Titre : Temptation.
Auteur : Tiffany VanChester.
Date : 13/06/2011
Disclaimer : Tout est à la propriété exclusive de J.K Rowling, exceptés certains personnages de ma création, comme Lux Potter ou Sarah Guerlishman.
Le coin à Tif :
Eh oui !
Une semaine seulement après le chapitre 7, voici le chapitre 8 ! Et bien plus long que le sept ! Aaah, malgré mon boulot saisonnier, j'ai beaucoup plus de temps pour écrire, et puis, nous entrons en pleine période estivale _ et comme je vis sur la Côte d'Azur, je suis en plein dedans et ce jusqu'en Septembre_ ce qui me met bien en condition pour écrire Temptation ! De plus, j'ai update mon profil si ça intéresse quelqu'un =)
Le titre de ce chapitre est une référence à la chanson des Counting Crows.
Donc voici un chapitre assez long qui marque le retour de James au Manoir. Les doutes de Sirius. Les révélations de Lux. Et qui se termine…hum…en beauté, dirai-je ^^
Je vous remercie donc pour vos nombreuses et gentilles reviews qui m'ont permis de franchir le cap des 200 reviews ! Nous en sommes donc à 202 pour mon plus grand plaisir ! J'espère que ce chapitre-ci saura également susciter votre enthousiasme.
Merci à :
AliceDansLaLune, Audrey, Pattes-en-rond, Zecatwoman95, DracoRPG, Adou, Aragorn, Caliente57, Drottingulove, Caramelise, Moi 3, Sirius08, Takinza, Kiks, Shiriliz, MissEliza, Hliosmiam, Anaelle Roots, Mikebottero2245, Oscar, Maeva, Ero-Chikachu, Kayla-sensei, niammiaou, Miiliie, Elayna Black, Bella660, Mimoo, Anya, Raphou, Marie.
Je réponds individuellement à chaque revieweur qui me laisse son adresse. Pour les reviews anonyme, je vais tenter de faire une réponse générale car ça me fait toujours un peu mal au cœur de ne pas pouvoir leur répondre :
Tout d'abord, merci à vous tous pour vos commentaires, parfois assez longs. Vous êtes nombreux à remarquer une nette différence entre cette version et l'ancienne, ce qui m'a agréablement surprise, car j'ai vraiment l'impression d'avoir progressée grâce à cette remarque répétée, donc merci ! J'ai aussi remarqué que le POV Sirius avait été très populaire, et au vu de ce petit succès, je prévois d'en réintégré un prochainement. Qui sait ? Peut-être le prochain chapitre. La vision que je donne de Sirius plaît, et j'en suis très heureuse, car il arrive que la façon dont il soit manié dans une fic ne fasse pas l'unanimité, donc merci de l'aimer autant !
Enfin, merci à tous les nouveaux lecteurs qui ont la délicatesse de me laisser une review !
Je vous souhaite donc une très bonne lecture & à bientôt !
PS : à la recherche d'un beta-reader si quelqu'un est intéressé.
Chapitre 8-
Accidentally in love
Il avait beau ne pas encore être sept heures, je n'arrivais pas à me rendormir. Pour tout dire, j'étais à peu près certaine d'avoir fait une nuit blanche, somnolant à intervalle régulière. Mon esprit tout entier était accaparé par les derniers évènements. En date de quelques heures. Seulement.
Merlin…
Rien que d'y repenser, je devenais rouge comme une pivoine. C'était la première fois que je ressentais une telle sensation. Mélange d'impatience, de gêne, de désir. Une espèce de confrontation entre mon corps et mon esprit. Et pour la première fois de ma vie, j'avais eu un contact physique totalement…abandonné. Oui, on pouvait dire ça.
J'avais embrassé des garçons dans ma vie, bien sûr. Mais d'une telle façon…jamais. C'était plus lui qui m'avait embrassé, pour commencer. Je m'étais jeté sur ses lèvres, mais c'est lui qui avait empoigné mes cheveux, m'avait collé contre lui, plaqué contre la paroi de la piscine…dingue…pour la première fois, on ne m'avait pas du tout ménagé. Et ça m'avait plus.
Beaucoup même.
Mais il fallait que je déguerpisse de la maison avant son réveil. Je n'arriverais jamais à le regarder dans les yeux.
Oui, mais…
Il fallait que j'en discute. Avec Sarah. Elle avait de l'expérience, et même si j'avais eu du mal à me confier à elle une première fois, je devais me rendre à l'évidence : malgré ses sarcasmes, c'était quelqu'un d'attentif et de compétent en la matière. Ainsi, je rédigeai une lettre en cinq minutes, lui donnant rendez-vous ce midi à la buvette du Ministère. Je pliai la lettre, écrivais en gros « URGENT » dessus au stylo orange, et l'accrochais à la patte d'un de nos hiboux. Il sortit peu de temps avant moi.
-Mais que faîtes-vous donc ici, Potter ? Fit la voix étonnée, limite choquée de Mrs Valmont. Vous ne commencez qu'à 8h30 ! Si vous espérez quitter votre poste plus tôt dans l'après-midi, c'est loupé ! Il ne faut pas exagérer !
-Non, je…balbutiai-je. Je n'avais rien de mieux à faire…alors je suis venue ici en avance. Je vais commencer à rédiger le dossier que vous m'avez demandé.
Mrs Valmont me regarda par-dessus ses lunettes d'un air sévère, soupira, et dit :
-Allons, venez dans mon bureau, Potter.
Je la suivis dans son bureau d'émeraude. Elle s'assit derrière son bureau et commença à sortir quelques dossiers de sa bibliothèque en chêne. Elle m'indiqua la place en face.
-Eh bien ne restez pas plantée comme une fleur, prenez place. Exigea-t-elle d'un ton impérieux.
J'obtempérai de mauvaise grâce. Et moi qui pensais être tranquille…il avait fallu que je tombe sur la reine des harpies.
J'entrepris de rédiger mon rapport du procès Rosier. Je le finis en une heure et demie, et le tendis fièrement à Mrs Valmont qui le lut d'un air sévère. Je vis quelques expressions de surprises et d'incompréhension sur son visage, mais malgré toute la sévérité de sa posture, je sentais qu'elle lisait avec beaucoup d'attention.
-Qu'est-ce que vous faîtes ici, Miss Potter? Soupira-t-elle en reposant le long morceau de parchemin et en ôtant ses lunettes.
-Je...
-C'est un travail méticuleux, l'orthographe et l'expression sont soignés. Mis à part quelques erreurs de style, et de formulation, ce rapport est prêt à être envoyé à tous les employés du Département de la Justice Magique. Alors je vous le demande, pourquoi une jeune fille lettrée et douée dans ce domaine a-t-elle demandé à travailler dans ce département plutôt qu'un autre? Pourquoi ne pas avoir choisi un stage à la Gazette du sorcier?
-Je...balbutiai-je. C'est à dire que...je n'ai pas trop eu le choix. Avouai-je. Ce sont mes parents qui m'ont imposé un travail d'été. Ils ont porté leur choix sur ce département car être employée dans le département de la justice magique est un emploi dont l'on peut se targuer. Mes parents espèrent pour moi une carrière dans la Justice Magique.
-Vous souhaitiez travailler pour la Gazette, Potter? S'enquit Valmont.
-Ben...pour tout vous dire, je souhaite y entrer dès l'obtention de mes ASPICs. Mais...je sais que ce n'est pas ce que mes parents veulent pour moi. Ils visent plus haut. James projette d'être Auror, c'est une fonction assez honorifique comparée à celle d'une journaliste...
Valmont me regarda de ses yeux perçants et scrutateurs. Je me sentais vraiment gênée et penaude d'avoir avouée à ma supérieure démoniaque une partie sombre de ma famille. James, la fierté, le champion de Quidditch, le futur Auror, l'élève populaire; Et Lux, élève banale évitée des filles, guère brillante en cours, ne montant jamais sur un balai et se destinant à une banale carrière de journaliste.
-Vous savez Potter, lança alors Valmont. Si vous vous occupez trop des désirs de votre famille, vous serez malheureuse.
-Mais...je...je...le procès de l'autre jour, c'était vraiment sensationnel ! C'était très...
-Bien sûr, répondit Valmont. Vous vous placez en tant que spectatrice littéraire vis-à-vis de ce procès. Cela se ressent parfaitement dans votre rapport; Pas en tant que juge, défenseur de la loi ou autre...enfin...je ne peux pas vous affecter au journalisme pour cet été. Mais soyez sûr que la mention d'un stage sous ma direction sera un énorme avantage lors de votre future recherche d'emploi.
Décidément, Valmont était une drôle de femme. Parfois, elle me faisait penser à McGonagall. Quoique...non...j'avais beaucoup d'affection pour McGonagall qui m'avait soutenue lors de mes piètres leçons de vol en première année.
-Mais sinon, vraiment, Potter, qu'est-ce que c'est que cette phrase incohérente? Vous êtes vraiment une bonne à rien !
OoOoOoOoO
Je fus libérée du bureau du démon sur les coups de midi. Je descendis à la buvette avec Bridget. Laquelle râlait car on lui avait confié la rédaction d'un article sur les familles les plus influentes du gratin sorcier.
-Je dois aller chez les Malfoy ! Non mais tu pense ! Chez les Malfoy ! Répétait-elle. Ils sont en première ligne car ils marient leur fils, Lucius, avec la fille Black. Donc, je dois évidemment aller chez les Black en deuxième position.
Les Black...une haine sans nom bouillonnait dans mes veines lorsque j'entendais parler des Black. Lorsque Sirius s'étaient enfuis, l'été dernier, il était venu directement chez nous. James effectuait alors un stage au Ministère comme moi actuellement et nos parents n'étaient que rarement là. C'était moi qui avais ouvert à Sirius un chaud et orageux matin d'été. Nous étions restés seuls toute la journée. Il avait un œil tout enflé, un dos dans un état indescriptible tant il était lacéré, une côte cassée et une lèvre fendue. Résultat de deux semaines de maltraitances.
-Vas chez les Black et écrit qu'ils ont battu leurs fils, et qu'ils l'auraient sans doute tué s'il ne s'était pas enfui à temps, crachai-je.
-Lux...soupira Bridget. Je dois vendre du rêve. Tu te rends compte des conséquences pour le journal si je salie la réputation de la famille Black?
-Quelles autres familles as-tu sur la liste?
-Euh...les Londubat. Ils voulaient aussi dresser le portrait de la famille de mon père, mais...j'ai préféré évité le sujet. Sarah n'aurait jamais voulu.
-Pourquoi? M'étonnai-je.
-Oh...euh...disons que nos parents sont séparés depuis déjà très longtemps.
L'ascenseur s'ouvrit. Nous sortîmes et Bridget s'arrêta. Un sourire mutin s'inscrivit sur son visage.
-Quand on parle du loup...
J'aperçu alors Sarah, assise à la buvette du hall, occupée à parler avec un charmant jeune homme. Nous les rejoignîmes et le jeune homme quitta la table, en adressant un petit signe à Sarah.
-Oh, comme c'est attendrissant, elle fait sa mignonne, ironisa Bridget.
-Au moins je vois des mecs, moi, répliqua Sarah. Ce serait sympa que tu te trouves quelqu'un, tu crois pas?
-Lâche-moi un peu. J'ai une tonne de boulot, si tu veux tout savoir. Je vais prendre un sandwich et je pars au Manoir Malfoy. Quelle joie !
Bridget s'élança vers l'intérieur de la buvette, et je la vis discuter, accoudée au comptoir, avec Sabrina la serveuse. Sacrée Sabrina, elle aurait pu être psychologue. Toutes les employées du Ministère de moins de vingt-cinq ans venaient lui confier leurs problèmes.
-Alors ? Demanda Sarah.
Elle déplia un exemplaire de la Gazette du Sorcier et m'interrogea du regard par-dessus le journal.
-Une citronnade peut-être ? Proposa-t-elle.
-Pourquoi pas, fis-je.
-Hey !
Un serveur plutôt pas mal se retourna, l'air exaspéré. Ses traits se détendirent lorsqu'il aperçut la perfection du visage de Sarah. Et une expression satisfaite de pur orgueil orna celui-ci.
Sarah…je n'arrivais décidément pas à la cerner…
-Que puis-je pour vous ? S'enquit-il en lorgnant sur Sarah.
-Amène-nous deux citronnades. Je prendrai la Salade du Centaure et mon amie…
-Euh…
Je plongeai aussitôt dans le menu, tout en épiant du coin de l'œil Sarah qui flirtait ouvertement avec le serveur. Je déglutis avec peine. Mince alors…elle était forte. Vraiment très forte. J'étais tout bonnement incapable de me montrer aussi…en fait voilà ! Mon problème, c'était qu'en flirtant, on affichait ouvertement son intérêt pour l'autre personne.
Et Merlin seul savait ce que j'allais devenir si je m'aventurais à flirter avec Sirius…il avait eu de la chance jusqu'à maintenant que je me contienne…enfin…pas tout à fait…
C'était dingue n'empêche. La façon dont Sarah riait. Je devinais qu'elle se forçait, j'arrivais à distinguer son rire franc et amusé, et le rire qu'elle destinait aux hommes qui tentaient de la séduire. C'était une vraie comédienne. Elle savait y faire. Elle touchait avec grâce l'avant-bras du serveur sans même qu'il s'en rendît compte, et lorsqu'il repartit avec nos commandes, ce fut lui et non elle qui se retourna pour jeter un dernier regard à son flirt du midi.
-Impressionnant, commentai-je.
-Une longue expérience, répliqua-t-elle. Alors mon petit, que puis-je faire pour toi ? Qu'y avait-il de si urgent pour que tu m'envoie ton hibou le plus agressif au petit matin ? Tu sais qu'à cause de toi, j'ai dû mettre une tonne d'anticernes et…
-Sirius m'a embrassé hier soir, avouai-je précipitamment en l'interrompant.
Sarah cilla, et un rire franc franchit ses lèvres.
-Ah c'était donc ça, fit-elle. Et donc ? Tu restes toujours figée sur tes positions et ne veut rien tenter ?
-C'est que…
Sarah me renvoyait mes propres doutes. Je m'en rendais compte, enfin.
Elle était ce que j'avais toujours souhaité être. Là-encore, elle était l'objet de tous les regards. J'étais la seule dans cet immense hall à savoir que Sarah était une joueuse de haut niveau, une actrice fourbe, une jeune femme calculatrice. Je me demandais encore pourquoi elle s'intéressait à mon cas sûrement un jeu de plus pour elle.
Aujourd'hui, elle avait mis le paquet. J'appris plus tard qu'elle avait un rendez-vous dans l'après-midi. Ses longs et soyeux cheveux bruns étaient ramenés en une haute queue de cheval, dégageant son visage. Ses yeux bleus avaient été agrandis par un trait d'eye-liner, la faisant ressembler à une biche. Elle portait un pantalon cigarette noir, moulant, épousant le galbe parfait des jambes, le tout perfectionné par deux escarpins ouverts couleur bleu roi. La couleur n'était pas sans rappeler celle de son bustier satiné, qui dévoilait ses fines épaules et son appétissante gorge.
Pour une fois, elle avait même opté pour quelques bijoux. De petits bracelets argentés à breloques tintaient à ses poignets, et un pendentif en swarovski habillait son décolleté.
Elle savait tout de moi. Elle connaissait tous mes tracas. Et son expérience des relations humaines l'avait sans doute déjà poussée à m'examiner. Je ne savais rien d'elle. Elle restait secrète. Je connaissais mieux Bridget alors qu'elle n'était pas ma confidente. Sarah n'avait sûrement pas assez confiance en moi…
-Pourquoi tu fais ça ? M'entendis-je demander.
Sarah releva la tête, occupée à boire à la paille le reste de sa limonade.
-Pardon ?
Sans pouvoir interrompre le flot de paroles qui m'échappait, je dis :
-Ben, tu sais, tu aimes conquérir. Tu aimes jouer. Tu fixes les règles avec les hommes, tu ne t'attache pas, et au final, tu as le mauvais rôle. Tu as une réputation de vraie briseuse de cœur.
Elle me regarda sans rien dire.
-Pourquoi tu n'expliques pas dès le départ que ça n'est qu'un jeu ? Les hommes aiment les filles qui ne veulent pas se prendre la tête. Alors pourquoi tu fais ça ? On dirait que tu cherches à les faire tomber amoureux. Pour mieux les jeter ensuite.
-Tu ne comprendrais pas, répondit-elle simplement.
-Ben, explique-moi dans ce cas, insistai-je. Je ne connais rien de toi. Je sais juste que tu es étrangement gentille avec moi. Et ce que je sais d'autre, c'est ce que les ragots disent sur toi.
-Ah oui, les ragots, siffla-t-elle en riant. Que disent-ils ?
-Qu'il n'y a que le train qui ne t'ai pas passé dessus. Que tu es une salope, une fille de bas-étage, qui couche à gauche à droite, n'ayant aucun scrupule à balancer les gens qui se sont attachés à toi, ni à prendre des hommes déjà casés. Pour tous, tu es une briseuse de couple, tu es la personne à abattre pour la plupart des filles.
Elle me souriait toujours, silencieuse.
-Ça ne te fait rien de m'entendre dire ça ?
-Oh, Lux, trésor, si ce genre de propos me blessait, je me serai jeté d'un pont à l'âge de quatorze ans. On ne peut pas plaire à tout le monde.
-Oui, mais là en l'occurrence, tu ne plais pas à grand monde, osai-je faire remarquer.
Elle éclata de rire.
-Tu es à croquer quand tu prends des gants pour me signifier que je suis la fille la plus haïe de tout Poudlard, s'esclaffa-t-elle. Non, sérieusement Lux, je m'en moque.
-Et tu ne souhaites pas avoir de relation sérieuse ?
-Aucunement, rétorqua-t-elle. Je ne dis pas que je suis contre les relations sérieuses e général, si tu te sens de foncer avec Black, fonce. Mais je ne désire pas m'attacher à quiconque. C'est bien trop compliqué. Et puis…neuf fois sur dix, tu souffriras. Autant que ça soit toi qui prenne, plutôt que l'on te prenne quelque chose.
-Quelque chose ?
-Ta fierté. Ton innocence. Ta confiance. Bref, tout ce dont une fille comme toi est dotée lorsqu'elle espère l'amour fou.
Je restais muette devant sa vision pessimiste de l'amour. A bien me rappeler…lorsque j'avais rencontré Sarah, elle pleurait. Elle avait dû se brûler les ailes en tentant une relation sérieuse…
-Allons, ne m'écoute pas trop. Chaque cas est différent. J'estime juste que je ne suis pas faite pour le grand amour.
-Je t'ai menti.
Elle rit. Encore.
Le serveur revint, observa un instant son rire puis déposa nos citronnades et nos deux salades. Peut-être remarquait-il la différence entre ce rire-ci, sincère et spontané, et le rire qu'elle lui avait offert tantôt.
-A quel sujet ? Me dit Sarah en se penchant par-dessus la table lorsque le serveur fut reparti.
-Sirius ne m'a pas embrassé. C'est plutôt moi qui me suis jetée sur lui.
-Aucune différence.
-Ben si…hier je t'ai dit que je choisissais la stabilité et la tranquillité de ma relation avec Teddy. Je crois que je me mentais à moi-même. J'ai fondu comme neige au soleil.
Un rictus moqueur s'épanouit sur son visage.
-C'est que…il faisait nuit, il n'y avait personne à la maison…j'étais nue dans la piscine…
Son sourire s'accentua.
-Oh, arrête ! Mon maillot était au lavage, et l'autre avait un énorme trou !
-Mais je ne dis rien, répondit Sarah. Tu crois que je ne l'ai jamais fait ?
-Oui, mais toi…répliquai-je avant de m'interrompre.
-Oui mais moi je suis à l'aise avec ma nudité, d'accord, acheva-t-elle. J'ai saisis le fond de ta pensée.
-T'es pas vexée ?
-Tu crois qu'il n'y a que moi qui ai le droit de balancer des vannes ?
-Enfin…bon…et il est rentré. Je crois qu'il avait bu.
Elle haussa un sourcil.
-Bon d'accord, je sais qu'il avait bu, il empestait le whisky.
Je me lançai alors dans le récit de la soirée d'hier, dans ses moindres détails. C'est avec maints rougissements et bégaiement que je lui expliquais que j'avais bel et bien senti l'excitation de Sirius. Je n'omettais pas les paroles qui avaient chamboulé mon cœur…
-Tu crois qu'il m'aime ? Me permis-je de demander.
-Non. Répondit-elle d'un ton catégorique. Non, je crois qu'il est pris entre deux feux. S'avouer à lui-même qu'il t'aime, ce serait déjà une trahison envers ton frère. Et ce n'est un secret pour personne à Poudlard, la personne qui compte le plus pour Sirius, c'est ton frère. Je pense qu'il essaye de repousser les limites parce qu'il ressent du désir pour toi. Plus tu lui donne, ne serait-ce qu'un restaurant, plus il en veut. Mais il se sent coupable.
Elle mordit dans une tomate avec hargne, et brandit sa fourchette vers moi.
-N'oublies pas une chose. Black peut se faire qui il veut. Sauf toi. Ça doit beaucoup jouer aussi. A la base, il t'aime bien. Puis, il réalise que Lux n'est pas seulement une extension de James, mais bel et bien une fille. Non, une jeune femme. Qui éveille énormément ses désirs. Rajoute à cela qu'il s'interdit de te toucher, et c'est fini ! Ça crée l'obsession.
-Mais pas de l'amour ? Insistai-je.
-Oh, Lux, je t'en prie, fit Sarah en levant les yeux au ciel. Toi-même tu ressens essentiellement du désir. Peut-être que tu éprouves de plus en plus de sentiments pour lui à mesure que tu passes du temps avec, et je le conçois. Il doit en être de même pour lui. Mais à la base, quand tu penses à Sirius Black, tu n'imagines pas un simple moment de tendresse, doucement enlacés sur un canapé, t'imagine un corps un corps violent, t'imagine Sirius sous la douche et pas habillé.
-C'est…probable.
-C'est certain, s'exaspéra Sarah. Maintenant, je vois bien que plus tu passes du temps avec lui, plus tu es chamboulée. Plus tu as envie de prendre le risque. De le revoir, et d'avoir plus. Tu es en train de tomber amoureuse. Lui-aussi sûrement. Va falloir faire un choix ma petite.
Je restais sans rien dire, et nous mangeâmes silencieusement. Arrivée à la fin de la salade, Sarah leva ses beaux yeux vers moi et dit :
-Sois sincère : ta vie ne t'apparaît-elle pas plus palpitante depuis que ce petit jeu de séduction, à peine déguisée, a commencé ?
Je devais être honnête. Effectivement, jamais je n'avais eu le cœur qui battait aussi vite, j'étais heureuse et paniquée dès que je voyais Sirius, j'étais pleine de désir, de craintes, de déceptions, mon esprit entier se focalisait sur lui.
Et la voix d'un Sirius âgé de quinze ans, me revenait en tête : « Avec moi, princesse, tu sais d'où tu pars, mais jamais où t'arrive, c'est ça l'aventure ! ». C'était au bal de Noël. Mon cœur n'avait jamais autant battue avant cette nuit-là, où pour la première fois, j'avais rêvé qu'il puisse m'aimer.
Aujourd'hui, il ne m'appelait plus princesse, mais le principe était le même.
-Oui, répondis-je avec un sourire.
-Mais alors qu'est-ce que t'attends ! Soupira Sarah en levant les yeux au ciel. Fonce ! Rentre dans son petit jeu ! Ton frère te fera la gueule quelques semaines, s'il l'apprend, et basta ! Il t'aime trop pour te renier à vie ! Et si tu t'inquiètes pour sa relation avec Sirius, dis-toi que le choix appartient à Sirius, et que James aime aussi énormément Sirius. Trop pour ne plus lui parler. T'es jeune ! T'as que seize ans ! T'es sans doute la seule fille dont Black puisse tomber amoureux, tu sais combien voudrait être à ta place ? Alors saisis ta chance, reste pas avec un type qui te fais pas vibrer.
Elle regarda sa montre, fit la grimace, et appela d'un geste de la main le serveur. Elle régla l'addition, et lorsque je protestais, elle déclara :
-Tu me rembourseras ce soir. Je t'emmène dans un club très branché.
-Pour quoi faire ?
-Je ne suis pas là que pour subir l'étalage de ta vie privée, si ? Ironisa-t-elle. On ira boire un verre. Entre filles.
-D'accord, acceptai-je gênée.
Jamais je n'avais eu ce genre de relation avec une fille. Jamais je n'étais sorti le soir avec une fille.
-Allez, à ce soir. Et n'oublies pas : si tu laisses passer cette chance, tu le regretteras toute ta vie.
Elle disparut comme une flèche.
Je restais un instant assise toute seule à table. Bridget était partie chez les Malfoy. Sabrina était en plein service. Je n'avais pas beaucoup de connaissances au Ministère. Et je me voyais mal déjeuner avec Valmont qui devait sûrement, de surcroît être au dernier étage, dans le restaurant le plus huppé du Ministère.
Valmont allait me présenter des cas similaires à celui de Rosier cet après-midi. Au moins, ça allait être un minimum intéressant. Mais j'avais aussi hâte que Bee revienne. J'étais une fille. Et j'adorais les potins. L'entendre déblatérer sur les Malfoy risquait d'être marrant.
Aussi, quelle ne fut ma surprise, quand, ainsi plongée dans mes pensées, je vis la chaise en face de moi être tirée, et une personne s'installer dessus. Une personne que je connaissais que trop bien.
Bon sang…
-Salut, dit Sirius Black de sa voix chaude et grave.
-Salut, répondis-je en me faisant violence pour ne pas rougir.
Il fallait que j'arrête. Si j'avais décidais d'y croire. De nous laisser une chance, il fallait que j'arrête de piquer un fard pour tout. J'allais avoir seize ans, quand même ! L'année prochaine, je serai majeure !
-Que fais-tu là ? Demandai-je d'un ton badin.
Il ne fallait surtout pas qu'il voit à quel point l'épisode de la veille m'avait bouleversée. Je m'étais sans doute déjà grillée en étant partie comme une voleuse le matin-même.
Malgré moi, je l'observais. Je ne pouvais pas m'en empêcher. Il était à tomber. Il portait un jean foncé légèrement délavé, et un tee-shirt de la marque sorcière très tendance actuellement, Hargreaves. Le tee-shirt était blanc, mettait en valeur ses pectoraux, et était orné d'un drapeau du Royaume-Unis, méticuleusement travaillé _ il m'évoquait un drapeau de pirate_ sur lequel était écrit en gros Hargreaves. Du Sirius tout craché.
-Je pense qu'il faut qu'on ait une petite conversation. Et je savais que tu avais une pause ce midi, et que tu déjeunes toujours ici.
Au comptoir, Sabrina zieutait déjà sur Sirius.
Une petite conversation ? C'était pas du tout ce que j'avais prévu. Il y avait une différence entre entrer dans le jeu, et mettre des mots sur nos agissements. Sur la scène sensuelle d'hier.
-Pas de chance, dis-je en tentant de maîtriser les battements affolés de mon cœur. Je reprends bientôt. Comme tu le vois, j'ai déjà fini.
J'allais pour me lever. Et sa main s'agrippa à la mienne me forçant à me rasseoir.
-Je suis sûr que tu as deux minutes, dit-il en souriant.
C'était plus un sourire qui sous-entendait « ne me prends pas pour un con, et n'essaye pas de te défiler » qu'un sourire rassurant et chaleureux. Je me rassis calmement, tentant d'apaiser la tension :
-Ben vas-y, parle ! Je ne comprends pas pourquoi tu prends cet air si sérieux, c'est à mourir de rire, Sirius, franchement !
-Hier soir, c'était…commença-t-il.
Je me raidis. Ah. Carrément. Il voulait parler d'hier soir. Il se souvenait donc de tout ?
-…enfin, je suis désolé. Finit-il par dire.
Je le fixai. Abasourdie. Non…il me faisait pas le coup de se défiler, là ? Si ?
Gêné, il passa une main dans ses cheveux. Et ça, ça me serra le cœur. Ce devait être la première fois que je voyais Sirius Black gêné. Waouh…sa conscience devait vraiment le travailler…
-J'avais un peu bu, je te promets que jamais j'aurai eu une telle attitude si j'avais été sobre. Alors…je souhaiterai que ça reste entre nous…
-Mais tu te souviens de tout ? Demandai-je.
Il acquiesça.
-Je tiens l'alcool, précisa-t-il. Seulement…je sais pas, ça me fait faire quelques conneries. Je sais que je t'ai déçu ces temps-ci, que tu m'as déjà demandé de pas déconner, et donc…ben, je voulais m'excuser. Et je te promets que ça se reproduira plus.
-D'accord, fis-je en essayant de sourire.
Je me voyais déjà renvoyer un hibou à Sarah avec marqué URGENCE en gros sur le parchemin à livrer. Il ne pouvait pas me faire ça…me faire réfléchir, décider que je le voulais, oui, entièrement, et se défiler sous peine qu'il a mauvaise conscience, ça, non ! Ses paroles d'hier…elles m'avaient laissé entendre qu'il n'osait rien faire mais qu'il en mourrait d'envie…qu'il ne pensait qu'à moi…
-C'était pas sérieux, conclut-il. Tout ce que j'ai fait, c'était l'alcool qui parlait. T'aurai été une autre, ç'aurait été pareil. Mais je te promets de me tenir à carreau à partir de maintenant. Et pour te le prouver je…
Il regardait ses mains jointes. Il se mordit la lèvre et releva la tête, plongeant son regard où dansaient des paillettes argentées dans le mien.
-Je déménage dans la semaine. J'ai trouvé une petite maison sympa dans la périphérie londonienne, alors…je vais pas rester au Manoir plus longtemps.
Quelque chose brisa en moi. Je ne fis même pas attention au reste. Il me parla avec un enthousiasme forcé de la maison qu'il avait acquis. Me demanda si je voudrai bien l'aider à choisir les couleurs des murs. Il me demanda de passer voir ce que je pensais du carrelage du salon et du plancher des chambres. Il repartit.
Il repartit avec tous mes rêves et tous mes espoirs.
Quel salaud. Il était vraiment trop cruel.
Vraiment trop Sirius Black.
OoOoOoOoO
Lorsque j'entrais dans le bureau de Valmont, celle-ci se massait les tempes en soupirant, penchées sur de gros dossiers. Moi-même n'étais pas au meilleure de ma forme.
-Potter, fit-elle en se redressant. Installez-vous.
J'obéis. Je regardais son dossier. Il était ponctué de grosses ratures et de rajouts ça et là, tantôt de couleur rouge sang, tantôt de violet. Le titre du dossier s'étalait en lettres gothiques, écrites à l'encre émeraude_ l'œuvre de Valmont, probablement_ « Affaire du massacre de Brighton », sous-titré « Attaque de géants ».
-Vous vous penchez sur une autre affaire ? Celle de Rosier est classée ?
-Rien n'est jamais classée, Potter, soupira Valmont. J'ose espérer que les mois qui suivront nous apprendront s'il s'agit d'un cas isolé, ou d'un groupe xénophobe. En revanche…
Elle poussa vers moi le dossier.
-L'histoire du massacre de Brighton n'est toujours pas résolue. En Mai dernier, un groupe de géant a massacré une trentaine d'habitants d'un quartier de Brighton. Tous moldus. Nous avons déployés tous les efforts nécessaires pour ôter à la population, tout souvenir d'apparition de géants.
-Les géants ? M'étonnai-je. Je croyais qu'ils ne se mêlaient pas à nous.
-Nous ne craignions aucun acte de violence de leur part auparavant, admit Valmont. Pourquoi des géants descendraient-ils de leurs montagnes pour assassiner des moldus ? Cela n'a pas de sens…
Elle resta un instant à regarder le dossier, perdue dans ses pensées, avant de reprendre contenance.
-Allez Potter. Vous allez me recopier l'intégralité du dossier, dans une calligraphie impeccable et sans rature. Incorporez au nouveau dossier les ajouts et les rectifications que vous voyez ça et là.
Elle poussa vers moi un flacon d'encre verte.
-Allez, déguerpissez aux bureaux des rédacteurs, je ne veux pas vous avoir dans les pattes. J'attends un représentant de la justice magique française. Et pardonnez-moi, mais votre présence ici serait un affront pour un homme d'une telle importance. Allez, allons ! Déguerpissez ! Et plus vite que ça !
Avec l'impression de m'être faite chassé à coup de balai, je m'enfuis aux bureaux occupés par la Gazette du Sorcier, et m'installais sur une petite table, en regardant avec envie les rédacteurs et les maquettistes s'affairer autour de l'édition du lendemain. Sans parler de leurs plumes à papote qui me faisaient plus qu'envie…
Je pris une grande inspiration, extirpai une longue plume de faon, la trempai dans l'encre de jade, et entrepris mon travail de scribe. Au moins, je ne pensais pas à Sirius le temps de ce travail.
Bridget arriva vers quinze heures. Elle fut un peu étonnée de me voir, et impressionnée par la masse de parchemins que j'avais déjà recopiés au propre. Elle s'assit à côté de moi, se délassant et étala les rapports de sa plume à papote sur le coin de la table que je n'utilisais pas.
-Alors, m'enquis-je en attaquant la deuxième partie de l'Affaire de Brighton.
-Très beau manoir aux prestations spectaculaires, lança-t-elle d'un ton morne. Malfoy Mère trépigne à l'idée de marier son fils. Je plains sa future bru. Elle n'a le droit de rien dire la pauvre enfant ! Elle était là. Narcissa Black. Les parents de la future mariée sont ravis, tu penses ! Avec le fiasco de leur aînée, Androméda. Mais je n'ai pas pu voir Malfoy père.
-Ah non ?
-Non, lui et son fils étaient en voyage. D'affaire paraît-elle.
Bridget se mit à tourner sur sa chaise rotative. Elle se tourna en un geste sec de mon côté.
-Tu trouve pas ça bizarre toi, que les principaux concernés par un mariage de raison soient en voyage ?
-Euh…si…sans doute, marmonnai-je, plongée dans mon recopiage
-Mouais…ça sent encore la magouille. Je vais laisser tomber. Je dois vendre du rêve et pas autre chose !
OoOoO
J'étais plus qu'heureuse que Sarah m'ait proposé une soirée entre fille. J'en avais besoin. Quel plaisir se serait de me vider la tête. De me vider la tête de toute la paperasse et de Sirius, ce crétin indécis !
Je rentrai chez moi avec pour projet de prendre un bain, et de me préparer immédiatement pour ma soirée. Mais lorsque je rentrais, Sirius était encore là. Pire encore, James était revenu. Il se jeta sur moi à peine arrivé.
-Luuux ! Brailla-t-il. Tu m'as manqué ma petite sœur chérie !
-Tu crois pas que t'en fais un peu trop ? Protestai-je en tentant de le repousser.
-Juste un peu, rit-il. Alors, raconte-moi tout ! Je veux savoir tout ce qui s'est passé pendant mon absence !
Je ne pus m'empêcher de rougir. Mais mon inattentif de frère ne le remarqua pas, occupé à gesticuler dans tout le salon. Mon regard croisa inévitablement celui de Sirius. Si James savait…
Il nous en voudrait, c'est sûr.
-Aaah ça fait du bien de revenir chez soi ! Soupira James en se laissant tomber avec fracas sur un canapé du salon. Pas que Smith soit chiante mais…ça me fatiguait de devoir faire gaffe à mes moindres faits et gestes…Lux, je veux un risotto ce soir. Aux truffes ! Aux truffes !
-Non mais t'as craqué, James ! Répliquai-je. Tu crois vraiment que j'ai des truffes ici ?
-Vas en acheter, alors.
-J'ai travaillé toute la journée.
-Oh ça va, ça va pas te tuer, non plus, râla mon aîné. Tu feras comment dans dix ans avec mari et marmots sur les bras.
-Je…
-Oui-oui je sais, m'interrompit-il en me tendant les bras. Lux n'aura jamais ni mari, ni marmot, elle vivra chez James et Lily Potter et gardera les enfants pour que James et Lily Potter puissent se faire une soirée.
-C'est à se demander s'il veut garder sa sœur, ou s'il veut une esclave à domicile, fit remarquer Remus que je n'avais même pas vu.
James éclata de rire.
Oh Merlin. A peine était-il rentré que déjà il me fatiguait.
-C'est vraiment l'avenir que tu veux pour ta sœur ? Fit Remus tout d'un coup sérieux. Une vieille fille que personne n'aura jamais aimée et qui n'aura même pas de famille à elle ?
-Exactement ! Vociféra James. Bon, allez, sans déconner, fais-moi à manger, j'ai faim ! Smith cuisinait que des trucs de nana, bio et pas de pâtes ou de frites…
-J'ai franchement pas le temps, James. Ni l'envie : j'ai vraiment passé une sale journée.
Il haussa un sourcil.
-Qu'est-ce que t'as de si important à faire ?
Je m'étirais et décidais de jouer le jeu à fond.
-Je dois me préparer. Je sors avec Sarah ce soir.
-Tu quoi ?
-Elle connaît un club branché, apparemment très prisé. Je la retrouve chez elle, vers vingt-et-une heure. Et…comme tu le vois…il est déjà dix-neuf heures. Le temps que je prenne un bain, que je m'y détende et que je me prépare…
-Sirius et moi on peut t'accompagner, tu sais. On sait jamais ce qu'il y a dans ce genre de boîte, pas vrai, Padfoot ? Et toi, Remus ça te dit ?
-Non, James, répliquai-je d'un ton catégorique. J'en ai un peu marre que vous soyez toujours dans mes basques. J'ai vraiment envie de voir un peu d'autres personnes. Ce sont tes amis, je les aime, mais j'en ai un peu assez maintenant.
J'aperçu Remus jeter un imperceptible regard à Sirius.
-Moi-aussi j'ai autre chose à faire, intervint Sirius en baillant exagérément. Je sors ce soir, on avait prévu ça depuis un petit moment avec Frank et Remus. Franchement, James, un peu ça va, mais Lux est une grande fille. Elle saura se débrouiller sans nous, j'ai autre chose à faire que de servir de chaperon à ta petite sœur. J'ai mieux à explorer.
Quel mauvais joueur. Il était vexé comme un pou. Et je le connaissais par cœur. Quand Monsieur se vexait, Monsieur devenait très méchant. Je lui jetai un regard noir, et je repartis dans ma chambre me préparer. Je refermais la porte derrière moi et m'appuyai dessus.
Mince alors. Mon cœur s'affolait dans ma poitrine. Malgré tout, j'étais blessé par ces propos acerbes. Mais je savais, j'avais compris. Il me désirait, il ne pouvait rien faire contre ça. Il voulait m'éviter, j'allais l'éviter, j'allais le pousser à bout, jusqu'à ce qu'il craque.
Enfermée à double-tour dans ma chambre, j'étalais devant moi mes vêtements. Notamment mes dernières acquisitions. Mais rien ne me parlait. Je ne savais vraiment pas comment m'habiller pour aller dans un club londonien branché. Ni dans un club tout court.
Je me fis couler un bain, y ajoutai des savons parfumés à la framboise, et du produit pour la mousse. J'avais besoin de me détendre. Sirius était sans doute le pire garçon du monde. J'étais fatiguée de passer d'une émotion à l'autre, entre crainte, excitation et déception.
Je réfléchissais aux derniers évènements dans mon bain. Je me rappelai inévitablement la fameuse fois où il était entré dans cette salle de bain ci.
Je pris un jean et un tee-shirt, et descendis en bas. Les garçons n'étaient plus là. Ils avaient dû partir à la piscine, ou faire un tour sur le Chemin de Traverse. Je préparai le risotto aux cèpes de James. Ainsi, il serait content. Je déposais le plat sur la table de la cuisine et y joignis un mot.
L'instant d'après, j'entrai dans la cheminée de notre salon pour atterrir chez Sarah. C'est elle qui me tira de la cheminée poussiéreuse. J'observais les alentours. Je me trouvais dans le hall de sa maison, tout recouvert de parquet.
-Ponctuelle, apprécia-t-elle d'un ton amusé.
-Toujours, répliquai-je. A quelle heure part-t-on ?
-On mange un bout et on y va…mais tu… ?
Elle s'interrompit et me regarda avec une expression déçue, faisant la grimace.
-Un jean et un tee-shirt ?
-Ben je…balbutiai-je. Te moque pas de moi mais je sais pas comment on s'habille pour aller dans un club. J'y suis jamais allée. Et puis, je sais pas vraiment me maquiller. Les seules fois où je mets du fond de teint, on voit une nette différence de couleur entre mon cou et mon visage alors…
Sarah leva les yeux au ciel.
-Laisse tomber, soupira-t-elle. Je te prêterai une robe à moi, et je m'occuperai de te maquiller. On a qu'à manger d'abord, vu que tu n'es pas prête.
Elle m'indiqua la porte au fond du hall, et j'entrai.
Il s'agissait d'une vaste salle à manger de forme ovale, au centre de laquelle trônait une large table en chêne vernie, recouvrant un immense tapis persan. Le tout encadré de chaises en velours, style Louis XVI. Un long buffet courrait le long du mur, surmonté d'un tableau de maître. Au fond de la pièce, une cheminée sans flamme imposait sa magnificence, faite en marbre rosé, et ornée d'un somptueux miroir aux bordures dorées.
Dans cette salle, il y avait un homme, de grande taille, qui devait avoir dans les trente-cinq ans. C'était un très bel homme, aux très fins, et à la petite moustache. Tout en lui respirait l'élégance, de sa cravate carmine à ses cheveux noirs de jais plaqués en arrière sur son crâne.
Il plaisantait avec sa voisine, une adolescente plus jeune que Sarah, au teint mate et aux cheveux coupés courts, de la même couleur que ceux de Sarah. Parfait mélange de Bridget et de Sarah, il devait s'agir de Noa, la petite dernière des sœurs Guerlishman. En me voyant entrer, elle posa sur moi son regard doré, curieux.
La troisième personne se figea en plein rire. Elle se retourna vers moi. Aucun doute sur son identité. C'était forcément la mère de Sarah. Car, si elle n'avait pas les mêmes yeux que mon amie, elle lui était semblable en tout point. Elle devait faire la même taille, possédait la même chevelure souple et chatoyante d'un brun soyeux, le même teint de porcelaine, les mêmes courbes. Seules quelques rides attestaient de son âge plus avancé que celui de Sarah.
-On mange un bout et on s'en va, lança Sarah en entrant devant moi. Viens Lux.
Elle désigna sa copie conforme.
-Voici ma mère, m'informa-t-elle.
-Enchantée, bredouillai-je.
-Moi de même, répondit la belle dame. Tu peux m'appeler Isidore.
-Le mari de ma mère, poursuivit Sarah en pointant de son index l'homme, Edmond. Et la fille à côté, c'est ma petite sœur, Noa.
-Merci de me recevoir chez vous, remerciai-je, gênée par cette présentation à laquelle je ne m'attendais pas.
-Il n'y a pas de quoi, répondit Isidore Guerlishman, tout sourire. C'est rare que Sarah amène une amie chez nous. Tu es la fille Potter, c'est bien ça ?
J'acquiesçai. Sarah s'installa avec sa désinvolture habituelle et un elfe de maison aux oreilles tombantes apporta deux grosses pizzas.
-Prends des forces, me dit-elle. T'as l'air lessivé.
-Mauvaise journée, répondis-je.
-Ah bon ? S'étonna-t-elle. Toujours pas venue à bout de ton dilemme ?
-Si…répondis-je. Mais…j'ai l'impression qu'il fuit.
-Ah ouais, il fait marche arrière. Classique. Ça durera pas, vas. Profite de la soirée comme il se doit.
Nous achevâmes nos pizzas après que la famille de Sarah eût terminé leur repas. Sarah me guida jusqu'à l'étage où nous pénétrâmes dans une pièce immense. Sa chambre.
Les murs étaient recouverts d'une tapisserie couleur vieux rose, et un mobilier luxueux habillait la pièce. Du lit à baldaquin d'époque, recouvert d'édredons roses et dorés, au tapis en peau de mouton qui ornait le marbre de la chambre, jusqu'à la coiffeuse sur laquelle s'étalaient des bijoux. Je la vis ouvrir la porte d'une pièce adjacente.
-Alors, fit-elle. Une robe pour toi…
Je me penchais pour découvrir qu'il s'agissait là de son dressing personnel. Elle piocha quelques robes au hasard, les mit devant moi, fit plusieurs grimace, et finit par arrêter son choix sur une robe bustier à motif tartan, s'arrêtant au niveau des genoux.
-Parfait, sourit-elle. Ça te changera des robes unies. Voyons les chaussures maintenant…tu sais marcher avec des talons ?
-Pas vraiment.
-Bah ! Tu apprendras ! Attrape-moi ça !
Elle me lança une paire d'escarpins ouverts, rouge à motif noir. Très excentrique. Très vite, je me retrouvais dépassée.
Elle me prêta de la lingerie. Pour ça, Sarah était comme Sirius, elle aimait me mettre mal à l'aise. Mais comme avec Sirius, je finis par me prendre au jeu. Ainsi, je finis par accepter de mettre sa lingerie fine, tout en dentelle noire. Du soutien-gorge au porte-jarretelle. Nous rîmes beaucoup, elle opta elle-même pour un ensemble de lingerie à motif léopard.
Je la vis avec émerveillement passer une robe bustier couleur émeraude qui épousait la moindre de ses courbes. Le genre que je ne m'autoriserai jamais à porter. D'un coup de baguette, je la vis se boucler les cheveux, ce qui la changeait considérablement. Elle noua un bandeau dans ses cheveux et grimpa sur de sandales noires. Elle était vraiment belle. De quoi vous filer la nausée. A l'aide de sa baguette, elle se maquilla.
-Bien, fit-elle en tournant ses prunelles bleues vers moi. Passons à la désespérée de service.
Je déglutis avec peine en la voyant s'approcher de moi, robe dans une main, et chaussures à talons dans l'autre.
OoOoOoOoO
-On entrera jamais ! Gémissais-je en tremblant, perchée sur mes stiletos. Attention !
Sans prévenir gare, je tombais sur Sarah et lui écrasais le pied. Elle m'offrit un grimace et un regard courroucé avant de le reporter sur le couple derrière nous qui m'avait bousculé.
-Non mais ça va, ouais ? Glapit-elle. Vous pourriez au moins vous excuser ! C'est pas en poussant qu'on entrera plus vite !
-C'est à moi qu'elle parle ? S'égosilla la blonde derrière nous. C'est à moi qu'elle parle ?
Sarah allait pour répliquer, et je la retournai vers le devant de la file. Sous les néons violets fluos de la discothèque « His Majesty », une imposante foule grouillait. Et nous étions en plein dedans, et malgré mes supplications, Sarah n'en démordait pas : elle passerait la soirée assise à une table de ce club.
Et moi, embarrassée comme jamais dans ma robe à tartan rouge et blanche, j'avais les jambes flageolantes, menaçant de chuter à tout instant des vertigineux talons que m'avaient imposés Sarah.
Il faisait une chaleur étouffante. Heureusement que j'avais les cheveux remontés en une haute queue de cheval. Comme j'aurai souhaité être la veille…dans la piscine du Manoir…ignorant encore que j'allais finir dans les bras et sous les baisers de Sirius…
-Sarah… ! Essayai-je une nouvelle fois de négocier.
-Ah ! S'écria-t-elle.
-Quoi ? Fis-je en me penchant, tentant d'apercevoir ce qui avait retenu son attention. Qu'est-ce qu'il y a ?
-Je connais le videur. M'annonça-t-elle.
Puis avec un coup d'œil entendu :
-Je le connais même très bien.
-Alors qu'est-ce que tu attends ? Me surpris-je à exiger.
Elle me regarda, étonnée, puis eût une moue satisfaite et s'élança dans la masse qui nous précédait, à coup de bousculade, d'écrabouillage de pied et de coup de coude, le tout rythmé par son impérieux et tonitruant : « S'il vous plaît ! Allons, écartez-vous ! »
Avisant le remue-ménage crée par Sarah, le videur, un bel homme noir d'une vingtaine d'année intervint. Son regard se fit doux lorsqu'il posa ses yeux sur Sarah. Moi-même j'étais sciée. Il était assez impressionnant : ses mains faisaient la taille de ma tête.
Je le vis extirper Sarah de la foule, sourire avec elle. Sarah fit un geste de mon côté, et cinq minutes plus tard, Sarah et moi-même foulions l'intérieur du sanctuaire de la fête.
-Eh bien tu vois, bichette, me glissa Sarah. C'est pas avec une relation sérieuse qu'on serait entré ici !
Nous descendîmes au sous-sol et le son assourdissant d'un DJ nous y accueillit. Sarah arrêta un garçon pour exiger une petite table.
Sarah me poussa sur la piste de danse.
Moui…ça pouvait être pas mal…
-Regarde, me souffla Sarah en pointant un doigt vers un point à l'autre bout de la piste de danse.
-Que… ?
Je suivis son doigt. Accoudé au bar, nous faisant face, il y avait Remus. Mais il ne devait pas nous voir. Il était accompagné par un grand châtain à l'air tendre avec qui il papotait. J'identifiai aussitôt le frère aîné de Terry, Frank Londubat. Et il y avait un dos. La dernière personne passait commande au bar. Ou draguait la barmaid. Au choix. Evidemment. Inutile de vous préciser qui était cette personne.
-Tu vas aller lui parler ? Me demanda Sarah.
-J'sais pas.
-Autant jouer.
-Autant jouer.
-Allons prendre un verre. Ne les regarde pas, fais comme si nous ne les avions pas vu.
Je suivis Sarah dans le dédale de danseurs. Sur une banquette blanche, un gars avait allongé une fille.
-Euh…très Gomorrhe ton club, non ?
Sarah suivit mon regard et soupira :
- Oublies. Un videur va les jeter dehors dans dix minutes. Ils sont morts.
Nous gagnâmes le bar. Sarah s'accouda à celui-ci, non loin des Maraudeurs. Enfin…je les épiais en douce histoire de vérifier si James était là ou non. Normalement, il aurait dû être là. Et pourtant…pas de tignasse folle à l'horizon…pas de binoclard sexy dans les parages…
-Tu crois que James est ici ? Murmurai-je à Sarah.
-Faut croire que non, répondit-elle. Ah ! Deux whisky pur feu s'il vous plaît !
On me bouscula et je trébuchai violemment, arrêtée dans ma chute par un corps masculin.
-Eeeeh ! Regardez les gars ce qui m'est tombé dessus ! S'enflamma le propriétaire dudit corps. Mais c'est que c'est un mignon p'tit bout ! Comment tu t'appelles ma jolie ?
-Comment ça alcool interdit aux moins de dix-sept ans ! Glapissait simultanément Sarah. Mais enfin, c'est la première fois que tu me fais un coup pareil, Katie !
-Lâchez-moi, protestai-je en tentant de repousser ma rencontre du soir.
-Prends un verre avec nous, poupée ! Je suis sûre que quelqu'un va aller lui chercher à boire ? Pas vrai ?
Toute la bande de garçon se regardait. Et Sarah semblait en proie à une crise de nerfs, sautant presque par-dessus le comptoir.
-Lux ! T'étais là ! Je te cherchais !
La voix de Remus me tira d'affaire. Le groupe de garçons s'écarta, et le bras de Remus m'attrapa fermement. J'entendis le groupe se retirer en grommelant :
-Merde, elle est avec son mec.
-Merci Remus, soupirai-je.
-Pas de quoi, répondit le lycanthrope. T'es venu seule ? Ou est Guerlish…
-C'est un scandale ! Vociféra la voix de Sarah qui se propulsa à mes côtés comme par magie. Lupin ! Salut !
Tiens…à voir ma brune préférée et le plus doux des amis de mon frangin…je commençais à me demander s'ils ne feraient pas un beau couple tous les deux…
-Salut Guerlishman.
-Ils ne servent pas d'alcool aux mineurs ce soir, fit Sarah, dépitée en me regardant. Apparemment, des parents se sont plaints auprès des autorités, et il risque d'y avoir des contrôles ce soir.
-Fais jouer tes relations, plaisantai-je.
-Je connais la barmaid ! Mais elle a rien voulu savoir…
Alors que nous suivions Remus, nous avions irrémédiablement rejoint Frank…et Sirius.
Il était à tomber, dans un jean brut et une chemise noire, dont les premiers boutons avaient été ouverts. Son regard m'enflamma. Et me prouva une nouvelle fois qu'il mentait : je l'attirais.
-Où est James ? Demandai-je en tentant de ne pas regarder Sirius.
-Il devait nous accompagner mais…Intoxication alimentaire, chantonna la voix de Sirius me forçant à poser mes yeux sur lui. Il a beaucoup apprécié ton risotto.
-C'est pas vrai ! M'écriai-je. J'ai utilisé…
-C'est pas grave Lux, coupa Remus en grondant Sirius du regard. Si t'avais vu à quel point James était ravi que tu aies pensé à lui.
-Et Peter ? Poursuivis-je déjà contrariée par les sarcasmes de Sirius.
Je sentais son regard me brûler. Moi-même je luttais pour ne pas le mater. En sa présence, tout mon corps s'était tendu. Je devinais son trouble. Il pensait m'éviter. Au maximum. Il pensait sortir pour me chasser de sa tête, tout comme je l'avais fait. Mais non. J'étais encore dans les parages.
-Il est actuellement en Italie, avec son père, m'informa Remus. Lux, tu es vraiment belle dans cette robe.
-Euh…
-N'est-il pas ? Piaffa Sarah. Y a du potentiel, faut juste l'exploiter !
Nous échangeâmes un regard puis éclatèrent de rire. Remus et Frank eurent un sourire poli. Seul Sirius ne riait pas.
-Londubat, chéri, nous ferais-tu le plaisir d'aller nous chercher à boire ? Dit Sarah.
-Ben…C'est-à-dire que je suis pas encore majeur moi non plus. J'aurai dix-sept ans fin Août.
-Il s'en est fallu de peu pour que tu appartiennes à l'année suivante ! Fis-je remarquer.
-Remus, tu…poursuivit Sarah.
-Ne compte pas sur moi pour enfreindre le règlement, fit Remus, amusé.
Sarah tourna ses yeux suppliants vers Sirius. Celui-ci leva les yeux au ciel.
-Qu'est-ce que tu veux ?
-On veut deux whiskies purs feu. Bien dosés de préférence.
Sirius se retourna vers le bar, et nous donna nos verres. Nos mains se frôlèrent et il eût un regard fuyant en enlevant vivement les siennes. Rien qu'à ce contact, tout mon corps s'était remémoré ses caresses.
Je regardais mon verre, n'osant presque pas y toucher. Vraiment…sortir en boîte avec Sarah, ça pouvait être marrant. Une soirée entre filles, sans contraintes, sans soucis. Mais sortir avec eux…c'était…gênant. Mon assurance était en train de m'abandonner…
-Qu'est-ce que tu fabriques ici ? M'apostropha la voix acide de Sirius.
-Ben quoi, intervint Sarah en me prenant par les épaules. Tu crois qu'il y a que toi qui a le droit de t'amuser ?
Elle avait beau prendre un air de petite fille, son regard était inquisiteur. Il semblait vouloir dire « Tu t'amuses un peu trop mon grand. Dans tous les sens du terme. A nous de jouer maintenant ».
Sarah me dit un clin d'œil, et leva son verre en criant « Un, deux…TROIS ». Elle le vida en une fois, et je l'imitais. Bien mal m'en prit, je trouvai le goût insupportable, et ne put réprimer une grosse grimace.
-Eh ! Mam'zelle !
Je reconnais un des garçons sur qui j'étais tombée dix minutes plus tôt. Et contrairement à ce que j'avais cru comprendre…il s'adressait à moi, et non pas à Sarah.
-En fait, on fête l'enterrement de vie de garçon d'un pote. Alors j'ai une question à vous poser. Vous voulez bien répondre ?
-Quelle est cette question ? Dis-je, amusée.
-Non, dîtes d'abord que vous allez répondre.
-Elle va répondre, assura Sarah.
-Ok. Allez-y.
-Vous portez bien des bas noires ? Avec porte-jarretelle ?
Je rougis, et Sarah éclata de rire. Le type précisa, comme pour se justifier :
-Quand vous nous êtes tombée dessus, votre robe s'est retroussée. Mais on s'est pas trop rincé l'œil, hein ! Juste, je gagne dix gallions si j'ai juste !
-Vous avez tout à fait juste, répondis-je.
Il se retourna vers ses amis en ricanant et leva son pouce. Ils lui répondirent par des gestes incompréhensibles. Il me refit face.
-J'ai cinq gallions supplémentaires sur vous remontez votre robe pour que l'on voit le porte-jarretelle.
Je croisai le regard de Sarah. Oh…après tout, nous avions parlé de jeu. Il jouait, je jouais. Il m'avait bien allumé le soir de la fameuse fête chez Sarah. Et puisqu'il n'y avait qu'ainsi que Monsieur perdait de sa lâcheté légendaire…
Je remontais ma robe, dévoilant mes cuisses, et les bas de Sarah que je portais parfaitement. J'aperçu Remus rougir et détourner précipitamment les yeux. Je fixais Sirius avec insolence et défi, tandis que l'autre garçon retournait en riant à gorge déployée, à la table de ses amis.
-A boire, Black, exigea Sarah en lui tendant son verre vide.
-Oublie Guerlishman, protesta Sirius. La barmaid est pas conne. Elle m'a précisée que c'était les deux seuls qu'elle me laissait prendre pour vous.
Sarah fit la grimace.
Nous nous séparâmes là. Peu à peu, la piste de danse se vida. La grande majorité des clients étaient des mineurs. La grande majorité n'eût donc droit qu'à un jus de citrouille, et déserta la piste. A minuit et demi, il n'y eût plus grand monde dans la boîte.
Sirius ne cessait de me regarder. Je le voyais bien. Je flirtais donc ouvertement. Je voulais le pousser à bout. Complètement. Je pouvais gagner le jeu. Au jeu de la tentation, il avait été le premier à s'y brûler les ailes. Et la soirée était loin d'être fini…le mur de froideur allait tomber…et ensuite c'était toutes les résistances une à une…
Il s'approcha soudain de nous, escorté par Remus et Frank, et ces mots jaillirent de sa bouche :
-Voulez-vous aller à une vraie fête ?
OoOoOoOoOoOoO
Il ne savait décidément pas ce qu'il voulait.
C'est ce que j'étais entrain de me dire alors que j'enfilai un casque de moto. Sarah et Frank était parti avec Remus, en transplanant. Remus qui ne savait pas transplaner depuis longtemps n'avait pas pu prendre une troisième personne. Et Sirius ne voulait pas abandonner sa moto. Ou il souhaitait passer un moment avec moi.
-Où va-t-on ? Demandai-je en enfonçant le casque sur ma tête.
-Dans un endroit assez insolite, mais où l'on peut s'amuser jusqu'au petit matin.
-Je travaille demain, précisai-je.
-Tu pensais vraiment sortir avec Guerlishman et être fraîche comme un rose demain ?
Il remarqua que j'étais aux prises avec l'attache du casque, et son regard perdit de sa dureté. Il tendit les mains vers moi et m'attacha correctement le casque. Ses mains, si proche de mon cou firent s'affoler mon cœur qui ne se rappelait que trop bien de ses lèvres baisant ma clavicule.
Je jouai franc jeu.
-Tu veux prendre la moto parce que tu ne souhaites vraiment pas l'abandonner ? Ou c'était une excuse pour me parler ?
-Qu'est-ce que j'aurai d'intéressant à te dire mini-Potter ?
Je restai muette. Il reprit en riant :
-Et toi ? Tu as délibérément empoisonné James pour me voir seul ou c'était vraiment un accident ?
-Tu crois vraiment que j'aurai rendu malade mon propre frère ? Protestai-je. J'ignorai où Remus et toi alliez passer votre soirée !
-Je plaisantais. Tu es une bonne petite fille.
Il s'assit au-devant de la moto, et m'intima de m'accrocher à sa taille.
-Je ne suis pas une petite fille, chantonnai-je, l'air de rien.
Il attrapa mes bras et les enroula autour de sa taille. Fermement. Il me jeta un coup d'œil, de devant. Le même genre de regard auquel j'avais souvent eu affaire ces derniers temps.
-Tu devrais porter un casque, lançai-je mal à l'aise.
-Dans ce cas, toi tu n'en aurais pas. Je ne veux prendre aucun risque avec la précieuse petite sœur de James.
Vers une heure du matin, nous étions arrivés dans un coin désert du Londres moldu.
Sirius me fit descendre de la moto. Et je trébuchais de mes talons aiguilles. Il me rattrapa. Sans rire. Sans boutade. Sans moquerie. Son bras me retenait. Comme s'il m'enlaçait. Il me retira sans mot dire le casque, et je secouai ma tête pour chasser mes mèches rebelles qui s'étaient collées à mon visage. Il attrapa les mèches et les lissa derrière mon oreille.
-Sirius, soufflai-je consciente de l'atmosphère lourde de désir.
Ses lèvres étaient si proches des miennes. Un pas. Un seul aurait suffi à nous réunir. Son bras enserra ma chute de rein.
-C'est toi, murmura-t-il.
-De quoi ?
-C'est toi qui m'a demandé de ne pas dépasser la limite.
Il se décolla de moi, et partit droit devant. Je lui emboîtai le pas. Frustrée comme jamais. D'accord j'avais dit ces bêtises…mais c'était parce que je ne savais pas ce que je voulais…aujourd'hui encore je ne le savais pas bien. Une chose était néanmoins claire dans ma tête : je le voulais lui. Sur le long terme de préférence. Mais je le voulais lui.
Nous étions entrés dans un petit pub irlandais, aux néons d'émeraudes qui indiquait « Au Farfadet des collines ».
La vérité, c'était que nous ne nous étions probablement jamais autant amusés.
A peine étions-nous entrés que les bières s'entrechoquaient. Les clients étaient nombreux et regardaient un match de rugby à une télévision. Ils chantaient. Un petit groupe d'hommes s'était improvisé musiciens et jouaient des airs gaies, des chansons paillardes.
A deux heures et demie du matin, nous sommes montés sur les tables. Après une bière et des plaisanteries communes, Sirius s'était dégelé. Il m'avait aidé à grimper sur la table et m'avait retenu de trébucher en riant aux éclats. Ce fut lui qui m'enleva mes chaussures de torture.
J'étais assise sur la table en bois. Et il s'était penché pour m'ôter les escarpins. Son regard me vrillait. Je balançai les jambes et il protestait de ne pouvoir m'enlever les chaussures. Imperceptiblement, il caressa un de mes mollets.
Sarah aussi s'amusait. Je le voyais bien. Nous rions comme des fous, tous ensemble, et nous finîmes par danser avec les autres clients du bar, à tourniquet, croisant nos coudes, dansant le rock'n'roll.
-Fais-moi danser, Sirius, demandai-je après avoir dansé une dernière fois avec Remus.
Je m'étais postée devant lui, le seul encore à notre table, qui buvait une chope de bière.
-S'il te plaît, insistai-je en le prenant par la main et en lui offrant un grand sourire.
Je le sentis frémir.
-Pourquoi ? Tu as Remus.
-Oui, mais j'en ai marre de me faire marcher sur les pieds.
-Hey ! Protesta la voix de Remus.
-S'il te plaît…
Il posa violemment sa chope et se leva de sa chaise.
Pendant un instant, Sirius redevint le Sirius d'autrefois. A mille lieues de celui que je voulais séduire. A mille lieues de celui qui avait été si froid avec moi. Ses mains caressaient mes cheveux.
-J'aime bien quand tu me tiens contre toi, soufflai-je un peu grisée par les nombreuses chopes de bières que nous avions déjà bu.
Il s'assit à côté de moi, lorsque nous décidâmes de faire une partie de poker. Les derniers clients du pub s'installèrent avec nous.
-Arrêtez de tricher ! S'énervait Remus alors que Sirius se penchait régulièrement vers moi pour observer mon jeu.
-Je triche pas ! Protestai-je.
-Elle triche pas ! Renchérit Sirius en m'attirant à lui dans un geste consolateur.
Je souris comme une bienheureuse, blottie dans ses bras. Même si je devinais que son geste avait plus été machinale. Il m'enlaçait souvent dans ce geste fraternel lorsque j'étais plus jeune. Ça n'avait rien avoir avec l'étreinte bestiale d'hier. Mais c'était très tendre. Tellement bon.
-Elle non, toi oui, répliqua Remus d'un ton sans appel.
-Il est vraiment méchant, marmonnait Sirius en posant sa tête sur la mienne, zieutant sur mon jeu.
-Vraiment méchant, répétais-je.
J'étais exténuée. Exténuée et un peu joyeuse. Je m'emparai de la main que Sirius avait posée sur sa cuisse. Et il ne la retira pas. Je le vis juste se pencher vers moi.
-Qu'est-ce que tu cherches ? Me demanda-t-il si doucement que je fus la seule à l'entendre.
-La même chose que toi, répondis-je en faisant semblant d'être concentrée sur mon jeu.
Plus tard dans la soirée, je partis aux toilettes me rincer le visage. Devant le miroir, je me dis que Sarah avait vraiment fait des merveilles, tant avec ma coiffure qu'avec mon maquillage. Je me dis aussi que je risquais d'avoir un réveil douloureux le lendemain…
En sortant, j'entendis Remus et Sirius qui parlaient dans les toilettes des hommes.
-J'ai vu comment tu regardais Lux ce soir, disait Remus.
-Ah. Et ?
-Et c'était tout sauf un regard fraternel.
-Si tu le dis.
-Elle non plus ne posait pas sur toi un regard purement amical.
-Je sais.
-Qu'est-ce que tu mijote ?
-Oh rien. Je vis au jour le jour. C'est plus simple, dans ce genre de situation, tu ne crois pas ?
-C'est…c'est à toi de voir…mais ne fais rien que tu pourrais regretter ensuite…
J'entendis Remus sortir des toilettes. Je vis sa chevelure de miel passait à proximité de moi. Je sortis des toilettes pour femmes, et me mis dos au mur, m'appuyant sur celui-ci.
Sirius ne tarda pas à sortir et me regarda étonné. Je vis ses yeux se baisser inévitablement sur ma poitrine mise en valeur par le bustier étriqué de la robe. Sur mes jambes dévoilées par le jupon de la robe qui s'arrêtait juste au-dessus du genou.
Je décidai de jouer franc-jeu. Autant y aller sans se prendre la tête avait-il dit. Mais honnêtement, la fatigue et l'alcool ingéré m'avaient beaucoup enhardi.
-C'est vrai que j'ai dit que je ne voulais pas que tu dépasses les limites. Mais j'avoue que je préfère ça plutôt que tu m'évite.
-Je n'ai jamais…
-Si, répliquai-je. Mais c'est dans ta nature, ça va de pair avec ta lâcheté, alors je te pardonne.
-Ma quoi ? Non mais t'as pas…
-Je vais te dire ce que je pense, Sirius, dis-je. Approche.
Il eût un sourire désabusé et franchit les trois pas qui nous séparaient.
-Je t'ai demandé de ne pas faire ça, souffla-t-il.
Il était si près que je sentais son souffle sur mon visage. Joueuse, je commençai à caresser ses avant-bras en me mordillant la lèvre supérieure.
-Faire quoi ?
-C'est comme si tu essayais de me draguer. Tu me…
-Peut-être que j'essaye vraiment ? Qu'est-ce que tu dirais ?
-Que ça n'est pas dans ta nature.
-J'ai envie de toi, déclarai-je d'un ton sérieux en le regardant droit dans les yeux. Peut-être autant que toi. Autant que toi hier soir. Je pense qu'à toi. Je pense plus qu'à toi qu'à Teddy. Je rêve de toi. Je veux que tu me touche. Comme hier. Plus qu'hier.
Il eût un sourire amusé. Et une de ses mains se faufila sur ma jambe et remonta le long de ma cuisse, sous la robe.
-Comme ça ?
-Encore plus, répondis-je en me mordant la lèvre.
-Si tu fais ça, ça m'excite, dit-il.
-Faire quoi ?
-Avec ta lèvre.
-Désolée. Je ne faisais pas exprès.
Je le regardais droit dans les yeux. Une petite voix au fond de moi me soufflait que le lendemain matin, lorsque les effets de l'alcool auraient disparus, je serai morte de honte de lui avoir dit tout ça. Mais je préférais ranger cette petite voix. J'avais tout le lendemain pour regretter. Toute la nuit pour profiter.
-Je veux te toucher aussi, poursuivis-je. Je veux être à toi. Mais j'ai peur. Parce qu'il y a James. Je te crois pas quand tu dis qu'hier t'étais pas sérieux. Je sais que toi-aussi tu veux. Et que toi aussi t'ose pas. Mais moi, je suis prête à prendre tous les risques.
J'attrapai le col de sa chemise pour l'amener près de moi. Il plaqua ses mains contre le mur, m'enfermant. Je gardai son col entre mes mains.
-Tu ne te souviendra pas de ça demain, chuchota-t-il tout contre mes lèvres.
-Peut-être pas, répondis-je en fermant à demi mes yeux.
-Alors ok. Déclara-t-il. J'étais sérieux hier soir. Je ne regrette pas, c'est sûrement ça le pire. J'étais sérieux. J'arrive pas à te sortir de ma tête.
Une part de moi jubilait. Une autre répétait ses paroles en boucle dans ma tête afin de les ancrer profondément en moi, de sorte que je m'en souvienne demain matin.
Je levai les yeux pour croiser les siens. Il baissa son regard sur moi.
-Si je t'embrasse, tu fais quoi ? Dit-il.
-Je t'embrasse encore, répondis-je. Je ne te laisse pas retourner avec les autres.
Ses lèvres caressèrent mes joues. Puis se plaquèrent sur les miennes. Je serais davantage son col, puis posai mes mains sur mes joues. Je le sentis frémir, se détendre. Je me délectai de la sensation de sa peau sous mes mains. Sa langue se faufila entre mes lèvres, et je soupirai de bien-être dans ce baiser que j'aurai souhaité éternel.
Haletant, il se détacha de moi, et reprit mes lèvres.
Encore.
A suivre dans le chapitre 9, qui sera intitulé « We can be lovers ».
J'attends vos reviews avec impatience ! Vous remarquerez qu'elles m'ont bien encouragé à écrire le plus rapidement possible ce chapitre-ci =)
