Titre : Faux Semblants.
Auteur : Lokky (Alia Knight ailleurs.)
Résumé : 5 ans après la mort de Voldemort, une guerre des gangs sévit à Londres. Les Aurors tentent d'endiguer la violence. Pour cela, un seul moyen : infiltrer le gang et le détruire de l'intérieur.
Genre : policier, yaoi (HP DM), homophobe et âme sensible s'abstenir .
Disclaimer : Tous les personnages sont à JKR, merci à elle de me les prêter. Le scénario est de moi (inspiré par Infernals Affairs) mais l'histoire est pour vous mes chéris…
Note : Jamais autant pinaillé pour un chapitre… JAMAIS !
PS : il plus long que tout les autres, ça excuse un peu mon retard, non ? (si on peut appeler ça un retard, à ce stade, je sais plus ce que c'est au juste…)
Petit-rappel-des-choses-bonnes-à-retenir-(vu-que-ça-fait-5-mois-que-j'ai-pas-fait-d'up-date) :
- Bill est le grand méchant, il tue des gens pour se guérir de la lycanthropie.
- Drago est dans son gang mais l'espionne pour le compte des Aurors.
- Harry est son patron, il est chargé d'arrêter Bill avec son équipe : Chef de l'équipe : Kingsley ; Capitaines : Harry et Tonks ; Autres Aurors : Seamus Finnigan, Fleur Delacour, Cornac McLaggen et Alicia Spinnet.
- Drago a appris que Bill avait placé un espion dans l'équipe de Harry, mais ne sait pas de qui il s'agit. Harry cherche donc cet(te) espion(ne).
- Bill a tué une fille pratiquement sous les yeux des Aurors mais s'est échappé au dernier moment. Il a su par la suite qu'il y a eu deux témoins moldues.
- Il envoie Drago et un jeune gangster, Vade, les tuer alors qu'elles étaient cachées à Poudlard.
- A la fin du précédent chapitre, on apprend (vaguement, certes) que Drago était un peu amoureux d'Harry quand il était plus jeune.
- Il est entrain d'un peu retomber amoureux…
Voilà, c'est tout il me semble…
Bonne Lecture !
Chapitre 8 : Retour à l'école.
Voilà une demie heure que Harry était dans ce bistrot, une demie heure qu'il patientait et plus d'une heure qu'il se demandait ce que Malefoy pouvait avoir à lui dire. L'Auror se remémora la conversation de la veille, son espion avait l'air totalement paumé, voir même paniqué. Et tout cela excitait sa curiosité.
Alors voilà pourquoi il attendait avec une patience inhabituelle depuis plus d'une demie heure en sirotant son quatrième café de la matinée…
Harry refusait de s'inquiéter pour Malefoy, après tout il était adulte, majeur et vacciné, et pouvait très bien être en retard sans pour autant être mort dans d'atroces souffrances… N'est-ce pas ?
D'un autre côté, Malefoy n'était jamais en retard. Et Harry était même surpris qu'il ne l'ai pas devancé en se rendant au café en avance. Mais bon… Concours de circonstances, voilà tout, se dit l'Auror en aspirant bruyamment une longue gorgée de sa boisson, maintenant froide, mais qu'importe, il ne s'en était même pas rendu compte, trop occupé à imaginer son espion-enlevé-torturé-assassiné-dans-d'horribles-souffrances.
Malefoy a très bien pu perdre sa ponctualité en vieillissant. Et, quoi ! Il était maintenant un voyou, un délinquant ! Une plaie pour la société puritaine d'Angleterre, son statut réglo d'espion n'y changeait rien. Pouvait-on demander à une telle personne d'être à l'heure ?
Certainement pas.
Mais bon, ce vaurien en était déjà un pendant sa scolarité. Et il était toujours à l'heure à Poudlard… Harry hésita donc pour sa conclusion. Devait-il, ou non, s'inquiéter pour sa Némésis, son pire ennemi, le gamin, non ! l'homme, qui a toujours voulu faire de sa vie un enfer, celui qui lui a pourri ses plus belles années ? Pour ce sale type qui, quoi qu'on en dise, était toujours à l'heure ?
Sauf aujourd'hui… Alors qu'il avait quelque chose d'important à lui dire.
Harry décida donc de ne pas s'inquiéter tout en s'inquiétant mais en niant s'inquiéter.
Voilà, il se sentait bien mieux, après tout pourquoi s'en faire ? C'était une question qui ne lui serait même pas venu à l'esprit s'il n'avait pas vu hier un air terrifié de petit garçon sur le visage de son espion, s'il n'était pas persuadé d'avoir vu des traces de larmes sur ses joues ou bien si…
« Potter. »
Putain de Bordel de Merde, il venait de renverser le fond de sa tasse de café sur ses genoux !
« Malefoy ! On a pas idée d'approcher les gens sans faire de bruit ou prévenir ! »
Le blond se contenta d'hausser un sourcil et lui répondit, l'air un peu surpris.
« Je suis rentré dans ce café, j'ai dit bonjour au patron, il m'a dit qu'il faisait un temps de chien, je lui ai répondu que j'étais bien d'accord avec lui tout en claquant la porte, il m'a demandé ce que je voulais boire, j'ai répondu que je voulais un café, puis j'ai marché jusqu'à cette table, j'ai déposé ma veste sur le dossier de la chaise, j'ai agité la main devant tes yeux, puis, devant ton absence totale de réaction, j'ai juste dit 'Potter'… »
Harry ouvrit la bouche, la referma, la rouvrit, puis préféra contempler la tache sur ses genoux, ses pensées n'allant pas plus loin que la simple constatation que son café était froid.
« Désolé pour la tache » reprit Malefoy « Je ne sais vraiment pas à quoi tu pensais mais ça avait l'air d'être important. »
« Hum ? Ah ! Euh, non non, c'est rien, c'est de ma faute. »
Harry sortit discrètement sa baguette de sa poche, pour qu'aucun moldu ne la voit, fit disparaître la tache fort mal placée puis décida de se remettre les yeux en face des trous.
« Bon, comment ça ce fait que tu soit si en retard !? »Demanda-t-il avec un calme qu'il ne ressentait pas encore vraiment.
Malefoy jeta un coup d'œil à son bracelet montre.
« Désolé, panne d'oreiller, c'est nul mais c'est vrai, de toute façon, c'est pas bien grave pour cinq minutes, si ? »
OoOoOoOoOoOoO
Drago avait mal, très mal dormi. Il s'était tourné et retourné des heures avant de trouver le sommeil, cherchant dans tout les recoins de son oreiller les doux bras de Morphée. A chaque fois qu'il baissait ses paupières, ce n'était que pour voir les visages grimaçants de deux jeunes filles.
Finallement, il ne cherchait pas le sommeil. Il le fuyait comme la peste, les yeux grands ouverts dans le noir.
Mais apparemment c'était le sommeil qui l'avait trouvé au alentours de cinq heures du matin, jusqu'à sept heures et demi.
...
Et merde !
Il s'était levé en trombe de son lit, avalé un café préparé la veille tout en mettant sa chaussure gauche et sortit de son appartement en courant sans prendre le temps de fermer la porte. De toute façon, ça n'avait aucune importance, les voisins le craignaient bien trop pour oser ne serait-ce que poser un orteil chez lui.
Il se retint de courir une fois dans la rue, mais l'envie l'en démangeait. Il se força à adopter un pas energique mais passe-partout.
Bon sang, ce qu'il pouvait detester être en retard ! Il espérait même que Potter soit en retard, histoire de pouvoir se poser cinq minutes.
Drago sortit du Londres sorcier dans un temps record mais du ronger son frein dans le metro moldu. Avec un balai, il serait déjà arvivé ! Puis il detestait ce transport au moins autant qu'il detestait être en retard. Comment les moldus ont-ils eu l'idée de s'enfermer dans des boites de métal souterraines qui filaient à toute allure sous les rues de Londres ?
Arret 17. Le sien. Il remonta à la surface avec soulagement et se rendit au café prévu pour le rdv plus sereinement. Il n'avait que cinq minutes de retard et c'était un exploit.
Il entra dans le petit bar, décida d'être poli et dit bonjour au patron. Après tout il y avait un Auror dans la salle...
« Bonjour jeune homme ! Sale temps hein ! »
Drago, tout à sa course, n'avait même pas levé la tête vers le ciel de la matinée.
« Euh, oui. C'est vraiment triste d'être anglais ! »
Il faut que j'arrête de dire des conneries…
« Vous désirez quelque chose ? »
Le blond parcouru la petite salle du regard et le vit enfin. Potter était assis dans un coin de la pièce et tournait sa cuiller dans sa tasse avec un geste tellement régulier qu'il en était irritant.
« Un café. A la table du monsieur, là. »
« Je vous apporte ça tout de suite. »
Drago le remercia d'un signe de tête et alla s'asseoir. Il s'apprêtait à dire quelque chose quand il remarque que le brun ne l'avait toujours pas vu… Il soupira, agita puérilement la main devant le visage totalement fermé de l'Auror, mais celui-ci ne daigna même pas bouger un cil.
Et voilà qu'il lui faisait la gueule… Mais quand donc Potter apprendrait-il à grandir ?
« Potter ?… »
Quand l'interpellé renversa avec fracas sa tasse de café, Drago comprit qu'il ne l'avait VRAIMENT pas vu. Comment pouvait-on être absorbé à ce point ?
A sa vision, le brun sembla être un peu énervé, même s'il voulait le cacher. L'espion décida donc de tout faire pour ne plus casser de tasses aujourd'hui et expliqua sans mentir qu'il avait eu une panne d'oreiller tout ce qu'il y avait de plus banale…
« Il fallait prévenir… » Grommela Potter.
« Ah oui et comment ? Tu as un portable peut-être ?! » Ironisa Drago, qui sortit ostensiblement le sien, un dernier modèle dont il était très fier (enfin surtout fier d'avoir réussi à en comprendre l'utilisation en moins de trois jours).
« Ouais. »
Ce simple mot coupa lui coupa le sifflet quelques secondes tant il était inattendu, puis il se reprit. Après tout Potter avait été élevé par des moldus. Ce monde ne lui était pas étranger comme il l'était à ses yeux il y avait quelques années de cela.
« J'en ai un pour quand je dois contacter la police ou le premier ministre, on a pas toujours une cheminée sous la main, puis sa choque moins dans les rues de Londres qu'un hibou. Prends mon numéro, si ça peut éviter ce genre de problèmes, on sait jamais… »
Drago hocha mécaniquement la tête et commença à entrer le numéro de son patron dans la machine en évitant de rougir comme une midinette. Il ne savait même pas pourquoi mais il se sentait terriblement ridicule.
« Je te donne le mien ? » réussit-il à dire sans bégayer ni changer de couleur, Merlin bénisse le stoïcisme des Malefoy.
« Pas la peine, fais-moi biper. »
« … Hein ?! » Biper ? Comment peut-on biper Potter ?
« Laisse tomber, donne. » Sourit le survivant
Il prit le portable d'autorité, et manœuvra pour s'appeler lui même, sous le regard intéressé de Drago qui apprit que 'biper' c'était appeler quelqu'un sans attendre de réponse, un truc stupide en fait…. Potter entra le numéro et, de toute évidence, décida qu'il était plus que temps d'entrer dans le vif du sujet.
« Alors ? Qu'est-ce qu'il se passe ? »
« Je suis dans la merde… »
« Ah… » Potter se pencha en avant sur la table. « Si tu pouvais m'en dire plus… J'ai pas tout compris ce que tu m'a dit hier. C'est donc sérieux ? »
« Très. »
OoOoOoOoOoOoO
Harry observa un peu plus son vis-à-vis qu'il ne l'avait fait au premier abord. Malefoy avait les yeux cernés et une mine de papier mâché. L'excuse de la panne de réveil était la plus vieille du monde mais en voyant la tête de l'espion, on ne pouvait en concevoir d'autre.
Il avait également le regard sans cesse en mouvement. Il contrôlait tout. Est-ce que le barman nous regarde ? Qui passe dans la rue ? M'a-t-on remarqué ? L'a-t-on reconnu ?
Des questions qui passaient en boucle et transparaissaient dans ses yeux.
Harry soupira interieurement. Au final, Malefoy était plus professionnel que lui. Voilà qui donnait à réfléchir.
« Très sérieux… Ok. Mais encore ? »
Coup d'œil à gauche, droite, de nouveau gauche, et seulement il se lance. A contre cœur, comme s'il mettait un pied dans la tombe. Harry retint un frisson.
« Avant que je te dise quoi que ce soit, il faut que tu sois le plus discret possible. Si la taupe apprend ce que j'ai fait hier, je suis mort, plus personne ne pourra me sauver. Tu devrais, ou bien tu as déjà reçu des nouvelles de Poudlard. Il faut que ce courrier reste strictement confidentiel. N'en parle à personne au ministère ! »
« Je ne peux pas faire ça. Il faudra au moins que j'en parle au Commandent, ou à Tonks. »
« Non. N'exclu personne ! Pas même les plus hauts placés, ça peut être n'importe qui… »
« Quand même… Tu ne vas pas soupçonner le Commandent ou un Capitaine… »
Malefoy parut exaspérer et leva les yeux au ciel.
« JE suis un des hommes de confiance de Bill. Je fais parti de ses lieutenants ! Et je suis un espion quand même… »
Harry ne put rien répondre à cette logique implacable et laissa tomber le sujet. A Malefoy de rester en vie et de trouver des indices, à lui de résoudre l'énigme de l'infiltré.
« C'est une question d'éthique. » Reprit Harry plus faiblement. « C'est pas comme si j'avais le choix. Tu sais, je suis CERTAIN que ni Tonks, ni Shalkbolt ne sont pas des espions… »
Malefoy grogna sourdement, soumis à un choix difficile
« Est-ce que… Enfin… Tu ne pourrais pas juste… Faire traîner cette information ? Ou la modifier ? »
Harry le regarda longuement. Ca ne lui plaisait pas de cacher une information dont il ignorait tout. Sans y penser, il passa la main contre sa poche de poitrine, là où il avait mis le courrier du matin. Il y avait bel et bien une lettre de Poudlard, il l'avait repérée. Que contenait-elle ?
« Ecoute Malefoy. J'ai une lettre que Poudlard m'a envoyée ce matin même sur moi. Alors voilà le deal. Je lis cette lettre, et je te dirai ensuite si j'accepte de cacher tout ça. »
Malefoy sembla se ratatiner sur sa chaise. Il finit son café d'un coup et Harry eut l'impression qu'il regrettait de ne rien avoir commandé de plus fort.
« J'aurais préféré que tu dises oui avant… » Grimaça-t-il. « Et puis, il ne s'agit pas de tout cacher… Au contraire. Juste… Réarranger l'histoire de façon à ce qu'elle plaise à ceux qui doivent l'entendre. »
Il semblait si mal qu'il finit par toucher Harry, qui ne put s'empêcher malgré tout de se demander qui étaient 'ceux qui doivent l'entendre'. Bill, ou les Aurors ?
« Malefoy, quoi que tu ais fait, je… Le ministère pourra te couvrir. N'importe quand tu peux quitter le gang, et on te protègera le temps que cette affaire se termine. »
L'espion eut un rire jaune mais ne dit rien. Ses yeux seuls parlaient pour lui. Un coup à gauche, droite, gauche, dans le miroir derrière Harry, puis enfin à droite, et la perspective de passer sa vie à faire ça. Surveiller ses arrières. Se sentir traqué.
Il finit par secouer la tête.
« Non. Je resterai jusqu'à ce que Bill tombe. Enfin… Lui ou moi. » Finit-il avec une pointe défaitisme.
Harry était de plus en plus gêné. Comme s'il se sentait responsable de tout ça. De ce désespoir qu'il voyait en face de lui.
« Je… Hem… Enfin… Merci. »
«Te fatigues pas Potter, et lis cette putain de lettre, qu'on en finisse. »
Et l'Auror finit par obtempérer.
OoOoOoOoOoOoO
Harry arriva avec un pop sonore à Pré-au-Lard. La légère nausée du au transplanage s'effaça bien vite et il prit d'un pas énergique le chemin de Poudlard. Marcher lui ferait du bien, il avait trop de choses à penser.
Dans sa poche, son poing serrait un parchemin écrit de la main même de la directrice MacGonnagall, et co-signée par son adjointe, Hermione. Une lettre affolante. Des élèves agressés, Poudlard pénétré, et les témoins…
Les témoins !
Harry s'arrêta net. Ce crime contre les témoins était affreux en lui même, mais en plus cela signifiait juste que Bill connaissait leur existence. Il était au courant !
Le brun avait envie de se donner des claques de ne pas avoir saisi ce fait immédiatement. Si Bill savait qu'il y avait eu des témoins, ça voulait dire que l'indic qu'il cherchait n'était pas dans les affaires étrangères, mais bel et bien dans son équipe. Sa propre équipe !
Harry était sonné, sur le point de tomber assis dans la neige, les jambes fauchées par ce terrible constat.
Encore tremblant, il repris sa route rempli d'une détermination nouvelle. Tout au long du chemin, les mêmes phrases tournaient en boucle dans sa tête.
Bill était plus dangereux que prévu, plus une seule trace d'Humanité chez lui, car les témoins n'était dangereuses que si on l'attrapait et pourtant…
Malefoy était également bien plus dangereux qu'il ne le pensait. Faire ce qu'il avait fait, tout ça pour ne pas bousiller sa couverture… Harry retint un énième frisson...
L'espion était dans son équipe. Alicia, Fleur, Seamus ou Cornac. Une image de Drago fronçant les sourcils apparut dans sa tête. Oui, d'accord, Tonks ou Kingsley aussi…
Harry serra la lettre de McGonagall dans sa poche. Dans quelques minutes, il serait à Poudlard, certains de ses problèmes au moins seront mis au clair.
Ces prédictions furent exactes quand, environ cinq minutes plus tard, il se faisait accueillir par la directrice dans le hall d'entrée de l'école.
« Capitaine Potter, merci d'avoir fait aussi vite. » Le salua-t-elle.
« C'est normal, votre lettre était alarmante. Puis-je voir les lieux ? »
« Bien sûr, suivez moi. »
Dans un tourbillon de jupons écossais, la vieille dame fit volte face et mena Harry dans les cachots de Poudlard. Arrivé au quatrième sous-sol, ils longèrent un couloir pour se rendre dans une petite chambre. Hermione s'y trouvait déjà.
Elle se leva dès qu'elle vit Harry mais ne lui souhaita pas un bonjour chaleureux comme à son habitude, gardant un air grave.
« Tu as fait vite… »
« Je sais. » Répondit l'Auror laconiquement avant de reprendre « Alors ? Comment est-ce que ça c'est passé ? »
Hermione gagna en quelques pas le mur de la pièce dans le dos d'Harry et lui désigna les deux impacts qui avaient creusé la pierre épaisse.
« On les a lancé ici et ici. Des sorts puissants, peut être bien des Avada Kedavra, sûrement même… Elles l'ont échappé belle. »
OoOoOoOoOoOoO
« J'ai lancé des doloris jusqu'à ce qu'elles s'évanouissent toutes les deux, puis j'ai jeté deux Avada Ke… » Commença Drago.
« Tu… Tu… Des AVADA ? » Cria Harry. « Je suis la seule personne qui y a jamais survécu, comment… Comment peux-tu imaginer qu'elles le peuvent ?! Tu n'es pas qu'un assassin, tu es aussi totalement fou ! Je devrais t'arrêter ! D'ailleurs… »
« Sur le mur. J'ai lancé deux Avada Kedavra sur le mur, bien au dessus de leur tête. Vade était hors de la pièce mais a tout entendu. Il a m'a entendu lancer les deux sorts, et quand j'ai ouvert la porte, les filles étaient par terre, apparemment mortes. »
OoOoOoOoOoOoO
« Du travail de pro. » Commenta Harry, les paroles prononcées plus tôt dans la matinée lui revenant.
« Mais dans quel but ? » Demanda Hermione à brûle-pourpoint « Pourquoi simuler la mort ? Bill n'y a aucun intérêt… Pourquoi les torturer et ne pas les tuer ? C'est illogique ! »
Harry regarda Hermione avec attention. Que pouvait-il lui dire ?
« Tu as un endroit plus calme, qu'on puisse discuter ? »
OoOoOoOoOoOoO
La directrice des Gryffondors mena l'Auror dans son bureau. Harry ressentit un léger pincement au coeur en reconnaissant l'ancien bureau de McGonagall. Il bloqua ses souvenirs du passé poiur se recentrer sur l'instant présent.
« Harry… Tout va bien ? Tu as l'air… Ailleurs. »
« Hum ? Ca doit être le choc de ce qu'il vient de se passer… »
« Oui sûrement… »
Mais Hermione n'était pas dupe. Son ami avait l'air préoccupé, plongé dans de sombres pensées qui ne collaient pas à l'instant présent. Elle décida qu'elle essayerait de lui tirer les vers du nez au fil de la conversation…
« Alors ? Qu'est-ce qu'il se passe au juste ? » Entama-t-elle.
« Bill veut la mort des témoins. »
« Moui, ça j'avais deviné… Ce que je ne comprend pas, c'est pourquoi elles ne sont pas mortes… »
« Sans le savoir, il a confié cette délicate mission à mon espion. »
Hermione se renversa dans son siège. Elle commençait à comprendre.
« Et il a fait en sorte qu'elles ne soient pas mortes… Mais dans ce cas, c'est la torture qui cloche ! »
« Il n'était pas seul. Un autre gangster était avec lui, un vrai. L'espion a du… Jouer la comédie. Faire en sorte qu'elles aient l'air bel et bien mortes pendant que l'autre écoutait à la porte. »
« Et bien… Il lui a fallu une bonne dose de cran, ou de sadisme, pour réussir ça… Bill y a cru ? Ca a marché ? »
« Pour l'instant oui. Quand au cran, je pense qu'il en a à revendre. »
OoO« Ok… Bon, cette mission consistait en… ? »
« Tuer les témoins. Toutes les deux. Sans traces. »
L'Auror en resta bouche bée. Bill avait commandité un double meurtre. Impossible. Harry lui même ignorait où avait été cachée les filles.
« Et… Et tu l'as… Enfin, tu ne l'as quand même pas fait ?! »
« Si. Presque. »OoO
Harry secoua la tête, pas la peine de penser à ça maintenant. Hermione remarque son trouble mais ne dit rien. Enfin, pas à ce sujet.
« Je suppose que nous avons donc plutôt intérêt à cacher encore mieux nos deux cadavres ambulants. Et faire paraître une annonce dans un journal… Sorcier ou moldu, peu importe. »
« Effectivement, il faut que tout le monde pense que Mal… que l'espion ai fait son travail. »
Harry manque de se mordre les lèvres. Le nom de Malefoy avait failli lui échapper. Il espéra de tout cœur que son amie n'avait rien entendu mais à son air surpris, il compris qu'il n'en était rien.
« Mal… ? Harry, ton espion… Ce n'est quand même pas Malefoy ?! »
Merde.
L'Auror, mortifié par sa bourde décida de se la fermer une bonne fois pour toute.
Les yeux d'Hermione se plissèrent, et Harry sut qu'elle se retenait de sourire.
« Ton silence est bien bavard... Alors comme ça Malefoy est un espion... Encore. »
Harry grogna.
« Tout le monde était donc au courant sauf moi ? »
« A peu près… Minerva avait supposé que tu refuserais d'écouter des informations venant de ton pire ennemi, que tu pensais mangemort! »
Elle avait levé les yeux au plafond et pris une voix moqueuse en prononçant certains mots.
Pour changer, Harry préféra ne rien répondre…
« Tu vois, j'ai raison. »
… Avant de se rappeler que ce n'était pas la tactique idéale face à quelqu'un aussi perspicace qu'Hermione.
« Alors, comment se passe cette collaboration ? il était plutôt efficace du temps de l'Ordre, mais avec toi, ça doit être plus… électrique. »
« Ca va… Enfin, il m'a collé un crochet du droit lors de notre premier rendez-vous, depuis ça va mieux…Il fait du très bon travail. Je ne suis d'ailleurs pas loin de penser qu'il fait un métier plus difficile que le mien, finalement… Il… »
Il se tut un instant, perdu dans ses pensées.
« Enfin bref. Je préfère ne pas trop en parler. Je ne suis pas censé dire à qui que ce soit les noms de mes espions, ni rien d'autre. Tu comprends ? »
« Oui oui, bien sûr. Rassure-toi, je serais aussi muette qu'une tombe. Tu peux me faire confiance. »
Il y eu un blanc dans la conversation, Hermione en profita pour ranger une pile de parchemins qui étaient déjà dans un ordre impeccable, avant de reprendre, un micro sourire aux lèvres.
« Bon… Comment vont les amours ? »
« Hermione ! » Gémit Harry. « Je croirais entendre la mère que je n'ai jamais eu ! Le calme plat, comme d'habitude. »
« Oh. » fit-elle, déçue. « Sûr ? »
« Evidemment, je suis le premier au courant, non ? »
« Oui. Mais c'est juste que cette inquiétude… Je me demandais s'il n'y avait pas de filles la-dessous… »
« Aucune fille… »
« Ou de garçons alors. »
Harry passa d'une teinte normale à un rouge plus soutenu. Il ouvrit la bouche comme un poisson bulle avant de bégayer, indigné :
« Hermione ! Enfin… »
Cette fois-ci son amie sourit franchement.
« Ha ! J'en étais sûre ! »
« Que… Quoi ?! De quoi ?! »
« Enfin, Harry, ça me paraît évident ! Toute tes aventures féminines se sont terminées par un fiasco ! Avec Ron, on a supposé que… »
« Hola ! Attends une minute ! Tu discutes de ma vie sexuelle avec Ron ?! »
« De ton absence de vie sexuelle plutôt… »
« Oui, bon ça va ! Je suis très pris par mon travail, pas le temps de sortir… » Se justifia-t-il « Et je ne suis pas gay ! » Ajouta-t-il après coup.
Hermione eut un petit rire.
« A d'autre ! Les femmes sentent ce genre de chose. Allez Harry, à moi, tu peux le dire. »
Il se mura dans un silence boudeur.
« Hum, il y a de charmants mâles parmi les Aurors » Le taquina-t-elle. « Seamus est célibataire, non ? »
Harry leva les yeux au ciel, amusé malgré lui, mais ne répondit toujours rien.
« Un grand irlandais roux au yeux bleus… Ca ne te tente pas ? »
Harry soutint son regard, tentant de garder son sérieux, et entra dans son jeu.
« Après des années aux côtés de Ron, je suis vacciné des rouquins, et Cho m'a dégoutté des brunes. Je les préfère blondes. »
« Dis-moi Harry, tu ne fréquenterais pas une blonde en ce moment même ? Une blonde siiii courageuse, avec qui tu as eu un rendez-vous, hum, mouvementé… »
Le brun fronça les sourcils, il ne voyait pas où Hermione voulait en…
Bordel… Malefoy.
« Avec Malefoy !? Tu es complètement folle !! Où tu as été chercher ça ? Vraiment… »
« Je n'ai rien cherché du tout ! Tu as trouvé tout seul comme un grand. »
« Mais enfin, je le DETESTE ! »
Hermione haussa un sourcil surpris.
« Oui, bon, plus tant que ça maintenant, ok. Mais bon, c'est pas parce que je le déteste un tout petit peu moins que je… flash, ou je ne sais quoi, sur lui ! »
« Ose nier que depuis le début tu te fais du soucis pour lui ! »
« Je ne vous pas du tout ce qui peut te faire dire ça… »
« Tout simplement parce que ça aurait été autre chose, ou quelqu'un d'autre, tu m'en aurais parlé ! »
Harry chercha la répartie parfaite à cette affirmation insultante. Puis chercha un peu plus. Puis encore, avant d'admettre qu'il n'y avait rien à rétorquer. Rien à nier.
« Ok ! D'accord… Je m'inquiète pour lui. Mais c'est pour des raisons professionnelles ! C'est mon boulot ! Il est précieux. Il est le seul à avoir tenu dans ce putain de milieu hostile. Il peut être découvert à tout moment… Il… C'est dangereux ce qu'il fait pour le ministère. Pour nous. »
« Pour toi. » Ajouta Hermione, mine de rien.
Harry secoua la tête.
« Non, il m'a bien fait comprendre qu'il ne me considérait pas comme son supérieur, je suis juste son contact. Il me méprise toujours, je pense. »
La jeune femme posa sa tête sur ses mains jointes et observa plus attentivement son meilleur ami. Il semblait amer. Elle pouvait presque voir tout ses doutes, toutes ses questions tourbillonner derrière ses yeux verts. Il s'était totalement fermé à elle à cet instant, il était plongé ailleurs, vers d'autres endroits, d'autres personnes.
« Harry ? »
« Hn ? »
« Et toi ? Tu le méprises encore ? »
« Quelle importance ? Je n'ai pas de sentim… d'impressions à avoir. Je suis son patron. »
« J'aimerais justement savoir quels sont tes sentiments. »
Harry la regarda un moment sans rien dire. Hermione crut qu'elle était allé trop loin et qu'il ne répondrait pas quand il parla enfin.
« Non, je ne le méprise plus. Il a changé depuis le collège. En apparence, c'est toujours le même, mais plus pour les mêmes raisons. Il est toujours aussi dédaigneux, parfois insultant, cynique et violent, mais je pense que maintenant il s'agit plus pour lui de se défendre contre son monde, Bill, le gang, tout ça. Il ne le fait plus par pur malveillance. Puis, il se laisse plus aller. Parfois je crois voir le gars qu'il aurait pu être si… enfin, si sa vie avait été plus calme. »
Harry fit une pause.
« Je crois bien que j'aurais apprécié ce gars-là. »
OoOoOoOoOoOoO
« Au revoir Hermione. J'ai eu beaucoup de plaisir à te revoir. »
« Plaisir partagé ! Repasse à la maison de temps en temps. N'hésite pas ! »
« Bien sûr, j'y penserai. A plus tard alors. »
Après ces adieux, il franchit enfin le portail de Poudlard, et marcha d'un pas vif jusqu'à Pré-au-Lard. Une fois arrivé, il transplana à Londres, directement au ministère.
Il entra dans son bureau et s'attabla pour écrire le rapport de l'entretien avec Hermione. Une fois que ce fut fait, il enchanta le parchemin pour que lui seul puisse le lire et le rangea dans son dossier.
Il fit quelques pas pour retourner à son bureau puis se ravisa. Il préféra reprendre le papier qu'il venait de mettre à sa place pour continuer à réfléchir dessus. Il n'en avait pas réellement besoin, mais il trouvait toujours plus facile d'avoir un support pour travailler.
D'un coup de baguette, il convoqua un sandwich et se prépara mentalement à une longue après midi à spéculer.
Quelques heures plus tard, on frappa à la porte.
« Hum ? »
« Harry ? C'est moi. Est-ce que tu… Waoh ! C'est quoi ce bordel !? »
Tonks contemplait le désordre présent dans la pièce avec un air surpris.
Partout par terre étaient posés en tas des dossiers, des feuilles de notes, des rapports et des photos. Ils étaient éparpillés de façon à ce que Harry puisse voir d'un simple coup d'œil les idées générales et les connexions entre les différentes piles.
« Ah euh oui. Désolé, mais c'est comme ça que je travaille le mieux. Qu'est-ce qu'il y a ? »
Le regard de sa collègue se détacha avec difficulté d'un rapport de la morgue signé par Ginny.
« Hein ? Euh… Je sais plus. »
« Tu ne sais plus ? »
« Ouais, c'est bête, non ? Dès que j'ai vu tout ce bazar ça m'est totalement sorti de la tête. »
Elle regarda à nouveau le sol de la pièce.
« Alors ? » Demanda-t-elle « Des conclusions ? »
« Non… Mais un constat assez simple. »
« Qui est…. ? »
« Où sont les autres ? »
« Les autres quoi ? » S'étonna Tonks, qui ne suivait pas le raisonnement d'Harry.
« Les autres victimes. Tu es d'accord sur le fait qu'Audrey Soria n'était pas la première ? »
« Et bien, c'est une supposition. Mais oui, je pense qu'il y en eu d'autre. Hélas. »
Harry leva les bras au plafond, signe d'exaspération.
« Alors où sont-ils ? Pourquoi n'a-t-on pas d'avis de disparition ? C'est pas normal ! »
« Apparemment Bill choisit des victimes solitaires. A part son patron au bar, Audrey ne voyait personne. »
« Alors où sont les cadavres ?! Il ne les mange quand même pas ! »
Tonks grimaça à cette idée répugnante.
« Il doit se débrouiller pour faire disparaître les corps. Je ne veux pas te contredire, mais cette pratique n'a rien d'exceptionnelle. Elle est même plutôt simple quand on est sorcier.»
« Ouais, ouais, je sais bien. Mais je trouve ça étrange quand même. Pour ses autres crimes, vols, intimidations et j'en passe, il n'a pas fait preuve de discrétion. Alors je me disais qu'on aurait du trouver des cadavres, des traces, mais pas ce vide absolu. »
« … Puis on ne peut pas faire disparaître un corps de la taille d'un homme si facilement à Londres ! » Ajouta-t-il.
Tonks haussa des épaules. Elle était plus ou moins d'accord avec lui mais ne trouvait rien à dire pour l'aider. Elle préféra laisse vagabonder ses pensées, passant d'une idée à une autre, sans cherche à les retenir, jusqu'à ce qu'elle trouve, ou non, quelque chose d'intéressant.
Le silence s'installa, pesant comme une chape de plomb sur leurs épaules.
« Ha ! »
« Quoi ? Tu as trouvé un indice ? » Espéra Harry.
« Non ! Je viens juste de me rappeler pourquoi je suis venue te voir ! »
« Oh… Alors ? »
« Enfin, Harry ! Il est très tard ! Tu ne veux pas rentrer ? »
Surpris, il baissa les yeux vers son bracelet montre. 22h17. Effectivement, il avait fait des heures supplémentaires…
« Tu as raison. Je vais rentrer, de toute façon, je n'arrive à rien… »
« Viens boire un verre à la maison, ça te fera du bien de te détendre un peu… »
Harry sourit devant la gentillesse de sa collègue.
« C'est hors de question, c'est toujours toi qui invite ! Toi, tu n'as qu'à venir. Enfin, si tu veux bien… »
« Bien sûr ! Avec grand plaisir. Bon, on y va ? »
OoOoOoOoOoOoO
Drago était posté dans l'ombre et mourait d'envie de partir ? Quelle idée ! N'importe quoi. Il n'avait rien à faire ici. Enfin d'un côté...
Parce que de l'autre, il devait probablement être ici et pas ailleurs. Il avait également un peu envie d'être là où il était. Et peur aussi...
Il se faisait violence pour ne pas faire les cent pas devant la porte de l'appartement d'Harry Potter.
C'était trop dangereux d'être à la lumière, alors il restait dans l'ombre de la cage d'escalier, prêt à transplaner à la moindre alerte.
Drago attendait depuis environ un quart d'heure. Il se demandait ce que pouvait bien faire Potter. Impossible de le joindre dans son bureau et hors de question d'utiliser son téléphone portable, il ne l'avait pas encore ensorcelé de façon à ce qu'il soit sûr...
L'espion espérait que son chef n'avait pas eu la brillante idée de découcher... Si ça trouve il dormait chez sa petite amie.
Cette pensée frappa Drago de plein fouet.
Ben merde alors... Si ça se trouve Potter a une petite amie...
Ridicule, ce n'était absolument pas le moment d'y penser. Quelqu'un venait !
Il se cacha un peu mieux dans l'ombre du palier et tendit l'oreille. En fait il y avait deux personnes. Drago croisa les doigts dans le noir pour que se ne soit pas Potter et son hypothétique petite amie...
« Alors je lui ai dit… »
« Tonks… tu m'as raconté cette histoire une bonne dizaine de fois. Je te jure »
« Mais non pas celle-là, tu confonds. Dans cette histoire là, je lui ai dit… »
« …Tu lui as dit d'aller se faire mettre avec son balai de course et surtout qu'il t'appelle à ce moment là pour que tu puisse regarder… »
« … »
« C'est pas ça ? »
« Si… »
Au son des deux voix, Drago décroisa les doigts. Merlin tout puissant, merci, il est avec Tonks…
Il sortit doucement de son recoin alors que les deux Aurors arrivaient au bon étage.
« Bonsoir Nymphadora. »
Le temps d'un battement de cils, il se retrouva avec deux baguettes aux extrémités incandescentes posées sur la poitrine.
« Charmant accueil… »
« Malefoy ! Qu'est-ce que tu fais là ? Comment as-tu eu mon adresse ? »
Drago sauta intentionnellement la deuxième question de Potter.
« Dans le stress de ce matin, j'ai totalement oublié de te dire un truc… »
« Quel t… »
« BON, je sens que ça ne me regarde pas, alors je vais vous laisser entre… euh… entre hommes ! »
« Enfin, Tonks, pourquoi ça te regarderais pas ? » S'étonna Harry, qui ne comprenait rien au comportement soudain de sa collègue.
« Mais enfin… C'est évident, vous avez des tas de choses à vous dire ! Tu me raconteras, hein ?! » Ajouta-t-elle avec un clin d'œil entendu.
Harry comprenait de moins en moins. Il jeta un coup d'œil à Drago, qui ne semblait pas en mener plus large.
« Euh… Evidemment que je ferais un compte rendu… Mais… »
« N'insiste pas, c'est gentil, vraiment, mais… hem… j'ai un rendez-vous ! »
« Un rendez-vous ? A une heure pareil ?! »
« Euh… Oui, chez … Le coiffeur ! Salut ! »
Elle disparut si vite qu'on aurait dit un transplanage silencieux.
« Je ne sais pas pour toi… » Commença Harry. « Mais moi, j'ai rien compris… »
« Hn… »
Drago avait quand à lui parfaitement compris les paroles sibyllines de Tonks. Il n'aurait jamais du lui dire pourquoi il avait quitté l'Angleterre pour la France il y avait 7 ans de ça. A l'époque, la jeune femme aux cheveux violets avait deviné un profond trouble chez Drago, et lui avait tiré les vers du nez. Le Serpentard fraîchement diplômé lui avait alors avoué qu'il appréciait trop Potter pour la survie de sa santé mentale. Tonks avait compris et promis de se taire, ce qu'elle avait fait, contre toute attente.
Mais il semblerait qu'elle soit désormais persuadée que Drago était toujours amoureux et comptait faire sa déclaration ce soir même…
Il fallait absolument qu'il ait une discussion avec Tonks, histoire de mettre les choses au point, et de lui extorquer une nouvelle promesse de la fermer une bonne fois pour toutes.
« Tu rentres ? Je ne pense pas qu'il s'agisse d'une conversation à avoir sur un palier… »
Harry ouvrit la porte de son appartement et invita Drago à rentrer en s'effaçant devant lui.
L'espion découvrit un petit trois pièces bien agencé mais où régnait un bordel indescriptible.
« Ah… Désolé, j'aurais su… Enfin bref, essaie d'ignorer le bazar. »
Le blond voyait mal comment il allait pouvoir ignorer quoi que ce soit alors qu'il ne trouvait même pas une surface où s'asseoir. Il resta donc planté au milieu de la pièce tandis que Potter apportait une brassée d'objets hétéroclites dans une pièce adjacente. Il en ferma soigneusement la porte et l'invita à prendre place sur une chaise libre.
« Alors ? Qu'est-ce qu'il se passe ? »
« Il y a un détail qui m'est revenu cet après-midi. Je me suis dit que c'était important, mais tu étais injoignable, alors je suis venu ici. »
« Ah oui… Je coupe la cheminée parfois quand je travaille, sinon, je suis sans cesse déconcentrer. Mais c'est en partie pour cette raison que je t'ai donné mon numéro de portable… »
Drago l'arrêta d'un geste.
« Je ne ferais pas confiance à ces machines tant que je n'aurais pas compris le fonctionnement ou que je saurais de quelles manières les rendre infaillible. Hors de question pour l'instant de faire confiance à ce téléphone… »
« Ok, je prendrai garde au mien aussi, dans ce cas… Sinon, ton info ? »
« Quand Bill sort pour tuer, il prend sur lui un pistolet. Un de ces flingues moldus. »
« Vraiment ?! Mais… Ca n'a pas de sens, il n'en a pas besoin ! »
« Ouais mais j'ai quelques hypothèses… »
Harry dressa aussitôt l'oreille.
« Je t'écoute… »
« Et bien je me disais qu'il faisait peut-être peur aux éventuels témoins. Il traque certaines de ses victimes dans les quartiers moldus de Londres, alors peut-être qu'il s'en sert pour effrayer les passants et être tranquille. »
« Oui ça pourrait tenir si seulement on l'avait vu. Maintenant que tu le dis, un gamin qui était là pendant le meurtre de Soria a dit voir un flingue, mais sans certitudes, et aucun autre riverain n'en a vu ou entendu. Il ne s'en est pas servi pour intimider… »
Drago réfléchit un instant.
« Dans ce cas… Ecoute, tout ce que je sais, c'est que Bill était en rogne contre toi parce que tu l'avais empêché de la 'finir'. »
« C'est faux, elle était déjà morte quand on est arrivé. »
« Il parlait de la flinguer à la fin… » Continua Drago sans se soucier de l'interruption.
Harry fronça les sourcils.
« Quel peut bien être l'intérêt de mettre une balle de revolver dans un cadavre ? »
L'espion haussa les épaules, il n'avait pas de réponses.
Harry se leva et commença à faire les cent pas dans la petite pièce en réfléchissant à voix haute.
« Bon, si on veut avancer, il faut arrêter de… Oui, considérons comme acquis que Bill Weasley tue ses victimes, certes, mais deux fois. Alors quel est le but de la deuxième fois ?… »
« Peut être que… » Entama Drago, mais Harry ne l'écoutait pas.
« Il leur met une balle dans le corps… Pour les propriétés du métal ? Non, c'est stupide, il y a des moyens plus simples et plus discret… Ginny m'a dit que le corps n'était pas entièrement mort, la magie travaillait encore. Bill utilise le pistolet pour les tuer complètement alors ? »
Drago, assit sur sa chaise, ne disait plus rien, mais n'en perdait pas une miette. C'était un véritable ballet, les idées fusaient, étayées par des déductions et réflexions. C'était un exercice que le Serpentard adorait mais qu'il voyait pour la première fois chez un autre.
Il était fasciné. Et Harry, insensible à ce soudain émerveillement ne cessait de développer des hypothèses.
« Mais si il veut la mort complète, pourquoi pas un Avada ? Non, puisqu'il veut la puissance magique des victimes pour servir ses intérêt… Alors les tuer après… Mais si la magie s'est retirée, la mort survint, le pistolet ne sert rien. Il tire réellement dans un cadavre… Merde ! Ca n'a aucun sens ! »
Harry rageait, il tournait en rond !
« Je ne connais rien à ces armes ! Quelles sont leurs propriétés ? Pourquoi cette arme et pas une autre ? Pourquoi pas sa baguette magiques ?! Je connais les baguettes ! Elles sont les seules armes des sorciers. Je ne suis pas un policier moldu, comment savoir… ? »
Drago s'était redressé d'un coup en entendant la dernière phrase.
« Harry ! J'ai compris ! »
L'Auror ne releva pas le fait que l'espion avait utilisé son prénom et ignora la sensation dans son ventre en réponse.
« Quoi ?! Qu'est-ce que tu as compris ?! »
« C'est ce que tu as dit ! A propos de la police ! Les Aurors ne connaissent pas les pistolet car ils ne s'occupent que des crimes magiques, dus à des baguettes. C'est la police qui se charge des crimes par balles ! »
« Et alors… »
« Et alors, Bill utilise ce flingue pour vous échapper ! Grâce à ça, les Aurors n'ont pas de dossier, pas de preuves, il est blanc comme linge ! Et comme il s'agit malgré tout de morts magiques, la police moldue ne peut pas les gérer, les dossiers sont sûrement classés sans suite. »
Harry s'écroula sur une chaise, un air bienheureux sur le visage.
« On va pouvoir le coincer ! Si il a effectivement usé de cette technique pour d'autres meurtres plus anciens, on pourra les retrouver en fouillant chez les policiers ! Enfin je sais pourquoi on ne trouve pas les corps, c'est juste que les moldus s'en occupe avant nous ! »
Harry stoppa un instant son enthousiasme.
« Car il y en a eu d'autres, n'est-ce pas ? Il y a eu d'autres meurtres ? »
« Oui. Entre 8 et 11 je dirais. »
« C'est énorme… »
« C'est pour ça qu'il faut l'arrêter. Tu y étais presque la dernière fois. »
« Merci, c'est gentil. »
« Je me fous de la gentillesse, ce sont juste les faits. »
« Merci quand même. »
Drago n'ajouta rien mais leva les yeux au ciel. Tant de niaiserie gryffondoresque le dépassait.
« Mais ça va être compliqué… » Repris Harry.
« Quoi ? »
« De trouver les dossiers concernant Bill dans les millions de morts par balles… »
« Ah ! J'ai oublié ça aussi ! j'ai de quoi restreindre le champ de recherche. J'y ai passé l'après-midi, mais j'ai enfin trouvé l'endroit où Bill range ses munitions. Après ça, j'ai fait un saut dans une bibliothèque moldue, un vieux manuel de balistique m'a permis de comparer, et j'ai trouvé de quelles balles ils s'agit, et de quelle arme également. »
« Bien joué ! Alors ? »
Drago fouilla dans sa poche et en retira une feuille pliée en quatre. Quelques lignes y étaient inscrites.
« Il utilise des balles Parabellum, calibre 9mm, ça correspond à plusieurs flingues de différentes marques, Beretta, llama, Glock, Sig-Sauer, Luger... Heureusement, à côtés de la boite se trouvait un chargeur vide. A la bibliothèque, j'ai vu qu'il s'agissait de la pièce de rechange d'un Glock 17L, une arme d'origine Autrichienne, réputée pour être très légère et indétectable. »
Harry avait sortit un calepin et notait fébrilement ces nouveaux éléments.
« Glock 17L, balles parabellum calibre 9mm. » Résuma-t-il.
Drago acquiesça.
« Voilà, c'est tout. Il est temps que je m'en aille. »
« Tu t'en vas ? Déjà? Mais... »
« Il est tard Potter, et Bill peut m'appeler à n'importe quelle heure demain, et je veux être en forme. A plus tard. »
Sans laisser à Harry le temps de lui répondre, il sortit de l'appartement, prit garde à ne pas faire de bruit en fermant la porte et tourna le dos sans jeter un coup d'œil en arrière.
Après son départ, Harry se sentit atrocement vide.
OoOoOoOoOoOoO
AAAAAAAAAAAAAAaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaarrrrggggh !
Je crois que ce chapitre m'a tuée ! J'en peux plus, il me sort par les yeux !
Je ne veux plus jamais le relire... (argh (bis) je viens de voir que ce chapitre a fait 2 700 mots de plus que le précédent !)
Après ce retard, désolée mais je ne me risque pas à faire un pronostic pour le prochain chapitre... Vous verez bien !
Mais-je-finirai-cette-fic-promis-juré-craché !
Rendez-vous pour le :
Chapitre 9 : Vive l'informatique... sic.
A plus, ô toi généreux lecteur qui n'oubliera pas la bienfaitrice review !
Respect Robustesse, Avé ! (oui, je craque, mais ne m'en voulez pas, il est 02:07)
