Avant propos:

Pilou: Comme d'habitude, et comme vous le savez tous à présent, non, les personnages de JK Rowling ne m'appartiennent pas. (regarde Sirius qui chantonne) Et ben ? T'es de drôlement bonne humeur, toi... C'est de t'entendre être appelé un "con désagréable" qui te fait cet effet ?

Sirius: Ha, ça ? Ben non... en fait, je m'en moque comme de ma première baguette... Je veux dire chacun ses goûts après tout... Ainsi, il y a des gens qui pensent que James est un lapin à lunettes attiré par les carottes, puisqu'il a un sérieux penchant pour les filles à chevelure rousse...

James: Hé ! Je n'ai un penchant que pour une seule carot-je veux dire, fille ! Et c'est Lily !

Sirius: Y'en a d'autres qui n'aiment pas Remus parce qu'ils le trouvent trop poilu ou trop timide... ou alors, ils ne l'aiment pas parce qu'il est ami avec deux dégénérés... Mais bon, c'est la vie, voilà tout... Pis tu connais ma devise. Quand on aime pas, on lit pas. Surtout quand la fic est clairement orientée Sirius x Severus... Vala pour le coup de gueule. Maintenant, passons aux choses sérieuses ! Chapitre huit, nous voilà !


Chapitre 8: Rebelle et fier de l'être !

Severus laissa échapper un glapissement tandis qu'il se retrouvait plaqué contre le mur, les poignets emprisonnés de part et d'autre du corps (1). Le visage menaçant de Lucius se rapprocha jusqu'à ce que l'adolescent puisse sentir son souffle sur sa figure. Ce contact physique lui donna la chair de poule, mais pas autant que le sifflement perçant qui retentit à ses oreilles. (2)

- Alors on fraternise avec l'ennemi ?

Incapable de répondre, Severus se contenta de laisser ses dents s'entrechoquer.

- Tu devrais pourtant savoir que les Slytherins ne fréquentent pas les autres maisons pour une bonne raison… (3)

La prise de Malefoy se resserra sur sa victime, puis il l'envoya rouler à terre. Tentant de se redresser, Severus repéra sa baguette à quelques centimètres de sa main droite. Il eut tout juste le temps de la saisir avant que son adversaire ne le relève par les cheveux.

- Les. Slytherins. Ne fréquentent. Pas. Les Autres. Maisons. (4)

Chaque mot s'accompagnait d'une nouvelle saccade et la douleur fut soudain telle que des larmes perlèrent aux yeux de Severus. TU NE DOIS PAS LES FREQUENTER, TU ENTENDS ! Une dernière poussée l'envoya rouler à terre, avant que sa mère ne se jette sur lui pour le protéger. Il n'osa pas lever la tête, de peur que son père ne prenne cela pour un défi. Il avait l'habitude d'être corrigé. Mais cette fois-ci, les choses étaient allées plus loin, et la correction avait été plus dure. Tout ça parce qu'il avait osé lui parler. A elle. A cette fille au sang impur. Mais elle avait un si joli sourire… et elle s'était adressée à lui, elle avait remarqué sa présence. Et elle lui avait donné un baiser (5). Sur la joue, certes, mais lorsque ses lèvres avaient effleuré sa peau, il avait senti une vague de chaleur l'envahir (6). Il ne savait pas comment son père l'avait appris, mais en rentrant ce soir-là, l'adolescent avait rapidement déchanté. Un coup de baguette l'avait plaqué sur le carrelage, un autre avait fermé les portes derrière lui, lui bloquant toute retraite. Et son père avait frappé. Et frappé. Et encore frappé en insistant sur le fait que Severus était la honte de la famille. Un imbécile. Un-

- … sale traître.

La colère le submergea brusquement, l'enveloppant dans son cocon amer. Personne n'avait plus le droit de lui dire ou de l'obliger à faire ce qu'il voulait. C'était une victoire qu'il avait acquise en obtenant sa lettre de Hogwarts. Son ticket de délivrance. Sa liberté. D'un mouvement preste, il roula sur le dos et détendit ses jambes. Ses pieds frappèrent son agresseur à la poitrine, lui coupant la respiration, et le jeune garçon en profita pour contre-attaquer.

- STUPEFIX !, hurla t'il sans même plus se soucier d'être entendu.

Malefoy s'effondra à terre avec un dernier grognement. Severus essuya le sang qui coulait de sa lèvre avec sa manche. Les yeux de son prisonnier lancèrent des éclairs, et il ricana. Rien ne lui était plus impossible. Il pouvait à sa guise torturer cet imbécile, (7) et personne n'en saurait jamais rien. Il suffisait de faire disparaître le corps après coup (8). Les sortilèges interdits n'avaient aucun secret pour lui. Lors des réunions secrètes, Marvollo Riddle les leur avait montrés, estimant qu'il s'agissait là de sorts vitaux. Oh, non pas que beaucoup de gens aient réussi à les utiliser, loin de là. Il est vrai que certains moldus s'étaient brusquement retrouvés à l'hôpital avec des crampes d'estomac ou des douleurs auxquelles personne ne comprenait rien. Mais lui, il ne s'était pas entraîné sur des êtres humains. Cela lui répugnait (9). Assis dans un coin sombre de sa chambre, le jeune garçon avait pointé sa baguette sur des mouches, prononçant le sort interdit le plus dangereux. Avada Kedavra. Avada Kedavra. Avada Kedavra. Une par une, les mouches étaient tombées, et un sentiment de triomphe l'avait submergé (10). Mais pour les êtres de son espèce, c'était différent. Le seul humain sur lequel il ait jamais envisagé de tester ces formules, c'était… Severus, tu ressembles de plus en plus à ton père. Les yeux tristes de sa mère le fixaient, et épouvanté, il en laissa tomber sa baguette. Il ne voulait pas. Il ne voulait pas ressembler à cet homme-là. Il voulait juste… qu'on lui laisse une chance d'être lui-même.

Un grognement étouffé le ramena à la réalité. Lucius l'observait, le mépris peint sur ses traits. Sans même lui accorder un regard supplémentaire, Severus se baissa pour ramasser son instrument.

- Hé bien, Monsieur Malefoy, qu'allons-nous faire de vous ?

Les yeux de l'interpellé se colorèrent de haine, et l'adolescent sourit. S'il y avait au moins une chose qu'il avait appris chez lui ou encore au contact des maraudeurs, c'était bien comment se forger une carapace et ignorer les sarcasmes. Il agita sa baguette.

- Wingardium Leviosa !

Le corps de Lucius s'éleva de quelques centimètres dans l'air. Plus un peu plus haut. Et encore un peu plus haut. Severus éleva de nouveau son instrument en direction de son adversaire.

- Occulto Memento !

Les yeux de Lucius Malefoy se brouillèrent soudain, papillonnant une seconde, puis se fermèrent pour de bon. Parfait. Il ne se souviendra de rien demain matin. Severus ouvrit précautionneusement la fenêtre, et d'un mouvement du poignet, guida le corps à l'extérieur, où il se retrouva flottant dans le vide. Lentement, avec soin, le jeune garçon fit descendre Malefoy petit à petit, prenant garde à ne pas cogner sa tête contre les moellons du château. Après avoir déposé sa victime sur la terre ferme, Severus ne résista pas à la tentation et eut un dernier coup de baguette, sorte de salut railleur pour l'ennemi. Enfin, il quitta le couloir, le cœur battant, et rejoignit l'infirmerie, où il s'enroula dans les draps, un sourire béat sur la figure. Il ne lui fallut pas longtemps avant de sombrer dans les bras de Morphée.

ooo

- Dites, c'est vrai ce qu'on raconte ?

Curieux, Remus se rapprocha du lit de James sur lequel était vautré Sirius, buvant avec une ferveur non dissimulée les paroles de Dean Stewart, un étudiant de seconde année. James, assis dans un fauteuil près de la fenêtre, lui fit signe.

- Tu connais la meilleure ?, lança t'il, les yeux pétillants.

Essorant vigoureusement ses cheveux à l'aide d'une serviette, Remus répondit :

- Je n'ai pas la moindre idée de ce dont vous êtes en train de parler. Du moins, pas encore (11).

Sirius éclata de rire avant de lui répondre :

- On a retrouvé Malefoy nu comme un ver dans la cour ce matin. Le bienheureux était en train de sucer son pouce…

- … Et le pire, c'est qu'il avait une barbe aussi touffue que celle de Mlle Fluffybeard, la prof d'arithmancie !, compléta Dean, ravi.

Remus adressa un regard interrogateur à James qui secoua la tête (12). Sirius se balança doucement sur le rebord du lit, l'air rêveur.

- Vous croyez que Narcissa l'a plaqué ?, suggéra t'il, un peu curieux malgré lui.

- Ou alors, elle l'a découvert en train de s'amuser avec une autre ?, proposa Dean.

- Narcissa n'aurait pas pu prendre Malefoy par surprise…, estima James. Elle n'est pas assez rapide ou douée pour jeter successivement un sort de stupéfixion, puis un de lévitation et de pousse-barbe. Sans oublier le sort qui a fait disparaître les vêtements de ce pauvre malheureux…

- Malheureux, malheureux, comme tu y vas…, rit Sirius.

Dean sourit à son tour.

- C'est que James n'aimerait pas que la même chose lui arrive avec Lily…

Remus retint un éclat de rire en voyant les joues de James virer à la teinte radis (13).

- Pour ça, il faudrait déjà qu'ils sortent ensemble…

James bomba le torse.

- Lily m'aime, j'en suis sûr !, claironna t'il. C'est juste qu'elle ne le sait pas encore, voilà tout ! C'est bien connu que les filles ont besoin de plus de temps que les garçons pour comprendre ce genre de chose ! (14)

- Je me le demande…

De nouveau, Sirius avait pris cet air vague qui indiquait qu'il était parti sur une planète lointaine. Toutefois, afin de s'en assurer, Remus lui lança sa serviette humide. Celle-ci atterrit en plein sur le visage du jeune homme, et James et Dean se mirent à rire sans plus pouvoir s'arrêter. Sans même prendre la peine de retirer le linge mouillé qui lui collait sur la figure, Sirius se fit menaçant :

- Tu me le paieras, Remus !

Ce dernier haussa les épaules.

- Si tu le dis…

- Je mangerai toutes tes sucreries ! Voilà ! Et je dirai aussi à Trelawney que tu l'aimes à la folie !

James soupira.

- Je me sens plutôt l'envie m'absenter du cours de botanique, ce coup-ci…

- Oh, serait-ce parce que la douce Lily n'assistera pas au même cours que nous ?, railla Sirius tout en laissant la serviette tomber au sol.

James rougit.

- N-non… c'est juste que ça fait longtemps qu'on ne s'est pas faits une petite sortie… entre hommes (15).

Remus sourit. L'aventure le tentait bien, après tout…

- Sans moi…, annonça Sirius tout d'un coup.

James haussa un sourcil, intrigué :

- Diantre, c'est plus grave que ce que j'escomptais… elle t'a bien accroché, hein ?

Sirius se contenta d'un geste vague de la main.

- Peut-être… On verra bien…

- … en cours de botanique, persifla James. Tu pourrais lui faire la technique du cri de la carotte dans le potager… (16)

Remus soupira. Une fille, encore une… quoiqu'il lui fallait admettre que ce coup-ci, elle avait quelque chose de différent.

- Elle est unique, je te dis… tout simplement unique. Y'en a pas deux comme elle (17).

Dean se leva et s'étira, baillant.

- Mission "Séduction dans le potager"(18), si je comprends bien ?

- Ça, et la tête de Lucius… vu qu'ils n'ont pas encore réussi à trouve comment le débarrasser de sa barbe !, répliqua Sirius. Remus, tu es de la partie ?

Remus passa son bras autour des épaules de James.

- Et comment !

ooo

Severus s'était réveillé d'excellente humeur. Il avait dévoré à pleines dents le petit déjeuner qu'il avait trouvé à ses côtés (surtout qu'il y avait de la compote de pommes (19)), fait de nouveau croire à l'infirmière que sa varigole avait empiré et qu'il devait absolument rester en quarantaine, et dévoré un nouveau chapitre de sortilèges dont il comptait bien se servir contre les maraudeurs. Et la rumeur était parvenue jusqu'à lui. Il avait humilié Malefoy. Pour un bout de temps au moins. Et ce dernier ne se rappelait absolument rien. Nada. Nothing. Nichts. Que dalle (20).

Le jeune garçon bondit hors de son lit, enfila jupe et chemise réglementaires, sa paire de ballerines noires, et agita sa baguette pour révéler le miroir. Il utilisa la brosse pour lisser ses longs cheveux noirs, et virevolta pour admirer le résultat. Magnifique. Il était prêt à affronter cette nouvelle journée. L'adolescent jeta un coup d'œil rapide à son emploi du temps. Alchimie, Arithmancie, Botanique pour la matinée. Et deux heures de cours de potions pour l'après-midi. Il sourit. La journée promettait d'être merveilleuse.

ooo

- Tout de même, qu'est-ce qu'on s'ennuie depuis que le Servilus a disparu de la circulation…, soupira Sirius en croisant les bras derrière son dos.

James se gratta la tête:

- Il paraît qu'il a la varigole… et qu'il en a encore pour un bout de temps.

- Je vois…, grogna son compagnon.

Remus préféra ne pas se mêler de la conversation et se détourna pour observer Peter, qui marchait un peu en retrait, la bouche entrouverte, l'air absent (21).

- Hé bien, Peter ? A quoi rêves-tu ?

Peter le regarda, ahuri, puis rougit.

- A-à rien, Remus…

Sirius s'interrompit pour jeter un coup d'oeil au jeune garçon :

- C'est pourtant vrai que ces derniers temps, tu es bien pensif…

- M-mais non ! J-je ne vois pas ce qui vous fait dire ça ! (22)

Mal à l'aise, Peter recula encore de quelques pas, juste assez pour que James s'intéresse à son tour à lui:

- Tu es sûr que ça va ?

- O-o-o-OUI !

Sirius eut un long regard en direction de James qui se tourna vers Remus avec un regard appuyé. Peter leur cachait décidément quelque chose… Il n'y avait pas si longtemps, pensa soudain Remus, ils avaient surpris leur camarade en train de discuter avec Lucius Malefoy… Oh, quand ils avaient demandé à Peter autour de quoi avait tourné la conversation, celui-ci avait rougi, puis avait balbutié quelque chose à propos de devoirs à faire. James lui avait pourtant assuré qu'il n'aurait jamais à faire les sales besognes de Malefoy et de sa clique tant qu'ils seraient là, mais Peter semblait de plus en plus attiré par la maison vert et argent, passant de plus en plus de temps avec eux. Les maraudeurs l'avaient aussi surpris à ricaner à une plaisanterie de Malefoy sur les sangs de bourbe. Plaisanterie à laquelle James avait d'ailleurs rapidement mis fin grâce à un sort d'éclatebubon.

Peter pointa brusquement le doigt en avant:

- Oh, Lily !

- Où ça ? Où ça ? (23)

James avait immédiatement pivoté pour scanner le couloir derrière lui. Effectivement, on pouvait bel et bien distinguer une longue chevelure rousse au fond de celui-ci. Encore qu'il aurait été difficile de dire s'il s'agissait de l'un des nombreux Weasley ou d'Evans. Peu importait. James ébouriffa une dernière fois ses cheveux et piqua un marathon.

- Evans, hé ! Evans !

Médusé, Sirius le fixa jusqu'à ce qu'il disparaisse au détour du corridor. Soupirant, il se tourna de nouveau vers le mur contre lequel se tenait Peter.

- Bien, où en étions-n- Peter ?

Remus haussa les épaules:

- Il en a profité pour filer…

- Pas pour longtemps, grogna son aîné. Et je compte bien lui faire cracher ce qu'il a sur la conscience…

Remus se figea soudain sur place, le souffle coupé.

- S-Sirius… tu crois qu'il aurait..? A Malefoy ?

Une vague de vertige le submergea. La main rassurante de Sirius se posa sur son épaule.

- Ne t'inquiète pas inutilement… je m'occupe de tout.

Avec une dernière pression emplie d'amitié sur l'épaule du jeune loup garou, Sirius s'éloigna, sur la piste du dernier des Maraudeurs. Remus le regarda partir sans pouvoir empêcher un sentiment de malaise de l'envahir. Si Peter s'était montré un peu trop bavard avec Malefoy, Merlin seul savait ce qu'il avait pu lui dire...

ooo

Severus se dirigea rapidement vers la serre. Comme d'habitude, le cours d'arithmancie avait été des plus ennuyeux. Toute cette série de zéros et de uns..., franchement qui pouvait bien s'intéresser à ce genre de choses ? Ce n'était pas comme si être capable d'interpréter ces chiffres allait sauver le monde, si ? Il bailla avant de se diriger paresseusement vers l'édifice de verre autour duquel s'étaient attroupés quelques groupes d'élèves. Repiquer des bulbes, tailler des racines, changer le terreau humide des cactées, merci bien… l'heure promettait d'être des plus ennuyeuses. De plus, il lui fallait supporter les regards et les commentaires grivois de certains de ses camarades, même si d'une certaine manière, c'était assez flatteur d'être brusquement propulsé au centre du petit monde de Hogwarts.

- Hé !

Agacé, il pivota sur ses talons pour expliquer à cet énième individu que non, il n'était pas libre pour sortir ce soir. Et refit immédiatement demi-tour en apercevant une tignasse noire corbeau bien connue déboulant du fond de l'allée. Oh. Mon. Dieu. Sirius ! Il n'était pas prêt à faire face au jeune homme après les événements de la nuit précédente. Et en plus, je suis complètement décoiffé (24)Severus accéléra le pas et disparut au détour d'un corridor, oubliant derrière lui la serre aux vitres étincellantes.

- Mais attends !

Severus accéléra de nouveau en priant que ses oreilles l'aient trompé, et que la personne interpellée ne soit pas lui. Malheureusement, la silhouette séduisante de Sirius lui collait toujours aux talons. Diantre. Black semblait peu disposé à lâcher son os. Il fonça en avant, pour découvrir avec horreur qu'il se trouvait dans un cul-de-sac. Tendant l'oreille, le jeune garçon poussa un gémissement de désespoir. Il ne pouvait pas se permettre d'afficher au grand jour une relation avec un gryffindor alors qu'il n'était même pas sûr de ses propres sentiments !

- Severine !

L'adolescent sursauta à l'appel de ce nom factice. Puis avisa la porte en face de lui. Il n'avait plus le choix. Jusque là, il avait réussi à éviter cet endroit comme s'il avait été infesté de rats porteurs de la peste. Mais de deux maux, il faut savoir choisir le moindre, pensa t'il en voyant une silhouette surgir au coin du couloir. Il ouvrit brutalement la porte et s'engouffra à l'intérieur.

- Sev-

Sirius avisa le couloir vide. Où pouvait-elle donc être passée ? Il fixa la porte en face de lui pendant un long moment. Les toilettes des filles. Combien de chances pouvait-il y avoir qu'elle soit entrée là-dedans ? Devait-il essayer d'entr-

- SIRIUS BLACK ! QU'EST CE QUE TU FAIS DEVANT LES TOILETTES DES FILLES, ESPECE DE SALE PERVERT ?!

Aspirant lentement, il se retourna :

- Oh. Lily. Je me demandais qui pouvait bien crier comme ça.

Elle se planta devant lui, les poings sur les hanches :

- Arrête d'ironiser comme ça et fiche le camp ! Sinon, j'en réfère à la directrice, Mrs McGonagall !

Sirius haussa les épaules, mais la menace fit tout de même effet. D'un geste théâtral, il fit volte face et s'éloigna, se dirigeant vers la serre de botanique en grognant.

Cependant, à l'intérieur des toilettes, tout n'était pas rose pour le pauvre Severus. Il était entré en coup de vent et avait claqué la porte du premier cabinet derrière lui. Par chance, ce dernier était libre, sans quoi il aurait rencontré quelques difficultés complémentaires sur ce parcours du combattant qu'était devenue sa vie au féminin. Reprenant son souffle, il se laissa tomber sur la cuvette, couvercle rabattu et joues en feu. Quelques voix lui parvinrent de l'autre côté de la cloison.

- Devinez qui je viens de voir devant les toilettes, les filles ?

- Hum… un beau garçon, vu ton air réjoui ?

- Sirius Black en chair et en os !

Une espèce de gloussement féminin suivi d'un soupir tonitruant retentit.

- Je l'adore… il est vraiment trop canon.

- Il a tellement de charme…

- Vous vous souvenez de la fois où les Maraudeurs ont teint les cheveux de ce pauvre Severus en rose ?

- Tout de même ! Vous ne trouvez pas que Sirius Black en fait parfois trop ?

- Mmm… peut-être…

Un sentiment bizarre envahit Severus. Alors comme ça, certaines filles le plaignaient ? Toutes ne le détestaient pas unanimement ? Il se leva pour ouvrir la porte et rejoindre ces filles qui peut-être pouvaient devenir ses amies…

- Mais Black a une paire de fesses qui ferait que je serais de son côté même s'il transformait McGonagall en crapaud baveur !

Une centaine de soupirs issue de bouches féminines suivit cette déclaration, puis quelqu'un reprit :

- Au fait ! Est-ce que quelqu'un sait si Black a choisit sa cavalière pour le bal de cette année ?

- Hélas ! je crois qu'il y va avec cette grosse vache de Patty Thompson…

- Je ne vois franchement pas ce qu'il trouve à cette blondasse !

- Moi non plus ! En plus elle passe son temps à se gaver de sucreries ! Elle a au moins pris trois kilos ces derniers jours !

Un second soupir, de désespoir celui-ci, se fit entendre. Bon sang, mais toutes ces filles sont obsédées ou quoi ? (25)Severus soupira à son tour. La vague joie qu'il avait ressentie en entendant parler de lui s'était muée en un profond dégoût à l'égard de la gent féminine, puis en un désarroi certain à l'évocation du bal. Depuis sa première année à Hogwarts, il n'avait jamais réussi à inviter qui que ce soit, être humain, animal, ou plante. Il avait toujours fini la soirée seul dans le cachot qui servait de salle commune aux Slytherins, tandis que les autres s'amusaient dans la grande salle. Ses camarades continuaient à en parler même une fois l'événement passé. Ils détaillaient robes, cavaliers et cavalières qu'un tel ou une telle avait eu à son bras, et les quelques baisers un peu fous qui s'en étaient suivis. Severus s'isolait alors dans la bibliothèque, feignant de ne rien entendre, un sourire de complaisance crispé au coin des lèvres et un sentiment d'amertume lui crevant le cœur. Lui n'avait jamais eu ni beau costume de soirée, ni belle cavalière tournoyant à son bras. Et il s'en fichait pas mal, pensa t'il. Le jeune garçon baissa les yeux sur sa main qui tortillait machinalement ses longues boucles noires. Agacé, il la laissa retomber et tendit de nouveau l'oreille mais seul le silence lui fit écho. Rassuré, il entrebaîlla la porte des cabinets avant de s'approcher du reflet que lui renvoyait la glace fixée au mur. Une fille. Comment pouvait-il seulement espérer inviter une fille, s'il était lui-même une fille ? Je suis quand même pas mal… quand on y pense… les garçons devraient se battre pour moi… petit à petit, une idée germa dans son esprit… tout ceci était la faute de Black, après tout… il n'aurait qu'à s'en prendre à lui-même, voilà tout...


1) James: Very Bond style... (très style James Bond, pour ceux qui parlent pas anglais).

Severus: QUI A PARLE DE BONDAGE ?

Remus: OO

Sirius: Euh... Severus... On parlait juste d'une scène de James Bond, là...

Severus: Oh. Autant pour moi.

(2) Severus: Lorsque Lucius commence à siffler à vos oreilles, vous en avez au moins pour deux jours à entendre des bourdonnements... Et je parle d'expérience...

(3) Severus: Oui, Lucius, je sais. La raison, c'est qu'on les prend pour des imbéciles. Je sais, pas besoin de me le répéter cent fois...

(4) Severus: (grogne) Si il croit que ça va m'aider à mieux apprendre... Dieu merci, je n'ai jamais eu besoin de cette méthode pour mes leçons...

(5) James: Sérieux ? T'as déjà embrassé une fille ?

Severus: Ouaip.

James: Et c'était comment ?

Severus: Mouillé.

(6) Sirius: Ah bon... C'était sur la joue, pas sur la bouche...

Severus: J'ai mal visé, c'est tout ! La prochaine fois sera la bonne ! Voilà !

(7) Severus: Bon sang, depuis le temps que je voulais dire que Lucius est un crétin...

James: ça fait du bien, hein ?

Sirius: Voilà au moins une chose sur laquelle on est tous d'accord...

Severus: Je peux le redire encore une fois ?

James: Mais vas-y ! Je t'en prie ! Un million de fois même, si ça te chante...

(8) James: moi, je dis que t'aurais dû. ça nous aurait épargné un paquet d'ennuis par la suite !

(9) Severus: Nan, pis va trouver un être humain volontaire pour tester des sorts pareils... en plus les mouches, elles, elles sont pas protégées par les droits de l'homme !

James: Et les droits légaux des mouches ? Elles en ont pas ?

(10) Sirius: Severus, t'as reçu une lettre...

Severus: (ouvre sa lettre) Cher Monsieur Severus... blablabla... En vertu des droits qui me sont conférés, je vous déclare coupable d'homicide volontaire sur la personne de trois mouches ? QUOI ?

Sirius: Te l'avais dit, moi, qu'elles avaient des droits de la mouche, ces petites bêtes...

(11) Remus: Mais allez savoir pourquoi, je sens que vous avez encore fait une connerie...

(12) James: Hé non ! C'était pas nous !

(13) James: De toute façon, ça n'arriverait jamais parce que Lily est la femme de ma vie !

(14) James: C'est bien connu que les filles ne savent jamais si elles sont amoureuses ou pas ! C'est pour ça qu'elles font autant de chichis...

(15) Sirius: Entre hommes, hein ?

James: Ben oui ! Entre hommes ! Une sortie virile, entre mecs !

Remus: Qu'est-ce que ce sera le jour où il enterrera sa vie de garçon...

(16) Remus: La technique de quoi ?

James: (tousse) On t'expliquera quand tu auras trouvé une copine...

Pilou: N'y voyez aucune connotation, d'accord ? C'était juste censé être drôle.

(17) Severus: Mon pauvre Sirius... si tu avais su...

Sirius: Je t'aurais pas dragué ! Ou peut-être que si.

Severus: OO

(18) Pilou: Après "L'amour est dans le pré", voici "Mission séduction dans le potager". Notre charmant célibataire a élu quelques candidates avec qui il va passer une semaine enfermée dans une serre remplie de plantes carnivores et affamées. Le but de cette aventure, vous l'aurez compris, est de survivre au danger et le gagnant est le dernier survivant.

(19) Une certaine lectrice amatrice de compote de pommes se reconnaîtra sans doute...

(20) En gros: Que dalle en espagnol (si je ne me trompe pas), en anglais et en allemand. Et en argot français, comme de bien entendu.

(21) Sirius: ferme la bouche, Peter... tu vas gober les mouches, à force !

(22) Peter: C'est vrai, quoi ! C'est pas parce que j'ai fait ami ami avec des Slytherins, que je leur lèche les bottes, que j'ai tagué "A mort Gryffindor" sur un mur, que je vénère les serpents et que je cache une écharpe vert et argent sous mon oreiller que je suis bizarre !

(grand silence)

James: T'es louche, là...

Remus: Et même plus que louche...

Sirius: Attends un peu que je te fasse cracher le morceau...

(23) Sirius: J'étais certain que ça allait marcher... C'est pourtant stupide, n'importe qui d'autre aurait évité de tomber dans le paneau.

Remus: (pointe un lieu au loin) Oh, Severine !

Sirius: Où ça ? Où ça ?

Remus: (soupire) Tel est pris qui croyait prendre...

(24) Severus: C'est les hormones. Rien de plus.

Remus: (suspicieux) Les hormones, hein ?

(25) Severus: Les nanas sont toutes des obsédées... même celles qui le cachent bien.


Pilou: Voilà ! C'est tout pour le moment !

Severus: Fini pour le moment ! Y'a plus rien à voir !

Sirius: Oh, allez... avoue que tu t'es bien amusé, avec ce que tu as fait à Malefoy !

Severus: J-Je ne vois pas de quoi tu veux parler...

James: Il serait quand même temps de passer aux choses sérieuses, là...

Pilou: Les choses sérieuses ?

James: Ben oui ! Quand est-ce que Lily va tomber dans mes bras, transfigurée par l'amour ?

Remus: Tu verras ça au prochain chapitre !

Pilou: Encore merci à tous ceux qui ont laissé un petit mot ! ça fait plaisir, ça motive, et c'est super sympa !