beaucoup trop près de lui... Je ne veux pas que ça soit si facile de l'aimer... Non pas de l'aimer, qu'il me possède à nouveau. Il s'est passé trop de choses pour que je laisse ça arriver trop vite. Foutu orgueil.

Après quelques secondes à ne pas bouger simplement les yeux plantés dans les siens à quelques centimètres à peine de ses lèvres je détourne le visage et me lève. Juste avant d'entrer dans la salle de bain je me tourne vers lui.

-Une visite des jardins, pour Sélène, c'est possible?

Il sourit tranquillement. Sa façon de dire oui. Alors au plus vite, sans le laisser paraître tout de même je m'enferme dans la salle de bain. Je m'adosse à la porte en soupirant fort. Je ne tiendrais pas longtemps et pourtant je refuse que ça soit aussi facile. J'aurais du mal à le supporter je pense. Je dois me faire des idées mais j'ai l'impression de passer après ce...squib... Ou, non , plutôt qu'il a été là pour me remplacer, juste le temps que je revienne...

Et si je n'étais pas revenu...? Arrête de penser ça Drago. Tu es revenu, ne te demande pas si ça n'était pas ainsi, tu ne le sauras jamais...

Je me ressaisi rapidement et prends une douche rapide, pour finir de bien me réveiller...

Dès que c'est fini je me rends compte qu'à part mes vêtements de la veille...je n'ai rien à me mettre...sauf si...

Attachant une serviette à mes hanches je sors et me fends d'un grand sourire quand j'ouvre mon armoire. Elle est pleine... ou presque, des vêtements que j'avais avant, certes, mais aussi quelques uns de ceux qui étaient chez Severus. Rapidement je choisi un pantalon noir et une chemise de même teinte. Pas besoin de grand chose d'autre pour une journée dans les jardins. Sitôt apprêté je vais réveiller Sélène et lui explique rapidement ce qu'on va faire aujourd'hui. Au fur et à mesure de mes paroles ses yeux s'illuminent. A peine ai-je prononcé la dernière parole qu'elle saute hors de son lit et cours trouver une salle de bain. Pendant ce temps je regarde cette chambre. Je n'y suis venu que rarement et pourtant elle n'a pas changé.

Elle est la même que dans mes souvenirs. Des photos de Lucius et de moi un peu partout, sur la commode, la coiffeuse, sa table de chevet. Son odeur aussi est imprégnée dans les tissus, les meubles, les murs, l'air. Un parfum léger de narcisse... Un parfum blanc, bleu, doux et chaud tout en était froid.

Je suis perdu dans mes souvenirs quand je sens qu'on me tire par la manche. Je baisse les yeux sur ma fille.

- Ça va père?
-Ne t'inquiète pas chérie. J'étais dans mes souvenirs. Allé viens. On va déjeuner, ensuite on fera le tour des jardins d'accord?

Elle sourit en secouant la tête un large sourire sur son visage enfantin. Elle me précède, courant dans les couloirs et dévalant l'escalier. Puis elle s'arrête, tourne la tête dans tous les sens. Elle ne sais pas où il faut aller. Ayant perdu son sourire elle se tourne vers moi ses yeux améthystes pleins de questions.

-Tu apprendras rapidement à te repérer et à trouver ce que tu cherches Sélène. Juste, ne cours pas dans les couloirs. Lucius déteste ça.

Elle acquiesce rapidement puis signe qu'elle a faim et qu'il ne faut pas tarder pour la balade dans les jardins. Elle veut vraiment les voir. Tout voir. Elle fait plaisir à voir. Alors je nous mène jusqu'à la salle à manger où attend Lucius. Après ce déjeuné la journée se passa admirablement bien.

Nous faisons le tour de tous les jardins. La roseraie de mère, le parc, la réserve, et nous avons fini par un sentier à travers les bois du côté de la réserve qui nous a ramené derrière le manoir. Quand nous rentrons il doit être 9heure du soir. Nous avons marché presque toute la journée ne faisant que de courtes pauses, ainsi qu'un pic-nic. Sélène marche en dormant presque. Pour une fillette de 5 ans ça ne doit pas être très facile, d'autant plus qu'elle a couru plus d'une fois.

Quant à nous. Lucuis m'a beaucoup parlé de ce qu'il avait fait, de son travail, de ce qu'il comptait mettre en place. Puis de mes projets, je désire toujours devenir neuro-psychomage, mais pour ça il faut que le Wizengamot me relaxe.

Et nous avons parlé de nous... Je lui ai expliqué que je ne voulais pas que tout aille si vite. Trop vite. Si facilement. J'ai du mal à m'y faire encore. Pour moi, être avec lui en tant que compagnon, n'a jamais été qu'une hypothèse.

Dès que je m'en suis rendu compte ça a été un rêve interdit, quand nous nous sommes déclarés et aimé c'est devenu un rêve éphémère puisque le lendemain avait lieu la dernière bataille. Alors...maintenant c'est possible. Enfin nous avons la possibilité de concrétiser de rêve. Et ça me fait peur je pense. Puis j'avoue que le fait de l'avoir vu avec l'autre squib n'aide en rien. Il a été là lui quand moi je n'y étais pas. Il a su lui tenir compagnie, bien plus. Quand j'étais absent... Je culpabilise et le jalouse en même temps, c'est affreux je vous assure. Je ne souhaite ça à personne...Sauf Voldemort...

Mais j'accepte d'essayer de voir plus loin. Avec lui, ici... Je suis faible je sais... Mais je refuse de faire une connerie, de le perdre, alors que j'ai une occasion de vivre avec. Ce serait stupide. Cependant je veux juste....prendre mon temps. Pour une fois... Tout était tellement rapide avant, maintenant je peux prendre le temps. Alors je le prends.

Le souper a passé vite, nous étions tous les trois un peu fatigués. Sélène plus que nous. Quand je suis allé la border elle m'a demandé si demain je lui ferais visiter le manoir maintenant qu'elle connait les jardins. J'ai souris un peu et répondu que je devais retourner chez Sirius, à cause du procès. Ce à quoi Lucius, qui était venu subrepticement, a répondu qu'il pouvait demander une dérogation pour que je sois sous surveillance ici, et pas chez Sirius, tout en restant ici pendant leur prise de décision.

Et là elle a signé « Tu vois c'est arrangé, demain on visite le manoir. »

J'ai secoué la tête, l'ai embrassé sur le front puis suis sortis avec Lucius. La nuit...a été la plus douce que j'ai passé depuis mon réveil du coma. Entre ses bras. Perdu dans sa chaleur. Au calme avec moi-même. Et tout s'est passé très bien. Rien de précipité. Rien d'autre que deux âmes-sœurs dans les bras l'une de l'autre, dormant.

Et le réveil fut à l'image du coucher. Doux. Il m'enserre la taille, sa main posé sur mon ventre suivant la cicatrice qui a dut être faite pour Sélène. Et instinctivement je me suis retourné et pour lui dire bonjour l'ai embrassé. Je pense qu'on est resté jusqu'à 10h dans ce lit, à ne rien faire que s'écouter respirer. Jusqu'à ce que Sélène s'impatiente de sa visite du manoir.

Visite que nous avons fait elle et moi seuls, puisque Lucius est parti au ministère pour sa dérogation, qu'il a eu sans délais. L'influence qu'on peut avoir sur le ministère quand on y travaille est phénoménale....

Le reste de la semaine se passe sans incident notable. Visiblement mes absence si je suis près de l'autre rune ne surviennent pas. Ce qui n'est pas plus mal.

La veille je suis un peu agité. Je doute du verdict. Je ne veux pas perdre une nouvelle fois ce qui me tient à cœur.

Mais un chose n'était pas prévue c'est la venue d'Anna. Elle s'est présentée, comme une fleur, aux portes du manoir en plein milieu de la journée disant qu'il fallait qu'elle me voit pour deux affaires urgentes, qu'il fallait de suite aller au ministère. Surpris je n'ai pas pris le temps d'y penser. J'ai sortit Sélène de son livre (oui elle a appris à lire... et elle se débrouille bien)et nous avons trasnplané au ministère.

Dans la cabine téléphonique qui sert d'entrée au ministère Anna nous annonce tous les trois et donne comme département celui de régulation des créatures magiques. J'avoue que j'ai beaucoup de mal à comprendre. Elle nous conduit à travers un dédale de couloirs, de salles pour enfin aterrir devant une porte portant cette inscription:

Tutelles magiques

Et je pense commencer à comprendre. Je suis assuré de mes pensées quand elle déclare:

-Tu te souviens quand je suis revenue la première fois. Je t'ai dit que mon fils n'aurait pas un parrain qui serait sous le joug de Voldemort. Et tu m'as affirmé que ça ne serait pas le cas. Tu as tenu tes promesses envers moi, j'en ai tenu une. Il est temps de le faire pour la seconde.

Je souris, ça m'était sorti de la tête. Elle ouvre la porte sur une petite salle d'attente dans laquelle se trouve Endymion. Dès qu'ils se voient les deux enfants se sautent dessus.

La porte du bureau s'ouvre sur un homme, la quarantaine, qui sourit. Il nous ait entrer dans son...bureau, qui s'avère être une salle de rituel. Puis il commence le fameux rituel, je m'en rappel dans les grandes lignes pour y avoir été soumis avec Severus, mais c'était il y a longtemps. A la fin, après un bref échange de sang, il nous tend deux colliers avec chacun un pendentif sur lesquels sont inscrit pour moi Endy et pour lui Dray. Ces deux colliers une fois qu'on les a mis s'ajustent pour devenir des tour de cou puis commencent à disparaître. La cérémonie magique est finie, voilà le temps de la paperasse. Une fois les papiers signés, Endymion est mon filleul officiel, devant la nature et le ministère.

Voilà une chose de faite. Ensuite Anne nous amène au département des mystères. Et je ne sais pas du tout pourquoi. Il n'y a rien à faire là bas. À part se faire tuer probablement... Finalement, après maints couloirs, détours, portes et autres, elle nous fait entrer dans une salle circulaire, parfaitement vide. Excepté un cercle en son centre. Ça me rappelle la salle des rituels au manoir Riddle. Elle sourit une fois de plus et demande aux enfants de ne pas bouger, et ne pas poser de questions, qu'ils auront des réponses ensuite. Nous nous avançons elle et moi jusqu'au centre de la pièce. Et dès ses premières paroles je sens mon cœur cogner plus fort, se serrer de joie.

- Mon cher Drago ! Je suis ici en tant que la première héritière, étant la fille du premier patriarche, aujourd'hui témoin et messager. Je suis ici de la part du patriarche, ton père, pour réouvrir une session en trois étapes. J'en appelle aux esprits défunts des Malfoy de sang et d'alliance depuis le début de la lignée. J'invoque vos esprits pour demander votre accord. Entendez mon appel, répondez.

Je ne dis rien et reste figé alors que les silhouettes des ancêtres de la famille apparaissent. Ils se mettent en cercle autour de nous et se taisent, une fois en place Anna reprend.

-Mesdames, Messieurs, ancêtres et protecteurs de la famille, je suis ici aujourd'hui pour demander votre accord. Aujourd'hui j'ai eu l'honneur d'être renommée messager pour le patriarche. Conformément aux lois des Sangs Purs, je vous redemande votre accord pour officialiser l'Union Pure de Lucius Abraxas Malfoy, dernier patriarche, et de son fils Drago Lucius Malfoy, avant- dernier Héritier.
- Annayevah, première Héritière, le conseil a déjà tranché il y a 5 ans en faveur de la demande du patriarche. Nous acceptons une nouvelle fois officiellement l'Union Pure de Lucius et de son fils.
-Je vous remercie. Maintenant. Drago Lucius Malfoy, acceptes-tu la demande d'Union Pure que te fais Lucius ? Ne me refait pas le coup de la dernière fois s'il te plait.

Je souris malgré moi. Je suis heureux. Complètement, totalement, définitivement, heureux. Cette demande m'entraîne vers un avenir. Lequel je n'en sais rien, mais elle me prouve que je peux vivre. Il n'aurait jamais renouvelé si je devais être enfermé à Azkaban. Je ferme les yeux une seconde, puis les ouvre et regarde Anna dans les yeux.

-Ancêtres et messager. J'accepte cette demande. Pour seule et unique fois. Je me lie, corps et âme, à Lucius par les privilèges des Sang-Purs. L'Union se fera. Par ma volonté, et la sienne. De mille grâces je vous remercie pour votre accord renouvelé et vous renvois au repos que vous avez quitté sur notre demande. Je clos la première session. Et attendrais l'ouverture de la deuxième qui verra ou non l'acceptation de l'Union par l'autorité. Je vous remercie une dernière fois. Vous ne serez plus dérangés de votre repos, excepté si vous voulez assister à la cérémonie qui clôturera cette Union.

Dans un grand mouvement les ancêtres reprennent la forme de sphères lumineuses et disparaissent dans les airs nous laissant seuls. Tous les 4. Je souris sans pouvoir m'en empêcher. Je sens qu'on me tire par la manche. Je baisse les yeux sur Sélène.

-Je comprends pas père.
-Ne t'inquiète pas, je t'expliquerais tout chérie mais... pas maintenant. Tout va bien se passer maintenant Sélène. Tout ira parfaitement bien...
-Merci de ne pas avoir refusé ce coup-ci Dray. J'aurais été fine après moi.

Sans me contrôler je la prends dans mes bras et la serre fort en répétant des merci sans queue ni tête. Elle me rend mon étreinte et dit qu'elle a faim, qu'elle aimerait bien retourner au manoir maintenant. Sans un mot j'acquiesce et on sort du ministère. Le cœur léger j'opère un transplanage d'escorte pour 4, je suis fou. Arrivés au manoir je me sens calme. Mais à un point. Rien ne pourrait aller mal, aucune nouvelle ne pourrait être horrible. Si on m'annonçait que Voldemort est revenu ça ne me ferait ni chaud ni froid tant je me sens bien. Je suis sur un nuage.

Je vire hufflepuff... Ça fait peur. Je suis heureux.

Heureux et pourtant sans prévenir un noir pesant m'enveloppe. Une nouvelle fois.

Quand je me réveille je suis dans un lit, Luce est là. Dehors il fait nuit noire. Et je ne sais absolument pas ce qu'il s'est passé. Je me redresse et prend ma tête dans mes mains. Un vaste trou noir, de je ne sais combien d'heures. J'en ai marre. Je sais exactement ce que je dois faire pour que la rune arrête de faire des siennes. Mais... pas comme ça, pas uniquement pour ça... J'aimerais bien que ce soit naturel pas obligé.

Lucius bouge à côté de moi et se réveille doucement. Son regard me demande pourquoi je suis réveillé. Je ne sais même pas comment j'ai réagit face à lui quand il est revenu. Comment j'ai réagi face à sa demande. Ce que lui a fait en sachant que j'avais accepté. Précipitamment je sors du lit et me rue tant bien que mal dans la salle de bain où je m'enferme la dos contre la porte assis par terre. Ça m'énerve! Je ne sais pas quoi faire. Lui dire serait forcer les choses et je ne veux pas. D'un autre côté ce serait stupide de mourir pour ça alors... alors que j'ai accepté l'Union pure...

Il frappe contre la porte. Me demande d'ouvrir, de m'expliquer. De parler. Quoi que ce soit. Mais je ne fais rien, ne dis rien, je reste immobile et muet contre la porte. Il finira par se lasser. Il faut que je trouve une raison à ce que je viens de faire...et vite! Le procès est ce matin, vers 9h je crois, je n'ai pas écouté...

Puis soudain le silence. Lucius ne frappe plus sur la porte, il ne parle plus. Il abandonne...? Non! Je refuse. Il ne doit pas partir!

Sans réfléchir, une fois de plus, je sors de la salle d'eau et me serre contre lui. Sans le regarder. Je suis pathétique. Il ne doit pas me laisser. Si faible. Ses bras se referment sur moi doucement. J'ai chaud, je me sens bien. Alors je raconte pourquoi ma réaction a été si... brutale peut-être. Parce que j'ai un vide de quelques heures dans la tête, dut à la rune qui s'efface de plus en plus et qui me fera mourir d'ici peu. Que j'ai peur et que je suis désolé d'avoir manqué son retour, mon après midi avec Sélène Anna et Endy. Tout manqué.

Ses bras descendent le long de mon dos jusqu'à se poser au creux de mes reins, je frémis. Ses lèvres se posent dans mon cou. Alors il me dit qu'il n'est rentré que très tard et que je dormais déjà. Je me sens réellement très stupide. Voilà à quoi ça avance de ne pas penser avant d'agir! Après avoir viré Hufflepuff après sa re-demande, je vire Gryffindor...je suis perdu, complètement foutu.

Je lui souffle que je l'aime. Que j'ai accepté l'Union. Et avec un sourire qu'il faut désormais qu'il pense à la deuxième session.

Sans le prévoir une seconde, il m'embrasse, à plein bouche. Ses lèvres dansent contre les miennes, nos langues se joignent et s'aiment. Ça m'avait tant manqué. Quand nos lèvres se séparent je replonge ma tête au creux de son épaule. Je souris de ma stupidité. Il me dit alors qu'il reste du temps avant le début du procès et qu'il faudrait que je dorme parce que j'ai une tête à faire peur. Je l'embrasse une fois encore et me recouche. Presque aussitôt je me rendors.

Mon deuxième réveil se fait beaucoup plus en douceur. Se sont deux lèvres qui sillonnent ma gorge qui me sortent du sommeil. Je persiste à garder les yeux fermés pour qu'il continue mais, au bout d'un moment, trop court forcément, il arrête.

-Ouvre les yeux Drake. Je dois partir et tu devrais te lever maintenant. Il est passé 8h.
-Pourquoi tu pars?
-Je dois être au ministère un peu avant le rendu du verdict. C'est à moi d'organiser le déroulement des audiences.

Je me redresse et le regarde. Il est déjà habillé, il a certainement déjà dut manger. Il est simplement beau... Je l'embrasse. Je ne m'en lasserai jamais. Puis pars me préparer.

Le déjeuné se passe tranquillement, jusqu'à l'arrivée aux portes du manoir d'un auror et de Sirius. C'est à 6 que nous transplanons. Personne n'avait prévu ça. Anna et Endy moins que Sélène je pense, mais tout de même, je devais partir seul du manoir. Qu'importe.

Me voilà devant le Wizengamot, une nouvelle fois. Étrangement calme. La rune pulse doucement, diffusant une chaleur douce.

Puis la voix du président de séance résonne faisant taire tout le public.

-Je déclare ouverte cette séance du Wizengamot. En ce jour du 6 juillet 2007, le Wizengamot va rendre son verdict concernant les accusation d'allégeance à Vous-Savez-Qui, de meurtre, pillage, traitrise à l'encontre de Drago Malfoy. Suite aux différents témoignages hors cours, puis aux révélations faites par l'accusé lui-même sous sortilège du délieur le Wizengamot libère l'accusé. Et ce pour acte de rébellion contre le Seigneur des Ténèbres lui-même et pour assistance à l'Ordre qui l'a défait.

Après un, très, court silence pesant. Les réactions fusent de part et d'autre. Peu de personnes sont d'accord avec cette décision. Le ministre n'essaie même pas de calmer les personnes présentes. À quoi bon? Elle sait parfaitement que la décision qui vient d'être rendue n'est appréciée que de très peu de personnes. Pourtant après quelques minutes d'un brouhaha assourdissant elle parle, couvrant les voix de tous grâce à un sonorus. Elle dit qu'elle répondra, avec le Wizengamot à toutes les questions des journalistes ici-même dans la salle d 'audience, et que ce sera la seule conférence de presse faite à mon sujet. Du moins si je n'en accepte pas d'autre. Alors il y a un silence. Puis les questions commencent.

Pourquoi ce verdict? De quels témoignages est-il question dans ce procès? Le Wizengamot a-t-il été soudoyé/menacé pour rendre ce jugement? Et d'autres encore plus absurdes.

Entre temps Luce est descendu avec Sélène me rejoindre au centre de la pièce seulement personne ne prête plus attention à moi. Pour une fois que j'en suis heureux. Les questions continuent pendant près d'une heure avant que le ministre ne demande aux journalistes de se retirer ainsi que tous les gens présents dans la salle. Alors que tout le monde sort et que je m'apprête à faire de même Lucius me retient doucement par la main. Je suis étonné de ce geste. Très étonné. Que compte-t-il faire? Après quelques minutes il ne reste dans la salle plus que le Wizengamot, Luce, Sélène Anna, Endy et moi. Pourquoi?

Le ministre prend alors la parole quand elle s'est rendue compte de notre présence.

-Mr Malfoy, vous voulez quelque chose?
-Oui Madame en effet. Je vous demanderais, ainsi que le Wizengamot de m'écouter attentivement. Savez-vous ce que signifie une Union pure dans notre société?

Le silence plat lui répond. Il ne va pas faire ça quand même? Naaaaan. C'est pas possible... Tout d'un coup, sans raison j'ai peur. Je ne sais absolument pas pourquoi. Je sens que quelque chose ne va pas bien se passer... Le Wizengamot visiblement a totalement oublié ce qu'étaient ces unions. Luce leur rafraichit la mémoire. Alors des exclamations s'élèvent des sièges encore occupés arguant que c'est inadmissible, qu'il fait bien d'en parler pour que cela soit effacé des lois, etc, etc. Pourtant il les arrête rapidement, demandant calmement le silence.

-J'ai déjà entamé une procédure d'Union pure. Et j'ouvre ici et maintenant la deuxième session de l'Union. Madame le ministre pouvez-vous affirmer que vous êtes ici représentante de l'autorité régissant la Grande Bretagne?
-Euh... Hé bien oui avec le Wizengamot.
-Parfait... Mon Union a déjà subit la première session et l'a passée. Elle a reçu les accords de la famille et du demandé. Aujourd'hui, devant le témoin de l'Union, je vous demande, à vous autorité d'accéder à ma demande, et d'autoriser cette Union. Si je venais à essuyer un refus sachez que je n'aurais aucun scrupule à remettre sur pied le conseil des Sang-Purs pour qu'il agrée ma demande. Dans tous les cas il serait préférable que vous acceptiez.

La stupeur est palpable chez les représentants en face de nous. Ils sont estomaqués, déboussolés, surpris, effarés. Mais aucun ne donne de réponse. Il sont...choqués, voilà le mot. Choqués qu'un homme comme Lucius puisse demander cela sans honte. Je vois alors Anna qui s'approche de nous et qui parle bas à Luce lui disant qu'en tant que témoin c'était à elle d'ouvrir la deuxième session. Il lui répond calmement que de toute façon devant le conseil et devant eux ça aura la même valeur.

Elle ne démord pas de sa position et s'adresse alors elle-même au Wizengamot.

-En tant que témoin, Mesdames et Messieurs, je me dois de vous demander de vous prononcer dans les plus brefs délais. Il y eu beaucoup de demandes d'Union pures par le passé et pour qu'elles soient consacrées il leur faut une réponse rapide voire immédiate.
-Mais, jeune fille, nous ne pouvons décider de cela si promptement! C'est inqualifiable, ces règles défient nos lois. Elle sont illégales. Elles ne devraient pas exister pour le seul privilège des Sang-purs. Essayez de comprendre enfin. Si cela venait à se savoir il y aurait des contestations, des demandes telles que celle là partout. Et c'est...immoral, contre-nature. Et puis, nous ne savons même pas avec qui Mr. Malfoy compte entamer cette folie!
-Réfléchissez monsieur je vous prie. Je suis témoin et donc ne peut être demandée. Lucius ne pourrait pas demander à mon fils ou à sa petite fille pour la simple raison qu'il a déjà fait une demande il y a 5 ans et que ces enfants n'étaient pas nés. Il ne vous reste plus alors qu'une personne ici. Ce fut simple non?

Une femme s'évanouit dans le Wizengamot avec un soupir outragé. J'avoue qu'après avoir craint les réactions désormais je m'en amuse. Ils me regardent tous comme si une autre tête m'était poussée subitement. C'est amusant. J'aime être le centre d'attention je ne nie pas. Et j'assume parfaitement.

Un des hommes me demande alors d'une voix blanche.

-... vous cautionnez cette... démarche?
-Bien sûr Monsieur. Lucius vous a expliqué la première session et il a dit qu'elle avait été passée. Dans ce cas cela veut dire que j'ai accepté. Par ailleurs...donnez moi une plus belle preuve d'amour d'un père à son fils que celle-ci? C'est inhabituel je le conçois pour vous. Vous avez, pour la plupart, été élevés dans des familles de sang-mêlé, seules les familles de sang-pur conservent les traditions et les secrets des unions. Celle là a juste été plus cachée que les autres. Vous comprendrez pourquoi. Maintenant, je vous demanderais de donner une réponse. Nous en avons besoin.

Lucius s'est rapproché de moi pendant que je parlais et désormais il a un bras passé autour de ma taille. Je me sens incroyablement bien. J'espère juste que cette deuxième session sera favorable.

-Nous...nous demandons un délai pour réfléchir à...ce sujet. De combien pouvons nous disposer?
-Vous aurez au maximum 24h.
-Jeune fille c'est bien trop court!
-Cela fait une vie qu'ils attendent, croyez vous qu'ils aient envie d'attendre encore?
-Bien! Parfait. Dans ce cas, vous serez informés demain de notre décision. Vous serez convoqués.
-Merci Madame. En tant que témoin je déclare suspendue la deuxième session de l'Union pure.

Dans un silence religieux nous nous éclipsons tous les 5 de la salle d'audience. Un sourire discret sur nos lèvres, à tous.

Le retour au manoir est tranquille. Personne ne parle, le silence est détendu, comme nous tous. La soirée se passe joyeusement. Et ce n'est que lorsque je me retrouve dans les bras de Luce, debout sur le balcon en train de regarder le lac dans le parc que je me permet de douter. Un peu... Je n'ai jamais fait de projets sur le long terme en fin de compte.

Quand je lui dit, il ne fait que sourire et m'embrasse doucement le cou.

-Ne t'en fait pas. Laisse venir, laisse le temps te prendre un peu. Et je suis là, tout ira bien Drago.

J'ai tellement envie d'entendre ce qu'il dit et d'obéir pour une fois. Je remarque la différence entre celui qu'il montre à tous et celui qui me tient dans ces bras ce soir. Avec sa chaleur, sa douceur, son calme. Alors qu'il est si froid en public. Je me tourne alors doucement et passant mes bras autour de son cou l'embrasse. Comme dans un rêve, tout autour devient flou, cotonneux, doux. Ses mains qui glissent sur moi pour retirer mes vêtements, sa bouche qui explore une nouvelle fois ma gorge pour dériver doucement vers mes clavicules, qui lèche, mordille, titille toute peau qu'elle trouve, qui me fait gémir doucement. Qui me fait tant plaisir. Je ressens alors tout distinctement.

La façon dont il m'allonge doucement sur le lit. Celle donc il me parcourt religieusement de ses mains, de son souffle. Ses cheveux qui caressent mes flancs. Sa bouche. Si chaude. Ses lèvres qui se posent sur moi, sur mon aine, qui dérivent jusqu'à la source de mon plaisir, qui la parcourent voluptueusement avant de l'envelopper. Je ne suis plus que gémissement de luxure et d'envie alors que je sens sa langue et ses lèvres aller et venir sur moi à un rythme qui me tuera certainement. Mes hanches se sont mues d'elles-même, elles ondulent suivant la bouche de Lucius. Sans que je puisse le prévoir je me rends dans un cri de plaisir pur. Encore tremblant j'accueille ses lèvres contre les miennes. Elles ont le goût sucré qui leur est propre et celui plus acre que je viens de leur donner.

Je reviens un peu à la réalité et me rends compte qu'il est beaucoup trop habillé pour ce que je compte nous faire subir dans les prochaines minutes... Ayant délaissé les lèvres je les reprend d'assaut et commence à l'effeuiller. Tout y passe. Il se retrouve assez rapidement dans la même tenue que moi. Et il est beau. Toujours, magnifique. Il plonge son regard dans le mien et je sens alors un premier doigt entrer en moi. Je me crispe par habitude. Pas par volonté, juste mon corps qui y est habitué puis me détends rapidement. Pendant de longues minutes il me prépare pour lui. Ses lèvres me couvent tandis que son autre main est repartie à l'aventure sur mon membre me faisant vibrer de haut en bas.

Puis tout cesse. Ses baisers, ses mains, sa chaleur. Je prends peur mais rapidement, dès que je me noie dans son regard, je reprends tout mon calme.

Il me pénètre à l'instant où il m'embrasse à nouveau. J'ai mal. Autant que j'aime ça, il me donne tant de plaisir. Je ne sais quoi penser alors je me laisse porter. Par mes sensations, par ses mains, par ses lèvres, ses coups de reins qui se font de plus en plus précis atteignant chaque fois le centre de mon plaisir. Et mes bras vont s'enrouler autour de lui, jusqu'à ce que me mains parviennent au creux de ses reins. Il gémit profondément. Reprend possession de mes lèvres et tout devient plus brutal, plus vital. Le rythme jusque là calme qu'il nous imposait se fait plus rapide, plus pressant, plus impérieux, plus...vital c'est bien le mot. Je sais que s'il 'arrêtait j'en mourrais sur le champ.

Mais il ne s'arrête pas. J'ai l'impression que ma vie s'est passée si vite et que ce moment, juste maintenant, est une pause, rien n'existe, ni le temps ni l'espace, juste lui et moi, rien d'autre. Alors je sens un torrent de plaisir pur se déverser en moi et emporter tout sur son passage. Je jouis dans un cri. Fort. Lui se rend aussi, en moi, au plus profond de mon être. Et j'ai l'impression d'avoir chaud, enfin. Je le serre contre moi, à n'en plus sentir mes bras, tremblant encore. Je veux qu'il reste, juste là, pour moi, que plus jamais je ne parte ni lui.
Je pense qu'il comprend, ses bras se referment eux aussi sur moi. Et je m'endors ainsi. Étouffé dans sa chaleur et dans mon plaisir. Heureux, complet...

Je peux le dire, sans aucune erreur possible cette fois: je ne connaitrais jamais de meilleur réveil que celui-là. Je ne pourrais pas décrire l'état dans lequel je me trouve, c'est...au delà de la sérénité, du plus pur des bien-être, du sentiment extrême de sécurité et de...béatitude peut-être. Je ne sais pas. En un mot je me sens...parfaitement bien. Lucius a juste un bras passé autour de moi, il me serre contre son torse dans son sommeil. Tout contre lui.

Le manoir est calme, il respire la paix. Je le sens. Je le ressens. J'ai retrouver cette faculté. Je...vois le manoir. Je sais où se trouve Sélène, je sais qu'elle dort paisiblement. Je vois aussi Anna qui est, elle, dans la forêt du domaine, elle chasse. Je peux même sentir l'odeur du sous-bois. Endymion est avec elle, je le ressens aussi. Excepté nous cinq il n'y a pas âme qui vive dans ce manoir ou son domaine. Et c'est parfait.

J'entends même l'horloge comptoise en bas qui sonne 6h du matin. Si tôt? Pourtant je ne suis plus fatigué de rien. Je ne me sens plus l'envie de dormir. Mais juste l'envie de rester là.

Alors pendant près de 3heures je pense, je ne fais rien d'autre. Je me projette dans l'avenir puisque je peux rêver d'en avoir un à présent. Je vais reprendre mes études de médicomagie, spécialisation neuro-psychomage. Sous mon vrai nom cette fois. Je vais me rafraichir la mémoire à propos du contenu des formations. J'espère bien atteindre un poste en moins de temps d'étude que les autres. Histoire d'être un des rares à avoir passé le concours avec moins de 9 ans d'études.... Ça peut toujours être amusant.

Je me dis aussi qu'on va élever Sélène pour en faire un femme magnifique. Elle ne peut être que ça. Je pense que pour une fois je peux voir plus loin que le mois qui suit, ou la prochaine nuit, ou les semaines à venir. Je vois dans les années...

Au terme de ces intenses réflexions je sens Luce bouger un peu. Il se réveille et son premier geste sera de déposer ses lèvres sur ma rune. Ce qui me fait frissonner de la plus agréable des façon. Après un réveil comme ça, qui voudrait refuser le privilège de passer sa vie durant, dans ces conditions? Je ne suis point sot au point de laisser aller cette opportunité. Et je suis même très calme pour la décision que prendra le Wizengamot à propos de notre Union. Quoi qu'il arrive nous serons ensemble rien ne changera plus ça.

Sur le coup des 15h nous transplanons tous au ministère pour, enfin, entendre ladite décision. De nouveau nous sommes dans la salle d'audience. Le Wizengamot est là, au grand complet, le ministre aussi. Et Anna, prenant son rôle de témoin très à cœur, commence à parler.

-En tant que témoin j'ouvre de nouveau la deuxième session de l'Union pure. Celle -ci verra en ce jour l'acceptation ou le refus de l'Union par l'autorité. Mesdames, Messieurs, Madame le ministre avez-vous pris une décision? Si non, nous nous verrons contraints de réunir le conseil pur...
- Hé bien, mademoiselle, c'est que...je ne sais quoi dire, quelle formule utiliser.
-Faites au plus simple, dites si vous acceptez, ou refusez.
-Dans ce cas. Nous, Wizengamot et moi-même, ministre de la magie britannique, avons décidé d'accepter cette Union pure.
-Merci, au nom des liés et en mon nom propre, ainsi qu'en celui des Sang-purs. Par votre décision vous venez de concrétiser un rêve commun, et la renaissance ici d'une des plus ancienne tradition connue. Je déclare alors close la deuxième session de l'Union pure de Lucius Malfoy, dernier patriarche et de son fils Drago Malfoy avant-dernier héritier. En cette seconde et à jamais, même au delà et dans la mort.

Alors un vent se lève, venu de je ne sais où et tourne autour de nous, Luce et moi. Je ne sais comment mais je sens qu'il se passe quelque chose de grand, de nouveau, et d'important. Qu'importe les regards, qu'importe ceux qui sont autour, c'est à peine si je ne saute pas sur Lucius pour l'embrasser. Ok c'est Gryffin, c'est Huffy...mais je m'en tape sur le moment. Dès que le baiser prend fin il y a un...grand silence. Doucement je coule un regard vers le Wizengamot et ceux qui ne sont pas évanouis ou en train de s'éventer nous regardent comme s'ils venaient de voir une chose totalement...stupéfiante...

Enfin bref. Je m'en fiche!

Je suis heureux, content, complet, presque Uni avec le seul amour de ma vie (c'est Hufflepuff..faudra que je rectifie ça vraiment...). Je pense que je rayonne. Et j'ai bien raison pour le moment. Pourtant alors que nous sommes rentrés au manoir. Seuls dans un des salons, l'un contre l'autre dans un des canapés, je lui demande pardon. Enfin.

Pardon pour ne pas lui avoir dit que j'avais prévu de ne pas passer cette fameuse nuit de Noël, de ne pas avoir dit où je comptais aller, ne pas avoir dit non plus avec qui, combien de temps tout ça. Pardon aussi pour avoir été aussi... jaloux dès mon retour. Je passe une bonne partie de notre nuit à m'excuser d'ailleurs. Lui aussi. Pour n'avoir pas attendu comme il semble vouloir croire qu'il aurait dut...

Mais qu'importe en ce moment ce qui compte c'est que nous sommes tous les deux. Et pour très longtemps encore... c'est un serment, une promesse.

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Fiouuuu merci d'avoir lu jusqu'ici! Voila...le prochain chapitre (mercredi) sera le dernier, l'épilogue, la fin de l'histoire. Un grand merci à ceux qui ont suivit jusqu'ici et qui liront le prochain chapitre ^.^
Merci aussi à ceux qui laissent des review ^^ ça fait plaisir ^^