Disclaimer : Harry Potter, l'histoire originale et les personnages ne m'appartiennent pas, et je ne touche aucune rémunération !
Couple : Harry / Draco
Rated : MA. Réservé à un public averti.
Rappel : Cette histoire comprend un prologue, 14 chapitres et un épilogue ! Je poste chaque semaine, le mercredi. :)
- Réponses aux reviews anonymes -
Amista :
Ton souhait devrait être bientôt exaucé ! Au moins un peu... au moins un bout... je pense... xD
J'ai hâte de savoir ce que tu penseras de la fin de ce chapitre ! :3
Bonne lecture ~
Darysnape :
Thank you for reading!
I hope you'll enjoy today's chapter :3
Guest :
And I like that you like it! \ o /
I hope it'll stay that way, have a very nice reading :)
Sur ce, enjoy !
. . .
- Chapitre 7 -
Harry s'était levé aux aurores, ce jour-là, pour amener Astoria à l'aéroport. Ils avaient pris leur petit déjeuner ensemble dans l'un des nombreux point café qu'il y avait dans ces endroits-là. Un petit gobelet de café chacun, un cookie et une pomme pour Astoria, une part de tarte et une cannette de jus d'orange pour lui. Et voilà qu'elle s'était envolée, partie pour dix jours… Harry se demandait bien ce qu'il allait pouvoir faire pendant dix jours. Depuis un mois et demi qu'il voyait Astoria, ils n'avaient jamais vraiment été séparés longtemps. Du coup, il n'avait pas souvent été tout seul. Devant la porte de l'appartement de Ginny, il frappa trois bons coups. Il y avait Ron et Hermione bien sûr, mais ils travaillaient. Ils revenaient quand même de un mois de vacances, ils devaient avoir deux-trois trucs à rattraper. Et il ne pourrait sans doute pas squatter chez Ginny pendant dix jours. La porte s'ouvrit vivement, mais pas complètement. Ginny, justement, semblait surprise de le voir – et pourtant il avait son paquet sous le bras.
-Harry ? S'étonna-t-elle. T'es tombé du lit ?
Surpris à son tour, il regarda sa montre. Onze heures du matin. Onze heures du matin, même un dimanche, quand on était attendu c'était tout à fait raisonnable.
-Pourquoi ? Fit-il alors. Je te dérange ?
-N-non… je t'attendais plutôt… je ne sais pas, vers midi…
Elle le laissa entrer ceci dit et il ne se fit pas prier – il alla déposer son paquet sur son plan de travail et en profita pour sortir deux tasses.
-Tu m'offres un café ? Demanda-t-il en se retournant.
La porte refermée, elle s'était doucement déplacée entre lui et son salon, accoudée au bar qui délimitait les deux pièces.
-Volontiers… Fit-elle – et à son ton il aurait dû se douter qu'il y avait quelque chose de louche.
Mais son côté à la fois malicieux et prudent lui passa complètement au-dessus de la tête, il referma le placard des tasses et fit un pas de côté vers la machine à café.
-Alors, fit-il en lançant la première dose. Y'a quoi dans le paquet ?
-Aucune importance, coupa-t-elle directement. Ron m'a dit que t'avais un nouveau copain ?
Harry sentit ses yeux rouler si haut qu'ils passèrent près de disparaître complètement dans ses orbites. Une fois ! Une fois il paniquait un peu en voyant le mari de sa maitresse en public et tout de suite il fallait que cette bande de commères se passent le mot ! Il retira la tasse de sous le verseur et se retourna pour la poser devant Ginny – l'air blasé.
-Sérieusement ? Fit-il. Il t'a appelé hier ?
Mais les yeux de Ginny s'écarquillèrent un peu, petit sourire aux lèvres, comme s'il était idiot.
-Tu veux rire ! S'exclama-t-elle, moins fort qu'Harry aurait attendu d'elle. On s'est vus dimanche ! Pourquoi, il s'est passé quelque chose hier ?
Tout de suite, Harry regretta chacun de ses mots – dans une grimace il se détourna de nouveau pour lancer le deuxième café. Elle n'avait pas parlé de la rencontre dans le café d'Oliver et Marcus, elle pensait au malentendu qu'il avait eu chez Ron et Hermione quand il était allé manger chez eux… Il mit la machine en route, mais Ginny n'en revenait pas.
-Quand t'étais avec Ron ? En ville ? Hein, Harry ? Alleeeez dis-moi ! Tu as encore confondu ton Astoria et son beau gosse de mari ?
Harry fronça les sourcils en se retournant. Beau gosse ? Mais son amie sembla lire dans ses pensées, elle le regarda soudain avec cet air de « Maman » qu'elle avait peaufiné auprès de ses frères au fil des ans.
-Non ! S'insurgea Harry alors – c'était son intégrité qui était remise en jeu ici. C'est vrai que c'est un homme d'une certaine… allure, et plutôt… charmant, sans doute, mais de là à dire qu'il soit « beau gosse » ?
Et il articula exagérément, comme pour lui faire comprendre à elle à quel point c'était absurde.
-Je couche avec sa femme, Ginny, je n'ai ni l'envie ni le- je ne suis même pas dans la position de le trouver- tu sais quoi, ce n'est pas parce qu'il est plutôt agréable à regarder que je-
Il se tut. Le sourire de Ginny avait changé. Plus grand. Beaucoup plus grand. Harry se demanda où sa défense lui avait fait défaut. Et puis il comprit – elle avait toutes ses infos du repas passé chez son frère le dimanche dernier, un jour où Ron n'avait pas encore vu Draco. Elle n'avait aucun moyen de savoir s'il était « beau gosse » ou non, et Harry venait d'admettre qu'il était agréable à regarder. La lassitude le prit soudain tout entier. C'était fatigant, d'être ami avec Ginny.
-D'accord, soupira-t-il, il est beau gosse. Mais ça n'a aucun rapport avec quoi que ce soit, okay ?
Sur ce il la pointa du doigt, comme si ça pouvait faire paraître ses propos plus forts d'une façon ou d'une autre. Elle hocha la tête, un petit « hm-hm ! » au bout des lèvres, mais Harry vit bien qu'elle n'était pas impressionnée par son pointage de doigt. Soupirant, il prit son café tout chaud. Il ne savait même pas pourquoi ça la surprenait qu'il en ait parlé en de bons termes à Ron et Hermione.
-Je t'ai dit moi-même qu'il avait l'air bien.
-Oui, « bien » ! Rit-elle. Je n'avais pas réalisé que tu avais fait une véritable fixette !
De nouveau outré, Harry fut à deux doigts de reprendre sa défense là où il l'avait laissée. Mais rien ne sortit de sa bouche, et pas seulement parce qu'il sentait que son hypocrisie n'allait le mener nulle part : là, sous la table basse que Ginny lui avait caché de sa personne depuis son arrivée, une paire de veilles baskets qu'Harry n'avait jamais vue. Bien plus vieilles que n'importe quelle paire possédée par son amie, pastels, très plates, elles sortaient tout droit des années quatre-vingt-dix.
Soudainement aux aguets, Harry releva les yeux sur la table-basse elle-même et y vit les restes d'un apéritif à la bière. Un manteau bleu ciel sur le dossier du canapé. Ses yeux, sans passer par la case Ginny allèrent directement se poser sur la porte fermée de la chambre de son amie.
-Quoi ? Fit-elle.
Mais son innocence ne prenait pas un instant, sa nervosité venait de monter d'un cran et les yeux de Harry s'écarquillèrent, en même temps que s'étira le petit sourire incrédule au coin de ses lèvres. Il se retourna vers elle et il ne s'était jamais senti aussi éberlué de toute sa vie.
-Y'a quelqu'un dans ta chambre ?! Mima-t-il presque des lèvres.
-Harry…
-T'as une copine !? Coupa-t-il.
-Harry, avant de te faire des idées…
-Oh mon Dieu !
Harry n'en revenait pas ! Ginny ferma brièvement les yeux.
-Je la connais ? Haaaaann attends ! Coupa-t-il avant qu'elle ait pu caser quoi que ce fût. Ron sait ? Haaaaannn attends ! Et Fred et George ? Oh et Percy !
-Harry ! Le pressa son amie. Est-ce que tu comptes énumérer toute ma fratrie ? Non, ils ne savent pas, personne ne sait, c'est tout le principe !
Il se tut, mais c'était tellement dur de ne rien dire qu'il dut se pincer les lèvres l'une contre l'autre vraiment très fort. Il n'arrivait pas à croire qu'il était le premier à apprendre que Ginny avait quelqu'un dans sa vie ! Il ne pourrait jamais tenir le secret.
-A la seconde où l'un de mes frères saura soudainement ils sauront tous et je n'aurai plus aucune vie privée. Harry. C'est important. Tu sais comment ils sont.
Il avait l'impression d'être à la fois devant sa fille et devant sa mère, et ses lèvres ne se décollaient pas d'un iota. Il avait tout un sourire dans la gorge, et aussi sans doute sur son front.
-A chaque fois que je suis sortie avec quelqu'un c'était pareil, un mois et demi d'enfer grand minimum.
Oh Dieu elle avait raison. Il fallait absolument qu'il garde le secret, ça en allait de son intimité – et aussi très certainement de leur amitié. Ça allait être tellement duuuuur ! La porte de la chambre s'ouvrit doucement et les yeux d'Harry s'écarquillèrent, sans que ses lèvres se dessoudent pour autant. Ginny, qui avait très certainement entendu les gonds, ne bougeait plus d'un pouce. Un instant, Harry eut l'impression que le temps s'était arrêté. La fille portait un pyjama rose avec des radis dessus et une robe de chambre blanche qui appartenait à Ginny. Elle sourit en les voyant et salua Harry avant d'aller se servir un café. Harry sourit en réponse, mais il ne put rien dire du tout – il tenait sa bouche fermée tellement hermétiquement qu'il se demanda un instant comment il pouvait encore respirer avec son nez. Elle était légèrement plus petite que Ginny, les cheveux blonds très longs dans son dos. Une fois son café servit, elle refit le tour pour déposer un baiser son la joue de Ginny et alla s'installer à la table du salon. Ni Ginny ni Harry n'avaient bougé un muscle.
-C'était adorable, finit-il enfin par souffler.
-Si tu le dis à quelqu'un, répondit son amie sur le même ton, je dis à ta maitresse que tu couches avec son mari.
-Dur. Mais juste. Tu me présentes ?
Ce fut sans nul doute son sourire charmeur qui la convainquit – il ignora consciemment la façon qu'elle eut de lever les yeux au ciel.
-Je ne suis plus à ça près.
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Avoir à tenir un secret à soi tout seul pile alors que sa maîtresse venait de partir pour dix jours, même si ça n'avait pas particulièrement de rapport l'un avec l'autre, ça annonçait un début laborieux. Mais ce n'était rien, seulement dix jours devant lui et ce n'était même pas sûr qu'Astoria finisse par lui manquer ! Le premier test de leur relation, à vrai dire il était plutôt enthousiasmé d'en connaître l'issue, quelle qu'elle serait. Le poids du paquet de la fratrie Weasley en moins dans les bras, il avait enfoncé ses mains loin dans ses poches. Il inspira brièvement mais profondément l'air d'été de la ville.
…Ginny avait une petite copine ! Il devait absolument le dire à quelqu'un. Ou mieux, peut-être qu'il n'était pas le premier à savoir ? Elle n'avait rien dit qui aurait pu le lui suggérer, mais tout son entourage ne se limitait pas à ses frères… Oh ! Dean ! Ils étaient en super termes depuis qu'ils avaient rompu, peut-être qu'elle lui avait dit qu'elle voyait quelqu'un ?
Harry fit la moue. Hm. C'était quand même peu probable. Tous ses amis connaissaient au moins un de ses frères, Harry le premier, et Dean ne faisait pas exception. Ceci dit… Dean gardait vachement bien les secrets… alooors… Il grimaça. C'était ridicule, Ginny pouvait bien avoir un truc qu'elle gardait pour elle, c'était une adulte après tout. Plus très loin de sa rue, il sortit une main de sa poche de pantalon et chercha ses clés dans sa veste. Ses sourcils se froncèrent. Ceci dit, Ron et elle ne se gênaient pas pour parler de sa relation avec son cocu derrière son dos. Il savait bien que ce n'était pas vraiment la même chose mais, quand même… Il tourna au coin de la rue mais devant une silhouette familière ses yeux s'écarquillèrent et, avant même qu'il ait pu prendre une décision cohérente, il fit un demi-tour parfait pour retourner derrière le mur du bâtiment qui faisait le coin.
Bien, pensa-t-il. Harry. Il y a Romilda Wayne devant la porte de ton immeuble.
Ce n'était pas du tout bizarre. Il tenta de se pencher légèrement dans le coin, pour être sûr d'avoir bien vu. Un couple de passant le regarda curieusement. Mais il avait bien vu, il y avait bien Romilda Wayne devant la porte de son immeuble. Qu'est-ce qu'il faisait ? Il devait prendre une décision, le plus vite possible, trouver une stratégie – une stratégie de repli bien sûr. Oh ! Il sortit son téléphone et chercha Seamus dans ses contacts en s'éloignant à pas rapides dans la direction de là où il était venu.
-Hey ! Fit la voix de son ami presque immédiatement. Un revenant !
-Haha, oui…
Mais le cœur n'y était pas vraiment, et à vrai dire il marchait déjà en direction de son quartier.
-Dis-moi, t'es chez toi là ?
-Ouaip. Tu veux passer ?
-Ouais je me disais que ça faisait longtemps !
Ce n'était que la moitié d'un mensonge, et regarda dernière son épaule pour être sûr que Romilda n'allait pas surgir d'une seconde à l'autre. Bêtement, il accéléra le pas.
-Dean est avec toi ? Demanda-t-il tout de même – ne sut-on jamais.
-Ouaip ! Il dit salut, et aussi de nous monter des bières si tu passes devant la supérette en venant.
Pas de problème, il pouvait faire ça. Il jeta un dernier coup d'œil derrière lui, mais quelques rues les séparaient déjà désormais.
-Et… fit-il en scrutant les passants un instant. Vous avez vu Ginny… récemment ?
-Pas vraiment, elle est pas mal occupée avec le journal en ce moment j'ai l'impression.
-Oui… Répondit Harry, songeur. Le journal…
Romilda ne le suivait pas dans la rue, et c'était une bonne chose. Mais Dean ne savait sans doute pas que Ginny sortait avec quelqu'un, et ça c'était moins cool… Il remit une main dans une poche. Bon. Un sur deux. Quand même pas mal. Il s'apprêtait à dire qu'il serait là dans quelques minutes et à raccrocher, mais Seamus éclata de rire au téléphone et enchaîna très vite :
-Dean demande si t'as rompu avec ta copine ou si elle t'a renvoyé chez toi pour la journée ?
Harry leva les yeux au ciel. Ce n'était pas parce qu'il ne les appelait pas souvent quand il avait une aventure que c'était forcément… Non, non en fait il n'avait rien à redire à ça. C'était… c'était plutôt proche de la vérité. Il fallait dire qu'il ne mélangeait pas vraiment ses amours et le reste de son existence, pour les mêmes raisons qu'il ne leur disait jamais où il habitait. Des raisons pratiques, donc.
-Vous m'avez dans les parages pour dix jours ! Admit-il. Elle est en voyage d'affaires.
-Ooh dix jours ! T'entends ça Dean ?
-C'est la fête ! Fit la voix lointaine de Dean au téléphone.
Harry eut un petit rictus amusé. Les connaissant, il n'avait sans doute pas tort…
-Bon allez, à tout de suite !
-A tout de suite !
Seamus raccrocha le premier et Harry remit son téléphone dans sa poche en même temps que sa deuxième main. Il eut un petit sourire. Dix jours de test… c'était parti. Le premier jour avait donc commencé très tôt sur le parking d'un aéroport, et après ce coup de téléphone Harry commençait à avoir une petite idée de comment il se terminerait.
Et peut-être même le jour suivant.
Et le jour après ça.
Il n'avait pas que Seamus et Dean à voir, le mois et demi passé il avait raté la célébration de la promotion de Neville, la pendaison de crémaillère de Lavande et Lisa, et au moins deux anniversaires. Il prit une grande inspiration décidée. Dix jours. C'était parti.
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Chaque jour passé l'éloigna un peu plus de la ville. Seamus, Dean… Ron, Hermione… Neville, Lavande, Katie, Angelina, Fred, et George… satané jumeaux. C'était de leur faute s'il était à ce point short niveau timing. Parce qu'à force de dire qu'Astoria était partie pour dix jours, les dix jours avaient fini par tous être évaporés. Il n'avait même pas eu le temps de faire des courses pour manger chez lui ! Ceci dit, il n'avait pas beaucoup mangé chez lui en dix jours… mais ce n'était pas une raison ! Un petit coup d'œil sur son compteur de vitesse le fit grogner de frustration. Il était déjà au max autorisé, et ça le démangeait vraiment d'accélérer encore. Mais bon, il tenait à la vie. Il serait en retard, ça arrivait. D'ailleurs, ça lui arrivait tout le temps.
Mais quand même ! Elle devait être rentrée chez elle depuis une bonne demi-heure maintenant et Harry roulait depuis une bonne heure et demi. Il avait dit qu'il serait là à son retour, c'était raté. Qu'était la vie sans un peu d'imprévu, hm… Quand même, il fut soulagé d'être arrivé à destination – enfin il allait pouvoir souffler. Il gara sa moto en bas de la rue et soupira une fois débarrassé de son casque. Quelle chaleur ! Il ne pouvait pas mentir, il aurait sans doute préféré faire une sieste avec la fenêtre de sa chambre ouverte plutôt qu'avoir à conduire tout ce temps.
Il marcha jusqu'aux grilles de chez Astoria, remonta l'allée de gravier et, enfin, sonna à la porte. Ah merde… il ferma brièvement les yeux, dans une légère grimace. Il ne lui avait rien apporté. Pas de fleurs, rien du tout. Il regarda rapidement autour de lui, comme s'il y avait eu quelque chose là dont il aurait pu s'emparer. Mais la porte s'ouvrit et Harry se retourna vivement vers elle. Tiens. Voilà qui était tout à fait inattendu. Ce n'était pas Astoria, mais son mari qui venait de lui ouvrir. En tee-shirt, l'air las, il parut très vite surpris de le voir. Dire que c'était réciproque aurait été un euphémisme. N'était-il pas censé avoir pris l'avion ? Harry en était persuadé. Astoria le lui avait dit. Elle lui avait dit qu'il partait le jour où elle arrivait. Pourquoi n'était-il pas dans un aéroport ? Mais Draco passa une main lasse dans ses cheveux et fronça les sourcils.
-Astoria ne vous a pas prévenu ?
Harry s'humidifia un instant les lèvres, pas nerveux mais pas non plus vraiment à l'aise. Pourquoi rien n'allait comme ça aurait dû. Son téléphone était dans l'une de ses poches, son pantalon sans doute, et il envoya sa main droite vers lui. Un message. Astoria. Ah. « Tous les avions en direction de l'Angleterre sont coincés au sol à cause de l'orage électrique, je ne peux pas rentrer aujourd'hui… Je te tiens au courant. xoxoxoxo ». Hm. Bon.
-Ah, si…
En plus le message datait d'une heure déjà. Il releva les yeux vers l'époux sur le pas de sa porte. C'était carrément embarrassant.
-Eh bien, bafouilla-t-il presque. Désolé pour le… dérangement…
Harry se pinça les lèvres un instant, dans un sourire contrit. Il fit un pas en arrière sur le perron. Ça avait bien été la peine de se presser, lui qui avait pensé être en retard… ah il les retenait, les jumeaux, avec leur escapade dans le fin fond du département. Il fit un deuxième pas en arrière, un peu maladroitement.
-Alors, hm… au revoir…
Et il finit par se détourner de cette situation pour le moins socialement inconfortable. Bon eh bien demi-tour, direction le centre-ville. Finalement, il allait l'avoir, sa sieste… Reprenant la clé de sa moto dans la poche de sa veste, il referma son poing dessus, presque soulagé. Une aspirine aussi peut-être ne serait pas du luxe. Ah et puis cette chaleur qui pesait une tonne. Il leva les yeux vers le ciel – si encore il avait fait beau, mais non. Il comprenait mieux maintenant qu'il savait qu'il y avait un orage électrique quelque part sur les lignes aériennes. Vivement que ça pète, un peu de pluie ne ferait pas de mal.
Il ne restait que quelques mètres entre lui et son deux-roues quand un bruit terrible, sans semonce, sembla comme éclater dans l'air tout proche de lui.
Harry fit un bon monumental en arrière – si bien qu'il faillit tomber à la renverse. Ses yeux s'écarquillèrent. Merde. Il s'approcha un peu… puis courut vers sa roue avant. Meeeerde ! Est-ce que son pneu venait d'exploser sous la chaleur ?! Bordel. Il se passa une main dans les cheveux, ne mit qu'un instant à sortir son téléphone. Il chercha frénétiquement son navigateur, pour trouver le garagiste le plus proche.
-Sérieusement ?!
Pas d'internet. Putain de vallée ! Il fourra son téléphone dans sa poche. Et maintenant quoi ? Il se retourna vers la rue qu'il venait de descendre, se mordit un instant la lèvre. De toute façon, il n'allait pas rester planté là…
Quand il sonna chez les Malfoy, la deuxième fois, Draco eut l'air plus surpris encore de le revoir. Harry eut un petit sourire désolé – à vrai dire, il se sentait un peu ridicule. Il eut un petit rire nerveux.
-Vous allez rire… Fit-il. Un de mes pneus vient d'exploser.
Et tout aussi soudainement que sa moto l'avait lâché, une pluie dense éclata au-dessus de sa tête.
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Putain de chaleur… Draco mit bien quinze longues secondes pour parvenir à mettre sa clé dans sa serrure. Il avait les mains moites et sa valise sur les marches de son perron semblait peser une tonne. Un aller-retour à l'aéroport pour rien, à une heure pareille, c'était carrément du foutage de gueule. Si seulement il n'avait pas fait un temps pareil, il aurait sans doute pu prendre cet avion… La porte céda enfin à ses tentatives pour l'ouvrir. Aah bah voilà ! Il s'empressa d'entrer et de refermer le battant derrière lui. La fraîcheur de la maison le soulagea aussitôt. Il avait l'impression de nager dans sa sueur. Cet orage avait intérêt à éclater bien vite parce qu'il ne supporterait pas cette lourdeur beaucoup plus longtemps. Il retira sa veste et la pendit dans l'entrée – il avait désespérément envie d'aller s'effondrer sur son canapé. Sa valise abandonnée derrière lui, il marcha droit vers le salon, déboutonna sa chemise, s'éventa le ventre avec son tee-shirt. Quel calvaire ! Et tous les avions de la ville qui étaient cloués au sol. Satanée tempête, qui avançait vers eux. Dans un soupir à fendre l'âme, il se laissa tomber devant sa télé, trouva la télécommande qui dépassait d'un coussin et alluma la première chaîne qui vint.
-…ols locaux et internationaux sont annulés jusqu'à nouvel ordre.
-Eh bien Peter, quelle affaire ! Sans transition, football : Londres accueille ce week-end le club de Liverpool.
Draco souffla, blasé, et changea de chaîne. Bien sûr que les vols étaient annulés, il était au courant maintenant, merci bien. Satané orage électrique en provenance de l'English Channel… et puis cette chaleur qui ne retombait pas. Il retira une chaussure à l'aide de l'autre, puis l'autre du bout du pied, avant d'enlever ses chaussettes. Il, n'en, pouvait, plus. Il zappa encore, avant de revenir sur la chaîne d'information en continue. Il pourrait peut-être piquer une tête dans la piscine… et s'il commençait à pleuvoir, il rentrerait aussitôt… hmm… Il s'enfonça un peu plus dans son canapé. Son envie de bouger s'était vraiment évaporée.
Un grognement sans nom s'échappa du plus profond de son être quand la sonnette de la porte d'entrée résonna dans tout le rez-de-chaussée. Qui était le… enfin. Il s'extirpa non sans mal du canapé pour aller se trainer jusqu'à la porte, qu'il ouvrit, l'air blasé. Oh. Il se redressa imperceptiblement, pour le moins surpris. L'amant de sa femme – Harry – le regardait avec étonnement. Un instant, ils ne dirent rien. Draco devait être beau à voir, tiens, dans son tee-shirt plein de sueur… il se passa rapidement la main dans les cheveux pour les ramener en arrière, que eux au moins fassent bonne figure. Et comme Harry ne disait toujours rien, il prit les devant :
-Astoria… ne vous a pas prévenu ?
Malgré lui, il avait légèrement froncés les sourcils. Ça l'étonnait que sa femme n'ait pas pris la peine de prévenir son amant de leurs problèmes d'avions. Même lui avait reçu un message. D'ailleurs, il était presque sûr que ça avait été un message groupé, avec un numéro qu'il ne connaissait pas. Un message comme quoi les vols à destination du pays étaient suspendus, et qu'elle ne pourrait pas rentrer ce jour-là. Evidemment, ça l'avait particulièrement surpris… Il tenta de retenir les indices visuels de son sarcasme. Harry avait l'air de ne rien comprendre du tout, il sortit son téléphone de la poche de son jean et Draco le regarda faire. Il avait l'air de s'être pressé pour venir, comme si les dix jours passés loin de son épouse lui avaient semblé particulièrement longs. Qu'il avait eu particulièrement hâte de la revoir. Il eut une petite moue. Il ne voyait vraiment pas ce qu'il lui trouvait – en oubliant un instant bien sûr qu'il l'avait lui-même épousée un jour.
-Ah si… il y a une heure…
Soudainement, il eut l'air particulièrement gêné. Draco réprima un petit sourire moqueur. Harry se retourna vers lui, passa une main dans sa nuque, embêté. Est-ce que c'était de la nervosité ? En tout cas, il avait fait tout ce chemin pour pas grand-chose. Et puis il ne devait pas habiter à une heure de là, vu le quartier où il l'avait croisé une fois. Draco se demandait bien comment il avait fait pour rater ce texto. Avec sa veste de motard et ses cheveux défaits par le vent.
-Eh bien, heu… désolé pour le, hm… dérangement…
Cette fois-ci Draco ne put empêcher un petit sourire.
-Ce n'est rien.
Il avait l'air tellement gêné que c'en était en fait presque drôle. Il le vit faire quelques pas en arrière.
-Alors, hm… au revoir…
Il remit son téléphone dans sa poche et se détourna avec un sourire. Draco le regarda descendre les marches menant à l'allée avant de refermer la porte dans un soupir fatigué – aussi un chouia amusé. Enfin, maintenant qu'il était debout, peut-être que la piscine… mais le canapé fut le plus fort, et il y retourna sans même y penser. Il poussa un profond nouveau soupir. Quelle journée… Enfin, c'était terminé, il était posé maintenant – plus d'embouteillages interminables, plus d'aéroport grouillant, plus que du calme.
Mais une détonation sonore éclata soudain dans la rue et Draco sursauta sur son canapé. Il tendit l'oreille, aux aguets un instant. Rien de plus… d'accord, c'était bizarre… Il allait lentement commencer à se détendre de nouveau quand la sonnette retentit une fois de plus. Allons bon. Il se releva, non sans peine.
Harry se tenait là, de nouveau, sur le pas de la porte. Draco haussa un sourcil.
-Vous allez rire… Fit-il
Et Draco vit bien qu'il était gêné.
-Un de mes pneus vient d'exploser.
A peine avait-il prononcé ces mots que l'orage éclata au-dessus d'eux. Une pluie brusque et violente s'abattit dans la rue, dans l'allée, sur le perron. Draco pinça vivement ses lèvres pour ne pas rire sous la surprise. Harry venait de se crisper tout entier. Une seconde à peine venait de s'écouler, et il était déjà trempé. Un vrai chien des rues. Draco s'écarta du battant, fit un signe de la tête pour l'inviter à entrer. Ce n'était pas comme s'il pouvait vraiment le laisser là sous le déluge.
-M-Merci…
Sa nervosité s'était envolée. C'était carrément un état de choc, maintenant, qui se lisait sur son visage et dans son attitude raidie. Il fit le pas et demi qui le séparait de l'intérieur, goutta sur le paillasson – Draco referma derrière lui.
-Allez, soupira-t-il dans un sourire qui était censé camoufler l'envie irrépressible qu'il avait de se moquer. Enlevez votre veste, je vais vous chercher une serviette.
Harry n'imprima que la moitié des mots, alors que ses mâchoires peinaient à se desserrer, et ses yeux à se décrisper. Trempé. Il était trempé. Il secoua les mains, une fois, pour la forme, avant de retirer sa veste avec précaution. Elle avait l'air d'avoir été repêchée d'un lac. Il l'accrocha à la patère près de la porte et la regarda de longues secondes goutter sur le sol sans qu'il ne puisse rien y faire. Est-ce que ce putain d'orage venait vraiment de lui éclater au-dessus de la tête ? Incroyable. Révoltant.
-Tenez.
Il se retourna vers l'intérieur, où Draco Malfoy descendait de l'escalier menant à l'étage avec une serviette de douche blanche. Harry l'accueillit avec reconnaissance.
-Merci, fit-il en la prenant.
D'une main il retira ses lunettes, et de l'autre il monta la serviette à son visage, s'épongea, la passa brièvement dans ses cheveux, puis sa nuque, avant de tenter d'essuyer ses lunettes, puis ses mains. Pour le reste, il n'y avait pas grand-chose à faire. Draco détourna les yeux quand il se rendit compte qu'il le regardait faire – puis il se détourna complètement. Il ne s'était pas rendu compte qu'il avait les yeux aussi verts. Pas que c'était d'une importance particulière.
-J'imagine que vous allez avoir besoin du téléphone ?
Et ce disant, il se dirigea directement vers le salon, sans trop se presser quand même. De toute façon, la situation était simple : Harry avait besoin qu'un garagiste se déplace. Draco avait le numéro d'un garage, pas très loin d'ici, sur la route du centre-ville. Il avait aussi un téléphone. Le garagiste venait prendre Harry et sa moto. Problème résolu. Enfin… il pensait que c'était une moto. La veste, en tout cas, pointait dans cette direction. Draco regarda brièvement par-dessus son épaule, juste pour vérifier cette histoire de veste. Elle pendait près de la porte. Harry, lui, semblait hésiter à le suivre. Draco eut un petit sourire.
-Restez pas planté là, venez.
Alors Harry installa la serviette de bain sur ses épaules et le suivit jusqu'au salon. C'était un peu étrange, mais la maison paraissait un peu différente sans Astoria à l'intérieur. Enfin… Non, Harry avait déjà été dans cette maison tout seul. Mais à des moments où Astoria était susceptible de revenir à n'importe quel moment. Ce qui n'était clairement pas le cas ce soir-là. Il enfonça ses mains dans ses poches – une tentative peut-être pour se faire plus petit. La base du téléphone était posée sur le meuble face à la porte vitrée, contre la cloison qui ouvrait à la fois sur le vestibule et sur la cuisine. Harry n'y avait jamais vraiment fait attention. Malfoy lui tendit le combiné et un bloc de post-it, rempli de numéros pratiques, puis se détourna complètement et le laissa pour aller à la cuisine. Harry soupira, profondément. Quelle merde… cet orage, c'était vraiment le bout du bout pour lui cette semaine, et on n'était que lundi.
Dans la cuisine, Draco ouvrit le frigo. Il se repassa une fois encore la résolution du problème dans sa tête. Téléphone, garagiste, et hop. Il attrapa un yaourt, avant de le remettre à sa place. Il n'allait pas juste manger des yaourts, il fallait autre chose avant ça. Il jeta un coup d'œil vers le salon, où Harry, hors de vue, venait de lancer le premier bonsoir de circonstance. Malgré lui, ses lèvres s'étirèrent en un léger sourire. Peut-être qu'il voyait, maintenant, ce qu'Astoria pouvait peut-être lui trouver.
-Je vous appelle parce que l'un des pneus de ma moto vient juste d'éclater.
Draco ferma le frigo. De toute façon, il n'y avait pas grand-chose dedans. Il s'y appuya, les mains dans les poches. Il déciderait ce qu'il mangerait quand Harry serait parti.
-Comment ça vous ne vous déplacez plus ce soir ?
Draco haussa un sourcil. Il délaissa son frigo pour se rapprocher du salon, et resta dans l'embrasure du passage. Au téléphone, Harry avait l'air perplexe. Scandalisé ? Au moins choqué. Il semblait avoir oublié son piteux état d'humidité et la serviette sur ses épaules.
-Mais je ne suis pas chez moi ! Je sui- Oui, oui, j'entends bien.
Il ferma brièvement les yeux, se pinça l'arête du nez – souleva ses lunettes par la même occasion. Draco croisa les bras, s'appuya contre le chambranle. Ça avait l'air de prendre une tournure inattendue.
-Et est-ce que vous pourriez me recommander un garage qui… oh, oui je vois. Demain matin vous dîtes ?
Le garagiste au téléphone répétait ses excuses professionnelles et Harry releva les yeux vers le mari d'Astoria. « Oui, oui, je vous donne l'adresse. »C'était tellement embrassant… Il détourna brièvement les yeux, avant de remercier son interlocuteur malgré tout et de raccrocher. Un instant il ne releva pas les yeux du combiné dans sa main, et puis il se mordit distraitement la lèvre.
-Hm… Hésita-t-il. Les routes qui entourent le centre-ville sont inondées sur plusieurs kilomètres… ça fait des heures qu'il pleut là-bas…
Il reposa, embêté, le téléphone sur sa base. Pendant de longues secondes après ça, ils ne dirent rien. Bien sûr il pouvait laisser sa moto là-bas en bas de la rue, appeler un hôtel, trouver une compagnie de taxis qui circulait encore dans cette partie de la ville… Harry évita soigneusement de croiser le regard de son possible-futur-hôte, tandis que Draco, bien longtemps après avoir fini d'analyser la situation, se demandait brièvement ce que Théodore aurait bien pu dire de ce qu'il allait proposer. Mais là encore, ce n'était pas comme s'il pouvait juste le mettre à la porte.
-Eh bien, dit-il, on dirait que cette fois-ci c'est vous qui allez dormir sur le canapé.
A suivre...
Alors ? Est-ce que vous avez pensé un instant que j'avais fait partir Astoria pour quelques lignes seulement ? x)
Cohabitation forcée ! \ o / Le début de quelque chose ? (Aussi ça a dû être relégué au second plan sans doute mais vous avez reconnu la copine de Ginny ? x) )
J'ai bien sûr hâte de recevoir vos avis ! Et je vous dis à mercredi prochain (31/10/18) pour le chapitre 8 ;)
Ciao ciao ~
Chip.
