Disclaimer : Les personnages ne m'appartiennent pas !
Rating : T
Attention : Scène de violence suggérée
The Personal Blog Of
Dr. John H. Watson
2nd June
Such a Great Person
Molly. Personne douce. Talentueuse. Complètement sous le charme de cet imbécile de Sherlock Holmes. Elle fut un médecin brillant. Une amie sincère. Sans elle, je n'aurai jamais eu la force de m'occuper de Rosamund quand ma femme est morte. J'aurai aimé que cette enquête se passe autrement…
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Le taxi les avait déposés devant l'ancien asile désaffecté de Maudsley, en plein cœur de Londres. A ce jour, il était devenu un refuge pour les sans-abris ou bien pour les junkies recherchant un coin tranquille pour s'administrer leur dose. Dans son ensemble, le bâtiment était en ruine et il contenait sûrement de l'amiante. Mais Sherlock était certain que Molly s'y trouvait.
Aussi difficile l'image soit elle, il se souvenait de ses cris, de la chaise sur laquelle elle était ligotée, sur ses joues ruisselantes de larmes et de sueur. Il ne voulait rien oublier. Car quand il croisera le monstre qui avait osé lui faire subir tout cela, il ne se gênera pas pour le torturer et le tuer.
- C'est dans cet endroit qu'elle se trouve ? Demanda John, en levant un sourcil de dégoût.
- Oui.
Sa réponse était brève, il ne lui restait pas assez de temps pour discuter plus longtemps. Le meilleur pour sauver leur chère Molly était de pénétrer dans l'ancien asile et éviter si possible de se faire repérer par qui que ce soit.
L'entrée était lugubre, de nombreuses toiles d'araignées noircissaient ce tableau. C'était à la limite du manoir hanté recréé pour Halloween. Le courant d'air qu'ils firent en ouvrant la porte principale, fit voler la poussière et de nombreux insectes. Très vite, un nuage grisâtre les entoura.
- C'est peut être dans les sous-sols ? Se demanda John, cachant son visage d'un revers de manche
- Aux souvenirs de la vidéo, la morgue est plus logique.
Sherlock était sûr de lui, il ne lui fallut pas plus de temps pour suivre son idée et que John le suive de près. L'ancienne bâtisse était un vrai labyrinthe. Elle se surélevait sur trois étages, chacun avait un long corridor qui joignait toutes les salles d'opérations, les chambres et autres pièces. On pouvait encore trouver de l'ancien matériel médical, tout avait été laissé sur place. Un peu comme si, tout le monde avait disparu au même instant, sans rien emporté. Le temps et la décomposition avait fait le reste. Par endroit, la nature avait reprit son droit et elle s'efforcer de faire éclore le béton sous la pression de ses racines.
- A droite John ! Cria Sherlock en accélérant le pas. Non, Gauche !
Sur ses plus petites jambes, John avait vraiment du mal à suivre le rythme de son ami. A cette cadence là, il devra bientôt se mettre à courir. Enfin, ils avaient trouvés les escaliers qui menaient plus bas. Sous la terre, là où les morts régnaient en maître.
- Tu entends ? Lui souffla John, essayant de le retenir.
Dans cet enfer, il y avait des murmures. Des petits bruits de débris qui se faisaient jeter sur le sol. Une ambiance malsaine se dégageait des murs. Au dessus de leur tête de longs tuyaux, semblant alimenter à l'époque tout le bâtiment en haut, commençaient à grincer, comme s'ils se mouvaient. John avait allumé la petite lampe torche qu'il avait toujours dans un revers de son manteau. Certaines écritures sur les murs brutes leur montraient le chemin à suivre. Des gens y avaient marqué « Mort » avec un parcours de flèche. Sherlock s'était arrêté un instant jetant un regard, à la limite de la peur, vers John.
- Quelque chose me dit que c'est une mauvaise idée de suivre ces flèches, mais il n'y a aucune autre indication.
Sherlock fit un léger mouvement de tête pour faire comprendre à John de continuer leur chemin vers la morgue. Parfois c'était comme si des énergies venaient à leur rencontre. Peut être d'ancien patients, prisonniers à leur mort de ce lieu. Des voix, à peine audibles, se faisaient écho dans le long corridor reliant toutes les pièces au sous-sol.
Soudain, il y eut des bruits de pas. John s'arrêta pour limiter le bruit. Il retint Sherlock un instant pour que le silence soit total. Et là, dans l'obscurité qui les entourait, il y avait bien quelque chose qui se rapprochait de plus en plus rapidement d'eux.
Sherlock attrapa les épaules de John et il le poussa vivement dans un coin un peu plus sombre, une pièce servant anciennement de cagibi. Il s'empressa de cacher de sa paume la lumière qu'émettait sa torche électrique et il lui soupira de se taire le plus longtemps possible.
- Sherlock, tu crois que c'est une personne ? murmura-t-il vraiment très doucement.
Sherlock ne répondait pas, son sens de l'ouïe était totalement concentré sur les pas de l'inconnu qui se baladait au même étage qu'eux. Parfois il n'y avait aucun bruit, et d'autre fois les pas semblaient être de plus en plus proches.
- Sherlock, qu'est-ce qu'on fait ?!
Le détective tourna le visage vers John, il voulait qu'il se taise. Il l'avait déjà forcé à se cacher, dans un endroit si petit qu'ils étaient obligés d'être collé l'un à l'autre. Il pouvait très bien le forcer à se taire s'il continuait à les mettre en danger avec ses questions.
- Sherlock, je te promets que si tu ne me réponds pas…. Dit-il le plus bas possible, avant d'être interrompu.
Pour Sherlock, ce fut la phrase de trop. Bloqués dans ce tout petit espace, il posa de force ses lèvres sur celles de John pour le faire taire. Le médecin essayait tant bien que mal de se retirer de cette entrave, mais Sherlock tenait bon. Il pouvait de nouveau entendre les pas sans bruit parasite. John mettait toutes ses forces pour repousser le détective, mais rien n'y faisait, il allait suffoquer à cause d'un baiser, même pas désiré.
Au moment où les pas se firent les plus proches, Sherlock se précipita sur la porte pour l'ouvrir violemment et cogner leur ravisseur par la même occasion. L'homme qui les pourchassait tombé lourdement, évanoui. Sherlock, souhaitant reprendre la marche, regarda fixement John. Il était essoufflé, apeuré et surtout extrêmement en colère. Mais Sherlock se fichait bien des sentiments contradictoires de John à cet instant précis, il lui fit un signe de tête pour continuer leur investigation.
- Ce n'était vraiment pas obligé, grogna John dans sa barbe.
Sherlock lui cacha, mais il eut un sourire plus que satisfait. Un petit haussement d'épaule en seule réponse, ça faisait croire à son ami qu'il se fichait éperdument de ce qu'il venait de se passer. C'était pour l'enquête.
Arrivé à l'extrémité du couloir, une lueur sous la seule porte qui resté leur indiquer qu'ils étaient surement au bon endroit. De plus, des lettres inscrites à la bombe noire leur confirmèrent l'entrée, car il était marqué « Royaume des Morts ». Un léger bruit de raclement de gorge, exprimé par John, et les deux amis ouvrirent la porte.
Prêt à en découdre, ils furent déçus de ne trouver derrière cette porte qu'un espace vide, une morgue certes, mais sans personne.
- Cherche dans les tiroirs, elle y est peut être enfermée, ordonna Sherlock en regardant la pièce dans sa globalité.
Tandis que John ouvrait tous les tiroirs, Sherlock ferma les yeux et il se remémora la vidéo clé pour retrouver Molly. C'était bien dans ce genre de pièce, mais elle avait quand même une légère différence. Elle était plus sombre.
- Sherlock, il n'y a personne…
Le détective secoua la tête, ce n'était pas possible. Elle était forcément là, quelque part. John avait peur que pour la première fois de sa vie, Sherlock se trompe. Il ne pouvait s'empêcher de le regarder comme pour lui inciter de trouver la réponse. Où est Molly Hooper.
- Il a du l'emmener dans une autre salle, presque identique à celle-ci, se força de croire Sherlock, incertain.
- C'est tellement grand, on n'a pas le temps de courir partout ! Commença à s'énerver John. Le gorille que tu as assommé, il n'était pas là pour rien !
- En effet. Il doit y avoir une autre pièce, avec une entrée cachée.
Sherlock projeta tous les objets et les armoires qui se trouvaient près des murs pour chercher une autre issue. En tâtonnant les rainures du carrelage sale et froid de la morgue, il espérait sentir le courant d'air salvateur. John se mit aussi en chasse d'un compartiment secret.
- Vous vous amusez bien ?
C'était une voix des plus glaciales, elle venait d'on ne sait où, mais il était évident qu'il s'agissait du malade mental.
- Où est-elle ?! Cria Sherlock. Nous avons trouvé l'asile !
- C'est trop tard Mr Holmes, je vous ai prévenu, cette fois-ci, il n'y aura personne à sauver !
La voix se mit à rire froidement, Sherlock ne pouvait plus rien entendre de ce monstre. Il tourna le visage vers John et d'un signe de tête, ils continuèrent de chercher la porte mystérieuse.
- ICI, Sherlock ! Cria John en essayant d'arracher la porte dissimulée avec ses doigts.
Il y avait bien une autre pièce, une sorte de laboratoire malsain fait pour vider les corps avant leur embaumement. Ou bien pire. Il y avait des ustensiles de partout, rouillés, sales. Et au milieu de cet endroit crasseux, il y avait ce siège sur lequel était Molly.
Elle ne bougeait pas. Son visage était recouvert par un linge piteux. La malheureuse était habillée seulement d'un débardeur et d'un short de sport. Elle était bien trop découverte pour supporter le froid de cette cave. Dans un élan de protection, Sherlock retira son manteau pour le déposer sur les épaules de la jeune femme.
John s'avança à son tour. Il osait à peine la regarder. Au milieu de cette pièce...
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Au milieu de cette pièce, elle était dans un état effrayant. Sherlock ne se rendait pas compte. Il l'avait prit contre lui. Il la serrait contre son torse. Je ne sais plus maintenant si c'était de l'ignorance ou un refus de voir la réalité. A quelques pas d'elle, j'ai avancé ma main pour toucher ses doigts, pétrifiés sur cette chaise en métal. J'ai soufflé son prénom, et je l'ai touché pour la ramener à elle. A cet instant, j'ai tout de suite su.
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- Sherlock …
- Allez Molly, debout, réveillez-vous ! La supplia Sherlock.
John se mit à l'écart, il se racla la gorge un long moment. Il devait se concentrer. Se concentrer pour que Sherlock comprenne.
- Lésions présentes sur les jambes, les avant-bras et la poitrine. Marques profondes de coupures à l'arme blanche. Morsures dans la nuque. Constatation de violences …de ….au niveau….
John ne pouvait pas prononcer les mots « violences sexuelles », c'était indigne vis-à-vis de Molly. Il mit une main sur la bouche, puis en grognant il reprit son speech. Voyant la profonde tristesse apparaître dans le regard éteint de son ami.
- Absence totale d'état de conscience et de sensibilité. Perte de tonus musculaire… Le linge sur son visage ne bouge pas d'un centimètre…. Arrêt cardio-respiratoire….Arrêt….Mon dieu non…pria-t-il, les yeux en larmes.
Sherlock enleva le linge blanc du visage de Molly, elle semblait endormie, paisible. Ses lèvres tremblèrent, il manquait d'air. La bouche entrouverte, il laissa échapper un sanglot, un gémissement douloureux. La peine était si intense, que tout son corps fut prit d'une convulsion.
- Non, Molly… Molly…
Sherlock la tenait fermement dans ses bras, lui donnant de temps en temps des à-coups pour essayer de la réveiller. Ca ne se pouvait pas, pas elle, elle ne pouvait pas mourir. John était resté à l'écart, droit, fixe, le tressautement de ses épaules trahissait son état émotionnel. Il pleurait, la gorge nouée, incapable de prononcer le moindre mot.
Sherlock laissa reposer le visage tuméfié de Molly contre son cou, et il embrassa de tout son cœur son front.
- J-John….appelle Mycroft…Je ne veux pas que…
Sherlock n'arrivait plus à prononcer une phrase, tellement il était sous le choc.
- Je ne veux pas que ces vautours de journalistes prennent des photographies de Molly dans…dans cet état…, finit-il par dire avec un regard haineux.
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La Marionnette ne refit plus surface à l'asile ce jour-là. Mycroft est arrivé. Il a emmené Molly loin des bras de Sherlock. Il a veillé à garder l'image de Molly Hooper intacte. Mrs Hudson a pleuré. J'ai pleuré. Sherlock a pleuré. Il a perdu la maîtrise des évènements. Il a prit conscience de ses limites humaines. Après tout, ce n'est qu'un homme.
Les jours qui ont suivi, on les a vécus dans un état second. Endeuillés, Sherlock et moi sommes restés immobiles, à notre appartement. Silencieux. Nous étions dans un état de désolation au point que je sais que Sherlock s'imagina se droguer pour oublier. L'enterrement a eu rapidement lieu, elle était habillée d'une fine robe noire. Son visage maquillé pour dissimuler les traces de coups. Elle avait vraiment l'air paisible…
Contrairement à nous. La colère et la culpabilité nous dévoraient.
On ne l'avait pas sauvé…
Je ne l'ai pas sauvé…
En sa mémoire, je vous jure. Je retrouverai le « monstre », le démon qui nous l'a enlevé, et je lui ferais subir au millième l'angoisse, la douleur et la désolation qu'elle a ressentie. Rien ne le sauvera.
Qui que vous soyez, vous êtes prévenu.
Repose en paix, Molly Hooper.
John H. Watson
