Disclaimer : Devinez quoi ? Rien n'est à moi.


Of Western Stars

De neutral.

Chapitre huit – à propos de réalités amères.

Sirius se faufila entre les arbres, laissant les échos de cris furieux derrière lui. Il referma ses dents fermement sur la bouteille d'eau. Voler si ouvertement des moldus était une très mauvaise idée, surtout avec Rémus dans les parages, mais ce n'était pas du tout la priorité du moment. Son filleul était seul dans un buisson, prisonnier d'un sommeil agité avec des blessures écarlates imprimées dans sa peau, les lèvres sèches. Harry avait besoin d'aide, désespérément besoin d'aide.

J'aurais du savoir, pensa Sirius.C'était si évident, pourquoi je n'ai rien suspecté ? J'aurais du mettre fin à tout cela il y a très longtemps, j'aurais du…

Peu importe combien il désirait tuer les Dursleys dans leurs lits, Sirius ne pouvait pas laisser Harry seul. Devait-il emmener Harry avec lui ? Sirius ne souhaitait rien d'autre que d'élever son filleul lui-même, mais où iraient-ils ?il n'avait pas de nourriture, pas d'argent, pas de vêtements. Il rendrait peut-être l'enfant encore plus malheureux. Devait-il dire à Rémus ? Mais comment réagirait son ami en le voyant ? Ou peut-être laisser Harry chez Arabella et partir, mais cela compromettait ses chances de revoir Harry un jour. Pas de doute qu'ils l'emmèneraient tout de suite, et sans être capable de se révéler au garçon, Sirius était…hésitant. Mais les blessures de Harry ne mettaient pas encore sa vie en danger, il en était sûr, il pouvait l'emmener chez un docteur moldu, et il irait mieux…

Quand Harry se réveillera, je lui dirais tout. Je l'emmènerais loin de cet enfer…Je prendrais un peu d'argent à Gringotts…Une maison aux Etats-Unis, et on partira.

C'était la seule pensée qui l'empêchait de mettre le feu au 4, Privet Drive. Il devait faire une disparition bien propre, juste, prendre Harry, et partir. Avec de la chance, les Dursleys ne s'en soucieraient pas, et donneraient l'alarme plusieurs semaines plus tard. Sirius sentait une petite partie de lui heureuse à l'idée de partir avec le garçon, mais il était amer. Et en colère. Il voulait une vengeance.

Maudits. Maudits. Maudits.

Sirius se dépêcha vers les buissons touffus, où il était plus difficile pour lui de passer. Surtout après les repas de Harry.

Harry…

Ce garçon avait toujours tout fait pour lui. Sirius n'avait encore rien fait, il ne le méritait vraiment pas…

Sirius pila, dérapa dans la terre humide et laissant des empreintes profondes dans l'herbe. Le plastique dans sa bouche couina quand il resserra ses dents. Sirius sentit son cœur remonter dans sa gorge, et sa respiration s'arrêter.

Il n'y avait rien. Harry était partit.

dix minutes plus tôt

Harry se réveilla doucement, sa conscience lui revenant peu à peu. Il le regretta rapidement quand il ouvrit ses yeux, la douleur agressant chacun de ses membres. Harry mordit sa lèvre pour s'empêcher de pleurer. Ils seraient furieux, et il aurait encore plus d'ennuis. C'était bien mieux s'il était silencieux.

Harry cligna des yeux à la lumière. Il voulu lever la main pour bloquer le soleil, mais son bras lui faisait mal rien qu'en le pliant. Bizarre, il n'avait jamais eut si mal, et il avait déjà reçu pire. Peut-être que c'était à cause du manque de nourriture depuis quelques semaines. La dernière chose qu'il avait mangée récemment avait été les frites de la veille, et il les avait vomies après qu'Oncle Vernon l'ait frappé.

Harry grogna, clignant des yeux pour adapter ses yeux. Mais au lieu du plafond sombre et poussiéreux de son placard, il vit un dais luxuriant et vert de feuilles. Alarmé, Harry releva la tête, observant son environnement. C'était le bosquet d'arbrisseaux qui était devenu son sanctuaire depuis que Padfoot était arrivé, Harry reconnaissait les épaisses couches de feuilles. Mais qu'est-ce qu'il faisait là ? Est-ce qu'il s'était endormi ?

Oh, non…

Il se redressa en sursaut, vacillant sous les flashs de douleurs qui le traversèrent, mais il résista. Il mordit sa lèvre, ravalant un sanglot. L'herbe à côté de lui avait été couchée par le poids de Padfoot, mais la clairière ne montrait pas de signes de présence de l'animal. Harry réprima sa déception.

Un cape déchirée et tachée attira son attention, étant enroulée autour de lui.Il fronça les sourcils de confusion. Harry la reposa au sol, en faisant attention à son bras douloureux. A qui est-ce que ça pouvait bien appartenir ? Il ne la reconnaissait pas du tout. Les chiffres lumineux de sa montre démolirent toutes ses pensées.

18h46.

C'était comme si son estomac s'était rempli d'eau glacée. Harry inspira brusquement, observant sa montre. Quelque chose n'allait pas. Il avait quitté Privet Drive à 13h30, sauf si…

Harry se redressa sur ses pieds, le désespoir et la peur le submergeant, noyant la douleur de son dos. Il avait dormi une moitié de journée ! Il avait raté l'entraînement de foot ! Les Dursleys allaient le tuer ! Il allait avoir tellement d'ennui…Harry trembla à cette perspective.

Il se glissa entre les buissons, sans même s'inquiéter de la présence de Padfoot. Il boitilla dans le parc aussi vite qu'il pu. Sa jambe l'élançait douloureusement à chaque fois qu'il faisait reposer son poids sur elle, et du feu s'allumait dans son dos à chaque pas. Tout ce à quoi Harry pouvait penser, c'était à la réaction d'Oncle Vernon en apprenant qu'il avait passé une demi journée dans le parc. Il voulait partir, et ne plus jamais le voir, en sachant qu'il ne le pouvait pas. Il n'y avait personne qui l'accueillerait, son Oncle ne cessait de le lui rappeler.

« Harry ! »

Il s'immobilisa.

« Où étais-tu ? Je me suis inquiété. »

Harry se tourna pour voir qui lui parlait, et le vit courir pour le rejoindre. Il ne pu supprimer un soupir de soulagement en reconnaissant l'homme avec les cheveux bruns et les yeux clairs. Mais il se sentit coupable en pensant à l'entraînement qu'il avait raté.

« Désolé » dit-il rapidement.

Il observa Rémus avec précaution, prêt à voir la colère apparaître, mais il y avait juste une sorte de tristesse bizarre que Harry ne connaissait pas, et n'avait jamais vu.L'homme l'observa en retour.

« Ça va ? » Demanda-t-il. « Tu es tout pâle. »

Harry hocha la tête, mais arrêta quand le bleu sur son cou lui fit mal.Il ne pu empêcher une grimace de couleur, que Rémus remarqua.

« Harry, qu'est-ce qui ne va pas. » Demanda Rémus en se penchant.

Harry recula instinctivement d'un pas.

L'expression de Rémus s'assombrit. « Harry, c'est ok. Tu peux me le dire. Je te promets de ne rien dire à personne. »

« Non ! » cria Harry. Rémus mentait, il le savait. Il le dirait à quelqu'un, quelqu'un avec des cheveux très blancs, et des yeux bleus scintillants…

Rémus fut choqué par la réaction qu'il occasionna. Très doucement, il voulu placer une main sur l'épaule du garçon. Mais quand Harry se raidit, et ferma ses yeux en voyant le geste avant même qu'il ne le touche, Rémus ne su quoi faire. Il s'éloigna un peu, pour le rassurer le plus possible.

« Harry. » Commença Rémus gentiment. « Ce n'est pas grave que tu ne sois pas venu. Mais tu ne vas pas bien. On peut manger ensemble si tu veux. »

Rémus observa l'étrange mélange de peur et d'espoir sur les traits d'Harry. Harry baissa les yeux.

« Mais… Je peux pas… »Dit-il doucement.

Rémus fronça les sourcils. « Pourquoi pas ? »

Harry mordit sur sa lèvre, et le regarda timidement. « Oncle Vernon dit…C'est trop d'embarras. »

« Pas du tout. Je vais aller lui parler… »

« Non ! »

Rémus fut pétrifié par la réaction d'Harry. Toute couleur se retira du petit visage, et un tremblement le parcouru. Harry recula d'un pas, secoua la tête furieusement, même si cela semblait lui faire mal.

« Non…Ne le fait pas. Je ne peux pas ! » Souffla-t-il avec désespoir.

« Harry… » Dit Rémus le plus doucement possible, levant les mains pour lui montrer qu'il ne lui voulait pas de mal. « Je ne le ferais pas. Tout va bien. Je… » Il s'arrêta brusquement quand le col glissa et révéla un énorme hématome. « Harry, qu'est-il arrivé à ton cou ? » Demanda Rémus.

Peut-être que le ton de sa voix n'était pas le bon, mais quand Rémus s'approcha pour arrêter le garçon paniqué, les yeux verts de Harry s'emplirent d'horreur et il s'échappa, comme si Rémus était sous sa forme de loup-garou.

« Harry attends ! » appela Rémus.

Mais sa voix sembla donner des ailes au garçon. Sa jambe céda sous lui, et Harry s'étala sur le sol. Il se redressa et se remit à courir. Rémus hésita, confus et inquiet.

Quelque chose n'allait pas.

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NdT : Sans dec, que quelque chose ne va pas.