A nouveau, je tenais à toutes (et tous?) vous remerciez d'être encore et toujours là.
Merci pour vos retours et vos mises en follow et favoris.
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Merci à Chipie et Mysty pour votre fidélité.
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Merci à Cha, ma beta et amie.
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Enjoy.
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Chapitre VIII : « Et la mémoire se déchire »
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Assis sur les marches qui mènent au bureau de la crim', Dean fixe ses deux mains croisées entre ses genoux. Il salue distraitement, sans vraiment les voir, ses collègues qui grimpent et descendent les escaliers.
« Salut, beau gosse… On peut savoir ce que tu fais là tout seul ? » lance Jody en s'asseyant à sa droite tout en lui frappant la cuisse.
« J'attends Ash… Dagon aurait des infos à partager au sujet de Walker », en levant les yeux au plafond, peu convaincu.
« Tu parles de LA Dagon, le dragon des stup' ? » s'étonne-t-elle, amusée. « On peut savoir à quoi est dû ce soudain revirement ? Je croyais qu'on vous avait retiré l'affaire ? », plus sérieuse.
« C'est le cas », en prenant appui sur les marches supérieures. « Faut croire que l'info ne nuira pas à sa si précieuse enquête », sourire entendu. « Si info, il y a », précise-t-il.
« Désolé de te décevoir, mec… Mais sur le coup, c'en est une et une sacrée » lance Ash du palier en entamant sa descente. « Et je sais pas pourquoi, mais je sens que ça va pas te plaire », en saluant Jody d'un hochement de tête.
« Vas-y », en se levant. « Crache le morceau ».
Ash passe de Jody à Dean puis soupire et lui tend le dossier qu'il tient dans sa main droite.
« Tu te rappelles de Jared Bender ? »
« Bender ? », en fronçant le nez. « Le mec dont Pam nous a parlé ? »
« Tu disais que sa tête te disait quelque chose, tu te souviens ? », en dévalant les dernières marches avec les deux autres sur ses pas.
« Oui et ? », en ouvrant le dossier.
« Il travaillait pour Walker… Et devine pour qui travaillait notre cher Gordon à l'époque ? », en lui faisant face.
Dean reste muet quand son regard se fige sur la première page du dossier.
« Dean ? » l'interpelle Jody.
« Crowley » laisse-t-il tomber d'une voix atone.
« Notre bon vieux Fergus. Et devine le plus beau dans l'histoire ? » relance Ash, d'un air satisfait.
« Ils n'ont pas osé » gronde Dean en pâlissant tout en relevant la tête.
Devant le visage dubitatif de Jody et celui de Dean qui s'assombrit, Ash réagit.
« Dagon m'a certifié qu'elle n'était pas au courant… Et je la crois » précise-t-il.
« Au courant de quoi ? » s'énerve Jody.
« Ce fils de pute devait savoir » rage Dean, refermant sèchement le dossier.
« Quel fils de pute ? Vous allez finir par cracher le morceau, oui ? » explose Jody.
« L'inspecteur Ramiel, l'ancien chef des stup' » répond Ash en version messe basse. « Il enquêtait sur Crowley depuis plusieurs années… C'est lui qui a dirigé la descente dans les entrepôts »
« Bon… Suivez-moi » exige Jody en les tirant tous les deux par le bras et les poussant dans une pièce annexe. « Vous pouvez nous laisser cinq minutes, s'il vous plaît ? », en s'adressant à un jeune officier en uniforme qui se sert un café.
« Pas de problème », sourire crispé, n'insistant pas vu la mine peu avenante des trois inspecteurs.
Dès la porte refermée, Dean se détache brusquement de la prise de Jody et se met à faire les cent pas.
« On recommence tout depuis le début » exige-t-elle, bras croisés. « Dagon ? », en se tournant vers Ash.
« Elle m'a téléphoné il y a moins d'une heure pour me signaler qu'elle avait une info à propos de Walker… J'ai contacté Dean, il m'a dit de foncer, qu'il arrivait », attendant sa réaction.
« Continue » lui ordonne-t-elle alors que Dean s'appuie sur l'un des deux bureaux de la pièce.
« Le frère de Jared Bender a contacté Dagon il y a quelques jours, après avoir appris la mort de Walker… Il a balancé que Jared, paniqué, lui avait téléphoné ce jour-là. Il a prétendu être avec Walker quand ce dernier a agressé Dean dans l'entrepôt… Gordon lui aurait refilé le pied de biche, emballé dans sa chemise tachée de sang, en lui ordonnant de retourner à Hibbing, dans le Minnesota et de l'attendre… Sauf que Bender n'y est jamais arrivé »
« Pourquoi attendre si longtemps pour tout déballer ? » se demande Jody.
« Walker mort, il ne craignait plus les représailles et pouvait exiger justice pour son frère »
« Justice ? », de plus en plus perplexe.
« Bender prétend que Walker travaillait comme informateur pour Ramiel et qu'ils auraient fait exécuter Jared pour le faire taire »
« Et Dagon l'a cru ? », estomaquée.
« Aucune des enquêtes ouvertes à l'encontre de Walker n'a jamais abouti… Et ces seules condamnations se rapportent à des faits mineurs. Elle en est venue à la conclusion qu'il était protégé, mais elle n'a rien pour étayer ses soupçons »
« Ramiel voulait la tête de Crowley comme trophée pour asseoir sa réputation de justicier des temps modernes et ainsi pouvoir accéder à son unique but : un siège au département de la justice. Son ambition a toujours été de finir en politique, il ne s'en est jamais caché », crache Dean, amer.
« L'arrestation de Crowley a fait passer la mort de Bender inaperçue… Mais celle de Walker a réveillé les vieux démons », souligne Ash.
« Qu'en pense Dagon ? » s'interroge Jody en venant s'appuyer à côté de Dean qui se mordille nerveusement les lèvres.
« Sans preuve, elle ne peut pas grand-chose… Pas d'arme du crime, pas de chemise, plus de Bender, plus de Walker… Personne pour témoigner contre lui »
« Et Crowley ? » s'enquiert Jody.
« Dagon a fait une demande d'audience auprès de son avocat. », répond Ash. « Il semblerait que Crowley ait accepté une entrevue. »
« Le King ne va pas apprécier » sourit Dean, mauvais.
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Plusieurs coups sur la porte les font sursauter.
« Oui ? » répond-elle.
« Jody ? » fait Garth en pointant le bout de son nez. « Enfin ! », soulagé. « Je t'ai cherchée partout… On nous a signalé une disparition d'enfant… Tu as encore oublié ton téléphone sur ton bureau », en entrant et lui tendant. « Salut les gars », en passant de Dean à Ash, doux sourire sur le visage.
« Hey, Garth… Désolé de te l'avoir accaparée », en se redressant, suivi de Jody.
« Tiens-moi au courant » exige celle-ci en reprenant son téléphone.
« Promis », en la regardant suivre Garth qui les salue d'un petit mouvement de main.
La porte se referme sur le silence.
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« Si Crowley apprend pour Ramiel… », marmonne Ash.
« Dagon ne va lui parler que de Walker et Bender », en se passant les mains sur le visage.
« Dean », n'appréciant pas de se faire prendre pour un con.
« Écoute, mec… J'ai pas envie d'y penser pour le moment », las. « Tout ce que je sais, c'est que Crowley est un mec intelligent et rusé surtout… Il ne tuera pas ce fumier, rassure-toi », en lui souriant. « Par contre, je pense que ses jours au département de la justice sont comptés », en posant une main sur l'épaule de son collègue. « Viens… Je t'offre , pour fêter ça, une tasse de café digne de ce nom pour fêter ça », en grimaçant devant le pot de verre du percolateur à moitié plein.
« J'ai besoin d'un truc plus fort… Entre ton histoire d'ange,il y a deux jours et maintenant cette histoire avec Ramiel… J'ai l'impression de vivre dans un monde parallèle »
« Welcome in my world », rit Dean doucement en l'entraînant vers la sortie.
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Il est plus de minuit quand la porte du restaurant se referme sur Charlie et Castiel. Mama les salue une dernière fois d'un sourire bref mais chaleureux, tourne le panneau : « Closed » avant de tirer le rideau à carreaux rouges.
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Elle vit au premier étage juste au-dessus de la salle. Un jour, par curiosité, Charlie a demandé à Ezio si sa mère quittait parfois la maison.
Il avait souri en haussant les épaules.
« Elle part au pays deux semaines par an pour dire bonjour à la famille », nonchalamment avant de retourner derrière le comptoir.
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Charlie frisonne et resserre son blazer bleu.
« Tu as froid ? » s'inquiète Castiel.
« Un peu mais marcher va me réchauffer », en sortant son casque audio de son sac en bandoulière.
« Tu n'as pas pris ton vélo ? » s'étonne-t-il en mettant ses mains dans ses poches.
« J'ai crevé et j'avais pas le temps de changer de roue », en glissant le casque autour de son cou.
« Tu veux que je te raccompagne ? », en jetant un regard soucieux sur la rue mal éclairée.
Elle s'apprête à refuser en arguant qu'un bon jet de bonbonne de laque dans les yeux est aussi efficace qu'une paire de joyeuses, mais se rétracte à la dernière seconde.
« T'es trop gentil », en lui souriant et se calant à sa droite. « Mais t'es sûr que ça va aller ? J'habite à l'opposé de chez toi », soudainement prise de remords.
« Ce n'est pas chez moi » lui répond-il tout en l'invitant à lui montrer le chemin.
« C'est par là » bredouille-t-elle, surprise par sa réplique.
« Allons-y », l'incite-t-il en lui souriant, sans âme.
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Après quelques mètres, Charlie n'y tient plus. Elle n'a jamais aimé le silence, ça l'angoisse. C'est l'une des raisons pour lesquelles elle ne se sépare jamais de son casque et de sa musique. Le bruit la rassure.
« Je peux te poser une question ? » lance-t-elle, faussement innocente.
Il opine tout en gardant les yeux fixés droit devant lui.
« Pourquoi tu as accepté de faire la plonge chez Mama ? »
Il s'arrête et se tourne vers elle.
« On en parlait avec Ezio » continue-t-elle en dandinant sur ses pieds. « C'est vrai quoi ? T'as rien d'un plongeur… Et puis tu as la librairie… On se demandait juste… Bah pourquoi ? », embarrassée, en nouant nerveusement ses doigts autour de la lanière de son sac.
« J'ai vu l'annonce sur la devanture. Je cherchais du travail et un… salaire », fronçant les sourcils comme si ce mot n'avait aucun sens pour lui.
« Tu aurais pu trouver mieux »
Il la regarde perplexe.
« T'es intelligent, tu connais plein de trucs… Tu dois être bardé de diplômes en plus, non ? », curieuse.
« Je ne suis jamais allé dans ce que vous appelez… une école », en reprenant sa route.
« Attends » le rattrape Charlie, médusée. « T'as jamais fréquenté une école ? », en se postant devant lui. « C'est vrai ? », épatée. « T'es quoi alors ? Une sorte de génie autodidacte ? », de plus en plus inquisitrice. « Et puis pourquoi quand tu distoujours vous quand tu parles de nous ? », mains sur les hanches, lui bloquant le passage.
« Pardon ? », incrédule.
« Ce que vous appelez » répète-t-elle, yeux plissés.
« J'ai du mal avec le pronom tu », en la contournant.
« Castiel », courant pour le rattraper. « Sois pas fâché » le supplie-t-elle.
« Je ne le suis pas », tiquant, sincèrement étonné par sa remarque.
« T'es trop chou », en lui attrapant le bras et se collant à lui.
Elle le sent se tendre, sur la défensive, mais ne le lâche pas pour autant.
« Première à droite », en faignant l'indifférence.
« À droite de quoi ? », d'une voix hésitante.
« La première rue à droite… Tu sais, pour rentrer chez moi ? », en levant les yeux dans les siens.
« Oh », perplexe. « Oui », semblant se reconnecter.
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Après quelques minutes, Charlie frisonne à nouveau. Elle glisse une de ses mains dans son blaser et distraitement va nouer l'autre à celle de Castiel, dans la poche son trench coat.
« Charlie », en stoppant net.
« C'est en tout bien tout honneur », se défend-elle aussitôt. « Je ne suis pas branchée mecs, tu te rappelles ? Je préfère les femmes », se dandinant d'un pied sur l'autre.
« Je me souviens », en opinant.
« Là, j'ai juste froid », tête basse. « Vraiment froid »
Devant son absence de réaction, elle finit par relever le menton. Les yeux de Castiel se sont égarés dans le vide.
« Castiel ? », en le voyant sourire avec une tendresse infinie.
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Il est là.
Dean, portant sa veste de cuir tanné, appuyé contre le capot de sa précieuse Impala.
« C'est quoi, nous ? » lui demande Dean, sans oser croiser son regard.
« Je ne sais pas » répond Castiel en s'installant à sa gauche. « Mais a-t-on besoin de donner un nom à ce que nous sommes ? À ce que nous ressentons l'un pour l'autre ? », en fixant le même point invisible à l'horizon.
« Je sais ce que je ressens pour toi », bafouille Dean, mains dans les poches de sa veste, épaules voûtées.
« Je le sais aussi… Ça devrait nous suffire », avec un léger sourire.
« Je sais pas, mec… Ça me fout la trouille… Depuis Nick, j'ai du mal à gérer tous ces trucs, et puis je te signale que tu n'es pas humain »
Les mots lui font mal. Castiel sent ce cœur qui est devenu le sien depuis plusieurs mois se serrer douloureusement. Ses doigts se crispent sur le bord du capot.
« Humain… Ce n'est qu'un mot », la voix grave. « Rien qu'un mot », en baissant la tête.
« Pardon », s'excuse aussitôt Dean en sortant les mains de ses poches. « Ce n'est pas ce que je voulais dire », en posant celle de gauche sur la droite de Castiel.
« C'est parce que je suis un ange que tu ne veux pas… », suspendant sa phrase. « Parce que ce vaisseau… n'est pas le mien ? » reprend-il en nouant ses doigts à ceux de Dean.
« Nop », en dodelinant de la tête tout en jouant avec leurs doigts liés. « J'aime le corps que tu as choisi, il te correspond… Il est… parfait », en rougissant. « Tu es parfait, Cass… Ton corps, ta grâce… Toi », presque dans un murmure. « Je me sens tellement con », en rejetant la tête en arrière dans un rire nerveux.
Il sent le regard de Castiel sur lui. Leurs yeux se croisent.
« Et puis merde » marmonne Dean en se penchant doucement pour joindre ses lèvres aux siennes.
Leur premier baiser. Juste une caresse. Un front contre l'autre et les respirations qui se mêlent.
« Waouh » s'amuse Dean, les joues en feu.
« Dean » quémande la voix rauque.
« J'adore quand tu prononces mon prénom », en lui attrapant la nuque de sa main libre. « J'adore ça », en l'embrassant une nouvelle fois.
Cette fois-ci, le baiser est plus long, Castiel y répond avec maladresse mais Dean s'en fiche.
C'est le putain de plus beau baiser de toute sa chienne de vie, en lui mordillant la lèvre pour l'obliger à ouvrir la bouche.
Leurs langues se goûtent, se battent, dansent et s'accordent. Dean finit par l'écarter pour reprendre son souffle.
« Je crois que je t'aime », soupire l'ange alors que sa main gauche se met à dessiner chaque trait du visage de son compagnon.
« Dis pas ça », marmonne Dean en le faisant taire d'un nouveau baiser, bien plus fougueux, lâchant leurs mains nouées pour prendre le visage de Castiel en coupe et y boire jusqu'à l'ivresse.
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« Castiel ? Castiel ? », le sortant de sa torpeur.
« Charlie ? », en clignant des yeux.
« Tu étais loin », avec une pointe d'affection dans la voix.
Il ne dit rien, se contentant de lui sourire et de nouer leurs doigts dans sa poche.
« Merci » lui répond-elle.
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Ils reprennent la route. Charlie cale sa tête contre le torse de Castiel. Pour la première fois depuis la mort de sa mère, elle apprécie le silence qui l'entoure.
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Arrivée devant chez elle, elle dénoue à regret leurs doigts.
« Merci pour la balade », en fouillant dans son sac pour retrouver ses clefs.
Il attend qu'elle entre et la salue.
Elle lui répond d'un signe de la main qui lui est inconnu.
« Live long and prosper » lance-t-elle d'une voix grave.
Castiel penche la tête sur le côté, perplexe. Elle ressort, se dresse sur la pointe des pieds en s'accrochant à ses bras pour lui planter un baiser sur la joue.
« À demain », en refermant la porte derrière elle.
Castiel lève la main et touche du bout des doigts sa joue puis glisse vers ses lèvres.
« Dean », les yeux qui se noient et le cœur qui se brise.
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Dean regarde la pluie tomber. Cela fait des heures qu'il verse à torrents. Il sirote sa bière debout devant la fenêtre, épaule appuyée contre le chambranle. Il a éteint toutes les lumières. Seule reste celle de la cuisine qui tremble à chaque coup de tonnerre.
Les orages de fin d'été l'attirent, le fascinent… Sam dit que ça n'a pas toujours été le cas. Loin s'en faut.
Un éclair déchire le ciel et éclaire la pièce comme en plein jour. Dean observe les arbres qui ploient sous le vent, l'eau qui dévale les caniveaux, sa voiture dont la carrosserie brille de mille feux à chaque coup de foudre.
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Puis un coup de tonnerre plus sourd secoue la terre et fait trembler les vitres et Dean ferme les yeux.
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Quatre ans plus tôt…
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« Putain d'orage » peste Dean en relevant le col de sa veste d'une main, tenant un sac en plastique de l'autre.
Dans celui-ci deux bières et quelques burritos. Non pas que Dean en soit friand, mais c'est tout ce que Benny pouvait encore lui servir à cette heure-ci le cuisinier était parti et il virait déjà les chaises sur les tables quand Dean est entré dans sa taverne en courant.
Benny en a soupiré de dépit.
« Je viens de terminer le boulot. T'as vraiment rien qui traîne dans tes fourneaux ? » l'a-t-il supplié.
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Le restaurant se trouve à moins de dix minutes à pied de chez lui, raison pour laquelle Dean n'a pas jugé bon de prendre sa voiture, surtout que la jauge d'essence frôlait dangereusement la zone rouge.
Il a dû choisir entre la station essence à plus d'un quart de chez lui ou Benny.
Son estomac a gagné.
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Sauf que là, il est trempé comme une souche, son dîner prend l'eau et sa bonne humeur a sacrément pris la tangente.
Il jure en dérapant sur l'herbe. Puis l'aperçoit à quelques mètres de lui.
Un homme se tient debout au milieu de la plaine, visage offert à la pluie. Les bras ballants mais les paumes tournées vers le ciel. Dean jurerait qu'il sourit.
Il fait une grimace dépitée : soit le mec est bourré soit il est tombé sur un illuminé.
Manque plus que le type se foute à poil et se mette à danser sous la pluie, se dit-il en se retenant d'exploser de rire.
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Un coup de tonnerre plus sec que les autres le fait tressaillir… Il est suivi d'un craquement étrangement long puis d'un deuxième plus sourd. Un nouvel éclair déchire les nuages sombres, laissant apparaître deux énormes ailes éthérées dans le dos de l'homme.
Pétrifié, Dean en laisse tomber son sac.
Nom de Dieu, en reculant et dérapant.
L'homme se tourne vers lui, sa tête se penche sur le côté.
« Putain… Dites-moi que je rêve », en se passant la main sur le visage pour en chasser la pluie qui l'aveugle.
Quand il se redresse l'homme a disparu.
Dean cligne des yeux... Il est décidément plus que temps qu'il mange, la faim lui file des hallucinations, en riant tout seul.
« Merci Seigneur », soulagé en attrapant son sac. « Adieu buritos », dépité constatant les dégâts.
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Il reprend sa marche, glissant, pestant, des bruits spongieux émanent de ses boots lui indiquent qu'il prend l'eau de toutes parts.
Un bruit de battement d'ailes et Dean hurle avec un cri strident qui lui aurait fait honte si l'illuminé de la plaine ne venait pas soudain d'apparaître devant lui comme par magie.
« VOUS ÊTES DINGUE » vociférant sur l'homme qui reste planté là, trempé et impassible devant lui. « Vous avez failli me faire crever, abruti », continuant sur sa lancée, en le menaçant de son sac en plastique.
Dean souffle, rageur, pour chasser la pluie qui dévale sur son visage.
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Un nouvel éclair et la colère de Dean s'évanouit aussitôt. Les ailes lui apparaissent une nouvelle fois.
Majestueuses, noires comme l'ébène.
« Okay », gémit Dean en se pinçant l'arête du nez tout en baissant la tête. « À trois, je me réveille… Un… deux… »
« Trois ? » fait une voix grave.
« La ferme » se lamente Dean en relevant le menton pour tomber sur les yeux les plus extraordinaires qu'il lui ait été jamais donné de croiser.
« Putain… T'es qui toi ? », abasourdi.
« Je suis Castiel… Je suis un ange du seigneur », imperturbable, raide comme un piquet.
Dean reste sans voix, les cheveux collés au crâne et les vêtements détrempés, son sac toujours à la main.
« Et moi, je suis Dean… Le fils caché de Gandalf le gris », la voix pleine de sarcasme.
Perplexe, Castiel le dévisage un long moment. Dean se sent déshabillé dans tous les sens du terme.
Il s'apprête à chasser la pluie par réflexe quand il s'aperçoit que si celle-ci continue à noyer tout le paysage, elle semble l'épargner par il ne sait quel miracle.
« Waouh », en levant les yeux, épaté. « Trop cool », avec un énorme sourire de gosse émerveillé.
Une des ailes de l'ange se dresse au-dessus de sa tête, le protégeant. Elle n'a aucune consistance, pareille à une illusion, et pourtant les gouttes glissent sur les pennes sombres.
« Classe », en lui faisant un clin d'œil. « Dommage que ce ne soit qu'un rêve », ne pouvant cacher une pointe de déception dans sa voix.
Devant le visage dubitatif de l'ange, Dean éclate de rire. L'ange le regarde une dernière fois et disparaît
Le rire s'efface, la pluie n'a pas cessé et Dean aurait voulu que cette rencontre ne soit pas qu'une illusion.
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L'orage s'éloigne, un dernier coup de tonnerre et Dean voit son reflet s'illuminer dans la fenêtre.
Il pose sa bouteille vide sur la table, traverse le salon, attrape sa veste, l'enfile en ouvrant la porte. La tête penchée, il offre son visage à la pluie, les paumes ouvertes vers le ciel.
Le sel se mêle à l'eau pure.
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Et la mémoire se déchire…
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Fin chapitre VIII
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Le semaine prochaine, je serai à la Ycon de Paris avec Mix Editions où j'aurais peut-être la joie de vous retrouver.
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On se retrouve donc dans 15 jours pour le prochain chapitre, si le cœur vous en dit.
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Love you.
