Ses cheveux en chignon, elle sort de sa chambre. Elle vient de se réveiller, elle a bien dormi. Elle s'est endormie avec la musique qui continuait de défiler. Au réveil, son téléphone n'avait plus de batteries, il ne s'allumait plus, elle a commencé à stresser, à avoir peur de perdre son téléphone puis elle l'a branché au secteur et elle s'est sentie soulagée. Elle n'a pas changé de vêtements depuis hier soir, elle file à la salle de bains, il n'y a personne dedans. Elle n'aurait pas apprécié de devoir attendre derrière la porte, car son père a pris le monopole de la pièce pour faire, on ne sait quoi dedans. Alors qu'elle est sous la douche, que l'eau coule, elle entend que quelqu'un essaie d'ouvrir la porte, elle avait hésité à fermer à clé ou non mais elle l'avait quand même fait et elle a eu raison. Elle coupe l'eau pour écouter si on lui parle, mais elle n'entend que la voix de sa mère qui dit.
-J'avais oublié qu'elle était de retour celle-là ! Toujours à mettre vingt ans pour tenter d'arranger quelque chose à sa tête.
Sa mère lui avait toujours dit qu'elle était belle. À l'adolescence, Fleur n'avait pas confiance en elle-même et sa mère était toujours là pour lui dire à quel point elle était jolie, intelligente. Elle lui disait d'arrêter, ça la gênait qu'elle lui dise ça, mais il y a beaucoup de choses que Fleur a faites, car les mots de sa mère lui ont donné confiance. Mais pour la salle de bains, Fleur avait la mauvaise habitude de passer du temps dedans, elle ne se maquillait que très peu, elle s'habillait en vitesse, mais elle aimait s'asseoir sur le bord du bain et penser. Penser à sa journée qui l'attend. Parfois, elle révisait ses cours. Sa mère n'a jamais été experte dans l'organisation donc Fleur gênait tout le reste de la famille qui voulait elle aussi aller dans la salle de bains. C'était souvent que sa mère tapait à la porte en lui disant que ça ne servait à rien d'essayer de se rendre plus jolie, le maquillage ne pouvait rien arranger à sa tête. Alors que beaucoup d'adolescents l'auraient mal pris de la part de leur mère, Fleur aimait qu'elle lui dise ça. Pour elle, ce n'était pas méchant, c'était juste pour l'embêter. Finalement, elle quittait la salle de bains et sa mère pouvait y aller à son tour. Ce matin, elle ne prend pas la peine de s'asseoir sur le rebord du bain, elle n'a pas à réviser, elle n'a pas à penser, elle a déjà pensé une partie de la nuit avant que la fatigue ait raison d'elle. Elle sort juste après s'être brossé les cheveux, elle descend à la cuisine où elle retrouve ses parents. Elle se sert un bol de céréales. Son père boit un café, l'odeur du café dès le matin l'a toujours dégoûté, mais elle a toujours pris sur elle. Sa mère part dans la salle de bains, maintenant qu'elle peut y aller. Elle se tourne vers son père.
-Je pourrais vous voir maman et toi. J'ai besoin de vous parler.
-Bien sûr. Tu es enceinte ?
-Non.
-Tant mieux.
Sur le coup, elle ne comprend pas pourquoi son père lui demande ça puis elle se rappelle qu'elle avait dit la même phrase, mot pour mot pour leur annoncer sa grossesse. Elle n'avait pas fait l'annonce avec Julien, il n'a jamais eu de bonnes relations avec la mère de Fleur alors il appréhendait sa réaction. Sur le coup, elle ne comprend pas pourquoi son père lui demande ça puis elle se rappelle qu'elle avait dit la même phrase, mot pour mot pour leur annoncer sa grossesse. Sa mère n'était pas dans la pièce alors elle avait prévenu son père qu'elle voulait leur parler comme ça, il arrivait à garder sa femme quelques minutes pour que Fleur parle. Aujourd'hui, ça fera pareil, il chopera sa femme au passage quand elle viendra dans la salle à manger et ils attendront sagement Fleur. Fleur, quand elle a fini son bol, remonte à sa chambre. Elle attend d'entendre sa mère sortir de la salle de bains. Ses parents parlent, c'est le bon moment. Elle attrape l'enveloppe qu'elle avait préparée avant de sortir de sa chambre.
-Ah ben la voilà.
On l'attendait semble-t-il. Elle leur sourit, le sourire d'une femme heureuse, d'une fille qui va faire plaisir à ses parents. Elle leur tend l'enveloppe, plus vers son père que sa mère donc c'est lui qui la prend et qui l'ouvre. D'un coup, il se met à pleurer. Sa femme se penche vers lui et lui demande s'il va bien, il acquiesce de la tête.
-C'est vexant papa !
Il lève la tête vers sa fille, il se lève et la prend dans ses bras. Il montre des tickets à sa femme, elle a l'air si heureuse elle aussi. Fleur se sent bien.
-C'est très vexant papa, tu n'as pas pleuré quand je t'ai dit que j'étais enceinte.
-On ne pleure pas pour ça.
Elle croise ses bras pour le bouder jusqu'à ce que sa mère lui parle.
-Chérie, tu as dû les payer une fortune ?
-Ce n'est pas grave. Je vous devais beaucoup d'argent, ça rembourse.
-Mais il n'y a que deux places.
-Je ne veux pas y aller, allez-y tous les deux, vous le méritez.
Deux places pour aller voir le PSG qui joue dans la soirée. Elle s'était arrangée pendant le début de semaine pour récupérer ces places. Elle ne les avait pas payées beaucoup plus cher que le normal, il en restait. On lui avait dit que c'était rare qu'il en reste à deux jours du match, elle a juste répondu que c'est un miracle et que ces places n'attendaient qu'elle. Elle voulait leur offrir ça comme pour les remercier de ce qu'ils ont toujours fait pour elle, jamais ils ne l'ont abandonnée, que ce soit dans ses études, dans sa vie sentimentale. Elle pourrait en vouloir à sa mère de ne jamais avoir pu encadrer Julien, mais après tout, elle avait raison depuis le début, elle le savait que leur couple n'allait pas tenir, elle n'y croyait pas, le disait à Fleur, mais l'a laissée faire sa vie. Leur offrir ces places, ce n'est pas grand-chose pour Fleur, elle ne pourrait jamais leur rendre la monnaie de leur pièce. Même si elle semble vexée par la réaction de son père, elle le comprend. C'est un fan de football et du Paris Saint-Germain depuis qu'il est gamin, il rêvait de faire partie de l'équipe disait-il, mais il n'a jamais eu le courage de se lancer réellement. Cela fait plus de soixante ans qu'il soutient le club, dans les victoires comme dans les défaites et jamais il n'avait eu l'occasion de les voir jouer, par faute de moyens ou juste de temps. Quand elle était adolescente, elle lui avait demandé pourquoi il ne se faisait pas de petits plaisirs en y allant une seule fois, il lui avait répondu qu'il préférait mettre son argent dans des cadeaux pour elle. Aujourd'hui, c'est elle qui le fait le cadeau. Elle vient taper légèrement l'épaule de son père qui se remet doucement de ses émotions.
-T'as intérêt à mettre tout ce qui est en rapport avec le PSG ce soir, tee-shirt, casquette, short, lunette et tout.
-Tu me connais.
…
Deux heures avant le match, ils se préparent. Fleur s'est assise avec son ordinateur sur la table de la salle à manger, elle attend qu'ils partent, elle ne veut pas qu'ils soient en retard. Elle n'arrête pas de les appeler, ils lui répondent qu'ils arrivent, qu'ils se préparent. Elle les imagine tout excités par leur soirée, ça la rend heureuse, Fleur. Ils descendent les escaliers et se plantent devant elle, ils ont tenu leur pari. Ils sont habillés avec des vêtements et accessoires en rapport avec le club, Fleur rit en les voyant. Ils sont prêts à partir, ils vérifient qu'ils ont leurs places, le plus important. Avant de quitter la maison, elle se retourne et leur dit :
-Si vous êtes filmés, vous faites coucou, même si après je ne vous connaîtrai plus.
-Ne t'inquiète pas, on a une banderole avec écrit « On t'aime Fleur D. »
-Pitié non.
Ils partent, heureux, en riant. Le match est dans longtemps, elle a le temps d'allumer la télé, elle lâche son ordinateur pour monter à sa chambre. Tom Cruise la regarde toujours. Elle lui sourit, stupide habitude de l'adolescente qu'elle était. Elle ouvre son armoire, bien vide, elle n'a pas pris le temps de défaire sa valise, elle n'en avait pas non plus l'envie, une semaine ça passe vite, la preuve, on est déjà jeudi et elle repart samedi matin. Faire sa valise l'aurait déprimée alors que là, elle peut prendre du temps avec sa famille et partir au dernier moment. Le dernier moment, oui, elle n'aura pas envie de repartir, surtout seule. Un coup de déprime la prend rien qu'en y pensant alors elle pense à la soirée de folie que ses parents vont passer grâce à elle et elle va mieux. Elle sort de l'armoire un maillot de Paris. C'est un maillot de football qu'elle avait à l'époque où elle sortait avec Julien, lui aussi était fan de foot alors, pensant lui faire plaisir, il lui avait acheté ce maillot. Alors que la plupart des femmes espèrent une bague de leur amoureux, tout comme Fleur, lui se ramène avec un maillot de l'équipe de football qu'il aime. Elle a toujours été entraînée dans le football à cause de sa famille, mais elle n'y a jamais mis tout le cœur dedans. Elle n'avait pas pris ce maillot qui lui rappelait Julien, l'amour qu'il lui portait et qu'il lui porte plus. Mais aujourd'hui, elle va mieux, elle se sent prête à le porter à nouveau. Elle a fait un grand pas. Elle n'hésite plus, elle sait qui elle veut et ce n'est pas lui. Elle enlève son tee-shirt, celui qu'elle avait mis ce matin, elle le porte jusqu'à la panière à linge qu'il y a dans la salle de bains et elle met le maillot. C'est le maillot rouge du PSG, elle adore cette couleur donc c'était celui-là qu'il lui a offert. Dans son dos, il est inscrit le nom « Ibrahimovic », par contre là, c'est juste le joueur préféré de Julien, car elle n'en avait pas. Il voulait qu'elle ait aussi son Ibra lui avait-il dit. Pour se donner du style, elle rentre son maillot dans son jean à l'avant et le laisse ressortir dans son dos. Elle sait que personne ne la verra, mais on ne sait jamais. Elle retourne au salon, allume la télévision et commande une pizza. Seule, toujours seule, mais elle se fait des petits plaisirs.
En trente minutes à peine, un livreur sonne à la porte du domicile et lui donne sa pizza, elle le paie et retourne au coin salon. Elle pose sa pizza sur le canapé, prend son ordinateur et s'assoit dans le canapé. Elle est à l'aise, elle surfe sur internet en attendant le match et en mangeant sa pizza, une savoyarde comme elle les aime.
Le match commence, elle n'a pas changé de position, elle s'est juste levée il y a quelques minutes pour aller chercher deux bières au frigo. Mais elle est revenue se remettre à la même place, exactement la même place, pile en face de l'écran. Elle espère qu'ils vont filmer le public, elle espère voir ses parents, elle espère voir la petite banderole de ses parents. Rien, rien ne se passe, elle regarde juste le match, essaie de suivre qui a le ballon, mais elle n'arrive jamais reconnaître qui est qui. Elle se concentre à nouveau sur son ordinateur, comme beaucoup de gens, elle publie sur son mur Facebook qu'elle regarde le match du PSG, avec un petit commentaire pour soutenir son équipe. Sur sa publication, quelques minutes après, apparaît un commentaire, elle clique sur la notification, lit le commentaire. Ce n'est que quelqu'un qui est pour Paris, tout comme elle. Rien d'anormal vu qu'elle a beaucoup d'amis Facebook de Paris, sauf que là, c'est une personne inconnue, le nom ne lui dit rien. Elle regarde le profil de la personne, un compte abandonné, délaissé qui refait surface depuis peu. La dernière activité date d'il y a trois ans et le statut ne comporte qu'une bague. Le pseudo et 'H. Granger', Granger ne lui dit rien. Devant son écran, elle hausse les épaules, tant mieux si cette personne est pour Paris. Puis elle fait marche arrière, elle revient sur le compte de S. et remarque que cette personne habite en Angleterre. Bizarre de supporter une équipe française lorsqu'on n'habite pas en France, surtout dans un tournoi international face à une équipe anglaise. Une nouvelle fois, elle hausse les épaules et aime le commentaire.
Le match joue, Paris a du mal, Fleur n'arrête pas de souffler devant sa télé, elle aimerait que l'équipe gagne vu que ses parents sont au match. Dans un coin de sa tête, elle n'a pas oublié le commentaire de S., elle ne comprend pas pourquoi elle a aimé sa publication, comment elle est arrivée jusqu'à elle. Elle revient sur sa publication, plusieurs de ses amis, on aimait, l'un d'entre eux ne s'est pas privé de mettre un mauvais commentaire sur l'équipe. Elle le connaît, il le fait exprès vu qu'il est pour l'équipe que Paris a éliminée au match précédant. Elle lui a simplement répondu avec l'emoji du caca. En fixant le commentaire de cette S. elle décide d'y répondre.
Fleur Delacour : Pronostic ?
H. Granger : Je ne sais pas, je n'y connais rien en foot, c'est juste mon mari qui regarde mais, j'avoue que c'est mal parti pour Paris.
Fleur Delacour : Votre mari est parisien ?
H. Granger : Non, il n'aime pas la ville de Liverpool.
Ça décroche un sourire à Fleur derrière son écran. Elle n'avait pas fait attention à la photo de profil, un couple de jeunes mariés de dos. Impossible pour elle de mettre des noms sur des dos. S. n'a pas désactivé les messages privés des inconnus, Fleur lui envoie un message, ne voulant pas polluer ses commentaires.
Fleur Delacour : C'est nul de subir le football à cause du mari.
H. Granger : Pourtant, vous semblez aimer le regarder.
Fleur Delacour : Maintenant oui, car il n'y a plus le mari.
H. Granger : Désolée pour ça.
Fleur Delacour : Il n'y a pas de quoi l'être, c'est mieux maintenant.
H. Granger : Je ne sais pas ce que je ferais sans mon mari.
...
Une nouvelle soirée seule, elle devait s'occuper Hermione. Pour la première fois, elle ne voulait pas la passer à pleurer, ni à se morfondre sur sa solitude alors elle a allumé son ordinateur. Rien de plus normal, mais alors que d'habitude, elle regarde un film en streaming, ce soir, elle allume un réseau social. Elle n'y a pas mis les pieds depuis trois ans, elle n'y a rien posté depuis ce temps-là. Elle a supprimé tout ce qu'il y avait ici, toutes les photos de son amour qu'elle éprouvait pour lui, toutes les photos d'eux, ensemble, ne voulant pas souffrir en les revoyant. Elle sait où ces photos sont, dans une petite boîte dans sa chambre, il dort même à côté d'elle. Elle a une photo de lui visible et elle n'en a pas besoin de plus. Elle avait juste laissé sa photo de profil, juste celle de leur mariage, eux de dos, se promenant main dans la main dans le parc. Elle adorait cette photo alors elle avait décidé de la garder. Hors de question pour elle de mettre son visage, elle ne voulait plus se voir, et aujourd'hui encore elle ne veut pas. Elle s'en veut toujours autant, elle sait pertinemment que c'est de sa faute. Ce qui la blesse maintenant, ce sont les messages privés qu'elle a reçus et qu'elle n'a pas ouverts. Elle ne voulait pas connaître l'hypocrisie des gens. Peu de personnes s'étaient déplacées pour la voir physiquement, pour savoir comment elle allait et ce n'est pas avec un message privé Facebook qu'elle allait se sentir mieux, elle s'en fichait que Marvin regrettait la mort de son mari, que Marie lui enverrait des fleurs, des fleurs qu'elle n'a jamais reçu. Elle supprime tous les messages, ne prend pas le temps de les lire, elle s'en fiche, elle ne parle plus à la plupart, pour ne pas dire tous. Elle hésite même à les supprimer de sa liste d'amis, quitte à se trouver seule, ça ne changera pas de sa vie réelle. Elle regarde la liste de noms qui défile devant ses yeux pour que son regarde s'arrêter sur celui de l'homme qu'elle a aimé « Jeremy Granger ». Elle sourit en voyant sa photo de profil, elle a été prise un soir, quand ils regardaient un film à la télé, mais qu'ils ne le trouvaient pas intéressant. Ce soir-là, elle rêvait d'aller dormir dans ses bras, mais lui, même si il s'ennuyait voulait connaître la fin alors ils avaient pris une photo d'eux, Hermione avait le regard fatigué, mais lui, il était amoureux de cette photo, de cette fille alors il l'avait mis en photo de profil. Hermione l'avait boudé pendant plusieurs jours, à l'époque, elle pensait qu'elle pouvait le faire, au pire ces jours seraient rattrapés dans leur avenir, aujourd'hui, elle regrette de ne pas avoir profité de lui pendant ces quelques jours, elle les avait perdus à jamais. On ne rattrape jamais le temps perdu surtout quand l'avenir qu'on avait prévu ne se déroulera jamais. Elle clique sur son profil. Son compte a été abandonné, seuls des messages qui le regrettent sur la page, elle soupire, là aussi ce ne sont que des hypocrites. En regardant les noms, elle se rend compte que certains n'ont aucun scrupule. Ils avaient fait de la vie de Jeremy un enfer, mais ils osaient tout de même écrire sur un réseau social que Jeremy lui manquera.
Elle revient sur son profil à elle, encore message de soutien et elle en était heureuse. Juste ce post pour célébrer le jour de mariage avec une bague. Ils avaient prévu de mettre des photos pour montrer leur amour au grand jour, mais ils n'en ont pas eu le temps, la vie les a détruits avant qu'ils le fassent. En ouvrant ce réseau, elle n'avait pas envie de voir ses messages privés, ni son profil, elle était juste curieuse, curieuse de taper le prénom de Fleur dans la barre de recherche. Fleur n'est pas un prénom que tout le monde porte, elle s'est bien dit qu'elle la trouverait. Instinctivement, elle avait tapé qu'elle habite en France et un profil était apparu. 'Fleur Delacour' Hermione ne connaît pas le nom de la blonde, mais elle connaît très bien son visage et là, c'était elle sur la photo de profil. Elle sourit devant l'écran et clique sur le profil. Elle remarque que Fleur est le genre de personne qui n'a rien à cacher, elle déroule le profil, il n'y a que très peu de photos d'elle, très peu de posts, car elle avait sûrement rien à dire. La dernière date de quelques minutes, elle regarde le match de Paris. Hermione ne s'intéresse pas du tout au football et Jeremy n'aimait pas particulièrement ça, il avait l'habitude de regarder que lors des grands événements tels que les Jeux olympiques. Elle a envie de lui mettre un commentaire sur la publication, elle veut montrer qu'elle est là sans que Fleur se rende compte que c'est elle. Mais elle doit avouer que Fleur lui manque, qu'elle aimerait qu'elle soit à Londres pour que Hermione ne soit pas seule. À nouveau, elle avait trouvé une petite joie de vivre, cette jolie blonde qui avait l'air perdu dans sa vie, qui avait besoin qu'on l'aide autant que Hermione en avait besoin de son côté. Elle s'amusait à penser à deux femmes larguées dans la vie, qui s'aident comme elles le peuvent et qui finalement s'en sortiront. Elle s'imagine s'en sortir, être à nouvelle heureuse avec quelqu'un, oublier Jeremy le temps d'un instant, l'oublier sans jamais arrêter de penser à lui. Elle sait très bien qu'il lui est impossible d'oublier quelqu'un qu'elle aime et que la mort lui a pris.
Alors, elle écrit simplement « allez Paris », derrière un nom d'anonymat, les mots venaient facilement. Elle est déçue quand Fleur ne lui répond pas, qu'elle aime juste le commentaire, le nom d'une inconnue a dû la gêner. Mais finalement, pas tant que ça, car Fleur vient par messages privés. Sur ce coup, Hermione en connaît plus sur Fleur que Fleur sur cette H. Granger. Une conversation qui pourrait convenir à des hommes qui passent à une conversation de femmes. Hermione a beau remonter la discussion, elle n'arrivait pas à savoir à partir de quel moment elles avaient jamais de sujet mais elle était bien heureuse, elle n'y connaît rien en foot alors elle n'aurait pas pu débattre dessus. Fleur met quelques minutes à lui répondre pour finalement lui demander quelque chose à laquelle Hermione ne s'attendait pas.
Fleur Delacour : Vous commentez des publications comme ça ?
H. Granger : Il faut croire, mais c'est par le hasard que l'on fait les plus belles rencontres non ?
Elle ne sait pas d'où elle sort cette phrase, c'est comme si elle l'avait lue dans un livre alors que non. Elle espère ne pas faire fuir Fleur, mais non, elle réattaque avec une nouvelle question.
Fleur Delacour : Une rencontre dont je ne connais même pas le nom.
Hermione ne sait pas quoi lui répondre, elle ne peut pas lui répondre son vrai prénom, Fleur comprendrait qu'il s'agit d'elle. Elle réfléchit quelques minutes avant d'écrire.
H Granger : Ca garde une partie de mystère.
Fleur Delacour : Il y a du mystère que d'un côté, j'ai l'impression d'être nue contrairement à vous.
Le temps d'un instant, Hermione s'autorise à penser à Fleur, à la voir se dévêtir et elle rougit. Elle arrête rapidement sa pensée, elle se lève et va se servir un verre d'alcool. Leur conversation se finit comme ça, Hermione finira par boire plus de la moitié de sa bouteille de vin, elle ira se coucher dans le canapé et s'endormira avec l'alcool dans le sang. Fleur s'endormira elle aussi devant un match qui va vers la défaite du PSG et en ayant marre d'attendre une réponse qui n'arrive pas.
Chapitre 9 : 26 juillet
