L'univers dans lequel se déroule cette histoire appartient à J..

Pour parler de ce chapitre, c'est une sorte de parenthèse entre l'arrivée de Volodia dans le bâtiment de Poudlard, et sa répartition.

Bonne lecture.

Huitième

« -Eh, t'es qui, toi ? »

Je me retourne vers les élèves de première année et tombe sur une des deux têtes rousses. Et ici présent, une tête rousse et frisée. Quelle masse de cheveux impressionnante ! Et ses yeux sont bruns, et non bleus. Je vois derrière elle les deux autres filles qui me regardent, intriguées elles aussi.

« -J'ai été transféré d'une autre école de magie. Je rentre en quatrième année. Je m'appelle Volodia Krum. Tu es une Weasley ?

-Je suis une W-G pour être précise.

-W-G ? »

Je n'obtiens pas de réponse : un homme brun qui doit avoir trente-cinq ans, quarante tout au plus. Tout en hauteur il doit mesurer pas loin de deux mètres, possède silhouette longiligne, se tient bien droit (je me demande s'il n'a pas pris des cours pour ne pas avoir le dos courbé, d'ailleurs : habituellement, les gens aussi grands ont tendances à se tenir voûtés) et sourit chaleureusement. Je me demande qui c'est. Nevra n'a rien voulu me dire sur la répartition. Enfin, j'ai bien essayé de lire l'Histoire de Poudlard, mais vu l'épaisseur du livre, j'ai vite renoncé.

« -Chers élèves, nous allons pouvoir commencer. »

Il s'arrête, fronce les sourcils.

« -Tiens, les fantômes ne sont pas là ? »

Nevra m'a parlé des fantômes, par-contre. Et puis il y en a aussi à Durmstrang, bien que dans une moindre mesure qu'ici d'après ce que j'ai compris. En tout cas certains des premières années, à la mention de ces « habitants » ont l'air un peu décontenancés, voir même effrayé pour quelques uns. La « W-G » à côté de moi ne me paraît pas très rassurée, mais elle n'est pas en train de paniquer comme d'autres. J'en profite pour réitérer ma question, vu que l'homme s'efforce de rassurer les très probablement nés-moldus. Il réussit plutôt bien, d'ailleurs.

« -W-G ?

-Weasley-Granger. Je sais que c'est moche comme nom, et je préfèrerais Granger-Weasley, comme ma mère, mais mon père ne veut pas…

-Hermione Granger et Ron Weasley. Tu es… euh…leur deuxième fille, c'est ça ?

-Oui, je suis Laura. »

Elle se met à rire, voyant l'homme qui nous a interpellé distribuer quelques carrés de chocolat. Bon, pour l'instant tout se passe bien : je n'ai pas eu à faire mon expression froide !

« -C'est Monsieur Towler. Il est Directeur Adjoint. ajoute-elle soudain »

J'hoche la tête, la remerciant de cette information non négligeable. Kenneth Towler a fini sa distribution de chocolat et se tient de nouveau droit comme un i. Définitivement, il a pris des cours pour être si droit.

« -D'habitude les fantômes viennent vous accueillir avant votre répartition dans telle ou telle maison, mais visiblement ils ont été retenus ailleurs. Mettez-vous en ligne et suivez-moi».

J'hésite sur la marche à suivre. Me mettre à l'avant de la file ? Ou au contraire à l'arrière ?

Le temps que je me décide, les premières années sont déjà à la queue leu leu derrière et Laura, en fin de cortège, m'invite à les suivre. Ce sera donc à l'arrière pour moi. Ce que je trouve assez comique, c'est que je dépasse d'au moins une demi-tête (si ce n'est une et demie pour certains qui sont vraiment petits en taille) tous les premières années, et j'ai donc une vue imprenable sur le dos du directeur adjoint.

Nous sortons de la salle, traversons deux couloirs, et nous nous retrouvons finalement face à une grande porte. Le proviseur adjoint se retourne une dernière fois, sourit, et ouvre les portes. Je lève automatiquement les yeux vers le plafond (ma chère cousine m'a conseillé regarder le « ciel »). Je comprends ce qu'elle voulait dire. C'est magnifique, toutes ces bougies. Et le… ciel. Les premières années devant moi ont l'air aussi ravis que je le suis et poussent même des exclamations extasiées, ayant déjà oublié cette histoire de fantômes. Je jette un œil aux quatre grandes tables que nous longeons. J'aperçois vaguement Nevra qui me fait coucou de la main, et distingue en revanche parfaitement les trumeaux. Ils saluent visiblement les trois filles qui sont devant moi, avant de me voir et de me faire signe. Je capte le regard de l'un des trois, va savoir lequel, mais ne sourit ni ne bouge la tête en réponse.

Finalement, nous nous alignons devant ce qui semble être la table des professeurs, faisant face aux élèves des années supérieures.

Enfin, la fin de la file est plus ou moins dans l'ombre, mais je ne suis pas passé inaperçu, et j'en ai conscience par les regards interrogateurs qui se portent dans ma direction. Merlin, rappelez-moi pourquoi j'ai voulu changer d'école ! Ah oui. Je ne veux pas finir dans le même état que mon cousin.

Je me détourne de ces pensées si peu intéressantes : Towler vient de placer un tabouret à quatre pied devant les premières années, et un vieux chapeau sur le tabouret. La salle se fait silencieuse. Et puis, le chapeau se met à parler. Enfin, à chanter plutôt. Il parle de Poudlard, des fondateurs, et des qualités attribuées aux différentes maisons. La chanson prend fin, et le directeur adjoint s'adresse à « nous » (parce qu'en fait, je ne suis pas sûr que ce qu'il dit me concerne aussi).

« -Bien, les enfants, quand j'appelle votre nom, vous vous avancez et vous vous asseyez sur le tabouret, d'accord ? »

Question rhétorique, son « d'accord ? » ?. Et les « enfants » ? Mais qu'importe, il est rassurant. Puis les noms commencent se succédant les uns après les autres, sans que le mien soit cité, jusqu'à la lettre W, ou après « Welherby, Ryan », vient le tour de la brune qui parlaient avec Laura et l'autre tête rousse tout à l'heure.

« -Weasley, Alice. »

Puis, à peine le choixpeau posé sur la tête de la jeune fille :

« -J'ai demandé ALICE, pas ALIX ! »

Le choixpeau (puisque que c'est ainsi qu'on l'appelle) paraît énervé. Attendez… Alice et Alix ? Avec des prénoms pareils et cette même culture de la plaisanterie ce sont à coup sûr les sœurs des trumeaux !

« -Bon, bon, ça va, ça va, j'arrive ».

C'est la deuxième tête rousse qui s'avance et prend la place de sa sœur. C'est impressionnant comme elles ne se ressemblent pas. Brune contre rousse. Cheveux lisses contre cheveux bouclés. Peau pâle et des tâches de rousseur contre un teint hâlé. Yeux bleus contre yeux bruns. Physiquement parlant, tout les oppose. Elles ne pourront pas se faire passer pour l'une ou l'autre comme le font les trumeaux. N'empêche, la brune, Alix donc, ressemble beaucoup à ses grands frères et sœurs au niveau de son visage.

« -GRYFFONDOR ! »

Je vois les trumeaux qui font les pitres, mais qui accueillent avec plaisir leur sœur.

« -Vous avez bien essayé de faire comme les grands, mais faut croire qu'on est trop parfaits pour être imités ! »

Les tables des Gryffondors, Serdaigles et Pouffsouffles s'agitent, et la majorité des élèves rit. En revanche,les Serpentards sont de marbre. Les professeurs ont un regard indulgent et arborent pour la plupart un sourire amusé. Kenneth Towler, notamment, paraît ravi de cette distraction. Il secoue la tête en souriant, puis reprend :

« -Bien, donc : Weasley, Alix. »

Effleurant à peine la tête de la jeune fille, le choixpeau lance un « Gryffondor ! » bien sonore. Je souris et me remémore le schéma que m'a fait Nevra. Maintenant qu'Alix et Alice sont à Gryffondor, ça fait… neuf, dix Weasley chez les rouges et or ?

« -Weasley-Granger, Laura»

La jeune fille s'assied sur le tabouret, souriante. Elle paraît très détendue, sûre d'elle. Comme si elle ne faisait pas grand cas de cette histoire de maison. Etrange. Être dans l'un ou l'autre maison semble conditionner beaucoup de choses, pourtant. Comment peut-elle paraître si distante de la situation ? Le Choixpeau se pose sur sa tête. Je ne peux pas voir le visage de Laura, mais je serais prêt à parier qu'elle sourit toujours autant.

« -Serdaigle ! »

Je compte les têtes autour de moi. Plus que deux premières années à répartir et ce sera mon tour. Enfin, vous comprenez, c'est bien joli leur histoire, mais je commence à avoir un peu mal aux jambes : ça fait au moins quarante minutes que je suis debout à attendre qu'on m'appelle…

« -Zabini, Christopher »

« -Serpentard ! »

Le garçon se lève et rejoint la table des verts et argents, et d'après le pas pressé qu'il a adopté, il ne fait nul doute qu'il est content de sa répartition.

« -Chers élèves, votre attention s'il vous plaît. »

La femme qui vient de parler n'est plus toute jeune, et à son ton et à son attitude, il m'est aisé de comprendre qu'il s'agit de Minerva McGonagall, la directrice de Poudlard. Je suppose qu'elle va parler de moi…

« -Comme certains l'auront remarqué, il reste un élève à répartir… »

Et me voilà fixé par pratiquement tous les élèves de la salle. Je prends automatiquement mon air impassible et reste immobile. Hors de question que je ne fasse ne serait-ce que ciller des yeux.

« -… Volodia Krum nous viens de Durmstang et poursuivra sa scolarité ici, en cinquième année. »

Quelques regards se font plus insistants et j'entends qu'on murmure une fois de plus le nom de mon père. Je ne peux jamais quasiment y échapper de toute façon… C'est toujours pareil « Volodia Krum? Comme l'ex-champion de quidditch? Oui, mais ils ne se ressemblent pas pourtant… ». Au secours.