Titre : Lost Highway

J'ai décidé d'enlever le résumé. Je pense qu'au bout de 8 chapitres (et oui, 8 !) vous connaissez le principe de l'histoire.

Disclamer : Pour ne rien changer à mes habitudes, je ne possède ni Glee, ni ses personnages. De même, toute œuvre littéraire citée n'est pas de moi. Rien a changé de ce côté là.

Dernière info, le titre de ce chapitre correspond en fait à une chanson relativement connue des années 2000 du groupe américain The Calling.

Maintenant que j'ai fini de raconter ma vie, bonne lecture !

Chapitre 8 - Wherever you will go.

« Est-ce que je suis bien ? »

« Mais oui, ça fait dix fois que tu poses la question » soupira une Charlie exaspérée à un Kurt stressé.

Sans savoir pourquoi, Kurt était anxieux. Peut être parce qu'il connaissait Blaine depuis maintenant deux mois et qu'il ne savait toujours pas ce qu'il ressentait à ses côtés. Une chose était certaine. Ce n'était plus de la haine, ni de la rancœur. Et même si une pointe de jalousie persistait encore, il était perdu. Aucun des sentiments qui l'habitaient en ce moment ne lui était vraiment familier.

« Tu es parfait » ajouta Charlie, un sourire tendre apparaissant doucement sur son visage pâle.

Elle ne parvenait même plus à en vouloir à Blaine de lui voler Kurt. Après tout, ce n'était pas la faute du chanteur si personne ne l'attendait. Alors elle s'était résignée à être heureuse pour Kurt, au moins en sa présence.

« File, avant d'être en retard » ordonna gentiment la jeune femme.

« Oui maman » geignit Kurt, en une parfaite imitation d'un enfant de quatre ans.

Ils échangèrent un regard amusé, puis Kurt ramassa sa veste posée sur la chaise nouvellement réparée à l'aide de carton et de colle forte. Il la passa sur ses épaule, et Charlie lui remit son col, avant de lui donner une tape sur l'épaule, pour l'encourager.

« Vas-y, Dom Juan, fais le tomber à tes pieds » le taquina Charlie.

Kurt ignora la remarque de la jeune femme, et ouvrit la porte d'entrée.

« Bonne soirée » s'exclama Charlie avant qu'il ne sorte.

« A toi aussi » répondit Kurt, se retournant pour refermer la porte et lui sourire une dernière fois.

Dès que le claquement de la serrure se fit entendre, Charlie laissa tomber son sourire. Elle recula doucement jusqu'au lit sur lequel elle se laissa tomber. Ramassant la petite peluche rouge rangée dans une boîte sous le lit, elle se roula en boule, la peluche serrée contre la poitrine comme seul réconfort.

Parce que, à partir de cet instant, Charlie savait qu'elle était seule. Kurt allait partir, c'était clair comme de l'eau de roche. Il n'était pas encore amoureux, mais il ne ressentait plus de haine envers Anderson. Elle le sentait. Il commençait à apprécier sa présence. Et si pour l'instant, il était perdu, elle savait qu'il allait vite se rendre compte qu'il avait mis Anderson à ses pieds depuis longtemps. Qu'il n'avait pas besoin de changer celui qu'il était pour plaire. Qu'être lui-même rendrait Anderson fou amoureux. Si il ne l'était pas déjà, ce dont elle était intimement persuadée. Et elle se retrouvait une nouvelle fois seule. Sans personne. Abandonnée une seconde fois. Avec pour seule compagne une douleur amère qui ne la quittait plus, et une peluche qui ne l'avait jamais abandonnée, elle.

Et le savoir sans pouvoir rien faire, ça la tuait.

Kurt se retrouva avec dix minutes d'avance devant le haut building sans savoir que faire. Il s'avança prudemment vers l'entrée, sentant le regard des vigiles sur lui. Il entra sans dommages, et il laissa échapper un soupir de soulagement. Les deux gardes allaient faire parti de ses prochains cauchemars, il en était certain. Il s'avança lentement dans le grand hall quand une voix le fit s'arrêter.

« Excusez-moi, Monsieur. Venez par ici ! »

Kurt s'exécuta, le regard posé sur la personne qui venait de l'interpeller. Juliet, d'après le badge qu'elle portait à la poitrine. Une jeune femme d'une trentaine d'année aux cheveux d'un noir qui rendrait un corbeau jaloux, et aux yeux tout aussi noirs. Son chemisier d'un blanc immaculé la serrait légèrement au niveau de la poitrine, et sa jupe noire lui ceinturait un peu trop la ceinture. Raide et froide, elle semblait tout à fait à l'aise dans ses fonctions. Pour Kurt, une femme comme elle devait repousser les potentiels intrus aussi efficacement que les deux armoires à glace de l'entrée.

« Vous cherchez quelque chose » le questionna t-elle d'une voix froide.

« Je suis attendu par Blaine. »

Il se triturait les mains, définitivement mal à l'aise. Elle le fixait d'un regard glacial qui ne l'aida pas à être plus à l'aise.

« Anderson » se reprit-il d'une voix forte. « Blaine Anderson. »

La jeune femme vérifia un calepin ouvert devant elle d'un geste professionnel.

« Vous êtes ? »

« Hummel. Kurt. »

« Puis-je avoir une pièce d'identité, s'il vous plaît ? »

Surpris par la demande inhabituelle de Juliet, il s'exécuta néanmoins. Il déposa doucement son passeport sur le comptoir. Le regard expert de la jeune femme étudia avec attention le document officiel, puis le repoussa vers lui. Un sourire apparut alors sur son visage.

« Montez au 17è. Monsieur Anderson nous a prévenu, il vous attend. Bonne soirée. »

Kurt la remercia rapidement, puis prit la direction des ascenseurs, passant devant les vigiles sans être inquiété. Il appuya sur le bouton n°17, et les portes se refermèrent. Il prit le temps d'étudier son reflet dans le miroir. Pour l'occasion, Charlie l'avait aidé à choisir sa tenue, ce qui en soit n'était pas vraiment un défi puisqu'il n'avait pas beaucoup de choix. Un jean bleu foncé légèrement ajusté, une chemise bleu pâle, la même que lors de la soirée du bar, des chaussures noires. Elle l'avait aussi aidé à coiffer ses cheveux qu'il n'avait pas pris le temps de faire couper. Il sourit à son reflet. Pour la première fois depuis longtemps, il avait l'impression de ressembler à quelqu'un. Pas à l'ancien Kurt, il ne fallait pas exagérer, mais à quelqu'un quant même.

La musique en fond sonore destinée à faire patienter le passager commençait à le rendre encore plus nerveux qu'il ne l'était déjà. Il s'échappa de l'ascenseur dès que les portes se rouvrirent, et il frappa à la porte. Il attendit quelques secondes, durant lesquelles il observa avec admiration le palier, tout aussi richement décoré que le reste.

Il sursauta lorsque Blaine ouvrit la porte, et se retourna d'un bond vers son hôte.

Il dut mettre toute la volonté qui lui restait pour ne pas resté figé comme un idiot devant Blaine. A mi-chemin entre la soirée au Ritz et la fois où il était passé avec Nick, Blaine s'était habillé de manière classe, mais décontractée. Un jean bleu nuit, un T-Shirt blanc cintré tout ce qu'il y a de plus classique, ses cheveux bouclant naturellement dans tous les sens, des lunettes à fines montures sur le nez.

Il invita Kurt à rentrer tout en le saluant, un grand sourire aux lèvres.

Kurt entra, son regard faisant discrètement le tour du propriétaire une deuxième fois. Blaine posa ses lunettes sur une des étagères, et ramassa le livre qui traînait sur le canapé blanc. Harry Potter et le Prince de Sang-Mêlé. Le même livre que lisait Charlie la veille. Sauf que celui là était visiblement neuf.

Focalisé sur le livre, il ne vit pas le regard de Blaine s'éclairer.

« Tu les as lu ? »

« Pardon ? »

Kurt se reprit, et tourna son regard vers Blaine.

« Les Harry Potter ? Tu les as lu ? »

Blaine attira doucement Kurt sur le canapé, puis il s'assit à ses côtés. Kurt haussa les épaules et lança l'une des remarques qui énervait le plus les fans de la saga.

« Et bien j'ai vu les films... »

« Non, pas toi ! »

Amusé par l'enthousiasme sans faille du chanteur, Kurt l'écouta lui vanter les mérites des livres contant l'histoire du sorcier britannique en souriant. Il s'appuya sur le dossier du canapé se sentant un peu plus à son aise. Blaine parlait en agitant les mains, le visage éclairé par ses yeux noisettes. S'arrêtant brutalement dans son discours, il se leva.

« Je ne t'ai même pas proposé quelque chose à boire... »

« Un verre de vin sera très bien » le coupa Kurt, toujours souriant, les jambes croisées et les mains posées sur le genou.

Blaine quitta le grand salon pour la cuisine. Kurt se leva et observa les cadres posés sur les étagères, tentant de rendre ce grand appartement moderne un peu plus personnel. Sur l'une d'elle, Blaine était aux côtés d'un jeune homme légèrement plus âgé que lui. Le jeune homme en question le tenait par l'épaule, et les deux - amis ? - semblaient rires à une blague connue d'eux seuls. Sur une autre, un couple était au centre, encadré par Blaine et le jeune homme de l'autre photo. L'homme le plus âgé était debout, la main sur l'épaule de la seule femme de la photo, assise très droite, les jambes croisées et les mains sur les cuisses. Le jeune homme aux yeux bleus se tenait à la droite de la femme aux yeux dorés, le regard fixé sur l'objectif. Le couple au centre fixait également le photographe, mais leur regard à eux ne laissait filtrer aucune émotion, comme si être là les laissaient complètement indifférent. Blaine était à la gauche du couple, légèrement en retrait. Il fixait l'objectif d'un regard triste, les bras le long du corps, la cravate rouge et bleu de son uniforme aux mêmes couleurs serrée autour de son cou. La femme portait une longue robe blanche à manches longues cachant ses jambes et ses pieds, et avait les cheveux tenus dans un chignon dont rien ne dépassait. Son époux portait l'un de ses costumes dont Kurt ne voulait même pas connaître le prix. Le troisième homme semblait moins guindé que les autres, ne portant qu'un pantalon en toile noire et une chemise blanche.

Perdu dans sa contemplation de la photo, il n'entendit pas Blaine revenir, poser les verres sur la table basse, et s'approcher de lui.

Blaine se permit de dévisager quelques instants le visage de celui qu'il ne parvenait pas à oublier.

« Je te présente mes parents et mon frère. »

Kurt fit naviguer son regard entre la photo et Blaine. Le Blaine qui se tenait en face de lui n'avait pas grand chose du Blaine de la photo. Le gel avait disparu, l'uniforme aussi, le regard triste aussi. Il porta son regard sur le couple au centre. La femme était belle. Son regard était le même que celui de son fils. Pour le reste, Blaine avait récupéré de son père. De taille moyenne tous les deux, les mêmes épaules musclées, les mêmes cheveux bruns indomptables sous la même couche de gel. Par contre l'homme aux yeux bleus ne ressemblait absolument pas à son frère. De grande taille, son frère avait des yeux bleus perçants et des cheveux aussi lisses que ceux de sa mère.

« On a pris cette photo pour l'anniversaire de ma grand-mère paternelle. »

Blaine prit le cadre et fixa quelques secondes la photo, avant de le reposer et détourner son attention du couple qui le fixait d'un air désintéressé à travers le carreau. Il retourna s'asseoir, et tendit son verre à Kurt, qui le remercia. Kurt tenta d'entamer une conversation qui ne les mettrait ni l'un ni l'autre dans l'embarras. Ils finirent par parler mode, passion qu'il partageait visiblement tous les deux, à la plus grande surprise de Kurt qui n'imaginait que Blaine pouvait s'intéresser à un truc qui faisait aussi... gay que la mode, lui qui semblait toujours si viril.

Un coup sur la porte d'entrée fit sortir Blaine de sa quiétude. Il se leva, surpris, et se dirigea vers la porte sous le regard tout aussi surpris de Kurt.

Blaine n'attendait personne, et, il le savait pertinemment, seule une personne pouvait passer la sécurité sans lui demander l'autorisation avant...

Il ouvrit la porte, et ses suppositions furent à la fois confirmées et totalement infirmées.

« Surprise ! »

Rachel Berry se tenait dans l'encadrement de la porte, accompagnée par son fiancé, Jeff, Nick et évidemment, David. Blaine se mordit discrètement la lèvre, ne sachant pas vraiment comment accueillir cette interruption.

Kurt quitta le canapé et rejoignit Blaine, le regard fixé sur les nouveaux arrivants. Lui savait comment il aurait voulu les accueillir. A savoir refermer la porte sur eux sans attendre. Mais comme il n'était pas chez lui et qu'après tout, c'était les amis de Blaine, il s'écarta pour les laisser passer lorsque Blaine les invita à rentrer. Finn fixait avec insistance Kurt, et les deux hommes ne savaient pas comment entamer la conversation.

Rachel tendit à Kurt une boîte qu'elle venait de tirer de son sac.

« Pour fêter ton retour parmi nous, nous tenions à t'offrir un cadeau. »

Elle avait l'air tellement contente de sa surprise que Kurt n'eut pas le courage de l'envoyer paître. Et puis, après tout, un cadeau, ça n'avait jamais fait de mal à personne. Il déchira donc le papier cadeau rose bonbon en silence et eut la surprise de reconnaître la fameuse pomme partiellement croquée sur la boîte. Kurt releva la tête vers Rachel, dont le sourire ne s'était pas affaissé.

« Et bien... Merci » lança Kurt tournant et retournant la boîte dans ses mains.

« Tu peux l'ouvrir, si tu veux » plaisanta Nick.

Kurt lui sourit, mal à l'aise, et s'aperçut que la boîte avait déjà été ouverte. Il tira sur la languette et prit dans sa main l'Iphone, se demandant l'intérêt du cadeau, étant donné qu'il ne pouvait pas se permettre de payer en plus un forfait téléphonique.

« On s'est cotisé pour payer un forfait » intervint Finn. « Comme ça, on pourra te joindre. »

Depuis qu'il avait revu Kurt, Finn entretenait l'espoir que celui qu'il considérait comme son petit-frère réintègre la place qu'il n'avait jamais perdu chez les Hudson-Hummel. Il espérait que Kurt ne disparaîtrait plus comme il l'avait fait. Qu'ils reformeraient de nouveau la famille qu'ils étaient.

Kurt tourna son regard bleu sur lui, le remerciant silencieusement. Il retourna à son inspection du téléphone, et l'alluma. L'écran s'alluma et Kurt fixa la ligne lui demandant son code PIN. Il leva un regard interrogateur vers Rachel qui s'approcha de lui.

« Ta date d'anniversaire. On s'est dit que tu t'en souviendrais facilement. »

Kurt leur sourit et alluma l'appareil, fixant l'écran en silence. Blaine ne pouvait quitter des yeux Kurt. Son regard bleu était lumineux. Lorsqu'il Kurt releva la tête, il souriait. Un sourire comme Blaine ne lui avait jamais vu.

« Merci, je ne sais pas quoi dire... »

Rachel se jeta dans ses bras, et, mal-à-l'aise, il lui tapota doucement l'épaule, jetant un regard paniqué à Finn, qui ne put s'empêcher de rire devant la scène. Scène qui lui rappelait le lycée. Il avait hâte de prévenir Burt. Kurt n'avait qu'à donner son accord, et Finn prévenait sur le champ son beau-père.

« Vous voulez boire quelque chose ? » proposa Blaine, se comportant en hôte impeccable.

« On passait juste pour donner ça. On va repartir » répondit David, entraînant toute la petite bande à sa suite.

Ils quittèrent rapidement l'appartement. Rachel embrassa Kurt sur la joue et le prit une dernière fois dans ses bras, avant de sortir et de fermer la porte derrière elle. Kurt resta silencieux quelques secondes, le portable à la main, tandis que Blaine servait tranquillement les verres. Kurt se rassit sur la canapé, et se tourna vers Blaine, les sourcils froncés.

« Comment ils ont su que j'étais là ? » demanda Kurt, perplexe.

« J'ai demandé à Nick de donner le papier à Charlie qui te l'a donné » expliqua Blaine, comme une évidence. « Nick a dû lire le papier. Et comme Rachel sait toujours tout... »

Il laissa sa phrase en suspend, laissant à Kurt le soin d'imaginer la suite. Il prit son verre, et trinqua avec Kurt.

« On trinque à quoi ? » questionna Kurt, sortant de ses réflexions.

« Je ne sais pas... A nous? »

Kurt, légèrement gêné, plongea son regard dans le liquide rouge et en bu une gorgée pour se redonner une contenance. Puis il releva le regard vers Blaine, et lui sourit.

Il ne voulait pas l'admettre, mais ça faisait bien longtemps qu'il ne s'était pas sentit aussi bien. Pour une fois, il avait l'impression d'être à sa place...