La ruelle était tellement étroite que John se demanda comment ils allaient faire pour observer sans se faire remarquer.
Le chemin, coincé entre deux immeubles bas en briques d'un gris sale, s'ouvrait de part et d'autre sur deux rues, dont une était celle dont provenaient les deux amis. Deux réverbères placés aux extrémités jetaient une lumière jaune sur les pavés luisants. Quelques fenêtres éclairées dans les étages laissaient entrevoir des silhouettes ou des traces d'une vie nocturne : lueurs d'écrans d'ordinateurs ou de télévisions, dont les sons amortis leur parvenaient.
A une quinzaine de mètres en face de la présumée porte de derrière du club s'ouvrait un pas de porte fermé par une grille dont le seuil large d'une cinquantaine de centimètres pouvait permettre à deux hommes de se tenir debout sans être vus. Ils s'y enfoncèrent. Sherlock se plaça dos à la grille, laissant de l'espace devant lui pour John. Le détective pouvait ainsi regarder par-dessus l'épaule du docteur.
« Pourquoi venir là Sherlock ? Depuis la rue, nous aurions tout aussi bien pu voir ceux qui viennent ici » maugréa John qui trouvait l'endroit dangereux et inconfortable.
« Parce que la ruelle donne aussi sur une autre rue où il est plus facile de circuler en voiture. Et les individus qui nous intéressent apprécient peu d'être piétons. Chut, tais-toi ! En voici un justement.
- Mais je n'ai rien … » Il reçut une tape sur l'épaule.
Effectivement Sherlock avait raison : l'homme arrivait de l'autre rue et jamais ils ne l'auraient vu s'ils étaient restés à leur poste d'observation initial. Il passa devant eux sans remarquer leur présence, l'ombre du mur les recouvrant entièrement. Il frappa à la porte que rien ne distinguait, un son étouffé de musique leur parvint lorsqu'elle s'ouvrit, c'était bien le bon endroit.
« Petit personnel, notifia Sherlock.
- Ah ?
- Survêtement et baskets de marque mais survêtement et baskets quand même, ce qui souligne à la fois sa volonté de s'extraire du milieu dont il est issu et le fait qu'il n'a pas encore intégré d'autres codes vestimentaires, ses responsabilités dans l'organisation ne nécessitant pas qu'il se rende dans d'autres endroits que la rue. Il vient prendre des ordres mais je pencherais plutôt pour un dépôt d'argent vu la manière compulsive dont il tâtait ses poches comme pour en vérifier le contenu.
- OK, bien.
- Tu pourrais te forcer, John.
- J'ai épuisé mon quota de superlatifs depuis un moment déjà.
- Je suis certain qu'avec un peu d'imagination, tu peux inventer des néologismes tout à fait satisfaisants. Aïe ! » Le coude de John venait de rencontrer malencontreusement les côtes de Sherlock.
Un autre individu, accompagné de portes-flingues en survêtements arriva. Il baragouinait ce qui ressemblait à des ordres et à des conseils concernant une voiture qu'ils avaient dû garer dans la rue. Lui aussi frappa à la porte, mais de manière plus affirmée et autoritaire. On lui ouvrit, il grogna d'avoir attendu plus de quinze secondes.
« Personnalité assez haut placée dans les échelons. Costume trois pièces, chaussures en cuir, rolex au poignet, coupe de cheveux soignée mais langage de rue et vulgarité dans l'attitude, tenta John.
- Tu m'impressionnes John. Vraiment.
- Tu déteins sur moi sans doute.
- Ou je t'enseigne beaucoup de choses.
- Tu m'enseignes ? J'ai passé l'âge qu'un crétin plus jeune que moi m'enseigne quoi que soit… »
La porte s'ouvrit sur un homme qui alluma une cigarette. Il s'appuya sur le mur et sortit son téléphone dont il fit défiler l'écran.
John fut vivement attiré en arrière par les mains de Sherlock qui avait agrippé ses hanches. Ils ne dirent rien tant que l'homme fumait. Puis il écrasa son mégot et frappa avant de pénétrer dans le club.
« Ça va pas non ? murmura à haute voix (si cela était possible) John.
- Ton pied dépassait, on aurait pu le voir » expliqua Sherlock qui n'avait pas retiré ses mains.
Un léger flottement s'installa. John sentit derrière lui, contre lui, battre le cœur de son ami et … autre chose.
Oh bon dieu !
Il se figea.
« Retire tes mains, ordonna-t-il.
- Tu le veux vraiment ?
- Arrête ça tout de suite ou sinon…
- Ou sinon quoi ?
- Ne me cherche pas…
- Je t'ai déjà trouvé.
- Enlève. Tes. Mains »
Sherlock retira ses mains, roula des yeux, ce que l'autre ne put pas voir, et poussa un soupir qui disait : si on ne peut plus s'amuser ! A quoi John répondit en tirant de manière emphatique et outragée sur les pans de sa veste pour la remettre en place comme si quelqu'un avait réellement farfouillé dessous.
« Parfois je me demande lequel de nous deux mérite le plus le qualificatif de vierge effarouchée, osa Sherlock avec un sourire désinvolte dans la voix.
- Oh ! La ferme puceau ! » claqua John.
Il avait terriblement envie de se retourner et de lui montrer qu'il était grandement capable de l'effaroucher justement, d'autant plus qu'il venait d'avoir la preuve que l'autre ne serait pas contre un peu d'effarouchement.
Mais un autre individu patibulaire se pointait et comme les autres frappa à la porte du club puis entra.
« C'est Oxford Street ici ! » fit remarquer John.
Ils restèrent là plus de deux heures pendant lesquelles les allers et venues s'espacèrent puis se tarirent. Sherlock espéra un temps que les lumières à l'intérieur s'éteignissent, ce qui aurait rendu possible une effraction du lieu mais rien de tel ne se produisit. La musique se tut, le club ferma, mais quelqu'un, un insomniaque sans doute, resta dans la place. Ils durent se résigner à quitter leur cachette, ce qui soulagea les muscles des jambes de John et la contraction de son cœur.
oooOOOooo
Lorsqu'ils arrivèrent à l'appartement, ils trouvèrent Willy endormi sur le canapé, casque sur les oreilles. John le remua doucement. Sherlock se débarrassa de son manteau, s'empara de l'ordinateur de John sur le bureau et s'installa sur son fauteuil.
Willy émergea de son sommeil et ôta son casque. Il cligna plusieurs fois des yeux.
« Salut les gars ! lança-t-il.
- Bonsoir Willy. Tout s'est bien passé ? demanda John.
- Ouais super ! Elle est trop mimi et un peu chipie aussi.
- Elle a accepté de manger et de se coucher sans problème ?
- J'ai été obligé de glisser quelques produits illicites issus de ma réserve personnelle dans son biberon pour qu'elle s'endorme plus facilement parce que sinon elle aurait démonté son lit mais sinon ça va… »
John fit les gros yeux mais c'était juste de la comédie. Il avait entièrement confiance en le jeune homme pour lui avoir déjà délégué la garde de son enfant. Il regarda sa montre et compta à haute voix :
« Six heures à sept livres de l'heure, ça fait 42 livres… arrondis à 45 » dit-il en sortant les billets de son portefeuille et en les tendant à Willy.
« Merci mec ! » répondit le jeune homme en se levant du canapé et en empochant l'argent.
« John, tu m'appelles quand t'as besoin… Salut les gars ! » Il prit sa veste et sortit.
Sherlock n'avait pas levé les yeux. John s'approcha et regarda ce qu'il tramait.
« Bon sang Sherlock ! Tu as encore hacké la base de données de Scotland Yard… avec mon ordinateur en plus ! maugréa-t-il.
- Il va sans dire. Je n'ai pas envie que l'on remonte jusqu'à mon adresse IP lorsque cette intrusion sera détectée.
- Si je finis mes jours en prison, cela sera uniquement par ta faute.
- On ne prend jamais perpétuité pour intrusion illégale dans un système informatique. De plus, il est aisé de démontrer que tu n'en as absolument pas les compétences.
- Certes. Mais j'ai les compétences requises pour procéder à un assassinat. Sanglant qui plus est.
- Avant de te faire plaisir, attends au moins que je finisse.
- Je te laisse une heure avant d'envoyer un message à Greg et de nous excuser platement. Encore une fois. »
Sherlock était connecté au fichier photos et identifications. Il avait mentalement enregistré les physionomies des tous les individus entrevus dans la ruelle. Il en retrouva certains dans la base de données et sauvegarda les fichiers les concernant. Pendant qu'il travaillait, John alla à la cuisine leur faire un thé puis monta vérifier que Rosie dormait bien. Il s'installa ensuite face à son ami, sommeilla un peu, en attendant patiemment que Sherlock eût fini.
« J'ai terminé John » dit Sherlock en levant les yeux sur son ami qui s'était avachi dans son fauteuil.
« Mmouais » Il s'étira et bailla. Rapidement, il envoya un message à Lestrade.
« Intrusion sherlockienne dans base de données. Désolé. »
Sherlock se leva et vint poser une fesse sur l'accoudoir du fauteuil de John.
« Tu permets ? » demanda-t-il. L'autre acquiesça et se poussa un peu sur le côté gauche.
Sherlock tourna l'ordinateur pour que son ami pût voir l'écran en même temps que lui.
Il pianota et ouvrit plusieurs fenêtres.
« C'était loin d'être l'ouverture du bal des débutantes auquel nous avons assisté ce soir, dit-il en introduction. On nous a servi sur un plateau un panel très représentatif de la criminalité londonienne. Regarde ! »
Il agrandit une première fenêtre.
« Je te présente Bolton Grant, appelé aussi joli cœur, sans doute pour son succès auprès de la gente féminine, arrêté il y a dix ans pour proxénétisme et chantage. Condamné à huit ans, en a fait cinq pour bonne conduite. Semble s'être réinséré dans la société, gérant d'une petite société de services à domicile. »
John reconnut sur la photo anthropométrique le deuxième individu qu'ils avaient vu dans la ruelle. Même air autoritaire et viril. Tout ce qu'il détestait.
« Second cador, reprit Sherlock en ouvrant une autre fenêtre, tout aussi peu fréquentable : Jared Koch, tombé pour enlèvement, séquestration et demande de rançon. Aurait dû faire vingt ans, en a fait neuf. Disparu lui aussi des radars de la police. Employé chez un fleuriste. »
John regarda la photo et lut la liste des chefs d'inculpation. C'était un bon résumé de ce qu'un homme vicieux et sans scrupule pût faire à un autre être humain.
« Enfin le dernier lascar que j'ai réussi à identifier : Leeroy Percy, spécialisé dans les cambriolages, a pris dix ans qu'il a fait, lui. Mais même chose que les deux autres : est devenu un honnête citoyen depuis sa sortie de prison. Tient une boutique d'articles de sport dans la banlieue. » Il ferma l'ordinateur et se leva avec un air dépité.
« Si je comprends bien, Sherlock, nous avons assisté ce soir à une réunion des anciens criminels anonymes et aucun dont le nom commence par un M. » commenta John qui comprenait la déception de son ami.
Sherlock approuva du regard, il se plaça face à la fenêtre, mains dans le dos.
« Il était là pourtant, je le sais, je le sens. Il est invisible mais il tire les ficelles. Qu'est-ce qui pourrait réunir en un même lieu un tel degré d'expertise en criminalité à part la détermination d'un seul homme doué d'une volonté à toute épreuve et d'un grand pouvoir de persuasion et d'entraînement ? Ce sont tous ses lieutenants et il a monté une entreprise polyvalente où chacun exerce sa spécialité… »
« As-tu pensé à vérifier à qui appartenait le club ? » demanda John indécis.
« C'est une question formelle John, n'est-ce pas ? » Il ne se retourna pas. Bien sûr qu'il y avait pensé. C'était un des premiers renseignements qu'il avait cherché à obtenir.
« Dis toujours… » marmonna John, qui s'étonna intérieurement et se morigéna d'avoir cru un instant qu'il aurait pu avoir un coup d'avance sur le détective.
« C'est la propriété exclusive d'une ancienne prostituée qui paie rubis sur l'ongle ses taxes et ses impôts. L'établissement respecte scrupuleusement les horaires d'ouverture et de fermeture et n'a jamais eu à faire à la police même pour un délit mineur de nuisances sonores. Chou blanc aussi de ce côté-là » informa Sherlock.
« La réunion en un même lieu de tous ces hommes ne peut-elle pas justifier au moins une descente de police ? On peut demander à Lestrade, non ? » proposa John.
Sherlock se retourna, furieux. L'affaire lui échappait et il était frustré.
« Pour quel motif ? Tous ces gens ont parfaitement le droit de se réunir et même si c'est pour parler du bon vieux temps, rien, absolument rien ne justifie une intervention de la police… C'est une impasse… » Il ne supportait pas son impuissance.
« Ton tweet va peut-être déclenché quelque chose. Après tout, c'est bien pour ça pour que tu l'as fait… » C'était une piètre tentative de redonner confiance à son ami.
Sherlock se rassit en face de son ami, il avait l'air fatigué.
« Il peut très bien faire le mort et je passerai pour un imbécile… »
« Tu ne passes jamais pour un imbécile, Sherlock. Les gens ne comprennent pas toujours tes actes mais personne ne mettrait en doute ton intelligence »
John se pencha en avant et eut ce geste incertain, il saisit la main de son ami qui pendait au bout de l'accoudoir.
« Tu vas trouver Sherlock, j'en suis sûr… Ne doute pas de toi » Il était sincère et navré de voir le détective en proie à une telle indécision.
Sherlock regarda sa main prise dans celle de l'autre, c'était comme si John lui rendait en seul geste tout ce qu'il lui avait donné depuis la mort de Mary. Il leva les yeux, John lui sourit.
« Merci » dit-il dans un souffle. John comprit qu'il y avait dans ce mot bien plus qu'un remerciement pour le simple réconfort qu'il venait d'apporter.
Il y avait des moments, nombreux, où ils jouaient à qui serait le plus malin, et il y en avait d'autres, comme celui-ci, où l'un comme l'autre, débarrassé de toute pudeur et de toute désinvolture frondeuse, était prêt à reconnaître la force du sentiment qui les liait.
La nuit dehors arrivait à son terme et la pénombre à l'intérieur les enveloppait d'une douceur protectrice.
Parler était une chose difficile et aucun des deux, de par sa vie ou son éducation, n'avait appris à parler des choses importantes, de celles qui font de vous ce que vous êtes ou de celles que vous espérez ardemment. Autant étaient-ils capables d'affronter et de rechercher les pires dangers physiques, autant étaient-ils incapables de faire face au danger qui consiste à livrer une part de son âme, en quelques mots.
Sherlock s'avança à son tour et, tordant son avant-bras, il inversa la prise des deux mains. C'était lui désormais qui tenait son ami, paume contre paume, ses longs doigts enserrant le poignet de son ami. Il ne perçait aucune volonté de contrôle dans ce geste, et ses doigts sur la peau n'exerçaient aucune pression. C'était une demande.
L'un et l'autre fixaient ce pont entre eux et chacun avait conscience qu'il était aussi facile de le maintenir que de le rompre.
Ils levèrent la tête en même temps.
« Tu sais John, depuis Mary et encore plus depuis Eurus, j'ai compris beaucoup de choses… » les mots asséchèrent sa bouche mais c'était comme une délivrance.
« Je sais Sherlock… je sais » Il pouvait voir dans les yeux voilés et pourtant terriblement clairs de son ami combien il lui en coûtait de se montrer ainsi et il savait qu'il offrait en retour la même vulnérabilité. Il osa de ses doigts rendre sur le poignet de l'autre le contact qu'il sentait sur le sien, renforçant par ce simple toucher la liaison entre eux.
« Je ne t'en ai pas parlé parce que j'ai considéré que ton chagrin était plus important… » Sherlock déglutit, sa bouche était effroyablement sèche.
« Tu n'aurais pas dû… » Il ne savait pas trop jusqu'où l'autre s'apprêtait à aller dans ses confidences mais apprendre qu'il avait souffert en silence, par pure bienveillance envers lui, le blessait. Il n'avait rien vu, aveuglé par sa propre peine.
Sherlock haussa les épaules pour signifier que ce n'était pas grave.
« J'ai besoin de toi, John… tellement » Les mots étaient là, disponibles depuis longtemps, il suffisait juste de les accepter.
« Je sais, Sherlock… je sais » C'était l'aveu qu'il reconnaissait ce que l'autre était prêt à donner.
« Est-ce que tu… ? » Les yeux de Sherlock étaient suppliants. Etait-ce possible ? Ce constat déchira le cœur de John.
« Moi aussi Sherlock, j'ai besoin de toi. Bien plus que tu ne le crois… » Il lui fit un pauvre sourire. Contrairement à ce que son ami pouvait penser, hanté qu'il était par sa culpabilité, il lui devait tellement. Ce qui l'attachait à cet homme était complétement irrationnel et absolument certain.
« Qu'est-ce qu'on va faire... ? » demanda Sherlock. Il s'en remettait à lui, le laissant seul décider. C'était un pari risqué, il le savait mais il ne pouvait pas faire autrement.
Cette question aussi vague fût-elle atteignit sa cible. Il n'y avait pas d'ambiguïté possible. Les derniers signaux de part et d'autre avaient été suffisamment clairs.
La gentillesse et la compassion dont Sherlock avait entouré son ami pendant cette année écoulée, les gestes d'affection dont il n'avait pas été avare, le câlin inopiné, les compliments répétés de John, les mains de l'un sur les hanches de l'autre, la remarque téméraire de John sur le flirt, et toutes les autres choses que chacun ignorait mais dont il devinait l'existence, tout ceci était convoqué et attendait qu'on l'ordonnât et lui donnât un sens.
« Je ne sais pas Sherlock… je ne sais pas » Il ne trouva que cette misérable réponse, c'était tout ce dont il était capable à cet instant. Il aurait pu basculer et donner une autre réponse mais l'engagement qu'attendait Sherlock lui parut si absolu que cela l'effraya. Son manque de courage lui fit honte, il détacha leurs mains.
La déception mouilla les yeux de Sherlock, qui se redressa, envahi soudain par une colère amère.
« Tu veux mais tu n'es pas prêt » cingla-t-il. Il s'en voulut instantanément d'être à ce point mordant.
John se leva, les mains tremblantes, conscient de sa lâcheté. Il ne se défendit pas contre l'attaque injuste et lança un regard de chien battu.
Il aurait pu céder, lâcher prise, faire fi de ses dernières retenues. Son corps oscilla. Sherlock contracta les muscles de ses bras pour les tendre et l'accueillir. Mais une fierté stupide reprit John, il pensa que s'il abandonnait une once de pouvoir sur son libre-arbitre, il serait perdu.
« Tu demandes, Sherlock, mais une seule réponse est autorisée… »
Sherlock se leva, visage fermé. Sa détresse l'étouffait. Ils avaient échoué.
Il contourna les fauteuils, se dirigeant vers le couloir.
« Quand ? » exigea-t-il.
« Tu seras le premier informé… » répondit John qui eut envie de le gifler. C'eût été préférable : le contact aurait été rétabli, il aurait pu en découler quelque chose.
Sherlock lui tourna le dos.
La porte de la chambre claqua. Ce bruit meurtrit les tympans de John.
