Merciiiiii pour vos reviews, chères lectrices ! Me revoilou ! Non, non, je ne vous ai pas oubliées !Bon ce coup ci, voilà les réflexions de Rodney, avec quelques révélations sur son passé (à la sauce Alhenorr, qui se demande si elle est tout à fait saine d'esprit pour lui inventer un passé siiiiiiiii sombre). Un peu violent, je vous préviens. A vous de voir si vous souhaitez aller plus loin. Bonne lecture !

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Chapitre 8

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Chaleur. Légèreté. Ce furent ses premières impressions. Entier. Lié. Le sentiment d'intégralité vint parachever ces sensations. Un bras reposait sur son torse, un autre sous sa nuque. Un peu crispés, mais si puissants, si pleins de force.

Rassurants.

Ce sentiment d'être « deux ». D'être aimé. Cette énergie, Rodney en avait besoin. Pour ne plus vivre seul, ne plus lutter seul. Pour continuer à avancer chaque jour, avec cet appui. Oui, pour les jours et les semaines à venir, il lui serait impossible de quitter John. Il avait bien trop besoin de sa présence, de le savoir à ses cotés, de se raccrocher à lui. Leur situation était si désespérée.

Aucune échappatoire. Les wraiths seraient bientôt à leur porte et leurs moyens de défense s'avéraient dérisoires face à ce formidable ennemi. Rodney était bien placé pour le savoir, il connaissait cette Cité mieux que quiconque. Ses forces, ses faiblesses. Il l'avait étudiée dans les moindres détails, du moins pour les zones déjà explorées. Il savait qu'elle devrait, comme dix mille ans auparavant, capituler devant les wraith.

Rodney était amoureux d'Atlantis. Mouais, okay, ce n'était peut-être pas un être humain, mais quelques fois c'était ce qu'il ressentait.

Mais cette fois, Atlantis ne survivrait pas. La plus antique légende terrienne. La Cité dix fois millénaire disparaîtrait, Rodney ne s'illusionnait pas et si l'idée de mourir l'angoissait – il ne le nierait pas – étrangement, il n'était pas effrayé. En revanche, la pensée qu'il assisterait prochainement à la destruction d'Atlantis et de toutes les merveilles qu'elle renfermait, le terrifiait. Parce qu'avec elle, l'histoire de toute une race s'effacerait de la mémoire collective, et le dernier lien avec les Anciens serait rompu.

Autrefois, peut être aurait-il réagit différemment. Égoïstement replié sur lui-même, il aurait connu un épisode « Rodneycentric », ne pensant qu'à sa propre survie, quitte à se conduire comme le dernier des lâches.

Mais plus maintenant.

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Il n'était plus seul. Ses amis l'entouraient, ils se soutenaient mutuellement, à tour de rôle, de façon implicite, avec quelques mots par ci par là, un geste, une tape sur l'épaule. Un sourire qui éclairait les visages fatigués, une plaisanterie qui fusait, anodins en apparence, mais si justes, si appropriés à certains moments. Les amis sont toujours présents, pour conseiller, ou simplement pour écouter. Pour relever ceux qui trébuchent. C'est à cela que leur valeur est reconnue, appréciée à leur réelle mesure.

Elisabeth, leur leader, la diplomate. Si fragile extérieurement, si forte en vérité. Carson, le docteur, l'ami, la figure paternelle. Presque un frère, pour lui. Parfois si humain, mais sachant faire totalement abstraction de toute morale, si nécessaire. Radek, eh oui même lui. Le modérateur, anxieux, toujours prudent, trop prudent. Agaçant de prudence. Teyla, la sage, si calme, à la fois différente et semblable à eux, terriens. Et tous les autres qui contribuaient chaque jour à la survie de tous.

Et puis John, leur guide, celui qui n'abandonnait jamais les siens, qui les relevait à chaque chute. Le protecteur. Son protecteur. De corps et d'esprit.

Rodney avait tant besoin de son courage, de son assurance. De son amour.

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Pour l'heure, John l'enlaçait étroitement. Rodney se sentait si bien dans ses bras, ils l'enveloppaient dans un véritable cocon de bien être. Pour son plus grand bonheur. Ils avaient passé une nuit merveilleuse et tout était finalement rentré dans l'ordre.

John était revenu, il voulait encore de lui, bien que Rodney l'ait chassé et repoussé deux jours plus tôt. Et puis il s'était excusé. La colère, la violence, tout ça … c'était … c'était du passé. Ca ne recommencerait plus. John avait promis. Il n'était pas violent, n'est ce pas ?

Toutes ces choses qu'il devait gérer. Trop de choses. C'était juste ça, une tension trop intense à supporter pour un seul homme. Rien de plus. Non, John n'était pas autoritaire, dominateur. Sinon … sinon Rodney ne pourrait pas l'aimer. Inutile d'en faire tout un plat, ça arrivait à tout le monde de « craquer ».

John était si tendre. Avant, il n'y aurait pas cru, mais la nuit dernière John lui avait démontré la force de ses sentiments avec cette douceur qui le caractérisait quand ils étaient ensembles. Non, John n'était pas un homme exclusif, possessif.

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John n'était pas comme le père de Rodney, ce père qui avait rendu infernale, son enfance et celle de sa sœur. Ce père qui battait leur mère. Chaque jour, chaque soir. En rentrant frustré et tendu des chantiers sur lesquels il travaillait. Ce père dont le premier geste en regagnant son foyer, était d'ouvrir une bouteille de bière. Et ensuite …

Celui qui piquait des crises de paranoïa dès que sa femme osait lever les yeux sur le serveur du fast-food qui apportait leur commande. Un serveur qui souriait simplement aux deux enfants assis sur la banquette crasseuse, chaque dimanche. Des enfants maussades, silencieux. Terrifiés. Chaque dimanche. Parce que leur père avait décrété que le dimanche ils devaient sortir en famille. Comme toutes les bonnes familles. Aller au restaurant, puis au parc.

Alors, ils rejoignaient le fast-food du coin. Le serveur s'appliquait à rendre le sourire à ces enfants si tristes, pétrifiés sur leurs sièges, attendant le moment où leur père sortirait une nouvelle fois de ses gonds. Parce que c'était inéluctable.

Jenny et lui n'espéraient plus rien de ces week-ends idylliques, au contraire, ils les redoutaient. Depuis qu'ils étaient en âge de comprendre. Parce qu'immanquablement, leur père jetait des regards suspicieux autour de lui, veillant à ce que personne ne les approche, ne s'attarde à proximité. Craignant de perdre le contrôle de sa petite famille. De sa petite vie.

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Rodney revoyait sa mère. Une petite bonne femme d'allure frêle qui s'écrasait, encore et encore, qui admettait toujours des fautes imaginaires, des illusions qui n'existaient que dans l'esprit malade de son père. Juste pour les épargner, Jenny et lui.

Et lorsque Rodney osait lever les yeux de ses mains croisées sur ses genoux, porter son regard plus loin que le hamburger dégoulinant de ketchup et de mayonnaise, survolant le pot de soda rempli de colorants, ce merveilleux repas dominical, dans un merveilleux restaurant, avec sa merveilleuse famille … lorsqu'il contemplait ce père adoré, et qu'il le surprenait en pleine observation de la tête baissée de sa mère, alors …

Alors ce nœud d'angoisse et d'horreur, si bien connu, tellement familier qu'il en devenait machinal, se reformait au creux de son estomac, l'empêchant d'ingurgiter quoique ce soit d'autre. A dire vrai, le manque de nourriture ne le dérangeait pas plus que ça, il faut dire qu'il regrettait amèrement de ne plus rien pouvoir avaler ce délicieux repas. Par anticipation.

Parce qu'il savait. Il savait qu'une fois de retour à la maison, la litanie des cris reprendrait. Leur mère leur ordonnerait de monter dans leur chambre, d'une voix basse, maîtrisant à grand-peine le tremblement de ses mains. Avec cette lueur de terreur dans les yeux, cette peur qui amenait des larmes dans les yeux bleus si semblables aux siens.

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Rodney entraînerait alors Jenny avec lui, un sourire crispé sur les lèvres, il mettrait un peu de musique, pour couvrir les cris et les insultes de son père, les suppliques et les hurlements de douleur de sa mère. Il lui proposerait gentiment de jouer aux cartes. Et lorsque les bruits s'amplifieraient, dépassant la musique, quand Jenny tournerait un regard anxieux vers la porte, avec cette ombre dans les yeux. Des yeux là encore identiques aux siens, qui l'interrogeraient ensuite silencieusement. Lui son grand frère, son protecteur, son aîné de cinq ans.

Quand les larmes noieraient son regard, il la prendrait dans ses bras, impuissant, comme toujours. Serrant contre lui le petit corps secoué de sanglots, en parfaite harmonie avec les cris de leur mère. Il poserait les mains sur les oreilles de Jenny, pour tenter d'atténuer l'horreur de ce qui se passait à l'étage inférieur, enfouirait le visage dans ses cheveux, pour lui cacher ses propres larmes. Pour lui masquer que lui aussi son grand frère si fort, pleurait comme elle. Souffrait comme elle.

Plus terrifié encore, parce que lui savait exactement ce qui se passait.

Il aurait pu décrire la scène, elle lui apparaissait dans toute son horreur, sordide, écoeurante. Et il ne parvenait pas à repousser ces images, en dépit de ses efforts désespérés. Il voyait le visage baigné de larmes de sa mère, les poings de son père qui s'abattaient, à tour de rôle, avec une sorte de symétrie, comme rythmée par les cris.

Le corps recroquevillé de sa mère, immobile, qui tentait de protéger son visage, autant que possible, afin de pouvoir sortir le lendemain matin, la figure lisse, mais le corps et l'esprit meurtris, marchant comme une vieille femme. Puis son père la propulserait sur le canapé, se jetterait sur elle et … et …

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Rodney revint brusquement à la réalité, chassant ses terribles souvenirs. Il était sur Atlantis. Il devait oublier. C'était le passé. Un passé mort et enterré. Son père ne pouvait plus leur faire de mal. Sa mère s'en était allée en paix, sachant la vie de ses enfants bien lancée, ordonnée. Jenny était heureuse et lui … lui il était là, le grand scientifique, le petit génie d'Atlantis, qui semblait avoir enfin trouvé sa place en ce monde. Avec John Sheppard. Dans ses bras.

Non, John n'était pas comme son père, il ne l'insulterait pas en le comparant au monstre qui lui tenait lieu de géniteur. Tout était arrangé, John ne recommencerait pas. La scène du laboratoire n'était qu'un simple écart de conduite, une crise sans lendemain. Non. Non, non, non, John n'était pas violent, tout le monde pouvait se mettre en colère, après tout ? Et puis, Rodney l'avait un peu provoqué, aussi. Mais ça ne se reproduirait plus, il y veillerait.

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Rodney savoura encore quelques minutes le contact du corps de John, de ses bras repliés autour de lui. Un contact rempli de douceur mais aussi de vigueur. Puis il ouvrit les yeux.

Le jour se levait, chassant les ombres vers les derniers recoins non éclairés de la chambre. La lumière l'éblouit un peu et il referma aussitôt les yeux. Il se blottit contre John, qui raffermit fortement son étreinte en réponse. Tiens donc, il était déjà réveillé. Étonnant. Depuis qu'ils passaient leurs nuits ensembles, Rodney était toujours le premier debout. Et il s'amusait à câliner John, le réveillant le sourire aux lèvres, pour profiter des dernières minutes qui leur restaient. Sachant qu'il ne pourrait plus le toucher, se serrer contre lui, de toute la journée.

John se relaxa un peu et ramena sa main gauche vers le visage de Rodney. Ses doigts errèrent sur sa tempe, jouant avec les cheveux, glissèrent délicatement sur sa joue, puis se posèrent sur son torse. Sur son cœur qui s'emballait un peu. Ils poursuivirent leur route, dessinant des sillons de feu sur sa peau. Un frisson remonta dans le dos de Rodney et les doigts mutins parvinrent jusqu'au cou, s'y arrêtèrent, laissant comme une empreinte sur sa peau. John déposa un baiser sur sa nuque, puis ses lèvres effleurèrent son épaule gauche. Une caresse humide, un souffle brûlant. Un sourire.

Rodney rouvrit les yeux, se retourna dans les bras de John et l'enlaça à son tour, souriant. Heureux.

« Bonjour ».

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A suivreeeeeeeeeeeee …

Ben quoi ? Pourquoi vous me regardez comme ça ? J'ai rien fait moi ! C'est pas ma faute si mon cerveau et mes mains se sont mises en grève …

Rhaaaaaa, mardi de grève, ça va être la galère dans les transports en IDF. Bon courage à tous ceux qui y seront (moi par exemple !).

Bizzzzzz