Bonsoir !

Bon, suite des aventures chez les indiens, dites moi ce que vous en pensez ;)

Bonne lecture !


Chapitre 8 : Feu de joie

- Sichagu… brulé vif.

Un silence pesant suivit cette déclaration.

Puis les guerriers hochèrent la tête d'un air satisfait, poussant même quelques exclamations de joie.

Blanche sembla sur le point de dire quelque chose mais Emma la devança et s'écria :

- Vous êtes complétement malade !

Le chef parut comprendre l'insulte. Son visage prit une teinte violette menaçante et les guerriers cessèrent aussitôt de sourire. Certains pointèrent même leurs lances en direction d'Emma.

David se posta devant elle, prêt à en découdre, tandis que Regina se frottait convulsivement les mains l'une dans l'autre, essayant apparemment de faire apparaitre une boule de feu.

Blanche s'avança de quelques pas vers le Chef en ignorant la tentative de David pour la retenir. Elle semblait avoir retrouver un certain calme et se força à adopter une voix mesurée et apaisante :

- Veuillez pardonner ma fille, Terreur-de-l'Ombre... Elle n'est pas habituée à vos coutumes.

Terreur-de-l'Ombre lui lança un regard mauvais en grommelant dans sa barbe. Un des guerriers qui l'entouraient fit un pas vers elle, son visage ridé exprimant une colère froide. David fit un pas en avant mais Blanche le retint par le bras.

- Nous avons du respect pour toi, Celle-qui-est-immaculée-comme-la-neige, mais pas pour les autres. Nous ne les laissons vivre que parce que tu dis qu'ils sont ta famille. Mais si la squaw aux cheveux jaunes s'adresse encore une fois à Terreur-de-l'Ombre ainsi, elle recevra une punition à la mesure de son crime.

- Je comprends, Aigle-du-Soir, répondit Blanche en inclinant la tête. Cela ne se reproduira pas.

- On ne peut pas les laisser brûler Crochet ! Chuchota Emma en s'approchant de Blanche, tandis que le vieil indien retournait dialoguer avec les autres guerriers.

- Non, bien sûr… mais on ne peut pas se battre contre eux, ils sont trop nombreux, argua Blanche dans un murmure.

- Si seulement j'avais mes pouvoirs, grommela Regina.

Le chef paraissait s'être lassé d'eux. D'un signe de la main, il fit signe à ses guerriers de les entrainer en dehors du camp, puis il tourna les talons.

- Partez, maintenant, déclara Aigle-du-Soir d'une voix grave tandis qu'un des guerriers saisissait Emma par l'épaule et la poussait sans ménagement.

- Quoi ? Non ! S'écria celle-ci en se débattant.

Elle donna un coup de coude dans le nez de l'indien qui poussa un grognement étouffé et furieux. Il leva la main pour la frapper au visage mais il la lâcha en hurlant lorsque Regina lui assena un coup de genou dans l'estomac.

- On ne t'a jamais appris à ne pas lever la main contre une femme ? Ironisa-t-elle en observant le guerrier plié en deux.

Mais déjà trois autres les entouraient, alors que Blanche et David avaient été immobilisés par quatre indiens à l'air patibulaire.

- Emma ! Ne résiste pas ! Tu vas…

Les paroles de Blanche furent noyées par le cri de rage des indiens qui se jetèrent sur les deux femmes. S'ensuivit une formidable mêlée où chacun reçut sa part de coups de poings et de pieds. Finalement, les quatre guerriers eurent le dessus et parvinrent à immobiliser une Emma furieuse et une Regina légèrement assommée.

Le chef était hors de lui à présent. Il vociférait des choses qu'Emma ne comprenait pas, en pointant un doigt accusateur sur Blanche qui tentait, en vain, de plaider leur cause.

- Vous être… menteurs ! Hurla finalement le chef. Vous avoir dit que vous partir sans histoire ! Vous attaqués guerriers sioux !

- Non, c'est un malentendu ! Ecoutez…

- Abla kela ! Silence ! Vous attaqués Sioux ! Vous être avec Ombre !

- Itancan…, intervint le vieil Aigle-du-Soir. Celle-qui-est-immaculée-comme-la-Neige ne peut être alliée avec l'Ombre, tu le sais bien.

Etrangement, cet argument parut calmer le Chef. Qu'a donc fait Mary Margaret pour lui inspirer une telle confiance ? Se demanda Emma, toujours perplexe.

- Hau… Tka squaws attaqués Sioux.

Aigle-du-Soir hocha la tête en signe d'assentiment.

- Il se passe quoi ? Marmonna David, toujours retenu par deux indiens.

Aigle-du-Soir se tourna vers lui, lui lançant un regard sévère. Il désigna Emma et Regina d'un signe de tête.

- Elles ont attaqué nos guerriers. Elles seront punies pour cela.

- Quoi ? Non, vous…

Emma perçut le halètement de douleur à ses côtés avant de voir l'indien s'écrouler. La jambe droite de son pantalon était trouée, brulée, et laissait apparaitre la chaire carbonisée de sa cuisse, comme s'il venait de se prendre une boule de feu. Emma redressa vivement la tête. A ses côtés, Regina, la main tendue, semblait tout aussi abasourdie qu'elle.

Puis elle parut réaliser ce qu'elle venait de faire et, avec un léger sourire, se tourna vers le guerrier qui la maintenait toujours, prête à le pulvériser avec ses pouvoirs fraichement retrouvés. Mais elle fut trop longue à réagir car, à peine les indiens avaient-ils vu un des leurs touchés, qu'ils avaient tous brandis leurs sarbacanes, de sorte qu'une nouvelle fléchette atteignit Regina au niveau de la clavicule.

Elle vacilla puis tomba à genoux en haletant.

- Non !

Emma se débattit, essayant d'intervenir, en vain.

Deux indiens emmenèrent leur compagnon blessé tandis que deux autres se jetaient sur Regina et la relevaient de force. Elle paraissait sonnée mais avait gardé connaissance. Cette fléchette semblait juste avoir de nouveau inhibée ses pouvoirs.

- Vous pensiez pouvoir vous servir de votre Magie contre nous ? Vous pensiez qu'en vous voyant l'utiliser, nous n'avions pas prévu de vous garder entourée de tireurs prêts à vous injecter une nouvelle dose de Chasse-mage ?

C'était une vieille femme qui avait parlé. Elle se trouvait derrière le Chef et s'avança jusqu'à Regina. Elle l'observa les yeux plissés puis, d'un geste sec, arracha la fléchette qu'elle remit à son propriétaire. Regina grogna puis se mit à observer à son tour la vieille femme, non sans un certain intérêt.

- Vous êtes une chamane ? Souffla-t-elle enfin.

La vieille femme lui répondit par un sourire édenté.

- En effet. Et vous, vous êtes morte.

- Vous n'êtes pas une indienne !

La chamane ne répondit pas mais se détourna. Emma eut tout juste le temps de voir passer une ombre furtive sur son visage et ses traits se durcirent. Elle se tourna vers le Chef et s'écria :

- Terreur-de-l'Ombre ! Le Chasse-mage maitrise la sorcière. A présent, rend ta Justice.

Le Chef hocha la tête et aboya quelque chose à un de ces gardes. Il se précipita dans une des tentes de l'autre côté du Feu. Pendant ce temps, les guerriers qui maitrisaient Regina la trainèrent vers le Grand Feu.

- Non ! Qu'allez-vous lui faire ? S'écria Emma en se débattant sauvagement.

Même si Regina les avait abandonnés, Emma ne pouvait pas laisser quoi que ce soit arriver à la mère d'Henri. Il avait déjà perdu son père, que lui dirait-elle quand elle le retrouverait si Regina avait été massacré par des indiens ?

- Peut-être lui couper une main, celle qui a blessé l'un des nôtres, répondit Aigle-du-Soir avec un haussement d'épaules. Le chef y réfléchit.

Au même moment, le garde ressortit de la tente, une longue hache de guerre à la main.

- Non ! Non, Chef, écoutez… vous avez promis de ne pas vous en prendre à ma famille, vous vous souvenez ? Vous l'avez juré sur le Grand Esprit de la Lune !

Alors que les paroles d'Emma et de David paraissaient ne toucher personne, le Chef se raidit en entendant les mots de Blanche. Il se tourna vers elle, l'air à moitié furieux mais aussi à moitié… hésitant ? Emma n'aurait su dire.

- Vrai. Terreur-de-l'Ombre pas toucher à âme sœur ou fille. Mais sorcière ? Rien pour toi. Pas famille.

Il se détourna, faisant signe à l'indien avec la hache de s'approcher de Regina, toujours immobilisée par ses gardes.

La vue de l'arme sembla faire perdre à Blanche le peu de prudence qui lui restait. Elle suivit le Chef et posa même une main sur son bras en répondant d'une voix ferme :

- Si. Elle l'est. C'est la femme de mon père.

Le Chef l'observa un instant sans paraitre comprendre. Puis il demanda :

- Ina ?... Mère ?

- Oui.

Les yeux de Regina se détournèrent de la hache et se fixèrent sur Blanche. Elle la contempla en silence, d'un regard impénétrable, mais ne dit rien. Emma cligna des yeux, surprise, mais les yeux de David parurent briller étrangement tandis qu'il fixait lui aussi Blanche. Elle faisait face au Chef, se tenant entre lui et Regina.

Ce dernier semblait profondément troublé. Il voulait, de toute évidence, punir la Sorcière pour avoir blessé un membre de son peuple. D'un autre côté, le respect qu'il paraissait éprouver pour Blanche Neige l'empêchait manifestement d'ordonner de blesser celle qu'elle venait d'appeler Mère.

Un lourd silence s'abattit sur le village. Emma ne percevait plus que le crépitement du feu.

Après ce qui parut une éternité, Terreur-de-l'Ombre hocha lentement la tête et souffla quelque chose à l'oreille d'Aigle-du-Soir. Celui-ci approuva avant de déclarer :

- Notre illustre Chef accepte de pardonner à la fille et à la mère de Celle-qui-est-immaculée-comme-la-Neige. Mais, il veut que le pirate meure. Et que vous y assistiez.

Avant qu'Emma n'ait pu comprendre ce qui se passait, les indiens qui la retenaient l'entrainèrent vers un des poteaux qui entouraient la place et l'y ligotèrent. David et Regina connurent le même sort. Seule Blanche ne fut pas attachée mais quatre solides indiens l'entourèrent et la maintinrent, l'empêchant de tenter quoi que ce soit.

Bientôt, deux guerriers arrivèrent, tenant chacun Crochet par un bras. Il avait un œil au beurre noir, la lèvre et la pommette fendues et des traces de sang sur sa chemise.

Ses gardes le conduisirent près du Grand Feu, où une sorte de bûcher avait été dressé.

- Si vous voulez tenter quelque chose, c'est maintenant ou jamais, Miss Swan, marmonna Regina, à la gauche d'Emma.

Celle-ci l'observa sans comprendre.

- Que voulez-vous que je fasse ? Mes liens sont aussi serrés que les vôtres…

Regina leva les yeux au ciel, exaspérée.

- Enfin, réfléchissez ! Si mes pouvoirs sont revenus tout à l'heure, alors les vôtres aussi ! Ils ne savent pas que vous pouvez faire de la Magie, c'est notre unique chance !

- Mais… mais je ne sais pas comment…, balbutia Emma, prise de court.

- Arrêtez de réfléchir et faites-le ! Comme pendant notre entrainement… Servez-vous de vos émotions…, chuchota Regina d'une voix pressante.

- Mais… je…

- Ou bien regarder le pirate se faire rôtir, à vous de voir, la coupa Regina d'un ton tranchant.

A sa droite, David semblait avoir compris ce qui se tramait. Il se redressa et leur lança un regard interrogateur.

Emma ne répondit pas, fixant le bûcher des yeux.

Ils étaient en train de l'attacher au poteau, en haut de la pile de bois morts. Comment pouvait-elle invoquer la Magie pour le libérer à cette distance ? Peut-être devait-elle attendre qu'ils mettent le feu et l'éteindre d'un claquement de doigts ? Oui mais allumer un minuscule feu de camps l'avait vidé de toutes ses forces, l'autre jour…

Les indiens descendirent du bûcher. L'un deux s'approcha avec une torche.

- Emma…, murmura Regina, d'un ton pressant.

Emma ferma les yeux. Des émotions. La peur. La peur de perdre Henri, de perdre les autres, d'assister à la mort de Crochet, brulé vif. Crochet… Une attirance. Des doutes aussi. Beaucoup de doutes. Et de la peur, encore.

Blanche cria quelque chose mais le Chef ne répondit pas. Les bras croisés, il fixait le bûcher avec une étrange joie sauvage.

Blanche. Fallait-il qu'elle pense à elle pour invoquer la Magie, comme l'autre fois ? Mais penser à sa mère ne la mettait plus autant en colère qu'avant. Et elle avait peur de la perdre, elle aussi. La peur semblait inhiber ses pouvoirs aussi surement qu'une fléchette.

L'indien mit le feu au bûcher.

- Emma !

La voix de Regina la ramena à l'horreur de la situation. Elle voyait Crochet tenter vainement de se débattre alors que les flammes montaient dangereusement vers lui. Elle entendait Blanche supplier ses gardes, elle sentait David se débattre à sa droite et Regina tenter désespérément de faire de la Magie à sa gauche.

Ils étaient tous impuissants. Tous, sauf elle. Elle pouvait le faire. Elle devait le faire.

Il suffisait d'y croire.

- NON !

Son cri de désespoir fut noyé par le bruit des flammes consumant le bois mais elle sentit ses liens glisser de ses poignets. D'un coup d'œil, elle vit qu'elle venait également de libérer David et Regina.

Sans prendre le temps de réfléchir, David se jeta sur deux des gardes de Blanche. Cette dernière en profita pour arracher l'arc du troisième et en donner un violent coup dans l'estomac du quatrième.

Pendant ce temps, Emma courait vers le bûcher, insensible aux cris et aux bruits des fléchettes qui sifflaient autour d'elle. Etrangement, aucune ne l'atteignit.

D'un revers de main, elle libéra Crochet qui sauta du bûcher sans demander son reste. La saisissant par le bras, il l'entraina vers l'endroit où David, Blanche et Regina tentaient de créer une brèche dans les défenses indiennes. Mais les guerriers arrivaient, toujours plus nombreux, les encerclant totalement.

- On est fichu ! Se lamenta Regina, qui essayait de maintenir les indiens à distance, munie d'un simple bâton.

Un de ses adversaires l'attaqua par le flanc gauche mais David bloqua sa tentative avec la lance d'un des guerriers qu'il venait d'assommer. De l'autre côté d'Emma, Blanche tentait de faire reculer trois indiens armés de tomahawks. Elle esquiva le premier, le second, mais le troisième parvint à lui érafler l'omoplate avec la lame de sa petite hache. Elle poussa un faible gémissement et recula vers Emma.

La vue de la tâche rouge sombre sur le dos de son chemisier fit l'effet d'un coup de poing à Emma dont le cœur rata un battement. Non, elle ne pouvait pas les laisser blesser sa mère. Elle devait les sauver, tous. Et elle allait le faire.

Sans réfléchir, elle hurla :

- Agrippez-vous à moi !

Regina et Crochet lui obéirent immédiatement, lui saisissant chacun une épaule. Emma saisit alors le bras de son père et de sa mère et, ils disparurent tous dans un nuage de fumée bleue.


Je viens d'écrire ça en un jet, je ne pensais pas vraiment que ça se déroulerait comme ça, j'avais imaginé une façon peut-être un peu plus pacifique de régler le problème mais après tout, on ne peut pas trop faire du pacifique avec Regina et Emma dans les parages ;)

Et je tiens à préciser qu'Emma ne s'est pas mise à contrôler parfaitement la Magie comme ça d'un coup, je ne garanties pas que son essai de 'transplanage' va bien se passer...

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