Chapitre 20

Nous restâmes pour quelques instants les yeux rivés sur Nero pendant qu'il s'éloignait. Je rappelai Rosa à la tâche et nous nous dirigeâmes vers le pilier. Je le trouvai bien petit pour quelque chose de dangereux. Mais l'aura que dégageai cette structure était stupéfiante pour sa taille. Par mesure de précaution, tout en sachant bien qu'elle était régulièrement exposée à l'énergie démoniaque, je demandai à Rosa de m'attendre à l'extérieur de l'aura. A proximité, l'énergie qui se dégageai du petit obélisque était presque palpable tant elle était dense. J'examinai rapidement la surface, confirmant au passage mon intuition : cette stèle était faite de la même matière que les Portes des Enfers. La gravure qu'elle portait représentait un serpent noir, gueule grande ouverte, une expression meurtrière dans ses yeux rouges fendus de noir. Sur chacun de ses côtés étaient représentées deux autres serpents aux couleurs identiques, mais gueule fermée. Je reculai pour rejoindre Rosa et faire un point avec elle.

« -Alors ?

-Il s'agit probablement d'un Fragment de Porte des Enfers.

-Il y avait une Porte dans les environs ? Tout le Sanctuaire serait corrompu dans ce cas ! As-tu pensé au Tribunal ? ajouta Rosa après un moment de silence.

-C'est une piste, mais je ne vois pas ce que ça pourrait être. Des points d'observations ? Des démons enfermés patientant pour un signal lors de l'invasion ? réfléchit Vergil.

-Quoi que ce soit, il vaudrait peut-être mieux le détruire, non ?

-Je ne sais pas si c'est la meilleure chose à faire, Rosa. Ils nous ont simplement demandé d'examiner ce pilier. Nous l'avons fait.

-Vergil, si nous pouvons faire quelque chose pour arrêter l'influence de cette chose, alors je ne comprendrais pas que nous ne fassions rien. Si en plus cet objet est lié au plan du Tribunal, alors il faut faire quelque chose. »

Je savais bien entendu toutes ces choses. Mais ignorant la nature exacte de l'objet auquel nous faisions face, la prudence était de mise. La détermination que je lisais dans le regard de Rosa me disait que si je ne le faisais pas, elle le ferait elle-même. Et bien qu'ayant toute confiance en ces compétences de combat, si l'un de nous deux devait se mettre en danger en opérant sur cette chose, il valait mieux que ce soit moi. Avec une prise ferme sur Yamato, je libérai deux ondes de choc qui sectionnèrent efficacement la stèle. Des trois parties, c'est sans grande surprise celle fixée au sol qui eut une réaction. Dans un craquement sonore apparut la reproduction vivante quasi-parfaite de la gravure. Je notai toutefois l'apparition de nouveaux détails : la taille multipliée par deux par rapport à la gravure, un anneau d'or qui liait tous les serpents entre eux à deux tiers de leur longueur et une nouvelle forme grise indistincte qui semblait surplomber la tête principale. Je n'eus pas le temps d'identifier clairement ce dont il s'agissait puisque la-dite tête principale s'empressa d'attaquer. Rosa et moi nous trouvâmes séparés, ayant chacun esquivé l'assaut d'un côté. D'ordinaire, une telle situation n'aurait pas posé de problème mais Rosa n'était pas armée et je pressentais ce démon comme particulièrement vicieux. Il savait qui était le plus vulnérable de nous deux et à qui il valait mieux s'attaquer en premier pour s'assurer d'abattre ses deux opposants. Naturellement, ce ne fut pas après moi qu'il en eut. Mais ce genre de stratégie ne pouvait fonctionner que si l'écart de puissance n'était pas très grand entre les adversaires restants.

Et dans ce cas précis, je crus que ce démon s'était largement surestimé. Alors je recommençais à concentrer un peu d'énergie avec Yamato et l'attaquai pendant qu'il était focalisé sur Rosa. Alors que les ondes de choc allaient l'atteindre, une sphère se manifesta autour de la cible et les absorba. L'effet fut exactement le même que si j'avais choisi de ne rien faire. Déstabilisé par cet état de fait pour un court moment, je pris ensuite la décision de protéger Rosa jusqu'à ce que Nero revienne. L'espace était dégagé, il n'y avait donc pas d'endroit où se cacher. Je chaussai Beowulf, appelai quelques épées invoquées à moi et contournai aussi vite que possible les serpents liés. Pour l'instant, chaque museau qui tentait d'atteindre ma camarade mordait de l'air et de la poussière, rien de plus. Je voyais que sa tenue l'incommodait, rendait ses mouvements plus pénibles donc ses esquives plus fatigantes, mais pour une humaine, elle s'en tirait remarquablement. Hélas, une rapide analyse de sa position relative à celle de la prochaine tête qui attaquerai m'annonçait qu'elle n'aurait aucun moyen de s'en sortir par elle-même cette fois. D'un bond, je l'attrapai à la taille, envoyant le reste de mes épées sur la tête assaillante, certaines étant parties s'attaquer au corps durant ma course, sans grand succès. Par simple mesure de sécurité, je nous téléportais autant à l'écart du lieu de l'affrontement que possible. Malgré tout, l'atterrissage fut un peu chaotique et nous eûmes assez d'élan pour faire un tonneau ou deux.

« -Tout va bien ?

-Oui.

-Abrite-toi quelque part le temps que Nero arrive. Je vais le tenir occupé.

-Vergil ! Attends ! »

Depuis son apparition, quelque chose me dérangeait à propos de ce démon. Et voilà qu'à présent l'élément qui me dérangeait trouvé, Vergil s'en allait affronter un adversaire qu'il ne pourrait peut-être pas vaincre. Au milieu de cette bande de serpents noirs se trouvait en effet un serpent blanc. Ce serpent blanc était en fait le seul reste de l'entité originelle, avant qu'elle ne soit corrompue et scellée. C'est en fait cette dualité entre la partie corrompue et la partie intacte qui en faisait un ennemi coriace. Tant que la créature n'était pas corrompue entièrement, le bouclier que maintenait la partie saine empêcherait la plupart des attaques d'être efficace et elle nous empêcherait également de la soumettre par la force pure. Cependant, la partie Bête Mythique allait nous permettre de mettre fin au combat. En demandant solennellement l'aide de la créature mythique originelle avec un serment et une mention explicite de son nom, si le serment est sincère, il devrait réveiller la partie Bête mythique et se lier au prêteur de serment. Je l'aurais bien fait par moi-même mais si mes souvenirs sont justes, seul celui qui a libéré l'entité peut se lier à elle. Il fallait donc que je transmette ces informations à Vergil au plus vite avant qu'il ne se blesse en l'affrontant frontalement. Chose qu'il était en fait déjà en train de faire. En voulant porter un coup au contact avec Beowulf, il fut repoussé par le bouclier sans aucun ménagement. Il fit un court vol plané puis de ma position, je ne pus que voir son visage se tordre de douleur le temps d'un clignement d'œil. Il se releva ensuite quasi instantanément, appela des épées spectrales à lui et tenta de gagner du temps. Il ne fut pas sans remarquer que les épées avaient l'air de blesser l'assemblée de serpent, mais de façon superficielle. Il fit alors de son mieux pour se mettre à l'abri de futurs assauts, et par la même, sortit de mon champ de vision. Il était temps d'entrer à nouveau en scène et fournir une distraction. Je sortis de ma cachette, attrapai le premier caillou qui me passait sous la main et le lançait de toutes mes forces sur la tête principale. Étonnement, mon projectile ne rencontra aucun obstacle. La barrière n'avait pas du considérer le coup comme suffisamment puissant pour le filtrer. La meute se retourna comme prévu sur moi et nous reprîmes notre manège de tout à l'heure.

Je n'approuvai pas totalement la décision de Rosa mais elle m'était au moins utile. La seule arme qui semblait un tant soit peu utile était donc mes épées invoquées. Individuellement, elle ne lui faisait cependant pas grand chose tout en ne me coûtant pas grand chose non plus en énergie démoniaque. Si invoquer une unique mais plus puissante épée était la solution à ce problème, il faudrait alors le résoudre vite car je ne pourrais non seulement pas la maintenir longtemps mais aussi car utiliser trop de mon énergie risquerais peut-être d'handicaper Nero. Nous n'avions clairement pas besoin de deux personnes incapable de faire quoi que ce soit contre ce monstre. Je ne pourrai pas les défendre tous les deux en même temps.

Je rassemblai mon énergie le plus rapidement possible et à l'image de ses petites sœurs, la grande épée invoquée pris la forme de l'épée de mon père lorsque sa force est scellée. C'était après tout l'épée avec laquelle j'étais le plus familier. Dante avait toujours gardé Rebellion très jalousement. Mais ce n'était que partie remise, puisque j'avais toujours fait de même avec Yamato. Alors dans mon insatiable quête de savoir mais aussi de puissance, j'avais du convaincre Sparda de me prêter sa propre épée. A partir de là, j'avais développé un style utilisant mes mains habiles pour porter à la fois la Sparda et Yamato. Dans le cas présent, n'ayant pas la vraie Sparda en main et Yamato s'était révélé inutile, j'espérais tout de même de pas obtenir de résultats trop décevants. Je sortis de ma cachette, épée en main et profitait immédiatement de l'ouverture que m'offrait la diversion de Rosa. J'ouvris avec un coup d'estoc, pointe de la lame en avant. Malheureusement, je n'eus pas le temps de faire plus que cela puisque le champ de force se manifesta à nouveau et me renvoya vers ma position d'origine avec une brutalité hors norme. Je révoquai l'arme spectrale une fois le choc encaissé pour ne pas gaspiller d'énergie. Du coin de l'œil, je vis Rosa se faire toucher par une attaque. Une fois rétabli, je voulus aller l'aider mais à ma grande stupéfaction, les serpents étaient là, prêts à fondre sur moi à tout moment. La tête principale me faisait face et les six autres sur ses côtés semblaient faire leur maximum pour m'atteindre. La façon la plus simple de se sortir de cette situation était bien sûr le Devil Trigger, mais tant que Nero n'avait pas donné le moindre signe de vie je ne voulais pas y avoir recours. Ceci étant, j'avais dans l'idée que si la situation dégénérait, l'héritage de mon père se manifesterait sans que je n'aie mon mot à dire. En effet, dès que mon ennemi commença à plonger pour m'attaquer, je sentis l'agressivité m'envahir et certaines parties de mon corps réagir à la transformation imminente : doigts, dents, milieu du dos.

Soudainement, pour une raison sur laquelle je n'arrivais pas à me concentrer, l'adversaire changea de cible mais mon processus de transformation ne s'arrêta pas. Tout se brouilla autour de moi, le son se déforma, ma vue se couvrit du rouge du sang sec avant que tout ne s'éteigne.

« -Nero, il faut transmettre un message à Vergil au plus vite, tu saurais faire ça avec ton arc ?

-Je ne crois pas que le moment soit bien choisi, Rosa. Quelque chose cloche avec sa forme démoniaque. »

Nero avait raison. Depuis le coup qu'on lui avait asséné, Vergil s'était juste assis à l'endroit où il avait atterrit et prit sa forme démoniaque. Cette forme n'avait d'ailleurs pas grand chose de commun avec son frère. Là où celle de Dante semblait privilégier une apparence quasi-humaine, l'aîné des frères de Sparda avait assumé son héritage démoniaque dans les moindres détails. Le bleu de la veste de Vergil restait et c'était bien la seule chose qui permettrait d'identifier Vergil pour quelqu'un qui le connaissait depuis peu. Nous avions besoin de lui pour mettre un terme à ce combat, alors il fallait le sortir de cette torpeur dans laquelle il s'était enfermée. Il fallait juste que Nero retienne l'adversaire suffisamment longtemps pour que je puisse lui parler. Le tout n'était de ne pas montrer de peur à son approche, sans quoi il s'empresserait de l'utiliser.

« -Je vais aller le voir, concentre-toi sur les têtes noires s'il te plait, je n'en aurais pas pour longtemps.

-Rosa, il est dangereux dans cet état, je le sens !

-J'ai déjà été confrontée à cette situation, tout se passera bien. »

Je mis quelques temps à faire le premier pas en avant, mais une fois qu'il fut fait, tous les autres se firent sans que je n'eus besoin d'y penser. Alors pour finir de me rassurer, j'entrepris de détailler son apparence. Deux grandes ailes semblables à celle d'une chauve-souris s'étaient développées dans son dos, pourvues de griffes à chaque extrémité d'un os, et lui donnaient un gabarit impressionnant. Je voyais aussi une queue au bout pointu et résolument acéré dépassait de ce qui apparaissait être sa veste, assimilée par sa forme démoniaque. Le long de son bras droit était apparu une longue excroissance de laquelle je voyais dépasser le manche de Yamato, couverte de larges écailles bleues agencées de façon parfaitement symétrique par rapport à une marque noire qui courrait tout le long du côté extérieur du fourreau. En m'approchant, je pus enfin discerner son visage, paré d'une paire de corne, qui partaient d'au-dessus de ses oreilles, devenues noires et pointues, et dont les bouts se joignaient presque à une dizaine de centimètres de son front. La structure de son visage n'avait pas vraiment changé, mais sa tête semblait avoir grossie un peu, j'imaginai pour accommoder les cornes et les crocs dont deux impressionnants spécimens dépassaient de chaque lèvre, au niveau des canines. Son nez s'était par contre considérablement effacé, ne laissant qu'une petite bosse percée de deux trous à son emplacement. Quant à ses yeux, on ne voyait plus d'iris ou de pupille mais un simple vert uni et lumineux, beaucoup plus pâle que celui des miens. Son visage était aussi détouré par une sorte de jugulaire bleue qui partait, de chaque côté, du coin de ses yeux jusqu'à son menton. Une fois un genou à terre à côté de lui, je pus voir de plus près le reste de son corps. Ses mains déformées et épaissies d'une couche d'écailles qui couvraient chacune de ses longues griffes, ses pieds eux aussi griffus doté d'une sorte d'ergot, les écailles plus épaisses au niveau des articulations, ses membres qui suivaient le même principe que le fourreau à ceci près que la ligne noire était à l'intérieur et non plus à l'extérieur. Après quelques instants à m'ignorer, Vergil, car il s'agissait bien de lui sous toutes ces écailles, tourna la tête vers moi.

« -N'as-tu pas peur, misérable humain ? Il suffirait que j'étende le bras pour te tordre la nuque ! Alors pourquoi ne trembles-tu pas comme une feuille ? commença le démon avec une voix présentant un écho.

-J'ai déjà rencontré ton frère dans cette situation. J'en suis ressortie vivante, je ne vois pas pourquoi l'issue serait différente.

-Mon « frère » ? Je n'ai rien qui soit un « frère », humain. Tu as rencontré mon autre, celui avec lequel je ne devrais faire qu'un. S'il t'a épargné, c'est que parmi les faibles humains, tu es spéciale. Ma conduite ne variera donc pas, affirma le démon azur.

-Merci. Nous avons besoin de ton aide. Il n'y a que toi qui peut mettre un terme au combat qui est en train de se dérouler. Il faut que tu prêtes serment en appelant son nom, Shesha. Si ta volonté est assez forte, alors les restes de la Créature Mythique prévaudront sur la Corruption qui la ronge et elle se ralliera à toi. »

A la fin de mon explication, il eut un sourire qui me donna des frissons dans le dos. Je ne sus pas vraiment si c'était le fait de voir ces deux rangées de dents tranchantes ou la déformation un peu malsaine de son visage en elle-même qui m'inquiétait le plus. Je n'eus pas non plus le temps de vraiment m'attarder sur la question puisqu'un flash nous enveloppa tout à coup. Prise d'un élan de panique, je me repliais vers l'être vivant le plus proche. Puis l'instant suivant, j'étais protégée d'un torrent de lumière rouge par ce démon à qui j'avais montré suffisamment de faiblesse pour qu'il ait toutes les raisons de me tuer, sous le regard abasourdi d'un Néro prisonnier d'une sorte d'anneau d'or. Lorsque le torrent d'énergie cessa de se déverser autour de nous, les écailles de notre protecteur semblèrent se vaporiser, laissant apparaître Vergil. Sans un regard pour nous, il se retourna vers la bande de serpent et déclama sans la moindre faille, d'un ton sans appel :

« -Moi, Vergil, fils aîné du Légendaire Chevalier Noir Sparda, demande à former un pacte avec Shesha. Je fais par la présente le serment de protéger mes présents et futurs compagnons d'armes. »

L'anneau doré luisit, comme répondant à l'appel de Vergil. Il souleva les huit serpents jusqu'à ce qu'ils ne touchent plus le sol et fit tourner la créature jusqu'à ce que la tête blanche puisse se présenter devant le frère de Dante. Nimbée d'un peu de lumière, la sphère sur le haut de sa tête luisant de la même couleur que l'anneau, le reptile se pencha vers le prêteur de serment et répondit d'une voix tout aussi claire :

« -Moi, Shesha, ai entendu ton appel, Vergil, Fils de Sparda. J'y réponds en endossant une forme qui t'aidera à respecter ton serment, jusqu'à ce que tu me relâches, que tu trouves la mort ou que tu brises sciemment ton serment. Je ne te demanderai qu'une simple chose : tant que nous serons sous tes ordres, renommes-nous, moi et mes sept frères.

-Dans ce cas, tu seras Athéna, tes frères seront Arès.

-Bien, alors nous te confions nos pouvoirs. »

Sur ces mots, chacun des reptiles devint une sphère lumineuse rouge ou blanche suivant la couleur de son corps. L'anneau qui les retenait vint se placer devant Vergil, en s'inclinant légèrement, puis chacune des billes de lumière se plaça à intervalle régulier le long de la courbe, la perle blanche désignant une sorte de Nord. Lorsque Vergil mis ses mains sous l'anneau, l'intérieur brilla pour quelques instants pour révéla une surface solide représentant tête du serpent blanc vue de haut, avec quelques motifs bleus et une petite bosse là où se trouvait auparavant la sphère qu'il portait. C'était un grand bouclier, dont le diamètre s'étendait de l'épaule de Vergil à une dizaine de centimètres après sa main, dont le seul autre élément de décoration étaient une denture de petite taille couleur ivoire tout le long du tour de la pièce d'armure.

Tout était enfin calme. Plus de combats, plus de malentendus. Il y avait encore beaucoup de choses qui m'échappait mais tout était bel et bien fini. Pour l'instant. Nous avions fait toute cette escale pour obtenir un moyen de soustraire Dante de sa prison de pierre. Et d'ici peu, nous aurions ce que nous étions venus chercher, avec quelques cadeaux et souvenirs supplémentaires. Je pris une grande inspiration, m'assis puis m'allongeai dans la poussière. Les cieux étaient clairs, alors notre voyage serait serein. Mes deux camarades, par contre, semblaient un peu intrigués par mon attitude.

« -On dirait que je serais la seule à ne pas avoir de nouveau jouet aujourd'hui. Ce n'est peut-être que justice après le poids que j'ai du être pour vous deux aujourd'hui.

-C'est vrai que nous avertir qu'il vaudrait mieux se préparer à tout et venir sans armes et dans une tenue pareille… remarqua Nero. Elle te va très bien mais… se rattrapa le jeune homme.

-Je sais. Cette robe appartenait à ma mère. C'était sa robe d'élémentaliste. J'espérais qu'il se passerait quelque chose, que son héritage ne mourrait pas.

-Peut-être qu'il te manquait un élément ? J'ai trouvé une broche en fouillant un peu les étagères de la chambre.

-Je suis touchée que tu t'investisses Vergil, mais je ne compte plus continuer à chasser mes vieux fantômes. Dès que nous rentrons, je reprends Gungnir, Fafnir et Fenris, on va libérer Dante et on règle le compte de ce tribunal à coup de bon vieux métal. Qu'est ce que vous en dites ? Conlut Rosa avec un fin sourire. »