Une vengeance puérile

Plusieurs jours avaient passé depuis qu'Harry s'était rendu à Chicago. Ce dernier, à son retour, avait raconté à ses amis comment s'était déroulé l'entretien. Tous avaient félicité Harry pour avoir donné une excellente impression à Jonathan Cold. Maintenant, ils attendaient le courrier de l'homme pour le prochain rendez-vous.

Draco sortit de son cours de botanique. Le cours était une composante importante de son cursus et même s'il n'avait pas beaucoup d'affinité avec cette matière, il savait qu'il devait réussir un minimum pour réaliser son rêve. Il se rendit dans le hall principal pour attendre ses amis pour enfin aller déjeuner. Blaise arriva très vite mais Harry se faisait attendre. Quand une vingtaine de minutes furent passées, Draco, excédé, alpagua un élève qu'il se souvint avoir vu dans l'un des cours du brun.

-Dis, ils sont où les autres ? fit le blond, ne s'embarrassant pas de politesse

-Retenus en cours, répondit l'élève. Une élève de l'école des Aurors prétend que l'un des nôtres aurait lancé un sort de magie noire. Son directeur lui a autorisé de mener l'enquête.

-Comment ça se fait que toi tu n'y sois pas ? demanda Blaise, intrigué

-La classe a fait diversion pour que j'aille prévenir le directeur, répondit l'élève. Donc, si je peux y aller …

-Une dernière chose, fit Draco. Qui a accusé qui ?

-Aurore Potter a accusé Harry Evans. Maintenant, faut que j'y aille !

-Merci !

Tandis que le jeune homme disparaissait pour prévenir qui de droit, Draco et Blaise se regardèrent. Avec la permission de sa mère, Harry avait décidé de reprendre son nom pour faire ses études supérieures. Ce qu'il avait voulu surtout, c'était qu'on le dissocie totalement de James et d'Aurore. Il y avait bien longtemps que Harry avait refusé d'être le portrait craché de son géniteur et avait corrigé les « défauts » nécessaires, tels que la vue défaillante ou encore la coupe du saut du lit qu'il avait transformé en une chevelure lisse lui allant jusqu'aux épaules agrémentées de mèches rouges, en honneur à sa mère, ainsi que de mèches vertes, pour Slytherin. Ils savaient parfaitement pourquoi Aurore était là, elle voulait faire de la vie de son frère un véritable enfer. D'un seul regard, les deux jeunes hommes surent ce qu'ils allaient faire. Ils sortirent leurs baguettes et se rendirent sans un bruit dans la salle, après quelques précautions. Ils étaient sûr qu'aux côtés de Aurore se trouverait Ron mais ils ne savaient pas si la rousse avait réussi à embobiner d'autres élèves. Mais ils savaient parfaitement que l'engouement « Survivante » pouvait faire des miracles …

La salle avait la forme d'un amphithéâtre. Tous les élèves en Médicomagie avaient été réunis dans les gradins supérieurs tandis que les élèves Aurors étaient sur l'estrade, avec à leur tête Aurore. Et entre les deux groupes, Harry s'interposait. La sortie se trouvant sur le côté de l'estrade, Draco et Blaise, en entrouvrant la porte, surent qu'ils ne pourraient pas entrer par cette porte. Sans un bruit, ils la refermèrent et se dirigèrent vers sa sortie de secours, en haut de l'amphithéâtre. De là, ils eurent une vision d'ensemble et décidèrent d'agir au plus vite, peu importe ce qui s'était dit auparavant. Ils se faufilèrent derrière les élèves qui, après un moment de surprise, reconnurent les héritiers Malfoy et Zabini, les meilleurs amis d'Harry Evans. Le noir et le blond leur intimèrent le silence et observèrent la situation.

Harry était dos à eux et les mains en l'air. Draco et Blaise devinèrent que le brun avait toujours sa baguette dans son étui de bras. Il n'avait pas eu le temps ou n'avait pas voulu dégainer. Aurore, sur l'estrade, quant à elle, menaçait son frère de sa baguette. À ses côtés, toujours Ron qui le menaçait également. Derrière eux trois élèves de l'école des Aurors, qu'ils devinaient étrangers puisque personne à Hogwarts n'aurait suivi Aurore de son plein gré, sauf si elle avait matière à chantage, ce qui était assez rare.

Quand ils virent la rousse sur le point de descendre de l'estrade, les anciens Slytherin surent que c'était le moment d'agir. Draco escamota la marche pour que la Survivante s'étale de tout son long tandis que Blaise, une fois qu'elle fut à terre, fit en sorte que la baguette de l'apprentie despote se retrouve hors de portée. Dès qu'il vit sa jumelle tomber, Harry prit sa baguette en main et en profita pour jeter un puissant Expelliarmus pour désarmer Ron et les pauvres idiots qui avaient décidé de suivre cette peste. De ce fait, il récupéra quatre baguettes et il se retint de justesse de les détruire tant il était furieux. Heureusement, il avait réussi à les faire voler jusqu'au mur derrière eux qu'ils avaient amoureusement embrassé et maintenant, ils étaient bien sonnés.

Ce fut à ce moment-là que les portes s'ouvrirent violemment et firent apparaître un personnage qu'il ne fallait sous aucun prétexte mettre en colère.

-QUE SE PASSE-T-IL ICI ? rugit le directeur de l'école de Médicomagie, Conan Flynn

Il balaya la salle du regard et s'arrêta sur Harry qui avait toujours sa baguette en main.

-Evans, gronda Flynn. Explications. Tout de suite.

Harry réfléchit quelques instants. Il ne savait pas s'il devait raconter la vérité puisqu'il était sûr que ça lui retomberait dessus. Mais heureusement, un élève se dévoua.

-Monsieur le directeur. Nous terminions notre cours quand ce groupe a débarqué dans la salle. La rousse a dit qu'elle avait vu l'un d'entre nous jeter un sort de magie noire et que grâce à son directeur, elle avait le droit d'enquêter. Elle a accusé Evans et l'a insulté, et pas gentiment. Nous allions tous lui tomber dessus mais Evans nous a demandé calmement de ne rien faire et de reculer dans le fond de la salle pour éviter les dommages collatéraux. Elle a continué de l'insulter jusqu'à ce qu'elle décide de descendre l'estrade. Elle est tombée et Evans en a profité pour désarmer les autres. Et vous êtes arrivé.

Flynn regarda de travers la jeune fille qui était encore étalée par terre. Il n'avait eu aucun mal à reconnaître la Survivante et comme il était un très bon ami de Poppy Pomfrey, il savait à quoi s'en tenir avec les différents élèves de Hogwarts. L'infirmière lui avait particulièrement prévenu de se méfier comme de la peste de Aurore Potter, l'ayant très souvent dans son antre pour cause de sorts ou de potions ratés, essentiellement de son fait. De plus, il n'appréciait que très peu James Potter, actuellement directeur de l'école des Aurors, et seul fou à pouvoir autoriser une première année à enquêter hors de sa juridiction. Issu d'une famille réputée pour son penchant pour les magies sombres, Flynn avait longtemps été harcelé par Potter, fraîchement sorti de l'école. Si ses supérieurs ne lui avaient pas dit d'arrêter immédiatement, nul doute que Potter aurait continué jusqu'à ce qu'il soit à Azkaban. Le pire c'était que le brun à lunettes croyait dur comme fer que tout lui était permis. Conviction qu'il avait refilée à sa fille, apparemment. Cette dernière fusillait de regard l'homme qu'elle avait accusé alors que celui-ci se contentait de l'ignorer.

Harry Evans était un génie comme il ne s'en faisait plus. Lors des inscriptions, il était venu accompagné de sa mère et de son parrain et lui avait soumis une étrange proposition. Il n'était pas sans ignorer que James Potter avait quasiment renié son héritier au profit de la Survivante. Mais ce que lui racontèrent les trois personnes allait au-delà de son imagination. Le plus jeune lui révéla que son géniteur - Conan Flynn frémit en l'entendant presque cracher ce mot - ne voulait rien à voir avec son fils et refusait de lui payer ses études. Le parrain, Lord Sirius Black, avait décidé de les payer. Cependant, lady Lilian Potter avait voulu protéger son enfant et avait demandé s'il était possible qu'Harry puisse prendre son nom pour ses études, pour éviter qu'on l'associe aux inepties de son père et de sa sœur. Connaissant la réputation des deux personnages, le directeur avait accepté et avait modifié les documents en conséquence. Et il n'avait jamais eu à regretter d'avoir accepté dans son école Harry Evans Potter. Il avait les meilleures notes et un don pour reconnaître les différents cas présentés. De plus, il aidait ses camarades quand ils étaient en difficulté et jamais il n'avait été irrespectueux avec qui que ce soit, même ceux qui étaient jaloux de ses capacités.

-Debout, gronda Flynn à l'adresse de Aurore. Et suivez-moi. Evans, réveillez ceux que vous avez assommé et suivez-moi aussi.

-Nous venons aussi.

Une jeune femme venait de se redresser. Susan Bones, s'il se souvenait bien, voulant devenir sage-femme. Derrière elle, toute la classe était prête à la suivre. Bien, il appréciait l'esprit de cohésion. Quoique, sachant que Bones était de la même promotion que Evans et Potter, elle voulait sûrement que l'affaire soit résolue avec équité. Ce qu'il ne lui reprochait nullement, ayant lui aussi entendu qu'Albus Dumbledore avait fait preuve d'un favoritisme plus que flagrant et injuste envers la Survivante.

-Soit, accepta Flynn.

Le directeur se retourna et quitta la salle. Harry s'empressa de réveiller ceux qu'il avait jetés contre le mur avec son sort et quelques élèves allèrent les aider à se relever. Cependant, aucun d'entre eux, sous l'injonction silencieuse de Bones, ne vint vers Aurore et Ron. Ce dernier dut reprendre ses esprits très vite pour aider sa meilleure amie qui ne voulait pas se lever seule. Le groupe se dirigea vers le bureau du directeur, les élèves Aurors suivant le directeur et les élèves Médicomages quelques pas derrière eux. Harry, lui, était en fin du groupe, rechignant visiblement de se rendre dans le bureau du directeur à cause de sa peste de sœur. Il fut encadré par deux personnes qu'il reconnut aussitôt. Un sort de silence plus tard, il leur adressa la parole.

-Merci, fit Harry. Je n'avais vraiment aucune idée pour la faire partir, à part la massacrer.

-Les amis, c'est fait pour ça, sourit Blaise. Et comment tu sais que c'est nous ? Elle aurait très bien pu se rétamer toute seule.

-Pas faux, concéda Harry. Mais avec vous dans la pièce, vous auriez laissé agir le hasard ? Laissez-moi rire !

-Ok, tu as gagné, soupira Draco. On fait quoi ?

-On va laisser James et Aurore se vautrer, répondit Harry. Flynn déteste James et Aurore ne s'est pas montrée sous son meilleur jour.

-Tu es sûr ? hésita Draco. Tu connais leur capacité à retourner toutes les situations à leur avantage.

-Oui mais avec toute une assemblée contre eux ? répliqua Blaise, voyant où Harry voulait en venir. Dray, elle a sûrement insulté toute la classe de Médicomagie sans raison valable, elle a fait en sorte que les trois autres qui la suivaient se fassent humilier et le directeur doit être fou de rage qu'une pimbêche, toute Survivante qu'elle soit, veuille faire sa loi dans son école. J'imagine facilement que les Potter vont avoir quelques problèmes.

-Sans aucun doute, sourit Harry. Surtout, ne vous faites pas voir.

-Mais Harry … protesta Draco

-Si elle vous voit, elle va hurler au complot et cette histoire va traîner en longueur, trancha Harry.

-Ok, fit Blaise.

Les deux jeunes hommes savaient que s'ils posaient un Glamour sur eux, ils se feraient immédiatement repérer. Ils modifièrent donc quelques traits et caractéristiques, beaucoup plus long mais plus efficace pour ne pas se faire démasquer tout de suite. Ils emboîtèrent le pas aux autres et entrèrent dans le bureau magiquement agrandi. Tandis qu'Aurore et ses pantins se mettaient dans un coin et le reste dans l'autre, Conan Flynn jeta une pincée de Poudre de Cheminette pour que le feu devienne vert.

-Bureau de James Potter, directeur de l'Ecole des Aurors, gronda Flynn.

La communication s'établit rapidement et une voix s'éleva.

-Oui ? fit James d'un ton dédaigneux

-JAMES POTTER ! rugit Flynn. Je vous somme de venir dans mon bureau immédiatement !

-Et pourquoi ? rechignait Potter senior

-Pour ta fille, quoi d'autres ? siffla Flynn

-J'arrive.

Quelques instants plus tard, James Potter passa la cheminée. Il fut surpris par le monde mais se dirigea de suite vers sa fille qui commençait déjà à couiner.

-Qu'as-tu fait à Aurore, Flynn ? cracha Potter. Elle est innocente de quoi que tu l'accuses !

Le directeur de l'Ecole de Médicomagie sut qu'il n'allait pas tenir plus longtemps avant de massacrer le père et la fille. Il se demanda brièvement comment Harry Evans, et par extension tout Hogwarts, avait pu tenir avec ces deux énergumènes. Sans tenir compte des cris des Potter, l'homme jeta une nouvelle fois de la Poudre dans la cheminée et donna l'adresse.

-Bureau des Aurors, Ministère de la Magie !

-Bienvenue au Bureau des Aurors, répondit une voix. Souhaitez-vous déposer plainte ?

-Non, répondit Flynn. Pourriez-vous dire que l'Auror Shakelbot est attendu immédiatement dans le bureau du directeur de l'École de Médicomagie ? C'est une urgence !

-Il est prévenu.

-Merci bien.

Après sa conversation, il constata que le volume sonore des Potter avait augmenté d'un cran, voire de deux, en entendant qui il comptait faire venir en leur présence. Il s'embarrassa pas de scrupules et lança sur eux un sort de silence et une barrière magique pour les empêcher de faire quoi que ce soit de répréhensible. Il jeta un coup d'œil à ses élèves et vit Bones se pencher vers Evans pour lui murmurer quelque chose. Ce dernier hocha de la tête et sortit à son tour sa baguette pour lancer un sort qu'il ne reconnut pas, venant renforcer sa barrière déjà mise en place. Il se promit d'interroger ses élèves une fois ce cirque terminé.

Tous les élèves avaient observé sans un mot tout ce qu'avait fait Conan Flynn. Harry, Draco et Blaise, habilement dissimulés dans le groupe, s'étaient raidis quand James Potter avait fait son apparition mais ils s'étaient détendus quand l'annonce de la venue de l'Auror s'était faite. Quand le directeur lança ses différents sorts, Susan Bones se pencha vers le brun.

-Evans ?

-Oui Bones ?

Au début de l'année, Harry avait réuni les anciens élèves de Hogwarts et leur avait fait pas de sa décision de faire ses études sous le nom de sa mère. Aucun d'entre eux n'aimant Aurore, tous avaient accepté de l'appeler sous son nouveau nom et plus personne ne faisait l'erreur.

-La barrière ne sera pas assez pour les retenir, déclara Bones.

-Tu veux que je fasse quoi ? demanda Harry

-Empêche les sorts de passer. Tu sais quand rien ne va en son sens, elle lance des sorts à tout va et en plus elle réussit à rater sa cible.

-Pas faux. Tu me couvres ?

-Vas-y.

Ce n'était pas pour rien que la jeune femme lui demandait ça. Personne ne pouvait l'expliquer mais Harry pouvait, avec une simple barrière, contenir tous les sorts d'Aurore. Le jeune homme, quant à lui, avait mis ça sur le compte de leur gémellité.

Le brun avait à peine terminé que la cheminée rugit et un grand noir en sortit. Kinsley Shakelbot surprenait avec sa haute taille, son crâne rasé et sa boucle d'oreille en or. L'une de ses particularités était qu'il était l'un des seuls dans le bureau des Aurors à ne pas supporter James Potter. Ce dernier rageait car il ne pouvait rien faire contre lui. Shakelbot était un Auror exemplaire. Très consciencieux, il savait parfaitement faire la part des choses et traiter objectivement une affaire avec des personnes qu'il connaissait. Sans compter que c'était lui qui était véritablement le second du chef des Aurors, place que convoitait avidement Potter senior. Donc ce dernier était conscient qu'il ne serait pas épargné.

-Conan, salua Kingsley. Comment vas-tu ?

-Ça allait bien jusqu'à ce qu'on m'appelle en urgence, grogna Conan en jetant un coup d'œil en biais au clan formé autour des Potter.

L'Auror ne trahit même pas sa surprise en apercevant Lord Potter en ces lieux. Mais quand il vit Aurore, il sut que l'affaire qui l'amenait allait la concerner de très près.

-C'est donc l'Auror que tu veux voir, et non l'ami ? tint à préciser Kingsley pour lever toute ambiguïté

-Malheureusement, soupira Conan. Je souhaite porter plainte.

Personne ne manqua de remarquer le bond que firent les Potter à cette annonce. Flynn comprit ainsi que personne ne s'était risqué à se plaindre officiellement du comportement de la fille Potter. Eh bien, il serait le premier !

-C'est ton droit, en convint Kingsley. Toutes ces personnes sont nécessaires ?

-Ils sont tous témoins, trancha Conan.

-Lord Potter, vous n'avez aucune objection ? fit Kingsley

-Je crains qu'il ne puisse répondre, avoua Conan. J'ai dû le mettre sous sortilège de silence pour pouvoir t'appeler sans le massacrer.

-Je comprends, hocha de la tête Kingsley. Si tu pouvais m'aider à installer tout le monde …

Le directeur ne se fit pas prier. En quelques coups de baguette, il agrandit la pièce et fit apparaître des chaises pour tous ses élèves. L'Auror, connaissant son ami qui aurait refusé net, se chargea de faire de même pour les cinq élèves Aurors et leur directeur. Il fit apparaître également une table et une chaise pour lui-même entre les deux groupes et face au bureau directorial. Il installa son matériel et quand tout fut prêt, il prit la parole.

-Bien, si nous commencions par le commencement, fit-il.

Il vit Aurore s'agiter et se souvint d'un léger détail.

-Il faudrait que tout le monde soit en pleine possession de ses moyens, rappela-t-il.

-Ça ne me manquerait pas, grogna Conan. Mais épargne mes oreilles, je te prie.

-C'est évident, déclara Kingsley. Lord Potter, miss Potter, reprit-il. Cette déposition se fera dans le plus grand calme et avec le maximum de respect vis-à-vis des autres personnes de cette pièce. Il est donc totalement inutile d'élever la voix au-delà d'un volume appréciable pour tous. Hurler ne ferait qu'allonger désagréablement la procédure. Et c'est valable pour tous, ajouta-t-il à l'intention du second groupe.

Voyant que tous acceptait les conditions et que les Potter semblaient à peu près être d'accord, l'Auror signala au directeur de lever son sort. Cependant, ce dernier ne leva aucunement la barrière et il vit que le jeune Evans ne comptait aucunement lever la sienne.

-Bien, fit Kingsley. Directeur Flynn, quel est le motif de votre plainte ?

-Diffamation, tentative d'agression et usurpation de droits, répondit Conan.

-Je refuse ! rugit James. Ma fille serait incapable de faire ce dont tu l'accuses !

-Le fait est que ta fille est une incapable tout court ! claqua Conan. Ou bien tu t'assoies en te taisant pour savoir ce que ta fille si parfaite a fait, ou bien je m'en charge !

-Lord Potter, Directeur Flynn, veuillez vous calmer, ordonna Kingsley. Ou je serais effectivement obligé de vous faire taire !

Les deux hommes se calmèrent.

-C'est mieux, fit Kingsley. Ce ne sont pas des accusions à prendre à la légère, Directeur Flynn. Puis-je en connaître la raison ?

-Tout à fait, fit Conan. J'étais dans mon bureau quand l'un de mes élèves est entré en trombes pour me prévenir qu'un groupe d'élèves Aurors était dans l'école et que l'un d'entre eux accusait un de mes élèves d'utilisation de magie noire. De plus, cet élève Auror menaçait d'utiliser la magie pour obtenir ses « aveux » et qu'il en avait le droit car son propre directeur lui en avait donné l'autorisation. Sachant parfaitement que personne ne pouvait enquêter sur quoi que ce soit dans mon école sans que je sois prévenu et que j'en ai donné moi-même l'autorisation, je me suis rendu dans la salle où étaient retenus mes élèves. En chemin, j'ai appris que cet élève avait gravement insulté tous mes élèves. Quand je suis entré, j'ai vu une fille avec l'uniforme de l'école des Aurors étalée par terre, un de mes élèves baguette en main, mes élèves cantonnés dans le fond de la salle et quatre personnes sonnés près du mur.

-Donc vous n'étiez pas dans la salle quand tout s'est passé ? fit Kingsley

-Pas du tout, répondit Flynn.

-Merci, Directeur Flynn, dit Kingsley. Je souhaiterais avoir le témoignage des personnes qui étaient dans la salle.

-Ma fille d'abord, exigea Potter senior. Elle vous dira la vérité.

Bones ne put s'empêcher de lever les yeux au ciel. Il était de notoriété publique à Hogwarts qu'Aurore Potter ne disait jamais la vérité, mais une histoire très édulcorée où elle était toujours l'innocente victime et les autres les méchants. Même quand lesdits méchants étaient des 1re année avec aucune connaissance magique.

-Cela pose un problème à quelqu'un ? demanda Kingsley

Bones allait s'insurger mais Harry abattit sa main sur son bras et par une pression, l'enjoignit de ne rien faire. Elle le regarda de travers, furieuse qu'il ne l'ait pas laissé faire mais il lui demanda silencieusement de regarder ce qui allait se passer.

-Très bien, fit Kingsley. Miss Potter, je vous écoute.

Satisfaite d'avoir l'attention de tous, Aurore se racla la gorge et décida d'attendre quelques instants avant de prendre la parole pour faire durer le suspense. Elle ne prenait absolument pas conscience qu'elle ne faisait qu'énerver encore plus tout le monde.

-Je me rendais à l'école quand j'ai vu ce moins que rien brandir sa baguette et de lancer un sort noir sur un petit garçon, raconta Aurore. Je l'ai suivi et quand je l'ai vu entrer dans l'école, je suis allée très vite dans le bureau de mon père et je lui ai raconté ce que j'avais vu. Il m'a autorisé à mener l'enquête et de m'assister de plusieurs personnes. Après avoir sélectionné soigneusement ceux qui m'accompagneraient, nous nous sommes rendus à l'école de Médicomagie et j'ai interrogé les élèves. Ils m'ont indiqué la salle de cours. Je suis entrée et quand je l'ai vu, je l'ai sommé de se rendre. Il a voulu m'attaquer mais je l'ai menacé d'utiliser ma baguette à mon tour. Il m'a insulté et vous êtes arrivés.

Harry, Draco et Blaise levèrent les yeux au ciel. Bizarrement, cela semblait normal qu'elle ne relate pas devant son père qui l'idolâtrait qu'elle s'était vautrée devant tout le monde.

-Très bien, fit Kingsley en vérifiant les notes prises.

-Maintenant, tu vas pouvoir arrêter celui qui se moque de la loi, ordonna Potter senior.

-Mon enquête est loin d'être fini, rabroua presque sèchement Kingsley.

En d'autres termes, l'Auror lui ordonnait fermement de le laisser faire son boulot. Le brun dut se taire, mouché.

-Je souhaite avoir votre version, fit Kingsley en s'adressant aux élèves de Médicomagie.

Le groupe se regarda avant de tourner discrètement le regard vers Harry. Mais son visage fermé démontrait clairement qu'il n'avait pas l'intention d'ouvrir la bouche. Susan voulut prendre la parole mais Draco rabattit aussitôt son bras. Sachant qu'il y avait une raison pour qu'on l'empêche de révéler la vérité, elle accepta donc de se taire et désigna du menton un autre élève, curieusement qui n'avait pas fait ses études à Hogwarts. Celui-ci prit la parole.

-Nous nous apprêtions à terminer notre cours quand cette fille a débarqué avec quatre autres personnes et a lancé des sorts dans tous les sens, monsieur, répondit l'élève désigné. Des pans de murs se sont décrochés et nous étions sur le point de sortir nos baguettes pour l'arrêter mais on nous a fortement conseillé de ne rien faire et de nous reculer prudemment vers l'arrière de la salle, ce que nous avons fait immédiatement. Aucun de nous ne voulait se faire tuer par une personne qui ne savait même pas viser.

-Je t'interdis de critiquer ma fille ! rugit James

-Lord Potter ! claqua Kingsley. Sinon je vous demanderai de quitter la pièce !

Potter s'assit en ruminant et ses yeux lançaient des éclairs censés se faire ratatiner sur place l'élève qui n'idolâtrait pas sa fille. Ce qui ne donnait aucun résultat puisqu'il continua sans sourciller.

-Celui qui nous a conseillé de nous éloigner s'est placé entre nous et elle. Entre deux sorts, elle nous insultait alors qu'on ne la connaissait même pas. Moi-même, qui suis d'un naturel calme, j'ai failli à de nombreuses reprises lui tomber dessus pour lui faire ravaler ses paroles. Mais quand lui s'est avancé, je crois qu'elle s'est encore plus énervée. Elle a dit des horreurs que je ne dirais même pas à mon pire ennemi. Et puis elle a voulu s'approcher et pour cela, il lui fallait descendre de l'estrade. Elle a loupé une marche et elle est tombée par terre, sa baguette allant très loin d'elle, hors de sa portée. Notre ami en a profité pour désarmer les quatre autres puis le directeur est arrivé.

-Des horreurs ? releva Kingsley

-Oui, des horreurs, souligna le jeune homme. Je crois que la moins cruelle était « indigne de la Magie ».

Tous frissonnèrent. Personne n'osait lancer cette insulte à la légère car elle signifiait que la personne insultée ne méritait même pas de vivre.

-Qui était la personne concernée ? demanda Kingsley

-Moi.

Harry se leva. Il ne tenait pas que son géniteur sache qu'il venait ici sous le nom d'Evans. Du moins, pas tout de suite. Kingsley, quant à lui, comprenait mieux l'affaire. Il était de notoriété publique qu'Aurore haïssait son frère jumeau et qu'elle faisait tout pour lui rendre la vie impossible. Seulement, Harry se sortait plutôt bien de ces traquenards ce qui faisait enrager la Survivante. Il assistait tout simplement à l'une de ces tentatives ratées.

-Comment oses-tu te présenter ici ?! rugit Potter senior en bondissant sur ses pieds. Surtout pour t'en prendre à Aurore !

-Je ne lui ai rien fait, répondit Harry. C'est elle qui est venue jusqu'ici.

Il ne dit rien de plus. Il ne tenait pas à donner plus d'arme à ces imbéciles.

-Aurore a dit que tu avais utilisé un sort noir, cracha James. Je savais que Snivellus aurait une mauvaise influence sur toi. Il t'a rendu encore plus mauvais que tu ne l'étais déjà.

Draco faillit bondir de son siège pour faire ravaler ses paroles à Potter. L'inimité entre James et Severus était connue de tous et jamais on avait su pourquoi l'ancien Gryffindor haïssait autant le directeur de Slytherin.

-Je ne crois pas que Severus Snape ait quoi que ce soit à voir avec ce qui nous préoccupe pour l'instant, déclara fraîchement Harry.

-C'est exact, intervint Kingsley. Miss Potter, voulez-vous préciser de quoi vous avez été témoin ?

-Il a brandit sa baguette sur un petit garçon terrifié et il a lancé un sort noir, déclara Aurore. Je n'ai pas pu voir plus parce qu'il s'est retourné et j'ai dû me cacher.

Harry se retint de se frapper la tête contre le mur. Il se souvenait parfaitement du moment dont elle parlait. Il n'avait en aucun cas pu louper l'énorme boucan que la jeune fille avait créé dans une obscure ruelle tout près de là où il se trouvait. Kingsley était légèrement troublé.

-Miss Potter, vous parlez d'un sort noir. Que voulez-vous dire ? C'était un sort de magie noire ou il était de couleur noir ?

-Le sort était de couleur noir, affirma Aurore.

-Je ne connais pas beaucoup de sorts de couleur noir, avoua Kingsley, mais malheureusement, ils appartiennent tous à la magie noire.

-Voilà une preuve que ce moins que rien s'adonne à la magie noire ! affirma Potter senior

Blaise retint péniblement un reniflement de dérision. Les préjugés de cet homme étaient déplorables.

-Souhaitez-vous mon souvenir ? souffla Harry, las. Je pense que ça ira plus vite si on voyait ce qui s'est passé.

-Vous savez faire ça ? s'étonna Kingsley

Il y avait de quoi. C'était un assez haut niveau de magie et la majorité des sorciers avait besoin d'une aide extérieur pour faire voir un souvenir.

-Magie noire, siffla Potter.

-Je ferais part de ce point de vue à lady Potter, dans ce cas, siffla de même Harry.

Il jubila intérieurement quand il vit son géniteur serrer fortement ses poings. James avait toujours jalousé Lily dans la maîtrise des arts de l'esprit. Alors que lui peinait à établir de faibles barrières, elle faisait des prodiges avec son esprit sans efforts.

-Aurais-tu une Pensine ? demanda Kingsley à Conan

-Bien sûr, sourit le directeur. Un instant, c'est dans mon cabinet.

L'homme s'éclipsa derrière une porte dérobée et réapparut quelques minutes plus tard avec la massive cuve de pierre qu'il déposa sur la table. D'un geste, l'Auror invita l'élève à s'approcher et à procéder. Harry s'exécuta et se concentra, se remémorant précisément la scène puis ôta le souvenir de son esprit qu'il déposa délicatement dans la bassine. Conan, propriétaire de la Pensine, tapota la pierre et celle-ci s'illumina brièvement.

-Que chacun mette un doigt dans la Pensine, ordonna Kingsley en se levant.

-Pourquoi ? rechigna Potter. Ils ne sont pas concernés, que je sache ?

-Si on suit votre logique, vous non plus, rétorqua Kingsley. Nous y allons ?

Tous se levèrent et se placèrent tout autour de la table. Au signe de l'Auror, tous plongèrent dans le souvenir.

Harry quittait une petite rue pour s'engager dans une grande artère. Tous reconnurent le quartier qui était non loin de l'école. Le jeune homme saluait quelques passants. Soudain, une femme l'interpella.

-Harry !

Harry se retourna et aperçut Éloïse, une jeune mère de famille qu'il avait connu en s'installant dans le quartier.

-Bonjour, Éloïse, sourit Harry. Je suis désolé mais je risque d'être en retard en cours …

-C'est Kenan, soupira Eloïse. Il s'est encore blessé …

Harry baissa les yeux et croisa le regard d'un petit bonhomme de cinq ans qui souriait de toutes ses dents. Il posa un genou à terre.

-Salut Kenan, fit Harry. Tu fais des misères à ta maman ?

-Non, Ry, répondit Kenan. Ai pas fait exprès.

La particularité de ce petit garçon maladroit était qu'il se blessait régulièrement. Ce n'était jamais des plaies sans importance mais elles effrayaient toujours sa jeune mère. C'était lors d'une balade à vélo dans le parc qu'Harry avait rencontré la mère et le fils. Ce dernier, écorché profondément au genou, était serré dans les bras de sa mère qui allait chercher de l'aide. Éloïse avait bousculé Harry peu avant la sortie du parc. Après avoir aperçu une baguette magique d'une poche, le jeune homme avait proposé ses services. Elle avait accepté et depuis, il passait régulièrement chez eux pour soigner l'enfant.

-Montre-moi ça, fit Harry.

Tous les trois se retirèrent dans une nouvelle ruelle. Le petit garçon releva la jambe de son pantalon et le jeune homme découvrit un genou en sang. Il le toucha délicatement.

-Est-ce que ça te fait mal ? demanda Harry

-Nan, répondit Kenan en secouant la tête. Mais tu sais, c'est maman qui aime pas le rouge …

-Le sang, Kenan, corrigea doucement Harry. Éloïse, pourriez-vous … ?

La jeune mère comprit facilement et se plaça entre les deux garçons et la rue. L'apprenti Médicomage en profita pour sortir sa baguette et de lancer d'une voix claire un sort de barrage anti Moldu. Ensuite, il lança un sort que tous comprirent être de diagnostic à la vue du parchemin qui apparut. Le jeune homme le consulta.

-Il n'a rien de cassé, déclara Harry. C'est une simple plaie. Mais je vous l'ai dit, je suis soucieux de voir qu'il perd à chaque fois autant de sang. Vous devriez vraiment l'emmener auprès d'un Médicomage, Eloïse.

-Mais je vous ai vous, Harry, fit Eloïse.

-Je ne suis habilité qu'à effectuer les premiers soins, soupira Harry. S'il vous plaît, si vous n'avez pas confiance en Saint Mungo, je vous demande d'aller voir Mrs Pomfrey, l'infirmière de Hogwarts. Elle travaille toujours avec des enfants donc elle ne fera aucun mal à Kenan.

-Je vais y réfléchir, souffla Eloïse.

-Merci, Eloïse. Je vais maintenant soigner ce petit bonhomme.

Harry pointa sa baguette vers le genou du petit garçon et un sort de couleur noir sortit de l'item. Aussitôt, le genou fut guéri. Pour faire bonne mesure, il lança toujours en informulé un sort pour nettoyer le sang et un autre pour les vêtements, tout en ne tenant pas compte du fracas plus loin dans la ruelle.

-Merci Ry ! Fit Kenan

-Pas de quoi, Kenan, sourit Harry.

-Merci beaucoup Harry, dit Eloïse.

-Ce n'est rien, Eloïse, répondit Harry. Je dois vraiment y aller …

-D'accord, sourit Eloïse. Mais passez à la maison ce soir, je vous ferais aujourd'hui ce gâteau que vous aimez tant !

-Avec plaisir, sourit Harry. Bonne journée !

Le jeune homme s'éloigna sous les aux revoir du duo.

Tous en ressortirent avec des avis mitigés.

Les élèves de Médicomagie connaissant l'intégrité d'Harry Evans, ils savaient qu'il ne s'en prendrait jamais à un enfant. Draco et Blaise n'ayant jamais douté de leur ami, ils arboraient intérieurement un sourire satisfait. Conan Flynn était fier d'avoir un tel élève parmi ses élèves. Kingsley Shakelbot regrettait de ne pas avoir un tel aspirant Auror au lieu de sa sœur qui se révélait de plus en plus décevante. Aurore rageait de savoir qu'Harry faisait preuve d'humanité. Quant à James Potter, il savait qu'il n'aurait pas gain de cause sur cette affaire. Il lui faudrait donc amadouer le directeur de l'école de Médicomagie.

-Il y aurait donc méprise, déclara du bout des lèvres Potter senior.

-Plus que méprise, ricana Flynn. Votre … fille s'est trompée du tout au tout.

James allait bondir mais il se raisonna.

-Comment pouvez-vous autoriser un élève à soigner en dehors de l'école ? contra attaqua Potter

-De la même façon que vous autorisez votre fille à enquêter hors de l'école des Aurors, claqua Flynn. Sauf que moi, j'ai fait les choses dans les règles et j'ai réuni un comité d'experts Médicomages qui ont été agréés par le Ministère pour donner le droit à un certain nombre d'élèves ayant les capacités de donner les premiers soins hors de l'école. Cette liste est disponible au Ministère et Harry en fait partie. Si je cherchais une même liste pour l'école des Aurors, bizarrement je suis sûr de n'en trouver aucune. Où se trouve la légitimité de votre fille, Potter ?

-Allons, Conan, tempéra Kingsley. On se calme. Cependant, il soulève un point important. Pouvez-vous tous les deux justifier de l'activité de vos élèves ?

Conan se dirigea vers sa bibliothèque et en sortit une liasse de papiers. Il chercha quelques instants avant d'en tirer un parchemin officiel avec le sceau du Ministère de la Magie qu'il tendit à Kingsley. Celui-ci le parcourut et hocha de la tête.

-Son nom apparaît bien sur cette liste, confirma Kingsley. Lord Potter ?

Le brun marmonna dans sa barbe inexistante.

-Je vous demande pardon ? fit Kingsley

-Je ne savais pas qu'il fallait une telle autorisation, avoua à voix basse Potter senior.

Presque tous les élèves furent surpris de l'aveu. Comment un directeur d'études supérieures ne pouvait-il pas savoir ce qu'il pouvait faire ou pas ? Drastiquement, les élèves Aurors entraînés dans l'expédition désastreuse de la rousse virent l'estime qu'ils portaient à leur directeur d'école, père de la Survivante, descendre en flèche pour rejoindre le niveau de celui de la jeune fille qui les avait emmenés là et qui avait été au-dessous de tout. Conan fut dégouté de voir qui on avait nommé, sûrement à coups de pots de vin, à la tête de l'école des Aurors alors que les temps étaient sombres. Kingsley fut à peine surpris, connaissant la façon de penser de l'ancien Auror. Aurore fut surprise dans le sens qu'elle ne savait pas que son père devait rendre des comptes à qui que ce soit. En clair, elle pensait qu'en tant que père de la Survivante et Survivante elle-même, ils avaient tous les droits. Harry, Draco et Blaise ne s'étaient guère faits d'illusions. Tous les trois savaient que mis à part sa fille, rien n'intéressait James Potter. Qu'il ne sache pas qu'il lui fallait l'aval du Ministère pour que la Survivante puisse faire sa loi ne les étonnait même pas.

-Maintenant que toute l'affaire est éclaircie, déclara Kingsley, souhaites-tu maintenir ta plainte ?

-Enregistre-la, répondit Conan. Je vais y réfléchir.

-Très bien, fit l'Auror en se levant. Je vais emmener tout cela au bureau des Aurors. Je pense que vous pouvez rendre à vos élèves leur liberté.

Comprenant que cela signifiait leur congé, James tenta une dernière approche.

-Flynn, est-ce que …

-Plus tard, Potter, coupa Flynn. Cette affaire m'a mis extrêmement en retard. Si tu veux me parler, il va falloir voir ça un autre jour.

Vaincu, le directeur de l'école des Aurors s'empara de la Poudre de Cheminette, prononça clairement sa destination et enjoignit Aurore et Ron à passer devant lui avant d'emprunter lui-même le passage …

Abandonnant par la même occasion les trois pauvres élèves.

-Pathétique, siffla Flynn.

Il se calma et s'adressa aux élèves Aurors.

-Est-ce que vous avez cours ?

-Aurore Potter avait dit que vu que nous étions avec elle, nous en serions dispensés, avoua l'une des filles. Mais après ce que je viens de voir …

-Il ne faut jamais croire les belles paroles de Potter, fit Bones. Bien des fois, elle s'est mise dans les ennuis et toutes les personnes qui étaient avec elle ont plongé à sa place.

-Mais c'est la Survivante ! s'exclama l'autre fille

-Certes mais elle reste la personne la plus insupportable que j'ai rencontré, fit Bones. Ce que vous venez de voir n'est qu'une partie de ce qu'elle peut faire. Si vous voulez avoir votre diplôme par vos propres mérites, éloignez-vous de suite d'elle. Je suis presque sûre qu'elle serait capable de vous laisser vous faire tuer sans bouger d'un cil … comme son père, tant que ça ne blesse pas sa fille chérie.

-Mais quand même … s'insurgea le garçon

-Si vous ne me croyez pas, déclara Bones, demandez à toutes les personnes qui ont fait leur scolarité à Hogwarts en même temps que Potter. Vous allez découvrir que la Survivante est loin d'être parfaite.

-Miss Bones, veuillez raccompagner ces élèves hors de l'école, ordonna Flynn. Vous êtes tous dispensés de cours aujourd'hui, je préviendrais vos professeurs. Vous pouvez partir.

Alors que les élèves quittaient la pièce, le directeur retint Harry par la manche. Voyant cela, Draco et Blaise restèrent aussi.

-Tiens-tu à maintenir ta plainte ? demanda Kingsley

-Bien sûr, ricana Conan. Il est temps qu'on comprenne que les Potter ne sont pas tout puissant.

-D'accord, fit l'Auror. Mais tu sais que Potter senior va venir te voir pour te convaincre de retirer ta plainte. Je parie qu'il va même avancer l'argument que la population compte sur la Survivante pour vaincre Voldemort et qu'une plainte va entacher sa réputation et que ça ne va pas aider.

-Comment tu sais ça ?

-Parce qu'il a déjà fait ça. Il y a deux ans, sa fille a failli tuer un enfant alors qu'elle faisait de la magie dans une zone Moldue. L'enfant était de famille sorcière et elle voulait porter plainte. J'étais chargé de l'enquête et quand j'ai voulu les interroger, ils ont dit qu'ils voulaient retirer leur plainte, qu'il ne s'agissait que d'un accident. J'ai un peu insisté, leur promettant que je voulais juste savoir et ils m'ont avoué que James Potter était venu et leur avait exposé pleins d'arguments dont celui que je t'ai donné.

-Je ne compte pas changer d'avis, rétorqua Conan. Tu devrais y aller pour valider cette plainte. Est-ce qu'elle pourra aboutir ?

-Je ne sais pas, avoua Kingsley. Potter a vraiment le bras long, malgré qu'il soit bâti intégralement sur le statut de Survivante de sa fille. Scrigmeour n'apprécie pas vraiment Potter mais il peut se laisser convaincre si ça peut faire avancer sa carrière. Et il ne faut pas oublier qu'il a le grand Dumbledore à ses côtés.

-J'avais oublié ce cher directeur, grogna Conan. Bon, fais ce que tu peux. Et merci pour tout.

-Ne t'en fais pas, sourit Kingsley.

L'homme les salua tous avant de s'en aller à son tour. Quand ils furent seuls, Conan redonna son apparence normale à son bureau et enjoignit les trois jeunes hommes à s'installer dans les fauteuils qu'il avait conjurés pendant qu'il faisait de même.

-Les temps sont sombres et je voudrais savoir à qui j'ai affaire avant de parler, déclara Conan.

Draco et Blaise demandèrent confirmation à Harry avant de faire quoi que ce soit.

-C'est un ami de Mrs Pomfrey, répondit Harry à leur question muette. Et il connaît très bien Severus.

Estimant que la connaissance de ces deux personnes garantissait qu'on pouvait faire confiance au directeur, les deux jeunes hommes laissèrent tomber les sorts qu'ils avaient lancés.

-Lord Zabini et l'héritier Malfoy, salua Conan. Je crois comprendre que vos relations avec les Potter sont quelque peu tumultueuses ?

-Le mot est faible, renifla Blaise. Mais cela résume bien, Mr Flynn.

-Maintenant que nous sommes seuls, fit le directeur, vous pouvez m'expliquer tout ce cirque ?

-Ce qui s'est passé aujourd'hui ou la situation dans sa globalité ? demanda Blaise

-Les deux, si cela ne vous dérange pas, dit Conan.

-Pour aujourd'hui, avoua Draco, j'ai modifié la forme de la marche pour que Potter tombe et Blaise a fait en sorte que sa baguette se retrouve subitement loin d'elle. Quant à la situation, il est de notoriété publique que Lord Potter souhaite augmenter la puissance du nom de sa famille en désignant la Survivante comme héritière. Pour cela, le seul moyen d'y arriver est de déclarer l'héritier légitime inapte à sa future fonction face à un Conseil des Clans.

-Un Conseil des Clans ? s'étonna Conan

Rares étaient les fois où les chefs des différentes familles de l'aristocratie sorcière se réunissaient en Conseil des Clans. Cependant, cela étonnait le directeur qu'une affaire qui pour lui relevait de la famille nécessite une telle réunion.

-Oui, confirma Blaise. Désigner un héritier lorsque le tenant du titre n'est plus reste dans la famille mais quand il est en pleine maîtrise de ses moyens, le Conseil est là pour juger de celui qui est le plus apte à transmettre les valeurs Sang Pur.

-Seulement, Potter représente plus la déchéance la plus complète des Sang Pur, déclara Draco. Grâce à son éducation laxiste, pour ne pas dire son éducation inexistante, elle ne deviendra jamais une lady représentant les valeurs Sang Pur. Donc elle cherche par tous les moyens de lui créer des ennuis pour que son père ait une raison de le spoiler de son héritage.

-Mon … géniteur, cracha Harry, ne cherche qu'un prétexte, aussi futile soit-il, pour prouver au Conseil que je ne suis pas apte à reprendre la tête de la famille Potter. Mais il ne s'aperçoit pas que toutes ses tentatives sont en train de miner sa position et que sans la menace de Voldemort, il y aurait longtemps qu'il aurait été exclu du Conseil.

-Ce que vous m'apprenez là est vraiment incroyable, commenta Conan. Je me pose cependant d'autres questions.

-Allez-y, fit Draco.

-Pourquoi n'avez-vous pas pris la parole avant d'y être obligé ? demanda Conan

-La seule fois où j'ai voulu me défendre, expliqua aimablement Harry, je me suis vu accusé d'avoir voulu tuer Aurore. J'avais sept ans et j'étais en train de lire un livre dans le parc du manoir pendant que Aurore avait pris un balai pour voler alors que notre mère nous l'avait interdit mais ce n'était pas ça qui allait l'arrêter. Évidemment, comme c'était la première fois qu'elle volait seule et sans supervision, elle a fait une chute de cinq mètres environ et elle s'est cassé le bras et a eu une fracture de la jambe. La « chance » a voulu qu'elle tombe tout près de moi. J'ai vu que les débris du balai menaçaient de lui transpercer le dos donc je les ai délicatement enlevé et j'ai soutenu sa tête en attendant les secours. Nos parents sont arrivés et Aurore a été soignée. C'est alors qu'elle a débité son parfait mensonge. Elle a juré que je lui avais jeté quelque chose pour la déstabiliser alors qu'elle volait et qu'une fois tombée, je lui avais donné des coups. Je n'ai même pas eu le temps de me défendre que mon cher géniteur m'a jeté dans un cachot comme punition pour avoir voulu tuer ma très chère sœur. C'est ma mère qui m'a sorti de là après trois jours sans rien à boire ni à manger. Même si ma mère avait réussi à prouver à mon géniteur que ce qu'avait raconté Aurore n'était absolument pas la vérité, ma sœur n'a jamais été puni ni pour avoir volé sans permission, ni pour son mensonge. Depuis ce jour, je sais que quand Aurore m'accuse de quelque chose et que mon géniteur est là, ce n'est même pas la peine que j'ouvre la bouche pour me défendre. Aurore aura toujours raison.

Conan frissonna. Il savait James Potter obtus mais à ce point, cela dépassait l'entendement.

-Cela peut expliquer certaines choses, capitula Conan. Et vous ? Pourquoi vous être dissimulés ?

-Vous connaissez la haine que porte Potter senior aux Slytherin ? fit Draco. Et par extension tout ce qui est lié à la magie noire ?

-Qui ne le sait pas ? renifla Conan. J'ai moi-même été victime de ses préjugés.

-Il a transmis cette haine à sa fille, continua Draco. Nous sommes tous les deux de purs Slytherin. L'amalgame a très vite été fait.

-On soupçonne même que notre Survivante nationale, en s'attaquant à nous, essaie de nous faire payer le fait d'avoir préféré son frère à elle, ajouta Blaise.

-Pardon ?! fit Conan. Vous voulez dire que cette petite peste est jalouse de son frère … dont elle s'acharne à faire la vie un enfer ?

-On n'a jamais dit qu'elle était logique, haussa des épaules Blaise.

-Harry, fit Conan. Vu que vous avez vécu avec ces énergumènes, je ne trouve pas d'autres mots, à quoi pouvons-nous nous attendre ?

-Vous êtes conscient que votre plainte n'aboutira certainement pas, commença Harry d'une voix un peu hésitante.

-C'est évident, soupira Conan. Depuis qu'il a quitté Hogwarts, James Potter a le bras un peu trop long.

-C'est vrai, avoua Harry. Je crois que des surprises de ce genre, vous allez en avoir assez souvent. Elle veut le pouvoir et la fortune des Potter et je suis le seul obstacle qui s'oppose à elle. Son père va juste aplatir les barrières éventuelles. Donc il va surtout s'occuper à faire taire les différents directeurs de la faculté d'études supérieures.

-Il voudra me faire taire ?! gronda Conan. Comment pouvez-vous être sûr de cela ?

-Chaque année, à Hogwarts, Dumbledore réunissait les préfets et leur ordonnait littéralement de laisser Aurore faire ce qu'elle voulait dans le château, répondit Draco. J'ai été préfet puis préfet en chef et je peux vous dire qu'elle avait totalement le château pour elle. Quiconque rapportait ses infractions se faisait punir.

-Pour avoir quelques amis parmi les Aurors, continua Blaise, je sais que Potter senior se chargeait de couvrir les frasques de sa fille chérie. Je sais que du temps où il était encore Auror, tous les dossiers concernant la Survivante lui étaient transmis et dans la journée même, le problème était réglé, on pouvait même dire qu'il n'y avait plus de problème. De nombreuses fois, Aurore a raté des sorts devant des Moldus et à chaque fois, aucune charge n'était retenue contre elle. On pense même qu'ils auraient un Oubliator dans la poche.

-Je crois qu'une petite réunion entre directeurs s'impose, grinça Conan. Bien sûr, l'invitation pour l'école des Aurors se sera subitement perdue …

-Contactez quand même le vice-directeur, conseilla Harry. Peut-être qu'il ne suit pas la politique de son supérieur, qui sait ?

-Vous m'avez donné beaucoup à réfléchir, fit Conan. Merci d'avoir répondu à mes questions et allez vous reposer. Je crois que vous en avez bien besoin.

-Merci, directeur Flynn. Bonne journée.

Et ils se séparèrent.