Chapitre 8 : L'Arrancar.

L'alarme retentit quelques fois avant de faire place à la voix du Commandant, alias Yamamoto Genryuusai :

- La douzième division a détecté un groupe de Menos Grande au Sud Est du Seireitei, la deuxième division est chargée de les détruire. Je répète : des Menos ont été repérés dans le Seireitei, la deuxième division doit se rendre sur place.

- Ah bah, c'est pour moi ! Dit Joyuki. Une chance sur treize d'être emmerdée par des Hollows et moi forcément avec ma veine habituelle…enfin bref, je file ! A plus !

Et avant que Renji ai pu lui dire une phrase d'encouragement faite maison du genre « fais attention de pas faire trop de flaques avec tes cheveux, le beurre c'est vachement glissant », la jeune femme disparut en shunpo.

- Euh…bah…bonne chance quand même…Objecta Renji alors que Joyuki était déjà loin.

Byakuya, de son côté, était de marbre. Renji resta pensif tout en se rendant à son bureau, suivant son capitaine. Comment faisait Kuchiki Taicho pour rester aussi calme alors que sa petite sœur venait de s'en aller pour combattre des Hollows qui faisaient 1000 fois sa taille ? Le secret du capitaine ? La confiance tout simplement. Il connaissait sa Jo par cœur, il savait qu'elle ne risquait rien face à des Menos, il s'était pris assez de baffes pendant son enfance pour ne pas sous-estimer sa sœur…Le noble Kuchiki sourit intérieurement en plongeant dans ses souvenirs :

« - Allez ! Viens te battre Shinigami ! Je t'attend ! Criait une toute petite fille aux cheveux blancs coupés au bol et à la mine renfrognée.

Cette jeune fille n'était bien sur nulle autre que Joyuki. Elle n'avait alors pas plus de 3 ans et tenait une épée en bois dans ses petits poings serrés. C'est alors qu'une forme sombre bondit et atterrit derrière elle :

- Aha ! Je te tiens, Shinigami ! Lança Byakuya, lui-même une épée en bois à la main.

- Tiens, prend ça ! Répliqua la petite Jo en donnant un coup d'épée maladroit sur celle de Byakuya.

- Aha ! Même pas mal !

- Touché ! Cria alors Jo en donnant un petit coup sur l'omoplate de son frère adoré. J'ai gagné, t'es mort !

- Non ! Même pas vrai ! On peut pas mourir juste à cause de l'épaule !

- Si on peut !

- Nan !

- Si !

- Nan !

- MAMAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAN !

Dans son bureau, Hanaya Kuchiki sursauta violemment. Quel était ce cri qui venait de lui percer les tympans ? Ses enfants étaient-ils en danger ?

La mère de nos petits Shinigamis en herbe prit son zanpakutôh et sortit :

- Qu'est-ce qui se passe, Joyuki ? Pourquoi as-tu crié ? Il y a du danger ? Hein ?

- Maman ! Dis à Byakuya qu'on peut mourir si on transperce l'épaule !

- Nan c'est pas possible ! Pas vrai, Maman ?

- Euh

Hanaya, prise de cours, rengaina son arme et réfléchit à la question :

- On ne peut pas mourir d'une blessure à l'épaule sauf si elle est très grave ou infectée, enfin je crois.

- Ah ! J'avais raison ! On peut pas en mourir ! Annonça Byakuya d'un air totalement triomphant.

- Même pas vrai ! Maman elle vient de dire qu'on peut en mourir si c'est très grave ou infectée !

- Oui mais là ma blessure elle est pas grave !

- Si elle est grave !

- Byakuya ? Tu es blessé quelque part ? Demanda Hanaya, un peu déboussolée.

Joyuki montra fièrement sa petite épée :

- T'as vu Maman ? Moi aussi j'ai un zazakutôh !

- C'est même pas comme ça qu'on dit ! Rétorqua Byakuya.

- Allons, allons Byaku, laisse-la, elle est encore petite.

- Non c'est pas vrai je suis pas petite !

- Si tu l'es !

- Non !

- Toute façon c'est moi le plus grand-euh ! Chantonna notre futur capitaine.

- Allez, arrêtez tous les deux.

- Hé Maman ! Attend ! Je t'ai pas dis mais j'ai blessé Byakuya avec le zazakutôh et même que il est mort parce que la blessure elle est très grave et que c'est moi qu'ai gagné !

- Non c'est pas vrai ! Et toute façon ce sera moi le meilleur Shinigami !Protesta Byakuya.

- Si j'ai gagné ! Et d'abord moi aussi je serai la meilleure Shinigami !

- Non c'est pas vrai ! »

En attendant, nos deux petits apprentis Shinigamis avaient grandis, et alors que l'un allait remplir de la paperasse en compagnie d'un lieutenant qui devint dépressif quand il vit la pile de dossiers, l'autre écoutait attentivement les ordres de son capitaine Soi Fong :

- Groupe 1, prenez-le à revers ! Groupe 2 et 5, attaquez de front ! Le groupe 3, venez par la droite, le 4, par la gauche ! Groupe 6 attaquez de haut, Groupe 7, restez au sol et couvrez nos arrières ! Nous allons totalement les encerclez ! Allez !

Joyuki obéit à Soi Fong et partit avec son groupe, qui était en l'occurrence le numéro 6. Tout allait aller comme sur des roulettes malgré le fait que les membres de sa division jetaient des coups d'œil mi-intrigués mi-dégoûtés à sa nouvelle couleur de cheveux.

Le combat se passait bien, du moins, pas pour les Menos qui subissaient une défaite écrasante. Le groupe d'origine était de 50 Menos, seuls 20 étaient encore debout après le passage de la deuxième division.

Joyuki se félicitait presque. Ca faisait un bail qu'elle n'avait pas eu d'adversaires de si grande taille et en si grand nombre, mais elle ne s'était pas rouillée, à son grand soulagement. A vrai dire, elle n'avait même pas encore eu à libérer son zanpakutôh, ce qui, pour elle, était une petite victoire personnelle.

Notre jeune Kuchiki se stoppa, c'était quoi, là, au milieu des Menos ? Joyuki plissa les yeux, ça avait l'air d'être un homme avec une espèce de carapace blanche. La Kuchiki écarquilla les yeux :

-…Un…un Arrancar…Souffla-t-elle.

Elle n'avait pas encore eu l'occasion de combattre ce genre d'adversaires, mais elle en avait beaucoup entendu parler. Joyuki réfléchit quelques secondes, on lui avait dit que ces Arrancars étaient forts, voire du niveau d'un capitaine, il valait mieux s'en débarrasser au plus tôt, surtout que le fait qu'il se dissimule derrière les Menos ne présageait rien de bon.

Joyuki attaqua de derrière, aucune chance que l'Arrancar ne lui échappe, du moins, c'est ce qu'elle croyait avant que son sabre ne ripe sur le carapace blanche. Leur peau était étonnement solide, détail qu'on avait oublié de lui préciser.

L'Arrancar se retourna en souriant et donna un coup d'épée à la jeune Kuchiki qui esquiva au dernier moment, se retrouvant néanmoins gratifiée d'une large coupure sur la joue.

- Taicho ! Appela la jeune femme en rejoignant son capitaine. Il y a un Arrancar au milieu du groupe de Menos.

- Que dis-tu ?…ATTENTION ! Hurla Soi Fong en empoignant Joyuki et se jetant sur le côté, esquivant de justesse un Céro et sauvant la vie de la jeune Kuchiki par la même occasion :

- Taicho ! Vous allez bien ?

Soi Fong se releva de suite :

- Préviens les autres du danger. Je m'occupe de lui.

- Tai…

Soi Fong fonça de suite sur l'Arrancar qu'elle venait de repérer.

- …cho…Acheva piteusement Joyuki, toujours à terre.

Joyuki avait une admiration sans bornes pour sa capitaine. Depuis sa plus petite enfance, elle était fascinée par la deuxième division, spécialiste du combat au corps à corps. C'était son rêve de gosse que d'intégrer cette division. Au début, elle avait eu peur de tomber sur un mauvais capitaine, mais après sa première rencontre avec Soi Fong il y a quelques jours, lors de son retour à la Soul Society, ses craintes s'étaient envolées, laissant place à un immense respect pour la petite capitaine. Et puis, il y avait eu des entraînements dans sa division, elle avait vu Soi Fong combattre, son respect s'était mû en une véritable admiration pour la capitaine. C'était dingue d'être aussi rapide, aussi agile, aussi…aussi superbe tous simplement. On peut donc aisément comprendre ce que ressentit Joyuki quand elle vit l'Arrancar envoyer Soi Fong dans un mur…La jeune capitaine s'effondra et la Kuchiki vit avec horreur une marre de sang se former sous le corps de sa capitaine.

- TAICHO !

Elle porta un regard noir sur l'Arrancar qui souriait d'un air démoniaque.

- ENFOIRE ! JE VAIS TE CREVER !

- Oh ? Vraiment ? C'est drôle, quand je vois qu'un capitaine est aussi fort qu'un cafard, j'ai du mal à imaginer qu'un simple officier puisse me vaincre…

- Tsume, Tsukineko ! Récita Joyuki pour libérer son zanpakutôh et faisant exploser son reiatsu.

Une colonne vertébrale de métal recouvrit celle de Joyuki, se prolongeant jusqu'à former une queue à double tranchant, ses ongles s'allongèrent et se recouvrir du même métal alors que deux grandes canines lui poussaient.

- Quel joli petit Shikai. Rit l'Arrancar.

- Tu vas voir ce qu'il va te faire, le joli petit Shikai ! Tonna Joyuki.

La jeune femme disparut du champs de vision de l'Arrancar quelques secondes durant, secondes qui servirent à Joyuki qui s'était glissée derrière son ennemi et lui affligeait un coup de queue à double-tranchant qu'il ne put éviter et qui lui cause des dégâts.

- Salope ! Cria l'Arrancar en ripostant.

Joyuki stoppa le poing qui aurait du briser sa tempe et elle en profita pour casser le bras gauche de l'Arrancar.

L'ennemi aurait du souffrir, mais au contraire, son sourire n'en fut que plus grand :

- Qu'est-ce qu'il y a de drôle dans la défaite ? Demanda suspicieusement Joyuki.

- Dans la victoire tu veux dire ? Tu ne le sais pas encore, mais ma carapace blanche ne me sert pas qu'à me protéger des coups, je m'en sers aussi pour attaquer.

Joyuki ne vit que trop tard le long fouet ranger à la ceinture de l'Arrancar. Ce dernier usa du shunpo et donna plusieurs coups à la jeune Kuchiki qui para comme elle put. L'Arrancar prit ses distances et essuyant le sang sur son fouet :

- Alors, quel effet sa fait de perdre ?

- La ferme. Souffla Joyuki, un genou à terre, du sang dégoulinant de ses blessures. Elle remarqua alors que son sang était noir et non rouge :

- Ah, tu as enfin remarqué. Dit L'Arrancar en voyant Joyuki écarquiller les yeux devant la flaque de sang à ses pieds. L'ennemi reprit son fouet en main et le vit claquer dans l'air :

- Ceci est une sorte de zanpakutôh version améliorée. Mais ce fouet ne se contente pas d'affliger des blessures, à chaque fois qu'il entre en contact avec quelque chose ou quelqu'un, il sécrète du poison qui s'infiltre ensuite.

- D…du poison…

- Tout à fait. Et ce n'est pas tout…Continua l'Arrancar alors que son fouet virait au rouge incandescent.

Joyuki se raidit, sans savoir ce qui lui arrivait. Elle hurla et se tordit de douleur tout comme ses compagnons qui avaient eu aussi subit des dommages du fouet de l'Arrancar.

- Je peux modifier l'intensité des dégâts du poison à distance. Dit l'Arrancar en éclatant de rire.

L'Arrancar se stoppa néanmoins quand il sentit une vive douleur dans son épaule. Soi Fong venait de lui planter son Suzumebachi dans l'omoplate.

- Puisque ton arme secrète du poison, battons-nous à égalité.

- Q…Quoi ?

- Suzumebachi secrète aussi du poison.

La capitaine recula en un saut. Le premier Homonka se dessina sur l'épaule de l'Arrancar.

- Merde ! Allez tous vous faire foutre ! Hurla l'Arrancar.

Le ciel se déchira alors en deux, l'Arrancar s'engouffra dans un espace noir et nuageux :

- Hé ! Attend ! Cria Soi Fong en se précipitant avant que l'Arrancar ne lui échappe.

- Adieu, Shinigamis !

Le ciel se referma avant que la capitaine n'ai pu infligée son second Homonka. A bout de force, la capitaine réussit néanmoins à envoyer un Papillon de l'Enfer au Commandant pour le prévenir de la situation avant de s'effondrer de douleur.

En attendant, à la sixième division, tout était calme. Et malgré son habituel masque d'indifférence, Byakuya était complètement paniqué. Le reiatsu de Joyuki avait brusquement augmenté avant de s'effondrer quelques minutes après. Qu'est-ce qui se passait ? Elle ne pouvait pas perdre face à des Menos ! Le capitaine ne pouvait évidemment pas savoir qu'un Arrancar s'était joint au groupe de Menos…

La voix du Commandant résonna :

- La quatrième division doit se rendre d'urgence sur le lieu d'apparition des Menos, un Arrancar a été trouvé parmi ce groupe de Hollows et a battu en retraite. La deuxième division a subit de grand dégâts, la quatrième division doit se rendre d'urgence sur les lieux !

Renji pâlit alors que les craintes de Byakuya se confirmaient.

La quatrième division arriva rapidement sur les lieux. L'Arrancar partit, la douleur liée au poison s'était atténuée, mais les Shinigamis s'affaiblissaient.

Heureusement, la quatrième division était bien équipée, elle transporta les blessés après avoir retirer le liquide noir de leur corps. Ils étaient hors de danger mais considérablement affaiblis.

Leur journée finie, Byakuya et Renji eurent la même idée sans le vouloir : aller faire un tour à la quatrième division pour voir comment allait Joyuki.

- Bon bah, à demain, Taicho ! Lança Renji en partant à toute vitesse.

Byakuya se demande pourquoi son lieutenant avait à présent le feu aux fesses alors qu'il avait était dans un état larvaire toute la journée et puis partit dans la direction opposée.

Renji s'était perdu et avait donc mis deux fois plus de temps que ce qu'il avait prévu initialement. Byakuya, lui, connaissait parfaitement le chemin et arriva dans les temps. Les deux hommes arrivèrent en même temps devant la quatrième division mais le premier par la gauche et le deuxième par la droite. Ils se dévisagèrent avant que Renji ne fasse un grand sourire gêné à son capitaine et qu'il ne se précipite à l'intérieur. Byakuya renonça à aller voir sa sœur, si Renji était dans le coin, ils ne pourraient pas être tranquilles.

- Hey ! Salut Jo ! Lança joyeusement Renji en entrant dans la petite chambre d'hôpital.

Le cœur du lieutenant rata un battement. Jo était bien là, mais allongée dans un lit, toute pâle et les yeux clos. De plus, elle avait un masque respiratoire, ce qui inquiétait le lieutenant :

- Euh…hum…wah ! T'as bonne mine ! Dit maladroitement Renji en s'asseyant au bord du lit.

Mais la jeune femme ne réagit pas. Renji se tut en baissant la tête, c'est alors que…:

- BOUH !

- AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAH ! Hurla le lieutenant.

Joyuki ôta son masque et éclata de rire :

- Ah la tête que t'as fait ! C'était trop drôle ! Pauvre petit lieutenant qui s'inquiétait, c'est mignooooooon ! Dit ironiquement Joyuki en battant des cils.

- Mais putain je me faisais du soucis et toi tu ce que tu trouves à faire c'est de me filer une syncope ! Merci bien !

- Oh allez boude pas !

Renji grogna. Joyuki s'approcha et s'assit en tailleur près de lui :

- Désolée, je pensais pas que tu te faisais du mouron à ce point.

- C'est rien, mais…euh…tu, tu vas mieux t'es sure ?

C'est alors que le courant se coupa, plongeant toute la division dans le noir :

- Et merde, putain ! Lâcha Renji. Jo, t'es où ?

Le lieutenant chercha la blessée à tâtons, manque de bol, dans sa précipitation, sa bouche et celle de la jeune femme rentrèrent en contact…