Vous vous souvenez de mon 4e drabble ? Vous savez, le lapsus révélateur. Oui, celui-là.
Et bien, Severus est arrivé à une réponse.
Fallait bien que j'y revienne un jour ou l'autre non ?

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Ou question décisive ?

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Les années étaient venues et passées. C'est déjà la septième et dernière année de leur vie à Poudlard, dans quelques semaines ils recevraient un diplôme. Hermione sourit doucement tout en repassant par ses notes, pour se préparer aux examens.

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Quand le Professeur de Défense Contre le Mal avait parlé d'un test physique pour la fin de leurs études, elle aurait aimé que Voldemort ne choisisse pas ce jour pour débarquer avec sa clique.
L'enfer était lâché sur Poudlard et partout fusaient Sorts et Malédictions. Professeurs, élèves, Aurores et Mange-morts, tous luttaient sur les terres entourant le château.
Hermione évita une malédiction et jeta un coup d'œil autour d'elle. Elle avait perdu de vue Ron et Harry. Elle pria intérieurement pour que son meilleur ami aille bien dans sa lutte contre Voldemort. Et que son petit ami ne soit pas blessé mortellement en l'épaulant. Elle esquiva un nouveau jet d'imprécations jetées vers elle avant de renvoyer la faveur et d'abattre l'homme, le clouant au sol sous un Sort Débilitant. Elle se retourna juste à temps pour les apercevoir tous les deux. Son réflexe fut immédiat, le sauver plutôt que de se mettre en sûreté.
Elle visa et lança sa Louange qui engloba l'homme et créa un bouclier d'argent étincelant. Il tourna un regard interdit juste alors que le bouclier l'enveloppait, le protégeant des trois Malédictions jetées sur lui par ses anciens camarades.
Severus Snape n'eut même pas le temps de lui hurler un avertissement, car dans un caquètement cruel, Bellatrix atteignit le dos d'Hermione avec un Sort de Perforation qui traversa son corps de part en part.
Il contempla avec fureur le petit corps s'effondrer, le regard à peine surpris de son élève et son sourire doux qui demandait pardon. Il hurla d'une voix hivernale et agita dans un mouvement large et violent sa baguette. Bellatrix le regarda avec horreur, saisissant ce qu'il faisait.
Protéger par le bouclier, il avait le temps d'achever son Exécration Magique sans risque, un sort grandiloquent mais dévastateur qui demandait néanmoins un certain temps d'invocation et de concentration. Temps que lui avait offert la jeune femme.
Les Mangemorts alentours essayèrent de fuir alors que les autres combattants présents tenter de comprendre ce qui effrayaient leurs adversaires. Il était trop tard. Severus Snape abaissa sa baguette au sol et l'enfonça profondément dans la terre engluée de sang, le bras porta sa marque vers le ciel, brillant furieusement.
Des immenses tentacules noirs surgirent de la boue des combats, perforant dans un bruit sauvage tous les corps portant la marque noire sur un diamètre d'un kilomètre alentours.
Un halètement collectif échappa aux lèvres des témoins présents et épargnés par l'attaque. Les monstruosités noires et visqueuses s'élevaient, tournoyaient, s'entouraient et dansaient dans un mouvement macabre et horrible, réunissant les corps multiples dans une prison de végétation morte et mortelle.

Snape s'écroula au sol en crachant du sang, alors qu'un tentacule, ayant aussi perforé son poignet avec la marque, s'y tortillait férocement. La magie noire employée l'avait vidangé mais il se dit que même s'il mourait maintenant, il aurait emporté tout le monde en enfer avec lui.
Tout le monde ou presque. Entre les tentacules sombres il pouvait voir, malgré sa vision brouillée de fatigue et de douleur, son ex-Maître combattre son jeune némésis.
Il voyait la ligne verte luttant contre la rouge, Priori Incantatum mortel et dangereux. Il luttait pour respirer, il voulait mourir en ayant vu la défaite de l'exécrable serpent qui l'avait asservi jeune. Il remarqua un mouvement sur sa gauche et se retourna brusquement, pestant mentalement pour avoir manqué un ennemi, mais il s'arrêta aussitôt interdit.
Hermione Granger, couverte de boue et de sang, blessée gravement, se traînait lentement vers lui. Elle lui adressa un sourire fiévreux de remerciements nuancés d'adoration.
Il eut, malgré ses dommages et les évènements de la guerre autour de lui, la grâce de rougir devant ces lèvres qui lui dédiaient la plus incroyable des grâces. Il papillonna des yeux.
Elle arriva à sa hauteur, et souleva ses petites mains pour saisir son poignet et en retirer l'épouvantable verdure qui continuait d'y creuser sa mortelle blessure. Elle s'appuya contre lui, dans un soupir.

«Merci Professeur...»

Il n'osa rien dire, se disant que c'était plutôt à lui de la remercier. Il l'ignora sciemment, tournant son regard vers le combat plus loin et plus important, essayant de ne pas songer qu'elle était si chaude et si frêle entre ses bras, là où elle s'était écroulée.
Il vit approcher quelqu'un mais leva sa baguette, indiquant à la personne de reculer. Elle resterait là pour le moment, jusqu'à qu'il sache quel côté gagnerait. La laisser s'éloigner, sans savoir si les choses étaient sûres, serait dangereux. Il serra les dents, se forçant à tenir sa terre, genoux plantés fermement au sol, malgré les protestions de son corps face au poids ajouté.
Et puis soudain, il y eut un éclat et le chant magnifique du phénix. Et ce fut la fin.
Et le début.
Le combat était fini. L'être immonde se consommait dans un feu doré, hurlant d'agonie alors que son âme maléfique se fractionnait en multiples morceaux déchirés pour rejoindre les terres profondes et abyssales des Enfers. Il entendit des hurlements de douleur déchirante et d'agonie insoutenable de la prison végétale qu'il avait créée.
Son bras le piqua, dans une brûlure longue et sourde, mais il comprit soudainement que le tentacule, qui lui avait arraché tant de peau, de chair et de muscles, avait aussi emporté la quasi-totalité de la marque des Ténèbres, le protégeant d'une certaine manière de l'acmé de souffrance causée par la mort de Voldemort qui, en même temps que son âme s'embrasait, carbonisait une part de chacun de ses domestiques avec lui.
Cette marque avait toujours était une malédiction, renifla-t-il dans le mépris, en serrant les dents à s'en écailler l'émail, sous la torture prolongée.
Il sentit des petites mains saisir son bras blessé et le cajoler vers un giron doux et accueillant, alors qu'un souffle régulier et le mouvement caressant de lèvres se mouvant dans une incantation silencieuse bouger juste contre sa jugulaire.
Le mal s'atténuait peu à peu pour devenir un éclat froid plus irritant que blessant.

Il inspira longuement et lentement, humant l'air corrompu de sang et de magie alentours, pour se maintenir conscient.
Dans un grognement soudain, il dégagea son bras et le glissa sous les jambes de sa compagne de combat. Il serra les dents fermement, et avec une volonté implacable, posa un pied, devant lui, et se releva, soulevant avec lui le corps affaibli d'Hermione Granger.
Il devait l'amener à Pomfresh ou un autre guérisseur, et vite.
C'était une chance qu'elle soit vivante et il ne devait plus perdre une seconde.
Des mains se tendirent pour l'aider, lui prendre son fardeau mais, bien que sachant que l'ennemi était décimé, il ne put faire confiance à ses visages étrangers ou fatigués, aussi épuisés que lui. Elle l'avait sauvé, et elle lui avait permis de sauver d'autres, il pouvait la porter jusqu'à un médicomage. Il avança, un peu précaire, mais résolu.
Elle s'accrocha dans une grimace de douleur à son cou.
Il sentait le sang suintant du haut de sa poitrine et de son dos s'écoulant contre sa robe et le bras qui la tenait dans le dos.
Elle allait mourir d'une hémorragie s'il ne se dépêchait pas.
Il traversa un charnier de combattants, Lumière et Ténèbres mêlées, arrivant vers l'orée de la Forêt Interdite presque exempte de corps. Il s'arrêta soudain.

«Pro... Prof'ss'r...» Bredouilla la brunette, à son arrêt.
«Ne regardez pas Melle Granger.» Ordonna-t-il, le plus doucement qu'il put.

Ne regardez pas, répéta-t-il dans son esprit alors que ses yeux contemplaient le petit ami de Miss Granger, pantalon baissé, fêter leur victoire entre les bras exaltés d'une Susan Bones vocale.
Mais elle regarda, inquiétée par l'ordre de son Professeur, de peur de voir un de ses amis mort. Pas son petit ami baisant une autre femme qu'elle.
Elle haleta péniblement pour l'air puis ses yeux roulèrent et sa tête fléchit dans l'inconscience. Snape voulut hurler, retirer des points et donner mille heures de détentions aux deux imbéciles qui forniquaient comme des lapins malgré le champ de destruction qui régnait alentours, mais il avait croisé, en marchant, d'autres couples du même acabit, et savait que cette réaction était commune à nombres des vainqueurs qui fêtaient la fin de la Guerre, du Monstre et de la Peur.
Il se détourna violemment et failli en perdre l'équilibre, un vertige assombrissant ses sens.
Il mit un pied devant lui, puis un autre, et encore un... Il ne serappelle plus combien exactement mais il se souvint de s'être écroulé soudain, avec son poids mort dans les bras et puis des voix, et puis l'obscurité douce et consolatrice.

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Il s'est réveillé dans un lit blanc d'hôpital, à son grand déplaisir. Il n'était pas mort et cela le vexa profondément. Il n'avait donc pas le droit enfin au repos?
Quitter cette vie vide et sans intérêt?
Il se démena et se débattit contre les soins des Médisorciers, faisant tout pour leur compliquer la tâche dans l'espoir de mourir malgré tout, mais il n'y gagna qu'un ensemble de sangles pour le maintenir tranquille et allongé.
Il avait été immonde, réduisant à l'état de dépression nerveuse chaque infirmière qui avait pris soin de lui durant les sept jours qui suivirent son réveil.
Et puis un matin, il entendit la porte s'ouvrir. Il fronça les sourcils, prêt à rembarrer vertement la nouvelle idiote venue le garder dans cette vie de misère et mis son meilleur ricanement sur ses lèvres quand elle parla.

«Il paraît que vous avez été tout à fait grognon depuis votre réveil Professeur...»

Sa voix était menue et fatiguée, mais reconnaissable. Il tourna la tête, la seule chose que ces foutues sangles lui permettaient encore pour contempler la brunette fatiguée et frêle qui s'avançait lentement vers son lit en s'agrippant à tous les meubles susceptibles de l'aider à soutenir son poids.

«Melle Granger... vous devriez être au lit!» Ordonna-t-il aussitôt, prenant conscience qu'elle était venue en douce, certainement encore fortement endommagée, dans le but absurde de lui parler.
«J'y suis...» Chantonna-t-elle, taquine, en s'accoudant enfin sur son lit, ses genoux s'écroulantfinalement sous l'effort et faisant tomber son corps vers le sol.

Elle gémit, ne bougeant plus. Severus paniqua. Elle était invisible, désormais pour lui, et il ne pouvait faire aucun mouvement pour s'assurer qu'elle était bien. Quant à appeler les infirmières... il avait tellement fait de faux appels pour les exaspérer et les humilier qu'elles ne répondraient plus à ses demandes. Il grogna contre le personnel incompétent de Sainte Mangouste qui laissait traîner leurs patients les plus fragiles dans les couloirs de leur bâtiment. Une fois qu'il serait debout et en état, il s'assurerait personnellement de prendre le directeur de cette ménagerie à part et de lui dire le fond de sa pensée.
Il pestait encore intérieurement quand il entendit sa petite voix, fragile et précaire.

«Je vais bien... je suis juste... juste un peu désorganisée. Je... J...»

Il y eut un bruit de glissade, indiquant un mouvement, suivit d'un juron faible.

«Hem... je me suis réveillée ce matin d'un coma de trois semaines parait-il.»

Elle eut un petit rire alors qu'il sentit les draps de son lit se tendre d'un côté, indiquant qu'elle y prenait appui.

«Et je n'ai entendu que les papotages incessants des infirmières de votre mauvais caractère depuis...»

Il aperçut soudain le haut d'une tête touffue, et des yeux cannelles rieurs, même si largement épuisés. Il gronda dans le fond de sa gorge pour la forme, mais ne se justifia pas. Ses mains apparurent sur le haut du matelas, puis, il la regarda se concentrer pour prendre appui et se relever, sûrement mais lentement.

«J'ai l'impression de ne plus avoir un muscle en marche dans tout mon corps...» Bouda-t-elle.

Il sourit, narquois, devant son aspect et sa fragilité, devant tout d'elle. Plus encore quand elle s'écroula tête la première contre son ventre. Il sentit le choc, mais il l'avait presque anticipé et ne réagit pas violemment à celui-ci. Elle pesta à nouveau, contre son estomac. Cela le chatouilla agréablement, et quand cette idée traversa son esprit, il ne put s'empêcher de rougir à nouveau.
Il songea à une conversation qu'ils avaient eu il y a longtemps, en cinquième année. À toute l'absurdité de cette situation. Il se rappela le champ de bataille. Avant, après, pendant. Et Ronald Weasley, son petit ami de deux ans qui baisait follement une autre qu'elle, alors qu'elle agonisait dans ses bras. Il sentit la tête se tourner doucement sur son estomac pour le regarder.
Son lit légèrement en pente lui permettait d'avoir une vue de sa figure émaciée par le long sommeil.

«Pourquoi refusez-vous d'être soigné Monsieur?» Demanda-t-elle, avec inquiétude et tendresse.

Il ne répondit pas à la question, il l'observa. Puis il lui sourit, d'une façon un peu tordue et étrange, mais étonnamment bienveillante et chaleureuse.

«Et si je vous le faisais cet enfant Melle Granger?» Interrogea-t-il soudain, revenant à leur conversation, celle qu'ils avaient voulu oublier.

Elle le regarda en rougissant, profondément, ses grands yeux s'écarquillant avant qu'un rire ne s'échappe de sa gorge, secouant en spasmes doux sa tête et le haut de son corps contre l'estomac de l'homme, réveillant profondément en lui l'envie de vivre finalement. Elle plissa des yeux et du nez malicieusement avant de se relever, précairement, puis de se glisser, avec lenteur et difficulté contre son corps.
Une fois que ce fut fait, elle blottit sa tête entre l'épaule et le menton de Severus et soupira tranquillement d'aise.

«Je dirais que je voudrais bien Monsieur.»
«Bien» Fut la réponse tranquille et ferme du Slytherin, avant de déplacer légèrement son menton de manière à lui donner un meilleur accès à la courbe de son cou.

Il sentit son souffle ralentir tandis qu'elle s'endormait, et, en souriant, il suivit lentement sa compagne dans le sommeil.

«Bien...» Murmura-t-il encore une fois en sombrant au repos tranquille.

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fin

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Cette fois-ci, c'est la vrai fin, je pense.
Lis ce qu'elle a écrit ... se planque la tête entre les mains
Mes dieux, ce truc est grave. Mais qu'est-ce que j'ai foutu de mon scénar!
ARGH! Quatre Jours de gastro infernal, quatre jours que je réfléchis à cette séquelle, tout est superbement nette et fonctionne dans ma tête et BLAM!
Voilà ce que je ponds... Je hais les gastros. Je HAIS mon estomac.
va se consoler avec un thé chaud et apaisant

Lied, adoptée par une muse, abandonnée par son neurone à écriture.