Je me suis relevé dans mon lit quand je l'ai vu entrer dans la tente, Ginevra sur les talons. Elle s'est immédiatement approchée de moi, posant ses mains fragiles sur mon épaule.
— Potter.
— Malefoy.
— Qu'est-ce que tu veux ?
— Ce que je veux ? Tu es un putain de Mangemort. Tu crois que tu peux t'en sortir comme ça ? Tu as tort. Tu auras un procès dans deux jours, Malefoy, a-t-il annoncé.
— Potter, je suis désolé de te décevoir, mais je ne suis pas un Mangemort. J'ai sauvé tes meilleurs combattants et stratèges d'une mort certaine. Tu n'aurais aucune chance dans cette guerre sans moi.
— Tu es un Mangemort ! Tu as tué des gens !
Merlin, il ne peut rien trouver de mieux ?
— Je n'ai jamais tué qui que ce soit.
Il a ricané.
— Tu t'imagines que je vais te croire ?
— Non, en fait, je ne m'attends pas à ce que cela fasse un jour son chemin à travers ton crâne épais.
Ah, voilà qui faisait remonter de bons souvenirs. Potter a fait volte-face et est sorti. Je me suis tourné vers Ginevra. Des larmes silencieuses coulaient sur son visage.
— Je ne peux pas te perdre, a-t-elle dit très doucement.
Je ne savais pas quoi dire. Je ne m'étais pas rendu compte qu'elle s'était attachée à ce point à moi.
— Je ne vais nulle part, Ginevra.
Elle a levé la tête, remplaçant sa posture abattue par un air déterminé. Cela lui allait mieux.
— Tu as raison. Je ne te laisserai pas partir.
— Nous n'avons pas les moyens de tenir formellement un procès complet, mais nous allons faire avec les moyens du bord, a commencé le sorcier chauve, un des derniers membres survivants du Magenmagot. Les accusations sont les suivantes : Drago Malefoy, résident du Manoir Malefoy, Witshire, a volontairement pris la Marque des Ténèbres et a participé à des actes de violence en compagnie de Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom et d'autres Mangemorts. Il risque un emprisonnement à vie.
Ginevra est entrée est s'est installée sur le banc à mes côtés. L'homme l'a saluée d'un mouvement du menton réticent.
— Représentant la défense, Ginevra Molly Weasley.
J'ai remarqué que Fol-Oeil, Black et Lupin étaient entrés derrière Ginevra et se tenaient groupés à ma gauche.
Ginevra a pris la parole.
— Témoins à la défense, Alastor Maugrey, auror, Sirius Black, et Remus Lupin.
— Permission de prendre la parole ? a demandé Black.
L'homme chauve a de nouveau hoché la tête.
— Je suis sans doute en train de sérieusement détériorer ma relation avec mon filleul en défendant cet homme, – il s'est tourné vers Potter, assis dans l'assemblée, qui lui lançait en effet un regard meurtrier –, mais je n'ai pas le choix. Je suis le cousin germain de Drago Malefoy, mais i peine un mois je croyais fermement qu'il était le diable en personne. Cette impression a changé récemment, principalement parce que je lui dois la vie à présent.
Le procès s'est déroulé dans cette veine – je ne vous ennuierai pas avec la narration d'une histoire que vous connaissez déjà (mais je vous assure que les discours étaient très éloquents). J'étais ébahi par le soutien que Ginevra avait réussi à m'attirer – je n'aurais certainement pas réussi à convaincre ces gens de me défendre, que j'aie sauvé leur vie ou pas. Personne n'a mentionné ma déclaration de ce jour-là, comme quoi j'étais dans le camp de Ginevra, pas vraiment dans le leur.
Ils m'ont libéré, cela va sans dire. Je ne crois pas avoir jamais vu Potter si furieux.
Maintenant, j'étais officiellement (enfin, aussi officiellement que possible) du côté de la Lumière. Je ne pouvais plus rebrousser chemin.
Je me suis approché de mon cher cousin après le procès.
— Hey, Black !
— Oui ? Et appelle-moi Sirius, dit-il avec un large sourire.
Je lui ai serré la main.
— Eh bien, merci.
— C'était la moindre des choses. Amis ?
— Ouais. Amis.
J'arborais un sourire affecté en disant cela. Le parrain de Harry Potter.
Je me demandais comment ça serait d'avoir des amis, plutôt que des suiveurs. Je suppose que Ginevra était mon amie, n'est-ce pas ?
En parlant de Ginevra, je me suis retrouvé d'une façon quelconque dans une chambre libre de la tente qu'elle partageait avec sa mère. Elle avait insisté pour que je ne reste pas seul, maintenant que j'avais quitté la tente médicale.
— Drago ? a-t-elle chuchoté de l'autre côté du voile qui séparait nos deux lits, tard cette nuit-là.
— Ouais ? Oh, je ne t'ai jamais remerciée, tu sais, pour la défense.
Elle a rigolé doucement pour ne pas réveiller sa mère.
— Aucun problème. C'était assez amusant.
— Amusant ? C'est de ma vie qu'on parle, là !
— Oh, allez, je savais qu'on allait gagner. Harry est le seul avec une vendetta assez grande contre toi pour ignorer le fait que tu as sauvé la vie de tous les gens les plus importants de notre camp.
— Qu'est-ce qu'il se passe entre toi et Potter, au fait ? Je croyais que vous sortiez ensemble pendant ma sixième année.
— C'était le cas. Ça s'est plus ou moins terminé, après que Ron… enfin, je crois que Harry est avec Hermione maintenant.
— La Sang-de-Bourbe ? Vraiment ?
— N'utilise pas ce mot, s'il te plaît. Oui, mais ils tiennent probablement leur relation secrète. Il est sérieusement paranoïaque à l'idée que Voldemort ne tue ses petites amies.
— Cet idiot ne te mérite pas, de toute manière.
Elle a ri de nouveau.
— Et qui est-ce qui me mérite, Malefoy ?
— Je pensais que c'était Drago maintenant, Ginevra.
— Désolée, Drago. L'habitude, je suppose. Regarde-nous, une Weasley et un Malefoy.
— Le passé est le passé. Le présent est déjà bien différent. Et le futur – ça, c'est totalement autre chose.
— Effectivement. Autre chose.
