Et oui, encore moi.
Pour me faire pardonner de la lenteur des publications entre le chapitre cinq et le chapitre six.
Je promets pas que ça sera comme ça tout le temps mais là, j'étais inspirée.
Un chapitre un peu différent de d'habitude. Pas spécialement drôle mais...
vous aurez des réponses...et d'autres questions.
J'espère juste ne pas trop me trahir dans mon intrigue et que vous vous posez toujours pleeeeein de questions, comme Judith.
Je remercie encore les personnes qui prennent le temps de laisser une review, c'est toujours très appréciable d'avoir vos réactions à chaud.
Bonne lecture !
Chapitre VII :
On demande Sherlock Holmes !
Il y a quelque chose d'étrange dans le fait de quitter Poudlard. Je veux dire, j'étais arrivée directement ici – et j'aimerais bien savoir pourquoi… et comment parce que ça m'étonnerait franchement que l'autre Thorn ait joué les ninjas et se soit introduite à Poudlard illégalement – et je n'avais donc pas pu admirer le château de loin. Aussi, alors que le train s'éloignait de la gare, je fixais Poudlard avec un étrange sentiment nostalgique. Je n'étais pas la seule à rentrer. Les parents de Lily lui avait demandé de rentrer car sa sœur avait une surprise pour la famille. Lily n'avait pas la moindre idée de ce que ça pouvait être mais le craignais au plus haut point, arguant que si sa sœur avait une surprise pour elle, ça ne pouvait être qu'une mauvaise chose. J'avais gardé mon sourire pour moi, persuadée que Lily allait rencontrer son futur beau-frère. Joyeux Noël, Lily !
Mary aussi rentrait, elle n'aimait pas passer les fêtes loin de sa famille. Tout ça pour dire que nous étions toutes les trois obligées de partager un wagon avec trois pouffiasses de Serdaigle qui jacassaient et qui commençaient à me taper sévèrement sur le système, à l'instar de Lily qui bronchait cependant dans son coin. Aussi, au bout d'un moment, je grondais et lançais :
– Eh, les trois dindes là, oui, vous, c'est à vous que je parle, pas au tapis, bande d'idiotes. Soit vous allez jacasser ailleurs, soit je me débrouille pour vous faire avaler des scrouts à pétard par le nez. Compris ?
Apeurées, les trois débiles sortirent en courant et je m'étonnais moi-même d'avoir été si effrayante.
– Il faut dire, qu'après tes exploits avec les garçons, tu es bien plus effrayante qu'avant. Tu as quand même transformé Dumbledore en Raiponce… commenta Lily en souriant, ayant probablement deviné mes interrogations.
– Ah oui, je n'avais vraiment pas pensé aux répercussions. admis-je en riant.
Mais je replongeais presque aussitôt dans mes élucubrations et interrogations métaphysiques à la noix. Depuis que j'avais finalement compris à quel genre de répercussions, mes actions pouvaient mener, j'avais été dans l'incapacité totale de choisir une conduite à adopter. Je me doutais que la Thorn d'ici n'avait pas franchement mis du sien pour mettre Lily et James ensemble mais est-ce qu'en aidant un peu le destin, je ne prenais pas le risque de tout faire foirer ? Bref, encore paumée et indécise, je m'étais contentée à observer une neutralité qui m'exaspérait au plus haut point. C'était frustrant. Comme si j'avais en face de moi un bouquin de J.K. Rowling intitulé Tous les secrets d'Harry Potter et que je ne pouvais ou ne voulais pas l'ouvrir par peur de paumer une page. Le voyage jusqu'à King Cross prit pratiquement toute la journée et je me demandais où pouvait bien être Poudlard pour que ce soit si long. Une fois à quai, je lançais un vague "bonnes vacances" aux filles et filais en direction de la gare moldue pour attraper un train qui m'approcherait de l'emplacement de l'institut. Heureusement que je connaissais assez bien Londres – même si c'était le Londres du futur d'une autre dimension – parce que je mis presque trois quart d'heure pour rejoindre la gare la plus proche. Et je vous assure que se promener avec une énorme malle frappée aux armoiries de Poudlard en plein mois de décembre a de quoi attirer les regards sur vous. A la descente du train, je mis encore un quart d'heure avant d'arriver devant une immense bâtisse aux pierres grises, gardée par un portail métallique, cerné de deux colonnes aux pierres du même gris déprimant que l'institut. Sur l'une des colonnes, une plaque dorée – la même que celles utilisées par les médecins pour annoncer leur cabinet – présentait succinctement l'établissement.
Forthrope Institute. Pensionnat pour jeunes filles nécessiteuses depuis 1957 fondé par Fortune Forthrope.
O.K. Ca annonçait déjà la couleur. En soupirant et pressentant des vacances terriblement ennuyeuses, je poussais le portail et m'engageais dans l'allée peu avenante non pas parce qu'elle était sinistre mais parce que tout semblait être taillé au millimètre près et que j'avais horreur de l'ordre. J'aimais bien quand il y avait un peu de bordel. Le bordel, ça montre que c'est habité. Le bordel, c'est la vie.
Je fis retentir la cloche de l'entrée et pénétrais dans le bâtiment. Presque immédiatement, l'archétype de la secrétaire mal dans sa peau, aigrie et frustrée se planta devant moi et me dévisagea, fixant mes cheveux comme s'ils étaient bleus…Ah, mais ils sont bleus, j'avais oublié. D'ailleurs, je commençais à me lasser, j'allais peut-être changer de couleur un de ces quatre.
– Puis-je vous aider, jeune fille ?
– Judith Thorn, je loges ici quand je ne suis pas dans mon école. Je suis revenue parce que je suis censée partir en mars et que je dois trouver où crécher. dis-je avec un ennui profond.
– Vraiment ? dit-il en plissant le nez, comme si je puais le rat mort. Et avez-vous une preuve de votre appartenance à Forthrope Institute ?
– Une lettre de la directrice, mais je suppose que vous avez des registres avec les noms de vos pensionnaires. rétorquais-je, agacée.
– Naturellement.
– Bien, vous n'avez plus qu'à vérifier, alors…
– Je vous demanderais de me parler sur un autre ton, petite insolente ! s'exclama-t-elle, outrée.
– Miss Grandview. Un problème ? s'enquit une voix derrière moi.
Je me retournais à moitié pour voir une femme brune d'environ quarante ans, les cheveux coiffés en un chignon sévère façon McGonagall et une robe noire digne du siècle passé.
– Miss…Thorn ? fit-elle avec incrédulité en s'approchant.
– Vous êtes la directrice ? m'enquis-je.
– Si vous êtes pensionnaire ici, vous devriez connaître Miss Forthrope ! s'époumona la dénommée Grandview.
– J'ai eu un accident. J'ai…des problèmes de mémoire…hasardais-je en l'ignorant d'un mouvement de la main.
– C'est bien Miss Thorn, quoique…très différente. dit la directrice. Laissez-la regagner sa chambre, Miss Grandview. Miss Thorn, auriez-vous une minute à m'accorder lorsque vous aurez déposé vos affaires dans votre chambre ? Venez dans mon bureau dès que vous serez prête.
Je hochais la tête, m'emparais sèchement de la clef qu'on me tendait – j'étais à deux doigts de tirer la langue à la secrétaire – et avançais jusqu'à une porte en face de moi avant de réaliser que je ne savais pas où aller.
– Euh, ma chambre est…?
– Escalier de droite, premier étage, chambre 109. répondit Forthrope avec un sourire qu'elle tâcha de rendre avenant.
Je fis traîner ma malle dans l'escalier avec une discrétion peu commune – c'est-à-dire aucune – et avançais d'un pas lourd dans le couloir, tout en examinant le clé dorée avec scepticisme, me demandant ce que j'allais bien pouvoir trouver dans l'antre des mystères de mon double. Je ricanais en m'imaginant quelle avait du être sa réaction en voyant ma chambre tapissée de poster à l'effigie des Black Veil Brides, de dessins assez noirs issus de ma propre imagination et d'autres choses que j'oubliais sûrement. J'introduis la clef dans la serrure, sentant sans trop comprendre pourquoi mon cœur battre la chamade. Et si la chambre était en fait un trou noire spatio-dimensionnel qui me ramènerait chez moi ? J'avais pas envie de rentrer…P'têtre que je ferais mieux d'aller à l'hôtel en fait. Je soupirais, agacée par tant d'incertitudes, quoi que peu probables. Mais bon, rien n'était moins probable qu'un voyage dans un bouquin, alors, je me méfiais. Je poussais la porte et si quelqu'un était passé à ce moment-là, il m'aurait certainement prise pour une folle à regarder la chambre comme si un démon allait surgir du sol. Je poussais d'abord ma malle à l'intérieur avant de poser un pied puisque rien ne se produisait. J'introduisais l'autre et me sentis particulièrement stupide lorsque je sursautais en entendant une porte claquer dans le couloir. Je refermais la porte de ma chambre et commençais l'examen des lieux.
A ma droite se tenait un lit impeccablement tenu, les draps convenablement faits, et sentant probablement la lavande. De chaque côté du lit trônait deux tables de chevets où reposaient deux lampes. Face au lit, un bureau où j'apercevais plusieurs pochettes de couleur, avait été posé. Contre le mur, en face de mois et encadrant une fenêtre qui ne donnait que très peu de lumière, une bibliothèque et une armoire. J'avisais une porte et vis en l'ouvrant, qu'il s'agissait de la salle de bain qui possédait toilettes, lavabo et baignoire. Tout était impeccablement tenu et sentait le refermé. Aussi, je commençais par ouvrir la fenêtre. Je n'arriverais jamais à dormir avec cette odeur, aussi, peu importait la température, il fallait aérer. Après cela, je m'approchais du bureau où j'ouvrais rapidement les pochettes. J'y reconnus une écriture de mouche, petite et serrée que je supposais être celle de l'autre Thorn. Rien à voir avec la mienne. J'avais même plutôt tendance à écrire gros et espacé. Encore une différence.
Je crus reconnaître des calculs d'algèbre et feuilletais rapidement avant de tomber sur un schéma qui me fit écarquiller les yeux. Au milieu de calculs incompréhensibles, la Thorn avait dessiné deux personnes schématiques, séparées par un genre de spirale bizarre, comme ce qu'on dessinait lorsqu'on voulait représenter l'ADN mais en moins complexe. Il n'y avait que deux ou trois traits solidement imbriqués, sans cependant être reliés par de petits traits comme dans l'ADN. D'une autre couleur, l'autre Thorn avait indiqué plusieurs flèches qui réunissaient les deux schémas et qui traversaient les spirales et qui partaient de chaque côté pour rejoindre la tête schématique de l'autre personne. Il y avait également deux autres flèches qui partaient chacune d'un point situé sous l'un des personnages et qui pointaient dans la même direction, sous la spirale. Au dessus du schéma, avait été dessiné le symbole oméga.
Aurais-je trouvé les recherches de mon double ? Finalement, il semblerait, qu'au vu de ces recherches, elle ait réussi à faire exactement ce qu'elle voulait. J'avisais les quelques mots qu'elle avait inscrits autour du schéma et je crus reconnaître les mots pensine et tombe.
Cela me glaça le sang. Tombe ? On était censées mourir ?
– Folle dingue, tu te suicides si tu veux, mais tu m'emmènes pas avec toi ! Merde…Pourquoi tombe ? Ca veut dire que t'es morte et que tu veux que j'aille te choisir une tombe ? Pourquoi tu t'es pas juste suicidée, alors ?!
Je comprenais rien à son charabia. Et quel était le rapport avec la pensine ? Je soupirais et tournais les pages jusqu'à ce que je tombe sur une série de runes que je ne comprenais évidemment pas. A côté, je mis un moment avant de déchiffrer ce que je supposais être un nom plusieurs souligné. Mais manque de bol, je n'en déchiffrais que le prénom : Mark. Impossible de lire son nom, cette fille écrivait comme un médecin ! Et purée, des Mark, il y en avait autant que des John !
Et puis, juste en dessous, j'arrivais à lire un charabia de trois lettres suivis de Mystères.
Putain, ça c'est clair que c'est un mystère pour moi ! On aurait dit qu'elle avait fait exprès de coder son truc au cas où quelqu'un d'autre se pointerait et piquerait ses papiers. J'allais passer un super noël à essayer de déchiffrer tout ça ! Jusqu'à ce qu'une petite voix dans ma tête ne me fasse remarquer que je n'avais peut-être pas si envie que ça de déchiffrer les palabres de mon double foldingue. Je délaissais les papiers, me sentant soudainement très fatiguée et me décidais à rejoindre le bureau de la directrice. Trois minutes plus tard, je frappais à sa porte et attendis une réponse qui ne tarda pas. Helen Forthrope, si je me remémorais bien son nom, m'ouvrit la porte et m'enjoignis à m'asseoir.
– Comment vous sentez-vous, Miss Thorn ?
– Bien. Vous vouliez me voir pour une raison particulière ?
– Eh bien, le directeur de votre établissement m'avait fait part au début de l'année de vos problèmes de mémoire et je voulais savoir si cela c'était arrangé ?
– Non.
– J'en suis navrée, si je puis faire quoique ce soit pour vous aider…
– A vrai dire, je voudrais savoir si…est-ce que ma mère m'a laissée sans rien ? Pas de compte en banque, ne serait-ce que deux ou trois cent livres pour que je puisse me débrouiller ?
– Je n'ai pas connaissance de compte en banque, Miss Thorn. En revanche, vous m'avez confié il y a quelques années quelque chose qui a du lui appartenir.
Elle se leva et me tourna le dos pour faire pivoter un tableau d'une femme au visage sévère à laquelle elle ressemblait, avec toutefois quelques années en moins et s'affaire autour de ce que j'identifiais comme un coffre-fort. Elle finit par se retourner et me tendit une autre clef. Atterrée, je m'emparais de la clef. Et mes doutes se confirmèrent lorsque je vis, inscris sur le montant de la clef : Gringotts.
Gringotts ?Putain, pourquoi j'ai pas pris…je veux dire, pourquoi elle a pas pris cette clef avec elle avant de partir dieu sait où, si elle avait un clef de Gringotts.
– Il me semble vous avoir entendu dire qu'il s'agissait du seul héritage de votre mère. J'ignore cependant ce qu'elle ouvre.
– Ma mère ? répétais-je, franchement ahurie.
Comment ma mère pouvait-elle avoir un coffre-fort à Gringotts si elle était moldue ? Je fis tourner la clef dans ma main avant de relever la tête vers la directrice.
– Vous savez où ma mère a été enterrée ?
– Au cimetière de Highgate, il me semble.
Je hochais la tête. Bon, je savais ce que j'allais faire le lendemain…Gringotts et Highgate. Je soupirais profondément. J'espérais sincèrement que mon double n'avait pas fait tout ces efforts dans le but de retrouver "sa" mère parce qu'elle avait du être déçue d'avoir fait tout ça pour rien.
– Arriverez-vous à trouver un nouvel endroit où vivre ? s'enquit la directrice.
– Tout dépend de combien il y a dans le coffre. dis-je, réfléchissant à haute voix.
– Pardon ?
– Pour le dîner, ça se passe comment ? Il y a des heures précises ? Et un couvre-feu, aussi, j'imagine…
– Le dîner est servi tous les soirs à partir de 18h30 et jusqu'à 19h30. Le réfectoire se situe après le hall aux escaliers. Le déjeuner pour le matin est entre 7h et 8h30. Pour le déjeuner, 11h30 à 13h00. Et le couvre-feu est établi à partir de 22h.
– Même en week-end ?! m'exclamais-je, ahurie.
– Même en week-end. dit sévèrement la directrice. C'est un pensionnat qui prend à cœur les intérêts de ses élèves.
– Ouais…soupirais-je. Bonsoir.
Je m'extirpais du bureau sans autre forme de cérémonie et avisais l'heure. Encore une heure et je pourrais aller manger. En attendant, je réintégrais la chambre et m'attaquais aux recherches de mon double. Pas que je voulais "rentrer" chez moi, non, en fait, je voulais juste savoir pourquoi elle s'était donné tant de mal…
La nuit avait été courte, je n'avais pas réussi à fermer l'œil avant trois heures du matin, autant dire que le réveil avait été dur. Et après avoir tourné en rond pendant une bonne heure et demie, j'étais finalement devant le chaudron baveur. J'entrais d'un pas peu assuré et comme je voyais des personnes se diriger vers l'arrière boutique, lieu supposé du "mur magique", je m'empressais de les suivre. Avec soulagement, je passais en même temps qu'eux et me retrouvais dans la rue miraculeusement déneigée alors que les flocons tombaient en masse. J'avisais l'immense bâtisse qui abritait Gringotts (j'aurais pas pu me planter, c'est marqué en gros dessus). Je me sentais légèrement euphorique à l'idée de rencontrer des gobelins. O.K., ils étaient pas les plus aimables créatures du monde mais peu importe, ça restait magique ! J'entrais dans l'énorme banque et me présentais devant le bureau de celui qui paraissait le plus aimable (je devrais peut-être dire le moins désagréable) et me raclais la gorge.
– Moui ? fit le gobelin d'une voix qui faisait clairement comprendre que je l'emmerdais.
– Je voudrais retirer de l'argent, s'il vous plaît. dis-je avec un sourire et un ton du plus aimable que j'ai pu trouver.
Pour toute réponse, le gobelin me darda d'un regard mauvais.
– Coffre 412. Suivez-moi. dit-il d'une voix nasillarde.
J'obtempérais et en apercevant le wagonnet qui allait m'emmener jusqu'à mon coffre, je me sentis comme une gamine que l'on emmène devant l'entrée du train fou de la mine à Disney sans personne devant nous. Je grimpais et le gobelin démarra et en quelque minutes, nous allions déjà à une allure folle. Lorsque nous finîmes par nous arrêter, je regardais le gobelin, guillerette et eut du mal à ne pas réclamer : "encore". Je descendis du wagonnet en tournant un peu et me raclais la gorge, à demi mort de rire devant la façon dont le gobelin me dévisageait. Il introduisit la clef dans la serrure et le coffre se déverrouilla. Je priais pour que…NOM DE DIEU DE PUTAIN DE BORDEL DE MERDE.
C'était quoi tout ce pognon ? Merde, y en avait des…des tonnes ! Sérieusement, qu'est-ce que foutait Thorn dans un pensionnat pour nécessiteuses avec tout ce ric à portée de main ? Je vis le regard suspicieux du gobelin et m'empressais de prendre de quoi remplir deux bourses de galions. Je n'avais aucune idée de ce que ça valait alors je préférais assurer.
– Par curiosité, combien il y a exactement ?
– Sans les deux milles galions que vous venez d'ôter, il y a très exactement 105975 galions. dit-il après avoir jeté un bref regard à l'intérieur.
Wouaoh…j'allais me promener avec deux milles galions sur moi… J'suis riche…
Une fois de retour dans le hall, je demandais au gobelin de changer une bourse en argent moldu ce qu'il fit en ronchonnant. Après cela, je rejoignis la rue principale en évitant le chemin des embrumes et flânais un moment avant de me rendre compte qu'il n'y avait pas que ces deux rues-là. Une autre, nommée Chemin des pas-perdus, coupait le chemin de traverse perpendiculairement. Curieuse, je m'y engageais et fixais les vitrines avec, j'en étais certaine, des étoiles dans les yeux.
Comment pouvait-on avoir envie de partir d'ici ? Elle était visiblement riche, n'avait pas un connard de père qui refusait de l'émanciper, ni une mère handicapée mentale, ni une belle-mère grognasse et insupportable. Bref, si elle s'était bougée un peu, elle aurait eu une vie presque idéale. Je m'arrêtais devant la vitrine d'une agence immobilière. J'avais un peu plus de 100000 galions dans le coffre, il devait y avoir moyen que j'achète un truc, même si je ne comprenais pas encore comment il était possible que j'ai un coffre doté d'autant d'argent, je n'allais certainement pas cracher dessus. Je parcourais les annonces en cherchant quelque chose de pas exorbitant non plus. J'avais pas besoin d'un six pièces. Et les prix étaient vraiment à en faire pâlir un vampire. Et ce n'étaient que des appartements dans le Londres sorcier. J'allais abandonner quand le vendeur m'interpella et m'annonça qu'il avait d'autres annonces à l'intérieur. N'ayant plus trop de temps, j'entrais, quoique peu convaincue. J'allais pas trouver de quoi crécher ici. Je restais pourtant près de deux heures en compagnie du vendeur qui fit pratiquement tout ce qu'il trouvait pour trouver mon bonheur. Et je dois avoir du bol, parce qu'il m'a trouvé un truc à visiter le lendemain. C'était loin dans la banlieue, un petit studio à sérieusement retaper mais qu'en avais-je à faire ? J'allais être une sorcière majeure dans trois mois à peine, je pourrais donc réparer l'appart avec ma baguette, même si j'allais devoir sérieusement bûcher les sortilèges.
Je le quittais vers midi et décidais de déjeuner au chaudron baveur. Je fixais avec discrétion les gens autour de moi et dégustais un truc super bon mais à l'allure vraiment bizarre et je n'étais pas certaine d'avoir envie de savoir ce que c'était. Près d'une heure plus tard, j'étais en route pour le cimetière. Le temps que dura le trajet, je réfléchissais au coffre. J'avais plusieurs hypothèses mais une seule me paraissait vraiment plausible.
Un : ma mère était une sorcière. Dans ce cas, pourquoi aurais-je dit…je veux dire, pourquoi mon double aurait-elle dit que sa mère était moldue ? Ca ne me paraissait pas très convaincant.
Deux : Mon père, enfin, le père de ma double (j'allais finir schizophrène avant la fin de l'année) était peut-être un sorcier et il n'avait pas eu envie de se coltiner une bâtarde et il avait acheté le silence et la tranquillité de sa maîtresse. Ca me paraissait beaucoup plus vraisemblable, surtout connaissant mon "vrai" père. Certes, le mien n'avait pas déserté, mais croyez-moi, il aurait mieux valut. Il n'y a rien de pire qu'un homme qu'on a forcé à être père. Mieux vaut pas de père qu'un père qui souhaite chaque jour votre non-naissance. J'arrivais finalement au cimetière et tournais un moment sans trouver la tombe de ma…la tombe que je cherchais. Je pestais contre Forthrope qui avait du se planter de cimetière. J'allais repartir quand je vis le gardien. Je l'approchais et lui demandais si par, hasard, il savait si la tombe d'une certaine Abigail Thorn était répertoriée dans le cimetière. Il fouilla dans ses registres un moment avant de déclarer, satisfait :
– Je savais bien que ce nom me disait quelque chose ! Je cherchais dans les registres normaux…La tombe que vous cherchez est dans une section séparée.
– Pourquoi ? m'étonnais-je.
– C'est comme ça pour tous les suicidés.
Hein ? Mais je croyais qu'elle ne s'était pas suicidée ?! Ma double avait dit à Lily qu'elle avait été renversée par une voiture… Et Dumbledore m'avait confirmé l'info. Je fronçais les sourcils et remerciais le gardien qui m'indiqua où trouver la tombe. Elle était effectivement à l'écart, dans le fond du cimetière. Je m'approchais de la pierre tombale. Ca faisait bizarre, mais surtout parce que je n'étais pas triste. Ce n'était pas vraiment ma mère, après tout. Et puis bon…ça faisait un moment que j'avais fait mon deuil. Je fixais la tombe d'un œil détaché.
Abigail Thorn 17/05/1943 - 03/09/1971
Ouais, elle avait perdu sa mère à onze ans. Et d'un suicide, apparemment. C'était dur. C'était peut-être ça, son plan, empêcher son suicide ? Mais pourquoi changer de dimension ? Purée, ça revenait à chaque fois. Avec son schéma bizarre, elle montrait clairement que c'était primordial, qu'elle devait échanger sa place. Mais POURQUOI ?!
Je m'asseyais devant la tombe, en tailleur et soupirais. Plus j'avançais dans mes recherches et plus ça devenait compliqué.
Merde, Sherlock Holmes, t'es dans le coin ? J'aurais bien besoin de toi !
Alors ? Avez-vous d'autres hypothèses ?
Juste une précision, séparer les suicidés (à l'instar des noyés, des comédiens (me demandez pas pourquoi) et des excommuniés) dans les cimetières des autres personnes a été une pratique courante depuis l'antiquité jusqu'à la fin du XIXe siècle, à peu près. Ca ne se fait plus chez nous depuis la loi de séparation de l'état et de l'église et j'ignore si c'était le cas chez les Anglais, mais pour les besoins de la fic, on va dire que oui.
Bref, j'attends vos hypothèses avec impatience. Je croise les doigts pour que personne n'ait deviné. J'aime ménager mon suspens ^^
A bientôt
Gaef
