Chapitre 8: Le manque de tact est une spécialité des Potter

Note: Je sais que ça fait une éternité que vous n'avez pas eu signe de vie pour cette histoire mais j'ai pris quelques bonnes résolutions. J'espère qu'elles tiendront au moins plus de deux jours, lol. Sur ce, je sais que vous vous tapez joyeusement de mes déboires d'inspirations mais je tiens quand même à vous dire que j'ai retrouvé le fameux plan de cette histoire donc techniquement, la suite devrait venir plus vite si j'y mets un brin de volonté. Voilà, je ne promets donc pas de date pour le prochain chapitre mais j'essaierais de ne pas attendre quatre mois cette fois Sur ce, je vous aime (encore, toujours et déjà)

Resumé des surnoms et résumé tout court:

James Potter alias James Prince
Lucius Malfoy alias Luc Martens
Sirius Black alias Salim Black
Remus Lupin alias Remy Lorca
Lily Evans alias Lily Edgecombe
Severus Snape alias Seamus Smith
Narcissa Black alias Cissy Black

Sinon, dans les chapitres précédents on constatait plusieurs choses: James et Lily se sont disputés après le match de Quidditch à propos de leur fils. Lucius et Severus aiment se tripoter. Sirius est gay (mais personne ne le sait) et a embrassé Draco Malfoy dans un moment d'ébriété. Remus les as vu, on parie que ca l'a choqué. Severus a eu le coup de foudre pour Luna Lovegood et enfin, Narcissa a appris que Remus était un loup-garou. Et il y a nette anguille sous roche entre la future femme de Lucius Malfoy et le lycanthrope.

Sur ce, j'espère que vous apprécierez !


Au Manoir Malfoy, Narcissa, un verre d'alcool léger à la main lisait la réponse de son fils à sa lettre. Elle aurait souhaité être plus sincère dans celle-ci mais n'avait pu se résoudre à prendre le risque de dévoiler ses réelles pensées aux partisans du Seigneur des Ténèbres. Sa situation était déjà on ne peut plus précaire auprès d'eux. L'intronisation de Draco, elle n'en avait jamais voulu mais sa sœur et son abruti de Maître avaient l'art de faire pression. Elle avait été forcée d'accepter. La mort dans l'âme, elle replia la réponse de son fils qui était aussi insensible que sa propre lettre. En d'autres temps, elle aurait été lui parler personnellement à Poudlard, pour mettre les choses au clair, préparer une espèce d'échappatoire dangereuse et désespérée mais quelque chose la retenait. Elle-même à vrai dire.

Sa jeune homologue, l'idiote qu'elle était encore à dix-sept ans, était à Poudlard et y passait tout son temps. Et elle, la Narcissa agée, se souvenait au fur et à mesure de ce qu'il s'était passé à cette époque. Elle n'avait pas particulièrement envie de se rencontrer. Ni de voir Lucius.

Elle s'en passerait, merci.

Toute cette histoire la troublait. Se souvenir soudain de toute cette période. Se rappeler combien elle était idiote et aveugle. Revivre à nouveau la déception d'apprendre que Lucius était devenu mangemort. Et puis, passer du temps avec Draco à la façon d'une meilleure amie, c'était perturbant. Elle avait même sympathisé avec une morte. Etrangement, elle se sentait honteuse de ne pas avoir pu continuer ce début d'amitié avec Lily. Alors que quelques jours plus tôt, Lily n'avait aucune sorte d'importance pour elle. Troublant.

Sans parler de Lupin. Ça aussi c'était troublant. Franchement dérangeant même. Elle n'était pas sure de vouloir connaître la suite de leur histoire…

Severus Snape jetait un regard absent sur la copie d'un élève stupide. En fait, il n'avait simplement pas envie de regarder vers les élèves de cinquième année. Sans quoi, il finirait par dévisager Luna Lovegood qui depuis trois jours avait trouvé une sorte d'intérêt à ses yeux. Mon Dieu, était-il complètement débile à dix-sept ans pour se mettre à fantasmer sur une écervelée pareille ?

Ou bien fou. Sûrement fou. Il avait honte de lui-même.

Pourquoi fallait-il qu'il se souvienne de tout ça avec une telle précision ? C'était franchement perturbant. Il y avait beaucoup de choses qu'il aurait préféré ne pas vivre. Comme le choc qu'avait ressenti son jeune lui en apprenant que Potter et Lily avait pondu un maudit rejeton. Ou cette conversation avec elle, qu'il avait déjà eu de longues années auparavant et où elle lui disait clairement que rien n'était possible entre eux s'il devenait mangemort. Et maintenant, un coup de foudre sur Luna Lovegood. On voulait sa mort ou quoi ?

Si ce trip malvenu continuait, il se devrait d'aller ouvrir les yeux à son passé. Non mais franchement Luna Lovegood ! Marre…

Remus Lupin referma le livre qu'il était incapable de lire et soupira. Il avait trop de choses en tête avec les souvenirs du Tempus Planicio qui ne cessaient de venir le perturber. Tonks pour qui il avait quelques sentiments depuis un temps, lui jeta un regard inquiet.

- Ce ne va pas Remus ?

- Si, dit-il avec une tête disant le contraire.

La jeune fille, sachant que c'était la Pleine Lune dans peu de temps, n'insista pas et Remus se perdit dans ses pensées. Se souvenir d'évènements nouveaux avec James et Lily était passablement déprimant. Le souvenir de son meilleur ami et de sa femme n'en était encore que plus douloureux surtout maintenant qu'il pouvait aller les voir et essayer de les sauver. Mais à quel prix ? Que se passerait-il s'il changeait le passé et leur sauvait la vie ?

Il savait qu'il ne pouvait pas prendre ce risque et ce, même si c'était extrêmement tentant. Il soupira sombrement et essaya de penser à autre chose. Comme il n'y avait pas grand-chose possible de le détourner de cette obsession, la seule chose à laquelle il pensa fut Sirius. Sirius qui était gay et avait embrassé Malfoy. A présent qu'il pouvait prendre du recul, cette histoire le faisait rire. Mais concrètement, il ne se serait jamais douté que Sirius puisse être vraiment…

Enfin, c'était sans importance. Il se demandait juste comment son meilleur ami prenait ces révélations de son côté. Ces souvenirs, faute d'être particulièrement joyeux, devaient au moins le détourner un peu de ses problèmes actuels.

Et Narcissa…

Ah, il préférait ne pas penser à ça. Pas encore. Il verrait bien quel tour prendrait les choses…

De toute facon il n'avait pas vraiment le choix…

Flash-back

Narcissa, Severus et Remus se regardaient avec un rien d'animosité. Visiblement, l'ambiance ne serait pas joyeuse pour leurs grandes retrouvailles. Remus et Narcissa étaient plus tendus que Severus qui semblait simplement perturbé.

- Dumbledore, commença-t-il, m'a chargé de vous prévenir qu'il était évidemment exclu que nous interférions avec nos nous passé.

- On n'est pas stupides, grommela Narcissa.

Remus lui jeta un regard amusé qu'elle lui rendit. Noir et furieux. Ok, éviter de regarder dans sa direction désormais.

- Lui, l'est, répliqua simplement Severus en désignant Remus.

Et en plus, il était en infériorité numérique.

- Peut-on savoir comment tu vas te débrouiller pour ne pas interférer avec nos homologues passés si tu es leur prof ?

- Il s'agit simplement de ne pas leur laisser l'occasion d'apprendre trop de choses. Pas que je pense que cela puisse changer quelque chose. On se rappelle tous des réponses sur nos parchemins.

- Mais pas des raisons qui nous ont poussé à mettre celles-ci, objecta Remus.

Il se rappelait clairement sa propre réponse qui ne s'était jamais vérifiée.

- Ça n'a aucune sorte d'importance de toute façon, répliqua Narcissa. Il est évident que le présent est et restera comme ça. Essayer de le changer pourrait le rendre plus… Mauvais qu'il ne l'est actuellement.

- Ce n'est pas la peine de me regarder en disant ça, Cissy, s'énerva Remus. Le plus susceptible de vouloir changer son passé, c'est encore Snape.

- Dois-je en déduire que tu considères ma vie comme plus merdique que la tienne, le loup-garou ?

- Sincèrement ? Oui.

- Bon, claqua sèchement Narcissa. Je n'ai ni le temps, ni l'envie de vous écouter vous disputer. Si c'est tout ce que vous aviez à me dire, je m'en vais.

Sur ce, elle s'en alla et quelques secondes plus tard, Remus l'imitait. Encore heureux que Malfoy et Sirius n'avait pas participés à cette petite réunion d'anciens voyageurs, sans quoi elle aurait certainement tourné au massacre général.

Fin du flash-back

Chacun dans leurs cellules, Sirius et Lucius gardaient un silence borné. Chacun d'eux étaient plus que perturbés par les souvenirs qui les assaillaient et surtout, aucun d'eux n'avait l'envie d'en discuter avec le principal concerné. Le blond, parce que quelque chose dans les rapports entre son ancien lui et l'ancien Black le dérangeait sans qu'il sache pourquoi. Le brun, parce que justement, il savait pourquoi. Sans parler qu'il avait joyeusement embrassé le fils de Malfoy. Une bête histoire de ressemblance, vraiment. Bourré, il l'avait un instant confondu avec son père et s'était un peu laissé aller. Quel cauchemar vraiment. Si Malfoy père apprenait un truc pareil, il était condamné. Et puis, c'était quoi cet espèce de relation bizarre entre lui et Malfoy au juste ? Ça foutait les jetons.

Préfèrerait encore ne RIEN savoir.


- Ecoute Potter, mon père et ton clébard de parrain peuvent attendre demain !

James regarda le fils de Malfoy, celui qui les avait tous traînés dans ce cauchemar éveillé, franchir la porte de son dortoir comme s'il n'avait pas bu une goutte d'alcool. Un silence lourd s'installa entre les trois personnes. James évitait le regard interrogateur de Black et essayait désespérément de capter celui de Potter… Enfin de Harry… Comment était-il sensé l'appeler, hein ?

Le regard de Potter croisa enfin le sien, et James ne put se retenir de penser qu'il avait les yeux de Lily. Avant de se donner une claque mentale et de demander :

- De quoi il parlait ?

Clébard. L'allusion à un Sirius parrain de Potter et surnommé clébard, ça ne pouvait être qu'une allusion à son meilleur ami !

Ou ex-meilleur ami, si on va par là…

Flash-back

C'était après le match amical entre les Serpentard et les Gryffondors. En plus de déprimer pour son énième dispute avec Evans, James s'ennuyait. Et il sentait que Sirius aussi s'ennuyait. Depuis trois jours, ils n'avaient pas fait de blagues, emmerdé personne et s'étaient tenus comme de sages petits Poufsouffles. Il soupira une énième fois avant de se lever brusquement et de demander à son meilleur ami, oubliant momentanément qu'ils étaient en froid :

- Balade dans la forêt interdite, Padfoot ?

Sirius lui avait jeté un regard étonné avant de regarder l'horloge (montrant que le couvre-feu était encore loin d'être passé) et se leva lui aussi avec un sourire aux lèvres.

- Allons-y Prongs.

Ils parlèrent en rigolant, comme avant toute cette histoire de voyage dans le temps et James oublia un instant qu'il allait mourir avant 30 ans. Et il oublia presque la dispute qu'il avait eue avec Lily quelques heures auparavant… Presque.

Lorsqu'ils furent loin dans le parc, et certains que personne ne les regardait, ils devinrent Prongs et Padfoot et partirent à l'exploration de la forêt. Qui se révéla aussi intéressante et dangereuse qu'à leur époque. Ils eurent un grand moment de frisson lorsque Padfoot faillit finir au fond d'un ravin mais en rigolèrent peu après. Voyant que la lune était maintenant haute dans le ciel et que Remus devait se demander où ils étaient (quand votre meilleur ami est un loup-garou, essayez donc de ne pas penser à lui en regardant la lune) ils rentrèrent. Malheureusement pour eux, sur le chemin, ils croisèrent Malfoy et Servilus pratiquement occupé à baiser contre un mur. James se sentant sur le point de vomir, ils passèrent rapidement leurs chemins. James remarqua alors que son meilleur ami tirait une gueule jusque par terre et lui demanda s'il allait bien :

- Mouais mouais, répondit l'aîné des Black avec une tête disant le contraire.

L'attrapeur supposa que comme lui, Sirius était dégoûté au possible par la vision de Snape embrassant à pleine bouche Malfoy. Il lui fit dont part de son dégoût personnel :

- Putain, la vision de Servilo avec… Eurk ça devrait pas exister des trucs comme ça…

Sirius s'arrêta et le foudroya du regard. Or le regard d'un Black en colère fait peur. James recula inconsciemment.

- Quoi ?

- T'entends quoi par « Ça devrait pas exister des trucs comme ça » ?

James lui jeta un regard perplexe. Sirius ne voyait pas ce qu'il y avait d'horrible chez les gays ?

- Ben c'est contre nature quoi… C'est juste pas… pas…

Il se sentit honteux sous le regard de son meilleur ami sans savoir pourquoi.

- Pas QUOI ?! cria ce dernier, furieux. Pas normal, c'est ça ? Et si c'est plus fort qu'eux ? T'as pensé un peu à ce que les homosexuels si peu normaux comme tu dis, doivent vivre chaque jour avec des putains d'homophobes comme toi pour les critiquer ?

James sentant le rouge lui monter aux joues préféra attaquer plutôt que s'excuser.

- Mais pourquoi tu t'énerves comme ça ? T'as décidé de rejoindre la Gay Pride ou quoi ?!

Sirius lui jeta alors un regard blessé que James ne comprit pas, et il laissa son meilleur ami partir restant un peu scotché par leur dispute. C'était la première fois qu'ils se disputaient de la sorte depuis qu'ils étaient devenus amis en première année. Il était secoué. S'il y avait bien un avis qui comptait pour lui c'était celui de Sirius et ce dernier le traitait de « putain d'homophobe » mais c'était pas de sa faute s'il était dégoûté par les gays. Hein ? Le principe de deux hommes ensemble le dégoûtait par définition. C'est vrai quoi, c'était normal comme réaction.

Il erra un long moment, pestant contre le monde entier avant de retourner au dortoir. Il avisa alors Remus qui sortait de la chambre de Lily. Il aurait bien fait une crise de paranoïa mais connaissant Remus, il était surement allé lui parler pour s'excuser du comportement de James. Comme s'il ne faisait que connerie sur connerie ! Les amis, c'était pas fait pour se soutenir ? Apparemment les siens passaient plutôt leur vie à dénombrer ses défauts… Et puis merde, il n'avait rien fait de mal à ce match. Juste donné son avis sur la performance pathétique de Potter au Quidditch.

- James ? T'as l'air abattu, dit Remus, inquiet.

James éluda l'affirmation en lui lançant d'un air offusqué :

- Remus ? Tu fais des trucs avec Evans ?

- Mais non, protesta-t-il surpris.

- Alors qu'est ce que tu foutais dans sa chambre ?

- J'espérais que Black y serait, dit-il malgré lui.

En voyant son meilleur ami rougir, l'attrapeur eut un sourire moqueur.

- Alors comme ça tu veux te faire la cousine de Padfoot, hein…

- James ! s'exclama son ami, choqué, on s'est juste donné rendez-vous pour discuter tout à l'heure.

- Avec Evans ? demanda-t-il avec un rien de jalousie.

Moony soupira :

- Non, avec Black.

- Donc c'était bien elle qui était dans la chambre.

- Non, c'était Evans.

Silence.

- Alors tu veux te les faire toutes les deux ? J'aurais jamais cru ça de toi, Moony, fit-il soudain avec un air faussement choqué.

- James…

James eut un sourire avant de laisser tomber. Remus le faisait toujours culpabiliser lorsqu'il se moquait de quelqu'un.

- Ca ne va pas ? demanda soudain Moony, inquiet.

Le garçon jeta un regard lourd de reproches au lycanthrope qui l'ignora et répéta sa question. James se laissa tomber dans un fauteuil, tout sourire envolé.

- Me suis disputé avec Padfoot, dit-il d'un air lugubre.

D'ailleurs, il était lugubre. Le monde de cette époque était lugubre et rendaient les gens lugubres.

- A quel sujet ? s'enquit son autre meilleur ami.

James soupira et dit :

- C'est là que je ne capte pas… On a croisé Malfoy et Snape qui… se tripotaient.

Son estomac se noua et il fit la grimace avant de continuer :

- Et j'ai dit que je trouvais ça dégoûtant et là, Sirius a pété un câble et m'a traité d'homophobe avant de partir. Il m'a hurlé dessus pour rien…

Il s'attendait à ce que le loup l'approuve, lui dise qu'en effet Sirius s'énervait pour rien mais à la place, il l'entendit dire d'un ton brusque :

- Mais t'es complètement con, James ?

Et James se sentit tomber plus bas que terre, il se ratatina dans son fauteuil en croisant le regard doré et furieux de Remus.

- Mais… J'ai rien fait… balbutia-t-il pitoyablement.

Un regard froid du loup-garou et il frissonna. Sa voix, elle, lui donna envie d'aller se cacher sous terre :

- Bien sur que si ! Et si tu ne t'en rends pas compte, je crois que ton amitié avec Sirius s'arrête ici. Je vais le chercher.

Et sur ce, Remus disparut. James alla se morfondre dans sa chambre et lorsque la nuit fut définitivement tombée, il se décida et sortit des appartements pour aller à la recherche de Remus et par la même occasion de Sirius. Il ne savait pas encore pourquoi mais visiblement il leur devait des excuses.

Fin du flash-back

Et en fin de compte, il n'avait trouvé personne si ce n'est Potter et la fille Black. Il attendait toujours la réponse de Potter à sa question, bien sur. Et Black aussi. Contre toute attente, le ton de Potter fut très sec :

- Ne me dis pas que tu n'as jamais entendu parler de Sirius Black et Lucius Malfoy les assassins sanguinaires mangemorts ?

Et il laissa en plan sans le savoir l'ex-meilleur ami et la future femme des assassins sanguinaires mangemorts. Ils se regardèrent perplexes avant que James ne déclare d'une voix atone :

- Waoh.

- Ouais, confirma Narcissa, les yeux écarquillés. On peut croire ton fils, Potter ?

- Tu me demandes ça comme si je connaissais forcément la réponse…

- Tu devrais, non ?

- Non, dit-il froidement avant de la dépasser.

- Ou vas-tu ? demanda-t-elle, surement machinalement en le suivant.

- J'ai besoin de marcher, dit-il d'un ton absent.

Elle le suivit en silence.

Était-ce possible ? Était-ce possible que Sirius, son Sirius, son ami, son frère de sang, le trahisse et devienne mangemort ? Qu'ils finissent ennemis ?

- Comment c'est possible ? marmonna l'attrapeur. Comment je peux être trahi par mon meilleur ami ?

- Je suis la femme d'un mangemort, je pense que j'ai plus à me plaindre, Potter, dit sombrement la jeune fille.

- Déconne pas Black, moi je suis mort dans ce présent !

Elle lui jeta un regard étonné avant d'éclater de rire. Il lui demanda sèchement ce qui lui prenait.

- A l'école tout le monde admire les Magnifiques Maraudeurs mais au final, dans le futur, l'un est mort, l'autre est mangemort et le dernier est un loup-garou !

James s'étouffa et lui jeta un regard abasourdi :

- Tu sais pour Remus ?

Au détour d'un couloir, ils tombèrent sur quelques bouteilles abandonnées. James regarda Narcissa s'asseoir tranquillement et en ouvrir une comme si c'était parfaitement normal. Il n'avait pas particulièrement l'envie de noyer cette merveilleuse journée dans l'alcool mais ne voulait pas laisser cette conversation en plan. Il s'assit à côté d'elle.

- C'est Granger qui me l'a dit. Apparemment dans le futur, tout le monde sait. Je me disais bien aussi qu'il était trop souvent malade…

James ne répondit rien et Narcissa ne tenta pas de relancer la conversation. La bouteille se vida bien plus rapidement que prévu avec sa participation. Il avait cédé à l'appel de la bouteille au final. James n'avait pas l'habitude de boire mais cette journée était de loin la plus merdique de toute sa vie et c'était une circonstance très atténuante.

- Et bien, on s'amuse, dites donc ! tonna soudain une voix froide.

L'attrapeur avisa son ennemi juré de vingt ans plus vieux. Professeur surprenant deux élèves à boire bien après le couvre feu. Il retint de justesse le "merde" qui lui brûlait les lèvres. Snape adulte le fixait avec un regard qui ne trompait pas. Il allait en baver. Mais c'était sans compter sur Black qui se releva et dit d'un ton cajoleur :

- Seeeev ? Tu ne vas pas envoyer ta meilleure amie en détention quand même ?

« Seeeev » lui jeta un regard faussement froid et sourit. James failli en perdre les jambes.

- Tant que tu ne fricottes pas avec ce petit merdeux Narcissa, il n'y aucun problème. Tu as bu ?

- Allons, Sev, minauda la jeune fille visiblement assez loin, tu ne vas pas jouer les injustes professeurs, si ? Rappelle toi Bones et sa tendance flagrante à favoriser les Serdaigles. Allez, sois sympa dis, on vient d'apprendre un truc qui… Heeeey, fit-elle soudain, mais tu vas pouvoir nous renseigner toi !

Snape lui jeta un regard réellement froid cette fois qui ne la découragea pas.

- Il parait, dit-elle d'un air conspirateur et atrocement sérieux, que Lucius et mon crétin de cousin sont des assassins sanguinaires mangemorts. C'est vrai ?

- Qui dit ça ? demanda simplement Snape, le visage impassible.

- Potter dit ça ! déclara la jeune femme avant de se reprendre. Enfin le fils de Potter…

- Ah, fit le maître des potions, surpris.

L'ombre d'un sourire sadique naquit sur le visage cireux de Snape et il se pencha vers la blonde (qui ne l'était plus) pour lui dire :

- Laisse moi te dire un secret.

Black se rapprocha de lui, impatiente et James l'imita également, malgré lui.

- C'est ce que tout le monde pense mais en réalité… C'est bien ce qu'ils sont.

Il se redressa et déclara d'un ton redevenu glacial :

- Potter ! Enfin, Prince, retenue pendant une semaine avec Rusard car je n'ai pas envie de me taper ta présence nuisible. Et cinquante points de moins pour Gryffondor. Narcissa, rentre dormir, tu n'as jamais eu une bonne boisson.

Et il disparut comme il était apparu, dans un tourbillon de robes noires. James ne s'attarda même pas sur l'injustice de sa punition. Les retenues, il avait l'habitude. Il proposa galamment à Black de la tenir par le bras sur le chemin.

- Je sais encore marcher, Potter, répliqua-t-elle sèchement en s'éloignant.

- Hey ! l'appela-t-il en la rattrapant, on ne pourrait pas aller voir Dumbledore demain matin pour avoir des infos supplémentaires ?

- Tu as entendu Severus, non ?

Elle chancela et il la rattrapa machinalement. Evidemment, elle le repoussa violemment, furieuse. Décidément, il n'avait plus la côte avec les Black…

- Désolé mais je n'ai pas ta confiance aveugle en Servilo.

- L'appelle pas comme ça, Potter.

Il leva les yeux au ciel. Elle finit par approuver son idée et ils arrivèrent enfin au dortoir. Il attendit devant sa porte qu'elle rentre, espérant peut-être voir Lily en train de se changer mais elle le perça à jour.

- Pervers, je rentrerais quand tu seras dans la tienne.

- Snape a raison, dit-il en se sentant légèrement rougir, tu as vraiment une mauvaise boisson, Black.

oO °o° Oo

- Et bien, en vu de l'état actuel des choses, vous ne pouviez être que mal informés.

- Donc ils ne sont pas mangemorts ? demanda Narcissa, pleine d'espoir.

Dumbledore eut un sourire crispé et croisa ses mains sur son bureau. James eut le sentiment que ce n'était pas aussi simple que cela…

- En réalité, Lucius est bel et bien un mangemort.

La réaction de Narcissa (qui frôlait le néant teinté d'un rien de déception) confirma à James qu'elle s'en doutait. Après tout, ils s'étaient mariés dans le futur donc il était probable que Narcissa connaisse bien son futur mari et ses projets d'avenir. Mais, il s'en tapait royalement, il voulait savoir la vérité sur Sirius. Une petite voix lui disait qu'il devait faire confiance à son meilleur ami mais la plupart de son esprit voulait être certain que Sirius… N'allait pas lui planter un coup de couteau dans le dos.

- Quant à Sirius, à cette époque, il est officiellement mangemort et donc emprisonné à perpétuité à Askaban mais en vérité, Sirius est innocent. Cependant le ministère ne l'entend pas de cette oreille et nous ne pouvons rien pour le sortir de là, légalement, s'entend.

James lâcha un soupir de soulagement. De toute façon, il n'y avait pas cru une seule seconde. Sirius, mangemort ? Fallait vraiment qu'il ait bu pour envisager une aberration pareille…

Conforté dans ses certitudes, il prit congé et alla suivre ses cours comme tout élève normal. Les quatre premières heures du matin furent de loin les plus pénibles de sa vie. Sirius faisait clairement la gueule à James et se tenait résolument loin de lui. Il s'y était attendu bien sur, mais ça l'ennuyait quand même.

Ok, il avait peut-être été un peu violent dans ses propos sur les gays mais bon… En soi, les homos ne le dérangeaient pas tant qu'il ne les voyait pas. C'est vrai les hétéros sont discrets eux, alors pourquoi les homos devraient-ils batifoler joyeusement à tous les coins de couloirs ? Hum, d'accord, les hétéros n'étaient pas particulièrement discrets non plus. Il ne savait pas quoi penser de tout ça et ne voyait aucune raison de s'y attarder. Après tout, il ne connaissait aucun gay mis à part Snape et Malfoy (mais compte tenu des personnages ça ne le concernait absolument pas).

Le truc étrange dans l'exil de Sirius ce matin, c'était qu'il semblait également mettre un point d'honneur à éviter Remus aussi. En fait, les rares fois où leurs regards se croisaient, son meilleur ami rougissait et détournait la tête vivement. James se rappelait que Remus était parti à la recherche de l'aîné des Black. Était-il possible que Sirius soit géné parce que Remus avait vu quelque chose ? Un truc comme Sirius complètement déchiré en train de danser sur une table en chantant une chanson paillarde ? C'était surement un truc du genre, son meilleur ami avait sa gueule des grands soirs.

Cernes et grimaces causées par la gueule de bois ne trompaient pas l'œil avisé de James Potter. Haha ! (L'auteur s'emballe). Et comme de prime, Remus n'était visiblement pas d'humeur à passer l'éponge sur leur discussion de la veille (à quelques jours de la pleine lune, il n'avait pas espéré un miracle) James s'était retrouvé exilé malgré lui, sans amis, sans famille, seul. Et il n'y avait même pas un cours en commun avec les Serpentards pour qu'il puisse observer Lily. C'était franchement déprimant.

L'après-midi, Sirius ne se montra à aucun cours et Remus continua de l'éviter. C'est la mort dans l'âme que James se rendit à sa retenue avec Rusard. Avant leur dispute, Sirius lui avait dit qu'il avait eu une retenue pendant Potions (Remus et James ayant laissé tomber cette option à la première occasion) et il se préparait mentalement à être ignoré pendant toute les soirée. Mais qu'elle ne fut pas son horreur quand il vit Potter, son foutu fils, qui semblait attendre Rusard comme lui. Bien loin des grandes embrassades d'un père et de son fils, ils se toisèrent en silence avant que James ne daigne enfin lui demander ce qu'il attendait.

- J'ai une retenue, Prince. Tu veux quoi ? Non, ne dis rien, je crains le pire. Un autographe ?

James fronça les sourcils. Que dirait Lily si elle entendait son fils ? Il ne prétendait jamais qu'on veuille son autographe LUI et pourtant la rouquine trouvait toujours quelque chose pour dire qu'il était prétencieux mais REGARDEZ SON PUTAIN DE FILS QUOI !

- Pourquoi voudrais-je l'autographe d'un gosse qui est connu parce que ses parents se sont sacrifiés pour lui ? Je trouve ta célébrité morbide, Potter, garde ton foutu autographe.

Peut-être y était-il allé un peu fort. Mais bon, c'était quand même lui le sacrifié, il pouvait bien donner son avis. Potter écarquilla les yeux de surprise avant de sourire. Sourire ?

- C'est la première fois qu'on me dit ça.

Et il était content. Son fils était visiblement dérangé. James resta interdit.

- Je veux dire, c'est ce que je pense aussi mais personne ne semble s'en rendre compte alors… Quand quelqu'un vient me voir en me disant : « Oh je suis vraiment honoré de vous rencontrer enfin, M. Potter. Vous êtes mon héros » j'ai des envies de meurtre. Enfin… Qu'est ce que tu fais là alors ?

- J'ai une retenue aussi, répondit sombrement James, toujours dubitatif.

Il avait peut-être un peu sous-estimé sa progéniture. Après tout, il était à Gryffondor et tout le monde semblait bien l'aimer indépendamment de sa célébrité. Et qui sait ? S'il parvenait à s'entendre avec son fils, Lily le regarderait peut-être autrement, pour changer.

- De qui ? demanda Potter, curieux.

- Servil… Je veux dire Snape.

- Rien d'étonnant donc. Snape déteste les Gryffondors.

- Je crois qu'il me hait un peu plus que le reste des Gryffondors, nota James avec euphémisme.

Potter eut un petit rire avant de déclarer :

- Bienvenue au club. En toute modestie, tu as devant toi son souffre-douleur favori.

James ne prit même pas la peine de demander pourquoi tant c'était évident. Servilo était raide de Lily (SA Lily) à Poudlard et au final, elle l'avait épousé lui. Alors, comment s'étonner que Snape n'aime pas Harry ? En soi, c'était une belle victoire, quand même. Si rien ne changeait, il finirait par épouser Evans. Concrètement, au vu de leurs relations actuelles, ça semblait surréaliste mais vu que c'était déjà fait. Ou sera fait ?

- Au fait, je voudrais que tu m'excuses pour hier soir, j'étais un peu énervé à cause de Malfoy.

- Non, c'est pas grave c'était une question indiscrète, assura James en souriant.

- C'est vrai, admit Harry avec un sourire. Tu sais quoi, Prince ? Je pense qu'on est partis du mauvais pied.

James hésita avant d'hocher la tête et d'affirmer qu'il avait le même sentiment. Son fils et lui ne pouvaient pas être diamétralement opposés quand même…


Une pitite review peut-être? (au fait, ce n'est pas une excuse mais j'étais convaincue d'avoir posté ce chapitre il y a deux ou trois mois. J'ai été choquée de voir que j'avais complètement rêvé ) Kiss à tout le monde!