Woah ! Que dire ? Si ce n'est un grand merci à tous ceux qui ont pris la peine de rédiger un petit commentaire ! Enfin je dis petit… Mais certains se sont lâchés et ça fait d'autant plus plaisir. Sachez que tous vos commentaires m'ont remplie de joie. Moi qui étais sceptique à l'idée de réapparaître aussi subitement et après un tel silence radio… J'ai été accueillie avec un enthousiasme auquel je ne m'attendais pas. Alors, mille mercis. J'ai vraiment été super contente, super heureuse, joyeuse et comblée en lisant vos reviews. Je remercie donc chaleureusement les personnes suivantes :
Toshiro-Hitsugaya222, Thiline, Les-Fictions-De-Niils, Nocturnis-Lepus, Guest, Jeden Fruehling et Anonymus 3 et YukikoKitamura66.
Enfin, je vais répondre aux reviews de certaines personnes. Tout d'abord, Thiline. Je tiens à te remercier de ta review qui, contrairement à ce que tu as dit, est assez constructive. J'ai été enchanté de voir que tu appréciais d'autant plus les personnages maintenant. Et pour ce qui est de la couleur des cheveux de Mephisto… Et bien tu m'as sacrément fait doutée ! Dans plusieurs fanart on le voit effectivement avec les cheveux noirs, mais après vérification, sur la jaquette du tome 4 on voit qu'il a les cheveux d'un dégradé violet. Ouf pour moi ! En tout cas, merci pour ton super commentaire qui, encore maintenant, me fait sourire comme une idiote.
Les-Fictions-De-Niils : Je ne peux qu'être ravie de voir à quel point le chapitre précédent t'a mis dans tous tes états ! Ta bonne humeur est contagieuse en plus ! Je te remercie grandement de ton soutient et de toute l'énergie qui transparaissait de ta review ! Ça fait plaisir ! En espérant que la suite te plaise également.
Nocturnis-Lepus : Si tu savais comme ça me fait plaisir de voir que tu apprécies cette « étrange relation ». J'essaie tellement de faire en sorte qu'elle le soit (étrange), que ça me fait super plaisir que tu le fasses remarquer.
Pour toutes les autres personnes, auxquelles je ne réponds pas personnellement, je ne vous en dit pas moins un gigantesque et puissant merci ! Votre soutient me fait super chaud au cœur ! Je suis vraiment heureuse que mon histoire vous plaise.
Chapitre 7 :
Marché conclu
Il est fascinant de constater à quel point une bonne nuit de sommeil peut vous transformer quelqu'un radicalement. La jeune Haruka sombre et morose de la veille s'était transformé en une femme resplendissante et souriante. D'humeur totalement euphorique, elle alla même discuter avec certains de ses collègues en arrivant à l'académie, chose que d'ordinaire elle ne faisait jamais.
Cette vive joie de vivre manqua de s'envoler quand, en arrivant dans sa salle de classe, elle vit une enveloppe rose poser sur son bureau. C'est la couleur rose qui lui fit perdre son sourire pendant un instant. Cette couleur, à elle seule, était la signature d'un homme -ou plutôt d'un démon- qui lui en avait fait baver plus d'une fois. Quels genres de souffrances allait-elle devoir subir maintenant ?
Cependant, en lisant la lettre, sa bonne humeur revint et s'intensifia même. Un fin sourire étira de nouveau ses lèvres.
Bonjour très chère,
J'espère que vous avez passé une agréable nuit, et que vous vous sentez reposé. Je vous écris cette lettre pour vous prévenir que, ce soir, vous serez dispensé de vos fonctions de surveillantes auprès des jeunes exorcistes. De plus, je n'assurerais pas mon cours non plus. Ne sautez pas encore de joie. J'ai à vous parler, alors, dès que vous aurez terminé vos cours, je vous prierais de me rejoindre dans mon bureau, dans ma résidence.
Bonne journée à vous, et à ce soir.
Pas de surveillance ? Pas de cours du soir ? Cette journée était décidemment l'une des plus belle de toute sa vie. Peu lui importait que Mephisto la convoque. Cela ne durerait sans doute pas des heures. Elle rentrerait alors chez elle se coucher, paisiblement et, une fois de plus elle dormirait profondément d'un sommeil réparateur. Elle poussa un petit cri de joie, alors que ses élèves commençaient à entrer dans la salle.
Ces derniers furent étonnés de voir à quel point leur professeur avait changé en l'espace d'une nuit. Son visage rayonnant, c'était la première fois qu'ils le voyaient. Ils ne tardèrent cependant pas à déchantés et maudire leur professeur quand elle commença à distribuer un questionnaire surprise.
Joyeusement, elle regarda sa classe travailler d'arrache pieds, pianotant de temps à autre sur son portable, et relisant la lettre de Mephisto une bonne dizaine de fois. Voir ainsi ses élèves se triturer les méninges, et lui lancer quelques regards froids et dépréciateurs l'amusa beaucoup. Pendant un instant, elle se surprit même à comprendre pourquoi Mephisto aimait tant la charrier.
Une claque mentale la ramena sur terre. Elle ne pouvait décemment pas penser ainsi. Mephisto était détestable, pas elle.
« Son sadisme est en train de déteindre sur moi… » Songea-t-elle avant de se raviser. « Non, nous n'avons rien en commun. Rien, vraiment. »
Elle se concentra de nouveau sur sa classe, en tentant cette fois-ci de cacher la joie qui l'envahissait depuis que son réveil avait sonné. La tâche fut complexe, et quand la sonnerie retentit dans le bâtiment et qu'elle ramassa les questionnaires, elle fut soulagée. Affichant de nouveau un immense sourire, elle jeta un coup d'œil par la fenêtre en rangeant les questionnaires dans son sac.
Un point blanc dans la cours immense attira son attention. Plissant les yeux pour mieux voir, elle hoqueta de surprise en se rendant compte que son chien était en bas. Fort heureusement pour elle, personne ne semblait l'avoir remarqué. Le canidé se déplaçait calmement longeant l'établissement à l'autre bout de la cours.
« Il a dû me suivre quand je suis partie ce matin » Pensa-t-elle en fermant son sac.
Elle continua à fixer son compagnon domestique jusqu'à ce qu'il disparaisse derrière le batiment. Une légère inquiétude la picota l'estomac.
« Inutile de s'inquiéter. Après tout, ce chien n'est pas à moi. Et puis, si ça se trouve, ses véritables maîtres sont ici… » Se rassura-t-elle.
Mais rien n'y fit. L'idée que son petit chien blanc retrouve ses véritables maîtres l'inquiéta encore plus. Une moue attristée traversa son visage, pendant une seconde. Puis un sursaut de terreur la fit faire un bond en arrière. Ce chien, avec ce ruban rose et blanc… Il ne pouvait appartenir en réalité qu'à une personne. Maudissant mille fois sa stupidité, Haruka déglutit avec difficulté.
- Mephisto… Marmonna-t-elle la boule au ventre.
Ce chien appartenait-il vraiment à Mephisto ? Pourquoi diable ne s'en était-elle pas rendu compte avant ?
« Votre regard doit savoir sur quoi se focaliser. C'est quelque chose qui vous fait horriblement défaut. » Lui avait-il dit. Voilà pourquoi elle ne s'en était pas rendu compte avant. Etait-elle véritablement à ce point aveugle et stupide ? Si telle était le cas avant aujourd'hui, ce n'était maintenant plus le cas. Haruka avait la ferme intention de devenir moins niaise, moins faible.
Bien décidé à ne pas laisser s'envoler sa bonne humeur, Haruka fit tout pour ne plus penser au petit chien de toute la journée. A la fin de ses cours, avant de se rendre au bureau du directeur, la jeune femme se rendit dans la salle des professeurs afin d'y prendre certains documents, notamment une pile conséquente de devoir à corriger. A l'intérieur, d'autres professeurs discutaient entre eux. En la voyant entrer, l'un d'eux vint vers elle et lui parla :
- Bonsoir, commença-t-il en lui tendant la main. Haruka, c'est cela ?
- Hm, répondit la jeune femme en hochant la tête et en empoignant la main tendue.
Elle tenta de dissimuler sa surprise. Son tempérament excessivement timide l'avait rendu presque invisible aux yeux de tous, et jamais elle n'avait pensé un seul instant que quelqu'un l'aborderait avec un tel sourire amical. Mais sans doute sa bonne humeur avait-elle été remarqué quand, le matin-même, elle était venu discuter avec certain de ses collègues.
- Kazuki. Enchanté.
Sa présentation, bien que brève fut ponctué par un radieux sourire. L'homme en question n'était pas plus grand qu'Haruka. Il possédait de petits yeux noisette, un visage carré et des mains incroyablement douces. Ses cheveux, mi-long et soigneusement coiffé encadrait son visage.
- Enchanté. Que puis-je pour vous ? Lui demanda-t-elle réellement curieuse.
- Pour tout vous dire, ce soir, nous organisons une petite sortie entre collègue, dans un bar du coin. Vous souhaiteriez venir aussi ?
L'estomac de la rousse se noua.
- Ah. Ce n'est pas l'envie qui m'en manque, mais je suis attendu ailleurs. Vous m'en voyez désolé. Une prochaine fois, je l'espère.
Le jeune homme, sans doute quelque peu plus âgé qu'elle, sembla déçu un instant avant de reprendre avec le sourire :
- Je l'espère aussi.
Il s'en retourna, sans dire quoi que ce soit d'autre. Elle avait été heureuse qu'on l'invite, mais intérieurement elle remercia le démon de l'avoir convoqué ce soir. A vrai dire, Haruka ne se sentait pas assez à l'aise auprès de tant d'inconnu, quand bien même ils auraient pu être adorables avec elle. Aujourd'hui, elle leur avait adressé la parole, mais allez boire un verre avec eux était encore au-dessus de ses forces.
« Foutu timidité ! » Pesta-t-elle en son for intérieur.
Une fois ses copies en main, Haruka partit en direction de la résidence du démon. Le pas étrangement léger, elle se rendit compte qu'elle ne craignait pas de se trouver face à lui. Pourtant, il s'agirait d'un euphémisme de dire que la jeune femme avait été terrorisée en apprenant la véritable nature de son directeur. Mais là, son cœur battait tout à fait normalement. Elle ne craignait pas de se trouver seul avec lui. Pour une fois.
En arrivant devant la grande porte de bois de la résidence de Mephisto, elle ne put que s'extasier devant la splendeur du jardin et la fontaine qui y trônait. Haruka savait son directeur riche, mais jamais elle n'avait imaginé un jour se trouver dans un jardin avec une fontaine.
Un domestique lui ouvrit la porte et l'invita à entrer dès qu'elle eut décliné son identité. L'homme en question semblait avoir la quarantaine. Mais ce qui attira le plus l'attention de la rousse fut sa fantaisie capillaire. Presque identique à celle de Mephisto, le domestique possédait lui aussi une spirale de cheveux. Cependant, la sienne était collée contre son front.
La demeure était tout bonnement magnifique. Haruka se croyait au beau milieu de l'un de ces châteaux typiquement européens qu'elle avait déjà vu à la télévision. A quel point Mephisto était-il riche ? Elle, il lui faudrait au moins un millier de vie de labeur pour gouter à un luxe pareille. Dans ses vêtements simples à bas prix, elle avait l'impression de ne pas être à sa place.
Et ce domestique qui ne cessait de lui expliquer de quel peintre connu venait tel ou tel tableau, appuyant sur le fait qu'elle marchait sur un marbre venant d'un pays lointain. Il faisait étalage des richesses de son supérieur, non sans une certaine fierté.
Une fois devant la porte du bureau du sadique directeur, le domestique frappa à la porte. Un « entrez » s'éleva de derrière la porte. Haruka pénétra dans la pièce, refermant soigneusement la porte derrière elle, et abandonnant le domestique.
- Bonsoir, chantonna Mephisto tout sourire.
Assis derrière son bureau, il avait les mains jointes, les jambes croisés, et son horrible haut de forme sur les genoux. Haruka s'avança dans la pièce, jetant un coup d'œil circulaire aux différents meubles et tableaux présent. La rousse s'était déjà rendue au bureau du directeur, dans celui se trouvant dans l'enceinte de l'académie, mais celui-ci était bien plus confortable. Nul doute que Mephisto préférait de loin passé son temps ici, dans sa résidence, plutôt que dans son autre bureau.
- Bonsoir, répondit la rousse évasivement, plongée dans la contemplation de l'endroit.
- Asseyez-vous.
La jeune femme s'exécuta, en prenant le fauteuil le plus proche du bureau. Elle ne put retenir un sourire quand son dos rencontra le dossier incroyablement moelleux du fauteuil. Pendant un instant, elle souhaita devenir aussi riche que son directeur, ne serait-ce que pour avoir un fauteuil pareil.
- Puis-je avoir votre attention ?
Se rendant compte qu'elle souriait niaisement, Haruka repris contenance et fixa le directeur devant elle. Il paraissait amusé de ses réactions, non impatient. Pour une fois, il avait troqué son habituel costume excentrique, par des habits légèrement plus sobre. Plus de collant rose et violet, juste un pantalon blanc, une veste blanche et son habituel ruban blanc et rose.
Ces deux couleurs firent tiquer Haruka. Le chien. Il appartenait à Mephisto, cela lui apparaissait comme une évidence maintenant. La rousse n'avait aucune envie que le chien, auquel elle s'était habituée et attachée, ne s'en aille avec son véritable maître.
- Vous paraissez attristée.
- Vous avez un chien blanc, non ?
Mephisto se tut. Enfin. Elle devenait peu à peu moins bête. Tant mieux, les femmes trop stupides n'avaient jamais été sa tasse de thé. Il hésita un instant à lui dire la vérité, mais renonça en imaginant sa réaction. Il était trop tôt pour qu'elle l'apprenne.
- Oui, pourquoi ?
- Il vient tous les soirs chez moi, et repart la journée.
- Cela vous ennuie-t-il ? Demanda Mephisto innocemment en rangeant les documents sur son bureau.
Haruka se calla au fond de son siège, et se racla fébrilement la gorge.
- N-Non… En fait, je m'y suis même un peu habituée.
- Dans ce cas, il n'y a aucun problème. Laissons-le faire ses petits allers-retours entre chez vous et chez moi.
Un sourire illumina le visage de la rousse alors qu'elle fixait ses mains. Elle avait eu peur que Mephisto ne veuille récupérer son bien. Ce dernier nota l'air enjoué de son humaine. Un silence agréable tomba dans la pièce. Le démon n'avait aucune envie de mettre fin à cette ambiance légère, tandis qu'Haruka pensait joyeusement à retrouver son chien ce soir en rentrant chez elle. Mais soudain, la lettre de Mephisto lui revint en mémoire. Il l'avait convoqué, et certainement pas pour lui faire perdre son temps. Quoi que cela ne l'aurait pas vraiment étonnée.
- Pourquoi suis-je ici ? Demanda-t-elle finalement en relevant la tête.
- Nous avons à parler vous et moi de quelque chose d'important. Voyez-vous, afin que les jeunes apprentis exorcistes mêle la théorie à la pratique, nous les emmenons régulièrement sur le terrain pour qu'ils s'acquittent de quelques besognes en lien avec les cours qu'ils ont reçu.
Haruka hocha la tête. Jusque-là, elle comprenait. Mephisto continua :
- Hors, vous, il s'agit de quelque chose qui vous manquera cruellement quand vous serez amené à rejoindre la classe de ces mêmes apprentis. Ils auront une expérience que vous n'aurez pas.
Avec tous ces événements, la jeune femme avait fini par oublier que les cours de Mephisto n'étaient qu'une mesure provisoire. D'ici quelques temps, elle serait envoyée en classe avec des professeurs moins excentrique que le démon. La jeune femme n'aurait su dire, en cet instant, si la nouvelle la ravissait ou non.
- C'est pourquoi, j'aimerais vous emmenez sur le terrain.
Un rire nerveux lui échappa alors que quelques frissons lui parcouraient l'échine.
- Non, répondit-elle catégoriquement un sourire crispé au visage.
- Non ?
Un sourire cruel s'insinua sur le visage de Mephisto, aussi cruel que terrifiant. La jeune femme du prendre son courage à deux mains pour faire face à l'homme dont elle connaissait maintenant la véritable nature et identité. Jusque-là, elle n'avait eu nullement peur de lui, mais à cet instant son expression diabolique aurait terrifié n'importe qui.
- E-Ecoutez… M-Moi j-j'ai jamais eu e-e-envie de… de devenir exorciste… J-Je suis pas c-courageuse, j'ai p-pas de force et u-u-une mémoire de poisson r-rouge. Je tiens pas à a-a-aller exterminer d-d-des démons.
- Je ne crois pas vous avoir donné le choix.
- C'est b-b-bien ça le p-pr… problème.
- Dois-je vous rappelez que vous êtes ici parce que vous avez fourré votre nez là où vous n'auriez pas dû ? Dois-je vous rappelez que j'aurais pu être moins clément, et faire en sorte de vous faire disparaître de la surface de la terre ?
Haruka s'aplatit son fauteuil, évitant soigneusement le regard du démon en fixant une des figurines posé sur son bureau. Elle serra les poings.
- J-Je ne veux p-pas passer à l-la pratique. La t-t-théorie me suffit.
- Encore une fois, votre avis ne m'intéresse absolument pas. Soyez mignonne et évitez de me contredire. Les gens qui me contredisent m'horripilent, et vous savez ce que je fais à ces gens ?
Elle n'avait pour ainsi dire aucune envie de le savoir. Son imagination débordante lui envoya néanmoins quelques images mentales sanglantes en tête. Elle se voyait déjà ficelé à une chaise métallique tandis que le démon, une scie à la main, lui demandait quel membre voulait-elle voir disparaître en premier.
- J-J-J'ai p-p-pas… p-peur de vous, bredouilla la jeune femme alors que tout son corps prouvait le contraire.
Elle savait que, loin d'être dupe, Mephisto n'en croirait pas un mot. Cependant, Haruka ne souhaitait pas donner raison à son supérieur. Il avait fait d'elle ce qu'il voulait jusqu'ici, mais là c'en était trop. La rousse n'avait aucune envie de devenir exorciste. Passer à la pratique n'était pas dans ses cordes. Le stress la ferait mourir avant même qu'un démon ne la tue. En apprendre plus sur eux, elle avait trouvé cela enrichissant, mais trouillarde comme elle était, elle n'avait aucune envie de les combattre. Rien que les voir la mettait mal à l'aise.
- Ah, Haruka… Vous m'en voyez navré mais je vais devoir insister en vous rappelant que vous me devez un service.
- Pardon ?
- Je vous ai laissé une soirée de libre, en échange de quoi vous deviez me donner n'importe quoi.
- Vous avez déjà demandé ce que vous vouliez ! S'énerva la rousse avant de se rendre compte de son erreur.
Mephisto avait levé un sourcil visiblement surpris, tandis qu'elle était devenu rouge écarlate. Comment avait-elle pu être aussi bête ! Ce fut dans l'un de ses étranges rêves que Mephisto quémanda son amour, pas dans la réalité. C'est tout du moins ce dont elle était persuadée. Voilà maintenant qu'elle se trouvait dans une situation délicate.
- Vraiment ? Demanda le démon en croisant les bras sur sa poitrine.
- Ah ! N-N-Non… C'était u-u-un rêve… E-Enfin un c-c-cauchemar…
- Comme c'est adorable. Vous rêvez de moi maintenant.
Haruka n'avait jamais autant rougit de toute son existence. La honte lui chauffait les joues comme jamais. Les yeux rivé sur ses chaussures, la pauvre ne savait plus où se mettre sachant parfaitement que son supérieur devait s'amuser de la situation. Mephisto décida de ne pas pousser plus loin la plaisanterie cependant. La raison pour laquelle il l'avait fait venir était sérieuse, et il n'avait nullement de l'énergie à dépenser inutilement à énerver la jeune apprentie exorciste. Qu'il ne prolonge pas ses sarcasmes étonna Haruka.
- Revenons à nos moutons ma chère… Je n'ai pas le temps de m'énerver contre vous, j'ai bien d'autres projets dont je dois m'occuper. Alors faisons un petit marché, vous et moi.
- Quel genre de marché ? Un de ceux où je dois verser de mon sang ? Ou faire un sacrifice humain ?
- Vous avez trop d'imagination… Soupira Mephisto néanmoins amusé de voir à quel point la jeune femme pouvait s'inventer des scénarios effrayants. Le marché que je vous propose repose uniquement sur votre parole et la mienne. Rien de plus.
Restant méfiante, Haruka ne répondit rien, attendant de voir quelles seraient les conditions de leur marché. Face à son silence, Mephisto continua :
- Vous allez faire cette petite excursion avec moi, aller sur le terrain et accomplir la petite mission que je vous aurais donnée. En échange, je ne vous obligerais plus jamais à rien. Vous serez totalement libre de tous vos faits et gestes. Cela me semble plus qu'équitable.
Il prenait un pari risqué en faisant ce marché, mais s'il parvenait à ses fins, alors la jeune femme lui appartiendrait en peu de temps. Cette dernière, bien loin d'imaginer les manigances du démon, réfléchissait à la proposition. Cela lui semblait trop beau pour être vrai.
- Je serais totalement libre ?
- Totalement, répondit simplement Mephisto.
- Je serais libre d'arrêter de suivre vos enseignements le soir ?
- Si c'est ce que vous souhaitez, alors oui.
- Et j'aurais le droit de n-
- Je vous ai dit que vous seriez totalement libre, alors prenez ça au pied de la lettre et arrêtez avec vos questions.
De nouveau, un silence s'abattit entre eux. Plus tendu cette fois-ci que le premier.
« Réfléchis… » Se répétait-elle en boucle. Mephisto ne pouvait faire un marcher comme celui-ci s'il n'était pas certains d'en sortir vainqueur. Mais qu'aurait-il à gagner véritablement en faisant un marché pareil. Haruka n'en avait aucune idée. A plusieurs reprises, elle s'était maudite d'être trop stupide, et une fois encore elle le fit. Il lui semblait si difficile de cerner les attentes de son directeur. En fait, à mesure qu'elle réfléchissait, elle se rendit compte que sa difficulté à cerner le directeur était aussi valable pour toutes les autres personnes de sa connaissance. Shin en était également un exemple. Il l'avait blessé, uniquement parce qu'elle avait été trop stupide pour voir la véritable personne qu'il était.
Mephisto, de son côté, jubilait de la voir ainsi se triturer le cerveau. Il appréciait tenter de deviner ce à quoi elle pensait. Il ne tombait jamais très loin de la vérité.
- Alors ?
- Je trouve votre marché louche… Ça me parait trop simple. C'est quoi l'arnaque ?
- Ce n'est pas parce que je suis un démon qu'il faut douter de moi à tout bout de champs… Râla Mephisto en secouant la tête de manière exagérée.
- Ce n'est pas parce que vous êtes un démon que je doute de vous, mais uniquement parce que je commence tout juste à comprendre un peu la manière dont vous fonctionnez, expliqua la jeune femme sans quitter des yeux le démon.
Samaël fut surpris de ne voir dans ses yeux aucune crainte, alors que quelques minutes plus tôt elle avait tremblé de peur comme une enfant sur son fauteuil. Elle semblait vraiment sûre d'elle. En réalité, Haruka ne l'était qu'à moitié. Tout ce qu'elle savait du démon c'est qu'il était plus intelligent qu'il n'en avait l'air. Et ce marché ne semblait être qu'à son avantage, hors seul un idiot aurait conclu un tel marché. Mephisto n'était pas idiot. Il devait avoir quelque chose en tête.
Cependant, refuser faisait-il réellement partie des options possibles ? Non. Pour son propre bien, tout la poussait à accepter. Tout ce qu'elle avait à faire, c'était remplir une mission et une fois cela fait, elle serait libre de ne plus jamais croiser le regard du démon, de ne plus jamais en entendre parler. Si elle refusait, qui sait ce que Mephisto aurait l'audace de lui faire subir en punition.
- C'est d'accord, ronchonna-t-elle finalement en se levant.
Criant victoire mentalement, Mephisto se leva simplement, le sourire aux lèvres et tendit sa main à la jeune apprentie. Elle s'en saisit, non sans l'avoir jaugé un instant, et le marché fut conclu.
- Bon maintenant, je vais chercher le couteau. Tout marché doit être conclut par un sacrifice ! Qui donc souhaitez-vous voir mourir ?
Haruka blêmit instantanément, avant de s'empourprer, comprenant qu'il s'agissait simplement d'une blague de mauvais gout du pire des directeurs au monde.
Sur le pas de sa porte, Haruka attendait Mephisto. Il lui avait donné rendez-vous devant chez elle, tôt le matin. Le soleil commençait tout juste à poindre à l'horizon, inondant le ciel de couleurs orangés. Les gazouillis de quelques oiseaux matinaux la firent sourire, laissant son angoisse s'estomper légèrement. Mephisto avait tout prévu, pourtant, laisser sa classe au profit d'une périlleuse aventure ne l'enchantait pas.
Dans l'imaginaire de la jeune femme, elle se voyait déjà devoir combattre un dragon. Même si au fond d'elle, Haruka savait bien que Mephisto ne lui rien faire de dangereux. Du moins, elle l'espérait grandement.
A l'autre bout de la rue, elle vit une limousine rose arriver.
« Il aime qu'on le remarque, hein… » Pensa-t-elle alors que la voiture se garait devant chez elle.
Mephisto en sortit, son habituel sourire aux lèvres, et ses yeux vert pétillant de malice. Courtoisement, à la manière d'un gentleman, il invita Haruka à monter dans la limousine, tout en s'assurant que l'on chargeait ses bagages dans le coffre.
Une fois à l'intérieur, la jeune apprentie exorciste fut impressionnée. Elle n'était jamais montée dans un tel véhicule. Sans problème, elle pouvait étendre ses jambes devant elle, sans se soucier d'un possible manque d'espace. Des bouteilles de vin, de champagne ainsi que de jus de fruit avaient été disposé sur une petite table basse.
Lui emboitant le pas, Mephisto entra à son tour dans l'espace clos. Il alla s'installer sur la banquette, à l'opposé de celle où s'était assise la rousse. Aisément, plusieurs mètres séparaient les deux individus.
- Vous êtes bien installée ? Demanda le démon.
Il croisa les jambes, et au lieu de fixer la jeune femme comme à son habitude, son regard se vira vers l'extérieur, au travers de la vitre.
- O-Oui.
« Comment pourrais-je être mal installé dans tout ce luxe ?... »
- Tant mieux. Nous avons plusieurs heures de routes, alors autant que vous soyez à l'aise.
Quand le démon était aussi courtois et poli, Haruka se demandait toujours s'il feintait où s'il s'intéressait vraiment à son bien-être. Bien que la première réponse lui ait toujours parut plus probable, elle gardait espoir.
La voiture démarra, vrombissant faiblement et les paysages ne tardèrent pas à défiler sous les yeux des deux individus.
