Salut tout le monde ! Merci beaucoup pour tous vos commentaires que je vais tout de suite prendre en compte et répondre. C'était la première chose que je voulais dire. Ensuite je vous poste ce chapitre un peu en avance parce que je serais absente un mois et je ne pouvais pas vous laisser comme ça sur "HEIN ?", c'est un peu trop cruel et sadique. Voilà, comme d'habitude je vous souhaite bonne lecture et n'hésiter pas à critiquer ça m'aide. ^^

Feufollet : Merci pour tes reviews. Owen est un garçon tout à fait respectable mais qui a de très mauvaise fréquentation. Du coup ça va causer plus de problème qu'on ne peut le voir pour l'instant.

SarahFantaFana : Je te rassure même si Alexie est aussi sensible qu'un homme des cavernes, elle va être... correcte avec Owen... Je crois.

Yo'naise : (celle qui m'a mis un gros pâté ^^ et à pâté donné, pâté rendu.) Alors effectivement mon titre est pourri, je suis pas très douée pour ça, mais je vais quand même essayer d'en trouver un autre. Peut-être les Poufsouffles contre attaque, ou la drogue c'est pas bien, la fin de l'innocence ? Après pour le côté geek de mes personnages, j'ai préféré ne pas trop en parler, voire occulter tous les passages un peu trop geek, je ne sais pas si tous mes lecteurs sont au point sur les livres de SF et fantasy, l'informatique et les jeux de rôle comme donjon et dragon, quant au jeux vidéo, j'aimerais en mettre plus mais ce n'est pas très passionnant à raconter. Déjà que je trouve que c'est pas mal difficile de rendre la vie de tous les jours à Poudlard passionnante alors si en plus je parle des parties de Mass Effect d'Alexie, ça va être un peu ennuyant, voir soporifique. Pour le nom de la drogue, je dois t'avouer que j'ai eu une hésitation, au début c'était les pilules bleus mais ça portait bizarrement à confusion. Enfin les fautes d'orthographe... Gen voi pa moa. Ou sa ? Pourten je sui tré phorte en ortograffe. J'avoue c'est pas non plus ma spécialité. Je pense que je vais demander à une amie pour ça.

Et bien évidemment je remercie ceux qui me suivent depuis le tout début et me laissent plein de gentils commentaires telles qu'Animophilenrose ou Feufollet et tous les autres.

Chapitre 8 : Succès : Amour, vous avez commencé une romance.

Les torches accrochées dans le couloir diffusaient une lumière tamisée qui dansait sur sa peau mate, une douce odeur d'épice imprégnait les tapisseries tout autour. Il était si proche, si proche que je sentais son souffle sur mon visage. Ses yeux d'émeraudes étaient rivés dans les miens, et je voyais qu'ils descendaient doucement vers mes lèvres. Il se rapprocha et... NON , mais vous avez vraiment cru que j'allais tourner fleur bleu ? Tout ça c'est des foutaises, des foutaises que seule une perfectus girlus peut imaginer. Non, je déconnais, juste pour vous embêter un peu. Qu'est-ce qu'il s'est passée réellement ? Et bien plus un truc comme ça...

Il était vraiment trop près, normalement il faut au moins un bras de distance entre deux personnes et là j'étais même pas sur qu'on avait la main. Je suis abasourdie par ce qu'il vient de me dire. Au début je me dis que c'est une grosse blague et que finalement il avait plus d'humour que prévue, mais il affichait un air sérieux un peu flippant :

_Heu, tu veux que je t'accompagne jusqu'à la sortie du château ?

OK, cette blague est pourrie, mais après m'avoir à moitié gueuler « Sortons ensemble ! » je me disais que c'était un bon moyen de sortir de cette drôle de situation. D'ailleurs je vois Owen avoir un léger mouvement de recul. Il semble surpris, mon petit trait d'humour à l'air au moins de lui avoir calmé ses ardeurs :

_Heu... Non ce n'est pas vraiment à ça que je pensais. Finit-il par reprendre en laissant échapper un léger rire.

Et voilà que je le faisais marrer :

_Je pensais plus... Je ne sais pas trop à quoi, je pensais.

Il secoue la tête et je me dis, quand il s'écarte un peu, que j'avais réussi à le faire changer d'avis. Owen est un garçon plutôt beau, je vais pas vous mentir, mais je ne le connais pas, et le physique ça ne fait pas tout. Je pense aussi que vous vous dîtes « elle se prend pas pour de la merde pour se croire trop bien pour un beau mec comme Owen ! ». Je dirais plutôt que je ne suis pas assez bien pour lui. On ne vient pas de la même planète, il lui faut plus une perfectus girlus populaire et tout et tout. Il lui aurait fallu Eden en fait et pas un garçon manqué qui ne supporte pas tout ce qui ressemble de près ou de loin à un geste tendre et affectueux ou bien les contacts physiques en général. Alors que je pense pouvoir respirer de nouveau et fuir, il me bloque totalement le passage et tourne son visage pour fixer ses yeux brillants de la flamme de la détermination dans les miens. Je me ratatine un peu plus contre le mur, c'est encore pire que quand j'étais dans les gradins du terrain de Quidditch :

_Est-ce que tu serais d'accord pour qu'on ait un rencard ?

C'est limite si ça ne ressemblait pas un ordre. Je suis de plus en plus terrorisée. Ce n'est pas Owen qui en soit m'effraie même s'il commence à ressembler à un psychopathe (il doit pas avoir l'habitude de demander un rendez-vous). C'est plus ce sentiment bizarre que les gens appellent « l'amour » qui me déstabilise. J'ai l'habitude que les garçons me voient comme un bon pote, pas comme une petite-amie potentielle, j'y connais rien moi à l'amour :

_Pourquoi ? Je demande la voix plus tremblante que prévue.

_Comment ça pourquoi ?

_Pourquoi moi ?

Encore une fois, je lui pose une colle, il se recule un peu pour mieux m'observer avant de me sourire :

_Tu es bien l'une des rares filles de cette école qui n'essaye pas de me sauter dessus, en fait tu m'envoie carrément balader et je trouve que ça fait de toi quelqu'un d'intéressant.

Il aime se faire envoyer chier ? Me dit pas que...

_T'es masochiste ? T'aime les filles qui te parle comme si t'étais un chien ?

Là encore il se recule pour rire. Encore un peu et je pourrais passer pour rejoindre mon dortoir :

_Non, je ne suis pas masochiste, quoique parfois je me demande... Non, je trouve juste que tu as plus d'épaisseur que toute les groupies qui nous courent après.

Ah... C'est au sens figuré ou il me traite de grosse ? Je le regarde septique, il est vraiment bizarre, déjà que le tricot ça faisait de lui quelqu'un d'à moitié bizarre, mais il l'était complètement en fait :

_Alors tu serais d'accord pour au moins passer un après-midi en ma compagnie ?

Je serais surtout d'accord pour partir, c'est tout ce que je veux, partir de ce couloir ! Je le regarde un peu perdue, les yeux écarquillés comme des soucoupes :

_J'ai besoin d'y réfléchir.

C'est sortit tout seul, il faut croire que ma voix à plus de jugeote que mon cerveau. Il a l'air encore plus étonné que moi de ma réponse. Enfin il s'écarte de mon espace vital en me souriant, me laissant enfin le champ libre pour fuir :

_Je comprends, c'est un peu soudain. J'espère que je ne t'ai pas trop effrayée.

_Heu... Ben si un peu quand même, faudrait revoir tes techniques de dragues.

En fait pas qu'un peu mais totalement, j'espère ne plus vivre ce genre de truc. Lui il rit de nouveau :

_Désolé, je n'ai pas l'habitude.

J'essaie de sourire mais je n'arrive qu'à avoir l'air constipée. D'abord je longe le mur doucement jusqu'au tableau de la coupe de fruit. Je fais le code pour rentrer dans la maison des poufsouffles. Banane-pomme-fraise-banane. Et quand la porte s'ouvre, je fuis à toute vitesse. Si vite que je ne vois pas la personne qui me fonce dessus. On se rentre dedans, je suis sûre le point de perdre l'équilibre et de m'affaler devant toute la salle commune mais une poigne de fer me retient :

_ Ça va ? J'allais venir te chercher. Qu'est-ce que tu foutais ?

Blondie me tient toujours, il semble inquiet :

_Rien, il ne s'est rien passé. Je finis par lui répondre aussi convaincue que possible, mais ma voix est toute faible.

Il fronce les sourcils, mais je sais qu'il ne m'obligera pas à lui dire la vérité :

_T'es toute pâle. Tu es sûre que ça va ?

_Mais oui, laisse moi.

Je me dégage de ses bras de façon un peu agressive je l'avoue :

_Je suis un peu fatiguée, c'est tout ! Je vais me coucher.

Avant qu'il ne puisse rajouter quoique ce soit je fonce vers ma chambre. Dans mon lit, je ferme les rideaux à baldaquin et me retrouve enfin dans un terrain rassurant. Sans attendre, pour ne pas laisser mon cerveau le temps de ressasser ce qu'il vient de se passer, je prends un manga qui traîne sur la tête de lit étagère. Un truc avec plein d'action sans prise de tête.

Je dévore une dizaine de tomes jusqu'à ce que je lise 7 fois la même page. J'étais suffisamment exténuée pour ne même pas avoir la force de penser. Je m'endors vers 4h du matin. Ma nuit a été agité de rêves (enfin rêves, cauchemars plutôt) étranges. Owen était un psychopathe déguisé en Bowser le méchant de Super Mario qui m'enlevait, Eden l'avait aidé pour m'écarter de Shaun parce qu'elle croyait que je l'aimais (ce qui est totalement impossible et prouve bien que c'est un rêve), Luke dans une robe de princesse celle de Peach en fait, Violet et JD en petit bonhomme champignon, pleuraient ma disparition et Ian Johnson, le poufsouffle en 7e année, habillé en Mario venait proposé son aide et devenait invincible grâce au perle du ciel. Avant le grand dénouement, je me réveille en sursaut emmêlée dans mes drap. Une goutte de sueur froide me parcourt tout le dos. Je regarde l'heure sur mon réveil. 15h... Bon, bah quitte à faire, je crois que je vais m'octroyer une journée asociale, je ne parle à personne je ne sors pas de mon lit, ... Sauf pour manger. D'ailleurs mon ventre vient me rappeler à l'ordre.

Habillée dans un vieux jogging, je descends doucement vers la salle commune tel un ninja. Je reste dans l'ombre tout en observant les autres étudiants dans la pièce. Il n'y a pas grand monde et surtout, il n'y a pas le couple insupportable ni Luke. Je me glisse doucement le long du mur, jusqu'à la sortie. Dans le couloir, je vérifie la gauche, la droite. Le tableau qui bloque la cuisine est à 3 mètre. En deux pas, j'avale la distance, je chatouille la poire de la nature morte et me glisse dans l'antre des petits elfes de maison. L'odeur qui règne dans la grande pièce fait grogner mon ventre. Et quelques secondes à peine plus tard, les elfes me fourrent dans les bras suffisamment de nourriture pour tenir un siège pendant un mois. Le chemin du retour se fait sans trop de problème, je ne croise personne et surtout pas de serpentard tricotphile. Je passe ainsi mon dimanche tranquillement, sans soucis, en paix. Ça faisait tellement longtemps que je n'y avais pas eu droit.

Le lendemain matin, quand j'ouvre les yeux, j'ai l'impression que tout ce qui s'est passé depuis le début des vacances, l'officialisation du couple Eden/Shaun, Owen, le Wesh Wesh à cruche... Tout ça ce n'était qu'un horrible cauchemar. Après avoir pris ma douche et m'être habillée décemment, je me rends vers la grande salle. Mais quand je retrouve mes amis au petit-déjeuner, je suis vite ramenée à la réalité. Shaun est bien à côté d'Eden et joue toujours le parfait amoureux. Luke est en face et semble sur le point de s'ouvrir les veines avec une cuillère en plastique. On aurait dit que le couple aspirait tout le bonheur environnant. Ainsi ceux qui restait trop près de ce trou noir de l'amour, devenaient dépressifs et se mettaient à lire des poèmes sur la mort et à se maquiller les yeux avec du crayon noir (valable pour les garçons autant que pour les filles). Je m'installe à côté de Blondie, à peine ai-je posé mes fesses sur le banc qu'Eden me gratifie de son plus beau sourire :

_Salut Lexie ! Tu vas mieux ? Je me faisais du soucis pour toi, on ne t'avait pas vu de la journée hier.

« Lexie » ? C'est quoi ce bordel ? Je me tourne vers Shaun, mais il ne semble pas choqué, puis je regarde Luke mais lui semble vouloir mettre fin à sa vie en se noyant dans son bol de céréale :

_Heu... Merci, c'est gentil de t'inquiéter. Mais j'étais juste un peu fatiguée c'est tout.

_Oh oui, je comprends, il faut dire que cette année avec l'examen du BUSE, on risque vite de se surmener, hein mon chéri ?

« Chéri » ? Je crois que le pire c'est que Shaun lui répond, sur le même ton ! Mon Dieu... Et Luke a dû supporter ça toute la journée d'hier ? Le petit couple continue de discuter sur les examens tout en ponctuant certaines de leurs phrase de petits surnoms débiles comme « Mon roudoudou », « ma pâte à citrouille », « Mon Namour »Etc... Plus le temps passe et plus j'ai envie de vomir. Le spectacle qui se déroule sous mes yeux serait parfait pour appuyer l'argument 'l'amour ça rend con. Il faut faire quelque chose ! On ne peut laisser notre ami courir à sa perte ainsi :

_Bon stop ça suffit !

Je frappe dans mes mains pour attirer l'attention des amoureux :

_J'en peux plus ! Ça fait 5 minutes que je suis avec vous et j'ai déjà envie de vomir. Vous êtes très contents d'être ensemble, OK, mais là c'est bon, on l'a compris, vous pouvez arrêter de nous surjouer votre amour !

Je ne hurle pas mais j'en suis pas loin. Je ne sais pas pourquoi j'explose de la sorte, mais fallait que ça sorte. Je ne suis pas aussi patiente que Luke, je n'avais pas envie de subir cette comédie romantique à deux balles pendant toutes les vacances. Pourtant, je sens que j'ai été plus méchante que nécessaire. Un grand silence s'est installé dans le groupe, ils me regardent tous les trois avec de grands yeux ronds, puis je vois ceux d'Eden s'embuer de larmes :

_T'as merdé. Finit par me chuchoter Blondie.

Et moi qui pensais qu'il allait être de mon côté. Alors que la brune aux yeux noisettes larmoyants tente de s'excuser entre deux trois gémissements, Shaun finit par se réveiller :

_Non, mais t'es pas bien ! Faut que t'arrête de jouer les vieilles connes frigides ! C'est pas parce qu'aucun mec ne veut de toi, qu'il faut que tu agresses Eden !

_Pardon ?

_T'as très bien entendu ! Tu es juste jalouse de Eden, parce qu'elle, elle a su se trouver un copain !

Eden toujours en train de pleurer, essaye de nous calmer, mais ce ne sont pas ces vieux couinements qui vont me relaxer :

_Jalouse ? Je vois pas comment on peut être jalouse d'une molasse pleurnicharde, aussi inintéressante et de votre couple de bisounours ! Quand je vous entends parler, je ne qu'une envie, faire un suicide auditif !

Là, la brune ne pleure plus, elle n'essaye plus de calmer son Shaun d'amour, j'ai presque l'impression qu'elle va l'encourager à me réduire en pièce :

_Calmez vous les gars, c'est juste le stress des BUSE, vous ne pensez pas ce que vous dîtes.

Luke a mis sa main sur mon épaule pour m'empêcher de sauter sur l'abruti qui me fait face. Je me tourne vers lui, ce qui me permet de voir la porte de la grande salle, ainsi que l'arrivée d'Owen :

_Tu dis qu'aucun mec ne veut de moi, tu vas voir si aucun mec ne veut de moi ! Je finis par lâcher sèchement tout en retirant par un coup d'épaule la main de Blondie.

En quelques pas je rejoints le Serpentard du Trio. Il me voit et me sourit mais avant même qu'il ne puisse dire quoique ce soit, je le prends violemment par le col et le tire vers moi. Je l'embrasse et j'espère que Shaun et Eden peuvent admirer le spectacle. Je sens Owen contre moi surpris, mais il se reprend très vite et pose ses mais sur mes hanches. Ce contact me fait redescendre sur Terre. MERDE ! Merde merde merde merde ! L'amour rend con, la colère c'est encore pire. Quand je m'en détache, je me rend compte de ma connerie. Enfin il y en a au moins un qui est content. Je regarde vers mes amis, triomphante et honteuse à la fois. Ça doit donner quelque chose de bizarre. De leur côté, Shaun, Eden et Luke sont sur le cul et j'en suis très contente, jusqu'à ce que je me rende compte que toutes les personnes dans la grande salle sont dans le même état. Je venais de me donner en spectacle alors qu'il y a 30 secondes, je désapprouvait ce genre de comportement. Owen lui à l'air plutôt relax, pourquoi est-ce qu'il est relax ? J'estime qu'il est temps de fuir, et dans ma fuite j'emporte le serpentard.

On se retrouve dans une des nombreuses cours intérieur du château, de la neige jusqu'au milieu du molet. Je n'ai pas mon manteau mais je n'ai pas froid, sûrement parce que je suis toujours en colère :

_Et bien si je m'attendais à ça ? Je serais peut-être venu plus tôt au petit-dèj.

Ah, oui, c'est vrai qu'il est toujours là lui. Il est dans mon dos et je n'aime pas trop ça, je me retourne rapidement, je pense qu'il faut mettre les points sur les i. Enfin c'est ce que je pensais faire, mais il est encore trop près, va falloir lui donner des cours de vie en société, un bras de distance ! Un bras ! Je me sens un peu bizarre, c'est mauvais ça, c'est très mauvais. Je m'esquive en faisant un pas sur la droite, mais la couche de neige m'empêche de réellement m'éloigner :

_Écoute, Owen, je sais pas trop ce qui m'a pris, j'étais énervée et j'ai voulu prouver quelque chose et... Et...

_Et tu m'as embrassé ?

Argh, pourquoi faut il qu'il mette directement les pieds dans le plat. J'ai le visage en feu, je n'y comprends rien. Pourquoi est-ce que je ne peux pas réagir comme une fille normale, comme Eden ? Non pas comme Eden... Enfin, vous voyez quoi, une fille normale. En tout cas, il faudrait sérieusement penser à livrer avec le petit-copain, un mode d'emploi. Je suis totalement pétrifiée, on m'aurait envoyé un sort paralysant, ce serait pareil. Owen me voyant ainsi se met à rire, il me trouve très drôle apparemment, il rit tout le temps quand je suis avec lui :

_On dirait que je viens de blasphémer, c'est pas grave Alex, c'est juste un baiser. C'est pas comme si t'avais tenté de me violer. Y a des filles qui ont fait pire que toi.

Pire ?

_Tu t'es déjà fait violé ?

Ces yeux se voilent un instant, et son sourire devient plus lointain :

_Oui... C'était il y a un an déjà. Je traversais un couloir et en passant devant une statue, quelqu'un m'y a tiré derrière et Pffrt...

Il se remet à rire de plus belle :

_Tu devrais voir ta tête, t'y as quand même pas cru ?

_Hahaha, je suis morte de rire. Je lâche vexée en lui tapant le bras.

_Non mais c'est vrai, y a des filles qui ont déjà tenté de m'arracher mon uniforme. Mais en général je m'en sors mieux que Matthew ou Liam.

Je ne sais pas pourquoi mais une image de ces deux garçons en jeunes filles effarouchées m'a traversé l'esprit. C'est... C'est un peu flippant :

_Je me souviens de ce groupe de poufsouffle qui avait pénétré dans le vestiaire des gars pour prendre une photo de Matthew sous la douche après un entraînement de Quidditch. Je crois qu'elle est toujours sur le marché noir de Poudlard.

J'aurais ri si ce n'était pas des filles de ma maison qui avait commis cette atrocité. Des fois la maison poufsouffle n'est vraiment pas aidée. Une petit coup de vent dans la cour me rappelle que je suis seulement en petit pull. Je me mets à grelotter et quand Owen voit ça, il m'ouvre ses bras avec un sourire miséricordieux qui lui fend le visage :

_Je peux te réchauffer si tu veux.

J'ai un petit blanc, je n'arrive pas à me remettre de ce contraste entre la réputation du garçon et de sa vrai personnalité. Mais je me reprends vite en secouant la tête :

_Je peux retourner à l'intérieur aussi.

_On peut faire les deux, non ?

Je fais mine de réfléchir un instant :

_Mmh, non. Non, marcher en faisant un câlin n'est pas très pratique.

_Rho, mais si, j'en suis sûr que c'est faisable. On peut faire un test dans la cour ?

Je regarde ses bras ouverts tout en levant un sourcil sceptique, mais avant que je ne puisse contester il me serre contre lui, et effectivement, ça réchauffe presque aussi bien qu'un radiateur. Enfin je ne faisais pas autant la maline, j'étais stupéfiée, incapable de prononcer un mot :

_Alors quand je dis « une » tu avances ton pied droit et quand je dis « deux » tu avances ton pied gauche. Allez ! Une, deux...

En fait je n'ai pas du tout avancé pendant que lui reculait. Ce qui fait qu'en me tenant contre lui tout en reculant, alors que j'étais aussi raide qu'un piquet, on était tombé dans la neige. J'ai dû lui cassé une côte au moins. J'ai encore tout mon poids sur lui et ça ne doit pas faire du bien, mais lui il rigole encore :

_T'es vraiment bizarre. Je finis par articuler.

_Je vais prendre ça comme un compliment.

On reste dans cette situation, allongés dans la neige, l'un contre l'autre, encore quelques minutes, le temps qu'Owen arrête de se marrer. C'est quand il lâche un énorme éternuement, (heureusement qu'il détourne sa tête pour ne pas me cracher dessus) qu'il finit par se calmer :

_J'ai un petit peu froid finalement comme ça.

Il se relève avant de me tendre la main que cette fois j'accepte :

_Je suppose que tu es d'accord pour un rencard avec moi alors ?

On pourrait presque sauter le rencard, mais je ne lui fait pas part de ma réflexion. Je me contente de hocher la tête et lui il me sourit avant de me voler un baiser en coup de vent et de s'enfuir dans le château me laissant là, recouverte de neige et frigorifiée. C'est vraiment bizarre les relations amoureuses. Owen est un garçon bizarre.

Quand je retourne dans la salle commune de Poufsouffle, je ne vois pas mes soi-disant amis. Ils doivent sûrement être dans la maison des Griffondors à baver sur ma gueule, et bien grand bien leur face. Je m'en fiche. Je m'en tamponne l'oreille avec une babouche ! Je monte rapidement dans ma chambre et fouille dans toutes mes affaires pour trouver un bout de parchemin, une plume et de l'encre pour demander de l'aide à Violet. Elle seule peut m'aider. Je lui retranscrit tout, Eden qui transforme Shaun en abruti, Owen et sa drôle de demande et même le Wesh Wesh je lui en parle. Je lui dis tout et je lui demande ce que je dois faire, je suis totalement perdu, la terre ne tourne plus très rond. Mon tas de lettre en main, je me rends vers la volière, prête à affronter les hiboux en furie, une poignée de gâteau en main. Je monte jusqu'au sommet de la tour Ouest. Je me retrouve dans une pièce circulaire, ouverte au vent. Des centaines de cases où sont perchés les oiseaux criblent les murs en pierre. Le sol est recouvert de paille et de fiente. Je m'avance au centre de la salle, parfois je marche sur un petit squelette de campagnols ou de souris, réveillant un ou deux hiboux qui me fixent méchamment. La volière est l'une des pièces que je déteste le plus. C'est comme être une plaquette de chocolat dans une salle pleine de filles au milieu d'une rupture, c'est vouloir mourir dans d'atroce souffrance. Je m'approche alors du mur où se trouve les animaux de l'école. J'essaie d'amadouer avec des biscuits une chouette qui ne semble pas trop féroce. Elle regarde ma main tendue l'ai de dire « Non, mais c'est quoi ça ? Que-ce que tu fous ? ». Mais au moins, elle ne m'attaque pas. Je réussie à accrocher ma lettre, et après un moment de doute où je vois que la chouette ne bouge pas d'une plume, elle finit par se lancer dans le ciel gris après mes petits encouragements. Et quand je sens que j'ai réussi ma mission, je repars le cœur plus léger.

Quand j'arrive dans la salle commune des blaireaux, je me sens presque sereine, jusqu'à ce que mon regard se pose sur un petit groupe. Pourquoi ils sont là ces trois là ? Elle est pas bien la salle commune des Griffondors ? Quand Eden me voit, elle tente un sourire timide. C'est vrai qu'elle à sa réputation de vierge Marie miséricordieuse à entretenir, Shaun lui fait toujours la tronche et Luke ne me regarde même pas. Je hausse les épaules et me rends vers ma chambre pour aller glander et attendre la réponse de Violet qui devrait arriver dans la soirée si elle ne m'abandonne pas. Je suis sur le point de me faire une petite sieste mais à peine mes yeux se ferment, qu'une fille débarque dans la chambre, une 3e année qui ne me disait rien. Une petite gamine, les cheveux lisses et la frange se tient raide comme une planche sur le pas de la porte, tel un petit militaire elle commence à me débiter son message :

_Il y a un ami à toi qui veux te parler en bas. C'est le préfet.

_Ah... Bah merci.

Elle me fait un petit salut et repart aussi tendue qu'à son arrivée. J'hésite à me lever mais Luke ne m'a causé aucun préjudice en dehors de rester tout le temps avec le couple.

Arrivée en bas des escaliers, je me rends compte que c'était un piège. Je pensais pouvoir parler à Blondie seul à seul, mais non, Eden et Shaun sont toujours là. Je fronce les sourcils mais le regard de Luke me semble plutôt clair. Il me déconseille fortement de remonter. Parfois, on peut se parler seulement par les yeux et les miens hurlent distinctement « Sale traître ! ». Je me rapproche d'un fauteuil aussi digne que possible et m'y installe doucement. Chacun de mes mouvement ont été surveillés par les yeux vert gris du préfet. Assise aussi confortablement que possible, je fais face à Eden qui pour le coup n'est pas complètement avachie sur son « chéri », ils se contentent de se tenir par la main, c'est presque supportable :

_Alors ? Je finis par demander. Vous ne m'avez pas envoyé une troisième année juste pour me fixer tout la journée ?

_Non, effectivement, me répond Shaun. Je voulais m'excuser pour tout à l'heure. Mes mots ont dépassé ma pensée.

Son ton est très froid, je sens qu'il ne s'excuse pas de bon cœur, et comme je vois Eden le regarder avec fierté, je comprends assez vite que c'est elle qui lui a forcé la main :

_Je n'ai pas l'impression que tes excuses sont sincères, je lâche froidement, tu viendras me voir quand ce ne sera pas une sale hypocrite qui t'y force.

Eden me lance un regard auquel on ne s'attend pas d'un être aussi fragile et mièvre. Pour une fois elle laissait entrevoir un petit bout de sa personnalité. Un morceau de sa vrai nature, celui d'une fille prête à tout pour atteindre ce qui l'intéresse, une fille superficielle qui aime la popularité. Je m'apprête à partir et personne ne me retient. C'est seulement quand j'atteins le bas des escaliers du dortoirs des filles, que quelqu'un m'agrippe le bras sans ménagement. Je me tourne vers celui qui osait me retenir, bien évidemment pour me bloquer avec autant de force ça ne pouvait être que Shaun :

_On peut savoir c'est quoi ton problème ? T'insultes ma copine et ensuite tu fricote avec un membre du trio ? Qu'est-ce qui t'arrive ?

Malgré le fait qu'il commence à me faire mal, je ne montre rien, je ne lui ferais pas ce plaisir. Je le regarde, et lui susurre d'une voix glaciale pour qu'on soit les seuls à attendre :

_Dis moi Shaun, est-ce que tu sors avec Eden pour sa personnalité de papier peint ou bien pour son jolie minois de fille fragile ? Tu veux savoir ce qu'il m'arrive ? À moi ? Rien ! Mais tu devrais réfléchir à ton cas !

Je sens mon ami bouillonner intérieurement, je le connais bien, il ne lui faudrait pas longtemps pour me mettre une patate dans la gueule. Comme je l'ai déjà dit, il me considère comme un mec, pas comme une fille et de toute façon je ne suis pas sûr que ça aurait changer grand chose. Tiens, on va l'énerver un peu pour qu'il montre un peu lui aussi sa vrai nature à sa « pâte à citrouille » :

_Alors, Shaun qu'est ce que t'attends pour m'en coller une ? T'as peur que ta copine te lâche ? Allez, c'est pas la première fois qu'on se bat !

Je le vois lever son bras, je prépare mon genou pour le coup magique sous la ceinture :

_Ça suffit ! Intervient notre préfet.

Il nous tient tous les deux par l'épaule, lui aussi sert fort. Je crois que je vais avoir de joli bleus demain :

_Shaun, tu lâche Alexie, un mec bien élevé ça ne frappe pas une fille...

_Une fille ? Ça ?

Luke lui lance un regard furieux, l'empêchant d'aller plus loin :

_Et toi Alexie, faut arrêter de t'en prendre à Eden !

QUOI ? Il veut que j'accepte cette espèce de molasse dans le groupe ? Mais c'est pas vrai, elle l'a envoûté ou quoi ?

_Vous avez plus l'âge pour les bagarres ! Alors vous allez revenir sur les canapés et on va discuter calmement.

Non mais il se prend pour un thérapeute de couple ? S'il croit que je vais accepter de rester plus longtemps en leur présence ! J'ai besoin de me calmer dans ma chambre, sinon ça va encore exploser et il va y avoir un meurtre et ce sera très sale :

_Navrée, Mr le préfet, mais je ne crois pas que ça va être possible.

Je dégage sa main, puis celle de Shaun avant de commencer l'ascension vers ma chambre :

_ALEXIE ! Arrête de faire la gamine et descends ! On doit parler !

Je me fige dans les escaliers. Il a dit quoi là ? Je redescends telle une furie :

_Mais tu te prends pour qui ? Depuis quand tu me donnes des ordres ? Je vais sûrement pas retourner avec vous et m'asseoir dans les canapés comme si de rien n'était ! Un conseil, ne me parlez plus ! J'ai pas envie de discuter avec toi, ni avec Shaun et encore moins avec Eden ! Je ne veux plus jamais entendre parler de vous, alors foutez moi la paix !

Luke me regarde et se referme comme une huître, comme à chaque fois qu'il est contrarié :

_Très bien.

Il retourne auprès d'Eden et Shaun le suit tout en me lançant un regard assassin. Quand je lance un coup d'œil rapide vers la griffondor, j'ai la désagréable sensation qu'elle semble satisfaite, et un petit sourire fugace traverse son visage lisse avant qu'elle ne reprenne son expression de fille désolée de la situation. Peut-être que ce n'était qu'une hallucination et que la colère me faisait voir n'importe quoi, mais j'ai l'impression qu'on s'est largement trompé au sujet de cette fille pas si innocente qu'elle en a l'air.