Titre: Aura.

Auteur: Hayami.M

Personnages: les G-Boys

Couples: 2+1, 3+4.

Note: en italique, pensées ou flash-back

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Chapitre 8.

-Énergie vitale-

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Wufei jette un œil au rétroviseur extérieur, met le clignotant gauche, déboite et le pied sur la pédale d'accélérateur dépasse le tracteur poussif qui ne devait pas excéder les 30km/h.

A nouveau à une vitesse de croisière de 90 km/h, il lève le pied et ne laisse qu'une main sur le volant, l'autre se posant mollement sur sa cuisse droite, le regard perdu sur la route de campagne peu fréquentée, il laisse échappé un petit soupir.

Cela fait un peu plus d'une heure qu'ils sont tous trois sur la route et une drôle d'ambiance règne dans l'habitacle.

Le chinois en vient à regretter la présence de ses deux autres coéquipiers, « ils auraient au moins mis un peu de vie dans le véhicule tout terrain» pense-t-il. Il aime bien le calme et le silence, nécessaire à sa méditation en particulier, mais il sait également apprécier la compagnie et une ambiance vivante et chaleureuse.

Il ne serait expliquer ce qu'il ressent, ce n'est pas de la mauvaise volonté de la part de ses coéquipiers mais plutôt qu'ils semblent carrément ailleurs.

Quasiment aucun mot n'a été prononcé depuis qu'ils ont récupéré le français près du hangar.

Ce dernier est assis à l'arrière, juste derrière lui, le chinois est perplexe, l'ex mercenaire semble beaucoup plus détendu que ces derniers jours et en même temps, il semble comme rêveur tout en étant soucieux.

Quant au japonnais, il est à ses côtés, sur le siège passager, les genoux relevés et les pieds en appuis sur la boite à gants. Son laptop est posé sur ses genoux, il ne l'a pour ainsi dire pas quitté des yeux depuis leur départ en mission.

Tout dans son attitude laisserait à penser qu'il est complètement plongé dans la préparation de leur futur mission, mais... quelque chose d'infime, qu'il ne serait définir précisément, est inhabituel chez lui.

A plusieurs reprises le dernier survivant du clan du dragon, en l'observant du coin de l'œil l'a surpris fixant son écran mais comme le regard perdu vers quelque chose n'ayant strictement rien à voir avec la mission et le moment présent.

Comme repensant ou revivant un moment ou une situation passée.

Son visage, si lisse habituellement, laisse à voire au chinois une légère crispation, mais comme chez le français, pas d'angoisses ou de peur mais plutôt de l'interrogation, du doute..., et, le jeune homme à la couette n'en est pas sûr, mais il lui semblerait bien qu'il y perçoit également de l'émotion.

« Je me demande à quoi il pense? »

En dehors des missions, Wufei n'a jamais vu Heero soucieux, tout paraît glisser sur lui, les états d'âme de ses coéquipiers et encore moins ceux des autres personnes qu'ils peuvent côtoyer, semblent le laisser complètement indifférent.

Mais dernièrement, à l'instar du français, le nippon, même s'il le cache bien, est plus attentif à ce qui se passe autour de lui. Par exemple le chinois a été surpris qu'il n'en réfère pas à J avant de décider de partir au secours de Maxwell et Winner. Il l'a même senti fébrile quand arrivés sur place, ils ont découverts que le natté avait été à son tour arrêter.

Wufei n'en est pas sûr, mais il lui semble également que Heero est sensible à la relation qui s'est nouée entre les pilotes 02 et 04, « serait-ce de l'envie voire de la jalousie? ».

Peu probable, le nippon n'a jamais montré jusqu'à présent quelques signes d'attirance pour l'américain.

Et en même temps ces deux là ont noué une drôle de relation, certes Heero est surtout proche de Trowa mais quelque chose d'indéfinissable mais de tout aussi important, voire d'avantage qu'avec l'européen, semble lier les deux premiers pilotes.

Barton est son semblable, un frère, ils se reconnaissent l'un dans l'autre, leurs personnalités leurs modes de pensées et de fonctionnement se ressemblent, ils n'ont pas besoin de mots, ils savent simplement qu'ils peuvent avoir confiance et toujours pouvoir compter l'un sur l'autre.

Entre Maxwell et Yuy, il en va autrement, c'est le jour et la nuit, tout semble les séparer en dehors de la guerre, ils n'ont strictement rien en commun.

Et pourtant le châtain est celui que le pilote 01 accepte par moments de laisser entrer dans sa bulle, qu'il laisse approcher physiquement, celui auquel, malgré ses grognements d'énervement ou de lassitude, il accorde quelques mots en dehors du sujet des missions.

C'est comme si malgré lui il ne pouvait être aussi indifférent qu'il le souhaiterait, comme si le natté le rendait plus humain,... moins soldat.

Wufei jette un coup d'œil au profil du nippon, « est-ce le natté la cause de son étrange attitude? »

Un autre coup d'œil dans le rétroviseur intérieur lui apprend également que le français est toujours en pleine introspection, « pour lui j'ai moins de doute se dit le chinois légèrement moqueur, vu son comportement de la nuit dernière et de ces derniers jours, Winner ne doit pas être étranger à son attitude. »

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La campagne piémontaise défile devant ses yeux mais il n'en voit rien, la beauté du paysage italien ne le touche pas, bien trop perdu qu'il est dans ses réflexions.

Trowa, après le départ de Duo du hangar s'était obligé à laisser de côté ses états d'âme, pour se concentrer sur les réparations nécessaires à son armure et ensuite sur leur futur mission, quand Heero l'avait appelé pour l'avertir qu'un ordre de mission leur était parvenu en début de matinée.

Mais depuis qu'ils sont sur la route il n'a pu s'empêcher de replonger dans ce qui le tourmente. Il ne cesse de penser à Quatre. Si jusqu'à présent il avait en quelque sorte mis de côté ce qu'il ressentait pour le jeune arabe, les derniers évènements l'ont obligé à se pencher sur ce qu'il éprouve.

D'entendre Duo mettre des mots sur ce qu'il tentait d'occulter, a comme réveillé tout ce qu'il s'empêchait de s'avouer, comme si mettre un nom sur ce qu'il ressentait, lui avait révélé l'ampleur, la force de ce qu'il éprouve pour le pilote du Sandrock.

« Mais que faire maintenant? Duo a-t-il raison en m'incitant à me déclarer? »

Le français doute, et ce doute le ronge de l'intérieur au point qu'il a le plus grand mal à se concentrer sur la mission à venir.

Les événements de la nuit ne cessent de lui revenir à l'esprit.

Il avait été étonné de voire Quatre vers 22h30 passé le seuil de leur chambre, comme la nuit précédente il pensait que le blond allait à nouveau dormir au côté du natté.

C'est donc avec plaisir et il faut bien le dire du soulagement, qu'il avait observé son compagnon de chambre ouvrir le lit jumeau du sien, puis passer par la salle de douche contiguë à leur chambre pour se préparer pour la nuit.

De retour dans la chambre il l'avait observé s'installer à demi-assis dans le lit, un livre à la main.

Le visage du jeune arabe paraissait un peu soucieux et son esprit ailleurs, mais il lui avait cependant adressé une demi-heure plus tard un chaleureux« bonne nuit Trowa », avant d'éteindre la lampe et de se glisser sous le drap.

Le châtain-roux n'avait pas tardé à faire de même, il avait lui même des heures de sommeil à rattraper, la nuit précédente il avait peu et mal dormi, l'esprit focaliser sur les deux pilotes restés dormir dans le salon.

Mais quelques heures plus tard, alors qu'il dormait profondément, un cri effrayant l'avait tiré brusquement du sommeil. Comprenant immédiatement que Quatre était à nouveau la proie de cauchemars, il avait allumé et rejoint rapidement son camarade.

Le blond, prisonnier de son drap se débattait et gémissait, Trowa avait essayé de le maintenir quelques secondes le temps de le libérer, un visage pâle et un front trempé de sueur lui étaient alors apparus.

- Quatre...Quatre, réveille toi! Tu fais un cauchemars.

Ces parole s'avérant vaines, et le blond s'empêtrant à nouveau dans le drap l'ex mercenaire avait voulu le saisir aux épaules pour le secouer légèrement afin de le ramener à la réalité.

Mais l'effet escompté avait été tout autre.

L'endormi, pris de panique de se sentir maintenu, avait poussé un cri de pur terreur et l'avait repoussé brutalement d'une forte pression des deux mains sur sa poitrine, l'envoyant trop surpris pour se rattraper, s'affaler lourdement sur le sol.

Quatre comme halluciné, l'avait alors fixé apeuré, les deux iris azur le traversant comme s'il ne le reconnaissait pas.

Il avait ensuite appelé à l'aide le pilote 02.

Ce dernier, alerté par les cris, les avait rejoins quelques instants plus tard.

Trowa, l'avait alors regarder prendre le jeune arabe dans ses bras, qui immédiatement s'était blotti contre lui, enfouissant son visage dans son débardeur comme pour s'imprégner de l'odeur rassurante du châtain.

Les mots que le blond avait alors prononcé l'avait profondément blessé; seul le natté semblait lui importer.

Le pincement douloureux qu'il avait alors ressenti, se faisait encore maintenant, rien qu'au souvenir, très cuisant.

Voire l'être aimé vous rejetez comme un étranger, puis se tourner vers un autre l'avait comme tétanisé; il avait eu mal, si mal de se voire rejeter si brutalement, si mal de ne pas être celui dont Quatre avait besoin.

A ce moment là, il avait haï le pilote du Deathscythe.

Puis à la demande pressante de Quatre, le châtain avait entonné une berceuse, sa voix avait empli la pièce, provoquant chez lui une sensation étrange et des sentiments contradictoires, lui amenant les larmes aux yeux. Voulant échapper aux auteurs de ces sentiments tumultueux, il s'était maladroitement redressé et avait quitté la chambre précipitamment, fuyant, incapable d'en supporter d'avantage sans craquer.

Il s'était retenu de fuir loin d'eux, de s'échapper loin de la planque et de courir le plus loin possible dans la nuit.

Tout plutôt que de continuer à souffrir.

Le cœur lourd à ses souvenirs, Trowa pense:

« Ce n'est pas de moi dont il a besoin ».

« Je ne doute pas de ce que m'a dit Duo tout à l'heure, mais Quatre ressent-il la même chose que moi pour autant? »

Comme à chaque fois qu'il se l'a pose; cette question est sans issu pour lui. Il secoue la tête de désespoir, puis se reprend.

« Je ne puis continuer ainsi, me laisser envahir par mes émotions et manquer de concentration pour les missions ».

« J'ai besoin de savoir, l'incertitude me ronge, je ne puis continuer ainsi alors que nous sommes en pleine guerre. Au risque de tout perdre, je parlerais donc à Quatre dès que j'en aurais l'occasion, et je serais fixé .»

« Tout plutôt que de rester dans ce doute insupportable. »

Appréhendant la discussion qui l'attend, mais soulagé d'avoir enfin pris une décision, le français se concentre sur la mission à venir.

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Le bruit sourd et lointain d'un moteur à réaction leur fait lever la tête.

Quatre et Duo observent l'avion cargo passer dans le ciel juste au dessus d'eux, ils n'ont aucun mal, même à cette distance à reconnaître un engin de OZ.

Depuis plusieurs minutes, un silence confortable s'est installé, chacun de son côté repensant aux propos tenus au sujet du don du natté.

Duo laissant la douce nostalgie s'évanouir et Quatre évacuant lentement le trop plein d'émotions, les siennes et celles de son ami, que le récit à provoqué en chacun d'eux.

Le pilote 02 rebaisse la tête, posant de nouveau son regard sur le fleuve et son activité avant de reprendre:

- L'aura est une énergie lumineuse et subtile qui entoure et enveloppe tout être vivant, elle est la manifestation d'une force vitale, c'est en quelque sorte notre empreinte énergétique. Et comme les empreintes digitales elle est unique à chaque être humain, il n'y en a pas une identique à l'autre, il y a souvent des similitudes voire une très forte ressemblance, mais deux auras ne sont jamais complètement pareilles.

Duo se tourne vers Quatre avant de poursuivre.

- Les auras s'attirent ou se repoussent, se complètent ou s'opposent, elles déterminent et influent sur les liens qu'on noue avec une autre personne.

Quatre hoche la tête pour montrer qu'il comprend.

- L'aura se compose de deux éléments: un d'origine physique qui se reflète dans la forme et la coloration et un deuxième d'origine spirituelle qui se manifeste par l'intensité et la luminosité de l'aura. Sa composition varie selon chaque individu, la couleur et l'intensité révèle la nature profonde d'une personne.

- Et je suppose que cela évolue avec l'âge, l'état d'esprit et émotionnel dans lequel on se trouve? demande le blond.

- Oui tout à fait approuve Duo, même notre état physique influe sur notre aura, elle diffère quand on est blessé ou malade.

- Et la signification des couleurs?

- Elles sont le reflet de notre personnalité, de notre caractère, de nos émotions..., en fait sourit le châtain, c'est un peu comme une carte d'identité très personnalisée et intime.

- Et tu peux agir comme tu veux sur une aura?

Quatre est très impressionné par le don de son ami, il ne le pensait pas aussi complexe.

- Ça t'effraie?

- Un peu, je me rends juste compte de ce tout que ça implique, c'est un pouvoir impressionnant.

- J'en ai conscience et et ça m'effraie également d'être détenteur d'un tel pouvoir sur les autres, c'est parfois lourd à assumer.

- Comment agis-tu sur une aura, comment as-tu fais pour moi?

- Pour que je puisse agir sur une aura il faut que je me lie avec elle, il faut que j'établisse une connexion. Pour faire simple c'est comme mettre en réseau deux ordinateurs, et à partir de là j'ai accès aux différentes composantes de l'aura sur laquelle je veux agir. A force de pratique je peux agir de manière de plus en plus précise et ciblée, comme par exemple une émotion ou une douleur.

- Mais tu es allé encore plus loin avec moi, l'arabe cherche ses mots, c'est comme si... comme si nos auras avaient fusionné.

Duo l'observe avec attention, étonné de la perspicacité de son ami, mais après tout lui aussi à un don.

- Oui, fusionner est le bon terme. Ton psychisme était tellement fragilisé et ta vie en danger que ton aura était devenue très faible, presque inexistante, je n'avais plus aucune prise sur elle.

Le visage du natté se ferme en repensant à l'inquiétude qu'il avait ressentie en récupérant le pilote 04 dans cet état.

- La seule possibilité qu'il me restait était donc de lier nos auras, d'autant plus que ton don, hors de maîtrise compliquait ma tâche.

- Je me souviens de l'étrange sensation que j'ai ressenti quand nos auras ont fusionné, c'était terrifiant puis l'instant d'après si agréable comme sensation.

- C'est très intime comme expérience, ce n'était que la deuxième fois que je le faisais, c'est également dangereux car si j'avais perdu la maîtrise de mon aura à ce moment là, je risquais de te mettre encore plus en danger et de perdre à mon tour le contrôle; ne sachant plus alors ce qui émanerait de toi ou de moi.

Duo grimace à ce souvenir avant de compléter ses propos.

- C'est très éprouvant pour le physique mais surtout pour le psychisme.

- Mais malgré t'es blessures et tes propres douleurs tu as tenu bon dit la gorge nouée le pilote du Sandrock. Je me rends vraiment compte des risques immenses que tu as pris pour me secourir.

Duo lui frôle la joue gauche du bout des doigts et efface la larme qui s'est échappée à l'insu du jeune homme aux yeux presque turquoises avec l'émotion.

- Je le referais sans hésiter Quatre, je n'ai aucun regret, c'est d'avoir perdu celui que je considère comme mon petit frère qui m'aurait fait terriblement mal, les paroles se font murmures... je ne veux plus perdre ceux auxquels je tiens.

Le jeune arabe, très ému, s'appuie sur l'épaule de son ami, les mots prononcés le touchent énormément tout en lui apprenant que par le passé le natté a du perdre des êtres très importants pour lui, mais il ne le questionne pas, malgré sa vive curiosité, il sait que le pilote n'en dira pas davantage s'il ne le souhaite pas.

- Moi aussi je te considère comme un frère, tu tiens une très grande place dans mon cœur. Dans ton aura je me suis senti à l'abri, comme dans un cocon, je n'avais jamais ressenti ça auparavant, c'était si réconfortant, plus rien ne pouvait m'atteindre, c'était chaleureux et lumineux, j'étais entouré d'un halo presque féerique composé d' une nuance couleur lilas et de blanc avec un reflet doré.

Duo qui a passé son bras autour des épaules de Quatre se raidit brusquement et est stupéfait, « d'où proviennent ces couleurs? »s'interroge-t-il; surement pas de sa propre aura, et non plus de celle de son ami, cela ne correspond pas.

Quatre, déconcerté, redresse la tête pour regarder le natté.

- Qu'y a-t-il? Ce ne sont pas les couleurs de ton aura?

Duo fuit un instant le regard du blond, puis se reprend rapidement.

- Je ne saurais te dire..., je ne sais pas à quoi ressemble ma propre aura, je la ressens et la maîtrise mais je ne la vois pas. Les derniers mots sont prononcés d'un ton un peu sec comme si le sujet le dérangeait et qu'il voulait y mettre fin.

Le pilote 04 est dubitatif, il a comme l'impression que Duo lui cache quelque chose, mais en même temps pourquoi lui mentir sur son aura? Il n'en comprend pas la raison, « je dois me tromper. »

Il doit être juste déçu de ne pas savoir à quoi ressemble son aura alors qu'il a accès à celles des autres, ça doit-être très frustrant, « j'ai du le surprendre en lui disant les couleurs que j'ai vu ».

L'américain sent le malaise qui s'est instauré suite à son attitude, il refait donc face à son ami et pour le détourner de ses réflexions, il dit:

- Tu sais, tous les quatre vous avez de magnifiques auras, très intenses et colorées.

- C'est vrai s'extasie le jeune arabe. Il ne s'était jamais penché sur le sujet des auras et encore moins demandé à quoi ressemblait la sienne.

- Ça t'étonne sourit le natté. Pourtant vous êtes tout sauf ordinaire, chacun de vous à une forte personnalité, des idéaux, et une grande force physique et spirituelle, vos auras n'en sont que le reflet.

- C'est vraiment étrange d'imaginer que tu peux avoir accès à ce qu'on est réellement, que tu peux voire au delà des apparences.

- Ce n'est pas aussi simple, je n'ai pas continuellement accès à vos auras, c'est quelque chose qui doit être volontaire de ma part. Je perçois toujours, en particulier pour les personnes dont je suis proche, comme une impression générale de ce qu'émet l'autre mais rien de précis tant que je n'utilise pas mon don pour percevoir une aura.

- Je comprends, c'est un peu le même procéder pour mon empathie.

Le natté profite de la perche pour mettre fin à la conversation sur sa propre personne, il n'a jamais autant révéler sur lui et cela le met mal à l'aise, il n'aime pas se livrer autant.

- On n'a énormément parlé de moi Quat', maintenant c'est donc à mon tour de te questionner, je veux tout savoir sur ton empathie, presse-t-il un petit sourire au coin des lèvres.

Quatre n'est pas dupe mais il accepte la requête du pilote du Deathscythe, il en a déjà beaucoup appris sur son ami.

Il se redresse mais reste proche de son camarade, leurs épaules se frôlent, il est de plus, heureux de pouvoir parler de ce qu'il est réellement, son don fait partie de lui, le cacher s'est un peu ne pas s'accepter comme il est.

Il a toujours souffert de ne pouvoir en parler librement à ses proches en dehors de sa sœur Iria.

Cela lui fait bizarre de pouvoir en discuter avec quelqu'un qui peut l'écouter, le comprendre sans le juger ou s'effrayer, il n'en n'a que très rarement l'occasion.

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- 05 en place.

- 03 en place, RAS.

- OK, silence radio jusqu'au prochain contrôle dans 30 minutes.

Heero coupe la communication d'une pression sur son oreillette.

Tout est en place, il vérifie l'heure à sa montre, 18h30, regarde vers l'ouest, le ciel commence à prendre une jolie teinte rose-orangée, annonciatrice que le soleil ne va pas tarder à disparaître à l'horizon.

Cela fait plus d'une heure qu'ils sont arrivés à destination. Ils ont laissé leur véhicule à environ 1,5 km, dans un chemin de terre, bordé d'une haie conséquente, le rendant quasi invisible aux regards des conducteurs depuis la route principale.

Avant de quitter le 4*4, ils ont chacun passé une combinaison sombre, assez épaisse fermée par une fermeture, et placé sur leur tête une casquette noire à petite visière, style militaire.

Chargés de leurs matériels, composés essentiellement d'explosifs de type C-4, de détonateurs avec retardateurs déclenchables à distance, de lunettes infra-rouge sachant qu'ils vont opérer dans le noir, d'un fusil laser et pour chacun d'un pistolet semi-automatique avec trois chargeurs de rechange, mieux vaut prévoir large en cas d'imprévus.

En quelques minutes ils avaient atteins le chantier et rapidement trouver un point d'observation discret, un peu à l'écart, pour espionner le site.

Après avoir déposés leurs bardas derrière des buissons, Wufei et Trowa avaient sortis leurs jumelles et à plat ventre avaient commencé le repérage des lieux.

Le chantier était bien avancé, pas de retard dans les travaux, les murs extérieurs étaient achevés et le toit complètement recouvert de tôles. Ils en étaient à l'étape d'aménagement intérieur et mise en place des chaînes de montage.

Les travaux sans intervention de leur part se seraient terminer à la fin du mois au plus tard, et la production effective une semaine après.

A première vue, pas de mauvaises surprises par rapport aux infos qu'on leur avait fourni: principalement des ouvriers en bâtiment et mécanique et un système de sécurité basique composé d'une clôture grillagée électrifiée de 1m80 de haut, de caméras, et de garde patrouillant en et hors du périmètre du chantier.

Ils étaient restés à couvert jusqu'à la débauche de 17h30, ils avaient pu voire des cars se remplir d'ouvriers encore en tenues de chantier et de quelques ingénieurs en costumes sombres. Les longs véhicules avaient ensuite quittés les lieux par l'unique entrée, fermée par deux grilles métalliques et gardée par un planton en uniforme dans une petite guérite en planches brutes, ouverte aux quatre vents.

Le pilote 01 après quelques pianotages sur son portable s'était connecté au système de vidéo surveillance et avait mis en place une boucle vidéo d'environ 1 minute, plus ils risquaient de se faire repérer, qu'il lancerait au moment de passer le grillage.

Ayant repérer un angle mort dans le balayage des caméras, Wufei sort de son sac deux petits boitiers de la taille d'une grosse boîte d'allumettes.

Ceux sont de mini-accumulateurs munis de fixations sur la partie arrière et de fins câbles électriques terminer par des petites pinces pour les connecter. Aider de Trowa, il les fixe à mi-hauteur de la clôture à environ 80 cm de distance l'une de l'autre, en ayant pris soin auparavant de s'équiper de gants en caoutchouc.

Une fois les deux boitiers en place il les relie l'un à l'autre par leurs câbles créant ainsi une dérivation dans la circulation du courant, et laissant une partie du grillage libre de tout risque d'électrocution.

Après accord du chinois, le pilote du Heavyarms avait sortit une pince coupante et crée rapidement une ouverture suffisamment importante pour leur permettre de passer sans trop se contorsionner.

D'après leurs données, la relève de la garde se faisait à 18h, ils avaient donc profiter de cet intermède ou les hommes sont moins vigilants pour pénétrer dans l'enceinte et prendre position aux endroits prédéterminés lors du briefing.

Couverts par le subterfuge vidéo, Wufei était allé se positionner côté entrée sud, Heero côté entrée nord et Trowa chargé du fusil laser avait pris position en hauteur face à l'entrée principale, à bien 8 mètres du sol sur des palettes de poutres métalliques.

L'ancien mercenaire, sniper émérite, était chargé de faire le guet et deles couvrir en cas de grabuge.

Allongé à même les poutres, invisible pour le planton et les gardes, il avait installé son fusil sur son trépied, et une fois le tout bien stable, placé la lunette à visée infra-rouge qui lui permettrait de toucher n'importe quelles cibles à moins de 100 m avec une précision à 1 mm près.

« Jusqu'à présent tout se déroule suivant les plans » se dit le japonais, positionné dans un renfoncement du bâtiment en regardant le garde passé à une dizaine de mètres de lui.

Nouveau coup d'œil à sa montre et soupir, il détestait patienter, surtout qu'en ce moment il avait tendance à gamberger quand il était inactif.

Et malgré toute la volonté qu'il y mettait, ses pensées le ramenaient trop souvent vers l'un de ses coéquipiers, 02 pour ne pas le citer, et plus particulièrement à son attitude des derniers jours et dans le cas présent à ce qui s'était passé la nuit précédente.

Le bip de sa montre le ramène à la réalité de sa mission, il se donne une claque mentale pour s'être laissé ainsi distraire de son objectif, il va vraiment falloir qu'il remédie à ces égarements impardonnables pour le soldat qu'il est.

L'obscurité est désormais totale, elle est à peine percée par les quelques projecteurs placés aux quatre coins du site, c'était la faille dans leur sécurité, un éclairage insuffisant qui rendait partiellement inefficace les caméras durant la nuit.

Heero presse son oreillette.

- 03, état des lieux ?

- RAS 01, la voix est libre.

- 05, intervention dans 20 secondes.

- OK.

Au moment convenu les deux pilotes pénètrent, les lunettes infra-rouge sur le nez dans le bâtiment, chacun de leurs côtés. Face à eux des chaînes de montage robotisées, ultra modernes, qui une fois en fonction auraient permis de produire des mobils dolls en quantités industrielles.

Sans perdre une minute, ils placent aux points stratégiques, là où il y aura le plus de dégâts, les charges explosives couplées à des détonateurs, dix pour chacun des deux pilotes.

Une fois enclenchées, il ne devrait rester que des gravats des installations.

En moins de 5 minutes tout est en place, les deux jeunes hommes ressortent du chantier et se mettent à couverts.

- Tout est en place, prêt à déguerpir 03, murmure Heero.

- Idem pour moi, répond 05.

- Patience, passage de deux gardes à l'est et d'un autre près de l'entrée, les freine le français.

Trowa, toujours l'œil collé au viseur suit attentivement le passage des gardes puis au bout de quelques secondes reprend la communication.

- La voie est libre, barrez-vous.

- Ré-enclenchement de la boucle dans 10 secondes averti le brun après avoir taper un code d'activation sur son téléphone bidouiller relier directement à son ordinateur. Rendez-vous au point de rencontre dans 12 minutes conclut le pilote 01 avant de couper toutes communications.

Au bip d'avertissement que la vidéo truquée est en place, Heero sort de son recoin et tout en sondant les alentours longe le bâtiment jusqu'à la partie ouest avant de piquer un sprint jusqu'à l'ouverture pratiquée dans la clôture.

Il y arrive sans aucun dommage, il aperçoit au loin Trowa déjà en route, mais au moment où il s'apprête à se faufiler il entend Wufei débarquer sur sa droite, et alors qu'il allait franchir le passage et lui laisser la place, un cri d'alerte retentit du côté de la guérite et deux gardes débarquent dans le dos du chinois armes en mains prêt à faire feux.

- Arrêtez-vous sinon on tire! Hurle l'un des gardes entièrement vêtu de noir.

Aucun des deux asiatiques n'obtempèrent, Heero termine de franchir le grillage alors que lui parvient le son caractéristique de tirs de fusils mitrailleurs; plusieurs balles frappent le sol à tout juste 20 cm de son pied gauche, il se retourne pour voire où en est son coéquipier.

Le jeune homme à la couette est juste de l'autre côté du treillis métallique et est prêt à s'engager par l'ouverture. Apercevant les deux gardes se rapprocher en courant, armes à l'épaule, Heero jure dans sa barbe, Trowa est déjà trop loin pour les aider, il sort donc son semi-automatique et tire dans leur direction à plusieurs reprises pour couvrir Chang.

Wufei le rejoint sans dommage.

Rassuré le nippon d'une pression sur une télécommande accrochée à sa ceinture déclenche les explosifs, créant une déflagration dans le bâtiment suivit immédiatement d'un immense panache formé d'une fumée blanche et épaisse où grésille par intermittences de petites étincelles; des débris de machine et matériaux volent en tout sens.

Une sirène assourdissante donne l'alerte.

Sans s'éterniser, ils se détournent et s'enfuient en courant, des coups de feux retentissent à nouveau dans leur direction, les balles sifflant autour deux.

Une plainte à peine perceptible se fait entendre.

Ils poursuivent en zigzaguant, pour diminuer le risque s'être touché.

Mais la nuit couvre leur fuite, hors du périmètre de l'usine l'obscurité est totale les rendant très peu repérable pour leurs poursuivants.

Moins de 5 minutes plus tard ils retrouvent Trowa près d'un pilonne en béton, avec ce qu'il reste de leurs bardas.

Sans un mot chacun récupère son sac et repart au pas de course, direction leur véhicule, ce n'est qu'une fois à quelques mètres de ce dernier qu'ils ralentissent, ils se savent hors danger. Les gardes sont bien trop occupés à maîtriser l'incendie pour tenter une chasse poursuite aussi loin du site du chantier, en pleine nuit, alors qu'ils ne sont pas équipés pour.

Il se décharge du matériel qui les encombres et ôtent leurs combinaisons devenues inutiles et bien trop chaudes pour être gardées durant le trajet de retour.

- Pas de blessé interroge le français, j'ai entendu plusieurs coups de feux, j'allais faire marche arrière quand je vous ai aperçu au loin.

- RAS répond Chang en ouvrant le coffre de l'automobile.

- Dégâts minimes dit platement le japonais en soulevant son débardeur.

Surpris par les propos de son coéquipier le chinois s'approche pour observer la blessure: une simple éraflure, sans aucun doute due à une balle, marque son flanc droit. Il comprend immédiatement que c'est en s'attardant pour le couvrir que le japonais a récolté cette blessure.

Réactif, il retourne au véhicule, ouvre la porte passager, se penche, ouvre la boîte à gants, farfouille, se redresse et rejoint 01 une petite trousse de secours à la main.

Sur exigences de Quatre, ils emportent toujours avec eux ce petit kit de premières urgences.

- Bouge pas, dit-il anticipant par avance le refus du brun.

En quelques gestes les soins sont administrés: il nettoie, désinfecte puis recouvre d'un large pansement la plaie peu profonde mais légèrement sanguinolente.

Le pilote 05 reçoit un « hn » grognon en guise de remerciement qui provoque chez lui un léger sourire; Heero n'a jamais su comment réagir face aux gestes amicaux.

Trowa ayant terminer de charger leurs bardas est déjà au volant.

- En route!

Il met le contact tandis que Heero prend place à ses côtés et que Wufei s'installe à l'arrière.

Mission réussie avec succès.

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A suivre.

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Merci à ceux qui continuent de me lire et à apprécier, n'hésitez pas à laisser un petit mot.