Un rapprochement, un cours de tir et une démonstration de puissance à redouter... enjoy it ! ^^


Chapitre 108 : Petits crimes entre amis

"T'as une petite amie, Cameron ?"

La question le fait presque rire. Il a le geste qui va bien. Pas le temps. Peut-être moins l'envie.

Il me raconte alors sa brève aventure avec sa prof de Taekwondo. De bons souvenirs, apparemment.

"Écoute..." se penchant en avant, coudes sur les cuisses. "... je suis prêt à faire le nombre de tours de manège que tu voudras. Je sais que tu sors avec le patron de ma sœur et je ne compte pas le remplacer ou une connerie de ce genre. Alors... faisons comme tu le sens, okay ?..."

Voilà qui est direct !...

Je me penche en avant de la même façon. "Embrasse moi, Cameron."

Il sourit avant de pencher le visage pour venir épouser mes lèvres. Les siennes sont charnues et foutrement douées !...

Le baiser dure un moment.

"A l'allure où je souhaite aller, donc ?..."

"Absolument." souriant, avant d'y revenir pour une nouvel échange, dans la veine du premier.


Le destin nous joue des tours à sa façon !... Voilà qu'un agréable séjour dans un parc d'attraction se profile pour Cameron et moi. Billets et réservation faite par Undertaker lui-même.

"Tu y vas vraiment à fond..." dis-je, presque déçue qu'il ne se batte pas pour notre relation.

Il chantonne, pour toute réponse, préparant le thé.

"Why ?..."

"Oh because I know you." s'approchant avec le service de verres à bec. "I know you very well. And I know him very well too, my Lady."


Je prends le bouton de porte en main, tombant alors sur une voix tout sauf aimable qui s'élève depuis le salon. J'entrouvre discrètement et distingue clairement Cameron faire les cent pas dans la vaste pièce, smartphone collé à l'oreille.

"Fine, Mom, be a whore... Be a drunken whore even. But don't be... a NAGGING. drunken. whore !" frappant de la main à plat sur un meuble.

Ouch ! Ça claque fort !... La voix en est totalement transformée. C'est à glacer le sang de n'importe qui... sauf que moi, cela me procure des frissons délicieux. J'aime lorsque la colère ou la frustration transforme les personnalités, les déformant jusqu'à la folie !... Et avec Cameron, je vais être servie.


Nous voici dans la file d'attente, Cameron placé dans mon dos, mains fermées sur mon ventre, menton posé sur mon épaule tandis que je caresse le roux de ses cheveux drus.

"J'ai entendu ta conversation avec ta mère l'autre jour."

Un soupir, suivi d'un grognement. "Don't mess this day, Love." ouvrant ses lèvres sur ma joue sans mordre.

"Je pourrai peut-être aider..."

Il ricane. "Comment, je me le demande."

"T'écouter."

"Je n'ai pas l'envie de m'étaler sur le sujet."

"Très bien."


La matinée est agréable. Nous flânons, cherchant les attractions les plus sensationnelles.

Cameron semble totalement hermétique aux loopings et autres sensations, se contentant d'esquisser un petit rire, secouant la tête devant les hurlements des passagers.

Dans les files d'attente, Cameron monte la ou les jambes sur les traverses métalliques, câlin à mon égard.

Nous savons tous les deux ce qui nous attend ce soir. Et combien ce sera délicieux.

Nos regards sont de plus en plus explicites à mesure que tourne l'heure. Les mains de Cameron l'expriment à leur manière ; aventureuses sans être offensantes. Ses lèvres cherchent le contact, délicates et parfois vives.

Le hic arrive dans une file d'attente lorsqu'un homme s'empare de ma gourde pour y boire sans vergogne - un merdeux qui se croit intéressant devant ses potes.

"Give that back." d'une voix qui fauche.

L'expression de Cameron vient de changer du tout au tout.

"Hmm ? What ?" le toisant - le mec fait au moins trois têtes en plus et le double du poids de Cameron.

"I said give that back." tendant la main, expression faciale terrible.

"Make me, you little brat." le menaçant ouvertement.

Il rit et saisit Cameron par les épaules, ayant dans l'idée de lui mettre son genou en plein plexus. Grossière erreur !... Cameron contre et le retourne, lui offrant une clé de bras admirablement serrée au point de le faire couiner, récupérant la gourde au passage.

"Who's the boss ?" murmuré à l'oreille à portée avant de relâcher et de lui indiquer de dégager d'un mouvement de menton.

"Huhuhuhu !" revenant me blottir contre lui.


Nous nous embrassons au bord d'une attraction aquatique dont la barge en descente nous éclabousse, nous faisant éclater de rire comme deux gamins.

Puis nous nous offrons une pause pop-corn, installés sur un banc, moi en travers des cuisses de Cameron.

Il s'amuse à lancer le pop-corn en l'air pour l'attraper en pleine bouche - exercice dans lequel il excelle. Je m'y tente, sans trop de succès.

"Je devrais te coller un gage pour chaque coup manqué."

Je le regarde, chatte.

Il ne résiste pas et me gratifie d'un baiser très prometteur.

"J'ai appris ce qui était arrivé à ta sœur. Est-ce cela que tu évoquais avec ta mère l'autre fois ?..."

"Ah... des histoires de famille... évite de fourrer ton nez dedans : ça pue." jouant avec mon menton, y faisant courir ses doigts avant de les appliquer sur mes lèvres.

Il rit l'instant d'après lorsqu'une famille entière se fait éclabousser par les gerbes d'eau.

"The laugh is fabulous. Use that." feulant à son oreille, la gratifiant d'un coup de dent.

Cameron me fixe, lueur dangereuse habitant son regard, rictus soulignant son appétit.

"Tu as... un côté très dark. On ne dirait pas à prime abord..."

"Toi aussi."


La journée se termine et nous rejoignons un des hôtels.

"Ladies first." m'invitant à le précéder dans la salle dans laquelle est posé le buffet.

Je trottine devant lui, me servant copieusement.

"Quel sort me réserves-tu ?..."

"A ton avis ?" du tac-au-tac, amusé par cette question qui n'en est pas une.

Il rejoint ma main, souriant. "Autant de tours de manège que tu souhaites, tu t'en rappelles ?..."

"Oui." regard brillant.

Dans la chambre, nous déposons nos sacs, harassés par la journée.

Une douche chacun et nous voici sur le lit, nous regardant. Je laisse ma main cheminer le long du torse, sur le fin t-shirt clair. Appuyé sur un coude, il observe mes gestes, souriant.

"J'ai toujours eu un faible pour les rouquins..."

"Lucky me, then."

Je remonte dans les cheveux en question.

"J'avoue avoir eu des frissons en t'entendant élever la voix contre ta mère..."

"Je n'en suis pas forcément fier." se laissant filer sur le dos.

Je viens le chevaucher de moitié, souriante. "Tu dois avoir tes raisons." caressant ses joues du bout des doigts, avisant le menton carré et sa bouche généreuse à m'en faire loucher.

Il en rit. "Sers toi."

Je le cherche des lèvres, par pressions légères, qu'il apprécie en abaissant les paupières.

Son étreinte se resserre, m'invitant à venir totalement le couvrir de mon corps. Il se cambre de ravissement, d'un seul tenant, lorsque nos bassins entrent en contact et ma foi... il est déjà d'une fermeté remarquable !...

J'attrape ses mains pour mes rendre captives au-dessus de sa tête et il en sourit, paupières mi-closes, bougeant du bassin sous moi.

Nos bouches n'ont de cesse de se gâter, de s'affamer puis de se rejoindre.

Nos sons montent, emplissant la pièce réduite.

Cameron se libère et me fait basculer sur le dos, montant une de mes jambes sur son épaule, sexe venant caresser l'entrée du mien. J'en geins à chaque contact, redoublant de moiteur.

Il en sourit et se couvre avant de venir me visiter.

Seigneur ! Que ce garçon bouge de manière ahurissante !... Je n'avais jamais vu cela : il se sert véritablement de ses abdominaux : les creusant avant de les solliciter, rendant le mouvement d'autant plus coulissant. J'en hurle presque tant le mouvement est régulier et doux.

Il vient de passer un bras sous mes reins, me soulevant ou me laissant retomber mollement, accentuant à loisir ses mouvements.

L'orgasme me frappe sans que je puisse le contrôler et il s'en régale, souriant, buvant du regard tout ce que je donne, palpitant de délice au creux de moi.

"My turn."

Et les mouvements reprennent, d'un tour plus vif. Il se termine au fond de moi, jouissance vibrante se faisant entendre.

Ces jeux ont duré une grande partie de la nuit... à notre grand délice.


Nous prenons notre pause déjeuner sur la pelouse entretenue du parc puis il repose sa tête rousse sur mes cuisses.

"Je suppose que t'es au courant pour ce que Caroline a subi..."

"Oh, tu parles de ce que lui a fait ton père ?... Monstrueux."

"Oui. Je l'entendais pleurer toutes les nuits... oh, j'étais jeune à l'époque... Que pouvais-je faire du haut de mes neuf ans ?..."

"Rien, Cameron. Rien." caressant le roux de ses cheveux.

"Ce n'est que vers douze ans que j'ai compris et que... je me suis procuré une arme."

"Hmm mmm. C'est donc toi qui as mis fin à cette abomination ?..."

"Une balle en pleine tête. C'était un minimum." regard dur.

"Hu !..."

Je pense en moi-même que son père a été accueilli par Aiacos dans son Tribunal.

"Et ta mère ?"

"Tu l'as entendu. Elle s'envoie en l'air avec n'importe quel mec de passage." avec une moue de dégoût profond. "Elle ne m'a jamais pardonné mon geste même si la justice lui en a expliqué le mobile."

"La famille Valeska est déchirée depuis."

"La famille ?... Hahahaha !" d'un rire terrible. "Ce porc méritait dix fois son châtiment !... Si j'avais été plus âgé, j'aurai encore pris plaisir à le séquestrer et à le torturer." serrant le poing, flammes terribles dansant dans la pupille assombrie par une soif de vengeance implacable.

Okay...

Unhinged. Sadistic. Maniacal. Psychotic. Vengeful. Vicious. Savage. Bonkers. Unrelenting. Homicidal.


"My Lady !..." d'une voix chantante.

Je viens l'acculer contre un rayonnage, l'en faisant rire.

"Doucement, doucement avec les gens de mon âge !..."

"Si tu savais combien je t'aime..." me blottissant entre ses bras qu'il referme autour de moi, m'y berçant lentement.

"Oh j'en ai une petite idée, tu ne crois pas ?"

"Je veux que tu me parles de toi la nuit durant."

Il rit d'autant plus. "La nuit durant ?... Eh bien..."

Il hume mes cheveux, laissant son corps apprécier le trouble que la manœuvre procure, ses longs doigts fins filant entre mes pans.

"Ah, my Lady..."

Je m'attends à la question qui tombe presque aussitôt. "Était-ce bien avec Cameron ?..."

Je hausse les épaules. "Il est adorable mais... je n'ai pas avec lui cette connexion ultime que je partage avec toi."

"Huhuhuhu !" flatté.

"Sa lanterne cinématique doit être passionnante !..." lui adressant un regard pervers.

"Oh, ne me met pas de telles idées en tête, my Lady !..."

"Je comprends mieux pourquoi tu as toujours choyé Caroline. Tu savais... tu as toujours su."

Il me répond par un sourire expressif. "Caro line m'est très chère, en effet. J'ai... regretté le moment où je l'ai transpercée de ma faux. Amèrement."

"Tu réagis au quart de tour dès lors qu'on se mêle à tes petites activités." frétillant des doigts à sa façon.

Il éclate de rire tant je frappe dans le mille.

"Vas-tu poursuivre avec ce cher Cameron ?..."

Je m'approche de sa bouche. "Il me semble plutôt bien parti pour remplacer ce cher B."

"Ton appétit insatiable pour les déséquilibrés de tout poil..." secouant la tête, indulgent.

"Au contraire, je pense que ce sont des êtres extrêmement lucides."


J'ai suivi Cameron jusqu'au stand de tir.

Assurément, ce garçon montre des qualités exceptionnelles !...

Alors qu'il conserve son casque sur les oreilles, je dégaine dans son dos et tire, ciblant proche du mille.

Il se retourne d'un trait pour admirer le Smith & Wesson 357 Python Magnum Model 686 que je tiens de mon père depuis l'époque où je nettoyais au Japon aux côtés de Ryô.

Je m'approche, ouvrant le barillet pour remplacer la balle.

Il dépose l'arceau sur casque coloré sur sa nuque, me fixant.

"Il n'y a pas que toi qui aies des petits secrets, Cameron." tirant une nouvelle fois, dans le mille.


"Au Japon ? Wow..."

"Hmm mmm. C'est aussi là-bas que j'ai rencontré mon maître de katana."

"Ah parce que tu sais aussi manier les lames ?"

Je laisse tomber le haut de mon corps dans l'herbe, tête sur mes bras repliés.

Il vient me surplomber. "Teach me."

"Ah, boy..." caressant son visage et ses cheveux.


J'écarte d'un cran le pied de Cameron. "Ici. D'une ouverture aussi importante que la distance qui sépare les épaules. Appui maximum au début. Toujours. Ne sous-estime jamais la force de détente où tu risques d'avoir des surprises. La main là, tu la montes ici, pour stabiliser celle qui tient l'arme." la plaçant sous l'autre qui tient la crosse. "Utilise ton œil dominant pour le régler sur le réticule avant, le plus important."

"Je vise quoi ? La cible ? Ou le réticule ?"

"Pour un tir ciblé, il faut que le réticule se situe juste en-dessous du point d'impact désiré."

"Okay." rajustant sa visée.

"Ne bloque pas ta respiration. Essaye de tirer juste après l'expiration et avant la nouvelle inspiration."

"Ne malmène pas inutilement la détente ; sois souple, comme pour une poignée de mains. Ne libère pas non plus la détente d'un coup sec après le tir mais demeure un moment dans cette position, te calant sur ta respiration pour le tir suivant."

C'est qu'il est foutrement doué, le garçon !... Le résultat ne manque pas de me surprendre !...

"Belle arme." avisant le modèle que j'utilise.

"Papa est dans le trafic."

Il entrouvre la bouche de surprise.

"Quoi ? Tu m'as confié tes secrets. Je te confie les miens."

"Je ne m'attendais pas du tout à ça !..." rieur.

"Et moi, tu penses que je m'attendais à un mineur abattant son père coupable ? Et qui compte réserver le même sort à sa mère ?" le fixant de manière intense.

Il me renvoie mon regard, me faisant face sans crainte.

"Tu ne t'entraînes pas au tir pour la compétition, Cameron. Tu t'entraînes pour tuer. Parce que tu sais que tôt ou tard, ta mère vous rendra aussi malheureux, ta sœur et toi, que ton père."

"Vache... purée... tu lis en moi comme..."

"... dans un livre ouvert ?... Crois moi, avec un métier tel que celui que j'ai exercé au Japon, on en apprend long sur les tendances humaines."

Il m'attire par la nuque pour un baiser chaste sur le front.

"Pèse malgré tout le fait que tu n'es plus le mineur à qui la justice trouvera des circonstances atténuantes motivant son geste désespéré."

"Ce ne sera pas un geste désespéré mais parfaitement lucide, dont j'assumerai les conséquences. Si elle a l'audace de se pointer ici pour nous réprimander sur quoi que ce soit, je n'hésiterai pas longuement."

"Si je possédais un peu de sagesse, je te dirai de te concentrer plutôt sur ton book et tes rôles d'acteur... au lieu de cela, j'ai envie de te dire, Valeska, que tu portes la mort à la boutonnière. Et que tu la portes plutôt bien."


"Tu l'as rencontré comment ?"

Je sais qu'il parle d'Undertaker. J'en souris, sirotant mon café avant de reposer la tasse.

"C'est lui qui est venu m'aborder à Londres."

Il siffle, attendant la suite avec le sourire.

"Il dit souvent lui-même qu'il n'avait jamais songé à ce que je lui offre tant au moment où il a pris l'initiative de m'aborder."

Et là j'ai envie de lui parler des univers parallèles, à peu près en ces termes : "Tu sais, Cameron, Undertaker est un shinigami âgé de plusieurs dizaines de siècles et toujours aussi fasciné par la nature humaine. Il se peut même que tu fasses partie intégrante de son vaste plan..."

Mais je n'en fais rien. Du moins pas pour le moment. Il n'est pas encore prêt. Peut-être le sera-t-il jamais...

"Comme tu as pu le constater, il sait s'y prendre pour charmer."

"En effet. Il faut aimer le charme à l'ancienne."

"Je ne fais pas mon âge, Cameron." rieuse et pourtant si sérieuse !...

"Tu as l'âge de ma sœur, nan ?"

"Je t'ai dit que je ne faisais pas mon âge."

"Admettons. Et ensuite ?..." curieux.

"Ensuite... ensuite nous avons commencé à nous fréquenter et j'ai pu découvrir son univers très axé sur l'époque victorienne et les corps."

"Ce doit être ça qui plaît tant à ma sœur !..." rieur.

"Cela va faire presque quatre ans que je le fréquente et il recèle toujours autant de mystères."

"Tu comptes tous les percer à jour ?"

"Oh, j'aimerai beaucoup... mais l'entreprise s'avère plus délicate et compliquée que prévue." riant à moitié. "Tellement, tellement de secrets que lui-même s'y perd..."

"J'espère qu'il ne fera jamais de mal à Caroline..."

"Ce n'est pas avec une arme que tu pourras régler le problème cette fois, mon pauvre Cameron." sirotant tranquillement le fond de ma tasse de moka.

Il fronce. "Explain."

"Hmm... Undertaker is a very strong opponent, dear Cameron."


"Pourquoi me regarde-t-il avec de tels yeux, my Lady ?"

"Oh parce que j'ai dû sous-entendre à quel point mon homme est puissant. Et rebelle." lui tombant dans les bras.

"Tu aimes... tant leur faire peur." régalé, cherchant le contact des prunelles incandescentes.

"Je veux être à toi ce soir, Undy. Je veux que tu me fasses crier ton nom à l'envi."

Il me fixe, rabattant une mèche de mes cheveux sur l'arrière. "Tu as... beaucoup bu, my Lady."

"Cela m'arrive parfois, oui." échauffée des joues.

"Je pense que je vais te donner un bon grog avant de te border."

"Naaaan... avant, tu me fais l'amour comme un fou... hihihips !"

Le spectacle l'amuse autant qu'il l'afflige.

Cameron apparaît dans la cuisine.

"Jeune homme, je crois que nous allons regagner notre appart..."

Le cliquetis d'une arme, canon pointé sur la tempe d'Undertaker.

Le regard phosphorescent bascule lentement sur l'impudent, sous la lourde frange.

"Elle m'a dit qu'il fallait plus qu'une balle pour vous tuer."

"Et... tu te sens d'humeur à tester la chose aujourd'hui ?..." sans bouger le moins du monde.

"Pourquoi pas."

J'éclate de rire. "T'es con, Cameron !..." le désignant de l'index, rire alcoolisé à l'appui.

"CAMERON ! TU ES FOU !"

Ça, c'est la voix haute de Caroline.

"Laisse, Caro line." faisant lentement face à l'arme, sans la moindre crainte. "Je ne suis effectivement pas conçu pour périr de cette manière." avisant le poignet de Cameron. "Je suis prêt à t'en faire la démonstration sur le champ."

Cameron le fixe.

"Tu trembles ?... C'est que tu n'es pas encore certain de tes choix, mon garçon."

"Je n'ai aucun mobile contre vous."

"Oh... s'il faut t'en donner un alors sache que j'ai tué ta sœur d'un coup de faux irraisonné et que je l'ai réanimée en employant ma propre science."

Là, c'est moi qui vacille. "Gloups !"

"Vous... mentez !..."

"Veux-tu qu'elle te montre les marques de sa résurrection ?..." avisant Caroline.

Cette dernière fait un pas en arrière.

"Caroline, c'est vrai ce qu'il raconte ?..."

Caroline finit par rejoindre le salon avant de s'installer sur le canapé, dans le noir.

Je glisse contre le meuble et Crevan me retient. "Nous reprendrons cette intéressante conversation une autre fois, si tu le veux bien, jeune homme. J'ai une Lady, quelque peu enivrée, à border dans une boîte de ma fabrication." éloignant le canon de l'arme d'un mouvement lent des doigts.


"Tu... restes..." le récupérant, bras autour de sa nuque fine, l'attirant dans le cercueil.

"My Lady, je ne pense pas que tu sois en état de quoi que ce soit d'autre que de dormir." dit sur le ton de la plaisanterie, sans aucun reproche dans la voix.

"Je ne veux pas... dormir seule."

"Très bien, très bien." se redressant pour se défaire devant le cercueil avant de venir se glisser à mes côtés pour m'étreindre.