Chapitre 7

Ania, vingt-et-un ans, prostituée de son état, lança sur l'homme devant elle un regard assez meurtrier pour déstabiliser un nazgûl au meilleur de sa forme.

- Pose un seul doigt sur moi et le mur gardera longtemps la trace de ton profil, susurra-t-elle d'un ton caressant.

Le garde du corps sembla hésiter, puis rabattit ses mains qu'il avait tendues vers elle pour une fouille au corps. De toute façon, à moins qu'elle ait trouvé un moyen de cacher un lance-missile sous sa minijupe ou au fond de son décolleté, elle ne devait pas être excessivement armée.

- Bon, vous me faites entrer ou je vous facture le temps que vous passez à me déshabiller des yeux ?

Les deux armoires à glace disposées de chaque côté de l'immense porte se consultèrent du regard, se demandant visiblement ce qu'ils étaient censés faire. Mais avant qu'ils aient pu répondre, un grésillement s'éleva du haut-parleur juché sur leur droite. La machine dernier cri émis un tressautement, puis un son incroyablement aigu et, dans un râle d'agonie, elle explosa. De l'autre côté de l'épais battant de bois, un hurlement étouffé leur parvint :

- Nom d'une meringue atomique, il faudra VRAIMENT que tu m'expliques comment tu fais pour détruire TOUS les systèmes A.I-tech que je mets en place en moins de DEUX SEMAINES ! Tu sais combien ça coûte ?

Une autre vague de cris leur parvint, moins compréhensible cependant, avant qu'un « faites-la entrer ! » retentissant ne mette fin à cette situation. Les deux mastodontes se penchèrent vers les poignées et, avec une synchronisation impressionnante, ouvrirent d'un même geste l'impressionnante entrée du bureau des présidentes.

La jeune prostituée la franchit de sa démarche aguicheuse qui lui avait valu quelques torrents de baves depuis que son corps était celui d'une femme faite (95C, taille de guêpe et jambes élancées montées sur tallons-aiguille, disons les choses comme elles sont : des filles aussi bien « faites », la nature n'en avait pas donné des masses). Ania n'était assurément pas le genre de femme qu'on oubli facilement. Et pourtant, je suis sûr que presque aucun d'entre vous ne l'a reconnue…souvenez vous : deux ans plus tôt, sur le toit d'un bordel, elle indiquait où se trouvait la petite Hinata à son ex-petit ami et à son amant jaloux. (double vie, chapitre 36)

Elle s'avançait fièrement, et pourtant, malgré ses pas assurés qui faisaient claquer ses talons sur le carrelage noir, malgré ses mains négligemment ancrées sur ses hanches, elle ne faisait que paraître rassurée. À deux doigts de rebrousser chemin pour courir se cacher dans les jupes de sa mère, elle cachait sous son sourire un mélange détonnant d'excitation et de peur, bien consciente qu'elle jouait là un des moments clef de sa vie. Les prochaines minutes allaient sûrement décider de si elle pourrait ou non reprendre le contrôle de son existence. Mais elle attendait cette rencontre depuis trop longtemps pour faire marche arrière. C'est pourquoi elle se focalisa sur la pièce et ses occupants, détaillant tout comme si sa vie en dépendait. Ce qui, au fond, était peut-être le cas.

C'était une salle de réunion, plutôt vaste, avec une gigantesque baie vitrée ouverte sur la ville, respirant le pouvoir et le mystère à des kilomètres à la ronde. Bref : un décor tout droit sorti du dernier film d'espionnage d'Hollywood. Tout, ici, sentait le luxe. Non : empestait la richesse à plein nez ! Et le neuf aussi : des grands tapis faits main au bureau d'acajou en passant par les lustres qui diffusaient une lumière tamisée, tout semblait à peine sortir de l'usine. La fortune des propriétaires avait été aussi soudaine que fulgurante.

Les propriétaires… les richissimes et énigmatiques Scal.

- Bienvenue Ania Schalkhaft, lança la voix susurrante d'une des deux silhouettes qu'on distinguait à peine face à la vitre panoramique, auréolées par le contrejour. Je suis heureuse que tu ais répondu à notre appel.


Lors des mois qu'ils avaient déjà passés ensembles, tous les trois dans le même appartement, Neji avait souvent pensé qu'il devrait acheter une laisse à son encombrant rival. Après, il s'était ravisé : une muselière. Il lui fallait ABSOLUMENT une muselière. Et, depuis un certain épisode dans une certaine salle de bain, il s'était mis à étudier les prix de plusieurs vétérinaires pour une castration pure et simple.

Comment aurait-il pu seulement imaginer, quelque jour plutôt, qu'il serait à deux doigts de porter plainte pour harcèlement sexuel ? Il faut bien avouer que, comme souvent quand il s'agissait de sentiments, ses réactions étaient un peu démesurées. De la même manière qu'il appelait « déclaration de guerre » le moindre regard d'un étranger posé sur sa fragile Hinata, il avait tendance à amplifier ce qui, au fond, n'était que des provocations de la part de son sale clebs préféré.

Après tout, on aurait difficilement pu condamner Kiba pour avoir effleuré la hanche de son colocataire en passant chercher du lait dans la cuisine. Ou parce qu'il avait soufflé délicatement sur le cou de porcelaine du jeune récalcitrant lorsqu'il se penchait pour caresser la joue d'Hinata tandis que, tous trois entassés sur le canapé pour une soirée DVD, ils ne pouvaient pas faire autrement que se toucher. Ou alors, pour avoir pris Hinata sur ses genoux sur un banc public, la serrant dans ses bras et enfouissant son nez dans ses cheveux de satin avant de relever ses yeux brûlants de désir sur le cousin qui, à quelques mètres de là, les regardait.

On irait pas non plus jusqu'à dire qu'il ne le faisait pas exprès : la subtilité du sale cabot était telle que ça crevait littéralement les yeux qu'il ne faisait que provoquer son rival, que le tenter de venir partager ces caresses sensuelles que la brigade des mœurs avait depuis longtemps classé dans la rubrique « ne pas toucher sous peine de plaisir ».

Et Neji enrageait, les embarquant tous les deux dans des disputes toujours plus violentes dans l'espoir de cacher qu'au fond... il était terrifié. Il faut dire qu'il n'avait pas tort de s'affoler : non pas parce que Kiba en faisait trop, mais parce que lui, Hyuuga Neji, fervent défenseur de l'ordre des glaçons associables, réagissait bien plus qu'il ne l'aurait voulu.

Une caresse fugitive lui arrachait un frisson avant qu'il ne s'écarte vivement, les yeux chargés de promesses de mort. Un soupir sur sa peau lui faisait instinctivement fermer les paupières avant qu'il ne se gifle mentalement et ne se reprenne en grinçant des dents. Et les attentions provocantes sur le corps de leur petite amie, couplées à un regard qui lui criait « tu es sûr que tu ne voudrais pas essayer ? » lui donnaient l'impression d'être un homard qu'on plonge vivant dans une marmite d'eau bouillante. Chaud. Très chaud.

Alors, sans qu'il le veuille, l'Hyuuga avait commencé à ramener systématiquement son regard sur son énervant colocataire, le dévisageant avec plus d'envie qu'il ne pouvait, qu'il ne voulait l'admettre. Et, comble de malheur, toutes les incarnations du destin semblaient s'être liguées pour que cet imbécile qui, d'habitude, n'aurait même pas vu un éléphant en tutu rose chantant la Marseillaise sous son nez, ce même abrutit remarque aujourd'hui le moindre trouble de son rival.

A quelques mètres de là, affalé sur une chaise de l'amphithéâtre avec cet air un peu bête qu'il avait toujours lorsqu'il ne comprenait rien à ce que racontait le professeur (c'est à dire du mot « bonjour » jusqu'à la fin du cours), Kiba mastiquait nerveusement son crayon. Et d'un coup, comme s'il avait senti le regard de l'autre garçon sur lui, il tourna vivement la tête, emprisonnant les yeux blancs dans les siens. Un sourire coquin creusa des fossettes dans ses joues, juste en dessous de ses tatouages rouge vif, révélant ses canines aiguisées comme des crocs de chien. Et, d'un geste d'une lenteur horriblement subjective, il poussa délicatement le stylo entre ses lèvres, l'enfournant à demi.

Quant à ses pupilles mutines, elles semblaient lui crier :

« Je te l'ai dit : je ne te laisserai pas tout détruire. Je te ferai céder. Pour elle. Pour nous. Tu ne m'échapperas pas. »


- « Tu connais Gabriel Ikiro ? »

Les yeux fermés, l'air de dormir profondément, Hatake Kakashi repassait en boucle ce fameux enregistrement qui l'obsédait depuis deux années déjà.

Une œuvre d'art, voilà ce que c'était ! La personne qui leur avait envoyé ça avait tout géré avec une précision mortelle, ne laissant entendre que ce qu'elle voulait révéler, et livrant pourtant toutes les informations nécessaires, le tout en direct. Ce qui l'avait amené à penser qu'il recherchait non un, mais au moins deux suspects fantômes.

Des fantômes oui : des esprits vengeurs qui avaient ressemblé toutes les preuves, livré les coupables et qui s'étaient volatilisés alors même qu'ils se trouvaient dans un bâtiment cerné par la police. C'était tellement frustrant et en même temps si... fascinant ! Assez pour éveiller son intérêt de flic désabusé par des années de lutte infructueuse contre la corruption.

Il avait consacré tous les débuts de sa carrière à combattre la pourriture qui infectait non seulement les milieux malfamés de la ville, mais aussi une bonne partie des hautes sphères de la police, et après l'éclatante affaire Hyuga il avait cru réussir. Mais en moins de six mois, l'Akatsuki avait profité de la place laissée vacante et une foule d'autres politiciens et commissaires s'étaient précipités pour venir baver sur leurs chaussures, avides de pots de vin.

Et lui s'était retrouvé rétrogradé dans un minuscule bureau où on s'amusait à le charger des affaires « sans suite », tous ces dossiers inutiles qu'on ne s'imaginait même pas pouvoir résoudre.

Voilà ce qu'on gagnait à vouloir assainir Konoha ! Qu'à cela ne tienne : il n'avait jamais abandonné. Bien sûr, il avait perdu son entrain d'avant, allant jusqu'à conquérir le titre du plus grand flemmard de tout le service ; mais quand quelque chose lui tenait à cœur, il ne le lâchait plus.

Ainsi, il se creusait toujours la tête avec une patience qui tournait à l'obsession sur des problèmes qui, officiellement, prenaient la poussière dans leur petit carton « affaire classée » depuis un petit bout de temps. Comme, par exemple, cette série de vingt-trois meurtres étrangement semblables, tous dans le milieu criminel, durant une période de six ans et qui s'étaient arrêtés avec la mort de la dernière victime dans le club de strip-tease « hot club » deux en plus tôt : Deidara, de l'Akatsuki.

Et comme par hasard, moins d'une semaine plus tard, la fameuse organisation s'écroulait, livrée aux forces de l'ordre sur un plateau d'argent. Alors bien sûr, ce n'était qu'une supposition, et il n'y avait qu'une chance sur mille que ce soit bien la, ou plutôt les mêmes personnes qui soient en cause. Mais son instinct lui hurlait que c'était le cas. Et son instinct ne le trompait jamais.

Enfin... sauf peut-être la fois où il s'était dit que Tsunade lui pardonnerai d'arriver avec deux heures de retard à une conférence de presse en prétextant qu'il avait aidé une vieille dame à faire trois fois le tour complet de la ville...

Ce qui était beaucoup plus sûr, par contre, c'est que cet enflure d'Orochimaru n'était pas étranger à tout ça. Dire que quelque jours seulement après la chute de l'autre organisation mafieuse de la ville, il était devenu le maitre incontesté de tous les réseaux illégaux de cette région !

C'est de tout cela que Kakashi voulait s'occuper, et non pas d'une hypothétique menace du nom de Scal dans on ne savait même pas vraiment ce qu'on avait à lui reprocher, mise à part d'être devenu trop riche, trop vite.

D'un geste convaincu, il rembobina la cassette audio dont il connaissait sur le bout des doigts la moindre réplique, la moindre intonation.

« - Je … Que fait l'Akatsuki ? »

Je vous trouverai. Je vous trouverai et je vous jetterai sous les barreaux.

« - Le mal. »

Fin du chapitre.

Naruto : Je rêve ou...

Sasuke : Tout à fait dobe : on n'apparaît même pas.

Naruto : Mais c'est quoi ce truc ? On est dans un sasunaru non ? Alors pourquoi Neji nous vole la vedette ?

Sasuke : Moi je me demandais plutôt ce que l'autre poupée Barbie sans cervelle fait là.

Naruto : Qui ?

Azerty : Annia. Tu sais : ton ex ! Une fille très intelligente d'ailleurs. C'est juste que Sasuke nous fait une belle crise de jalousie ! Pas vrai Sasu-chou ?

Sasuke : C'est bête : ça faisait deux ans que je n'avais pas eu besoin de ressortir mon neuf millimètres...

Azerty : Oups !

Sermina : Ne nous la tue pas ! On en a encore besoin… Mais moi, je suis plutôt intriguée par cet étrange Scal… d'ailleurs j'avoue que la petite histoire avec Neji et Kiba est assez marrante mais pourquoi vous ne vous intéressez pas à cette mystérieuse organisation ?