[Au même moment à South City juridiction du QG East]
-Hey l'alchimiste! T'as pas fini de faire le zouave en terrorisant la clientèle?
-Je vais te le dire tout net, le monstre, grogna l'homme accoudé au comptoir d'un air las, si tu continues à me rappeler que je passe mes journées dans cet endroit pourrit, je te détruirais. tu finiras en bombe comme ce verre de Whiskey.
Le barmaid, mi-homme mi-chien arrêta son geste, comme l'ensemble du bar arrêta de respirer quand la porte du bar s'ouvrit à la volée : ce qu'elle ne faisait que pour les descentes de police.
-Et dis-moi, Zolf, que ferais-tu à une femme qui te rappelle que tu existes pour de vrai?
-Et merde. Faites dégager cette immondice de cette piaule par pitié.
-Non. Désolée, cette fois je ne t'obéis pas. Je reste ici.
-Quand je pense qu'il n'y a pas si longtemps que ça, j'étais persuadé que ce bar miteux n'était fréquenté que par des loosers... il y traînerait aussi de la racaille, alors? Que fais-tu ici, Light?
-Il faudrait voir à pas me manquer de respect. Tu me dois la vie.
-Si on part dans ces allégories, je te signale que tu dois la vie à Mustang, ainsi tu dois obéissance à Mustang, alors moi qui te dois ma vie, je devrais aussi, par un genre de... procuration, une quelconque allégeance à Mustang... Ce qui me renverrait à l'idée que je suis, de près ou de loin, rattaché à l'armée et cette idée est fort déplaisante. Puisque tu ne m'interromps pas, j'en conclus que nous continuons et dans ce cas là je vais te le dire tout net : puisque tu revendiques un devoir de ma part et que cette revendication me rappelle qu'un jour j'ai fais parti d'une armée (au travers de la personne de Mustang), et je revendique le droit de ne pas écouter tes revendications.
-Le temps où tu faisais parti de l'armée est révolu. À l'époque, je n'aurais rien eu à revendiquer et tu le sais et tu sais très bien pourquoi.
L'alchimiste écarlate -ou du moins, ce qui restait de cet homme qui avait été le lauréat d'une promotion d'alchimistes nationaux, le chercheur en alchimie le plus respecté de tout Amestris plus jeune, et un petit garçon adorable plongea un regard vitreux dans un verre de Whiskey.
-L'époque de l'armée est peut-être révolue, mais mon respect envers la personne que tu es ne s'est pas évanoui. Pourquoi as-tu traversé le pays, Hughes? Demanda-t-il d'une voix rauque et fatiguée
-J'ai traversé le pays parce qu'on m'a dit que l'alchimiste écarlate vivait en ces murs. Et on se déplace pour l'alchimiste écarlate, Kimbley.
-On se déplaçait pour l'alchimiste écarlate. Maintenant que suis-je? Un traître, un meurtrier, un...
-Je me fiche de ce que tu es.
En disant cela, elle s'était assise sur le tabouret près de celui de Kimbley et avait glissé sa main dans sa chevelure sale.
-Combien ça fait de temps?
-Que je n'ai pas pris de douche? Une semaine … peut-être deux. Ne m'approche pas je suis répugnant.
Elle continua à laisser glisser des mèches de cheveux entre ses doigts pour aller les glisser derrière l'oreille de Kimbley.
-Tu es un menteur, rasé de prés, douché, et parfumé. Zolf, reviens avec moi à Centrale. Je t'en prie. On a des saloperies à exterminer et un gouvernement à renverser, ça devrait t'occuper non?
-Je ne... Je ne suis pas sûr que cette existence soit faite pour moi.
-Alors c'est ça? Tu comptes vraiment mourir d'une cirrhose du foie d'ici une dizaine d'années? Geint-elle plaintive en pointant son verre d'alcool fort du doigt.
-Écoute, Staphyss, je t'ai dis que je t'aimais, et tu m'as abandonné comme une merde pour cette saloperie de Mustang. Qu'est-ce que tu veux que je fasse maintenant? Tu aimerais vraiment me voir, moi, l'homme que je suis tel que tu me connais, me voir revenir en rampant devant votre couple en te faisant jurer de ne pas m'abandonner même si tu ne désires pas devenir mon amante. Tu veux que je revienne? Comme il y a une dizaine d'années, tu t'en souviens?
-Les choses ont changés Zolf, nous ne sommes plus des enfants.
-PARCE QUE C'EST CE QUE NOUS ETIONS? Gueula-t-il en se levant après avoir fait exploser la bouteille et repousser avec une certaine violence la main délicate de l'alchimiste en visite
-Tu es complètement ivre.
-Oui, c'est ce que je suis! Je le suis depuis dix ans!
***
-Edward? Vous êtes là? Mais qui est le jeune homme en bas si vous êtes là?
-Ed, transmutes quelque chose immédiatement.
Edward frappa dans ses mains et transforma l'honorable fauteuil en une chaise moderne.
-... Betty, appelle Dan et dis lui que c'est une situation de crise d'attaque imprévue.
-Mais monsieur, le téléphone est en bas!
-Il y en a un ici. Edward va rester avec toi et moi je vais descendre pour que tout ait l'air normal. Une fois que vous aurez contacté Dan, vous vous en allez par l'escalier que nous connaissons, c'est d'accord, Betty?
-Oui, monsieur.
***
-Qu'est-ce qui a vraiment changé ? Hein? Depuis dix ans, qu'est-ce qui a changé? Mustang est toujours quelqu'un d'adoré, c'est toujours le bordel et … tout est immuable.
-Cette fois nous connaissons qui est l'ennemi et Hughes nous a laissé l'arme.
-Quoi?
-Mon frère m'a laissé le facteur chance glissé dans un enveloppe en sécurité. Nous allons pouvoir tuer ceux qui ont fait tout ce mal et qui t'ont forcé à devenir le monstre avec lequel on te confond.
À présent, ils étaient dans la petite chambre au-dessus du bar que louait Kimbley. Les murs décrépis, les draps louches et les rideaux en lambeaux.
-Je ne reviendrai à Centrale que si j'ai la promesse que tu resteras près de moi.
Staphyss s'assit : elle n'était jamais restée prés de quiconque et pour n'importe quelle raison, elle ne voudrait pas être soumise à ce genre de contraintes.
-Je suis amoureux de toi. Toujours autant. Depuis dix ans. Et tu crois que je vais arrêter de me bousiller pour tes beaux yeux alors que tu m'as laissé?
Elle réfléchit un bon moment.
-Tu vas vivre avec moi. Mais ce sera en tant que colocataire. Je suis mariée à Roy Mustang et en Amestris comme partout ailleurs il faut que le mariage soit consommé pour qu'il ne soit pas annulé surtout quand il n'a été signé officiellement que par un des partis. Alors nous vivrons sous le même toit, toi et moi. Mais ce toit ce sera celui de Roy. Et tu seras mon meilleur ami mais tu ne seras que ça.
Zolf Kimbley lança un regard plein de question à Staphyss, mais elle demeura imperturbable. Il soufflait un bon coup.
-Et quand part le prochain train?
