Bonjooouuuur ! Désolée, ce chapitre est assez court, mais j'ai vraiment pas eu le temps de faire plus... Etant donné que je suis actuellement libérée de mon job étudiant, j'aurai dorénavant plus de temps libre pour écrire une suite plus conséquente ^^

Je voulais aussi dire que ce chapitre n'a pas été corrigé, car je tenais absolument à le poster ce soir. Si la version corrigée m'arrive dans la semaine, je la posterai à la place de ce chapitre ^^


Alois entama donc sa petite balade en forêt. Il prit tout de même la précaution d'emmener son chien –Pluto – avec lui au cas où il lui arriverait quelque chose, ou encore s'il venait à se perdre. Le jeune garçon s'engouffra de plus en plus dans les profondeurs du bois, si bien que, au bout de plusieurs heures, il constata avec fatalité qu'il n'avait aucune idée de l'endroit où il se trouvait.

-C'est ça que je n'aime pas dans les forêts, pesta-t-il. Y'a trop d'arbres ! On s'y perd !

Pluto émit un petit aboiement, et fit signe à Alois de le suivre. Le chien savait en effet quelle direction prendre pour rentrer. Mais Alois était du genre têtu :

-Non, non ! Je suis sûr que c'est pas par-là !

Il tira férocement sur la laisse du chien et le força à prendre la direction inverse. Pluto continua de protester, mais le garçon était bien décidé à prendre la direction qui lui convenait.

Ils poursuivirent donc leur chemin, et à mesure qu'ils avançaient à travers les arbres aux branches inquiétantes, l'atmosphère se faisait de plus en plus sombre. Un épais brouillard venait à présent troubler leur vue, et le ciel s'assombrissait de seconde en seconde. N'importe qui d'un tant soit peu sensé aurait fait demi-tour. Ce qui nous amène à penser que Pluto est plus sensé que Alois, puisqu'il tenait absolument à faire marche arrière, sentant le danger arriver.

-Mais avance ! Se plaignit Alois en tirant davantage sur la laisse. Quel crétin ce chien !

Mais Pluto tenait absolument à regagner le confort de sa maison. Las de son maître qui ne voulait pas entendre raison, il cracha un jet de flamme qui brûla instantanément sa laisse, le libérant ainsi de la prise de Alois. Sans perdre une seconde, il rebroussa chemin en courant, avant même que Alois n'ait eut le temps de le rattraper.

-Pluto ! Cria Alois, qui était tombé à terre lorsque la laisse avait pris feu entre ses mains. Pluto ! Reviens ! Tu vas pas me laisser là, non ?

Mais le chien était déjà très loin. Il grogna, frustré d'avoir été aussi lâchement abandonné, et se promit d'arracher la queue de cette sale bête dès qu'il en aurait l'occasion. Il n'eut cependant pas le temps de s'étendre sur ses pensées pour le moins sanglantes qu'une meute de loup se mit à sa poursuite.

Affolé, le garçon couru à toutes jambes en criant à l'aide. Il finit par arriver aux grilles d'un immense château, le souffle court.

-Ouvrez ! Supplia-t-il en larmes. Ouvrez, je vous en supplie !

Il se retourna… Les loups approchaient de plus en plus… Encore quelques mètres et il se ferait déchiqueter en morceaux !

L'un des loups bondit sur lui. Il ferma les yeux, se préparant à l'impact, mais au moment où il crut sa dernière heure arrivée, les grilles s'ouvrirent. Il se précipita vers le jardin, et referma violement la grille sur les crocs acérés du canidé.

Il prit quelques secondes pour se remettre de ses émotions, séchant ses larmes et essuyant son nez. Puis il se tourna vers le château, et laissa échapper un hoquet de stupeur : jamais il n'avait vu pareille résidence ! Le château était à la fois gigantesque et inquiétant, comme s'il avait été coupé du reste du monde par une étrange malédiction…

Se disant que de toute manière, il n'avait plus le choix, il se risqua à entrer.

Le château semblait désert, comme si cela faisait bien longtemps qu'il n'y avait plus eu signe de vie. Il faisait un froid glacial, et le hall d'entrée, avec ses tapisseries déchirées, était loin d'être accueillant.

-Hum… toussa-t-il, mal assuré. Y'a quelqu'un ?

Il était tellement occupé à détailler les lieux, qu'il ne remarqua pas deux silhouettes discutant à quelques mètres de lui :

-Il a dû se perdre…

-Il ne devrait pas être là…Il ne faut pas lui signaler notre présence, Eric…

Alois, qui n'avait toujours rien vu, poursuivit :

-J'ai failli me faire bouffer par des loups ! Faut que je trouve un endroit où passer la nuit !

-Allez, Alan, faisons un bon geste pour une fois…

-Ce n'est pas que je ne veux pas, mais le maître risque de ne pas apprécier…

-Bah, qu'est-ce qu'on en a à foutre, pour une fois qu'on a un invité…

Sur-ce, Eric s'écarta de Alan, et vint se placer juste devant Alois, de sorte que le garçon ne puisse plus le manquer.

-Bonsoir, gamin ! Dit-il joyeusement en écartant les bras. Bienvenue au château !

Alois laissa échapper un « Ah ! » de surprise.

-Ah, bravo Eric ! fit sèchement Alan en venant rejoindre son ami. Tu fais peur aux invités, maintenant ! Décidément tu n'en loupes pas une !

Alois, une fois remis de ses émotions, détailla avec plus d'attention les deux hommes qui se disputaient devant lui. Il afficha un sourire carnassier et se rapprocha d'eux d'un air enjôleur.

-Et si vous me faisiez visiter le château… tous des deux… ?

-Monsieur ! S'exclama Alan en s'écartant du garçon. Un peu de tenue Monsieur !

Eric, au contraire de son ami, avait l'air de trouver toute cette situation amusante. Il fallait dire qu'il trouvait cela adorable, lorsqu'Alan était contrarié.

-Okay, on va te faire visiter, dit-il en ricanant. Tu m'as l'air trempé, viens donc te réchauffer au coin du feu.

Alois le remercia puis suivit Eric en sautillant, suivit de près par Alan qui semblait toujours assez réticent à laisser quelqu'un entrer dans le château.

-Vous feriez vraiment mieux de faire demi-tour ! Protesta-t-il en tirant sur la manche de Eric.

Mais ce dernier ignora complètement son camarde, et invita Alois à s'assoir devant l'âtre.

-Oh non ! Pas le fauteuil du Maître ! S'exclama Alan.

Alois s'installa plus confortablement, étendant ses bottines trempées et salies par la boue sur un superbe repose-pied que venait de lui apporter Eric, reprenant les habitudes qu'il avait lorsqu'il était encore propriétaire d'un manoir.

-Tu veux une tasse de thé ? proposa Eric.

-Nooon ! Pas de thé ! Pas de thé ! Gémit Alan, comme si le thé représentait un danger de mort pour lui.

Eric était de plus en plus amusé. En vérité, il n'avait pas grande chose à faire de Alois, mais il était si plaisant d'embêter le petit Alan ! Il s'empressa donc d'apporter une tasse de thé à son invité.

Alois, tout heureux, porta la tasse remplie de délicieux Earl Grey à ses lèvres.

C'est alors que la porte du living-room s'ouvrit avec fracas. Aussitôt, la température de la pièce se fit encore plus basse, presque glaciale et toutes les lumières ainsi que le feu de cheminée s'éteignirent.

Une ombre se profila sur le seuil de la porte, faisant trembler Alois de peur. Le garçon se recroquevilla sur le fauteuil. Alan secoua la tête et regarda Eric d'un air de dire « je te l'avais dit… ». Eric, quant à lui, avait l'air franchement blasé.

-Il y a un étranger ici, dit une voix froide et basse.

Alois décida que la voix, bien qu'effrayante, n'était pas désagréable à entendre.

-Laisse-moi t'expliquer, fit Eric , ce gamin s'est perdu dans la forêt et j'ai pensé que…

Eric se tut suite au regard meurtrier de son Maître.

-Je profite des circonstances pour vous dire que je ne suis pour rien dans cette histoire, tout est entièrement de sa f-

Encore une fois, le regard pénétrant de l'homme dissuada Alan de poursuivre son accusation.

Bien que terrorisé, la curiosité d'Alois l'emporta, et il se décida à jeter un coup d'œil vers celui qui devait être le maître des lieux.

Alois écarquilla les yeux. L'homme qui se tenait devant lui était grand, avec des yeux verts et pénétrants semblables à ceux de Grell, et des cheveux noirs en bataille qui flottaient autour de son visage aux traits impassibles. Deux grandes ailes de plumes noires derrière le dos, il semblait comme englobé par les ténèbres. Bien qu'effrayant et intimidant il n'en demeurait pas moins étrangement magnifique.

-Qui êtes-vous, susurra-t-il méchamment. Que venez-vous faire ici ?

-Euh Je-je me suis égaré dans la f-forêt, bredouilla Alois en reculant.

-Votre présence m'est intolérable.

Ses yeux virèrent progressivement au rouge, et Alois comprit qu'il avait à faire à un démon.

-Que regardez-vous ? Demanda-t-il dans un murmure à glacer le sang.

-R-rien !

-Menteur… Vous venez vous repaitre du spectacle du… démon que je suis ?

Il avait craché le mot « démon » avec le plus grand des mépris.

-J-je ne vous v-v-v-veux aucun mal ! Je cherchais simplement un endroit où…

-Un endroit dont vous ne sortirez jamais…

Puis le démon agrippa Alois par le col, et l'emmena vers les cachots, tandis que le garçon hurlait à la mort, sous les yeux désolés de Eric et Alan…


Pendant ce temps, non loin des horreurs qui se tramaient dans ce château, le vicomte Druitt ainsi que Ronald étaient occupés à épier la maison de Grell.

-Grell va avoir la surprise da sa vie, dit Ronald, non sans une pointe d'ironie dans la voix.

-Elle ne connait pas sa chaaance ! Chantonna joyeusement le vicomte dans un clin d'œil complice – apparemment, il était trop bête pour comprendre que Ronald savait pertinemment que son plan allait se solder par un échec.

Le vicomte s'approcha de la maison de Grell, dans son jardin, à l'intérieur duquel il avait déjà installé un buffet, un orchestre, des tables, une arche, des fleurs, des confettis en forme de cœur, des nains de jardin habillés en cupidon, et bien d'autres choses ridicules. Il avait également convié tout le village.

-Mes chers amis ! Déclara-t-il dans un sourire rayonnant. Je vous remercie tous d'être venus à mon mariage ! Je vais me rendre chez Grell, et lui faire ma demande !

Il ponctua sa phrase par un petit rire, s'attendant manifestement à ce que l'assemblée l'accompagne dans son hilarité, mais seul son propre gloussement retentit dans le petit jardin.

-Hum… toussota-t-il. Bien, Ronald, lorsque Grell et moi passerons par cette porte…

-Je sais, je sais, dit-il, agacé. Je déclenche l'orchestre.

Il agita sa baguette de chef d'orchestre, mais Druitt la lui arracha des mains.

-Pas maintenant, voyons, dit-il sur un faux ton de reproche.

-Pardon.

-Bon… Eh bien allons-y !

Il se passa la main dans ses longs cheveux dorés, et se dirigea fièrement vers la porte d'entrée.

Grell, qui était en train de fantasmer sur ses lectures, fut assez agacée d'être dérangée, et alla ouvrir la porte en poussant un soupir…soupir qui s'intensifia lorsqu'elle découvrit que le petit importun n'était autre que Druitt et son sourire ravageur.

-Druitt, quelle bonne surprise, fit-elle sèchement en croisant les bras.

-Eh oui, je suis un homme plein de surprise ! Tu sais Grell qu'il n'y a pas une seule fille en ville qui n'envierait pas ta situation ? Car c'est le jour où…

Il perdit le cours de sa phrase en captant son reflet dans un miroir. Il s'y admira durant plusieurs secondes avec une expression qui voulait clairement dire « Grand Dieu, que je suis beau ! » puis, après s'être sourit à lui-même, il recentra son attention vers Grell.

-… Donc, c'est le jour où tes rêves vont devenir réalité !

-Je me demande ce que tu peux savoir de mes rêves, Druitt, répondit-elle en ricanant.

-Oh, allons, Grell, je sais tout ! Imagine… Une sublime villa logée en plein Londres, un délicieux homard bleu dans chaque assiette….Ma petite femme qui applique gentiment ma lotion capillaire dans mes cheveux parfaits… (il dégagea une mèche de cheveux de son front, ce qui les fit scintiller). Pendant que nos enfants gambadent avec les chiens. Six ou sept, ce serait parfait.

-Chiens ?

-Grell, Grell… Voyons, Sept chiens ? Dit-il en secouant la tête. Je parlais d'enfants, sept adorables têtes blondes, aux yeux aussi purs et bleus que le plus beau des ciels d'été ! Oooh ! Ce serait fantastique !

-Je vois ça d'ici…dit-elle en levant les yeux au ciel.

-Et sais-tu à quelle femme je pense ? reprit-il en souriant.

-Laisse moi deviner… fit-elle, une moue de dégoût peinte sur ses lèvres.

-A toi, Grell, mon beau phénix !

-Oh… Druitt… Je suis… abasourdie ! S'exclama-t-elle ironiquement. Je suis sans voix ! Je… Je ne sais pas quoi dire !

Druitt plaqua Grell contre la porte d'entrée, et lui adressa un clin d'œil aguicheur.

-Dis que tu rêves de m'épouser !

-Je suis vraiment désolée, Druitt, déclara-t-elle en cherchant la poignée de la porte à tâtons alors que Druitt rapprochait ses lèvres des siennes, Mais…Je ne te mérite pas !

Sur-ce, elle réussit enfin à atteindre la poignée, et ouvrit la porte. Druitt, qui jusqu'ici s'en était servi comme d'appui, bascula hors de la maison, dans la boue.

Il poussa un cri aigu alors que Ronald faisait signe à l'orchestre de jouer la Marche Nuptiale.

-…Alors, ça va comme tu veux ? Demanda Ronald d'un air malicieux en toisant un vicomte Druitt horrifié par les vilaines taches marron qui décoraient à présent ses vêtements blanc et luxueux.

-Ce phénix flamboie de flammes décidément bien difficiles à maitriser, se désola-t-il en essorant ses cheveux trempés de boue. Que cela ne tienne. Un jour, elle finira par se brûler les ailes. Je le jure sur Aphrodite, cette charmante jeune fille finira par céder !

Il hocha la tête d'un air important, puis quitta le jardin, bien décidé à passer quelques heures devant son miroir pour réparer les méfaits de la terre mouillée.

-Quel crétin… fit Ronald en le regardant s'éloigner.

Grell, de son côté, avait suivi toute la scène de sa fenêtre. Une fois sûre que Druitt était parti, elle sortit de chez elle, bougonnant.

-Non mais sérieusement… Oser me demander d'être sa femme ! Moi ! L'épouse de cet imbécile ! De ce blond même pas froid du tout !

Tout en continuant son soliloque, elle se mit à chanter moqueusement :

Vicomtesse Druitt, non mais quelle idée ?

Vicomtesse Druitt, à aucun prix !

Ca non, jamais ! Je suis désolée !

Je veux vivre autre chose que cette vie !

Emportée dans un élan lyrique, elle courut au loin, vers la colline qui surplombait sa maison. Le vent soufflait dans ses longs cheveux rouges, et elle écarta les bras, comme pour mettre plus d'intensité à son chant :

Je veux me plonger dans le rouge passion !

Je veux tout ce que je n'ai pas !

Elle s'agenouilla et cueillit un coquelicot qu'elle caressa rêveusement de ses longs doigts fins.

Un mari stoïque et froid,

Qui sache voir la femme en moi,

Sans m'occuper des gens qui jacassent…

Elle soupira tristement… avant d'être interrompue par l'aboiement de Pluto qui courait vers elle.

-Pluto ? Qu'est-ce que tu fais là tout seul ?

Le chien continua d'aboyer. Il avait l'air perturbé. Grell tenta de le calmer, en vain.

-Où est Alois ? Répond-moi, Pluto !

Pluto lui lança alors un regard las, l'air de dire « Chuis un chien, comment tu veux que je te réponde, imbécile !» mais Grell l'ignora, trop préoccupée par le sort de son frère.

-Bon, conduis-moi tout de suite ! Il faut le retrouver !

Grell monta alors sur le dos de l'énorme chien qui l'emmena jusqu'aux grilles du château…


-C'est un endroit vraiment bizarre… dit Grell, une fois arrivée devant l'imposante et inquiétante bâtisse. Tu crois que quelqu'un habite ici ?

Pluto haussa ses « épaules », oubliant que Grell était sur son dos, ce qui fit vaciller cette dernière.

-Plutooo ! Gémit-elle en s'agrippant aux poils de l'animal pour ne pas tomber. Calme toi ! Tu crois vraiment que Alois est là ?

Pluto renifla le sol, puis se raidit, aux aguets.

-Hum ? fit Grell, qui était à présent descendue du dos de l'animal.

Il grogna et aboya après la grille, faisant comprendre à Grell qu'il fallait qu'elle entre. Elle mit quelque temps avant de voir où l'animal voulait en venir, mais finit par pénétrer dans la propriété, l'œil alerte.

Elle poussa la grande porte lourde et massive, et détailla avec attention les alentours.

-Ouhou ? Y'a quelqu'un ?

Elle continua d'arpenter les couloirs du château, en appelant Alois, sans savoir qu'Eric et Alan – qui, jusque-là, se disputaient tranquillement dans leur coin - l'observaient avec attention.

-E-Eric ! Tu as vu ça ? Une jeune fille !

-Mouais… Je suis pas vraiment sûr que ça soit une fille, pour tout te dire… répondit-il, dubitatif. Enfin, peu importe, peut-être qu'elle réussira à rompre le charme. Elle peut pas être moins aux goûts du Maître que le gamin…

-Ne nous emballons pas, le Maître est très difficile à satisfaire…

-On a qu'à la suivre, proposa-t-il.

Alan acquiesça, et tous deux emboitèrent discrètement le pas de Grell. La jeune fille était en train de prendre la direction des cachots, là où Alois était retenu prisonnier.

-Alois ? Si tu m'entends répond-moi !

-Grell ? Fit faiblement une voix qui provenait de l'une des cellules.

Grell se précipita vers la cellule et prit les mains de Alois à travers les barreaux, à la fois soulagée de le voir en vie et inquiète de le savoir emprisonné.

-Grell ! Tu es venue me sauver ! Sors-moi de là ! Pleura Alois d'une manière presque hystérique.

-Qui t'as mis dans ce cachot ? Insista Grell.

-On s'en fiche ! Sors-moi d'ici tout de suite ! J'ai froid et il fait noir ! J'ai peur du noir !

Grell essaya alois de tirer sur les barreaux afin d'ouvrir la porte, mais avant qu'elle n'ait pu faire quoique ce soit, elle sentir que quelqu'un venait de l'empoigner par sa capuche, la tirant loin de la prison de Alois. Elle fut ensuite projetée violement à terre, et un petit cri s'échappa de ses lèvres.

-Qui est là ? Demanda-t-elle férocement, curieuse de connaître la personne qui avait osé la traiter de la sorte.

Elle comprit vite qu'un homme lui faisait face, mais à cause de l'obscurité, elle parvint seulement à distinguer sa silhouette.

-Qui êtes-vous ? Cria-t-elle en montrant les dents.

-Le Maître de ce château.

Elle ne put s'empêcher de frissonner à l'entente de cette voix froide et caressante.

-Laisse mon frère partir, ordonna-t-elle fermement.

-Hors de question. Toute personne s'aventurant dans ce château est contrainte de rester mon prisonnier à jamais. Votre frère aurait dû lire le règlement à l'entrée avant de franchir mon seuil.

-Pff, qui s'embêterait à lire un stupide règlement intérieur ? Cracha-t-elle.

Elle put sentir que l'homme était en train de perdre patience, ce qui n'était sûrement pas une bonne chose. Elle décida donc de tenter une nouvelle approche.

- Ecoute…dit-elle d'un ton enjôleur. Laisse-le partir… et je ferai ce que tu voudras ~

Comme pour illustrer ses propos, elle se frotta de manière sensuelle sur le sol en poussant des petits gémissements… qui n'eurent pas l'air d'impressionner l'homme.

-Huuum ~ Oui, garde moi en otage, mon cruel bourreau ~

-… Vous voulez dire que vous voudriez prendre sa place ?

Grell se figeât :

-Quoi ? Non je n'ai jamais dit que-

-Oh oui Grell ! S'écria Alois. Fais-donc ça !

-Mais…

-Très bien, trancha l'homme. Je laisse votre frère partir contre votre promesse d'être à jamais ma prisonnière.

-Attends, il-il doit y avoir un malentendu, bredouilla Grell en se ratatinant. Je n'ai pas envie de.. de…

Ses mots se perdirent à mesure que l'homme s'approchait d'elle. Eclairé par un faible rayon lunaire, elle pouvait à présent voir ses traits… ses traits si… sombres… et parfaits… et ses yeux étaient si glacials ! Si pénétrants !

-Ah ~ ! Soupira-t-elle en sentant ses joues rougir. J'accepte de me sacrifier !

-Soit, répondit le démon.

Il dépassa Grell et alla ouvrir la porte de la cellule d'Alois. Ce dernier se précipita hors de sa prison, fit un rapide câlin à Grell et s'enfuit hors de château en hurlant.

-Hey, il m'a à peine dit au revoir, ce morveux ! Siffla Grell en le regardant s'éloigner au loin de la fenêtre du cachot.

-Cessez de vous plaindre, vous avez fait votre choix, il me semble.

Grell frissonna de nouveau en entendant cette voix si délicieusement froide. Elle se retourna lentement vers son bourreau, un sourire carnassier aux lèvres.

-Hum… Mais je ne me plains pas… Je n'aurais pas pu rêver plus beau geôlier…

Elle se rapprocha de lui en prenant bien soin de remuer ses hanches.

-Puis-je au moins savoir ton nom ~ ?

Le démon s'écarta rapidement de sa prisonnière.

-Je vais vous conduire à votre chambre.

-Ma chambre ?

Il leva un sourcil.

-Vous préférez dormir ici ?

-Non, j'espérais seulement que nous dormirions dans le même lit, darling ~

-Eh bien vous espériez mal. Et je vous prierai de ne pas m'appeler « darling », mon nom est William.

-Ow, Wiiiiill ! J'adore ce prénom !

-Ce n'est pas « Wiiiiill » ! C'est « William » ! Gronda-t-il. Vous m'avez suffisamment fait perdre mon temps comme ça, suivez-moi !

Grell obéit, profondément émoustillée par l'agressivité de William.

Ce petit séjour dans ce sinistre château était sûrement la chose la plus excitante qui ne lui soit jamais arrivée… et elle comptait bien en profiter.


To be continued...