Chapitre 8 Départ pour Poudlard

Les 19 jours qui éloignaient Tom et Morgan de Poudlard passèrent plus vite qu'ils ne l'avaient prévu : n'ayant rien d'autre à faire, ils avaient dévoré les ¾ des livres et même commencé à jeter des sortilèges. Tom s'était révélé doué pour beaucoup de matières, il exécutait les sorts avec autant d'aisance et de simplicité que s'il les avait pratiqué toute sa vie ; Morgan n'avait pas cette chance, sa baguette, aussi exceptionnelle soit-elle, ne jetait les sorts que si son propriétaire prononçait correctement la formule et au moindre son et mouvement de poignet prés. Ollivander n'avait pas tort quand il lui avait affirmé qu'elle avait mauvais caractère. En revanche, les effets se révélaient parfois impressionnants : en voulant seulement réparer la poignée démontée de l'armoire, celle-ci s'était retrouvée complètement neuve, en essayant d'ouvrir la porte de leur chambre qu'ils avaient fermé a clef, l'Alohomora avait fini par ouvrir l'intégralité des portes de l'orphelinat, et pour finir, en tentant de jeter un Accio sur une blouse, les autres vêtements l'avaient suivi. Ces accidents avaient bien fait rire Tom mais il prenait toujours la précaution de se reculer à chaque sort lancé par son ami.

Shad, le chaton norvégien de Morgan, s'était révélé aussi amusant que prévu et aimait particulièrement les faire tourner en bourrique malgré ses deux mois : un matin, Tom s'était réveillé le pyjama couvert de poils noirs, Morgan avait trouvé une dizaine de souris mortes au pied de son lit en moins d'une heure, et le deuxième lapin de Billy Stubbs s'était enfui de l'orphelinat après que le chat aie tenté d'en faire son dîner, c'est d'ailleurs ce dernier accident qui plût le plus à Tom, déclarant qu'il était aussi gourmand que son maitre. En revanche, le jour le plus humiliant fut celui où ils durent rendre les objets à leurs propriétaires avec leurs excuses comme l'avait exigé Dumbledore, Morgan crut même que Tom allait finir par craquer mais ils l'avaient fait.

Et maintenant, le 1 septembre était arrivé. Les malles avaient été préparées la veille et Mme Cole s'était arrangée pour que son mari puisse emmener les enfants à King's Cross en voiture avec leurs bagages. Quand ils furent tous deux en gare avec leurs chariots remplis, ils se mirent à la recherche de la fameuse voie 9¾. Leur recherche se révéla un fiasco, il n'y avait aucune voie avec ce chiffre.

- C'est bien notre chance. Ce quai doit probablement être caché pour les moldus et on a aucun détail pour savoir où il est, soupira Morgan.

- Dumbledore aurait pu nous le préciser au lieu de nous faire sa morale, grogna Tom.

N'ayant aucune envie de demander à un contrôleur, ils durent se résoudre à attendre. Vers 10h, une famille avec de lourds chariots et une chouette en cage se positionna entre les voies 9 et 10. Elle se mit à courir vers la barrière entre deux tourniquets mais le mur ne la percuta pas, elle avait même disparu.

- Tu as vu ça ! s'exclama Morgan.

- Oui, je crois qu'on a trouvé la voie, confirma Tom satisfait.

Ils se mirent donc en place et commencèrent à courir, malgré l'angoisse d'un choc éventuel. Mais tout se passa bien, et ils purent ainsi contempler devant eux une locomotive rouge qui dégageait une forte odeur de bois brulé par la cheminée. Les premiers wagons semblaient remplis, ils durent donc se frayer un chemin parmi la foule de parents qui disaient au revoir à leurs enfants, au plus grand dédain de Tom. Ils finirent par se trouver un compartiment de libre et installer leurs malles. Une fois la porte refermée, Morgan en profita pour sortir Shad de sa cage et le mettre sur ses genoux.

- Cette fois, ça y est. On y est enfin, s'excita Morgan.

- Attendons d'être vraiment à Poudlard avant de crier victoire trop vite. J'espère qu'on ne sera pas déçu, déclara Tom en sortant un livre.

- De toute façon, ça ne pourra pas être pire que l'orphelinat.

Pendant une heure, ils regardèrent par la vitre la foule de parents et leurs grands signes de mains, cela bouleversa un peu Morgan qui aurait tant souhaité que ses parents soient parmi eux.

- Tom, tu ne regrettes jamais tes parents ? demanda t-il en soupirant.

Cette question frappa le concerné qui fit une grimace. Ses parents ? Il ne savait presque rien d'eux. Sa mère s'était bêtement laissé mourir, sans se battre, même pas pour lui, il éprouvait de la rancœur envers elle et son égoïsme, quand à son père…il ne savait rien de lui sinon qu'il s'appelait Tom Jedusor. Il s'était toujours demandé si c'était de lui qu'il tenait la magie, surement sinon sa mère ne serait pas morte.

- Je ne les ai jamais regrettés, en effet. Mais j'avoue que je suis curieux de mes origines. Poudlard sera l'occasion pour moi de découvrir si mon père est aussi allé là bas. Et puis, il y a aussi le premier Parleur qui m'intéresse.

- C'est vrai que j'ai hâte de faire des recherches sur ça. Mais ce qui m'intéresse le plus, c'est de savoir si on a vraiment un lien de parenté.

- Surement, sinon tu ne serais pas un Parleur. Je pense que ça te donnera la possibilité de te renseigner sur les Eliacin.

Ce fut au tour de Morgan d'être mal à l'aise. Malgré leurs quatre années d'amitié, il n'avait jamais osé avouer à Tom que Morgan Eliacin était une couverture, que son vrai nom était Harry Potter et qu'il venait du futur. La peur de lui révéler ce secret lui plombait l'estomac, il craignait que Tom ne le prenne mal, qu'il voit cela comme une trahison de sa part. Déjà qu'il n'avait pas un caractère facile, comment prendrait il ces années de silence ? Non, il ne devait pas savoir. Harry Potter devait rester mort, seul Morgan devait exister. Bien sur, il avait conscience que c'était de la lâcheté mais il ne pouvait s'empêcher de fuir cette partie de lui. Il avait une nouvelle vie, il ne devait pas la perdre, au prix de tout.

- Oui, tu as raison, se contenta t-il de répondre.

Un long silence s'ensuivit, chacun perdu dans ses pensées. Seul le ronronnement de Shad sous les caresses distraites de son maitre perçait le silence. Enfin, les sifflements perçants de la locomotive se firent entendre et le train se mit à bouger. Dans les couloirs, on pouvait entendre des rires et des voix excitées. Se rappelant qu'ils avaient pas mal d'heures avant d'arriver à destination, Morgan déposa son chat sur le côté et sortit les friandises qu'il avait tant bien que mal réussi à ne pas dévorer depuis le Chemin de Traverse.

- Je rêve, ricana Tom. Il y a des survivants de ta gourmandise ? Moi qui pensais que tu avais tout avalé, je suis surpris.

- Très drôle, vraiment. Au lieu de pestiférer, tu en veux ?

- Je veux bien, dit il en se servant de patacitrouilles.

Ce fut à ce moment qu'un garçon au visage pointu, avec des cheveux plus gris que blond et aux yeux couleurs de mer se permit d'entrer, en compagnie de deux autres enfants. L'un avait de longs cheveux couleurs auburn et l'autre de couleurs paille.

- Salut, on peut s'assoir ?

Tom hésita, il n'aimait pas le bruit et les parlottes inutiles, il préférait de loin la compagnie silencieuse de Morgan. Toutefois, c'était l'occasion d'en apprendre un peu plus et de connaître ses futurs camarades de classes.

- Ça ne me dérange pas. Morgan ?

- C'est bon.

Les trois autres s'installèrent donc, le visage satisfait. En les détaillants, Tom sentait déjà qu'il ne les apprécierait pas beaucoup, il suffisait de voir leurs yeux arrogants pour le deviner.

- Je suis Abraxas Malfoy, et voici Maximilien Mulciber et Cygnus Black.

- Tom Jedusor et voici Morgan Eliacin.

A ces noms, les trois autres se mirent à les regarder avec méfiances, un sourire mauvais aux lèvres.

- Ce ne sont pas des noms connus. Vous n'êtes pas des sangs de bourbes au moins ?

Tom avait vu cette appellation dans un des livres qu'il avait acheté en plus, il avait appris la valeur du sang pur et les méfiances sur les sangs mêlés. Mais il n'en avait pas encore parlé à Morgan qui ne semblait pas avoir compris ce qu'ils demandaient. Tom décida de prendre les devants.

- Bien sur que non, siffla t-il. Notre famille est sorcière. Morgan et moi sommes cousins éloignés.

Morgan comprit aussitôt qu'il devait se taire et laisser son ami régler ce problème, il lui faisait confiance, donc pas la peine de compliquer les choses.

- Vraiment ? alors pourquoi on a jamais entendu parler de vos noms ? ricana Black.

- Parce nous sommes orphelins, nos familles sont décédées quand on était très jeunes, on ne vient pas d'ici.

Il ne mentait pas vraiment dans un sens, c'était juste une partie de la vérité.

- Désolé pour vous, dit Mulciber sans l'être du tout.

- Pas de problème, mais évitez d'en parler à l'avenir, déclara Tom d'un ton cassant. C'est déjà suffisamment dur.

Morgan sourit devant le sang froid de son ami et désormais cousin éloigné. Si quelqu'un pouvait mentir avec autant d'élégance, c'était bien lui. Toutefois, les trois n'en restèrent pas là, bien décidés à prouver la valeur de Morgan et Tom.

- Et quels étaient les autres noms de familles de vos parents ?

- Es-tu sourd ? grogna Morgan à son tour. On vient de te dire qu'on ne voulait pas en parler.

- J'essaie juste de faire la conversation, s'exclama Malfoy.

- Dans ce cas, tache de te taire. Ton nom ne te permet pas tout les droits Malfoy, répliqua Tom froidement.

Cela suffit à rendre le garçon furieux et à se placer durement devant Tom, prêt à lui apprendre la politesse. Malheureusement pour lui, les réflexes de défense de Morgan ne lui permirent pas de faire quoi que ce soit et le blond sentit une baguette contre sa tempe.

- Ose seulement dire un sort, Malfoy, et je m'arrange pour que tu ailles à Poudlard parfaitement méconnaissable, menaça Morgan qui avait une sainte horreur qu'on s'en prenne à Tom.

Le silence se fit dans le compartiment. Mulciber et Black les regardaient d'un air mauvais, Malfoy n'en menait pas large, Jedusor menaçait les deux autres de sa baguette, les mettant au défi d'approcher, et Eliacin hésitait à mettre sa menace à exécution. Finalement, ce fut l'arrivée d'une élève plus âgée qui brisa l'atmosphère de haine.

- Qu'est ce que vous faites ? Gronda-t-elle. On n'est pas encore arrivés et déjà vous faites du grabuge. Cessez immédiatement ou j'appelle un professeur.

Ils n'eurent pas d'autre choix que de faire ce qu'on leur disait. Malfoy et sa bande quittèrent le compartiment avec leurs affaires, furieux.

- Faites attention à eux, conseilla la fille. Ils n'ont pas l'air commode. Au fait, je me présente : je suis Minerva McGonagall, je suis en troisième année à Gryffondor.

- Merci de ton conseil, lui répondit Morgan. On s'en souviendra. Pourrais-tu nous laisser ? On a besoin de remettre de l'ordre.

Minerva haussa les épaules et ressortit. Morgan se tourna alors vers Tom, furieux.

- Je rêve. On nous a menacés !! Tom, on ne va pas laissé passer ça ?!

- Calme-toi. Nous venger nous apporterait des ennuis, il vaut mieux laisser l'affaire se tasser, à cause de Dumbledore qui nous a à l'œil. Mais ne t'inquiète pas, mon ami, ces petits messieurs paierons très cher leur insolence. Nous ne ferons rien maintenant, car nous allons prouver notre valeur et nous faire respecter, mais bientôt, oui bientôt, je te promets qu'ils apprendront à nous craindre.

Cela suffit à Morgan pour calmer sa colère. Tom ne faisait jamais de telles promesses en l'air, et à voir le regard qu'il faisait, nul doute qu'il avait un plan en tête.

- Tu as raison. Après tout, nous avons 7 longues années devant nous. Mettons-les à profit, rajouta t-il d'une voix pleine d'assurance.

- Tout sera mis à profit, continua Tom, amusé. Mais je vais avoir besoin de ton aide.

- Tu peux compter sur moi. Quoi qu'il arrive, je serais de ton côté. C'est une promesse.

Satisfaits, ils se rassirent et reprirent leurs occupations. Plus rien ne vint les déranger pendant le reste du voyage, Tom finit sa lecture, Shad dans ses bras, et Morgan prit soin d'acheter d'autres friandises quand un chariot passa dans le wagon, pour sa plus grande joie.