D.G-SCHOOL
Sushi-la-seule-l'unique : Ave à vous ! Chose promise, chose dûe : voici le chapitre 8 ! Je suis contente de le poster enfin celui-là. On peut dire qu'ensemble, nous sommes arrivés à environ la moitié de leur histoire. Je ne vous en dis pas plus ! ^^
Merci à mes revieweuses fidèles et je n'oublie pas non plus les ponctuelles : Synmelya, Mikuru, Naru12021, Yosshi-chan, TakuArohaKiAKoe, Zyukage, Mayaku-chan, Mako Take, Lylypuce.
Lylypuce : Tes impressions sont bonnes. Kanda va y laisser des plumes dans cette affaire, c'est moi qui te le dit !
Mikuru : Oui, j'avoue, tu m'as manqué. ^^ Privée d'internet pour cause de connection ? Tu dois avoir du retard... Bonne lecture à toi.
Mayaku-chan : Si, si. Chez Yuu-chan, 2 mm, ça fait toute la différence. (demande-lui, tu verras ;) )
Bonne lecture à toutes. J'espère que ce chapitre vous plaira. Pour une fois, j'ai fait un peu plus long.
Il n'y a rien sur quoi plane autant de séduction et de malédiction que sur un secret.
Sören Kierkegaard
Le début de la fin
L'heure du déjeûner arriva un peu trop vite pour deux personnes qui étaient restées plongées dans leurs pensées depuis le début de la journée. Tout se jouerait aujourd'hui ou jamais. Ils le sentaient comme par instinct. On appelle parfois cela le destin.
Kanda referma la porte de sa salle en essayant de penser à ce qu'il commanderait au restaurant. Pour l'énième fois de la journée, il soupira. Inutile. Il savait très bien qu'il ne commanderait autre chose que des sobas. Toute tentative de chasser Lavi de ses pensées avait été vaine.
Le reste de la journée passa plus vite que prévu du point de vue des professeurs. Quant aux élèves, ils bondirent de leurs chaises dès que la sonnerie retentit. Les cours, ils avaient assez donné pour aujourd'hui.
Six heures. L'heure du conseil de classe d'une terminale S. Kanda se dirigea vers la salle de réunion d'un pas décidé. Il n'avait pas que des compliments à accorder... Autour de la table, la professeur principale de la classe, une vieille chouette, professeur de mathématiques, présidait aux côtés d'un... lapin rose en peluche. Tss, encore une facétie de Komui pour échapper à ses responsabilités. En parlant d'irresponsable, Lavi arriva précipitamment et prit place parmi ses collègues, sur le dernier siège inoccupé. Assis en face de Kanda, il lui fit un petit signe auquel, bien entendu, Kanda répondit par un regard froid.
- Bien, je suppose que nous n'attendrons pas monsieur le directeur pour commencer, fit la professeur de sa petite voix aigrelette.
Les noms ainsi que les commentaires des conseillers se succédèrent au rythme habituel en faisant quelques vagues acides pour quelques étudiants peu assidus.
- Passons au dernier élève. Pour ma part, je trouve qu'il fait preuve de beaucoup d'indiscipline, affirma la professeur de maths.
- Je pense que parler d'indiscipline est un euphémisme ici, ajouta Kanda.
- C'est vrai qu'il discute assez en cours mais il a de bonnes capacités. Il faudrait juste le calmer ainsi que son petit groupe de fans, intervint Lavi.
- Ainsi, ce serait plutôt un conseil de discipline groupé.
- Non, ce n'est pas ce que je voulais dire. Je pense que l'on peut règler le problème par la discussion cette fois-ci.
- La diplomatie ne fonctionne pas souvent avec ce genre d'élèves, Bookman, intervint un autre professeur.
- Je n'aime pas cataloguer les gens à cause d'une première impression défavorable. Nous devrions leur donner une chance avant tout. Si le problème persiste nous prendrons des mesures.
- Ecoute, je ne suis pas là pour faire des cadeaux de Noel. Des sanctions doivent être prises pour certains sinon cette année scolaire sera pénible.
- Je suis d'accord avec toi, Yuu. Mais trop de sévérité ne fera que les braquer.
Le Japonais le foudroya du regard certainement à cause de l'usage intempestif de son prénom puis le fait qu'il lui tenait tête.
Le roux adorait le faire rager comme cela, Kanda ne s'animait totalement qu'en ces violentes occasions.
- De plus, notre objectif n'est pas de pourrir leur dossier scolaire mais leur donner une impulsion positive pour qu'ils démarrent bien dans la vie, n'est-ce pas ?
La discussion fut close par un vote. Une majorité de voix pour le camp de Lavi. Passablement irrité, le professeur de Français quitta la salle sans se retourner. Evidemment, son roux de collègue et accessoirement ami le suivit.
- Yuu ? Ne sois pas vexé...
- Vexé, vexé, demanda le brun, fulminant.
- Oui, vexé parce que tu n'aimes pas qu'on te contredise. Ou encore parce que tu es d'une humeur impossible ces temps-ci.
Enervé à souhaits, le poing du Japonais voulut aller saluer le creux de l'estomac du rouquin. Ce dernier évita habilement l'attaque mais ne s'imagina pas qu'une mutinerie se déroulait à bord. Kanda ne l'avait que frôlé mais :
- Aïe.
- ...
- ...
- Lavi, ne me dis pas que tu n'as rien fait pour la brûlure de tout à l'heure.
- ...
- Lavi, fit-il plus menaçant.
- Et bien, comment dire, je n'ai pas eu trop de temps.
- Idiot. Viens.
A cette heure-ci, l'infirmerie était fermée. Cependant, il restait une trousse de secours au bureau de la vie scolaire. Kanda y mena son roux de collègue en fulminant. Il l'énervait au plus haut point. Non seulement il ne lui avait laissé aucune seconde de répit de la journée, il osait le défier en conseil de classe, mais en plus il jouait les durs pour le faire culpabiliser ! Honnêtement, il y avait des claques qui se perdaient.
Le brun se réjouit intérieurement lorsqu'il eut mis la main sur un tube de biafine au fond du capharnaüm qu'était la trousse. Komui fouillait vraiment n'importe où pour trouver de nouveaux ingrédients à ses folies. A ce stade, il faudrait en parler à Lenalee. Il lança l'onguent à son ami.
- Attrape.
- ...
- Qu'est-ce qu'il y a ? On dirait une poule qui a trouvé une petite cuillère. Tu es censé étaler la crème sur ta brûlure.
- Merci pour cette information capitale, Yuu. Je n'aurais jamais deviné tout seul. Ce que j'aimerais savoir c'est pourquoi tu restes là à me fixer.
- Je vérifie que tu te soignes Monsieur je-me-la-joue.
- C'est à moi que tu dis ça ? C'est le monde à l'envers ! Bon, je vais la mettre ta fichue crème mais après je veux que tu répondes à une question. O.K ?
Kanda soupira et hocha de la tête. Ce n'était pas comme s'il avait le choix. Il aurait bien pu plaquer l'autre professeur au sol et le dégoûter à vie de la biafine mais ce genre de méthode était trop bruyante.(1) En parlant de bruit, le calme s'était installé dans le bureau. Lavi tenait son tee-shirt retroussé entre ses dents, dévoilant une partie de son torse. Il étalait la crème sur la rougeur. Le Japonais laissa couler sn regard le long des muscles dessinés dans une peau légérement mate sur lesquels la main du roux passait, patiente, faisant disparaître l'onguent sous sa friction. Il avala difficilement sa salive. Quand est-ce que Lavi était devenu si attirant ? En y repensant, la journée entière avait été étrange. C'était comme si toutes les forces du monde s'étaient penchées, curieuses de ce qui allait se passer, encourageant chaque initiative, la décuplant. Puis, il y avait la demande. Une demande atypique mais incroyablement nécessaire pour une raison -il ne le savait pas encore- le dépassait.
- Lavi. Hum...
Le tee-shirt toujours entre les dents, Lavi leva sur lui son oeil émeraude. Si cela n'était déjà fait, il terrassa le self-control du kendoka qui se sentit rougir comme jamais.
- Oui ?
Kanda réfléchissait à une façon de le dire qui ne le fasse pas paraîre plus ridicule qu'il ne l'était. On aurait dit une collégienne avouant ses sentiments au plus beau garçon de l'école. Sauf que dans son cas, il s'agissait d'un simple service. Il devait lui demander d'une manière qui ne prête à aucune confusion.
- En fait, je voulais te demander si ça ne te dérangerait pas de sortir avec moi. C'est juste pour...
Raté.
Le rouquin ne le laissa pas finir sa phrase. Le prenant dans ses bras, il prit possession des lèvres du Japonais. Le corps de ce dernier frissonna comme si ce contact était tout ce qu'il avait toujours désiré. Le baiser lui fit oublier la fin de sa phrase. Il lui fit même oublier la raison de sa venue. Ils se séparèrent puis ses lèvres repartirent au contact de leurs voisines jugeant celles-ci trop lointaines.
Lenalee poussa la porte de la salle de vie scolaire accompagnée d'une déléguée qui souhaitait obtenir la photocopie d'un rapport de conseil de classe. Ses yeux tombèrent sur le couple nouvellement formé. Elle referma avec toute la discrétion dont elle était capable. Un sourire vint animer ses lèvres.
- Je crois que nous allons emprunter la photocopieuse de mon bureau.
L'élève observa la sous-directrice. Les joues rosées, l'oeil brillant, elle semblait aux anges. La Chinoise était très belle ainsi mais elle, elle avait besoin de sa photocopie.
- Madame, tout va bien ?
- Oh, oui, oui. Désolée. Voilà tes papiers, mademoiselle. N'hésite pas à t'adresser à moi s'il te manque quelque chose.
- Merci beaucoup.
Lenalee se laissa tomber dans le confortable fauteuil de son bureau. Sur la surface vitrée, un cadre photo qu'elle saisit. La photographie datait de ses années lycée. Souriante, elle se tenait debout en compagnie de trois garçons. Sur sa gauche, Lavi avait attiré Kanda dans le cadre en le tenant par les épaules. Pour l'occasion, le rouquin avait affiché son plus beau sourire. Le plus étonnant serait toujours l'expression mi-agacée, mi-heureuse qu'afficherait éternellement le Japonais sur ce cliché. Ces deux-là avaient toujours manqué de franchise. Son pouce alla caresser la dernière personne située tout près d'elle, sur sa droite. Allen n'avait que peu changé, comme les deux autres. Les sentiments qu'elle avait pour lui non plus, d'ailleurs. Elle soupira. Encore un peu, elle attendrait encore un peu.
La porte de la vie scolaire se referma. Lavi raccompagna son maintenant petit ami chez lui. Ils échangèrent un dernier baiser passionné dans la pénombre. Sans un mot, Kanda lui tourna le dos. Lavi le suivit du regard jusqu'à sa porte. Le Japonais était énigme, tantôt froide et distante, tantôt chaude et passionnée, toujours secrète. Il porta la main à ses lèvres. Il rêvait, n'est-ce pas ?
Remontant sur sa moto, il se mit à flotter.
Il ne rêvait pas.
Il avait cessé de penser.
Une fois rentré, il alla s'étaler de tout son long sur son lit. Quelque chose lui revint à l'esprit. Glissant sa main dans le fond du tiroir de sa commode, il en sortit un rectangle de papier glacé.
La photo d'un garçonnet en kimono blanc entouré par un nuage de lucioles piquetant le ciel d'encore plus de points brillants. Cet enfant souriait, le scintillement alentours se réflétant dans ses yeux pourtant si sombres. C'était un souvenir qu'il avait réussi à soutirer à Yuu. Si le beau ténébreux avait su le cliché en sa possession, il n'aurait plus été de ce monde. Les battements de son coeur s'accélérèrent légèrement alors qu'il goûtait à l'euphorie du hors-la-loi. Au-delà de cette photo, il lui avait également volé ses lèvres. Il frissonna.
Ce soir, il n'était qu'euphorie.
Le lendemain, le calme était revenu. Le paroxysme s'était aplati, retrouvant une constante immuable. Cependant, elle incluait une nouvelle inconnue dans deux trames, les rapprochant l'une de l'autre en un complexe motif. Deux paires d'yeux s'ouvrirent aux rayons du soleil. Deux êtres changés sans vraiment s'en être rendu compte.
Kanda se leva par automatisme. Emergeant lentement, il commença la journée comme d'habitude : par une malédiction. Il maudit son karma pour le quiproquo de la veille et par-dessus tout, son manque de réaction. Une énorme envie de se taper la tête contre le mur s'empara de lui. La raison la tempéra. Il s'était déja montré assez stupide. Décidé à ne pas trop se fatiguer, il mit le problème de côté. Il y repenserait plus tard. En chemin, il se dit que maintenant qu'ils "sortaient ensemble", cela ferait une bonne raison aux roux de l'appeler par son prénom. Tch'
De son côté, Lavi prit la moto, pressé d'arriver à bon port. Il se sentait léger. Comme chaque jour, ses pas le menèrent vers la salle des professeurs où il retrouva ses amis de toujours.
- Bonjour, Lavi. Tu me sembles de bien bonne humeur, fit Lenalee, l'air de rien.
- Mieux que bien, je dirais...
- Allez, dis-nous ce qui te fait sourire comme ça, ajouta Allen.
- Est-ce que...
- Kanda est déjà dans sa salle, le coupa la Chinoise qui souriait discrètement.
- Merci. Ah, Allen. Libre à toi de sourire comme moi. Tu dois juste te décider.
Le plus jeune piqua un fard alors que la jeune femme posait sur lui un regard qui en disait long.
Le roux alla retrouver son brun. Personne dans les parages. Le professeur d'Histoire s'approcha de son collègue à pas de loup, glissa ses bras autour de sa taille. Il avait toujours rêvé de faire ça.
- Lavi, s'exclama-t-il, surpris.
- Bonjour, beau brun.
- J-je... bonjour. (2)
- Bien dormi ?
- Hn. Lavi ?
- Oui ?
- Tu veux bien me lâcher maintenant ? ... J'ai dit lâche-moi le lapin !
- Ca, tu ne l'as pas encore vérifié...
- Et je n'y compte p...
Les lèvres du roux vinrent l'interrompre comme elles l'avaient fait la veille, lui enlevant toute envie de se débattre.
Le sombre professeur fut sauvé par une élève, entrant dans la salle à ce moment-là. Les deux hommes se séparèrent et Lavi quitta la salle à regrets. Toujours à la porte, la jeune fille fixait Kanda avec calme. Brune, de taille moyenne, son nom était Manue. Elle faisait partie du club de kendo et ne se débrouillait pas mal. Alors que le professeur cogitait sur ce qu'il allait trouver comme excuse, elle lui sourit gentiment en portant un doigt sur ses lèvres en signe de secret. Elle s'assit à sa place habituelle et sortit le livre qu'ils étudiaient en ce moment en cours.
La tension retomba. Les minutes qui suivirent virent arriver le reste de la classe.
(1) Perverses, passez votre chemin. Il parle juste de le soigner par la force. ^^
(2) note mentale numéro 1457 : penser à soigner ce début de bégaiement.
Fin du chapitre 8 ! Voilà une bonne chose de faite.
Parce que j'aime écrire, j'aime savoir ce que vous pensez de ce que je fais. Donc, review ?
