Le grand mensonge
Auteur : Hisope Gulber
Disclaimer : le monde d'Harry Potter appartient à J. K. Rowling
Note de l'auteur : Je tiens à remercier tous les lecteurs qui suivent Le Grand Mensonge. Plus de 5000 clics comptabilisés pour cette histoire ! Je suis ravie qu'elle vous plaise autant.
Et n'oubliez pas : lorsque vous me posez une question dans une review et que vous tenez à avoir une réponse, laissez votre adresse. Je réponds de mon mieux dans la mesure du possible.
Merci à tous !
Chapitre 8
5 septembre 1992, dortoir de Poufsouffle
« Alors, Ernie, tu la retrouves cette chocogrenouille fugueuse ? » se moqua gentiment Wayne, alors que Justin et Harry se retenaient de rire avec difficulté. Ernie courait après la sucrerie défectueuse depuis une bonne minute déjà, et la bestiole avait depuis longtemps dépassé le bond réglementaire.
« Oui, ça y est ! Je la tiens enfin cette saleté ! Je vais envoyer une plainte au fabricant ! Non mais c'est incroyable ! Comment peut-on espérer manger cette chose si elle n'arrête jamais de gigoter ! … Oh mais qu'est-ce que c'est que ….. Harry ! » Ernie s'extirpa du dessous du fauteuil avec difficulté, brandissant dans une main sa chocogrenouille récalcitrante, et dans l'autre un carnet en cuir marron.
« Mon journal ! Dire que j'ai retourné tout Godric's Hollow pour le retrouver. Je te suis redevable Ernie ! » remercia chaleureusement Harry en caressant avec tendresse la couverture du livret. Harry aimait tant y étaler ses pensées et raconter ses journées, son journal lui avait énormément manqué durant l'été. Le garçon avait tout de suite adopté ce cadeau que lui avait fait sa mère deux noël plus tôt. Les nombreux sorts de confidentialité que Lily y avait placé et la quantité infinie de feuilles qu'il possédait en faisait un réceptacle pour secrets parfait. Il fallait qu'Harry rattrape au plus vite les mois passés sans son journal. Il jeta un coup d'œil à sa montre. 23h30. La salle commune était le plus souvent presque déserte à partir de 23h. Le poufsouffle abandonna avec quelques mots d'excuses ses camarades en plein milieu d'une partie de cartes explosives. Il attrapa un stylo bille moldu dont il appréciait l'efficacité, et descendit les escaliers en direction la salle commune en serrant son journal contre lui.
« Hé, Potter ! »
Harry se figea puis rougit en découvrant la personne trônant dans le plus spacieux canapé de la salle commune. Cédric Diggory. 4ème année. Attrapeur de l'équipe de Quidditch de Poufsouffle, très beau garçon, intelligent, agréable, serviable … Harry l'admirait énormément.
« Bonsoir Cédric », murmura-t-il en se dirigeant vers le bureau le plus éloigné de l'objet de son malaise. Cédric le suivit des yeux quelques instants avant de se replonger dans ses devoirs avec un soupire las. Harry s'installa et ouvrit avec précaution son carnet.
°
Cher journal,
Il semblerait que je t'ai oublié à Poudlard et que tu aies passé les vacances seul, mais ne t'inquiète pas, j'ai de quoi venir à bout de ton ennui.
Le mois de juillet à Godric's Hollow s'est déroulé de façon plutôt paisible, si tant est que cela soit possible avec les blagues parfois douteuses de mon père et d'Hadrien. Durant les deux premières semaines, mes parents n'ont fait que couchotter Hadrien, n'arrivant pas à croire que leur enfant prodige s'en était sorti sans aucune blessure durable. D'après la tête qu'il faisait, je crois qu'Hadrien n'a pas apprécié ce trop plein d'attention. L'expression de son visage lorsque maman lui a interdit de voler et ce même sous la supervision de mon père. Hilarant !
Mon frère est aussi parti dans une histoire insensée d'elfe de maison qui le visiterait chaque nuit pour lui dire que sa vie est en danger et l'empêcher de retourner à Poudlard. Je ne sais pas trop quoi en penser. Peut-être une excentricité de plus pour se faire remarquer. Après notre fête d'anniversaire, qui s'est cette année déroulée en petit comité, je suis parti m'installer pour quinze merveilleux jours chez Remus.
Le 19 août, je me suis rendu au Chemin de Traverse pour faire mes achats. Hadrien y avait donné rendez-vous à Hermione et Ron. Je suis resté avec eux et nous avons passé une bonne journée, jusqu'à ce que nous ayons la mauvaise idée de pénétrer chez Fleury et Bott où Guilderoy Lockhart faisait une séance de dédicaces devant une foule de femelles en délires. Il a mis la main sur Hadrien et n'a plus voulu le lâcher pendant dix minutes, les temps que tous les photographes présents aient pu enregistrer des images de Mr Lockhard et de son inconditionnel fan Hadrien Potter, Le Survivant. Excellente stratégie je dois dire. Nul doute que le bougre aura encore augmenté son chiffre d'affaire avec une publicité pareille.
Et les choses ne se sont pas arrangées. J'étais en train de farfouiller tranquillement dans mon coin pour trouver des livres intéressants, quand j'ai entendu Monsieur Weasley commencer à s'énerver, ce que je n'aurais jamais cru possible. Je me suis approché pour voir ce qui se passait, découvrant ainsi mon frère et ses amis en proie aux Malfoy. Dès que mes yeux se posèrent sur le père de Draco, je dois avouer que j'ai été plus qu'impressionné. Tout chez cet homme crie la maîtrise de soi, l'aristocratie et le pouvoir. J'aurai pu rester à l'admirer ainsi pendant des heures entières si Draco ne m'avait pas aperçu et accueilli avec politesse alors que lui et son père s'apprêtaient à sortir de la librairie. Monsieur Malfoy a dirigé sur ma personneun regard inquisiteur avant de s'adresser à moi avec courtoisie.
Après cela, inutile de préciser qu'Hadrien et ses amis ne m'ont plus adressé la parole de la journée. Ils n'ont jamais compris comment Draco et moi pouvions avoir des relations cordiales à Poudlard. Nous aurions pu essayer d'être vraiment amis si je n'avais été réparti à Poufsouffle, mais toujours à cause de ces préjugés grotesques qui empoisonnent la monde magique, un Malfoy ne peut se permettre d'être vu en public avec un poufsouffle. Draco lui-même me l'a dit, enfin, il s'agissait plutôt d'une réplique du genre « dommage que tu sois à Poursouflle Potter », mais j'ai su lire entre les lignes. Je ne suis pas serpendartesque pour rien. Le fait que Draco fasse un petit effort est déjà extraordinaire en soi.
Le jour de la rentrée, Ron et Hadrien se sont fait remarquer en manquant le Poudlard Express et en se rendant à l'école avec la Ford Anglia volante des Weasley. L'aventure s'est terminée dans les branches du saule cogneur, et le pauvre Ron a du subir l'humiliation d'une beuglante envoyée par sa mère en plein repas dans la grande salle. Comme si cela n'était pas suffisant, le baguette du rouquin s'est brisée durant « l'atterrissage » de la voiture et semble incapable de faire fonctionner les sorts les plus simples. Ce matin même, en voulant se venger de Malfoy, Ron s'est lancé un sort de Crache-limaces à lui-même. D'après ce que j'ai entendu dire, c'était tout bonnement immonde.
Le premier cours d'herbologie a été passionnant ! Nous avons rempoté des mandragores ! J'ai été comblé de pouvoir enfin manipuler ces plantes extraordinaires dont le professeur Snape m'a tant parlé ! Je dois quand même reconnaître que leur cri et des plus désagréable. Le pauvre Neville est tombé dans les pommes dès le début du cours, il avait mal mis ses protèges oreilles. Il doit être terriblement déçu.
Pour notre plus grand malheur, Lockhart a été engagé comme professeur de Défense contre les Forces du Mal. Cet incapable n'a rien trouvé de mieux à faire pour le premier cours qu'un éloge de lui-même, avant de lâcher des lutins de Cornouailles dans la classe, puis de partir en courant, ordonnant aux élèves de s'occuper de ce petit problème. Je suis déçu, j'espérais tant que nous aurions un professeur compétant pour cette matière pourtant si intéressante.
°
Un bruit étrange, une sorte de murmure, attira l'attention d'Harry. Personne nulle part. Hormis Cédric. Harry se tourna vers son camarade.
« Qu'est-ce que tu disais Cédric ? »
« Mais … Je n'ai rien dit Potter », répondit le quatrième année, regardant le plus jeune avec curiosité.
« Oh », s'exclama Harry en rougissant, « je suis désolé de t'avoir dérangé. »
Harry s'apprêtait à reprendre son écriture, lorsqu'il se figea à nouveau. Le murmure reprenait. Et un rapide coup d'œil apprit à Harry que Diggory n'en était définitivement pas la source. Mais qu'est-ce … Harry tendit l'oreille. On aurait dit des mots.
- Faim …sssi faim … du ssang … du sssaang … chasssser …tuer…
Qu'est-ce que cela peut bien être ? se demanda Harry.
« Tu entends ça Cédric ? », murmura Harry.
Diggory le dévisagea pendant quelques instants. « Je n'entends que toi Potter. »
Harry tendit l'oreille quelques minutes encore, mais la pièce restait incroyablement silencieuse. Conscient du regard dubitatif de Cédric, Harry s'excusa et rejoint son dortoir, l'esprit troublé.
8 novembre 1992, salle commune de Poufsouffle
Lorsque Harry pénétra dans la salle commune de Poufsouffle, il fut immédiatement surpris par l'agitation qui y régnait. Tous les élèves avaient été consignés dans leurs quartiers ; la pièce était bondée. Filles et garçons de tout âge s'agitaient dans tous les sens et parlaient entre eux avec vivacité. Mais l'atmosphère n'avait rien de joyeuse. Le visage de certains traduisait clairement une tension réelle et les premiers signes de panique gagnaient déjà les enfants les plus craintifs.
« Est-ce que tu es sûr de ce que tu dis ? »
« Mais oui, j'ai entendu deux serdaigles en parler entre eux. »
« Comment est-ce possible ? »
« Est-ce que cela c'est vraiment passé comme ça ? »
« Personne ne peut le dire, il n'y aurait apparemment eu aucun témoin de la scène. »
« Silence ! SILENCE ! » s'époumonait un préfet, tentant vainement de rétablir l'ordre.
« Moi, j'étais présent quand on a retrouvé le corps. Les professeurs semblaient vraiment inquiets. »
« Est-ce que nous sommes vraiment en sécurité ici ? »
« J'en doute. Je vais écrire à mes parents pour qu'ils viennent me chercher. »
Harry ne comprenait pas du tout ce qu'il se passait. Il lisait tranquillement quand la bibliothécaire avait mis tout le monde dehors, leur ordonnant sans plus d'explication de se barricader dans leur dortoir.
« Harry ! » appela Hannah en lui faisant signe de la rejoindre. « Tu as entendu ? Colin Creevey, un gryffondor de première année, a été retrouvé pétrifié dans un couloir ! C'est affreux n'est-ce pas ! Quand je pense-»
Mais Harry n'écoutait déjà plus le flot de paroles hystériques de sa camarade. Au mot « pétrifié », le monde d'Harry se figea. C'était la deuxième fois en moins d'une semaine qu'un tel évènement se produisait.
Le soir d'Halloween, Miss Teigne, la chatte de Rusard, avait été retrouvée inanimée près d'une inscription effrayante : « La Chambre des Secrets a été ouverte. Ennemis de l'héritier, prenez garde. »
Avant la découverte du corps, Harry avait une nouvelle fois entendu d'inquiétants murmures qui semblaient provenir du cœur même des murs du château. Le professeur Binns avait présenté aux élèves en cours d'Histoire de la Magie le peu d'éléments connus sur la légendaire Chambre des Secrets. Insatisfait, Harry avait dévoré les livres de la bibliothèque portant sur l'histoire de l'école. Il avait même refait quelques expéditions dans les réserves, espérant en découvrir plus sur le monstre de la Chambre. Mais ses recherches demeurèrent désespérément infructueuses. Ses questions restaient sans réponses.
Ce soir, la créature avait à nouveau frappé, s'attaquant cette fois-ci à un élève. Et comme lors de la pétrification précédente, Harry avait encore entendu les mystérieux murmures, en sortant de la bibliothèque. D'ailleurs, en y réfléchissant bien, ce n'était pas sans lui rappeler … Mais oui, pourquoi n'y avais-je pas pensé plus tôt ? Il faudra se livrer à de nouvelles recherches …
Harry parti précipitamment en direction de son dortoir, en ignorant les remarques indignées d'Hannah.
A suivre …
