Les choses ne vont pas en s'arrangeant pour Sirius. Il va vivre un moment cauchemardesque, en plus de douter de lui.
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Après le déjeuner, les jeunes décidèrent de passer un peu de temps au calme. Si la rousse continuait tranquillement ses devoirs de vacances, allongée sur le ventre sur son matelas, Sirius tentait en vain de se plonger dans ses révisions. Malheureusement, il ne cessait de penser aux évènements survenus la veille et durant la matinée. Chaque minute défilaient devant ses prunelles. Il entendait de nouveau la voix de sa camarade lui ordonner de se défendre, ou de s'éloigner. Et ce morceau de verre dans sa main … si tranchant, si effrayant. Destiné à lui administrer la mort. D'un geste brusque, Black envoya promener son manuel à l'autre bout de la chambre. Il soupira ensuite bruyamment en se passant les mains dans les cheveux.
« Je me demandais quand est-ce que tu allais réagir. » fit Mina sans lever les yeux de son parchemin.
« De quoi tu parles ? » demanda Sirius d'une voix lasse.
« Simplement que je te trouvais bien calme pour quelqu'un menacé de mort. »
« Évidemment. Je ne réalisais pas ce qui se passait. Que j'avais failli mourir. » répondit Sirius d'un ton désespéré.
Mina se leva puis vint s'asseoir en face de lui.
« C'est normal. Quand tu as été empoisonné, la douleur occupait trop ton esprit pour qu'il réalise ce qui était en train de se produire. La seconde fois, c'était l'instinct de survie qui avait pris les commandes. Tu n'as pas eu le temps d'analyser la situation. Parce que tu n'y es pas habitué. » dit-elle calmement.
« Toi si ? » interrogea Sirius.
« Je suis entraînée à réagir très vite dans les situations extrêmes. C'est la raison pour laquelle j'ai pu t'indiquer quoi faire. »
« Et c'est pour ça que tu m'as poussé sur le côté quand j'ai reçu ton pied au ventre. Tout comme tu m'as dit juste avant de m'éloigner. » comprit Sirius.
« Oui. De par mon habitude du combat je peux prédire quels coups peuvent être donnés en telle situation. Écoute : tu vis quelque chose de traumatisant. Par conséquent il ne faut pas hésiter à extérioriser toutes tes émotions, à les évacuer. Sans ça tu vas devenir fou. »
Sirius baissa les yeux. Avouer ses peurs, n'était-ce pas contraire au légendaire courage des Gryffondors ? Lui qui avait l'habitude avec ses amis de braver les interdits, de défier l'autorité et de ne craindre personne ? Il fréquentait pourtant un loup-garou, créature des plus dangereuses. Alors non, il n'avait pas peur. Il vit une main se poser sur les siennes.
« Tu peux en parler Sirius. Ce qui t'arrive n'est pas ordinaire et rien à voir avec le risque d'être puni pour avoir enfreint une règle. C'est totalement différent. » reprit Mina.
« Je sais … mais … d'un autre côté je ne vois … personne s'effrayer de ce qui se passe. Tout le monde garde son calme, alors je peux le faire aussi. » répondit-il.
Il sourit, pensant montrer qu'il surmontait parfaitement sa situation, qu'il n'était pas un trouillard. Mais Mina ne fut pas dupe.
« Sirius, ce n'est pas parce que les gens ne le montrent pas qu'ils n'ont pas peur. Là tu parles d'adultes, de sorciers aguerris qui ont déjà été confrontés à des situations mortelles. Mais comment crois-tu qu'ils ont réagi la première fois ? Ils ont eu peur comme tout le monde, et aujourd'hui encore. » reprit la rousse.
« Sauf que toi tu n'es pas adulte. Et pourtant je n'ai pas l'impression que tu aies la trouille. » insista Sirius.
« Que tu crois. J'ai eu peur quand je t'ai vu basculer en arrière et trembler comme ça, sans savoir pourquoi. Ce matin aussi, lorsque je me suis fait posséder et que j'aurais pu te tuer. J'ai vraiment eu peur que ça arrive. »
« Ah bon ? La Lionne de Gryffondor qui n'hésite pas à affronter des types plus grands et gros qu'elle a eu peur ? » s'amusa Black.
Elle lui flanqua une tape sur la tête.
« Bien sûr idiot. Ils n'ont rien à voir avec ce qui nous préoccupe. C'est bien plus sérieux que des escarmouches d'étudiants. Compare ce qui est comparable. »
« D'accord d'accord, j'ai rien dit. » fit Sirius en se frottant la tête.
Mina soupira doucement.
« En tout cas … je … enfin … merci d'essayer de me remonter le moral. » hésita Black.
Elle lui sourit doucement. Il était plutôt flatté qu'elle se soit inquiétée pour lui, mine de rien.
« Pour conclure, n'aie pas honte d'avoir peur. Seuls les fous, les inconscients et les vantards prétendent le contraire. » dit-elle.
« Mouais. Mais j'ai pas l'impression de faire honneur à notre maison. »
« Parce que tu crois qu'à ta place d'autres réagiraient différemment ? Le courage ça s'apprend. On en a une dose en soi, que l'on développe selon les épreuves de la vie. Donne-toi un peu de temps. »
« Si tu le dis. »
Mina rappela le livre scolaire, qu'elle rendit à son propriétaire. Sirius tâcha de se replonger dedans. Il lui faudrait certainement un moment avant d'admettre qu'avoir peur était une réaction naturelle, que l'on soit Gryffondor ou pas. Ils passèrent ainsi l'après-midi à étudier.
Le soir venu, Makala examina une fois plus le repas destiné à Sirius, mais aussi celui des autres. Prudence est mère de sûreté. Au moment du coucher, les adultes procédèrent à une ronde. Éros avait donné un magazine de moto au jeune Gryffondor, qui accueillit ce présent avec gratitude. Voilà qui lui changerait les idées. Mina renouvela ses protections autour du lit de son camarade. Elle vérifia que la porte était bien verrouillée avant de regagner son matelas.
« La porte ne sera pas un grand obstacle. L'essentiel étant qu'il ne puisse pas approcher le lit. » se dit-elle.
Une demi-heure après, le défi du soir consistait à expliquer à Sirius que la nuit était faite pour dormir.
« Attends, encore cinq minutes. »
« Il est vingt-deux heures et quart brave homme, il faut dormir. » fit Mina.
« Oui oui. »
« Tic tac tic tac tic tac. »
« Mina, oserais-je te rappeler que nous sommes en vacances ? »
« Certes, mais il faut garder un bon rythme de sommeil, sinon tu sera fatigué quand il faudra te coucher plus tôt. » objecta Mina.
« Bon, éteins si tu veux mais moi je vais continuer à bouquiner. En tirant les rideaux tu ne sera pas gênée par la lumière. »
Black tira immédiatement les rideaux, et conjura le sort d'éclairage. Mina éteignit la grande lumière dans la chambre. Vers minuit, le jeune s'apprêta à dormir quand il entendit un cliquetis. Il sentit quelque chose glisser de son poignet.
« Les menottes se sont ouvertes. Mais alors c'était la St Valentin aujourd'hui ? Bizarre, j'aurais pourtant cru recevoir des cadeaux par hibou. Il faudra que j'interroge le professeur Dumbledore. » pensa Sirius.
Avec ce qui s'était passé, il y avait fort à parier qu'il devait intercepter tout courrier destiné au jeune homme. En tout cas, cela signifiait que Mina allait regagner son dortoir. Juste quand il commençait à s'habituer, fit une voix dans sa tête. Il pensa également que se retrouver seul alors qu'une personne en voulait à sa vie n'était guère rassurant.
« Je n'aurais qu'à mettre ma baguette sous mon oreiller. Qu'il vienne un peu, je vais lui apprendre à se frotter à un Maraudeur. » résolut le jeune.
Il saurait bien prouver qu'il était bien un Gryffondor. Sirius se mit donc en devoir se refouler sa peur, en se martelant que s'il avait été répartit chez les rouges et ors, c'est qu'il y avait sa place. Le lendemain, Mina remarqua les menottes ouvertes. Ils n'étaient donc plus obligés d'aller partout ensemble. La jeune fille se leva, et s'apprêta pour descendre.
« Tiens t'es toute seule ? Comment ça se fait ? » remarqua Éros.
« La St Valentin est passée. Le sort des menottes ne durait que jusque là. » expliqua Mina.
« Te voilà donc libre. »
Mina acquiesça, puis s'installa à côté de Makala. Tous trois discutèrent de l'affaire qui les préoccupait, se demandant mutuellement si des indices avaient été découverts. Toujours aucune piste ne semblait se profiler. Le coupable se cachait et bien.
« Ne relâchons pas notre attention. Il continuera d'attaquer tant qu'il n'aura pas obtenu ce qu'il veut. » dit Makala.
« C'est évident. J'espère qu'on résoudra cette histoire avant la rentrée. Je n'aimerais pas que d'autres se retrouvent impliqués. » souligna Mina.
« Il ne reste plus qu'une semaine. Ça me paraît court pour y arriver. » remarqua Éros.
Mina partageait un peu cet avis. Après le petit-déjeuner, Dumbledore demanda à voir la jeune fille.
« Je voulais simplement vous remercier de la protection que vous apportez à votre camarade, Miss Sheridan. Toutefois, pourriez-vous continuer même si vous n'êtes plus reliée à lui ? Je pense que vous êtes parfaitement à même de remplir ce rôle. » dit-il.
« Votre demande est inutile professeur. J'ai prêté serment et donné ma parole. Je ne changerais pas d'avis. » répondit Mina.
« Dans ce cas, vous pouvez disposer. » reprit le directeur avec un sourire.
Mina salua et sortit du bureau. Lorsqu'elle revint, elle trouva Sirius qui venait d'émerger.
« Salut. » dit-il.
« Bonjour. Tu as bien dormi ? »
« J'ai rêve de motos, donc oui. »
Elle s'installa à côté le temps qu'il déjeune, après une inspection en règle par la chamane.
« Je me demande … » commença Mina.
« Hm ? »
« Si tu ne pourrais pas demander à tes parents qui pourrait t'en vouloir. »
Sirius arrêta de manger. C'était une option qu'il n'aimait pas trop, mais néanmoins à prendre en compte. De plus, il serait peut-être judicieux que les autres sachent que leur famille était menacée. Il restait bien quelques uns d'entre eux qu'il appréciait.
« Je leur écrirais ce matin. »
« Je te remercie. »
Du reste, Sirius s'attela à sa tâche comme une corvée dont on a hâte d'être débarrassé. Il entra directement dans le vif du sujet, sans s'embarrasser du comment vas-tu, que fais-tu et où vas-tu. Il roula ensuite son parchemin, et se rendit à la volière. Mina le suivi à distance, son épée à la ceinture. Le jeune homme prit une chouette au hasard, attacha sa missive à une patte et fit décoller l'oiseau. En se retournant, il découvrit sa camarade, appuyée contre la porte de la volière.
« Tu m'as suivi, je pensais pourtant qu'une fois libérée tu mettrais de la distance entre nous. » dit-il simplement.
« Je suis chargée de ta protection je te rappelle. »
Black répondit par un mince sourire.
Durant trois jours, aucune nouvelle attaque ne fut à déplorer. Si Sirius s'en estimait content, il nota que Mina, son cousin et la chamane étaient on ne peut plus sur leurs gardes.
« Vous avez remarqué quelque chose ? » s'enquit-il.
« Juste que cette accalmie pourrait bien être le calme avant la tempête. » fit la rousse.
Ah. Donc en fait c'était pas très réjouissant. Un bruissement d'ailes interpella Black. Il reconnut l'oiseau de sa famille, un grand duc. Mina observa le visage de Sirius pendant qu'il déchiffrait la réponse de ses parents. Elle le vit serrer la mâchoire, crisper les mains sur le papier. Puis dans un geste rageur, déchirer la réponse et la jeter au feu. Ce ne devait pas être ce qu'il attendait.
« Sirius ? » appela-t-elle doucement.
« Tu veux savoir ce que ma chère mère me réponds ? » demanda-t-il durement.
« Je t'écoute. »
« Que je ne sais plus quoi faire pour attirer l'attention sur moi. Personne ne serait, dixit elle, assez fou pour oser s'en prendre aux Black. Et bien sûr, que je devrais plutôt prendre exemple sur Regulus, qui lui au moins se conduit décemment et fait honneur à la famille. »
Il avait dit tout ça d'une traite, la rancœur suintant à chaque mot. Sirius croisa les bras, espérant contenir sa colère. Mina plissa les yeux. Elle approcha et posa sa main sur son épaule.
« Assis-toi. » dit-elle.
Il se laissa plutôt tomber dans le fauteuil derrière lui. Comment sa mère pouvait-elle être bornée à ce point ? Aucun n'était invincible bon sang, sang-pur ou pas. Qu'avaient-ils donc de plus que le commun des sorciers ? Tout à sa réflexion, Sirius n'avait pas remarqué que Mina s'était absentée. En revenant, elle se mit devant lui.
« Je viens de demander à mon cousin s'il pouvait t'offrir une balade sur sa moto. Vas-y, ça te fera du bien. » annonça-t-elle.
« Je sais pas, je suis un peu trop énervé là. » hésita Sirius.
« Justement, ça t'évitera de ruminer. »
Le garçon sembla peser le pour et le contre un instant, puis se leva. Éros l'attendait dehors, appuyé contre son engin. Il lui proposa une petite balade autour de l'enceinte de Poudlard, et même comment conduire un peu. Mina fit son entrée sur une terrasse, alors qu'ils tournoyaient dans le ciel. Sirius était au guidon et avait retrouvé la joie de vivre. Il fit un grand signe du bras à la jeune fille qui y répondit. Elle s'assit sur un bloc de pierre, pour surveiller la promenade. Éros se trouvait derrière le jeune, donnant des indications pour manœuvrer. Il lui fit faire quelques loopings, une ou deux vrilles, des piqués, des remontées en chandelle. Tout ceci amusa beaucoup le Gryffondor, qui oublia complètement ses soucis l'espace de deux heures. Lorsqu'il revint sur le plancher des vaches, il avait les joues rosies par le froid et les yeux qui pétillaient.
Vraiment mignon, pensa Mina. Il vint la voir avec un grand sourire, et une mine enfantine. Il se laissa choir sur le canapé avec un soupir content.
« Contente de te voir avec le sourire. » dit-elle.
« Oui … c'est gentil d'avoir demandé à ton cousin de me distraire. » dit-il en relevant la tête.
« Y'a pas de quoi. »
Il la regarda un instant. Elle s'assurait toujours de son bien être depuis qu'ils avaient fait la paix. Sirius devait bien avouer qu'au final c'était une bonne chose qu'ils soient parvenus à surmonter leur rancœur. Surtout en ce moment. Il avait quelqu'un pour le soutenir dans cette épreuve. McGonagall annonçant le repas tira Black de ses pensées. Durant le repas, la conversation roula joyeusement sur les motos entre les deux hommes intéressés par ces engins. Mina pour sa part, discuta avec Makala.
Au moment de regagner la chambre, Sirius s'étonna que le matelas de Mina soit toujours à sa place.
« Tu attends quoi pour rentrer ? Une fanfare ? » fit la concernée derrière lui.
« C'est la moindre des choses non ? Je croyais que tu ne dormais plus là. » répondit Black en la laissant passer.
« Je resterais tant qu'on n'aura pas arrêté celui qui te créé des problèmes. »
Oé, espérons que ce sera avant la rentrée alors. Il voyait mal James supporter Mina même le soir. Il lui fit part de ce menu détail, ce à quoi Mina répondit que ça ne poserait pas de problème. Alors là, Sirius aimerait bien le voir.
« Commence déjà par te voir allongé. » répliqua-t-elle.
« J'ai beau regarder je ne vois rien. » riposta Sirius.
« Mais si, concentre-toi. »
Ils se sourirent, puis se changèrent pour dormir. Mina n'oublia pas son devoir avant de se coucher elle aussi. Ceci fait, elle s'installa pour veiller. Makala se chargeait de lui préparer une potion qui redonnait à son corps l'énergie qu'il obtenait habituellement par le sommeil. Les heures défilaient, pendant lesquelles la jeune guerrière resta immobile.
Tout à coup, vers deux heures du matin, elle entendit la porte s'ouvrir. Sa main se resserra sur la garde de son épée. La porte laissa passer une silhouette, puis une autre. Mina ne bougea pas. Ils étaient plusieurs visiblement. Sa vision nocturne lui permis de noter la démarche étrange des visiteurs. Ils marchèrent vers le lit de Sirius. Ils se heurtèrent aux barrières protectrices dressées par la rouquine. Le son qu'ils émirent à cet instant, qui ressemblait plus à un gémissement qu'autre chose, mit la rousse sur la voie pour comprendre à quoi elle avait affaire. Vive comme l'éclair elle bondit et sectionna une main.
« Gyyyaaaaah ! »
Ce cri réveilla Sirius. Il entendit un sifflement, mêlés à des coups sourds et des des gémissements de douleur. Il prit sa baguette et utilisa un lumos. Mais ce qu'il vit le glaça d'effroi. Des cadavres. Plein dans la chambre. Il retint un cri d'horreur. Attiré par la lumière, les morts se tournèrent vers lui. Sirius vit leur peau déchirée, pendante, les orbites creuses, les mains décomposées. Soudain, ceux qui étaient les plus proches se firent sectionner en deux. Mina se tourna ensuite, enfonçant son épée dans la tête d'un mort, avant de décocher un coup de pieds à un autre. Levant de nouveau son arme, elle utilisa un sort qui fit valdinguer les cadavres. Hélas il en venait encore.
Après être resté un moment à observer la scène, Black décida d'intervenir. Rejetant sa couverture, il lança plusieurs sort de stupéfixion et de pétrification. Il en ligota d'autres, pendant que Mina s'employait à les mettre hors d'état de nuire en les passant au fil de son épée. Au bout d'une dizaine de minutes de combat, les jeunes gens avaient éliminé tous les intrus. Mina se débarrassa définitivement d'eux par un incendio. Le feu restait la meilleure arme contre les cadavres. Elle se tourna ensuite vers Sirius.
« Tu n'as pas été blessé ? » s'enquit-elle.
« Non … juste secoué. Et toi ? »
« Aucun problème. Ce ne sont pas des adversaires coriaces. Pour le moment. »
Sirius fronça les sourcils. Sous-entendait-elle qu'ils pouvaient être plus forts que ça ?
« Je vais ouvrir la fenêtre, il y a une odeur écœurante ici. » dit-il.
« Attends. Retourne auprès de ton lit. Tu risques de leur offrir un nouveau passage, si jamais il y en a d'autres. »
Sirius ne comprit pas bien pourquoi elle lui demandait de retourner auprès de son lit, mais il obtempéra néanmoins. Une fois dans son champ de protection, il remarqua qu'il ne sentait plus l'odeur épouvantable des morts. Il vit soudain une autre silhouette se dessiner dans l'entrebâillement de la porte. Mina pointa son épée, mais la baissa aussitôt en entendant la voix de Makala.
« J'ai senti la présence d'intrus. » dit-elle.
« Tu as bien senti. On nous a envoyé des morts. Nous avons affaire à un nécromancien. J'imagine que ce n'était là qu'un échantillon. » répondit Mina.
« Sans doute ne s'attendait-il pas à trouver des protections dans la chambre. Ou qu'une attaque de nuit serait plus inattendue. » fit Makala.
« S'il savait que nous sommes là, il enverrait certainement des morts plus pénibles à abattre. »
La chaman approuva. Leur intrus était vraiment tout près. Et il avait passé les protections mise en place par Dumbledore.
« Je vais ajouter ma magie aux protections en place. Il n'est pas question que ces morts puissent entrer quand les élèves seront là. » annonça Makala.
« Je te suis. Je donnerais aussi un peu de ma force. » annonça Mina.
Avant cela, elle vint vers Sirius.
« Tu peux te recoucher. Nous allons renforcer les protections du château, et je reviens. »
Le jeune homme hocha la tête. Il était encore sous le choc de l'attaque. Nul doute qu'il peinerait à s'endormir, et qu'il ferait des cauchemars. Mina et Makala se rendirent à l'extérieur. La chaman ôta sa cape, révélant des vêtements en cuir plutôt courts : un soutien-gorge avec une seule bretelle, un bracelet au biceps droit orné de dents pointues, et un pagne court. Mina s'assit à genoux, pendant que Makala allumait des bougies. Agitant ensuite son bâton sculpté qui émit un son se serpent à sonnette, elle fit résonner un son de tambour. A l'unisson, les deux femmes firent s'élever un chant étrange, guttural et inquiétant. La fumée des bougies devint plus épaisse, puis serpenta pour venir s'enrouler autour d'elles. Elle se divisa également, et les minces bandes de fumée allèrent jusqu'aux souterrains.
Les barrières du château devinrent visibles, et furent parcourues d'ondes tel un ricochet à la surface de l'eau. Makala s'était assise à côté de Mina, scandant le chant de son bâton. Elles chantèrent ainsi durant une bonne heure et demie. A la fin, la chaman se leva, et d'un large mouvement circulaire de son instrument elle fit s'éteindre les bougies. Mina et elle cessèrent de fredonner à l'instant exact ou le bâton s'arrêta. La rouquine se releva, puis regagna l'intérieur du collège. Dans la chambre, Sirius avait un sommeil agité. Il se réveilla bien vite en sursaut.
« Du calme Sirius, c'est terminé. Tu es en parfaite sécurité maintenant. » fit une voix si douce qu'il eut du mal à en reconnaître le propriétaire.
Il sentit une main se poser sur sa tête, et l'ébouriffer un peu.
« Mina ? » demanda-t-il.
« Je suis là. »
Sirius se détendit un peu. Il venait de revivre dans son sommeil l'attaque des morts-vivants. Le cauchemar le plus affreux qu'il aie fait.
« Tu as été très courageux tout à l'heure. Tu as réussi à surmonter ta peur pour venir te battre. Tu es digne des Gryffondors. » reprit Mina.
« Ah oui tiens. Tu as raison. Merci Mina. » sourit Sirius.
« Makala et moi avons renforcé les protections du château. Aucun cadavre ne peut désormais y entrer. » annonça Mina.
« Je ne suis donc pas près de revoir ces horreurs. »
« Tant que tu restera dans l'enceinte de Poudlard, oui. »
Sirius hocha la tête. C'était déjà ça. Mais bon sang, que lui voulait-on et pourquoi ? Si sa mère avait eu des morts dans sa chambre, elle aurait peut-être moins pris à la légère l'avertissement de son fils. Sirius se rallongea en soupirant. Il était malgré tout content d'avoir Mina à ses côtés. Elle savait bien se battre, elle pourrait donc veiller à sa sécurité. Ce n'était pas très glorieux, mais après ce qu'il venait de vivre, mieux valait être deux.
