Un nouveau chapitre, plutôt court… J'en suis désolée mais je pense qu'il est assez riche en nouveaux événements et en nouvelles questions . J'espère qu'il va vous plaire. J'ai déjà des idées précises pour le chapitre suivant. Mais je ne sais pas quand je vais pouvoir m'y consacrer entièrement. Disons qu'à partir de la rentrée je suis en remplacement dans une classe à 4 niveaux et que je risque fonctionner à flux tendu.

Je voulais remercier les personnes qui m'ont laissé des reviews. Elles me sont allées droit au cœur et m'ont beaucoup motivée pour écrire ce nouveau chapitre. Une pensée spéciale pour samyou et Excalia auxquelles je n'ai pas pu répondre. Merci pour vos messages très touchants .

Chapitre 7 : leurs mains.

Un flash. Des images déferlent dans son esprit.

Cela fait une éternité mais il la reconnaît tout de suite. Encore plus belle que dans ses souvenirs. Un homme est avec elle, il jette des regards inquiets aux alentours tandis que Séléné fouille fébrilement dans sa malle. Soudain, une exclamation. Enfin, elle l'a trouvé ! Le paquet, soigneusement enveloppé, vient se glisser entre la robe de gaze et son sein palpitant. Elle attrape la main de l'homme et la sert convulsivement. Son regard fiévreux vient puiser la force nécessaire dans les yeux ambrés de son compagnon. C'est une folie qu'elle s'apprête à commettre. Mais sa décision est prise. Définitivement. Elle l'entraîne alors dans le dédale des escaliers de services. Le temps leur est compté. Course folle, souffle court. Leurs cœurs sont au bord de l'implosion… Une porte encore et ils sont dehors. L'air froid leur fait l'effet d'une claque. Un point de côté lui coupe la respiration. Qu'importe ! Il faut continuer, redoubler d'effort. Le sol détrempé ralentit leur progression. A la fenêtre de la chambre du Roi une lueur vient d'apparaître. La lumière se propage bientôt à tout le Palais. Plus que quelques secondes avant que l'alerte ne soit donnée. Mais déjà, les cors retentissent. Surtout ne pas se laisser envahir par la peur. Ils peuvent encore y arriver. Elle le sait. Elle veut y croire. Les aboiements des chiens au loin. La chasse à l'homme a commencé…

Il chancèle, sonné. Ces images… Par Merlin. Qu'était-ce ? Un souvenir ou alors… l'angoisse l'étreint. Il doit savoir. Il relève la tête vivement. Trop. Une douleur fulgurante dans la nuque. La jeune femme le regarde, troublée. Sa main n'a pas quitté son épaule. Il la laisse retomber. L'onyx vient se noyer dans les prunelles mordorées, à la recherche d'une réponse. Non, ce qu'il a vu n'avait rien d'un souvenir… il le sait désormais. Et, immobiles tous deux, paralysés d'inquiétude, ils en oublient de respirer. L'enfant se remet à pleurer.

Hôpital de Saint Mangouste, 14h31.

C'est elle qui en a eu l'idée… Quand elle leur en a parlé après le baptême de Clemens, Molly Weasley s'est mise à sangloter et l'a pressée sur son cœur à l'en étouffer… Evanoui son ressentiment vis à vis de la jeune fille qui hier avait refusé de se laisser dorloter évaporée l'ignorance crâne avec laquelle elle l'avait traité depuis lors. Il n'y avait plus que ce désir formulé qui la comblait de reconnaissance.

C'est elle qui en a eu l'idée, mais maintenant qu'elle est là, devant la porte de sa chambre, elle doute. L'odeur d'antiseptique, la blancheur aveuglante et désespérante la heurtent et la blessent. Maintenant qu'elle est là, elle a peur. Peur de le voir, peur de ce qui l'attend derrière le panneau de bois.

« Nous n'avons pas toute la journée. Pressez-vous. »

Elle ferme les yeux. L'homme sait se montrer tellement exécrable parfois.

« Alors, qu'attendez-vous Miss Granger ? Qu'il vous donne l'autorisation d'entrer peut-être ? »

Elle se retourne brusquement et vient planter férocement son regard dans le sien. Elle le déteste, l'abhorre, ce rustre, ce sans-cœur ! Elle ne lui a pas demandé de l'accompagner et encore moins de déverser son fiel.

« Je n'ai pas besoin de vous, professeur Rogue. »

« Tant mieux, j'ai assez soupé du sentimentalisme larmoyant des Gryffondors pour aujourd'hui. »

Et raide comme un « i », il lui tourne les talons et s'éloigne à grandes enjambées. Maintenant qu'elle est seule, la peur se fait plus pressante. Elle regrette son accès d'énervement. Quelle imbécile elle fait ! Elle va devoir faire front en solitaire et elle ne sait pas si elle en a la force. Elle a peur, mais jamais elle ne s'abaisserait à lui demander de revenir. Elle est trop fière pour cela, et lui trop exaspérant. Elle entend des voix au bout du couloir et se décide à rentrer précipitamment. Elle ne veut pas paraître plus imbécile qu'elle ne l'est.

Ca y est, elle l'a fait. Elle est entrée. Et elle le voit enfin. Il est là, affreusement pâle dans ses draps blancs. Ses cheveux roux sont ternes, cassants. Et ses membres flasques et tordus ! Elle savait à quoi s'attendre et pourtant, le spectacle de sa déchéance lui est insupportable. Elle s'approche cependant, jusqu'à en être si proche qu'elle pourrait le toucher.

« Ron. »

Sa voix se brise, s'abîme dans les profondeurs de ses sanglots.

« Ron. »

Elle s'effondre. Et les mots meurent avant d'avoir pu franchir ses lèvres. Elle ne peut lui dire combien il lui manque combien elle se sent seule, sans lui, sans Harry qui continue à l'ignorer combien elle a besoin de lui, de ses éclats de rires, de son effronterie, de sa maladresse attendrissante.

Elle s'effondre et saisit sa main inerte couverte de cicatrices. Ces cicatrices laissées par les cerveaux du département des Mystères…

Une heure et demie plus tard.

Elle s'est endormie en tenant la main de Ron contre son visage. Elle a pleuré. Il le voit, les larmes ont laissé des sillons sur ses joues blêmes. Mais sa respiration est calme, elle semble apaisée désormais. Et pourtant, il va lui falloir la réveiller, ils doivent rentrer à Poudlard… Un murmure, une secousse légère. Elle le regarde, un peu déboussolée d'abord. Un baiser chaste sur le front de son ami. Ils partent.

Sur le lit, la main de Ronald Weasley est vierge de toute cicatrice.

Lieu incartable, lundi 17 octobre, 00h57.

Un sourire de contentement s'étire sur ses lèvres serpentines. Bellatrix est particulièrement en forme cette nuit. Elle s'approche de lui. Du sang a maculé son visage diaphane lorsqu'elle a égorgé le moldu. Il aime ce rouge sur sa peau blanche. Il inspire et ferme les yeux de plaisir. L'odeur âcre du sang et de la sueur, et celle plus subtile mais toujours persistante de la mort. De nouveau, ses prunelles incandescentes viennent se poser sur la Mangemort pour la consumer, l'embraser du regard. Tant de jouissances à venir…

Soudain ses pupilles se rétractent, sa main se crispe. La peur monte en lui. Il vient de le voir et maintenant il le sent. Sur le planisphère du monde magique, un nouveau point éblouissant vient de faire son apparition.