Cela faisait environ un mois que Tom réfléchissait à la manière dont il allait bien pouvoir étudier la française. Ce soir, il allait mettre en action le plan qu'il avait bâti dans sa tête pendant tout ce temps. De toute manière, peu importait la façon dont il s'y prenait, il obtenait toujours ce qu'il désirait, a fortiori lorsqu'il s'agissait d'une fille. Il se rendit alors dans la grande salle et s'assit, lorsque, il vit qu'à la table des Gryffondors, Maëlys était dans un de ses éclats de rire habituels, et que le bras de Jason - alors assis à sa gauche - se posait autour de ses épaules. Ils se regardaient et riaient ensemble. Une rage commença à envahir Tom, il n'aimait pas que l'on touche à ses affaires. Il lança alors un sort par-dessous la table, afin que personne ne puisse le voir.

Au loin, Jason commença à avoir des hauts-le-cœur. Il retira son bras des épaules de Maëlys. La colère de Tom disparut, laissant place à une grande satisfaction lorsqu'il vit des centaines d'araignées jaillir de la bouche de Jason, sous les cris des élèves, et en particulier ceux de Maëlys, qui sortait de la salle en courant. Jane arrêta le flot noir en un coup de baguette.

Tom décida de sortit de la grande salle et se mit à la recherche de la craintive. Il ne mit pas longtemps à la trouver. Elle était debout sur les marches du hall d'entrée, à l'affût de la moindre araignée qui pourrait provenir de la grande salle. Même avec cet air affolé, elle était sublime avec ses cheveux flamboyant et sa peau claire. Mais il devait se contrôler s'il voulait atteindre son but.

Maëlys écoutait attentivement les cris provenant de la grande salle, elle attendait qu'on lui dise que toutes les araignées étaient parties pour y retourner. S'il y avait bien des animaux dont elle avait peur, c'étaient les araignées et les serpents. Alors en voir sortir de la bouche du garçon avec qui elle allait surement sortir était absolument horrifiant.

Elle regardait d'un air inquiet l'entrée de la grande salle. Des filles sortaient en trombe, l'air effrayée. Puis, au milieu d'elles, un homme apparut, grand, élancé, avec des cheveux noirs de jais et un regard sombre qui la pénétrait avec insistance. Il s'approcha d'elle, le temps sembla s'arrêter. Son cœur se mit à battre à tout rompre, elle se rendit compte que les araignées paraissaient bien inoffensives face à un tel regard. Elle ne savait pas quoi faire, elle voulait s'enfuir, mais il était tout près maintenant.

- Alors comme ça, les françaises n'aiment pas les petites bêtes. Lui dit-il, railleur.

- Ni les grandes ! Lui dit-elle du tac au tac.

Mais elle regretta aussitôt car il lui faisait peur. Mais contre toute attente, il sourit, amusé.

- Elles ne peuvent pas te faire de mal, tu es une sorcière. Lui dit-il, d'un ton qui se voulait rassurant à présent.

Elle ne put s'empêcher de remarquer sa beauté, c'était la première fois qu'elle le voyait d'aussi près... Son charme était inégalable, ses traits étaient tout simplement parfaits, et son expression... indéfinissable. Maëlys était stone en le regardant. Elle ne pouvait s'empêcher de détailler tous les moindres recoins de son beau visage, elle ne pouvait pas se résoudre à détacher son regard de lui. Elle ne pensait plus à rien...

Tom se tenait tout près d'elle, il le savait, c'est ainsi qu'il fallait faire, c'est comme ça qu'il les charme tous et qu'il obtient tout ce qu'il veut. Elle le dévisageait, la peur avait disparu de son visage, seule une expression d'apaisement demeurait. Alors il remarqua ses longs cils noirs, fournis et recourbés, qui entouraient ses yeux de biche, presque noirs eux aussi. Il était si près d'elle à présent qu'il pouvait la voir dans les moindres détails, pour la première fois, il pouvait contempler l'objet de son étude, avide de découvrir de nouvelles choses.

Sa peau ressemblait étrangement à la sienne, elle était pâle et douce. Cependant, la magie qu'elle renfermait la rendait plus lumineuse, éclatante de beauté. Ses yeux aussi ressemblaient au siens tant ils étaient sombres, mystérieux, charmeurs, et lorsqu'ils vous regardaient c'était d'un regard très intense, Tom y décelait une très grande douceur mais aussi un sentiment très familier qu'il n'arrivait pas à définir. Néanmoins, il n'arrivait pas à découvrir plus de choses d'elle, il n'arrivait pas à pénétrer dans son esprit. Le livre bleu disait vrai, à Beauxbâtons, on enseigne l'occlumancie*.

Il regarda alors les traits de son visage, ses sourcils étaient grands et noirs, parfaitement dessinés et encadraient son regard majestueusement son nez était droit et bien proportionné, ses joues étaient creuses mais pas autant que les siennes, et sa bouche était de taille parfaite, ses lèvres étaient ni trop grosses ni trop petites, mais pulpeuses. Lorsqu'il les fixa elles devinrent écarlate. Un sourire se dessina alors sur le visage de Tom, c'était fascinant comme magie, ça devait surement être un sort de séduction car lorsqu'elles avaient fait cela, il avait senti un frisson dans sa nuque, l'attirant encore plus vers le visage de la jeune fille. Ses yeux descendirent le long de sa nuque blanche et fine puis s'attardèrent sur son décolleté qui laissait apparaître la naissance de ses seins, il se senti tressaillir, une envie bestiale le submergea, il voulait se jeter sur elle, il était en train de perdre le contrôle...

- Maëlys !? Ça va ?! Cria Jason, qui sortait de la grande salle, l'air inquiet.

Il venait de les libérer de leur transe. Ils s'écartèrent rapidement l'un de l'autre, sans comprendre ce qu'il venait de se passer.

- Oui, je suis là, je vais bien. Lui dit-elle, d'une voix penaude. Elle s'avança vers lui.

- C'est bon elles sont parties. Il t'embêtait ? Demanda-t-il, en fixant Jedusor.

- Je la rassurais, répondit celui-ci, qui avait repris ses esprits à présent. Jason la regarda pour voir si elle confirmait, Maëlys lui sourit alors il en conclut que Tom disait vrai.

- Eh bien merci. Dit-il sèchement, en regardant Jedusor une dernière fois.

Il prit alors le bras de Maëlys et l'emmena vers la grande salle. Tom senti la rage de nouveau monter en lui. Il contrôla son énervement et décida d'arranger ça demain. Il partit en direction des cachots, en repensant à ce qu'il venait de découvrir. Cette pensée agréable chassa sa colère aussitôt.

Cette nuit-là, Maëlys ne put s'endormir. Elle était troublée par ce Tom Jedusor, par sa beauté et son mystère. Elle regardait la forêt interdite par la fenêtre, et se dit qu'après tout, elle avait toute une nuit à tuer et qu'une petite balade ne pouvait pas lui faire de mal. Elle enfila son peignoir de chambre par-dessus son short et son débardeur de nuit et sortit discrètement.

Tom effectuait sa ronde habituelle dans les couloirs du château lorsqu'il entendit des pas se rapprocher dans la pénombre. Il se cacha derrière un pan de mur pour surprendre l'élève. Il attendit que celui-ci passe et le suivit, sans bruit. En effet, lorsque Tom Jedusor surprenait un élève la nuit dans les couloirs, il ne se contentait pas de le renvoyer dans son dortoir, il était bien trop malin et curieux pour cela. En fait, il partait du principe qu'un élève qui se ballade la nuit dans le château a forcément quelque chose à cacher, alors il le suivait jusqu'à le prendre sur le fait.

Cette fois-ci, il vit que c'était une fille qu'il suivait, ses longs cheveux l'avaient trahie en ondulant dans le courant d'air. Ils finirent par sortir du château et arrivèrent dans le parc. La lune était pleine, elle éclairait la pelouse d'une lumière argenté et mystérieuse. Tom regarda alors la fille qui lui tournait toujours le dos, et s'aperçu que ses cheveux avaient les mêmes reflets d'argent, et la peau de ses mains était d'un blanc immaculé, il sut alors qui était la jeune fille. Elle entrait à présent dans la forêt. Lui, il continuait à la suivre. Elle avait sorti sa baguette, elle était à l'affût du moindre bruit, il ne fallait pas qu'elle le surprenne.

Ils marchèrent ainsi pendant 10 bonnes minutes jusqu'à ce qu'elle arrive au beau milieu d'une clairière. Tom resta tapit dans l'ombre des arbres, caché par la nuit, tandis qu'elle était de nouveau éclairée par la lune, magnifique. Elle fit apparaître un tas de viande par terre puis se tourna, elle cherchait quelque chose parmi les arbres. Tom était protégé par l'obscurité, il faisait très attention à ne pas se faire prendre, en la regardant attentivement. A présent, Maëlys se tenait presque face à lui. Son peignoir la recouvrait bien trop à son goût, car seuls ses chevilles, ses mains et son visage étaient visibles. Son visage était d'ailleurs plus beau que jamais. Tom était fasciné par cette magie, il n'en avait jamais vu d'aussi belle, elle était pour lui. Après tout, qui d'autre que lui pourrait en être digne ? Des craquements de branches se firent entendre parmi les arbres, Maëlys sourit et parla d'une voix extrêmement douce :

- N'ayez pas peur, venez...

Comment était-ce possible d'avoir une voix aussi charmeuse ? Pensa Jedusor. Comment était-ce possible d'être aussi belle, aussi attirante ? A présent, il n'avait qu'une envie, c'était de la rejoindre au milieu de la clairière et de se laisser aller. Mais ça, ce n'était pas digne de lui, ça, c'était faible. Il resta donc caché parmi les arbres et observa les chevaux ailés noirs - qui venaient de sortir de la pénombre - s'approcher d'elle, se faire caresser le museau et manger la viande. Ainsi, elle pouvait les voir ? Se demanda-t-il. Comment pouvait-elle avoir déjà vu la mort et dégager autant de douceur, de joie... Était-ce ça qu'il avait senti dans son regard, ce sentiment familier qu'il connaissait si bien : la mort ? Non, c'était forcément autre chose.

Il resta là, à la regarder, sans bouger dans la pénombre, pendant au moins une heure. Puis Maëlys dit aux sombrals* qu'elles les avaient déjà trop nourrit et qu'elle allait devoir les laisser, ils s'enfoncèrent alors dans les arbres. Les animaux pouvaient-ils la comprendre ? Se demanda-t-il à nouveau. Cette fille l'intriguait, il se posait tellement de questions... Il se dépêcha de sortir de la forêt avant elle et l'attendit à l'entrée du château, sûr de faire son effet.

Maëlys était heureuse d'avoir passé un peu de temps avec les sombrals, elle sentait enfin la fatigue la submerger. Mais avant de pouvoir s'endormir il lui restait encore à rentrer jusqu'au dortoir sans se faire surprendre. Elle traversa le parc, encore illuminé par la lune et atteint la porte du château. Là, un homme vêtu de noir surgit devant elle.

- Alors on visite la forêt INTERDITE sans permission et de surcroît aux heures de couvre-feu mademoiselle ? Lui demanda celui-ci d'une voix malicieuse.

Elle senti ses entrailles bouger dans tous les sens, elle était foutue. Elle s'approcha et la lumière de l'entrée lui permit de distinguer son visage, c'était Tom Jedusor.

- Alors, rien à dire pour votre défense ? Insista-t-il.

- Euh... non, rien. Répondit-elle, totalement troublée par sa présence.

- Eh bien, étant préfet en chef, je n'ai pas vraiment le choix... Dit-il d'un ton faussement embarrassé. Je vais devoir prévenir le directeur que vous avez enfreint le règlement. Continua-t-il.

Elle ne savait pas quoi répondre, elle était complètement paniquée parce qu'elle venait de se faire piquer, mais en plus, par Tom Jedusor, qui la chamboulait complètement. D'ailleurs, il l'a regardait d'un air sévère, comme s'il attendait une réponse. Puis ses yeux glissèrent sur son corps, ils s'écarquillèrent alors et il lança :

- Ah parce qu'en plus vous êtes exhibitionniste ! Eh bien dites donc mademoiselle, vous allez devoir trouver de très bonnes explications à donner au directeur, sans quoi je ne vois pas comment il pourrait vous garder dans cette école !

Elle baissa les yeux, se demandant de quoi il parlait et vit que son peignoir était totalement ouvert, laissant apparaître ses jambes nues et son nombril, que son t-shirt était trop court pour couvrir. Elle le ferma immédiatement, persuadée qu'il était bien fermé quelques secondes plus tôt. Un air moqueur se lisait sur le visage de Tom Jedusor, elle était totalement démunie, honteuse.

- Suivez-moi, lança-t-il enfin.

Elle le suivit jusqu'au 7eme étage, en se demandant pourquoi il ne l'emmenait pas directement chez le directeur. Arrivés devant la grosse dame il donna le mot de passe et le tableau s'ouvrit, laissant place au trou qui menait à la salle commune des Gryffondors. Il dut voir qu'elle était étonnée car il lui dit en partant :

- Le Directeur doit surement dormir à l'heure qu'il est. Je lui ferai part de votre petite aventure demain matin. Bonne nuit mademoiselle.

Il s'enfonça dans la pénombre des couloirs, sans un regard en arrière.

Tom était satisfait, il savait que son plan fonctionnait à merveille.